Dimanche 25 janvier 2009 à 9:46

Notre cerveau : émotions


    J’aide une de mes correspondante qui fait un TPE sur le cerveau et sur les émotions. J’exhume donc quelques articles sur ce sujet pour lui fournir un peu de documentation.
    Je sais que les émotions, les sentiments, le stress, l’anxiété et les angoisses, cela perturbe et intéresse beaucoup de ceux ou celles qui m’écrivent.
    Alors j’ai pensé que résumer certains des articles ou certaines des connaissances que j’ai sur ce sujet, pourrait vous intéresser.
    Pour que ce ne soit pas monotone, j’essaierai de varier un peu les sujets.
   

    Que sont les émotions ?

    Pas tellement facile n’est ce pas, alors qu’on en ressent chaque minute.
    Ma “muse philosophe” va sûrement me parler de son cours de philo ! IOI

    Un neuropsychologue américain Plutchik, s’est penché sur ce problème dans les années 1990 et il a dessiné des modèles permettant de mieux se représenter les “catégories d’émotions”, modèles “plat"s en 2 dimensions : la “roue des émotions”, ou modèles plus compliqués en 3D, la “pyramide des émotions".
    N’ayant qu’un écran plat, je me contenterai de la première représentation simple, que vous voyez ci-dessous.


http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/roueemotions.jpg



    Plutchik considère qu’il y a 8 sortes d’émotions “primaires” opposées deux à deux, pour lesquelles il distingue 3 niveaux successifs et 8 émotions “secondaires” qui résultent de la combinaison des précédentes deux à deux
  
    Je les cite et je ne pense pas que j’aie besoin de les définir, car nous les connaissons toutes. Bien sûr, on pourrait trouver des mots légèrement différents, d’autant plus que l’article original est en anglais. Par exemple, je mettrais volontiers “espoir” à la place d’anticipation.




http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/plutchik.jpg    Les émotions primaires s’opposent deux à deux : joie à tristesse, anticipation à surprise, Colère à peur, aversion à consentement.
    Les niveaux sont l’un au dessous (moindre) et l’autre au dessus (plus intense) que celui de l’émotion citée.

    Il n’y a aucune confirmation biologique de cette théorie : pas de centre qui s’occuperait exclusivement de certaines de ces émotions. Certains centres sont plus particulièrement concernés, mais en fait tout le cerveau participe à nos émotions.

    Dans mes prochains articles je vous parlerai de l’émotion pure; des “besoins” : faim, soif; sexe;  de la peur et la colère et des états corrélatifs : tristesse, anxiété, angoisse; désir et plaisir, nous en avons déjà beaucoup parlé; attachement; motivation : c’est beaucoup plus complexe et mal connu.

Nota : je me suis aperçu depuis, qu'Invidia (http://invidia.cowblog.fr/) a publié le même jour, un article présentant un cours de mastère en fac et un schéma 3D de la pyramide des émotions de Plutchik. Nous ne nous étions cependant pas concertés !

Mardi 12 décembre 2006 à 16:56

Notre cerveau : émotions

    J'avais commencé à vous exposer brièvement ce qu'était notre cerveau et nous avions parlé du “cortex.” qui pense, réfléchit, interprète nos sensations, comprend le langage et parle, commande nos actes, bref est le “chef”.
    Cela a dû vous sembler un peu trop proche des cours de SVT, et je n'ai guère eu de commentaires. Mais j'aurai besoin de ces petites notions pour certains de mes prochains articles, alors je vais poursuivre, pardonnez moi.
    Je ferai un article moins sérieux ensuite!

       Nous allons dans cet article parler du “cerveau émotionnel” qui dirige en partie nos sentiments. Les biologistes l'appellent aussi le cerveau “limbique”.
    L'image ci après en donne un schéma très simplifié.
    Il est situé au mileu du cerveau, sous le cortex, et on y trouve des régions aux formes quelquefois bizarres.

    Vers le haut, nous trouverons de nombreux centres que nous dregrouperons sous deux noms seulement : le gyrus insulaire à l'avant derrière le cortex frontal, et “au plafond”, le gyrus cingulaire.
    Dans la première région, (gyrus insulaire) on trouvera par exemple des centres qui, si on les excite avec des produits chimiques adéquats, nous font éprouver (même si nous n'en avons pas envie !), des “émotions pures” , et également des centres qui conditionnent notre comportement en société, qui nous empêchent (en principe !) de dire n'importe quoi, ou d'autre centres qui régulent certains de nos sentiments : l'attachement pour des amis, l'instinct maternel , l'instinct grégaire....
    Le gyrus cingulaire intervient dans des phénomènes plus complexes, comme l'attention, la “conscience” (pas au sens moral, mais au sens “être conscient de”, la concentration, l'identité (le moi), et paradoxalement la motivation. La motivation n'est pas contrairement à ce que l'on croit souvent, un phénomène réfléchi du cortex. La motivation vient surtout de notre cerveau émotionnel, et c'est pour cela que nos “états d'âme” influent beaucoup sur elle.
    Le gyrus cingulaire intervient également dans notre sommeil paradoxal et nos rêves.

    Tout en bas à l'opposé, on va trouver “l'hippocampe”. (il rappelle parait il la forme d'un cheval marin couché !!).
    C'est le ‘professeur de la mémoire”. C'est lui qui va pour chaque information, se connecter à d'autres neurones judicieusement choisis et ainsi, il renforcera ces connexions qui s'établiront plus facilement et qui relieront des notions entre elles , soit dans le temps (la mémoire “épisodique”des faits qui se succèdent à chaque seconde), soit en s'appuyant sur le langage, (mémoire “sémantique” des mots et des concepts), soit issues de nos perceptions (images, sons, odeurs, goût, toucher qui constituent la mémoire perceptive) .
    Ainsi nous saurons par la suite qu'un rouge-gorge est un oiseau
passeriforme de la famille des turdidés, qu'il s'appelle aussi Robin, que sa gorge est rouge-orangé, qu'il fait titt-titt-titt....
    L'hippocampe donne également une “coloration émotive” à nos souvenirs.
Et il aide les centres amygdaliens dont nous allons parler, à faire “le point de la situation” en cas d'événement imprévu ou dangereux.

    Malheureusement en viellissant ldes neurones meurent dans l'hippocampe et si cette destruction est trop grande, la maladie d'Azeimzer affecte notre mémoire, principalement la mémoire immédiate épisodique.
    Le “fornix”, associé à l'hippocampe a un rôle assez important dans la transmission de nos étatss sentimentaux et des renseignements de notre mémoire, notamment inconsciente. Dans cette espèce de “boucle” nos sentiments peuvent “tourner en rond”, relançant ainsi les amygdales et donnant à certains de nos états émotionnels un aspect lancinant et obsessionnel, pouvant aboutir par exemple à des crises de larmes. (on appelle cette boucle le cycle de Papez).

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/cerveauemotionnel.jpg

Mardi 12 décembre 2006 à 16:48

Notre cerveau : émotions

    A l'extrémité des deux morceaux droit et gauche de l'hippocampe, deux centres très importants pour notre comportement : les centres amygdaliens (ne pas confondre avec les amygdales dans notre gorge !!!).
    Ce sont eux qui sont à l'origine de nos réactions de peur et de défense : anxiété, fuite, colère, agressivité et agression. Par l'intermédiaire du cerveau central, ils déclenchent des réactions physiologiques: augmentation du rythme cardiaque et de la tension, sensation d'oppression ou montée de la colère, préparation des muscles pour l'action, focalisation de l'attention sur l'adversaire, les tripes “nouées”, la sudation de la peur....
    Mais ils font aussi produire l'hormone du stress, le cortisol, et l'activité des centres amygdaliens est certainement à l'origine de notre tristesse, de notre anxiété et en partie de nos dépressions.
    L'amygdale semble en fait moduler toutes nos réactions à des événements qui ont une grande importance pour notre survie. Ceux qui nous avertissent d'un danger imminent sont donc des stimuli très importants pour l'amygdale, mais également ceux qui signalent la présence de nourriture, de partenaires sexuels, de rivaux, d'enfants en détresse, etc.
    Je serai souvent amené à évoquer le rôle de ces centres.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/2590384.jpg

    Au centre du cerveau émotionnel, on trouve le “thalamus”. L'un de ses rôles très important est de coordonner nos sensations. Ses neurones “battent” à 40 impulsions par seconde et ils se mettent ainsi en relation avec des neurones qui reçoivent les signaux de nos cinq sens. Il envoie tout de suite une information aux amygdales, pour qu'elles “veillent au danger” (nos centres amygdaliens sont ainsi informés en quelques centièmes de seconde, alors que notre cortex attendra plusieurs dixièmes de seconde pour une interpretation plus élaborée). Cela donnera le temps ausx amygdales de déclencher une réaction “émotionnelle immédiate” qui n'est pas “raisonnée”.
    Le thalamus va donc coordonner les sensations qui concernent un même sujet ainsi que leur enregistrement. A l'inverse, lorsque nous voudrons nous remémorer ce qui concerne un sujet (le rouge-gorge par exemple), il rassemblera les souvenirs correspondants des sensations pour les acheminer vers les mémoires tampons qui alimentent le cortex.
    Le thalamus est en quelque sorte la “console de mixage” de nos sensations. De ce fait il est également impliqué dans notre attention, mais également dans les phénomènes de douleur et des échanges de renseignements sur nos mouvements.

    Le “noyau accumbens” et le “septum” sont deux éléments très importants car ils interviennent dans ce que l'on appelle le “circuit de la récompense” (que les journalistes appellent parfois le circuit du plaisir) et le circuit de la sanction.
Je vous détaillerai un jour ces mécanismes qui permettent les apprentissages élémentaires des enfants, toute notre éducation et notre instruction, et l'acquisition de notre expérience d'adulte, et guident également nos envies et nos joies ou nos “déplaisirs”, mais aussi lorsqu'ils sont mal employés, nos accoutumances et dépendances, notamment aux drogues
    On peut dire que le circuit de la récompense,  ainsi que celui de la punition, fournissent la motivation nécessaire à la plupart de nos comportements.

    Voilà un très rapide tour d'horizon simplifié de notre “cerveau émotionnel” et de ses fonctions. Cela me permettra par la suite de vous expliquer certains de vos comportements.
    J'espère aussi que cela vous permettra un jour d'étonner votre professeur  de SVT par vos connaissances !!! LooL

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