Vendredi 17 juillet 2020 à 8:17

Notre cerveau : intelligence; langage

Intelligence et esprit critique.

            Nous sommes parfois très étonnés de voir une personne réputée très intelligente dire manifestement une bêtise (je ne parle pas de Trump, il n’est pas très intelligent), et ce qui arrive plus souvent, avoir une attitude peu compatible avec son niveau intellectuel ou son expertise dans son domaine.
           Cela tient le plus souvent à notre façon de mesurer l’intelligence et à la différence que l’on doit faire entre « l’intelligence » et « l’esprit critique ».

 

            Nous mesurons ce que nous appelons l’intelligence par des tests principalement de QI. Si vous lisez les articles que j’ai fait sur ce sujet, vous y verrez que l’on teste principalement trois domaines : notre connaissance de la langue et de la signification de phrases; la logique mathématique et la reconnaissance visuo-spatiale.

            Les tests sont des exercices qui mettent en jeu des points de détail, des réponses simples, et une analyse réduite de situations peu complexes.

            Ils ne garantissent pas que l’on sache pour autant analyser une situation dont les facteurs sont nombreux et compliqué, faire la part dans un amas de données, de celles qui sont importantes et de celles sans utilité, et également de résister à des arguments ou croyances irrationnelles.

            Certes, les personnes à fort QI sont moins sensibles aux biais cognitifs, mais ce qui permet de nous en protéger c’est « l’esprit critique ».

            Pour jauger correctement une information, , il faut être capable de la saisir, de la comprendre, de la traiter, de l’analyser, d’en examiner la vraisemblance, d’en saisir les conséquences. Certes l’intelligence est nécessaire pour ces tâches, mais il faut en plusune analyse logique empreinte de scepticisme.

 

            Les psychologue ont trouvé des différences entre l’intelligence et l’esprit critique :

            L’intelligence se concentre sur des problèmes de détail, de bas niveau, de compréhension, de représentation, de fonctionnement.

            L’esprit critique, est lui, à un niveau lus général, plus élevé, à partir d’éléments plus complexes et généraux. Il demande par exemple d’expliquer sa pensée et celle d’autrui ou d’estimer la fiabilité d’assertions ou de sources d’information. Il faut tester des hypothèses, évaluer des arguments, rechercher des preuves. C’est déterminer si on peut faire confiance à une information.

            La seconde différence est de nature psychologique : l’intelligence est basée sur le raisonnement. L’esprit critique est presque un trait de personnalité car il se fonde sur des qualités, sur un état d’esprit. 

            Il demande une ouverture d’esprit, l’imagination de supposer diverses solutions, un certain scepticisme et l’envie de connaître la vérité, le besoin de la rigueur et d’avoir des preuves, l’envie de connaître de nouvelles choses…

 

            Quelqu’un d’intelligent peut décider de croire à quelque chose, qui évidemment ne doit pas être complètement absurde, mais il peut ne pas avoir le besoin absolu de la vérité.

 La personne qui a un fort esprit critique ne voudra croire que ce qui répond à de nombreux critères. Elle doit donc avoir une grande humilité intellectuelle, et douter de sa propre pensée en premier lieu. Il faut notamment savoir changer d’avis, si cela se justifie.

 

            Comment développer l’esprit critique : ce devrait être un des buts de notre enseignement primaire et secondaire.

            Certes il faut au départ rendre les gens intelligents, en leur donnant la meilleure compréhension possible de la ou les langues, en développant la logique par l’étude des mathématiques, de la physique-chimie et des SVT, et en exerçant leur facultés de représentation de l’espace et du dimensionnement.

            Il faut ensuite les habituer à la pensée d’autrui, aux vis divers et divergents et l’étude de la littérature et de la philosophie est importante, non pas en tant que connaissances des auteurs, mais quant à la compréhension et la discussion sur des pensées différentes et des avis divergents sur un même sujet.

            Il faut à la fois développer la curiosité intellectuelle mais aussi l’humilité face au savoir : admettre qu’on ne sait pas, que l’on peut se tromper.

            Il faut aussi développer les capacités d’analyse logique, apprendre à reconnaître les situations, les éléments, les informations à risque, à mettre en doute et à faire des vérifications, à ne pas généraliser à partir d’exemples en nombre limité, de savoir peser les risques et la probabilité d’une réussite ou d’un échec, des avantages par rapport aux inconvénients d’une décision ou d’une situation.

            C’est aussi apprendre à chercher de l’information fiable (notamment sur internet, et par recours à des experts, qui en soient vraiment

            Il existe des tests d’esprit critique, comme il existe des tests de QI
.

             Bien entendu, il ne faut pas confondre l’esprit critique et la critique systématique irraisonnée et sans s’assurer de sa pertinence (à la façon de Trump et de beaucoup d’hommes politiques). C’est l’inverse de l’esprit critique.

            L’esprit critique est une qualité indispensable qui complète l’intelligence et nous en avons besoin plus que jamais, si l’on pense aux réseaux sociaux et à toutes les fausses informations qui y circulent ou aux discussions sans fin et entre égos passionnées sur l’hydroxychlorokine.

Intelligence et esprit critique.

Vendredi 10 avril 2020 à 17:09

Notre cerveau : intelligence; langage

Nos décisions sont faussées par notre inconscient.


          Dans l'article d'hier, je décrivais certains mécanismes du cerveau lorsque nous prenons des décisions.
          Je vous ai aussi décrit dans des articles de la rubrique "préférences cérébrales", l'influence de notre préférence de décision 
          Lorsque vous prenez une décision, lorsque vous faites un choix, votre cerveau utilise préférentiellement certains mécanismes, certains critères.
          Deux processus sont utilisés, tous deux étant rationnels, mais différent par les critères de choix utilisés :
                    - les critères sont ceux d'une logique impersonnelle (L) : ce sont des principes objectifs, des lois, des règles, une analyse critique et logique; on se pose en juge et on décide “avec la tête”, plutôt en “spectateur”, après avoir réfléchi logiquement au "pour" et au "contre". 
On réfléchit avant de décider, aux avantages et aux inconvénients de son choix.
                   - les critères sont ceux de valeurs altruistes (V) : la décision est plus subjective et humanitaire; c'est le monde de l'empathie, de l'intimité, de la chaleur humaine et de la persuasion; on se pose en avocat, et on décide “avec le coeur”, plutôt en “participant”. Ce sont nos goûts, nos valeurs, nos opinions, nos émotions, nos sentiments qui guident notre décision.
          On conçoit que les personnes V examinent les éléments de décision de façon plutôt subjective, et donc avec un risque d'erreur plus important.
          Mais pour les personnes L, la décision paraît réfléchie et objective, et cependant nos décisions sont souvent faussées par des automatismes du cerveau relativement inconscients.
          Le cerveau cherche en permanence à ne pas consommer trop d'énergie, à gagner du temps, à préparer nos comportements, d'agir rapidement. Il doit donc prédire et anticiper. Pour cela Silva donc chercher dans notre environnement d'une part, dans notre mémoire et notre passé, des indices qui permettront de répondre en partie aux questions posées. Ces indices automatiques influenceront inconsciemment nos décisions.

         Nous avons d'abord en mémoire, des préjugés et des stéréotypes, issus de notre culture, de notre éducation, de notre expérience. Ils sont dans notre mémoire et ont pour but de nous protéger contre des décisions hâtives ou hors normes. Mais ils peuvent alors influencer plus ou moins nos réflexions et donc nos décisions. L'influence des groupes auxquels on appartient, du milieu, du racisme sont des exemples probants.
         Même pour les personnes L, sentiments et émotions ont une certaine influence et notamment les centre amygdaliens. Mais elles en sont moins conscientes puisqu'habituées à une démarche rationnelle logique.
          On évoque souvent l'intuition, mais c'est simplement les connaissance et l'expérience que nous avons sur le sujet en cause, qui sont inconsciemment ramenées en mémoire et que notre inconscient traite en faisant intervenir sans que nous le sachions, les mêmes groupes de neurones que si nous faisons un raisonnement conscient. La synthèse de cette démarche est ensuite portée à la conscience : c'est une intuition. Elle n'est juste que si elle a pu se baser sur des indices réellement en rapport avec les questions posées?

          Enfin il faut être conscient que la fatigue le stress, le manque de concentration, la dispersion de notre esprit qui traite plusieurs problèmes à la fois, nuisent à la pertinence de nos décisions.

 

          Philippe Damier, professeur de neurologie au CHU de Nantes, recense dix grands pièges qui peuvent fausser nos décisions.

La peur de perdre :
          Lorsque que notre décision risque d'entrainer un gain ou une perte, nous préférons le plus souvent minimiser la perte. Mais cette décision trop rapide risque de nous faire passer à coté de décisions très bénéfiques, dont le risque d'échec était raisonnable.

 

Les statistiques :
         
 Lorsque nous avons un choix incertain à faire, au lieu de consulter des statistiques réelles, nous nous remémorons tous les événements analogues dont nous avons été témoins. Leur fréquence peut être très éloignée de la réalité et nous inciter à un choix erroné.          

 

L'ordre des éléments de décision :
          
Quand on fait la liste des avantages et des inconvénient d'une décision à prendre, les premier élément devient plus important car ils nous influencent en premier et forgent notre décision. Il faut donc réexaminer plusieurs fois tous les éléments, au besoin dans un ordre différent, pour ne pas subir cette influence.        

Présent et futur :
         "Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", dit l'adage bien connu. Quand nous avons le choix entre une décision qui apporte immédiatement un avantage modéré, face à une autre qui apporte un meilleur avantage, mais plus lointain, en général, nous choisissons l'avantage du présent, sans examiner suffisamment les risques de la solution d'avenir.

 

La publicité et l'effet de groupe et la peur de l'inconnu :
      
 Lorsque nous avons à choisir entre deux objets, mais que l'un nous est presque inconnu, alors que nous avons souvent vu ou entendu parler de l'autre, soit par la publicité ou la presse, soit au contact d'autres personnes, nous avons tendance à choisir l'objet connu, sans chercher à découvrir l'autre et ses éventuels avantages.

 

Les sensations internes :
       
 L'état physiologique de notre corps a une certaine influence : les psychologue ont par exemple montré que, lors de courses dans un supermarché, l'on achète plus de produits alimentaire avant le repas et moins si on a déjà déjeuné. Le stress a également une grande influence sur nos décisions : j'en reparlerai dans le prochain article.

L'opinion déjà faite : 
        Lorsque l'on pense aux conséquences d'une décision, au bout d'un moment, on commence à se faire une idée de ce qu'il faudrait faire. (voir mon article d'hier). Mais dès lors, les arguments en faveur de cette décision ont plus de poids que ceux contre et on peut même finir par ignorer un élément très important défavorable.

La répétition d'un élément de décision :
         
Voir de façon répétée et régulière un objet ou une solution, risque de nous faire prendre trop vite une décision en faveur de cette solution, parce qu'elle nous paraît plus familière, donc plus connue et plus sûre. C'est sur cet effet de répétition que se base la publicité et le marketing. C'st vrai aussi pour une personne qui vous paraît alors plus sympathique.

 

La défiance vis à vis d'un ou d'autres :
      
  Nous prenons parfois des décisions par réaction , hostilité ou vengeance vis à vis d'une personne, d'un groupe ou défiance vis à vis d''opinions. Le choix n'est alors pas maitrisé. Il peut aussi être dicté par une réaction vis à vis d'une privation de liberté, d'un choix qui vous paraît imposé.

 

La paresse et l'inertie :
       
 Lorsque nous avons le choix entre plusieurs décisions dont l'une correspondrait à une situation déjà vécue ou connue, nous avons tendance par inertie à la privilégier et par paresse à ne pas examiner sérieusement les autres options.

 

       Ces dix biais peuvent fausser de façon importante nosdécisons. A nous de nous méfier et d'essayer d'avoir un examen objectif et le plus complet possible des différentes solutions, sans privilégier à priori et trop rapidement une décision.

Stress et anxiété.
     
  Nous avons vu hier que les circuits cérébraux de décision étaient voisins de ceux des stress et de l'anxiété, ces derniers états résultant d'une lutte de pouvoir entre les centres amygdaliens et l'insularité, et le cortex préfrontal gauche ventromédian, qui essaye de les contenir et de ne pas se laisser déborder.
        Si cependant il n'y arrive pas et que notre moral se détériore, les chercheurs ont montré sur des animaux, puis par simulation sur ordinateur, et enfin lors d'essais sur des volontaires humains, que le stress perturbait nos capacité de prévision des conséquences de nos actes, et que l'anxiété nous paralysait ensuite. Il est certain que nos décisions sont alors fortement perturbées.
         Jeansok Kim, professeur de psychologie et chercheur à l'Université de Washington, estime mêmque beaucoup de décisions économiques, qui pourtant concernent le monde entier, sont prises par des dirigeants hyperstressés, qui ne devraient pas assumer des responsabilités aussi importantes.

Vendredi 20 mars 2020 à 16:58

Notre cerveau : intelligence; langage

 Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)

         Comment notre cerveau prend-il des décisions ?  

           Ce n’est que récemment que l’on commence à comprendre ce problème.
           En 1976, le psychologue Roger Ratcliff suggère que le cerveau  a besoin d’une accumulation de preuves pour prendre ses décisions.

           En 1996 des chercheurs ont commencé à étudier ce qu’il se passait dans le cortex pariétal (sur le dessus du crâne, les centres moteurs et les centres de mémoire associative), lorsqu’ils avaient des décisions simples à prendre.
           En 2002 un physicien chinois a émis l’hypothèse, en simulant informatiquement le flux neuronal, que la décision était prise lorsqu’il y avait un cumul suffisant dans le cerveau se traduisant par une activité croissante.
           En 2005 des neuroscientifiques mettent en évidence que la prise de décision s’accompagne de libération de noradrénaline par le tronc cérébral (un centre situé à la jonction de la colonne vertébrale et du cerveau).
           En 2012-14 d’autres chercheurs constatent par des mesures électriques encéphalographiques sur des animaux et sur l’homme, que la décision n’intervient que lorsque les signaux neuronaux se sont accumulés dans le cerveau jusqu’à un certain niveau

            Je vais essayer de faire un résumé en deux articles, à partir de lectures faites sur des revues de neuroscience, notamment du professeur Philippe Damier, professeur de neurologie au CHU de Nantes.

            Le chef d’orchestre, c’est, comme d’habitude le cortex préfrontal. C’est lui qui doit décider, et il appelle à l’aide le reste du cerveau.
           Il commence  (voir le schéma) par demander à un centre du tronc cérébral, le locus coeruléus, de contacter des centres dans lesquels il y a des neurones utilisant la noradrénaline comme neurotransmetteur et de libérer des quantités importante de ce produit, pour activer les récepteurs correspondants.
           L’activité du tronc cérébral est difficile à détecter car le le locus coeruléus est un tout petit centre, (quelques mm), à coté de vaisseaux sanguins, qui le font bouger à chaque pulsion cardiaque, et rendent impossibles les IRM. Heureusement la noradrénaline fait dilater les pupilles des yeux et cela permet de suivre de façon précise la libération de ce neurotransmetteur, qui intervient une centaine de millisecondes après la demande du cortex préfrontal.
            Cette libération augmente d’activité de centres du cortex qui vont fournir des informations : les centres d’interprétation de la vision (ou des autres sens) et les centres de mémoire associative du cortex pariétal postérieur, de même que les centres amygdaliens au niveau du cerveau émotionnel.

 Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)

 Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)            On peut suivre électriquement l’activité du cerveau et notamment du cortex préfrontal et la traduire par une « variable de décision, qui cumule la quantité d’information retenue pour la décision.
           Cette variable va mettre un certain temps pendant lequel l’activité du cerveau va augmenter, devenir de plus en plus importante, jusqu’à dépasser un seuil, ce qui déclenche la décision oui. Cela peut prendre plusieurs secondes, voire plusieurs minutes. Cela dépend des personnes et de la complexité du problème. L’action est alors lancée notamment vers les centres moteurs, en quelques centaines de millisecondes.
            A l’inverse l’activité cérébrale peut diminuer jusqu’à atteindre un seuil où la réponse est non et évidemment, il ne se passe rien ensuite.
           La variation de cette activité montre que le cerveau, consciemment ou non rassemble de nombreux éléments qu’il analyse, avant de prendre la décision oui ou non, l’activation oui entrainant une analyse plus poussée; ces éléments peuvent être des sensations diverses qui renseignent sur l’extérieur, des raisonnements logiques internes, des mémorisations de faits voisin anciens, des éléments plus subjectifs, émotions et sentiments, provenant du cerveau émotionnel, notamment centres amygdaliens. 

           Ces temps de décision varient selon les personnes, car étant optimistes ou pessimistes, plus ou moins confiantes ou méfiantes, elles ont tendance habituellement à dire plus fréquemment oui ou non. On constate par exemple que, pour la même décision à prndre,  des personnes habituées à dire non, vont mettre nettement plus de temps à prendre une décision favorable, que des personnes habituées à des décisions positives. 

           En outre le circuit de décision que nous venons de décrire est voisin de celui qui intervient lorsque nous sommes soumis à du stress ou de l'anxiété.
           Dans ces derniers cas il y a un équilibre permanent à conserver entre les centres amygdaliens et l'insula d'une part, qui gèrent nos craintes, notre stress , notre angoisse et les font remonter vers le cortex préfrontal, et plus précisément le cortex préfrontal ventromédian gauche,  qui essaye de les contenir d'autre part. 
          Si ce dernier est dépassé, c'est le stress et si cette impuissance devient plus grande, l'anxiété puis l'angoisse. Si le cortex préfrontal est mis hors jeu, ce peut être la dépression.
           Alors qu'un peu de stress peut être salutaire en stimulants les centres de l'attention, un stress plus important ou une anxiété qui dure peut perturber totalement notre système de prise de décision.
           Je reviendrai sur ce point dans l'article de demain. 

 Comment notre cerveau prend-il des décisions ? (1)

Samedi 29 juin 2019 à 8:37

Notre cerveau : intelligence; langage

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         La science formule des hypothèses, les vérifie en partie, mais ensuite les connaissances progressent et on remet en cause ce qui a été dit, sans forcément le renier, mais en le complétant, en le précisant.
Le psychologue suisse Jean Piaget (1896-1980)  a observé et enseigné la psychologie des enfants et a défini 4 stades dans le développement de leur mental.

 

Le stade sensori-moteur (de la naissance à environ 2 ans)

Il correspond au développement et à la coordination des capacités sensorielles et motrices du bébé.
L’intelligence du bébé est pratique et liée à l’action, à ses gestes, à faire la différence entre son corps et les objets externes.

Il finit par avoir des représentations mentales, c’est à dire pouvoir se représenter une personne, un objet, en son absence.

Sa famille est là pour le servir, notamment sa mère. Marcher lui donne une certaine indépendance.

 

Le stade pré-opératoire (de 2 à 7 ans)

 

A ce stade, les acquisitions de l’enfant au niveau de la fonction symbolique sont nombreuses (notamment l’acquisition du langage).

L’enfant peut penser à ses actions sans les réaliser et il devient peu à peu indépendant dans ses actions.

Il apprend à définir sa pensée par le langage.

L’enfant est encore décrit comme « égocentrique ». Il a du mal à comprendre que d’autres puissent ne pas avoir les mêmes pensées que lui.

Il va peu à peu acquérir ce que l’on appelle la  "théorie de l’esprit", c’est à dire avoir une idée de ce que l’autre pense. Des comportements comme garder un secret, mentir, dissimuler vont peu à peu apparaître.

 

Le stade opératoire concret (7 – 12 ans)


A ce stade, l’enfant acquiert une « mobilité croissante au niveau de ses structures mentales » et de ses réflexions. Ses théories de l’esprit deviennent plus subtiles, plus concrètes et plus prédictives.  iI peut envisager d’autres points de vue que les siens.

Peu à peu il peut avoir des représentations mentales, c’est à dire faire certaines actions dans sa tête sans forcément un support concret.

Le stade formel (12 – 16 ans)

 

Il s’agit pour Piaget, du dernier stade. Par la suite, l'adolescent ou l’adulte pourra continuer à acquérir des connaissances mais il ne changera plus radicalement de vision du monde.

L’adolescent manie des opérations mentales de plus en plus complexes, parce qu’il commence à raisonner sur de l’abstrait, sans être obligé de passer par le concret. Il peut réfléchir sur des notions existentielles : (le bien et le mal, l’infini, la mort etc.).

 

Cette théorie reste en partie admise, mais elle est aujourd’hui complété par les neuropsychologues.

 

D’abord il semble que chez le bébé, certaines aptitudes sont déjà programmées : par exemple le sens des nombres, le bébé évaluant visuellement une quantité approximative, ou la longueur d’une série d’objets (qu’il confond d’ailleurs avec le nombre jusqu’à ce qu’il apprenne à compter).

L’adulte, bien que parvenu au stade formel, commet des erreurs de logique et de raisonnement. En fait notre inconscient est sollicité sur toute résolution de problème, avec le concours de la mémoire, et il suggère des solutions rapidement, mais qui sont en quelque sorte des intuitions, basées sur des analogies et comparaisons. Certaines de ces solutions peuvent être satisfaisantes, d’autres erronées.

 

Certains psychologues, comme Olivier Houdé, estiment que si l’on veut ne pas céder top facilement à ces suggestions et intuitions, et parvenir à une étude logique, il faut que le cerveau ait une capacité d’inhibition, qui empêche de retenir trop hâtivement une solution basée sur des intuitions notamment à partir de perceptions visuelles, auditives iou tactiles.
        Ce processus demande évidemment un certain temps (quelques dizaines de millisecondes).

L’IRM permet de voir que pendant ce délai c’est le cortex préfrontal qui est sollicité, et c’est une zone dont les neurones ont pour action d’inhiber une première réponse, qui est celle délivrée par l’automatisme, l’habitude et l’intuition, et d' obliger le cortex préfrontal à reconsidérer la question, à réfléchir et à appliquer une autre stratégie.

L’enfant naît avec un cortex préfrontal capable de remplir cette mission, mais qui n’est pas mature, et qui doit apprendre ce processus d’inhibition du réflexe initial de ne pas faire confiance absolue aux sensations, et de reconsidérer le problème.

Cette capacité d’inhibition peut être mise en lumière par des exercices ou des jeux, (par exemple « Jacques a dit » ou le « jeu du balai »). Elle se manifeste aussi lors de l’apprentissage de la lecture, car le cerveau ne différencie pas l’orientation droite ou gauche pour la reconnaissance des visages et objets, alors qu’il devra le faire pour des lettres telles que b et d.

De nombreux exercices permettent de jauger la capacité d’inhibition des sujets, qui est une forme d'intelligence.

 

En définitive, se développer c’est non seulement construire et activer des stratégies cognitives, comme le pensait Piaget, mais c’est aussi apprendre à inhiber des stratégies qui entrent en compétition dans le cerveau, et dont certaines peuvent être erronées;

Le développement de l’enfant passe d’abord par celui de ses sens, d’abord apprendre à manipuler des objets et ensuite faire des opérations plus abstraites, à partir des perceptions, et les mécanismes mis en place par l’apprentissage sont très puissants, de telle sorte qu’ils peuvent induire en erreur le cerveau.

Il faut donc que le cortex préfrontal apprenne à inhiber ces réflexes intuitifs pour se demander s’ils sont corrects et éventuellement rechercher une autre stratégie. Notre cortex préfrontal va ainsi mettre, peu à peu, depuis la naissance, de l’ordre de 20 ans à devenir mature.

Mercredi 6 décembre 2017 à 13:42

Notre cerveau : intelligence; langage

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      Nos sens perçoivent en permanence des images, des sons, des odeurs provenant de notre environnement. Mais très souvent ces sensations s’accompagnent de mots qui sont mémorisés en même temps qu’elles. Ce sera une date, les noms de personnes ou d’objets, le souvenir de paroles……
    Dès que l’enfant l’a acquit, le langage est le support permanent de notre pensée. C’est le principal moyen que nous avons de faire connaître aux autres ce que nous pensons, que ce soit des faits, une histoire, des considérations logiques, un raisonnement, mais aussi des émotions, à la suite de paroles, de lecture, d’images, de sons….
    En définitive sans les mots, nous ne serions pas capable de grand chose. Les animaux ont des langages, mais ils ne reposent pas sur les mots et c’est ce qui différencie l’homme. Encore qu’on puisse apprendre à un chien la signification de quelques centaines de mots (sans qu’on sache parfaitement comment il les interprète), et on peut apprendre aux singes supérieurs, le langage des sourd muets avec une syntaxe limitée : sujet verbe complément et parfois des adjectifs.

    Mais un phénomène nous rend perplexe : le langage intérieur.
    Nous en sommes très conscient quand nous écrivons un article comme celui-ci. Tout en réfléchissant, je me dicte inconsciemment le texte, légèrement en avance sur ce que j’écris. Là je transcris vraiment ma pensée par des mots « palpables » parce qu’ils sont en noir sur un papier ou sur l’écran de mon ordinateur.
    Mais ce dont nous nous rendons moins compte, c’est que lorsque nous pensons à un sujet donné, nous nous parlons intérieurement avec des mots, des phrases.
    On s’en rend mieux compte avant de s’endormir, car il y a peu de bruit, pas de lumière, on est enfermé dans sa chambre et donc il n’y a rien pour distraire notre attention. Là on se rend compte qu’on réfléchit à quelque chose avec des mots que l’on se dit à soi-même. Parfois le sommeil arrive pendant quelques secondes et on se réveille, et on s’aperçoit alors que la phrase que l’on était en train de se dire, a dégénéré sur une suite illogique de mots, sans rapport avec le sujet et quelquefois même sans signification cohérente.
    Sans le langage, nos pensées ne seraient qu’un suite de sensations, des images notamment, mais nos raisonnements, nos pensées et nos souvenirs seraient considérablement réduits. C’est d’ailleurs pour cela q’un enfant n’a pratiquement aucun souvenir réel de sa vie avant de maîtriser le langage (si ce n’est par des récits de ses parents ou des photos, qui ne sont donc pas des souvenirs acquis sur le moment).
    Il arrive aussi parfois qu’on se dise quelque chose à voix haute, mais c’est plus rare, (sauf chez le jeune enfant), et l’on appelle cela le « dialogue privé », alors que le « dialogue intérieur » à notre cerveau, est permanent.
    J’ai fait plusieurs articles sur la production et la compréhension du langage dans ce blog, qui indiquent le rôle des centres de Broca, de Wernicke, de Geschwind, des centres d’interprétation auditive et du chef d’orchestre, le cortex préfrontal.
    Qu’en est il pour le dialogue intérieur ?

    Le discours privé des enfants a fait l’objet d’études par les psychologues.
    Jean Piaget spécialiste du développement de l’enfant, pensait que cela résultait chez le jeune enfant, du fait qu’il n’était pas encore habitué à écouter les autres et à comprendre et suivre un dialogue avec autrui, sur des sujets de comparaison des points de vue. Cette attitude diminuait ensuite du fait que cette capacité de dialoguer avec autrui devenait une habitude.
    Un autre psychologue russe, Lex Vygotski, pensait au contraire que l’enfant réemployait dans ce discours privé, des termes qu’il avait déjà réussi à employer dans un dialogue réel avec autrui, et qu’il s’en servait pour se contrôler lui-même et trouver des idées, des solutions, des actions à faire.
    Un ordinateur utilise un langage (celui de la programmation), mais il ne fait qu’appliquer les directives logiques du programmeur. Il ne peut penser à de nouvelles actions en dehors de celles prescrites par ce programme.
    Le robot qui possède une certaine « intelligence artificielle » est capable de créer des morceaux de programme pour se commander lui même : il a eu un dialogue intérieur, dans le langage particulier de programmation qui est le sien.
    En fait dans le dialogue entre deux personnes, chacun gère ses propres idées mais en s’adaptant à ce que chacun perçoit et reçoit de l’autre, cela en manipulant le langage à haute voix. Si le dialogue intérieur est une adaptation de cette situation pour discuter avec nous mêmes en vue de la réflexion, de la décision et de l’action, alors les centres du langage devraient intervenir dans ce dialogue intérieur.   
    C’est ce que les neurobiologistes ont voulu vérifier en demandant à des personnes d’avoir un dialogue intérieur, sous IRM. C’est notamment le cas de Charles Fernyhough de l’université de Durham, en Angleterre à qui j’emprunte les schémas ci dessous, que j’ai un peu transformés.

    Toutefois le problème est un peu plus complexe car le dialogue intérieur peut avoir deux aspects différents : un monologue, comme par exemple lorsque j’écris cet article, ou un dialogue, lorsque je compare plusieurs solutions à un problème. De plus dans un monologue, on peut nous demander de penser seulement à des mots prédéfinis, ou au contraire de créer des phrases comme dans la rédaction d’un article.
    L’IRM a confirmé que dans le « monologue intérieur imposé », les centres qui intervenaient étaient ceux de la parole , sous la coordination du cortex frontal et sans que les centres moteurs de la diction interviennent : le centre de Broca qui gère grammaire et syntaxe pour produire les phrases et le centre de Geschwind qui gère le vocabulaire.
    Dans un « monologue intérieur libre et créatif », non seulement ces centres interviennent mais aussi l’aire de Wernicke, qui traduit les sons en mots et phrases compréhensibles. et un autre centre, le gyrus de Heschl, qui contient les aires auditives primaires et secondaires,Tout se passe comme s’il y avait une écoute de soi-même, de ce que l’on va se dire intérieurement, comme si l’on écoutait une autre personne.

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    Dans le cas du « dialogue interieur », d’autres centres interviennent : ceux qui, dans l’hémisphère droit interviennent dans la « cognition sociale » : les équivalents des centres de Broca et de Wernicke dans cet hémisphère, qui interprètent les composantes émotionnelles du langage, et un centre situé à leur extrémité, qui intervient lorsque nous essayons de comprendre la pensée de nos interlocuteur, ce qu’il y a derrière les mots que Wernicke a déchiffré.
    Le gyrus frontal antérieur gauche intervient également; outre l’aire de Broca, liée directement au langage; qu’il contient, il participe à la compréhension d’un dialogue avec autrui, mais probablement avec un aspect plus logique, alors que les centres de l’hémisphère droit examinent plutôt l’aspect émotionnel.
    Deux autres gyrus sont aussi activés : le cortex cingulaire postérieur qui intervient surtout avec l’hippocampe dans des rappels de mémorisations et le précunéus qui est l’un des centres restant actifs même lorsque le cerveau est au repos, et qui a un rôle important dans la conscience de soi et par opposition de celle d’autrui.

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    Tout se passe donc dans le dialogue intérieur avec nous mêmes, comme dans un dialogue avec autrui : il nous faut être capables de nous représenter le point de vue de notre interlocuteur, de le suivre à chaque échange, et de modifier notre propre pensée en fonction des évolutions de la conversation.
    Dans le cas du monologue ou du dialogue intérieur, notre interlocuteur est nous même avec lequel nous envisageons diverses hypothèses et pensées.

Vendredi 29 septembre 2017 à 15:21

Notre cerveau : intelligence; langage

      Il est certain qu’en moins d’une seconde, nous reconnaissons le visage dune personne qui nous est familière et le cerveau humain est un outil imbattable pour reconnaître le visage d’une personne déjà vue, au milieu de photos de visages d’autres personnes.
    C’est un centre à l’arrière du cerveau qui est chargé de cette tâche, après avoir reçu des informations des centres de traitement de la vue qui lui envoient des influx nerveux relatifs au visage vu, mais on ne sait pas exactement comment procèdent ces centres.
    Une chercheuse de l’institut de technologie de Californie a publié le résultat d’une étude sur des singes qui permet de commencer à comprendre ce phénomène.

    Cet institut a montré que chez les macaques la reconnaissance faciale n’était traitée, malgré son caractère complexe, que par à peine plus de 200 neurones, ce qui est extrêment faible par comparaison au nombre de neurones du cerveau.
    Les chercheurs, qui ont implanté des électrodes sur ces neurones ont enregistré leurs réponses à la présentations de nombreux visages différents, dont on avait mesuré de très nombreuses caractéristiques. Les données codées par les neurones du cerveau du singe, semblent être, d’une part des caractéristiques physiques de la peau et des cheveux (couleur, grain…), et surtout des valeurs physiques de la forme du visage, principalement des dimensions caractéristiques.
    Ils ont alors créé un algorithme représentant le processus supposé de fonctionnement des neurones et ont implanté un programme sur ordinateur, créant une image à partir des données caractéristiques des visages. ils ont comparé les photos de nombreux visages humains et les images reconstituée par l’ordinateur qui simulait le fonctionnement des neurones du cerveau. Les images étaient quasi identiques.

    Chez l’homme le centre de reconnaissance comprend beaucoup plus de neurones et on ne connait pas son fonctionnement, et on ne peut implanter des électrodes dans un cerveau humain, tandis que l’IRM ne donne pa pour le moment, des renseignements sur le fonctionnement d’un petit nombre de neurones.
    On en sait donc pas si les résultats acquis sur le macaque sont transposables à l’homme.
    il est certain aussi que la mémoire entre en jeu et aide au processus de reconnaissance lorsqu’il s’agit de personnes connues.
    Le langage code également certaines caractéristiques (couleur des cheveux par exemple).
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/langageetmots-copie-1.jpg    Le centre de reconnaissance des visages subit chez l’enfant qui explore son environnement, puis apprend à écrire et à lire, ce qui exige la reconnaissance de lettres, une évolution considérable et extraordinaire.
    Les données visuelles concernant les mots proviennent d’un centre particulier de la partie occipito-temporale, près des centres d’interprétation visuelle, représenté en rouge sur le schéma,
    Cette zone au début de notre vie, ne connaît évidemment pas l’alphabet et n’a pour rôle que la reconnaissance des visages d’abord (il faut reconnaitre sa mère et sa famille; en jaune sur le schéma), puis la reconnaissance des objets familiers (son biberon, ses jouets; en bleu sur le schéma). La mémoire correspondante est l’homologue de la zone de Geschwind, mais dans l’hémisphère droit.
    Puis quand le bébé va marcher et donc se déplacer, une partie de cette zone et des zones de mémoire, vont se consacrer à la reconnaissance et au stockage des images et des « cartes » de notre environnement. (en vert sur le schéma)
    On arrive à l’empilement du schéma ci dessous.

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   Et lorsque l’enfant apprend à lire et à écrire une chose extraordinaire se produit :
une partie de la zone destinée à la reconnaissance des visage et des animaux se transforme en une zone de reconnaissance des lettres et des mots écrits (en rouge sur le schéma).

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    Un autre phénomène extraordinaire va se passer.
    Pour pouvoir identifier des visages ou des objets vus sous divers angles, ces centres ont l'habitude de considérer que deux images symétriques "en miroir" correspondent à un même objet. Par exemple sur l'image ci contre le vélo et le triangle.
    Il y a donc un petit problème, car ce n'est pas vrai pour les lettres (b et d) et les mots (ioup et quoi), par exemple.
            Il faut donc que l'enfant inhibe la réaction automatique de ces centres pour leur faire acquérir l'apprentissage de reconnaissance des lettres.
    Son cerveau frontal apprend à envoyer un signal qui bloque la fonction de miroir quand il décide de vouloir lire !
    Et il est possible que chez les enfants dyslexiques, qui ont du mal à différencier les lettres symétriques, cette fonction de blocage soit partiellement déficiente.

Mercredi 24 mai 2017 à 9:57

Notre cerveau : intelligence; langage

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            Nous venons de subir quelques mois de campagne électorale et c’est ahurissant de voir les bêtises que peuvent dire nos politiques, y compris les candidats. et leurs entourages et services de presse.
           Ce n’est pas particulier à la France, Donald Trump arrange la vérité dans le sens qu’il souhaite, les partisans du Brexit ont avoué qu’ils avaient trompé leurs électeurs quant aux conséquences sur le système de santé, et Poutine passe son temps à faire de la désinformation.
          Alors on se pose la question : comment les dirigeants peuvent ils être aussi malhonnêtes intellectuellement (même si quelquefois ils ne s’aperçoivent même pas qu’ils disent des âneries!), et comment pouvons nous être assez bêtes et tolérants pour gober tout cela.
           Cela dit, il n’y a pas que les responsables ou les problèmes politiques politiques.
           Les affirmation des climato-sceptiques montrent que leur culture scientifique est nulle, et le basketteur américain O’Neal croit et affirme partout que la terre est plate ! 
           Et quand vous vous occupez de travaux, vous avez droit à des baratins de commerciaux d’entreprises, soi-disant sérieuses, qui vous proposent des systèmes censés fonctionner, bien que contraires aux lois de la physique ou de la chimie.
           Certes la désinformation a toujours existé, mais elle prend aujourd’hui des proportions inédites et surtout trop de personnes la gobent sans sourciller.
Pourquoi ?
    
           Les psychologues ont toujours dit que, face à une information, nous en acceptions plus facilement les éléments qui étaient conformes à nos valeurs, nos idées nos convictions, ou celles qui nous étaient favorables. Les candidats politiques jouent d’ailleurs sur cela. Bien entendu les préjugés et les croyances de toutes sortes sont au premier rang dans ces convictions.
            Et cela est d’autant plus vrai qu’avec la généralisation de l’instruction, l’individualisme progresse parallèlement, et donc les individus tiennent plus à leurs opinions et, n’aimant pas consulter autrui, transforment les faits, pour qu’ils soit conformes à leurs idées, en ne voyant pas ce qui contredit leurs thèses.
           Même les politiques en sont victimes, comme récemment monsieur Fillon.
     
          Par ailleurs, depuis Pascal et Descartes, nous avons tendance à croire que c'est notre cortex préfrontal qui réfléchit, compare, prévoit, organise, qui guide toutes nos actions. C’est en partie vrai, mais la complexité des connexions montre comment les parties les plus primitives du cerveau peuvent avoir encore une influence prépondérante sur nos comportements, notamment les centres amygdaliens qui gèrent la crainte et le stress et analysent les conséquences néfastes des actions possibles, et l’hippocampe, professeur de la mémoire qui rappelle nos souvenirs; ces zones du cerveau interviennent inconsciemment dans nos raisonnements et nos prises de décisions, notre cortex se trouvant bien souvent obligé de puiser dans l’art de la rhétorique pour justifier sa conduite. « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas !  ».

          Mais il est certain que les progrès de la technologie numérique ont une grande responsabilité dans cette désinformation.
          Chacun peut écrire ce qu’il veut sur les réseaux sociaux, y mettre sciemment et volontairement ou non des informations inexactes. Il n’y a pas comme sur Wikipédia, des personnes compétentes pour donner leur avis sur l’information, et des modérateurs du site pour éliminer les informations douteuses, ou signaler au moins qu’elles ne sont pas vérifiées.
         Et sur des réseaux sociaux, une information, quelle que soit sa qualité ou ses défauts, peut être partagée, en quelques dizaines d’heures, par des milliers voire des millions de personnes.
La diffusion d’information est donc d’une ampleur sans commune mesure comparée au passé.

        Mais pourquoi les informations fausses ont au moins autant de chances de se diffuser que les vraies. ?

        Pourquoi retransmettre une information, ce qui la démultiplie ?
       J’ai lu un article de l’Université de Pennsylvanie, qui montrait que la plupart des utilisateurs de Facebook retransmettent une information parce qu’ils en espèrent une certaine notoriété, Dès lors, ils ne cherchent pas à vérifier l’information, mais à prévoir la réaction de leurs lecteurs, à partir du contenu de l’information. (C’est d’ailleurs le même raisonnement de certains journalistes à la recherche de sensationnel !).
    
        Ces chercheur ont montré par des visualisation IRM, que les zones du cerveau qui étaient actives pendant le traitement de ces informations sur Facebook, étaient le cortex préfrontal ventromédian, spécialisé dans les rapports sociaux, la représentation de soi, et la « Persona » du titulaire du compte, et d’autre part le noyau accumbens, qui évalue la valeur hédonique des actions et gère donc la motivation. Plus ces zones sont activées plus l’information a des chances d’être retransmise.
        Et évidemment, plus une information est diffusée, plus elle est crue, et finalement passe pour une vérité, même si elle est fausse. Le pire est que des rectificatifs, des démentis, ne font que propager encore plus l’information, en faisant croire qu’on veut supprimer l’information en question et on croit au complot.
De plus les démentis ou correctifs proviennent souvent de sources officielles ou très connues et qui inspirent une certaine défiance aux gens, alors que l’information fausse ne vient de nulle part : elle se propage tel un nuage.

         Pourquoi croyons nous ces fausses informations, alors que les faits réels contredisent certains points ?
         Il y a cependant dans notre cerveau des centres qui sont spécialisées dans la détection des erreurs, des contradictions, des illogismes.
        Ces centres ont pour but d’essayer d’écarter des données ou des actions non pertinentes, qui se présentent spontanément au cerveau (et souvent au départ, inconsciemment).
Lorsque nous projetons un mouvement, le cortex prémoteur prévoit et « joue » fictivement à l’avance le mouvement et si l’aire motrice supplémentaire constate des anomalies ou des risques, elle ralentit, voire bloque, son exécution, ceci en 80 millisecondes.
        Lorsqu’il s’agit de signaux extérieurs qui montrent une erreur, c’est le cortex cingulaire antérieur qui réagit en 250 ms. Il réagit aussi à des résultats positifs.
        Par ailleurs les centres amygdaliens et des neurones à dopamine du mésencéphale comparent les résultats prévisibles de nos actions à ce que nous en attendons et envoient des signaux d’erreur au cortex préfrontal. Le système de récompense participe à ces prévisions.
        Enfin le chef d’orchestre, le cortex préfrontal, rappelle des souvenirs en mémoire, via l’hippocampe, en contrôle la pertinence, fait des analyses logiques, élabore des plans et des prévisions.
         S’il a bien été éduqué, à la réception d’une information, il en fait la critique et décèle des anomalies par rapport à l’expérience passée, à l’analyse de l’environnement et à l’analyse logique de cohérence.

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         Mais les programmes scolaires, qui autrefois entraînaient ces centres et développaient l’esprit critique, ont été peu à peu réduits car il faut rendre agréable et amusante l’instruction , qui ne doit plus demander un effort et un travail pénibles aux élèves, mais qui doit être le plus possible un jeu.
        Et puis la télé-réalité, internet, la fiction sur la télé, mélangent fiction et réalité et on ne sait plus parfois où l’on en est.
        Bref le bons sens et l’esprit critique, autrefois développés par tous ceux que l’école avaient instruits (même un de mes grands pères qui n’avait que le certificat d’études, mais n’aurais jamais cru les bobard que l’on rencontre aujourd’hui), deviennent maintenant une qualité rare, et la crédulité des gens a augmenté exponentiellement.
       Je crois qu’il serait temps que l’on songe à revoir certains programmes du primaire et du collège pour réapprendre le doute rationnel aux esprits, et éviter que l’on gobe facilement n’importe quelle ânerie sans réfléchir.

Samedi 13 mai 2017 à 9:03

Notre cerveau : intelligence; langage

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     J’ai souvent entendu dire à quelqu’un ayant de bons résultats au lycée en mathématiques qu’il avait la « bosse des maths » et que les filles n’en avait pas : ces affirmations sont absurde.
   

    C’est un psychologue allemand François Joseph Gall, qui étudiait la phrénologie, une pseudo-science du XIXème siècle, qui établit des relations entre la forme du cerveau et les capacités intellectuelles, qui croyait avoir remarqué que les élèves forts en maths, avaient les yeux proéminents et une bosse plus prononcée sur le front. 
    En fait, on peut l'observer chez presque tout le monde au niveau de la voûte crânienne frontale. Elle apparait généralement au cours de la petite enfance et est due à la manière dont l'enfant a été couché : si la tête du nourrisson est toujours posée de la même manière dans son lit, la pression exercée entraine une déformation des cartilages osseux du crâne.

    Physiquement nous avons tous les mêmes aptitudes aux maths, qu’on soit homme ou femme. La différence se joue simplement dans l'intérêt qu'on leur porte au cours de l'enfance, du travail dans les études, de l'entrainement et de la mémorisation.

    Deux chercheurs de l’unité CEA/INSERM de Neurospin, à Saclay, ont comparé sous IRM les zones du cerveau activées par la résolution de problèmes mathématiques et celles utilisées dans une réflexion plus générale, sur des problèmes historiques.
    Les zones activées par les mathématiques sont en bleu et celle par l’histoire en vert. Ces dernières mettent en jeu la partie avant du cortex préfrontal qui comprend, réfléchit et planifie, ainsi que des aires afférentes à la mémoire du langage.
    Au contraire les problèmes mathématiques mettent en jeu le cortex préfrontal dorsal qui traite de logique et d’abstraction, et les centres des cortex pariétal et temporal qui s’occupent de la représentation, de la reconnaissance et de la mémorisation des formes et de l’espace; (voir schéma ci-dessous).

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    Il est normal que ces centres qui gèrent les représentations spatiales soient concernés. Ce sont les dimensions qui donnent au nourrisson lla notion de quantité. Par la suite les représentations comme le positionnement sur une ligne, est associé aux nombres négatifs, et celui des parts de gâteau aux fractions.
    Le réseau d’aires cérébrales mis au jour dans cette étude n’est pas seulement impliqué dans les mathématiques de très haut niveau, mais également dans le traitement du nombre et du calcul mental. Les chercheurs ont d’ailleurs pu observer que ce réseau s’activait également en réponse à la simple vue de nombres ou de formules mathématiques chez les mathématiciens professionnels comme chez les non-mathématiciens (des chercheurs de même niveau universitaire, mais sans formation scientifique) qui avaient participé à cette expérience.
    Les études du CEA en 2016 suggèrent que ce réseau est déjà impliqué dans l’identification du nombre chez les jeunes enfants non encore scolarisés, et qu’il est très ancien dans l’évolution car il est présent lorsque des singes macaques reconnaissent des objets concrets. Cela suppose que ce réseau d’aires cérébrales préexiste à l’apprentissage des mathématiques à l’école, et qu’il se développe ensuite avec l’éducation que l’on reçoit.

    Il existe donc un « réseau mathématique » dans le cerveau, qui n’est pas celui du langage, mais qui se sert surtout de signes et d’images et de la représentation spatiale. D’ailleurs certains patients aphasiques  peuvent encore faire du calcul et de l’algèbre, alors qu’ils ne peuvent plus parler.

    Quant aux prodiges de calcul mental que l’on montre dans les spectacles, ils ont une particularité du cerveau : celle de pouvoir basculer plus facilement des mémoires tampons du cerveau, qui servent à garder pendant des temps courts un nombre restreint d’informations vers le cortex frontal, vers la mémoire épisodique à moyen terme, de telle sorte qu’ils peuvent stocker temporairement un grand nombre de données. Ils ont aussi des méthodes de calcul qui ressemblent à des algorithmes d’ordinateur.

Vendredi 10 juin 2016 à 8:54

Notre cerveau : intelligence; langage

On ne naît pas intelligent, on le devient par apprentissage au cours de l'éducation et de l'instruction.
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     J’ai souvent dit dans mes articles que le cerveau des adolescents n’était pas mature et que cela les entraînait à ne pas mesurer l’impact de leurs décisions et à prendre des risques dangereux.
    On constate également qu’à cet âge, les adolescents sont souvent stressés, anxieux et certains vont jusqu’à la dépression ou l’anorexie.

     Deux imperfections existent dans leur cerveau :
        - d’une part le cortex préfrontal n’est pas mature et ses structures ne sont pas définitives. L’expérience insuffisante n’a pas encore fait aboutir les liaisons entre neurones nécessaires à de bonnes prises de décision, en anticipant sur leurs conséquences.
        - d’autre part les liaisons entre le cortex préfrontal et le cerveau émotionnel ne sont pas suffisamment rapides, la myélinisation des axones qui accroît la vitesse de transmission de l’influx n’étant pas terminée.

     En fait des chercheurs ont découvert d’une part en pratiquant des IRM sur des ados et d’autre part en étudiant la génétique de souris que cette maturation se faisait sous le contrôle de certains neurotransmetteurs qui sont des endo-cannabinoïdes, produits par le cerveau (notamment l’anandamide), qui ont des récepteurs spécifiques. Intervient aussi une enzyme qui dégrade l’anandamide, pour éviter son excès.
     Or à partir d’une douzaine d’années, le taux de cette enzyme diminue, alors que lea quantité de cannabinoïdes et de ses récepteurs augmente, ceci sous l’effet de l’expression d’un gène
     Tous les jeunes ne sont pas « égaux », car l’expression de ce gène est plus ou moins importante. Il s’ensuit que la maturation du cerveau peut être plus ou moins rapide, et que la période d’adolescence peut donner lieu à des prédispositions différentes à l’anxiété, voire à la dépression.
    En effet, le cortex préfrontal n’étant pas arrivé à maturité de même que la communication avec le cerveau émotionnel, ces jeunes sont davantage soumis aux centre amygdaliens pour leurs décision et donc elles sont beaucoup plus émotionnelles, et moins logiques et rationnelles. Les centres amygdaliens gèrent en outre l’anxiété, et leur sur-fonctionnement augmente le stress.
 
     On peut aussi penser que l’usage de cannabis,par des jeunes de moins de 20 ans, risque de rentrer en compétition avec lkes cannabinoïdes endogène et risque donc de perturber la maturation du cerveau et de la retarder.
     Cela explique notamment que les jeunes qui consomment régulièrement du cannabis mettent plus longtemps à devenir adultes, sont beaucoup plus anxieux et soumis aux émotions et pulsions, voire même que le développement de leur attention, de leur mémoire et de leur intelligence souffre de ce retard de développement du cortex préfrontal et des communications à haute vitesse avec le cerveau émotionnel.

Lundi 14 décembre 2015 à 10:12

Notre cerveau : intelligence; langage

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     Beaucoup de jeunes avec lesquels je corresponds se plaignent d’avoir beaucoup de mal à fixer leur attention sur un sujet qu’ils doivent traiter et me demandent comment faire pour cela, et également comment leur cerveau peut « faire attention à ».
    Je vais essayer de répondre en deux articles.

    Voyons d’abord comment le cerveau réagit pour fixer notre attention sur un objet.

    Les yeux captent en permanence des images de l’environnement qui sont transmises via le thalamus, aux centres d’interprétation de la vision en arrière du crâne.
    Mais ces images interprétées ont une durée très courte si elles n’ont rien de particulier, et elles s’effacent d’elles mêmes.
    Deux cas particuliers peuvent se produire :
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        - pour des raisons diverses, nous voulons volontairement faire attention à un objet, dont par exemple nous ne connaissons pas la nature. Notre cerveau doit alors prolonger le temps pendant lequel l’image interprétée peut être « observée ».
    Notre cortex préfrontal amplifie alors l’activité des neurones du centre d’interprétation concernés par cet objet, et il met en connexion avec un autre centre du gyrus fusiforme (voir schéma ci-contre), qui va pouvoir conserver un peu plus longtemps la perception correspondante. Ce centre identifie les objets : c’est le « quoi » dont j’ai parlé dans certains articles sur la vision.

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        - quelque chose d’inquiétant arrive, qui pourrait menacer votre sécurité. Or les images sont toujours transmises en parallèle avec le thalamus, aux centres amygdaliens. Si ceux ci décèlent une anomalie, ils alertent alors aussitôt le cortex préfrontal, en même temps qu’ils obligent la vision et son interprétation à se concentrer sur cet objet ou phénomène insolite, en agissant notamment sur les centres moteurs qui orientent l’œil (voir 2 et 3 sur le schéma). Le cortex préfrontal prend ensuite la direction des opérations (1 sur le schéma).
    Quand l’attention est ainsi focalisée, les yeux et l’interprétation de ce qu’ils voient est fixée sur la tâche en cours et peuvent ne pas remarquer d’autres événement : ainsi le psychologue américain D Simons, avait demandé à des jouers de baskett de compter pendant quelques minutes en jouant, le nombre de rebond et de passe de chacun, et il avait fait traverser le terrain par une personne déguisée en gorille. Aucun jouer ne l’a remarquée !
    L’attention peut être ainsi focalisée sur un sujet imposé volontairement par le cortex préfrontal, ou bien attirée tout à coup par un phénomène insolite.


     C’est en général une perception anormale : image, couleur, son, odeur…. Si le gorille dont on vient de parler avait été rouge, ou avait rugi bruyamment, peut être les joueurs l’auraient ils vus.
    Ce qui est certain c’est qu’il faut que la perception soit nettement perçue. On verra mieux des objets aux formes précises, de couleur vive…. et il faut en outre que ce ne soient pas des perceptions qui arrivent souvent, auxquelles notre cerveau est habitué.
    Par contre, dans ce domaine, il peut y avoir des perceptions particulières auxquelles est attachée une alerte : par exemple lorsque vous conduisez un feux qui passe du vert à l’orange ou au rouge.
    L’attention est donc en permanence sous le contrôle de ce qui se passe autour de nous et notre système de perception peut ainsi être concentré sur les phénomènes qui peuvent interagir avec nous.
    Lorsque le cortex préfrontal veut imposer de faire attention à une tâche donné, il force les perceptions à s’orienter volontairement vers les objets concernés, en mobilisant les aires d’interprétation, le dialogue avec le thalamus et les centres amygdaliens, lea commande des mouvements des yeux, et l’hippocampe et notre mémoire, qui nous lient aux connaissances passées. Ainsi, si nous cherchons un  livre dans notre bibliothèque, le regard va s’orienter vers les étagères, la mémoire va essayer de se rappeler où était le livre, le cortex préfrontal va ordonner à la vue de se concentrer sur les titres et aux centres du langage de les lire et de reconnaître le titre recherché.

    En fait il y a un équilibre permanent entre l’attention volontaire commandée par le cortex préfrontal et celle d’alerte déclenchée principalement par les centres amygdaliens, avec dans les deux cas le soutien de la mémoire.
    Ainsi, si vous avez perdu un bracelet sur la plage, vous examinerez attentivement le sable dans un  périmètre donné, mais si tout à coup, un crabe sort du sable, votre attention se portera un instant sur lui, jusqu’à ce que vous compreniez que c’est un événement ans importance et sans rapport avec votre recherche.
    Dans le quotidien de nos actions, nous avons ainsi des tâches à accomplir volontairement, mais elles sont aussi sous l’influence de facteurs extérieurs qui les perturbent
    C’est ce que je développerai dans le prochain article.

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