Vendredi 29 septembre 2017 à 15:21

Notre cerveau : intelligence; langage

      Il est certain qu’en moins d’une seconde, nous reconnaissons le visage dune personne qui nous est familière et le cerveau humain est un outil imbattable pour reconnaître le visage d’une personne déjà vue, au milieu de photos de visages d’autres personnes.
    C’est un centre à l’arrière du cerveau qui est chargé de cette tâche, après avoir reçu des informations des centres de traitement de la vue qui lui envoient des influx nerveux relatifs au visage vu, mais on ne sait pas exactement comment procèdent ces centres.
    Une chercheuse de l’institut de technologie de Californie a publié le résultat d’une étude sur des singes qui permet de commencer à comprendre ce phénomène.

    Cet institut a montré que chez les macaques la reconnaissance faciale n’était traitée, malgré son caractère complexe, que par à peine plus de 200 neurones, ce qui est extrêment faible par comparaison au nombre de neurones du cerveau.
    Les chercheurs, qui ont implanté des électrodes sur ces neurones ont enregistré leurs réponses à la présentations de nombreux visages différents, dont on avait mesuré de très nombreuses caractéristiques. Les données codées par les neurones du cerveau du singe, semblent être, d’une part des caractéristiques physiques de la peau et des cheveux (couleur, grain…), et surtout des valeurs physiques de la forme du visage, principalement des dimensions caractéristiques.
    Ils ont alors créé un algorithme représentant le processus supposé de fonctionnement des neurones et ont implanté un programme sur ordinateur, créant une image à partir des données caractéristiques des visages. ils ont comparé les photos de nombreux visages humains et les images reconstituée par l’ordinateur qui simulait le fonctionnement des neurones du cerveau. Les images étaient quasi identiques.

    Chez l’homme le centre de reconnaissance comprend beaucoup plus de neurones et on ne connait pas son fonctionnement, et on ne peut implanter des électrodes dans un cerveau humain, tandis que l’IRM ne donne pa pour le moment, des renseignements sur le fonctionnement d’un petit nombre de neurones.
    On en sait donc pas si les résultats acquis sur le macaque sont transposables à l’homme.
    il est certain aussi que la mémoire entre en jeu et aide au processus de reconnaissance lorsqu’il s’agit de personnes connues.
    Le langage code également certaines caractéristiques (couleur des cheveux par exemple).
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/langageetmots-copie-1.jpg    Le centre de reconnaissance des visages subit chez l’enfant qui explore son environnement, puis apprend à écrire et à lire, ce qui exige la reconnaissance de lettres, une évolution considérable et extraordinaire.
    Les données visuelles concernant les mots proviennent d’un centre particulier de la partie occipito-temporale, près des centres d’interprétation visuelle, représenté en rouge sur le schéma,
    Cette zone au début de notre vie, ne connaît évidemment pas l’alphabet et n’a pour rôle que la reconnaissance des visages d’abord (il faut reconnaitre sa mère et sa famille; en jaune sur le schéma), puis la reconnaissance des objets familiers (son biberon, ses jouets; en bleu sur le schéma). La mémoire correspondante est l’homologue de la zone de Geschwind, mais dans l’hémisphère droit.
    Puis quand le bébé va marcher et donc se déplacer, une partie de cette zone et des zones de mémoire, vont se consacrer à la reconnaissance et au stockage des images et des « cartes » de notre environnement. (en vert sur le schéma)
    On arrive à l’empilement du schéma ci dessous.

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   Et lorsque l’enfant apprend à lire et à écrire une chose extraordinaire se produit :
une partie de la zone destinée à la reconnaissance des visage et des animaux se transforme en une zone de reconnaissance des lettres et des mots écrits (en rouge sur le schéma).

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    Un autre phénomène extraordinaire va se passer.
    Pour pouvoir identifier des visages ou des objets vus sous divers angles, ces centres ont l'habitude de considérer que deux images symétriques "en miroir" correspondent à un même objet. Par exemple sur l'image ci contre le vélo et le triangle.
    Il y a donc un petit problème, car ce n'est pas vrai pour les lettres (b et d) et les mots (ioup et quoi), par exemple.
            Il faut donc que l'enfant inhibe la réaction automatique de ces centres pour leur faire acquérir l'apprentissage de reconnaissance des lettres.
    Son cerveau frontal apprend à envoyer un signal qui bloque la fonction de miroir quand il décide de vouloir lire !
    Et il est possible que chez les enfants dyslexiques, qui ont du mal à différencier les lettres symétriques, cette fonction de blocage soit partiellement déficiente.

Mercredi 24 mai 2017 à 9:57

Notre cerveau : intelligence; langage

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            Nous venons de subir quelques mois de campagne électorale et c’est ahurissant de voir les bêtises que peuvent dire nos politiques, y compris les candidats. et leurs entourages et services de presse.
           Ce n’est pas particulier à la France, Donald Trump arrange la vérité dans le sens qu’il souhaite, les partisans du Brexit ont avoué qu’ils avaient trompé leurs électeurs quant aux conséquences sur le système de santé, et Poutine passe son temps à faire de la désinformation.
          Alors on se pose la question : comment les dirigeants peuvent ils être aussi malhonnêtes intellectuellement (même si quelquefois ils ne s’aperçoivent même pas qu’ils disent des âneries!), et comment pouvons nous être assez bêtes et tolérants pour gober tout cela.
           Cela dit, il n’y a pas que les responsables ou les problèmes politiques politiques.
           Les affirmation des climato-sceptiques montrent que leur culture scientifique est nulle, et le basketteur américain O’Neal croit et affirme partout que la terre est plate ! 
           Et quand vous vous occupez de travaux, vous avez droit à des baratins de commerciaux d’entreprises, soi-disant sérieuses, qui vous proposent des systèmes censés fonctionner, bien que contraires aux lois de la physique ou de la chimie.
           Certes la désinformation a toujours existé, mais elle prend aujourd’hui des proportions inédites et surtout trop de personnes la gobent sans sourciller.
Pourquoi ?
    
           Les psychologues ont toujours dit que, face à une information, nous en acceptions plus facilement les éléments qui étaient conformes à nos valeurs, nos idées nos convictions, ou celles qui nous étaient favorables. Les candidats politiques jouent d’ailleurs sur cela. Bien entendu les préjugés et les croyances de toutes sortes sont au premier rang dans ces convictions.
            Et cela est d’autant plus vrai qu’avec la généralisation de l’instruction, l’individualisme progresse parallèlement, et donc les individus tiennent plus à leurs opinions et, n’aimant pas consulter autrui, transforment les faits, pour qu’ils soit conformes à leurs idées, en ne voyant pas ce qui contredit leurs thèses.
           Même les politiques en sont victimes, comme récemment monsieur Fillon.
     
          Par ailleurs, depuis Pascal et Descartes, nous avons tendance à croire que c'est notre cortex préfrontal qui réfléchit, compare, prévoit, organise, qui guide toutes nos actions. C’est en partie vrai, mais la complexité des connexions montre comment les parties les plus primitives du cerveau peuvent avoir encore une influence prépondérante sur nos comportements, notamment les centres amygdaliens qui gèrent la crainte et le stress et analysent les conséquences néfastes des actions possibles, et l’hippocampe, professeur de la mémoire qui rappelle nos souvenirs; ces zones du cerveau interviennent inconsciemment dans nos raisonnements et nos prises de décisions, notre cortex se trouvant bien souvent obligé de puiser dans l’art de la rhétorique pour justifier sa conduite. « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas !  ».

          Mais il est certain que les progrès de la technologie numérique ont une grande responsabilité dans cette désinformation.
          Chacun peut écrire ce qu’il veut sur les réseaux sociaux, y mettre sciemment et volontairement ou non des informations inexactes. Il n’y a pas comme sur Wikipédia, des personnes compétentes pour donner leur avis sur l’information, et des modérateurs du site pour éliminer les informations douteuses, ou signaler au moins qu’elles ne sont pas vérifiées.
         Et sur des réseaux sociaux, une information, quelle que soit sa qualité ou ses défauts, peut être partagée, en quelques dizaines d’heures, par des milliers voire des millions de personnes.
La diffusion d’information est donc d’une ampleur sans commune mesure comparée au passé.

        Mais pourquoi les informations fausses ont au moins autant de chances de se diffuser que les vraies. ?

        Pourquoi retransmettre une information, ce qui la démultiplie ?
       J’ai lu un article de l’Université de Pennsylvanie, qui montrait que la plupart des utilisateurs de Facebook retransmettent une information parce qu’ils en espèrent une certaine notoriété, Dès lors, ils ne cherchent pas à vérifier l’information, mais à prévoir la réaction de leurs lecteurs, à partir du contenu de l’information. (C’est d’ailleurs le même raisonnement de certains journalistes à la recherche de sensationnel !).
    
        Ces chercheur ont montré par des visualisation IRM, que les zones du cerveau qui étaient actives pendant le traitement de ces informations sur Facebook, étaient le cortex préfrontal ventromédian, spécialisé dans les rapports sociaux, la représentation de soi, et la « Persona » du titulaire du compte, et d’autre part le noyau accumbens, qui évalue la valeur hédonique des actions et gère donc la motivation. Plus ces zones sont activées plus l’information a des chances d’être retransmise.
        Et évidemment, plus une information est diffusée, plus elle est crue, et finalement passe pour une vérité, même si elle est fausse. Le pire est que des rectificatifs, des démentis, ne font que propager encore plus l’information, en faisant croire qu’on veut supprimer l’information en question et on croit au complot.
De plus les démentis ou correctifs proviennent souvent de sources officielles ou très connues et qui inspirent une certaine défiance aux gens, alors que l’information fausse ne vient de nulle part : elle se propage tel un nuage.

         Pourquoi croyons nous ces fausses informations, alors que les faits réels contredisent certains points ?
         Il y a cependant dans notre cerveau des centres qui sont spécialisées dans la détection des erreurs, des contradictions, des illogismes.
        Ces centres ont pour but d’essayer d’écarter des données ou des actions non pertinentes, qui se présentent spontanément au cerveau (et souvent au départ, inconsciemment).
Lorsque nous projetons un mouvement, le cortex prémoteur prévoit et « joue » fictivement à l’avance le mouvement et si l’aire motrice supplémentaire constate des anomalies ou des risques, elle ralentit, voire bloque, son exécution, ceci en 80 millisecondes.
        Lorsqu’il s’agit de signaux extérieurs qui montrent une erreur, c’est le cortex cingulaire antérieur qui réagit en 250 ms. Il réagit aussi à des résultats positifs.
        Par ailleurs les centres amygdaliens et des neurones à dopamine du mésencéphale comparent les résultats prévisibles de nos actions à ce que nous en attendons et envoient des signaux d’erreur au cortex préfrontal. Le système de récompense participe à ces prévisions.
        Enfin le chef d’orchestre, le cortex préfrontal, rappelle des souvenirs en mémoire, via l’hippocampe, en contrôle la pertinence, fait des analyses logiques, élabore des plans et des prévisions.
         S’il a bien été éduqué, à la réception d’une information, il en fait la critique et décèle des anomalies par rapport à l’expérience passée, à l’analyse de l’environnement et à l’analyse logique de cohérence.

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         Mais les programmes scolaires, qui autrefois entraînaient ces centres et développaient l’esprit critique, ont été peu à peu réduits car il faut rendre agréable et amusante l’instruction , qui ne doit plus demander un effort et un travail pénibles aux élèves, mais qui doit être le plus possible un jeu.
        Et puis la télé-réalité, internet, la fiction sur la télé, mélangent fiction et réalité et on ne sait plus parfois où l’on en est.
        Bref le bons sens et l’esprit critique, autrefois développés par tous ceux que l’école avaient instruits (même un de mes grands pères qui n’avait que le certificat d’études, mais n’aurais jamais cru les bobard que l’on rencontre aujourd’hui), deviennent maintenant une qualité rare, et la crédulité des gens a augmenté exponentiellement.
       Je crois qu’il serait temps que l’on songe à revoir certains programmes du primaire et du collège pour réapprendre le doute rationnel aux esprits, et éviter que l’on gobe facilement n’importe quelle ânerie sans réfléchir.

Samedi 13 mai 2017 à 9:03

Notre cerveau : intelligence; langage

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     J’ai souvent entendu dire à quelqu’un ayant de bons résultats au lycée en mathématiques qu’il avait la « bosse des maths » et que les filles n’en avait pas : ces affirmations sont absurde.
   

    C’est un psychologue allemand François Joseph Gall, qui étudiait la phrénologie, une pseudo-science du XIXème siècle, qui établit des relations entre la forme du cerveau et les capacités intellectuelles, qui croyait avoir remarqué que les élèves forts en maths, avaient les yeux proéminents et une bosse plus prononcée sur le front. 
    En fait, on peut l'observer chez presque tout le monde au niveau de la voûte crânienne frontale. Elle apparait généralement au cours de la petite enfance et est due à la manière dont l'enfant a été couché : si la tête du nourrisson est toujours posée de la même manière dans son lit, la pression exercée entraine une déformation des cartilages osseux du crâne.

    Physiquement nous avons tous les mêmes aptitudes aux maths, qu’on soit homme ou femme. La différence se joue simplement dans l'intérêt qu'on leur porte au cours de l'enfance, du travail dans les études, de l'entrainement et de la mémorisation.

    Deux chercheurs de l’unité CEA/INSERM de Neurospin, à Saclay, ont comparé sous IRM les zones du cerveau activées par la résolution de problèmes mathématiques et celles utilisées dans une réflexion plus générale, sur des problèmes historiques.
    Les zones activées par les mathématiques sont en bleu et celle par l’histoire en vert. Ces dernières mettent en jeu la partie avant du cortex préfrontal qui comprend, réfléchit et planifie, ainsi que des aires afférentes à la mémoire du langage.
    Au contraire les problèmes mathématiques mettent en jeu le cortex préfrontal dorsal qui traite de logique et d’abstraction, et les centres des cortex pariétal et temporal qui s’occupent de la représentation, de la reconnaissance et de la mémorisation des formes et de l’espace; (voir schéma ci-dessous).

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    Il est normal que ces centres qui gèrent les représentations spatiales soient concernés. Ce sont les dimensions qui donnent au nourrisson lla notion de quantité. Par la suite les représentations comme le positionnement sur une ligne, est associé aux nombres négatifs, et celui des parts de gâteau aux fractions.
    Le réseau d’aires cérébrales mis au jour dans cette étude n’est pas seulement impliqué dans les mathématiques de très haut niveau, mais également dans le traitement du nombre et du calcul mental. Les chercheurs ont d’ailleurs pu observer que ce réseau s’activait également en réponse à la simple vue de nombres ou de formules mathématiques chez les mathématiciens professionnels comme chez les non-mathématiciens (des chercheurs de même niveau universitaire, mais sans formation scientifique) qui avaient participé à cette expérience.
    Les études du CEA en 2016 suggèrent que ce réseau est déjà impliqué dans l’identification du nombre chez les jeunes enfants non encore scolarisés, et qu’il est très ancien dans l’évolution car il est présent lorsque des singes macaques reconnaissent des objets concrets. Cela suppose que ce réseau d’aires cérébrales préexiste à l’apprentissage des mathématiques à l’école, et qu’il se développe ensuite avec l’éducation que l’on reçoit.

    Il existe donc un « réseau mathématique » dans le cerveau, qui n’est pas celui du langage, mais qui se sert surtout de signes et d’images et de la représentation spatiale. D’ailleurs certains patients aphasiques  peuvent encore faire du calcul et de l’algèbre, alors qu’ils ne peuvent plus parler.

    Quant aux prodiges de calcul mental que l’on montre dans les spectacles, ils ont une particularité du cerveau : celle de pouvoir basculer plus facilement des mémoires tampons du cerveau, qui servent à garder pendant des temps courts un nombre restreint d’informations vers le cortex frontal, vers la mémoire épisodique à moyen terme, de telle sorte qu’ils peuvent stocker temporairement un grand nombre de données. Ils ont aussi des méthodes de calcul qui ressemblent à des algorithmes d’ordinateur.

Vendredi 10 juin 2016 à 8:54

Notre cerveau : intelligence; langage

On ne naît pas intelligent, on le devient par apprentissage au cours de l'éducation et de l'instruction.
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     J’ai souvent dit dans mes articles que le cerveau des adolescents n’était pas mature et que cela les entraînait à ne pas mesurer l’impact de leurs décisions et à prendre des risques dangereux.
    On constate également qu’à cet âge, les adolescents sont souvent stressés, anxieux et certains vont jusqu’à la dépression ou l’anorexie.

     Deux imperfections existent dans leur cerveau :
        - d’une part le cortex préfrontal n’est pas mature et ses structures ne sont pas définitives. L’expérience insuffisante n’a pas encore fait aboutir les liaisons entre neurones nécessaires à de bonnes prises de décision, en anticipant sur leurs conséquences.
        - d’autre part les liaisons entre le cortex préfrontal et le cerveau émotionnel ne sont pas suffisamment rapides, la myélinisation des axones qui accroît la vitesse de transmission de l’influx n’étant pas terminée.

     En fait des chercheurs ont découvert d’une part en pratiquant des IRM sur des ados et d’autre part en étudiant la génétique de souris que cette maturation se faisait sous le contrôle de certains neurotransmetteurs qui sont des endo-cannabinoïdes, produits par le cerveau (notamment l’anandamide), qui ont des récepteurs spécifiques. Intervient aussi une enzyme qui dégrade l’anandamide, pour éviter son excès.
     Or à partir d’une douzaine d’années, le taux de cette enzyme diminue, alors que lea quantité de cannabinoïdes et de ses récepteurs augmente, ceci sous l’effet de l’expression d’un gène
     Tous les jeunes ne sont pas « égaux », car l’expression de ce gène est plus ou moins importante. Il s’ensuit que la maturation du cerveau peut être plus ou moins rapide, et que la période d’adolescence peut donner lieu à des prédispositions différentes à l’anxiété, voire à la dépression.
    En effet, le cortex préfrontal n’étant pas arrivé à maturité de même que la communication avec le cerveau émotionnel, ces jeunes sont davantage soumis aux centre amygdaliens pour leurs décision et donc elles sont beaucoup plus émotionnelles, et moins logiques et rationnelles. Les centres amygdaliens gèrent en outre l’anxiété, et leur sur-fonctionnement augmente le stress.
 
     On peut aussi penser que l’usage de cannabis,par des jeunes de moins de 20 ans, risque de rentrer en compétition avec lkes cannabinoïdes endogène et risque donc de perturber la maturation du cerveau et de la retarder.
     Cela explique notamment que les jeunes qui consomment régulièrement du cannabis mettent plus longtemps à devenir adultes, sont beaucoup plus anxieux et soumis aux émotions et pulsions, voire même que le développement de leur attention, de leur mémoire et de leur intelligence souffre de ce retard de développement du cortex préfrontal et des communications à haute vitesse avec le cerveau émotionnel.

Lundi 14 décembre 2015 à 10:12

Notre cerveau : intelligence; langage

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     Beaucoup de jeunes avec lesquels je corresponds se plaignent d’avoir beaucoup de mal à fixer leur attention sur un sujet qu’ils doivent traiter et me demandent comment faire pour cela, et également comment leur cerveau peut « faire attention à ».
    Je vais essayer de répondre en deux articles.

    Voyons d’abord comment le cerveau réagit pour fixer notre attention sur un objet.

    Les yeux captent en permanence des images de l’environnement qui sont transmises via le thalamus, aux centres d’interprétation de la vision en arrière du crâne.
    Mais ces images interprétées ont une durée très courte si elles n’ont rien de particulier, et elles s’effacent d’elles mêmes.
    Deux cas particuliers peuvent se produire :
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        - pour des raisons diverses, nous voulons volontairement faire attention à un objet, dont par exemple nous ne connaissons pas la nature. Notre cerveau doit alors prolonger le temps pendant lequel l’image interprétée peut être « observée ».
    Notre cortex préfrontal amplifie alors l’activité des neurones du centre d’interprétation concernés par cet objet, et il met en connexion avec un autre centre du gyrus fusiforme (voir schéma ci-contre), qui va pouvoir conserver un peu plus longtemps la perception correspondante. Ce centre identifie les objets : c’est le « quoi » dont j’ai parlé dans certains articles sur la vision.

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        - quelque chose d’inquiétant arrive, qui pourrait menacer votre sécurité. Or les images sont toujours transmises en parallèle avec le thalamus, aux centres amygdaliens. Si ceux ci décèlent une anomalie, ils alertent alors aussitôt le cortex préfrontal, en même temps qu’ils obligent la vision et son interprétation à se concentrer sur cet objet ou phénomène insolite, en agissant notamment sur les centres moteurs qui orientent l’œil (voir 2 et 3 sur le schéma). Le cortex préfrontal prend ensuite la direction des opérations (1 sur le schéma).
    Quand l’attention est ainsi focalisée, les yeux et l’interprétation de ce qu’ils voient est fixée sur la tâche en cours et peuvent ne pas remarquer d’autres événement : ainsi le psychologue américain D Simons, avait demandé à des jouers de baskett de compter pendant quelques minutes en jouant, le nombre de rebond et de passe de chacun, et il avait fait traverser le terrain par une personne déguisée en gorille. Aucun jouer ne l’a remarquée !
    L’attention peut être ainsi focalisée sur un sujet imposé volontairement par le cortex préfrontal, ou bien attirée tout à coup par un phénomène insolite.


     C’est en général une perception anormale : image, couleur, son, odeur…. Si le gorille dont on vient de parler avait été rouge, ou avait rugi bruyamment, peut être les joueurs l’auraient ils vus.
    Ce qui est certain c’est qu’il faut que la perception soit nettement perçue. On verra mieux des objets aux formes précises, de couleur vive…. et il faut en outre que ce ne soient pas des perceptions qui arrivent souvent, auxquelles notre cerveau est habitué.
    Par contre, dans ce domaine, il peut y avoir des perceptions particulières auxquelles est attachée une alerte : par exemple lorsque vous conduisez un feux qui passe du vert à l’orange ou au rouge.
    L’attention est donc en permanence sous le contrôle de ce qui se passe autour de nous et notre système de perception peut ainsi être concentré sur les phénomènes qui peuvent interagir avec nous.
    Lorsque le cortex préfrontal veut imposer de faire attention à une tâche donné, il force les perceptions à s’orienter volontairement vers les objets concernés, en mobilisant les aires d’interprétation, le dialogue avec le thalamus et les centres amygdaliens, lea commande des mouvements des yeux, et l’hippocampe et notre mémoire, qui nous lient aux connaissances passées. Ainsi, si nous cherchons un  livre dans notre bibliothèque, le regard va s’orienter vers les étagères, la mémoire va essayer de se rappeler où était le livre, le cortex préfrontal va ordonner à la vue de se concentrer sur les titres et aux centres du langage de les lire et de reconnaître le titre recherché.

    En fait il y a un équilibre permanent entre l’attention volontaire commandée par le cortex préfrontal et celle d’alerte déclenchée principalement par les centres amygdaliens, avec dans les deux cas le soutien de la mémoire.
    Ainsi, si vous avez perdu un bracelet sur la plage, vous examinerez attentivement le sable dans un  périmètre donné, mais si tout à coup, un crabe sort du sable, votre attention se portera un instant sur lui, jusqu’à ce que vous compreniez que c’est un événement ans importance et sans rapport avec votre recherche.
    Dans le quotidien de nos actions, nous avons ainsi des tâches à accomplir volontairement, mais elles sont aussi sous l’influence de facteurs extérieurs qui les perturbent
    C’est ce que je développerai dans le prochain article.

Samedi 12 décembre 2015 à 11:44

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Il y a quelques jours, j’avais montré que notre cerveau faisait la synthèse d’images à partir d’éléments mémorisés et qu’il rectifiait ensuite ces esquisses pour les rendre conforme à ce que la vue lui donnait comme informations du réel.
    Hier je disais que notre cerveau raisonne par analogie, en créant des concepts des objets, choses, notions concrets ou abstraits.
    Aujourd’hui je voudrais expliquer comment notre cerveau prend des décisions selon deux processus : le plus souvent l’un inconscient et intuitif, et dans certains cas, l’autre rationnel et réfléchi.

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    Notre cerveau consomme beaucoup d’énergie : 25 à 30 % de l’énergie consommée par notre corps. Il cherche donc à économiser quand il le peut.
    Traiter de façon inconsciente, rapide et par réflexe est peu consommateur de ressources. Au contraire réfléchir et étudier la situation rationnellement est long et consomme beaucoup. Le cerveau préfère donc le plus souvent utiliser dans ses décisions un processus intuitif. Dans notre cerveau un centre dans le cortex préfrontal latéral gauche veille à cette économie et limite certaines activités si le reste du cortex préfrontal ne l’inhibe pas.

    Nous possédons certaines connaissances, nous avons une certaine expérience de la vie, et nous pouvons accéder inconsciemment ou volontairement, à certaines données.
    Nous avons notre cerveau émotionnel qui réagit et nous mémorisons sentiments et émotions, qui sont en général associés à notre mémoire épisodique des événements de notre vie.
    Et nous avons tout un passé culturel et éducatif : des règles et idées inculqu ées durant notre enfance, des croyances morales et religieuses ou relatives à nos groupes sociaux, accord ou rejet de certains principes ou habitudes….
    Tout ceci constitue un ensemble auquel nous pouvons accéder de façon diverses.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/automate.jpg    Le cerveau cherche à économiser et donc une réponse rapide et intuitive à nos problème. Il va alors accéder à un centre dans le sillon intrapariétal latéral (voir schéma ci contre) qui est en bordure du centre associatif qui regroupe des données mémorisées de nos sens .
    Le cerveau émotionnel s’active aussi, notamment les centres amygdaliens, qui évaluent le coté émotionnel et risque de la situation.
    A partir de ces données, le cerveau élabore un avis ou une décision et soit la fait exécuter (et nous en avons à peine conscience), soit il l’envoie au cortex préfrontal, qui la fait appliquer, sauf réflexe de méfiance.
    Dans d’autres cas où il s’agit de processus, c’est le cervelet qui gère l’automatisme : c’est ainsi que vous conduisez machinalement sur un parcours habituel vers votre travail. Les commandes de l’automobile, la surveillance du trafic, la route à suivre, tout est automatique et à peine conscient et sans efforts.
    A tel point que un jour de congé, si vous ne faites pas attention, vous vous retrouvez sur le chemin du bureau !
    Mais si une anomalie de circulation ou d’itinéraire intervient, la votre cortex préfrontal reprend les commandes et réfléchit à la solution.
    Prendre certaines décisions peu importantes intuitivement n’est pas gênant, mais nous pouvons introduire des biais qui seront nocifs pour des décisions importantes.
    - des biais d’isolement, car certaines informations ne nous parviennent pas du fait que nous sommes localisés dans un pays dans une société, dans un groupe, dans un environnement.
    - des biais culturels car nous avons emmagasiné des stéréotypes, des règles, des habitudes dépendant de paramètres socioéconomiques, culturels etr familiaux. Nous interprétons les informations au travers de ces filtres.
    - ces biais sont rendus peu perceptibles par la réaction quasi automatique du cerveau, et donc nous risquons d’autant plus l’erreur que la décision est subjective et concerne des jugements et non des faits.
            
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/raison.jpg    Si nous jugeons qu’il serait dangereux de se tromper sur une décisions, nous pouvons interrompre le processus automatique, pour nous obliger à réfléchir plus sérieusement.
    Pour cela il faut d’abord bloquer l’action du cortex préfrontal latéral gauche, chargé des économies d’énergie : c'est la deuxième étape.
    Il faut ensuite interrompre le processus intuitif du centre du sillon intrapariétal latéral c’est le cortex préfrontal qui décide et effectue ce blocage.
    Il faut alors mettre en route le processus cognitif de réflexion et le cortex préfrontal va activer un centre voisin du précédent (voir schéma ci-contre), dans le sillon intrapariétal ventral. Parallèlement le cortex préfrontal active l’hippocampe pour tirer le maximum des informations mémorisées.
    Mais il demandera quand même au cerveau émotionnel et notamment aux centres amygdaliens un avis sur toutes les hypothèses de décision, avis intuitif et émotionnel.
    Puis en fonction des données recueillies, il va réfléchir, et élaborer des solutions puis choisir entre elles une décision, qui cette fois ci sera rationnelle, mais aura demandé du temps et de l’énergie.
    Certes les risques de biais exsitent toujours, mais ils sont plus conscients et le cortex préfrontal pourra volontairement les inhiber en partie.
   

    Il s’agit donc de ne pas prendre les décisions importantes à la légère, de ne pas croire n’importe quoi, de ne pas nous comporter en moutons.
    Mais nous n’avons pas les moyens d’un scepticisme tous azimuts, ni au plan de l’énergie, ni du temps, car la réflexion est une grande consommatrice.
    Le doute est salutaire, mais la réflexion ne peut s’appliquer qu’aux problèmes importants.
    C’est l’éducation et l’instruction qui doit nous apprendre à douter et à raisonner.
 Et pour cela il faut inhiber comme on l’a vu les mécanismes naturels intuitifs. Ce n’est pas évident et en général un enfant ne commence à savoir le faire qu’entre 5 et 7 ans.

Samedi 21 novembre 2015 à 9:08

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Les psychologues ont une dénomination que je trouve bizarre et peu explicite : « la théorie de l’esprit ». Qu’est ce ?
    C’est le fait de pouvoir expliquer les actes d’autrui (et éventuellement de soi même) et de les prévoir, grâce à l’observation d’états mentaux, souvent d’ailleurs perçus intuitivement.
    Ce n’est pas quelque chose d’évident et cela fait partie du développement des enfants, sujet qui me tient à cœur.
    Jusqu’à 4 à 5 ans l’enfant n’a pas cette capacité qu’il acquiert progressivement à partir de 18 mois environ (en fait à partir du moment ou il peut comprendre le langage).
    Lire et écrire le conforteront car cela développera ses moyens d’expression.

   
    Le bébé considère que les autres et notamment sa famille, sont le reflet de lui même et ont les mêmes pensées et il compte sur eux pour satisfaire ses désirs.
    La première étape, vers un an à 18 mois, est de se rendre compte que les autres peuvent voir le monde autrement que lui. L’enfant n’explore plus le mo,nde seul mais avec les autres, il regarde là où il regarde, il leur montre des objets, il réclame des actions : il découvre qu’on peut partager des pensées.
    Mais, à ce stade, il ne sait pas dans quelle mesure la pensée d’autrui peut être différente de la sienne, et il est incapable de comprendre le mensonge ou la plaisanterie.
    A 18 mois l’enfant coopère à des actions : quand je revenais de faire des courses avec deux cabas dans les deux mains, mon fils de 19 mois poussait devant moi la porte de la cuisine fermée, pour que je puisse passer. Mais la réalité était parfois difficile à comprendre : il y avait un interphone de surveillance entre la chambre des enfants et la nôtre et les jeunes enfants avaient du mal à comprendre qu’on pouvait leur parler sans être dans la pièce.
    A cet âge l’enfant croit que les autres ont le même savoir que lui. Quand on changeait devant mon fils la place de la balle du chien dans la pièce, alors que le chien n’était pas là, il ne comprenait pas que le chien aille la rechercher d’abord à son ancienne place : puisque lui savait où elle était, le chien aurait dû le savoir aussi ! Le savoir de l’enfant, c’est lka réalité pratique et visible.
    L’enfant ne s’apercevra vraiment que les autres ne pensent pas comme lui que lorsque le langage lui permettra de communiquer de façon suffisante pour comprendre la pensée d’autrui.

    Le stade suivant est pour l’enfant de s’apercevoir que quelqu’un peut avoir une opinion sur un sujet, qui pour lui est fausse et non conforme à la réalité, et notamment que quelqu’un peut volontairement mentir.
    Le premier pas est de se rendre compte qu’une réalité peut être vrai pour l’un et fausse pour l’autre.
    Habituellement les gâteaux du goûter étaient rangés dans un placard bas de la cuisine. Devant mes deux fils je mettais le paquet de gâteaux dans le frigo (ce qui est idiot!), puis je leur demandais « Où votre sœur va t’elle chercher le paquet de gâteaux.
    Mon deuxième fils, qui avait 3 ans répondait « dans le frigo », car c’était ce qu’il savait de la réalité. Mon fils aîné qui avait 5 ans, comprenait que sa sœur n’étan
t pas là, ne pouvait connaître ce nouvel emplacement et répondait logiquement « dans la placard ». Il savait que quelqu’un pouvait avoir une représentation de la réalité différente de la sienne, mais cela de façon logique et sincère.
    Par contre, même à 5 ans, l’enfant prend en général assez mal une plaisanterie, car il ne s’imagine pas sur le moment que ce n’est pas la vérité et cela le vexe de s’être fait berner.

    Le deuxième stade est en effet de s’apercevoir qu’autrui peut volontairement penser quelque chose de faux, en sachant que ce n’est pas conforme à la réalité.
    Au départ l’enfant pense que la personne est sincère et ignore que ce qu’elle dit est faux, et cela même vers 4 ou 5 ans. Pour repérer plaisanterie et mensonge, il faut comprendre que l’autre sait pertinemment que ce qu’il dit est faux et qu’il le fait volontairement dans un but donné.
    C’est effectivement là une situation où l’enfant doit se mettre à la place de l’autre et essayer de penser comme lui, pour comprendre son comportement
    Si mon fils me disait « je vais aller jouer, j’ai fini d’apprendre mes leçons » en pensant que je vais le croire, c’est un mensonge. S’il dit la même chose juste en rentrant de classe, sachant très bien que je sais que c’est faux et que je ne le croirai pas, c’est une plaisanterie.
    C’est très difficile pour un enfant de moins de 6 à 7 ans de différencier les deux et surtout de savoir manier ces concepts.

    En effet le troisième stade, c’est d’imaginer comment on pourrait agir sur la pensée d’autrui, et donc de mener dans ce sens, son propre comportement.
    C’est apprendre à mentir de façon vraisemblable, pour en tirer un avantage et à faire une plaisanterie pour amuser les autres.
    Il est rare qu’un enfant sache faire cela avant 7 ans.

Lundi 9 novembre 2015 à 9:01

Notre cerveau : intelligence; langage

           J‘ai souvent dit dans mes articles que le cerveau continuait à se former au cours de l’adolescence notamment au niveau du cortex préfrontal, qui est le chef d’orchestre du cerveau, le siège de la réflexion, de la prévision, de l’organisation et de la conduite de l’action. Cette maturation est à la fois physiologique, mais aussi due à l’apprentissage, notamment engendré par la vie et l’instruction.
            C’est la raison pour laquelle les adolescents ne savent pas bien prévoir les conséquences de leurs actes et se prémunir contre les dangers, surtout si les actes correspondants sont source de plaisir.

            L’IRM, qui permettait de voir si certains centres du cerveau étaient actifs ou non, permet maintenant de mesurer l’importance des connexions entre deux centres. Par ailleurs, de même qu’on applique la théorie des graphes pour résoudre des problèmes de communication, on peut l’appliquer aux connexions entre centres cérébraux.
            De récentes études mettent en lumière de nouveaux résultats, qui montrent d’une part l’étonnante plasticité du cerveau humain, mais aussi que celui ci évolue favorablement encore longtemps après l’adolescence.
            On croyait en effet que les performances cérébrales diminuaient à partir de 25 ans, ce qui n’empêchait pas de continuer à accroître ses connaissances et son expérience. Cela tenait du fait que les neurones ne se reproduisent pas et que donc leur nombre diminuera tout au long de notre vie ? On pensait donc que la performance du cerveau baissait en même temps que le nombre de neurones.
            Il reste exact que les aires cérébrales notamment frontales, croissent encore à l’adolescence et que le nombre de neurone diminue ensuite avec l’âge. Mais ce n’est pas l’évolution la plus importante.
             Les récentes recherches ont montré que les communications entre groupes de neurones s’intensifiaient surtout entre 12 et 30 ans. Comme le montre la figure ci dessous, empruntée au magazine « Pour la Science », les connexions entre certains groupes de neurones s’intensifient (lignes noires qui s’épaississent sur le schéma), et certaines zones deviennent davantage interconnectées  entre leurs propres neurones (cercles verts qui s’agrandissent sur le schéma) et ceci non seulement dans le cerveau frontal, mais aussi au niveau du cerveau émotionnel.
            Ces renforcements permettent à l’individu de s’adapter en se spécialisant, aux tâches auxquelles il est confronté, non seulement celles intellectuelles et de réflexion, mais aussi dans la vie relationnelle en société, ainsi qu’aux problèmes psychiques qui lui sont propres.http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/plasticite.jpg


            Le renforcement des connexions se réalise de plusieurs façons : d’une part il y a augmentation des connexions dendrites-axones, mais aussi un renforcement des connexions privilégiées entre deux neurones par augmentation de la quantité de neurotransmetteur disponible et abaissement du seuil de déclenchement de l’influx nerveux.

            Mais globalement on constate une augmentation de la matière « blanche ». C’est le résultat d’une myélinisation des fibres nerveuses : la myéline est une substance graisseuse, constituée à partir de cellules astrocytes, et qui entoure les axones, les isolant électriquement. Elle permet d’augmenter la vitesse de l’influx nerveux d’un facteur 10 à 100. L’information circule plus vite de ce fait entre neurones et donc un centre peut recevoir davantage d’information.
            Il semble qu’il y ait un ajustement particulièrement précis des temps de parcours entre neurones connectés, car un neurone recevant des influx de plusieurs autres ne donnera lui même un signal que si la somme des influx entrants est supérieure à un certain seuil, mais ceci pendant un laps de temps très court. Comme les influx entrants viennent de neurones à des distances différentes, la synchronisation exige que les temps de parcours soient adaptés pour que les signaux arrivent au même moment.
           Et si les connexions qui servent souvent sont renforcées et optimisées, celles qui ne servent pas sont supprimées.
           Notre cerveau se modifie donc toute notre vie, mais il évolue beaucoup d’abord dans la prime enfance par apprentissage de l’environnement et de son propre corps, avec une augmentation de la matière grise, puis à l’adolescence mais cette fois avec une diminution de la matière grise (élimination) et une augmentation de la matière blanche (myélinisation).
          La quantité de matière grise culmine au début de l’adolescence pour les centres des sensations, mais elle ne sera maximale pour le cortex frontal qu’en fin d’adolescence

En fait le cerveau d’un adolescent s’adapte énormément à l’environnement et à son devenir. C’est pourquoi il est très préjudiciable si les apprentissages qui devraient le former n’ont pas suffisamment lieu, que ce soit éducation ou instruction.
          De même les perturbations physiologiques : tabac, cannabis, drogues, alcool, sont davantage préjudiciables, car elles entravent la formation du cerveau.

Enfin un problème important perturbe l’adolescence et notamment empêche les adolescents de mesurer les risques qu’ils prennent.
          Leur cerveau émotionnel évolue en premier alors que leur cortex préfrontal n’a pas encore suffisamment évolué.  C’est comme si, à un moment donné leurs émotions étaien en avance pour ler âge, alors que leur raisonnement était en retard.
         Ce phénomène est schématisé ci dessous (le schéma étant aussi emprunté à « Pour la Science ») .

 http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/cerevauado.jpg

Un autre problème apparaît de nos jours : les adolescents actuels passent beaucoup de temps sur les moyens multimédias et sont donc confrontés à un nombre énorme d’informations, certaines bénéfique, mais de nombreuses non pertinentes ou inutiles et certaine même nuisibles. Le problème est que ces informations sont susceptibles de provoquer chez eux des émotions, mais que leur cortex préfrontal a des difficultés pour en faire le tri.  Les adolescents sont donc plus exposés qu’autrefois aux dangers de l’environnement et cela d’autant plus que l’influence éducative des parents a considérablement diminué.

Lundi 19 octobre 2015 à 13:58

Notre cerveau : intelligence; langage

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      A la suite d’un de mes articles sur le cerveau et la difficulté à faire du multitâche j’ai reçu des mails de 3 jeunes, deux garçons et une fille, qui m’affirment qu’ils n’ont aucun mal à faire leur devoir, en m^me temps qu’il surfent sur internet, répndent à un SMS ou mettent une remarque sur le facebook d’un ami.
    Ces jeunes oublient de me dire si leurs devoirs ont eu de bonnes notes. Et pour eux on peut à la fois travaiuller et s’amuser en même temps.
    Bien sûr je ne suis pas un « mutant », né avec un smartphone et une tablette dans les mains, mais pendant toute ma vie j’ai eu une multitude de tâches devant moi, et j’ai un microordinateur depuis 1980, j’ai une tablette (qui m’horripile car elle me semble faite, non pas pour des gens intelligents, mais pour des idiots désordonnés; elle fait tout à votre place et ne vous laisse aucune initiative) et un téléphone (mais je fais très peu de sms, car je trouve que, si on veut effectivement dire suffisamment de choses, cela va beaucoup plus vite par la messagerie à partir d’un clavier, et puis les 27 pouces de mon mac sont quand même plus agréables et confortables que les 4 pouces du téléphone, surtout pour les photos !).
    Et j’ai toujours constaté que je pouvais faire plusieurs choses à la fois, mais déjà deux choses à la fois dégradaient fortement la qualité et la vitesse de ce que je faisais et plus entraînait beaucoup d’erreurs. Et pour moi, le travail et le jeu n’ont jamais fait bon ménage. Ils sont tous deux nécessaires, mais séparément.

    En fait le cerveau, comme votre ordinateur ne fait jamais plusieurs tâches en même temps, même sur un même travail : il décompose en micro-tâches qui sont effectuées successivement.
    Alors pour l’ordinateur, comme il ne lui f    aut que quelques microsecondes voire moins pour accéder à des données ou faire une micro-tâche, alors il en fait un très grand nombre pendant le temps qu’il vous faut pour voir ce qui se passe sur votre écran (au mieux 50 millisecondes), et vous avez l’impression que votre ordinateur exécute les tâches simultanément.
    Mais dans votre cerveau ce n’est pas pareil : une information met en général une centaine de millisecondes pour être transmise au cortex central et il lui faut plusieurs secondes pour réfléchir et décider d’une action. Par ailleurs pour sortir des données de la mémoire, il faut encore quelques dixièmes de seconde et la mémoire tampon de stockage des informations transitoires est limitée à 6 ou 7 items.
    Si donc nous faisons plusieurs tâches à la fois, le ralentissement de chacune d’elle est considérable, même si nous faisons attention à chacune. De lus, si les tâches sont voisines, on a un risque de mélange de données. Et le cerveau doit partager son énergie entre les deux tâches.
    Un point cependant : ce que j’appelle une tâche, c’est un comportement maîtrisé et intentionnel, c’est-à-dire qu’au moment d’exécuter la tâche, le sujet doit déjà avoir en tête l’objectif de son geste.  Des actions sans objectif précis et voulu et coordonné par le cerveau ne sont pas des tâches pour l’objet de cet article. (des automatismes par exemple). L’écriture d’un texte est une tâche unique, car la tâche intelligente est la réflexion sur ce qu’on va écrire, car pour une personne entraînée (mais pas pour un  enfant qui apprend à écrire), l’écriture elle même est ensuite automatique. De même la lecture est automatique, la tâche intelligente étant la compréhension du texte.

    Mais ce n’est pas le seul inconvénient : si les tâches sont trop différentes, comme faire un devoir et consulter facebook, notre attention se relâche, saute de l’une à l’autre, ou risque d’être focalisée sur la plus simple, la plus facile et ce n’est pas le devoir. Ecrire un SMS et consulter facebook sera déjà pénalisant en matière de rapidité, mais les deux tâches n’ayant besoin ni d’une grande réflexion, ni d’une grande précision, cela sera possible. Par contre faire une opération facile, en même temps qu’une difficile se fera forcément au détriment de la rapidité et de la qualité de cette dernière. Si c’est une opération demandant réflexion et créativité, ce sera même mission impossible.

    Autre problème, des études ont montré que si on effectuait plusieurs tâches, ou même si l’on saturait  le travail de mémorisation, le cerveau ne conservait plus ses capacité de jugement et pouvait plus facilement être influencé.
    En cas de saturation de la mémoire, on conserve mieux les premières notions mémorisées que les dernières. Nos éléments de réflexion et de décision sont donc faussés.
    Les chercheurs ont par ailleurs montré que lorsque nous sommes distraits, ce ne sont pas nos attitudes qui sont modifiées, mais nos capacités de réflexion, de compréhension et de jugement qui sont fortement amoindries.

    Le laboratoire de neurosciences de l’INSERM à l’Ecole Normale Supérieure de Paris a montré par IRM, que lorsque nous effectuons une tâche unique, les deux hémisphères cérébraux, ils collaborent en communiquant par le « corps calleux », faisceau de millions d’axones reliant les deux hémisphères. Quel que soit le lobe, une partie du lobe frontal traite la tâche et une autre le but
    Quand le cerveau effectue deux tâches à la fois, il essaie de les exécuter dans chaque hémisphère, notamment au niveau du cortex préfrontal, chaque hémisphère traitant l’objectif et l’exécution. Mais une troisième zone du cerveau préfrontal est obligé de coordonner les deux tâches, car les ressources ne sont pas infinies, et par ailleurs certains centres sont spécialisés, notamment ceux du langage. Cette troisième zone assure en particulier, pendant qu’un hémisphère travaille sur la tâche 1, la conservation des données qui seront ensuite utilisées par l’autre hémisphère pour la tâche 2.
    Il est évident que si on veut mener 3 tâches, il n’y a pas 3 hémisspères cérébraux, et le travail va devenir très difficile, entraînant de nombreuses erreurs et une grande lenteur.

    Finalement lorsque nous utilisons un ordinateur, une tablette, un téléphone portable, internet ou un logiciel, ce ne sont que des outils et c’est notre cerveau qui est aux commandes. Ces outils peuvent sembler, grâce à leur rapidité et leur capacité de stockage intermédiaire, faire plusieurs tâches à la fois. Mais notre cerveau ne le peut pas et c’est lui qui limite l’opération. Par contre il est intelligent et innovant pour traiter un problème, à condition d’y être attentif, alors que les moyens informatisés sont idiots et ne font qu’appliquer un processus préprogrammé.
    La « capacité multitâche » du cerveau est donc un mythe et le sentiment de puissance que nous donnent les moyens multimédias est totalement illusoire. Le multimédia ne nous rendra pas intelligent, mais risque de nous rendre plus paresseux, alors que notre cerveau à un énorme potentiel à notre naissance, mais l’intelligence ne s’acquiert que par le travail, l’apprentissage répétitif et la mémorisation..
    Si l'on veut faire plusieurs tâches le plus vite possible et surtout avec le moins d'erreurs possibles, il faut les faire les unes après les autres, et une seule à la fois.

Samedi 23 mai 2015 à 7:37

Notre cerveau : intelligence; langage

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   Je n’aime pas les études statistiques des psychologues, sur les phénomènes passés ni les études de prévisions épidémiologique ou médicales sur les conséquences futures des défauts actuels de notre société.
    Certes, ils sont fait par des gens sérieux qui font de leur mieux.
    Mais les causes qui influent sur les phénomènes sont multiples, ils ne les connaissent pas toutes, et faire la part de chacune d’elles, même en faisant des analyses multifactorielles, est très difficile et les résultats discutables.
    De plus les chercheurs savent quelles sont les hypothèses et les conditions dans lesquelles ils ont fait l’étude, mais les journalistes que ce soit de la presse écrite ou de la télévision ne les connaissent ou ne les comprennet pas, ou les négligent, et ne montre de ces études que le coté à sensation, en tronquant les résultats de leur contexte.
    Je prends donc leurs résultats avec beaucoup de prudence, et, quand j’en ai la possibilité j’essaie de remonter aux études originales, mais on ne les trouve pas toujours sur internet.

    J’ai trouvé un article sur une étude très intéressante, mais je n’ai pas pu remonter à la publication américaine, qui n’était pas encore faite dans la revue « Nature Neuroscience ».
    Cela concerne une étude statistique entre l’état du néocortex chez les enfants, en fonction d’une part du niveau social des parents et d’autre part de l’instruction reçue.
Mais je ne connais malheureusement pas le détail des divers niveau correspondants des 1100 enfants sur lesquels a porté cette étude et je n’ai pas pu lire les corrélations statistiques faites.
     Je ne fais donc que citer ce que j’ai lu et sous toutes réserves.

    Les chercheurs américains ont étudié la surface totale du néocortex cérébral, la partie extérieure du cerveau qui s’est formée en dernier au cours de la préhistoire et qui s’est plissé pour tenir dans la boite crânienne qui n’augmentait pas suffisamment de volume. C’est le siège (voir tous mes articles sur le cerveau) de nos pensées et actes rationnels (cortex préfrontal), du langage et de la communication centres spécialisés des temporaux gauche et droite), de l’interprétation des sensations (lobe occipital pour la vue, pariétal pour le toucher), commandes motrices (sur le dessus du crâne, dans le pariétal)…
    Ils ont comparé le volume de ce néocortex avec, d’une part, la durée et le niveau des études (secondaire, fac…) et d’autre part le niveau familial financier.

    On savait déjà que le niveau d’enseignement et des familles plus aisées et plus instruites, favorisaient les performances cognitives des jeunes.
    Mais les psychologues américains semblent avoir trouvé une preuve : la développement du néocortex est plus important chez d’une part, les personnes ayant un niveau d’études plus important et également chez celles issues de familles plus aisées.
    Cela corrobore ce que j’ai souvent dit dans ce blog. Nous naissons avec un cerveau qui permet de nous maintenir en vie, mais qui, au départ ne sait rien faire d’autre.
    Par contre, nous avons tous un énorme potentiel d’apprentissage, modulé certes par nos préférences cérébrales, mais qui est très important pour tous les individus.
    Mais l’exploitation de ce potentiel dépend essentiellement de l’éducation donné par nos parents d’abord, par nos études ensuite.
    On apprend en quelque sorte, à devenir intelligent et travailleur et à avoir une bonne mémoire ! qui est 50% de notre intelligence).


    Notre cerveau se développe en fonction de cet apprentissage.
    Certes il ne va pas fabriquer plus de neurones, mais nous avons vu à maintes reprises que les performances du cerveau  sont dues essentiellement, pour des nombres de neurones assez voisins au nombre de connexions - c’est à dire de synapses - à la vitesse de propagation des signaux, augmentée par la gaine isolante de myélite autour des dendrites et des axones et aux quantités de neurotransmetteurs disponibles.
    L’éducation et l’instruction augmentent le nombre de connexion, favorise la myélinisation et la synthèse des neurotransmetteurs. Car il n’y a pas de miracle, l’apprentissage est essentiellement fonction de la répétition des exercices.
    De plus un développement plus important du cerveau offre une « réserve » de potentiel cognitif, lequel diminue avec l’âge et c’est donc une protection contre les maladies neurodégénératives, notamment Alzeimer.
    L’étude donne une autre indication : ce développement du cerveau n’est pas linéaire mais décroit de façon logarithmique.
    Cela veut dire qu’une augmentation même faible de l’instruction et des moyens financiers et éducatifs des familles, a une forte conséquence sur l’augmentation de développement intellectuel de la population.

    Cette étude nous confirma donc que notre développement intellectuel est de façon très importante corrélé d‘abord à l’éducation que nous recevons de nos parents (connaissances mais surtout apprentissage et habitudes de vie et de travail, éveil de la curiosité intellectuelle, vocabulaire et capacité de communication…) - encore faut il qu’ils s’occupent de leurs enfants même s’ils sont aisés et instruits.
    Ensuite à nos études, aux connaissances acquises et surtout à la formation de notre mémoire, de notre raisonnement et de nos capacités de compréhension humaine et de communication? Encore faut ils que nous ayons des programmes d’éducations adaptés (avec beaucoup d’exercices), des professeurs bien formés notamment en pédagogie, et surtout que nous ayons le courage de travailler au lieu de nous distraire.

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lancien

sortir de la tristesse

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