Lundi 19 octobre 2015 à 13:58

Notre cerveau : intelligence; langage

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      A la suite d’un de mes articles sur le cerveau et la difficulté à faire du multitâche j’ai reçu des mails de 3 jeunes, deux garçons et une fille, qui m’affirment qu’ils n’ont aucun mal à faire leur devoir, en m^me temps qu’il surfent sur internet, répndent à un SMS ou mettent une remarque sur le facebook d’un ami.
    Ces jeunes oublient de me dire si leurs devoirs ont eu de bonnes notes. Et pour eux on peut à la fois travaiuller et s’amuser en même temps.
    Bien sûr je ne suis pas un « mutant », né avec un smartphone et une tablette dans les mains, mais pendant toute ma vie j’ai eu une multitude de tâches devant moi, et j’ai un microordinateur depuis 1980, j’ai une tablette (qui m’horripile car elle me semble faite, non pas pour des gens intelligents, mais pour des idiots désordonnés; elle fait tout à votre place et ne vous laisse aucune initiative) et un téléphone (mais je fais très peu de sms, car je trouve que, si on veut effectivement dire suffisamment de choses, cela va beaucoup plus vite par la messagerie à partir d’un clavier, et puis les 27 pouces de mon mac sont quand même plus agréables et confortables que les 4 pouces du téléphone, surtout pour les photos !).
    Et j’ai toujours constaté que je pouvais faire plusieurs choses à la fois, mais déjà deux choses à la fois dégradaient fortement la qualité et la vitesse de ce que je faisais et plus entraînait beaucoup d’erreurs. Et pour moi, le travail et le jeu n’ont jamais fait bon ménage. Ils sont tous deux nécessaires, mais séparément.

    En fait le cerveau, comme votre ordinateur ne fait jamais plusieurs tâches en même temps, même sur un même travail : il décompose en micro-tâches qui sont effectuées successivement.
    Alors pour l’ordinateur, comme il ne lui f    aut que quelques microsecondes voire moins pour accéder à des données ou faire une micro-tâche, alors il en fait un très grand nombre pendant le temps qu’il vous faut pour voir ce qui se passe sur votre écran (au mieux 50 millisecondes), et vous avez l’impression que votre ordinateur exécute les tâches simultanément.
    Mais dans votre cerveau ce n’est pas pareil : une information met en général une centaine de millisecondes pour être transmise au cortex central et il lui faut plusieurs secondes pour réfléchir et décider d’une action. Par ailleurs pour sortir des données de la mémoire, il faut encore quelques dixièmes de seconde et la mémoire tampon de stockage des informations transitoires est limitée à 6 ou 7 items.
    Si donc nous faisons plusieurs tâches à la fois, le ralentissement de chacune d’elle est considérable, même si nous faisons attention à chacune. De lus, si les tâches sont voisines, on a un risque de mélange de données. Et le cerveau doit partager son énergie entre les deux tâches.
    Un point cependant : ce que j’appelle une tâche, c’est un comportement maîtrisé et intentionnel, c’est-à-dire qu’au moment d’exécuter la tâche, le sujet doit déjà avoir en tête l’objectif de son geste.  Des actions sans objectif précis et voulu et coordonné par le cerveau ne sont pas des tâches pour l’objet de cet article. (des automatismes par exemple). L’écriture d’un texte est une tâche unique, car la tâche intelligente est la réflexion sur ce qu’on va écrire, car pour une personne entraînée (mais pas pour un  enfant qui apprend à écrire), l’écriture elle même est ensuite automatique. De même la lecture est automatique, la tâche intelligente étant la compréhension du texte.

    Mais ce n’est pas le seul inconvénient : si les tâches sont trop différentes, comme faire un devoir et consulter facebook, notre attention se relâche, saute de l’une à l’autre, ou risque d’être focalisée sur la plus simple, la plus facile et ce n’est pas le devoir. Ecrire un SMS et consulter facebook sera déjà pénalisant en matière de rapidité, mais les deux tâches n’ayant besoin ni d’une grande réflexion, ni d’une grande précision, cela sera possible. Par contre faire une opération facile, en même temps qu’une difficile se fera forcément au détriment de la rapidité et de la qualité de cette dernière. Si c’est une opération demandant réflexion et créativité, ce sera même mission impossible.

    Autre problème, des études ont montré que si on effectuait plusieurs tâches, ou même si l’on saturait  le travail de mémorisation, le cerveau ne conservait plus ses capacité de jugement et pouvait plus facilement être influencé.
    En cas de saturation de la mémoire, on conserve mieux les premières notions mémorisées que les dernières. Nos éléments de réflexion et de décision sont donc faussés.
    Les chercheurs ont par ailleurs montré que lorsque nous sommes distraits, ce ne sont pas nos attitudes qui sont modifiées, mais nos capacités de réflexion, de compréhension et de jugement qui sont fortement amoindries.

    Le laboratoire de neurosciences de l’INSERM à l’Ecole Normale Supérieure de Paris a montré par IRM, que lorsque nous effectuons une tâche unique, les deux hémisphères cérébraux, ils collaborent en communiquant par le « corps calleux », faisceau de millions d’axones reliant les deux hémisphères. Quel que soit le lobe, une partie du lobe frontal traite la tâche et une autre le but
    Quand le cerveau effectue deux tâches à la fois, il essaie de les exécuter dans chaque hémisphère, notamment au niveau du cortex préfrontal, chaque hémisphère traitant l’objectif et l’exécution. Mais une troisième zone du cerveau préfrontal est obligé de coordonner les deux tâches, car les ressources ne sont pas infinies, et par ailleurs certains centres sont spécialisés, notamment ceux du langage. Cette troisième zone assure en particulier, pendant qu’un hémisphère travaille sur la tâche 1, la conservation des données qui seront ensuite utilisées par l’autre hémisphère pour la tâche 2.
    Il est évident que si on veut mener 3 tâches, il n’y a pas 3 hémisspères cérébraux, et le travail va devenir très difficile, entraînant de nombreuses erreurs et une grande lenteur.

    Finalement lorsque nous utilisons un ordinateur, une tablette, un téléphone portable, internet ou un logiciel, ce ne sont que des outils et c’est notre cerveau qui est aux commandes. Ces outils peuvent sembler, grâce à leur rapidité et leur capacité de stockage intermédiaire, faire plusieurs tâches à la fois. Mais notre cerveau ne le peut pas et c’est lui qui limite l’opération. Par contre il est intelligent et innovant pour traiter un problème, à condition d’y être attentif, alors que les moyens informatisés sont idiots et ne font qu’appliquer un processus préprogrammé.
    La « capacité multitâche » du cerveau est donc un mythe et le sentiment de puissance que nous donnent les moyens multimédias est totalement illusoire. Le multimédia ne nous rendra pas intelligent, mais risque de nous rendre plus paresseux, alors que notre cerveau à un énorme potentiel à notre naissance, mais l’intelligence ne s’acquiert que par le travail, l’apprentissage répétitif et la mémorisation..
    Si l'on veut faire plusieurs tâches le plus vite possible et surtout avec le moins d'erreurs possibles, il faut les faire les unes après les autres, et une seule à la fois.

Samedi 23 mai 2015 à 7:37

Notre cerveau : intelligence; langage

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   Je n’aime pas les études statistiques des psychologues, sur les phénomènes passés ni les études de prévisions épidémiologique ou médicales sur les conséquences futures des défauts actuels de notre société.
    Certes, ils sont fait par des gens sérieux qui font de leur mieux.
    Mais les causes qui influent sur les phénomènes sont multiples, ils ne les connaissent pas toutes, et faire la part de chacune d’elles, même en faisant des analyses multifactorielles, est très difficile et les résultats discutables.
    De plus les chercheurs savent quelles sont les hypothèses et les conditions dans lesquelles ils ont fait l’étude, mais les journalistes que ce soit de la presse écrite ou de la télévision ne les connaissent ou ne les comprennet pas, ou les négligent, et ne montre de ces études que le coté à sensation, en tronquant les résultats de leur contexte.
    Je prends donc leurs résultats avec beaucoup de prudence, et, quand j’en ai la possibilité j’essaie de remonter aux études originales, mais on ne les trouve pas toujours sur internet.

    J’ai trouvé un article sur une étude très intéressante, mais je n’ai pas pu remonter à la publication américaine, qui n’était pas encore faite dans la revue « Nature Neuroscience ».
    Cela concerne une étude statistique entre l’état du néocortex chez les enfants, en fonction d’une part du niveau social des parents et d’autre part de l’instruction reçue.
Mais je ne connais malheureusement pas le détail des divers niveau correspondants des 1100 enfants sur lesquels a porté cette étude et je n’ai pas pu lire les corrélations statistiques faites.
     Je ne fais donc que citer ce que j’ai lu et sous toutes réserves.

    Les chercheurs américains ont étudié la surface totale du néocortex cérébral, la partie extérieure du cerveau qui s’est formée en dernier au cours de la préhistoire et qui s’est plissé pour tenir dans la boite crânienne qui n’augmentait pas suffisamment de volume. C’est le siège (voir tous mes articles sur le cerveau) de nos pensées et actes rationnels (cortex préfrontal), du langage et de la communication centres spécialisés des temporaux gauche et droite), de l’interprétation des sensations (lobe occipital pour la vue, pariétal pour le toucher), commandes motrices (sur le dessus du crâne, dans le pariétal)…
    Ils ont comparé le volume de ce néocortex avec, d’une part, la durée et le niveau des études (secondaire, fac…) et d’autre part le niveau familial financier.

    On savait déjà que le niveau d’enseignement et des familles plus aisées et plus instruites, favorisaient les performances cognitives des jeunes.
    Mais les psychologues américains semblent avoir trouvé une preuve : la développement du néocortex est plus important chez d’une part, les personnes ayant un niveau d’études plus important et également chez celles issues de familles plus aisées.
    Cela corrobore ce que j’ai souvent dit dans ce blog. Nous naissons avec un cerveau qui permet de nous maintenir en vie, mais qui, au départ ne sait rien faire d’autre.
    Par contre, nous avons tous un énorme potentiel d’apprentissage, modulé certes par nos préférences cérébrales, mais qui est très important pour tous les individus.
    Mais l’exploitation de ce potentiel dépend essentiellement de l’éducation donné par nos parents d’abord, par nos études ensuite.
    On apprend en quelque sorte, à devenir intelligent et travailleur et à avoir une bonne mémoire ! qui est 50% de notre intelligence).


    Notre cerveau se développe en fonction de cet apprentissage.
    Certes il ne va pas fabriquer plus de neurones, mais nous avons vu à maintes reprises que les performances du cerveau  sont dues essentiellement, pour des nombres de neurones assez voisins au nombre de connexions - c’est à dire de synapses - à la vitesse de propagation des signaux, augmentée par la gaine isolante de myélite autour des dendrites et des axones et aux quantités de neurotransmetteurs disponibles.
    L’éducation et l’instruction augmentent le nombre de connexion, favorise la myélinisation et la synthèse des neurotransmetteurs. Car il n’y a pas de miracle, l’apprentissage est essentiellement fonction de la répétition des exercices.
    De plus un développement plus important du cerveau offre une « réserve » de potentiel cognitif, lequel diminue avec l’âge et c’est donc une protection contre les maladies neurodégénératives, notamment Alzeimer.
    L’étude donne une autre indication : ce développement du cerveau n’est pas linéaire mais décroit de façon logarithmique.
    Cela veut dire qu’une augmentation même faible de l’instruction et des moyens financiers et éducatifs des familles, a une forte conséquence sur l’augmentation de développement intellectuel de la population.

    Cette étude nous confirma donc que notre développement intellectuel est de façon très importante corrélé d‘abord à l’éducation que nous recevons de nos parents (connaissances mais surtout apprentissage et habitudes de vie et de travail, éveil de la curiosité intellectuelle, vocabulaire et capacité de communication…) - encore faut il qu’ils s’occupent de leurs enfants même s’ils sont aisés et instruits.
    Ensuite à nos études, aux connaissances acquises et surtout à la formation de notre mémoire, de notre raisonnement et de nos capacités de compréhension humaine et de communication? Encore faut ils que nous ayons des programmes d’éducations adaptés (avec beaucoup d’exercices), des professeurs bien formés notamment en pédagogie, et surtout que nous ayons le courage de travailler au lieu de nous distraire.

Mardi 31 mars 2015 à 8:51

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Je suis toujours émerveillé quand je vois fonctionner le corps humain et notamment nos cerveaux. L’homme construit de nos jours des machines ultra-perfectionnées comme les aéronefs ou certaines machines informatiques, mais il ne fera jamais un robot aussi performant que le cerveau humain, que l’évolution a mis quelques millions d’années à mettre au point.
    Le plus mystérieux est certainement l’élaboration de nos pensées.

    Il ne faut pas croire que les animaux sont dépourvus de pensées : la preuve ils communiquent entre eux.
    Dès que deux animaux sont en présence, ils échangent des signes visuels, auditifs ou olfactifs , qui créent des « images mentales » qu’ils mémorisent dans leur système nerveux et qui constituent une sorte de langage spécifique et particulier.Et ces échanges modifient le comportement de ceux qui y ont participé.
    Certaines espèces vont se servir de phéromones, comme les fourmis, d’autres d’une gestuelle, comme les abeilles, les primates et les oiseaux utilisent des signaux sonores, et les éléphants émettent des infrasons qui se propagent à grande distance dans le sol et qu’ils détectent par leurs pieds.

    Certes la pensée humaine se sert beaucoup d’images (notamment le bébé qui n’a rien d’autre à sa disposition), mais sa pensée repose avant tout sur le langage, et donc lors d’échanges sur des sons, ce qui n’est pas original.
    Mais c’est un système bien plus sophistiqué que celui des animaux, car parler, c’est convenir qu’une série de sons désigne une chose, un objet, une action, un concept. L’un des avantages, c’est qu’on peut désigner par cette combinaison de sons, l’objet même quand il n’est pas là, ou même quand il n’est pas matériels et que nos sens ne le perçoivent pas.
    Chaque langue humaine est donc une convention entre les sons et ce qu’ils représentent : on ne connaît pas de société humaine actuelle sans langage, ni de langage chez d’autres espèces que chez l’être humain.
    Un perroquet peut imiter les sons du langage humain mais ne communiquera jamais de concepts abstraits avec ces sons.
    Par contre les singes supérieurs dont le cerveau est plus proche du nôtre, certes ne peuvent parler car leurs cordes vocales et leur palais ne sont pas adaptés à nos intonations, à nos phonèmes. Mais si on met au point avec eux des conventions de langage, par exemple celui des sourds muets, on peut leur faire comprendre de nombreuses choses et les faire s’exprimer par des phrases simples : sujet, verbe, complément et éventuellement adjectifs. On arrive même à leur faire comprendre des concepts simples : le « moi » dans une glace, le fait qu’une chose soit plaisante, et la beauté (d’une tenue par exemple). Ils différencient les actions (verbes) des objets (noms).

    Quel est le lien entre pensée et langage chez l’être humain ? Pensons-nous vraiment toujours avec le langage ? Pourquoi est-ce souvent si difficile d’exprimer clairement notre pensée ?
    Quand nous nous remémorons un souvenir, certes il est avant tout composé d’images, de scènes, certaines même animées comme au cinéma et dans la réalité. Mais à coté de ces images il y a des mots, qui leur sont automatiquement associés.
    Notre mémoire est ainsi faite et notre hippocampe va associer images et mots par des connexions entre neurones, qui deviennent automatiques et inconscientes.
    De même nous pouvons imaginer un voyage, une visite, une action que nous allons faire et là encore les mots accompagnent les images, et même souvent les précèdent. Et ce sont des images mentales virtuelles puisque nous n’avons pas encore vécu la scène.
    Et si nous réfléchissons, là les mots deviennent prépondérants et nous nous parlons à nous mêmes mentalement, avec des mots.
    Quand nous parlons, le cortex préfrontal, chef d’orchestre du cerveau, indique ce qu’il veut exprimer, il va chercher les mots avec l’aide de l’hippocampe dans le centre de Geschwind, puis il demande au centre de Broca de fabriquer grammaticalement et « syntaxer » les phrases, et de préparer dans le « centre de vocalisation », la prononciation des mots, qui est ensuite ordonnée aux centres moteurs qui commandent les muscles de la parole.
    Chose extraordinaire, quand nous pensons en nous même, mentalement et sans émettre de son, pourtant le processus est le même. Broca construit les phrase, et le centre  de vocalisation en prépare la prononciation, mais l’action est arrêtée là et aucun son n’est prononcé ensuite.
    Plus extraordinaire encore, quand nous écoutons quelqu’un parler, le centre de Wernicke reconnaît les mots, va les chercher dans le centre de Geschwind et transmet au cortex frontal; mais en même temps nos « neurones miroirs » qui se trouvent da,s les centres moteurs, miment les ordres de prononciation, sans qu’aucun son ne soit émis, mais pour que nous comprenions mieux notre interlocuteur, en « lisant sur ses lèvres ».
    S’exprimer c’est au fond extraordinaire : cela nécessite une maîtrise sémantique, lexicale, syntaxique, grammaticale, orthographique, et finalement vocale si nous parlons, ou de formes et de gestes si nous écrivons.
    Il faut remarquer toutefois que la généralisation de l’écriture favorise et facilite la passation de ces données et méthodes d’une génération à l’autre.

    Un autre phénomène m’a toujours frappé. Si on vous fait lire un  texte d’un e page par exemple, et qu’on vous demande qu’il disait, vous êtes en général capable de répondre : vous avez compris ce que ce texte disait. Mais vous l’exprimez autrement avec des mots et des phrases différentes. Vous avez transformé le texte en un concept des idées qu’il contenait, et vous réexprimez à votre façon ce contexte en mots; il y a là une manipulation conceptuelle que ni l’animal, ni l’ordinateur ne savent faire, mais que notre cerveau fait sans difficulté s’il a appris à le faire.

    Et si on veut encore aller plus loin dans l’admiration, les centre de notre cerveau droit savent mettre des émotions dans l’intonation du langage et reconnaître les sentiments des autres dans leur façon de s’exprimer.
    Notre cerveau est vraiment un outil extraordinaire.

    Cela dit ce n’est pas toujours facile de se comprendre :
        - Il y avait ce que vous pensiez;
        - Il y a ce que vous avez voulu dire;
        - Il y a ce que vous avez dit (et ce que vous n’avez pas dit);
        - il y a ce que j’ai entendu (et ce à quoi je n’ai pas fait attention);
        - il y a ce que j’ai compris; (en fonction de ma personnalité et de mon expérience);
        - il y a ce que j’ai retenu; (ou ce que j’ai voulu retenir).
            • était ce que vous pensiez initialement ?
            • et qu’en a retenu mon voisin; sûrement pas la même chose que moi!

Samedi 28 mars 2015 à 8:23

Notre cerveau : intelligence; langage

e vous parlerai aujourd’hui de trois autre intelligence, car on n’a pas pu mettre en lumière la huitième l’intelligence « naturaliste et écologique » :

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    - L’intelligence intra-personnelle :
   
    C’est la compréhension et la maîtrise de nos émotions. Certes le cortex préfrontal intervient encore pour en être conscient, les analyser, en chercher les conséquences avant une prise de décision.
    Mais c’est l’amygdale qui est le moteur principal à l’origine des émotions.
    Il est relayé ensuite par le cortex cingulaire antérieur qui intervient dans la prise de conscience et l’analyse des conflits internes et l’insula (appelé aussi cortex insulaire), qui analyse les sensations internes qui accompagnent ces émotions.
    De plus, dans le développement, mais aussi le contrôle de nos pulsions et plus généralement de nos actions, interviennent les centres de récompense et les centres amygdaliens, qui lient nos désirs et nos actions à un plaisir ou une répulsion.

    - L’intelligence interpersonnelle :

    Il est beaucoup plus difficile de situer les zones en relation avec l’intelligence interpersonnelle, car il s’agit de comportement et dès lors, c’est l’ensemble du cerveau qui coopère.
    Bien entendu le cortex préfrontal est toujours là pour réfléchir et diriger.
    Les relations humaines étant supportées essentiellement par le langage, les centres correspondants vont intervenir et notamment les centres de l’hémisphère droit qui interprètent les intonations et le contenu émotionnel..
    Mais les mimiques des visages sont également importantes et les centres de la vision, de reconnaissance des visage et du cortex cingulaire participent à leur interprétation.
    Certains groupes de neurones sont aussi particulièrement important : les neurones miroirs, dans le cortex prémoteur, qui s’activent lorsque nous voyons se réaliser la même action que celle pour laquelle ils sont impliqués quand nous la faisons volontairement; un autre type de neurones dits «canoniques» s’activent quant à eux à la simple vue d’un objet saisissable par le mouvement de préhension de la main codé par ce neurone. Comme si cerveau anticipait une interaction possible avec cet objet et se préparait en conséquence.
    Or cette compréhension des actions de l’autre est à la base des relations sociales et particulièrement de la communication interindividuelle. Il est probable que des neurones analogues interviennent aussi dans la compréhension et l’anticipation des actions d’autrui

      - L’intelligence corporelle-kinesthésique :


    Les zones correspondantes sont bien connues : ce sont celles qui concernent le toucher et la somesthésie, c’est à dire l’information concernant les sensations délivrées par les membres et les viscères.
    Les noyaux gris du cerveau central et le tronc cérébral interviennent dans la commande des mouvements et leur apprentissage et le cervelet pour la commande de tout ce qui est devenu automatique, lorsque le cortex préfrontal a fini de diriger l’apprentissage  des actions correspondantes.

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    Et dans tous ces domaines, l’apprentissage tient une place importante et donc les centres du système de récompense interviennent également (en rouge sur le schéma : ATV, noyau accumbens et septum).

    Notre société attache trop d’importance au QI et les jeunes je le constate souvent chez mes correspondant(e)s sont trop souvent persuadés qu’on nait intelligent ou bête, ce qui, s’ils ont des facilités, les incite à ne rien faire et à se laisser vivre.
    Je pense que cette décomposition en huit intelligences, si artificielle qu’elle paraisse, devrait cependant être prise en compte par les parents et les enseignants.
    Nous avons tous intérêt en effet à connaître nos points forts et nos points faibles, à utiliser nos avantages et à essayer de travailler pour diminuer nos défauts.
    Il est je pense important pour un éducateur, qu’il soit parent ou professeur, d’essayer de connaître les degrés des diverses intelligences des enfants que l’on éduque, à la fois pour les intéresser en les faisant utiliser les intelligences les plus développées, mais aussi en les faisant travailler celles où ils sont moins bons, de façon à essayer d’équilibrer au mieux leurs personnalités.
    Et il ne faut pas oublier que la capacité de mémorisation, c’est au moins la moitié de l’intelligence, car nous ne créons rien, mais nous utilisons des données de notre mémoire.
    Malheureusement on ne fait guère plus d’exercices en classe pour développer notre mémoire et par ailleurs le cannabis attaque l’hippocampe, professeur de la mémoire et handicape les jeunes fumeurs. Des chercheurs américains ont testé des jeuens qui fumaient régulièrement entre 15 et 25 ans et ils ont constaté une baisse de QI de 8 points, ce qui est énorme, pour des personnes autour de la moyenne, entre 85 et 115.

Vendredi 27 mars 2015 à 7:12

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Nous avons vu avant hier ce qu’étaient les huit « intelligences » selon Howard Gardner. Je voudrais parler aujourd’hui de leur localisation cérébrale.
    En fait quand on entreprend une action, de nombreuses aires sont sollicitées dans le cerveau, car son fonctionnement est extrêmement complexe, et l’action de certains centres implique celle d’autres centres au moins temporairement.
    Cependant on peut mettre en lumière, par l’IRM, une participation plus grande de certains groupes de neurones; je vais traiter aujourd’hui, quatre d’entre elles.

    L’intelligence logico-mathématique :

    Les calculs mathématiques impliquent en général le cortex préfrontal qui les dirige, les centres du langage et notamment le centre de Broca, la mémoire à long terme, et les mémoires tampons à court terme. Le cervelet peut être impliqué lorsqu’on fait un calcul presque automatiquement selon une procédure apprise (par exemple une multiplication).
    Il semble qu’en ce qui concerne la mémoire, les nombres soient atteints comme les mots. Mais, dans les processus de calcul mental, des résultats intermédiaires sont stockés dans les mémoires tampons à court terme, qui n’ont qu’une capacité limitée (6 à 7 items au maximum), et une durée limitée (quelques minutes au plus). C’est poursquoi, malgré un certain entrainement les capacités des personnes sont limitées.
    On connaît quelques calculateurs prodiges; il semble que leur cerveau ait une conformation particulière qui leur permet de stocker de façon provisoire des calculs intermédiaires dans la mémoire épisodique qui sert habituellement à stocker les souvenirs et à y accéder rapidement via l’hippocampe.
    Les réflexions logiques de raisonnement impliquent surtout le cortex préfrontal, mais d’une part celui-ci fait appel à son expérience en consultant des « cas semblables » en mémoire, pour valider les conséquences des hypothèses faites. Mais il lui arrive aussi de demander au cerveau émotionnel quelles seraient les conséquences émotionnelles de certaines solutions envisagées.
    Enfin une zone particulière du cortex préfrontal recherche les erreurs et émet un signal si une donnée est contestable.

    - L’intelligence spatiale :

    Elle met évidemment en jeu le cerveau occipital, l’arrière du cerveau au dessus de la colonne vertébrale, où sont interprétés les signaux de la vision.
    La synthèse est effectuée notamment dans les centres « quoi » et « où », qui identifient les objets et les cartes spatiales
    La mémoire - et donc l’hippocampe - intervient pour rappeler les informations acquises et c’est le cortex-préfrontal qui les traite, en particulier pour faire par exemple tourner un objet dans l’espace (comme sur certains tests).
    La mémoire associative va rapprocher les diverses perceptions simultanées et successives, (images, sons, odeurs…), pour faire par exemple retrouver un itinéraire
    De plus nous possédons des « neurones grilles » qui s’activent quand nous suivons un itinéraire inconnu et font une cartographie de la zone parcourue en créant des amalgames de points.
    Le cortex pariétal intervient dans la partie somesthésique, qui remonte les sensations du corps, des muscles et donc notre position dans l’espace.
   
     - L’intelligence verbo-linguistique :

    Elle met en jeu les centres du langage, que je vous ai décrits à plusieurs reprises : Broca, Wernicke, dans l’hémisphère gauche, le centre de Geschwind qui rassemble la mémoire des mots, et des centres de l’hémisphère droit, qui analysent l’intonation et l’émotion associée.
    Mais l’utilisation de certains mots va amener l’hippocampe à chercher dans notre mémoire épisodique ou déclarative, notamment dans le temporal lorsqu’il est question d’actions (les verbes par exemple), des souvenirs qui s’y rapportent.
    Et dens l’aire de Geschwind, des groupes de neurones sont associés à des objets analoguies, par exemple les outils, les plantes ou les animaux.
    Et plus curieux les aires motrices du cerveau pariétal s’activent quand on évoque des noms qui évoquent des mouvement, comme des outils par exemple.
    Certains souvenirs très forts peuvent relier très fortement les neurones, qui n’ont plus besoin de l’intermédiaire de l’hippocampe pour communiquer. Par ailleurs certains souvenirs à forte charge émotionnelle, sont rappelés par les centres amygdaliens;
    Le cortex préfrontal dirige évidemment les opérations.
    Mais une lecture ou des phrases ont souvent une composante émotionnelle, et donc le cerveau émotionnel et notamment les centres amygdaliens peuvent aussi intervenir dans la conduite des opérations.
   
- L’intelligence musicale-rythmique :

    Elle met en jeu le centre d’interprétation auditif primaire qui analyse les sons, leur force, leur hauteur. Puis dans l’aire associative proche, les rythmes, les timbres, les airs et mélodies.
    Le tronc cérébral qui est le métronome du cerveau intervient car il est directement relié au centre auditif et au thalamus et il donne la possibilité de « battre la mesure ».
    L’hippocampe intervient pour mémoriser et rappeler les mélodies.
    Bien entendu, le cortex préfrontal est le chef d’orchestre.
    Mais une mélodie a souvent une composante émotionnelle, et donc le cerveau émotionnel et notamment les centres amygdaliens peuvent aussi intervenir dans la conduite des opérations.


    Je parlerai demain des 4 autres intelligences

Mercredi 25 mars 2015 à 8:15

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Je vous ai parlé à plusieurs reprises de l’intelligence dans ce blog, (janvier 2010) et en particulier des théories de l’intelligence multiple faites en 1983 par Howard Gardner (photo ci dessus), et qu’il a publiées dans un livre en France en 1997, en définissant huit sortes d’intelligence.
    Je vais résumer sa théorie et dans les prochains articles je parlerai de nouvelles études qui ont cherché à définir quelles parties du cerveau correspondaient à ces intelligences, et qu’a décrites Olivier Houdé professeur à la Sorbonne à Paris.

    Howard Gardner définissait donc huit sortes d’intelligences :

- L’intelligence logico-mathématique :

    La personne est douée en résolution de problèmes et en mathématiques. Elle sait  poser les questions nécessaires, raisonne logiquement sur les choses, veut savoir pourquoi et comment les événements arrivent et les mécanismes fonctionnent. Elle sait mettre en ordre et classer les objets, identifier ressemblances et dissemblances.
    En général la personne est attirée par la science.

- L’intelligence spatiale :

    La personne est créative et sait concevoir, dessiner, lire des graphiques, se représenter les objets dans l’espace en les changeant d’orientation, faire des casse-têtes représentant des images ainsi que des labyrinthes, organiser l’espace, les objets et les surfaces, et a besoin d’images pour comprendre.

- L’intelligence verbo-linguistique :

    La personne est à l’aise avec le langage et la parole, parle facilement, aime lire, écouter et raconter des histoires, et se les rappelle. Elle sait rédiger et exprimer oralement et par écrit ses idées, sans fautes d’orthographe et possède un vocabulaire étendu.
    En général la personne est attirée par la littérature.

Ces trois intelligences sont celles des tests de QI, qui, par leurs questions, examinent les connaissances linguistiques d’une personne, sa capacité à manier les nombres et leur logique et la représentation des figures dans l’espace.

- L’intelligence intra-personnelle :
   
    C’est la capacité de réflexion, la compréhension de soi, des la personnalités des autres, la définition d’objectifs, l’aptitude à établir un modèle mental.
    La personne connait ses facultés d’apprentissage et est capable d’anyser ses forces et faiblesses et de connaître ses limites.

- L’intelligence interpersonnelle :

    Elle permet les relations et la communication entre les personnes, les relations dans un groupe, l’écoute, la persuasion, la négociation. C’est identifier les émotions, les sentiments, les humeurs, les comportements et les intentions, et réagir de façon appropriée. C’est aussi avoir de l’empathie et de l’altruisme.

- L’intelligence corporelle-kinesthésique :

    C’est la faculté de comprendre ce qui se passe dans son corps, notamment ses émotions, de les maîtriser, mais aussi de les exprimer par ses expressions corporelles.
    C’est la tendance à bouger, à être en mouvement avec son corps, à se servir de ses membres, à s’exprimer par gestes et mimiques .
    Certains psychologues y voient aussi la capacité à analyser le fonctionnement des objets et à les réparer, et finalement à une certaine adresse manuelle.

Ces trois intelligences sont relationnelles. Il existe des tests analogues au QI que l’on appelle QE : quotient émotionnel.

L’intelligence naturaliste-écologique :
   
    C’est à l’origine la capacité à résoudre des problèmes dans le milieu naturel, à observer et catégoriser faune flore, roches, et le milieu naturel.
    En fait ce n’est pas vraiment une intelligence, mais plus des capacités professionnelle. Les psychologues ont alors parlé de l’habileté à organiser, sélectionner, regrouper, lister, à structurer les idées à poser les question, bref la curiosité intellectuelle et le moyen de la satisfaire. Mais on tombe alors dans le domaine de l’intelligence logico-mathématique.

L’intelligence musicale-rythmique :

    C’est le plaisir de faire de la musique, des sons ou des rythmes. et le don pour faire de la musique et chanter. Il y a une partie de capacités physiologiques de l’oreille et du cerveau, beaucoup d’apprentissage, une émotion face à la musique et aux sons, et  certain don pour le rythme.


    Je trouve ces théories intéressantes, mais je trouve qu’elles ne mettent pas l’accent sur deux points importants :

    - la capacité et le travail d’apprentissage. On ne nait pas intelligent, on le devient. Certains ont seulement plus de potentiel et de rapidité d’apprentissage, et arrivent donc plus facilement à développer leurs intelligences, mais dans tous les cas cela demande beaucoup de travail.
    Sans apprentissage (donc éducation et instruction) et sans un gros travail, on reste d’un niveau intellectuel très bas.

    - la capacité de mémorisation. On n’invente rien : on utilise les connaissances et l’expérience que l’on a , et lacréativité conssite simplement à rapprocher de façon inhabituelle des notions que l’on a mémorisées.
    Pour moi la capacité de mémorisation, c’est au moins la moitié de l’intelligence.

    Dans les prochains articles, je parlerai des zones du cerveau concernées par ces diverses intelligences.

Dimanche 1er mars 2015 à 7:45

Notre cerveau : intelligence; langage

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     Je remercie un de mes correspondants qui m’a envoyé un très intéressant article de Sciences et Avenir sur l’interview d’Olivier Houdé, professeur de psychologie à l’Université Paris Descartes et directeur du laboratoire du développement et de l’éducation des enfants, qui parlait de l’influence du numérique sur le cerveau des jeunes de 12 à 24 ans qui ont grandi avec les ordinateurs, les jeux vidéo, internet et les téléphones portables.
    Il avait d’ailleurs fait des articles dans le journal « La Recherche, sur des sujets voisins.

    Bien entendu la structure du cerveau ne se modifie pas pour autant. Il faut des milliers d’années pour que l’évolution de Darwin intervienne.
    Mais notre cerveau, à la naissance, n’a que ce qui lui permet de faire vivre le corps, mais un énorme potentiel, que la vie, l’éducation, l’instruction développe peu à peu, grâce à nos possibilités d’apprentissage et de mémorisation.
    Pour se développer, l’enfant il doit découvrir par ses sens, ses actions et ses pensées les lois de fonctionnement du réel
    J’ai déjà dit plusieurs fois dans ce blog, que l’on ne naît pas intelligent, on le devient, à condition qu’on nous aide à le devenir !!
    Le cerveau reste le même, mais ce sont les circuits utilisés qui changent, par habitude et apprentissage.

    Les jeunes ont l’habitude du clavier pour l’écriture, le jeu, les SMS et donc un circuit de réponse, presque réflexe, ultra-rapide se développe, de l’oeil sur l’écran, aux doigts et surtout au pouce sur le clavier.
    En fait dans notre cerveau, nous avons trois circuits de décision :
        - l’un, rapide et presque inconscient, qui est celui du cerveau émotionnel et des centres amygdaliens. Il est câblé pour réagir très vite en cas de danger notamment.
    Il amène une solution de mise en œuvre immédiate.
        - le second circuit est celui de la logique et de la réflexion. C’est le cortex préfrontal qui mène le jeu, mais il n’est pas tout seul. Il demande son avis au cerveau émotionnel qui fait des simulations sur ses réactions face aux diverses décisions possibles et donne son avis, tandis que ce cortex frontal étudie la même chose en termes de prévisions logiques et factorielles.
        - un  troisième circuit dans la partie antérieure préfrontale, qui va arbitrer entre les différents avis, et qui comporte notamment un circuit de détection des erreurs, et un circuit d’inhibition, qui bloque certaines des décisions, trop inconscientes et rapides.
    C’et notamment ce circuit que développe l’instruction et qui est un des  composants de l’intelligence. Il permet d’inhiber les automatismes de pensée quand on doit faire appel à la logique ou à la morale. C'est la résistance cognitive.
    Les jeunes développent davantage le premier circuit rapide et donc au détriment des deux autres circuits de réflexion et prise de recul et d’inhibition des erreurs.
    Le schéma ci dessous que j’ai emprunté à Sciences et Avenir illustre cette théorie.

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    Les deux circuits de réflexion et d’inhibition des erreurs est un circuit d’adptation, pour résister à des réponses impulsives erronées.
    Le cerveau résiste à lui-même. Mais la maturation de ce processus est lente au cours du développement de l’enfant et de l’adolescent.
    Il permet d’éviter des décisions absurdes, parfois collectives d’entraînement à des actions néfastes en groupe, de résister aux croyances erronées, de comprendre l’opinion d’autrui et de l’admettre différente de la sienne, de ne pas se comporter comme un mouton dans un groupe, d’éviter des réactions violentes ou de découragement…., bref de s’adapter à la vie en société.
    Nous développons ces circuits dans notre vie de tous les jours, mais c’est surtout l’éducation et l’instruction qui sont amenés à le développer.
    Dans la mesure où les jeunes ne le développent plus assez par eux mêmes, il faudrait au contraire, les entraîner davantage au raisonnement et à l’inhibition de leurs pulsions inconscientes.
    Or les parents le font de moins en moins, sont le plus souvent laxistes, n’ont pas le temps de s’occuper de leurs enfants, croient que la crèche, la maternelle et l’école sont là pour suppléer à ce manque d’éducation, et les professeurs ne sont pas formés pour faire face à ces problèmes; on ne les destine qu’à enfourner du savoir.
    Olivier Houdé déplore d’ailleurs dans d’autres articles, que les IUFM d’hier ou les ESPE actuelle, n’enseignent que     les théories de Piaget sur le développement de l’enfant, qui certes ont des parts avérés, mais d’autres contredites par les recherches actuelles de neuropsychologie, de la même façon que lkes enseignements de psychologie font encore trop mention des théories de Freud, complètement périmées.
   
    Je me demande si une partie des comportements absurdes des jeunes d’aujourd’hui, des comportements destructifs, voire de violence, des harcèlements en classe, et de la fragilité psychologique de certains, ne sont pas dus en partie, à ce manque de développement de leurs circuits de contrôle et d’inhibition.

Jeudi 26 février 2015 à 8:32

Notre cerveau : intelligence; langage

J’ai lu, il y a quelques semaines un article intéressant de Bruno Rossion,chercheur dans le Laboratoire de neurophysiologie et Unité de recherche Cognition et développement, de l’université de Louvain, en Belgique.
    Il relatait une anomalie cérébrale du cerveau, concernant la reconnaissance des visages que l’on appelle la « prosopagnosie ». (prosopon = visage, et agnosie = sans connaissance).


    Une femme en était atteinte. elle garde des enfants depuis plus de 30 ans et  reconnaître les visages de ses protégés fait partie de son travail et constitue une des bases de la relation qu'elle entretient avec eux.
    Il y a 15 ans elle a été renversée par un bus et depuis ne peux plus reconnaître les visages. Lorsqu'elle rencontre des personnes qu'elle connaît depuis des années hors de leur contexte habituel, ces personnes lui paraissent étrangères et elle ne les reconnaît plus, même si elles les a vues et a parlé avec elles quelques heures avant, en toute connaissance de leur identité.
    Elle est parfaitement capable d'identifier ces personnes par d'autres modalités notamment auditives (la voix, le rythme des pas, le rire, une toux) ou olfactives (la reconnaissance d'un parfum familier). De façon plus surprenante, elle peut reconnaître les personnes d'après des informations visuelles, telles que la démarche, la silhouette, la posture, l'écriture, ou encore par des objets personnels, par exemple les vêtements, la voiture, l'animal de compagnie. Mais elle est incapable de reconnaître les gens par leur visage.
    Pourtant elle a une excellente mémoire, et n'a pas de problèmes de vision. Elle est capable de lire et écrire, de trouver son chemin en ville et elle reconnaît tous les objets environnants. Elle a parfois un peu de mal à reconnaître certains animaux.
    Avant son accident, elle se souvient qu'elle était très physionomiste : elle pouvait voir les gens une seule fois et les identifier immédiatement par la suite. Elle connaît, outre sa famille et ses amis, des centaines de personnes, qu'elle identifiait d'un seul coup d'œil. Désormais, bien qu'elle sache qu'il s'agit d'un visage quand elle en voit un, elle ne peut identifier la personne. Il lui arrive de ne pas reconnaître les membres de sa famille, et elle ne reconnaît même plus son propre visage sur les photographies.

    La raison de tels troubles est connue : ce sont des lésions à la limite des lobes occipital et temporal, à la limite des centres d’interprétation de la vision : c’est une zone spécialisée dans la reconnaissance des visage et aussi d’un animal familier (on sait que c’est un chien, mais on ne sait plus si c’est son chien, en regardant son « visage »).
    C’est aussi la zone qui par la suite va reconnaître les mots lorsqu’on aura appris à lire et écrire. (voir le schéma ci dessous; on l’appelle le gyrus fusiforme - (fusiform face area, FFA).

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    Cette zone au début de notre vie, ne connaît évidemment pas l’alphabet et n’a pour rôle que la reconnaissance des visages d’abord (il faut reconnaitre sa mère et sa famille; en jaune sur le schéma), puis la reconnaissance des objets familiers (son biberon, ses jouets; en bleu sur le schéma). La mémoire correspondante est l’homologue de la zone de Geschwind, mais dans l’hémisphère droit.
    Elle se spécialise rapidement en deux zones : reconnaissance des visages, (en jaune) et des objets (en bleu). Puis quand le bébé va marcher et donc se déplacer, une partie de cette zone et des zones de mémoire, vont se consacrer à la reconnaissance et au stockage des images et des « cartes » de notre environnement. (en vert sur le schéma pour la reconnaissance de l’environnement).

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    Et lorsque l’enfant apprend à lire et à écrire une chose extraordinaire se produit : une partie de la zone destinée à la reconnaissance des visages et des animaux familiers se transforme en une zone de reconnaissance des lettres et des mots écrits (en rouge sur le schéma).
    Dans le cas cité précédemment, seule la zone de reconnaissance des visages avait été lésée.

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    Un autre phénomène extraordinaire va se passer quand l’enfant apprend à lire.
    Pour pouvoir identifier des visages ou des objets vus sous divers angles, ces centres ont l'habitude de considérer que deux images symétriques "en miroir" correspondent à un même objet. Par exemple sur l'image ci contre le vélo ou le triangle.
    Il y a donc un petit problème, car ce n'est pas vrai pour les lettres (b et d) et les mots (ioup et quoi), par exemple.
            Il faut donc que l'enfant inhibe la réaction automatique de ces centres pour leur faire acquérir l'apprentissage de reconnaissance des lettres. Son cerveau frontal apprend à envoyer un signal qui bloque la fonction de miroir quand il décide de vouloir lire !
    Et il est possible que chez les enfants dyslexiques, qui ont du mal à différencier les lettres symétriques, cette fonction de blocage soit partiellement déficiente.


    Il est intéressant d’examiner comment se fait la reconnaissance des visages. Selon une théorie faite par Bruce et Young en 1986, il y aurait trois phases :
        - une première analyse structurale de l’ensemble du visage, ce qui conduit à la formation d’un schéma basé sur les dimensions et les rapports entre les traits faciaux.
        - une deuxième étape où les détails du visage sont affinés et s’insèrent dans le schéma pour donner une image caractéristique
        - l’accès alors aux données de la mémoire, pour trouver l’identité de la personne, dans le cas où celle-ci est connue.
    Le gyrus fusiforme participe aux deux premières étapes du traitement qui intègre les détail dans une vision globale du visage, paramétrée en fonction de certaines caractéristiques de formes et de dimensions.
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    Mais cette vison est différente de celle des objets, car beaucoup plus complexe et il semble que si le cerveau reconnait des visage quelle que soit l’orientation horizontale (de profil par exemple), il n’en n’est pas de même de l’orientation verticale comme le montre le test suivant
    Dans l'image de gauche faite de surfaces noires et blanches, un visage apparaît, mais pas dans l'image de droite alors même qu'il s'agit de la même image inversée de haut en bas.

Lundi 12 janvier 2015 à 8:12

Notre cerveau : intelligence; langage

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     Parmi mes correspondant(e)s, certain(e)s me paraissent très crédules et croient ce qu’on leur dit, pourvu que cela ait l’air logique, ou que cela provoque une émotion qui les touche.
    Certes c’est faire confiance facilement et c’est une qualité, mais cela peut être nocif, notamment sur internet où circule de nombreuses informations fausses, voire destinées à tromper et à escroquer les internautes crédules.

    A t’on une idée des raisons de cette crédulité?

    Nous pouvons être abusé par nos sens et percevoir une sensation de façon erronée, mais c’est rarement une question de crédulité, mais un défaut d’analyse de la perception dans lequel notre capacité de jugement n’est que peu en caus : c’est la cas par exemple des illusions d’optique ou des dessins en trompe-l’œil.
    Nosu pouvons aussi penser vrai une proposition, après une analyse logique, où nous avons été trompés par un « biais de raisonnement ». Là encore, notre cerveau a cette fait une erreur, mais ce n’est que rarement un problème de crédulité.
    Les informations qui mettent en cause notre crédulité sont en général celles qui sont communiquées par autrui, que ce soit oralement ou par lecture sur des journaux , livres ou internet, ou à la vue de certaines images fixes ou vidéo.
    Normalement on ne devrait pas y croire, mais… et on ressent à postériori une certaine gêne : « comment ai-je pu croire une chose pareille !! ».
    En effet « normalement notre cerveau analyse et réfute ce qui nous paraît faux, mais notre cerveau n’est pas parfait. Il ne peut notamment consacrer assez de temps et d’énergie à une analyse approfondie, et donc il peut faire des erreurs.
    En fait il est utile de collecter de nombreuses informations et notre cerveau est programmé par l’évolution, à la fois pour s’informer, mais aussi pour ne pas croire n’importe quoi. Mais entre les deux tendances il peut y avoir des failles.

    Au départ, il est normal qu’un enfant soit crédule et fasse confiance aux gens qui lui donnent des informations. Pour douter de la véracité de l’une d’entre elles, il faut en effet avoir eu connaissance d’informations éventuellement contradictoires.
    Mais très vite l’enfant apprend à douter de ce qui est en contradiction avec les faits dont il a l’habitude : les noms des objets courants, les images de l’environnement, ses possibilités gestuelles. Par contre ils sont sensibles à une croyance partagée par plusieurs personne et cela continuera à influencer lles ados et les adultes.
    Il est certain que l’éducation et l’instruction jouent un rôle important. Un famille où l’on a l’habitude de discuter de la véracité des informations, une instruction scientifique qui favorise la logique, le raisonnement et lka référence à des théories, favorise sûrement la capacité à douter.
    A l’inverse un scepticisme à outrance, peut amener à rejeter des informations contradictoires vraies au profit de la première hypothèse qui était fausse.
    Les émotions influencent aussi notre jugement, d’une part nous croyons plus volontiers des informations qui nous touchent émotionnellement et d’autre part nous croyons plus volontiers des informations qui nous sont données par des personnes qui nous sont chères.
    Le cerveau a également plus de facilité à croire une information qui suscite un certain plaisir induisant une production de dopamine par ses centres de récompense.

    Le cerveau a deux filtres principaux pour trier les informations :

    Le filtre cognitif, que l'on pourrait appeler le "sens critique" ou simplement le "bon sens", cherche à établir si une information est crédible ou non au regard de l'expérience et de la culture de chacun. Face à une information absurde ou contre-intuitive, (un vaisseau martien atterrit dans mon jardin !), nous exerçons spontanément ce filtre cognitif.
          Evidemment ce filtre est donc plus ou moins performant selon l'éducation et l'instruction que nous avons reçue, mais aussi suivant notre personnalité (avons nous une préférence cérébrale de décision "logique"?), et aussi selon l'expérience que nous a apportée la vie.
              La défaillance de ce filtre peut se manifester de deux façons :
                 - la première apparaît comme une acceptation non critique de choses ou de possibilités invérifiables. Ces croyances invérifiables appartiennent le plus souvent aux religions ou à un corps de doctrines et de rites pratiqués en groupe, sous une autorité hiérarchisée. C'est le cas de l'adhésion aux doctrines de sectes.
               - la deuxième manifestation de la crédulité, consiste en une acceptation non critique de choses ou de possibilités vérifiables, ce qui relève d'une confiance naïve et paresseuse. Une analyse logique et scientifique correcte devrait les éliminer; encore faut il avoir les connaissances suffisantes, et la volonté de le faire (c’est fatigant !!).

    Le filtre émotionnel trie ce qui est désirable ou non. Car pour qu'une information soit acceptée, il ne suffit pas qu'elle paraisse vraie ou fausse, il faut aussi qu'elle ne perturbe pas trop l'équilibre psychique
       Le filtre émotionnel tient compte de nos désirs, de nos sentiments, de nos valeurs morales et religieuses.
    Si nous désirons fortement quelque chose, toute information qui nous porte à croire que ce désir va être exaucé, apparaît comme bienvenue, et nous avons davantage tendance à la croire. Tout l'art des astrologues et cartomanciens est fondé sur cette tendance, leur problème étant de nous faire avouer nos désirs profonds, sans que nous nous en rendions compte.
    Et, sur les réseaux sociaux c'est encore pire, car n'importe qui peut y écrire.
    La liberté d'expression est essentielle pour notre liberté de pensée, mais comme toute chose - internet notamment - le progrès, comme la médaille, a son revers.
        Des personnes ayant une grande curiosité intellectuelle et une éducation sentimentale, morale et religieuse poussée, peuvent trouver dans des doctrines ou croyances très discutables - comme l'astrologie par exemple - un élément qui les passionne et les rassure, ne sachant plus ce qui relève de la croyance non fondée et de la raison, tout en ayant l'illusion d'accéder à des niveaux de compréhension supérieurs.

             Le psychologue américain Robert Cialdini a montré que, bien que notre cerveau soit équipé de certains mécanismes fondamentaux destinés à vérifier la cohérence des informations communiquées, par autrui, notre esprit n'a pas les moyens d'être exhaustif, et qu'il utilise par conséquent de nombreux raccourcis cognitifs pour se forger une opinion, ce qui n'est pas sans inconvénient.
            En cas d'incertitude, on a tendance à former ses croyances en se référant à ce qui semble être admis par le plus grand nombre de personnes ; plus on a l'impression qu'une croyance est partagée, plus elle a des chances d'être acceptée par le système cognitif.
            Si cette stratégie se révèle satisfaisante dans de nombreuses situations, elle peut bien entendu également conduire à adhérer à des idées fausses, notamment lorsque ce mécanisme est mis à profit par des personnes mal intentionnées.
            Le tri effectué est loin d'être imperméable à toute forme d'informations erronées, car d'une part il est indispensable que ce filtrage soit une évaluation automatique et très rapide, et d'autre part l'évaluation logique doit aussi se préoccuper des conséquences émotionnelles que les informations reçues auraient sur l'organisme.
            Et comme le filtre émotionnel a également son mot à dire, ils entrent tous deux en compétition.

    Alors comment procède un manipulateur pour nous faire croire à ses arguments ?
            D'abord, il essaie d'avoir des arguments qui soient vraisemblables au plan de la logique ou des connaissances moyennes des individus ou de leurs habitudes.
            Ainsi dans les arnaques sur internet pour vous extorquer des renseignements sur votre messagerie ou vos comptes bancaires, on vous envoie un message avec des en-têtes qui sont exactement celles de l'organisme qui est censé vous demander les renseignements. Il vous faudrait un examen de plusieurs minutes avec les deux modèles sur votre écran, pour déceler de petites différences.
            Ensuite il s'adresse à votre émotivité ou aux conséquences possible de votre émotivité en vous promettant soit un cadeau "vous n'allez pas le croire, vous êtes le millième gagnant...", soit il va vous faire peur "pour que vous puissiez continuer à vous servir de votre compte, vous devez...." et vous vous imaginez privé(e) de votre carte bleue.
            Ainsi, l'art des manipulateurs consiste à formuler leurs thèses de façon à ce qu'elles soient évaluées positivement par les mécanismes du filtre cognitif  en leur donnant une tournure apparemment logique, en faisant miroiter les conséquences émotionnelles positives de leurs propositions, ou en utilisant éventuellement des complices afin de susciter un effet de consensus, tout en tenant un discours clairement articulé qui procure une satisfaction intellectuelle.
            A l'inverse, on croit peu aux prédictions funestes, car elles procurent des émotions négatives, sauf lorsque le danger est imminent et que la réaction de survie paraît essentielle. Dans ce cas, nos centres amygdaliens s'emparent du problème, et le filtre cognitif est court-circuité, car la nécessité d'agir rapidement l'emporte, er la crédulité devient totale.

         Mais personnellement, ce qui m'ennuie le plus, c'est que les journalistes, pour faire du sensationnel, notamment à la télé, disent souvent n'importe quoi, sans vérifier si c'est vrai, et même sans penser aux conséquences possibles de ce qu'ils disent.
        Et, sur les réseaux sociaux, c'est encore pire; c'est normal, tout le monde peut y publier ce qu'il veut, sans réfléchir. 
        On l'a bien vu lors de l'intervention des forces de l'ordre, où ce que montrait la télé, et pis encore internet, pouvait faire capoter l'intervention, au péril de vies, si les terrorristes assassins avaient pu le voir sur leur téléphone portable.
        Cette liberté d'expression est essentielle pour notre liberté de penser, mais le progrès et notamment internet, comme la médaille, a son revers.


Dimanche 14 septembre 2014 à 9:02

Notre cerveau : intelligence; langage

 J’ai toujours beaucoup d’admiration pour la nature et l’évolution qui font des merveilles dans le fonctionnement des animaux, et notamment dans celle du cerveau humain.
    J’ai déjà fait plusieurs articles sur la lecture et l’écriture et leur apprentissage. Mais aujourd’hui, je vais voir un mécanisme plus amont, celui de la reconnaissance des lettres et plus généralement des formes.

    Le bébé apprend très vite à reconnaitre la voix, puis le visage de sa mère, puis ceux de ses autres parents frères ou sœurs. Il voit les objets et reconnait peu à peu tous ceux qui lui sont familiers ou utiles, à commencer évidemment par le biberon, puis les divers jouets qu’il va peu à peu apprendre à saisir.
    Il y a donc dans le cerveau des centres qui concourent à la reconnaissance des formes, des objets et des visages.
    En fait quatre régions du cerveau sont principalement concernées, mais évoluent avec l’âge et les apprentissages successifs.

    Il y a forcément le chef d’orchestre du cerveau, le cortex préfrontal, siège de la pensée et organisateur de nos activités, qui est tenu au courant de ce qui se passe dans le cerveau et c’est lorsque l’information lui parvient que nous en avons conscience. Si elle ne lui parvient pas, elle reste inconsciente.
    Mais ce n’est pas parce qu’elle est inconsciente qu’elle n’existe pas.


    A l'arrière de notre cerveau un énorme centre interprète les signaux visuels envoyés par les neurones de la rétine. Les couches arrières traitent les signaux les plus élémentaires constituant les images, puis des couches plus en avant traitent peu à peu des notions plus complexes : couleur, forme, mouvement…
    Le schéma ci dessous représente les divers centres intervenant dans le langage et notamment la zone de Geschwind, dans le lobe pariétal inférieur gauche, qui d’une part interprète les données d’interprétation auditive donnée par le centre de Wernicke et d’autre part les données visuelles concernant les mots. Cette zone compare ces données à un « dictionnaire » de mots en mémoire, et va donc reconnaitre s’il s’agit d’un mot connu et quelle est sa signification.
    L’aire de Geschwind va être active dès la naissance, mais elle n’agira vraiment qu’avec l’apprentissage du langage et des mots.
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    Les données visuelles concernant les mots proviennent d’un centre particulier de la partie occipito-temporale, près des centres d’interprétation visuelle, représenté en rouge sur le schéma,
    Cette zone au début de notre vie, ne connaît évidemment pas l’alphabet et n’a pour rôle que la reconnaissance des visages d’abord (il faut reconnaitre sa mère et sa famille; en jaune sur le schéma), puis la reconnaissance des objets familiers (son biberon, ses jouets; en bleu sur le schéma). La mémoire correspondante est l’homologue de la zone de Geschwind, mais dans l’hémisphère droit.
    Puis quand le bébé va marcher et donc se déplacer, une partie de cette zone et des zones de mémoire, vont se consacrer à la reconnaissance et au stockage des images et des « cartes » de notre environnement. (en vert sur le schéma)
    On arrive à l’empilement du schéma ci dessous.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/reconnaissancemots.jpg
    Et lorsque l’enfant apprend à lire et à écrire une chose extraordinaire se produit :
une partie de la zone destinée à la reconnaissance des visage et des animaux se transforme en une zone de reconnaissance des lettres et des mots écrits (en rouge sur le schéma).

    http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/formelettres.jpg

Un autre phénomène extraordinaire va se passer.
    Pour pouvoir identifier des visages ou des objets vus sous divers angles, ces centres ont l'habitude de considérer que deux images symétriques "en miroir" correspondent à un même objet. Par exemple sur l'image ci contre le vélo et le triangle.
    Il y a donc un petit problème, car ce n'est pas vrai pour les lettres (b et d) et les mots (ioup et quoi), par exemple.
            Il faut donc que l'enfant inhibe la réaction automatique de ces centres pour leur faire acquérir l'apprentissage de reconnaissance des lettres.
    Son cerveau frontal apprend à envoyer un signal qui bloque la fonction de miroir quand il décide de vouloir lire !
    Et il est possible que chez les enfants dyslexiques, qui ont du mal à différencier les lettres symétriques, cette fonction de blocage soit partiellement déficiente.

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