Dimanche 21 novembre 2010 à 9:32

Notre cerveau : intelligence; langage

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  Certaines de mes correspondantes se plaignent de ne pas arriver à bien se concentrer et d’être dérangée par l’environnement, voire de sursauter au moindre bruit.
    Pourtant, physiologiquement chacun a la faculté de faire abstraction des bruits environnants, et de rester concentré sur ce qu'iI fait.

    J’ai lu récemment une explication possible dans un article de  Sonia Bishop, au Centre de recherches sur le cerveau de Cambridge, qui  montré que les personnes anxieuses sont plus facilement distraites par des stimulus extérieurs. Cette facilité a se laisser distraire résulterait du dysfonctionnement d'une partie de leur cerveau, laquelle permet habituellement de se couper du monde extérieur.

     La faculté de concentration est I'enjeu d'un conflit entre deux circuits cérébraux
    Supposez le cas d’un pilote d’avion qui a une grave avarie sur son appareil et doit malgré cela regagner le terrain le plus proche. La concentration sur Ie pilotage délicat de son appareil dans une situation difficile, fait fonctionner la partie « abstraite » de son cerveau : le cortex préfrontal.
    Simultanément, iI doit se soustraire au caractère dramatique de la situation,,à un cerain affolement,à la tension croissante, lesquels tendent à activer ses centres de la peur les centres amygdaliens.
    Ainsi, la voie de la concentration et celle de la peur se livrent, chez le pilote, un conflit neuronal, dont I'issue détermine la survie de l’avion et des personnes qu’il transporte.
    Ce conflit a été mesuré chez des personnes jouant au « jeu des différences », où iI faut repérer, sur un écran d'ordinateur, des détails permettant de faire la différence entre deux scènes similaires.
    L:observation minutieuse des scènes fait fonctionner le cortex préfrontal.        
Simultanément, les expérimentateurs projettent,sur I'écran des visages effrayants qui troublent la concentradon et activent les circuits de la peur.        
    Normalement, le cortex frontal reste actif à la vue de ces visages, car les personnes testées les occultent. Toutefois, chez les personnes anxieuses, l'activité du cortex préfrontal diminue de même que la concentration et les personnes testées ne parviennent plus à trouver les différences recherchées car Ia réaction de peur les paralyse.
    Normalement, une zone de sécurité, Ie cortex cingulaire antérieur, empêche la peur de bloquer la voie de la concentration, mais elle est beaucoup moins active chez les anxieux.
    Pour retrouver ses possibilités de concentration, il faut donc diminuer son anxiété et pour cela en rechercher les causes, puis lutter contre elles afin de les supprimer.

    Cela dit je constate que beaucoup de jeunes (dont certains de mes petits enfants ) ont beaucoup de mal à se concentrer, sans être anxieux pour cela.

     Rester attentif au prof, à la lecture d’un texte, à l’apprentissage d’une leçon, vous demande énormément d’efforts.

    Je crois surtout que c’est parce que le travail sur lequel ils devraient le faire ne les intéresse pas vraiment, ou parce qu’ils préfèrent penser à d’autres occupations plus ludiques, ou même parfois ne penser à rien du tout, comme me le disait une de mes correspondantes.
    Une heure de cours, c’est long... très long, surtout quand la matière vous plaît peu. Et le soir, bosser ses cours et préparer l’interro du lendemain, alors qu’une foule d’idées et d’images défilent dans la tête, ce n'est guère tentant !..
   
    Que ce soit en cours ou à la maison, à votre distraction naturelle, se rajoutent des facteurs plus ou moins maîtrisables : la faim, la fatigue, le stress, l’anxiété, les bouleversements liés à la puberté, le manque de motivation pour la matière étudiée, les prises de tête d’ordre familial, sentimental...
    Cela fait beaucoup, et il est normal que vous ayez du mal à réagir, surtout à un âge où, justement, on n’a pas forcément envie de changer, mais plutôt que ce soit le monde qui change...Illusions de jeunesse !

Mercredi 3 novembre 2010 à 8:05

Notre cerveau : intelligence; langage

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    A la suite de mon article sur la lecture, j’ai eu plusieurs questions sur la façon d’apprendre à lire aux enfants, deux questions sur les méthodes de “lecture rapide” et cette question plus précise de Alyane : ”La vitesse de lecture joue-t-elle un rôle dans la facilité des acquisitions?”

    Je vais essayer de répondre à ces questions en expliquant comment on peut acquérir une plus grande vitesse de lecture et comment je l’ai fait moi-même quand j’avais une trentaine d’année, avec l’aide d’une collègue psychologue qui faisait de l’orientation professionnelle et s’intéressait à l’enseignement de la lecture.

    Pendant longtemps l’homme n’a connu que la “tradition orale”, mais les informations étaient mal transmises et peu à peu déformées.   
    Puis, pendant des siècles, le livre, d’abord manuscrit, puis, après Gutemberg, imprimé, a constitué le seul moyen d’enregistrement, de conservation et de transmission de la connaissance.
    Mais, depuis quelques dizaines d’années, la radio, le CD, le DVD, le film et Internet remplissent le même office : ils nous transmettent les messages sous une forme plus facile et plus séduisante que ne le faisait l’austère imprimé. En effet, il est plus reposant d’écouter un journaliste que de lire un quotidien. Nous prenons plus de d’intérêt à la vision d’un documentaire télévisé qu’à la lecture d’un livre sur le même sujet.
    Or, à la surprise générale, et contrairement aux prévisions émises il y a quelques décennies par les spécialistes, la production de textes imprimés n’a pas baissé face à cette redoutable concurrence.
    La raison de cette supériorité du texte sur le langage sonore est simple : on lit beaucoup plus vite qu’on ne parle.
    Tandis que l’auditeur d’un conférencier, d’un disque, de la radio, le spectateur d’un film, d’une émission de télévision, perçoivent le message à la vitesse d’articulation orale du « speaker » à un rythme moyen de 150 mots à la minute, un lecteur  lit entre 300 et 500 mots par minute.

    Peut on lire plus vite ?
    On peut vraiment augmenter sa vitesse de lecture de 30 à 50%, mais il faut savoir parfaitement lire et avoir déjà beaucoup lu, avoir une bonne mémoire et  avoir un cerveau préfrontal presque totalement mature (donc disons plutôt étudiant qu’élève)
   
Les méthodes de lecture rapide sont à proscrire totalement pour un enfant qui ne sait pas encore parfaitement lire, car on risque de perturber considérablement de façon durable sa façon de lire.

    Les méthodes sérieuses de lecture rapide comportent en effet cinq types d’entraînement :
        - d’abord apprendre à se concentrer au maximum.
        - éliminer la subvocalisation.
        - élargir physiologiquement son champ de lecture et maîtriser les saccades de ses yeux.
        - apprendre à repérer les termes importants.
        - apprendre à résumer et retenir l’essentiel d’une lecture,
méthodes qui ne sont pas à la portée d’un enfant et empêchent au contraire le bon apprentissage initial de la lecture.

    Contrairement à ce que l’on croit, la lecture rapide demande une attention plus grande que la lecture habituelle, et il faut se concentrer et demander un effort beaucoup plus grand à notre cortex frontal. On se fatigue donc plus vite et on ne peut pas lire ainsi tout un roman : ce type de lecture est réservé à des documents peu volumineux et des temps de lecture séparés par des temps de repos entre les documents lus.
    Il faut apprendre à se concentrer au maximum et surtout à maintenir sa concentration. C’est une question de volonté et de fatigue.

    La subvocalisation est le phénomène consistant à prononcer mentalement les mots lus lors d'une lecture silencieuse c'est-à-dire que la lecture devient un discours intérieur.. Elle est inutile et ralentit beaucoup la lecture sans améliorer la compréhension car le cerveau n'a pas besoin d'« entendre » le mot pour en comprendre le sens.
    Mais contrairement à ce que l’on dit ce n’est pas un défaut. Elle est nécessaire au moment de l’apprentissage de la lecture, de la même façon que lorsque, sachant écrire à la main, vous apprenez à taper de vos dix doigts sur le clavier : au début vous épelez les mots pour chercher les touches et ce n’est que lorsque vous vous serez débarrassé de cette habitude que vous taperez vite en anticipant mentalement sur votre frappe, comme vous le faisiez sur votre écriture.
    On arrive avec l’habitude à se forcer à ne pas subvocaliser, mais on constate alors que les erreurs de compréhension et de mémorisation sont alors plus nombreuses.

    On sait aujourd'hui que I'œil d’un enfant ne peut voir plus d'un mot complet. En raison du câblage des cellules photo-réceptrices de la rétine au cerveau, nous ne voyons avec précision qu’un tout petit secteur sur le papier, et les enregistrements réalisés avec des caméras  montrent que les yeux de l'enfant réalisent de courtes pauses sur les lettres au rythme de trois par seconde, saisissant de petits groupes de lettres les uns après les autres.
    Un adulte peut augmenter ce champ de vision  en déplaçant un carton muni d’une fenêtre devant le texte, cette fenêtre étant agrandie progressivement à deux puis trois mots au cours de l’apprentissage, de même qu’on augmente la vitesse de déplacement de la fenêtre et que l’on diminue ainsi les temps de pause.
    On peut ainsi augmenter le champ de vision des mots et la vitesse de parcours du texte, mais ceci n’est possible qu’à une distance assez précise du document qui dépend de votre vision.

    Mais ceci ne suffit pas et vous risquez de ne pas bien assimiler ce que vous lisez et il faut un entraînement complémentaire cognitif pour faire travailler davantage et mieux votre cerveau frontal.
    Les connaissances ou souvenirs stockés en mémoire à long terme peuvent durer des semaines, voire toute une vie (si on les rappelle régulièrement). Les connaissances ou souvenirs stockés en mémoire à court terme (les mémoires “tampon” dont se sert le cortex frontal), ne durent qu’au plus quelques secondes si un effort n’est pas fait pour se les rappeler (par exemple par répétition).
    Il y a trois états possibles d’une connaissance : un état de non-acquisition; un état d’acquisition instable (stockage en mémoire tampon); un état d’acquisition stabilisé (stockage en mémoire à long terme). Des expériences ont montré que l’utilisation d’une méthode qui choisit selon certainscritères les items à réétudier optimisait l’efficacité des études.
    La lecture rapide va de pair avec une bonne mémoire, d’une part à court terme et d’autre part une bonne transformation en un souvenir à moyen terme.
    Un lecteur qui ne peut conserver en « mémoire immédiate” tous les mots d’une phrase, trébuche mentalement, revient en arrière : il lit donc plus lentement et retient mal.
    Il arrive à l’oeil du bon lecteur et aux mécanismes mentaux qui le commandent, d’anticiper certains des mots des phrases qu’il lit et donc de les lire plus vite. De même notre cerveau préfrontal fait des prévisions par exemple celle de la signification du mot. (soit « venir » soit « apparaître » pour le mot « venir ») ou la nature syntaxique du mot (substantif, verbe, adjectif...) ou son genre (masculin, féminin).
    Ce n’est plus la lecture proprement dite qui va plus vite, mais le mécanisme de reconnaissance et de compréhension dans le cortex frontal et les centres associés de la mémorisation des mots (centres de Wernicke et de Geschwind, dont j’ai déjà parlé dans des articles sur la parole).
    On peut donc d’une part faire des exercices pour améliorer sa mémoire à court terme et la transformation des données en mémoire à moyen terme et d’autre part des exercices qui font reconnaitre dans le texte qu’on lit, sujet, verbes, complément et adjectifs, prépositions ou adverbes importants (par exemple les négations !), en négligeant en quelque sorte les autres mots.
    Un bon entraînement consiste également à résumer des textes en en sortant les idées principales.
    Ainsi, la recherche de “mots signaux” dans une page et la sélection des parties essentielles permettent au lecteur de démultiplier sa vitesse de lecture, en augmentant la vitesse de traitement de notre cortex frontal et des centres associés, notamment de la mémoire des mots.

    J’ai fait il y a 50 ans un tel apprentissage de lecture rapide et je peux vous certifier que l’on augmente sa vitesse de lecture de façon notable, mais sur des textes courts et au détriment de la compréhension des nuances et des détails.
    Mais cela permet par exemple de gagner un temps précieux sur la lecture du courrier.
    Vous vous rappelez les lettres que vous avez lues, les sujets et en gros ce qu’elles disaient.
    Mais si l’une d’elle est très importante et comporte des points particuliers, en général vous la mettez de coté pour la relire à vitesse normale, en pesant tous les termes.
    C’est vrai également pour un contrat, pour un article scientifique. Cela vous permet d’en parcourir vite les pages et de cocher certains paragraphes importants, que vous viendrez relire ensuite, pour mieux en saisir les nuances.
    Je ne conseille pas à mes correspondantes littéraires de lire ainsi les livres nécessaires à leurs études, ni aux étudiant(e)s de prépa ou de médecine de lire leurs cours pour les apprendre en lecture rapide
 
   La lecture rapide n’est qu’un survol de reconnaissance d’un texte.

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Samedi 23 octobre 2010 à 8:30

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Dernière caractéristique essentielle des lobes frontaux: ils sont étroitement connectés aux structures nerveuses associées à la genèse des émotions qui se trouvent essentiellement dans le cerveau “émotionnel”.
    Mais il s'agit d'une double commande, car si les lobes frontaux peuvent inhiber le fonctionnement du cerveau affectif et émotionnel, l'inverse est également vrai et en général il existe un équilibre entre les deux entités, avec probablement, une prédominence du cerveau émotionnel et altruiste pour les extravertis et décideurs selons leurs goûts et valeurs, et du cortex frontal pour ceux de préférences introverti ou décision logique.
    Notre liberté d'action et de pensée réside dans la possibilité de ne pas obéir à l'impulsivité. Cela suppose d'avoir le choix entre se laisser aller à un débordement émotionnel ou, au contraire, le moduler ou même l'inhiber selon nos projets.

    Quand le « pilote » lobes frontaux donne son accord au cerveau émotionnel et autorise le débordement émotionnel, agréable ou désagréable, à s'installer, ce dernier entraîne en retour une inhibition fonctionnelle temporaire des lobes frontaux et donc la perte de contrôle sur le temps et sur l'espace. C’est ce qui explique par exemple les  “crises de larmes”.
    Dans la cabine de pilotage, le pilote qui veut conserver ce statut doit rester en contact avec ses émotions, ses sources de motivations et ses sentiments, bref avec ce qui le motive, lui donne de l'énergie ou l'en prive. Être vivant, c'est être traversé par toutes sortes d'émotions généralement peu durables allant de la détresse aux sommets de l'euphorie et du plaisir.
    La « bonne santé psychologique » consiste à pouvoir rester conscient des mouvements s'opérant entre ces extrêmes.
    En outre, il est d'autant plus important d'être en contact avec ses émotions que de leur intensité dépend notre perception du monde. En effet, dès lors que l'intensité des émotions (agréables ou désagréables) augmente, les lobes frontaux commencent à être inhibés, suscitant un sentiment de perte de contrôle.         Le monde intérieur et la réalité extérieure se mélangent et, comme au cinéma lorsqu'on est « pris » par le film, le sujet a tendance à projeter ses émotions et ses sentiments sur le monde extérieur. Ce sont des émotions réelles, mais qui ne sont pas forcément en relation avec la réalité.
    C’est quelque chose que je rencontre tous les jours avec les jeunes qui m’écrivent et se sentent malheureux.
    En revanche, les émotions moins intenses n'inhibent pas les lobes frontaux. Ceux-ci, associés à d'autres structures cérébrales comme le cortex prémoteur où siègent les neurones miroirs, (voir mon article à ce sujet), ont la capacité de réfléchir la réalité extérieure. Il en résulte une sensibilité à autrui, à ses émotions et ses modes de pensée (en prenant garde de ne pas les confondre avec les siens propres).
Cela suppose de vérifier que l'on n'est pas soi-même dans un état de débordement émotionnel.

    Je discute assez souvent avec des personnes qui, pour des raisons diverses (dysfonctionnement familial, violence ou déception affective), est en situation de souffrance. Cette souffrance, qu'elle se manifeste par un repli sur soi ou une hyperactivité, correspond à un bouillonnement émotionnel se traduisant par une inhibition plus ou moins chronique des lobes frontaux.
    Dans ce cas, cette personne peut avoir du mal à se représenter ce qu'on lui demande, à changer de représentation ou de comportement, à esquisser des projets, à se prendre en main, rester attentive et contrôler ses émotions dans la mesure où elle tolère mal la frustration.
    On peut recon- naître dans ces six symptômes le déficit, heureusement réversible, des lobes frontaux., correspondant aux six fonctions que nous avons vues ensemble.
     Il ne servirait donc à rien de lui en vouloir (ou de s'en vouloir) : cet élève n'est pas en état d'apprendre et les enseignants ne sont pas des psychologues mandatés pour conduire des psychothérapies.
    Il faut alors essayer de rassurer la personne, qu’elle se sente écoutée, comprise et non jugée, en sécurité et accepté
    Il devient alors possible dans la discussion de repérer des moments ou des sujets pour lesquels ses lobes frontaux sont en quelque sorte débloqués et il est alors possible de leur redonner le commandement sur son cerveau émotionnel.

    
Pour conclure, gardons des lobes frontaux l'image d'une cabine de pilotage qui permet au pilote d'établir le plan de vol de l'apprentissage, d'éviter les changements de direction intempestifs, et de fixer des objectifs et notre attention sur les actions à mener, tout en maîtrisant nos émotions et nos pulsions.

Vendredi 22 octobre 2010 à 8:40

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Nous avons vu que notre cerveau frontal était capable de planifier un projet en accédant à un espace de représentation et de simulation mentale où sont amenées d'anciennes perceptions sensorielles, en  se dégageant de la répétition et de ce qui a été une solution pertinente, mais dans un autre contexte; enfin, en se représentant l'écoulement du temps à venir.
    Puis il peut ensuite prendre décisions et initiatives pour le réaliser.
    Encore faut il que la personne soit capable de diriger et de maintenir durablement son attention lors de la formation et de la réalisation du projet.
    Cette quatrième capacité du lobe frontal est nécessaire pour la réalisation de nos décisions et de nos actes en conformité avec les intentions et la programmation qui a été faite.

    Pour qu’il y ait attention, il faut d’abord qu’il y ait conscience. Il est évident que quelqu’un endormi ne peut faire attention à un problème à résoudre.
    Les centres cérébraux impliqués dans la conscience, centres du tronc cérébral, du cerveau central, l’hypothalamus, l’hippocampe, le cortex cingulaire, sont donc impliqués aussi dans l’attention.
    Mais cela ne suffit pas, l’attention suppose la concentration et cela dans la durée.
    L'attention est une fonction cognitive complexe.
    Elle correspond à un processus de sélection d'un événement extérieur (son, image, odeur, toucher...) ou intérieur (pensée) et du maintien de ce dernier à un certain niveau de conscience, ceci se traduisant à la fois par des images et des mots.

    Notre degré d'attention est fortement conditionné par les changements survenant dans notre environnement :
un coup de feu ou de tonnerre captera toute notre attention automatiquement. On parle d'état d'alerte et cette alerte nous permet de maintenir un certain niveau de “vigilance”. .
    Le cortex frontal est alors peu concerné. Ce sont les centres amygdaliens qui d’éclencheront l’alerte et provoqueont les premières réactions instantannées de défense. Le cortex frontal sera alerté ensuite.

    Le cortex frontal intervient lorsque l’attention est volontaire.
    Cette attention sélective intervient lorsque nous voulons traiter une question et qu'il nous est impossible de traiter simultanément toute l'information qui se présente à nous : une analyse successive des informations est donc nécessaire.
    Ce type d'attention opère dès lors que nous avons un choix à effectuer pour la sélection d'une information répondant à nos attentes dans des circonstances données.
    Seule l'information sélectionnée est examinée. L'attention sélective permet donc de se focaliser sur un point en se coupant mentalement de l'environnement, sans devoir pour autant s'isoler physiquement.
    Si l'on est à la recherche de champignons en forêt, l'attention sélective se focalise sur le sol, les autres informations de la scène étant ignorées.
   
    L'attention peut également être partagée :
    Dans notre quotidien, où nous avons souvent à réaliser plusieurs choses simultanément, comme lorsque nous tenons une conversation tout en conduisant.
    L'attention, ainsi partagée entre de nombreuses informations, requiert plus de ressources.
    Mais si l’un des problèmes devient prépondérant l’attention se focalise sur lui et abandonne l’autre : toute la mémoire à court terme de transfert lui est consacrée.
    L'interaction entre les deux fonctions cognitives “attention” et “mémoire” est trés grande. L'attention est particulièrement mobilisée lorsque l'information à traiter est nouvelle, c'est-à-dire qu'elle n'a pas d'équivalent en mémoire.
    Effectivement, une information connue ou familière (comme par exemple l'emplacement des meubles dans notre maison), n'attire plus l'oeil.
    L'attention se portera sur une information familière  seulement si elle diffère du contexte habituel (dans notre exemple, un élément aurait été déplacé) ou si nous recherchons volontairement un objet dans l'environnement.
    Notons que notre (pré)nom, entendu dans des contextes divers (dans la rue, au restaurant...) captera aussi immédiatement notre attention, même si cette information nous est extrêmement familière. Depuis le plus jeune âge, nous sommes en effet conditionnés à réagir à notre (pré)nom.

    Les mécanismes de l’attention sont mal connus. Ils mettent en jeu de nombreux centres du cerveau.
    Il semble que le cortex frontal soit le chef d’orchestre qui demande l’attention pour travailler.
    Et si nous faisons preuve de l’inverse, la distraction, c’est que nous n’avons pas voulu nous concentrer sur le sujet.
    Pour une raison donnée (peut être influencé par un désir du cerveau émotionnel), notre cortex frontal n’a pas eu la volonté de dire qu’il fallait faire attention.

  
  Des chercheurs pensent actuellement que le mécanisme prioncipal de l’attention est la communication entre le cortex frontal, le thalamus pour les sensations et l’hippocampe pour la mémoire et que l’attention serait un déclencheur de l’action et se déplacerait ainsi d’une action à la suivante.

   
La capacité d'autodétermination et celle d'endurance attentionnelle, toutes deux reposant en partie sur l’action des lobes frontaux, confèrent à l’homme une prise sur l'espace extérieur : la première permet de déclencher des actions selon des intentions, et la seconde de se repérer dans l'espace en identifiant parmi les innombrables informations qui nous parviennent de nos sens ou que le cortex frontal demande à notre mémoire, celles qui sont pertinentes.
    Demain nous verrons la dernière mission du cortex frontal : la régulation émotionnelle.

Jeudi 21 octobre 2010 à 8:10

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Les deux fonctions suivantes des lobes frontaux, la capacité d'initiative et d’autonomie, et I’attention, concernent la relation de l'homme avec l'espace.
    La première lui confère la capacité de déclencher une suite de gestes pour faire une tâche donnée, pour mener aune action.


    Pensons d’abord à des gestes et des décisions simples.
    Les neurobiologistes distinguent deux sortes de mouvements à cet égard: d'une part, ceux qui sont hétéro-déterminés (c'est la réaction d'un sujet qui obéit à une consigne telle que « lorsque la lampe rouge s'allumera, vous prendrez avec votre main droite, le cube qui est posé sur la table devant vous ! ») et, d'autre part, les mouvements auto-déterminés (« quand vous le déciderez, prenez le cube ! »).
    Dans le premier cas, les lobes frontaux sont inactifs. Les personnes aux lobes frontaux lésés restent capables de produire de tels mouvements en réaction à des injonctions.
    Au contraire, dans le second cas, les lobes frontaux sont les premières zones du cerveau à devenir actives ; ce sont eux qui déclenchent le mouvement. Tout se passe comme si, dans cette partie de notre cerveau, existait une interface entre l'espace psychique de représentation (le fait de se représenter un cube, une décision, un mouvement), et les neurones qui commandent la longue chaîne de centres nerveux, permettant de saisir l'objet en question, (allant des aires motrices corticales aux moto- neurones de la moelle épinière responsables de la contraction des différents muscles).

    La réflexion sur nous mêmes après la planification et avant l’action :
Une équipe de chercheurs dirigée par le Pr. Geraint Rees de l'University College London suggère que le cortex préfrontal est le meneur dans les réflexios que nous pouvons faire sur nous mêmes : l’introspection et la confiance en soi.
    Les chercheurs ont posé à des sujets des questions difficiles de sorte que les participants n'étaient jamais complètement sûrs de donner la bonne réponse et ils leur ont demandé ensuite d’évaluer leur réponse. Ils supposaient que les personnes meilleures pour l'introspection seraient plus sûres d'elles après avoir fait le choix correct et moins sûres lorsque leur choix n'était pas le bon. Effectivement, l'expérience a montré que la capacité à prendre des décisions était la même pour tous les participants mais que la différence semblait se situer dans la connaissance des participants de leurs capacités à prendre des décisions.
    Les chercheurs ont confirmé que leur capacité introspective peut énormément varier d’une personne à l’autre. En comparant les images IRM du cerveau de chaque participant, ils ont pu repérer une corrélation entre la capacité d'introspection et la structure d'une petite zone du cortex préfrontal antérieur droit.

    Les malades qui ont des troubles du cerveau frontal ont souvent une incapacité de décision
.En fait ils ont le plus souvent également une incapacité de planification qui entraînerait l’impossibilité de prendre des décisions dont on n’a pas les éléments.
    L’initiative est intimement liée à la préparation des décisions d’une part et à la motivation d’autre part.
    Les études actuelles semblent montrer que la motivation de même que la conscience sont régulées par le cerveau émotionnel et en particulier le cortex cingulaire. Mais celui-ci est en liaison étroite avec le cerveau frontal et  la motivation ne pourra se trduire en initaitives d’actions que par son intermédiaire.
    Le problème de l’acquisition de l’autonomie, essentiel pour le passage de l’adolescence à l’âge adulte, est donc un problème complexe relevant à la fois du cerveau émotionnel et du cortex frontal, et bien entendu de l’éducation et de l’instruction.

    Je vous ai parlé plusieurs fois des préférences cérébrales de décision, qui privilégiaient soit des critères de choix logiques objectifs, soit des critères de valeurs et de goûts, plus subjectifs mais plus altruistes.
    Malheureusement il n’y a guère de liaison entre psychologues et neurobiologistes dans ce domaine, et si nos connaissances sur le cerveau permennet d’expliquer des processus élémentaires, elles ne permettent pas d’epliquer des comportements.
    Je pense simplement qu’il sdoit exister un certain équilibre dans le rôle du cortex frontal qui raisonne et décide, et celui du cerveau émotionnel, qui l’influence au niveau des émotions et de la motivation et qui peut aussi entraîner certaines modification voire des blocages lors de la “redescente des ordres”.
    Les liaisons de ce domaines sont principalement faites par des circuits neuronaux utilisant la dopamine comme neurotransmetteur.
    Il est probable que les personnes de préférence cérébrale L ont plutôt une prédominance du cortex frontal alors que celles de préférence V ont une prédominence du cerveau émotionnel.

Mardi 19 octobre 2010 à 8:31

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Une troisième fonction d’action sur le temps des lobes frontaux donne à notre cerveau la capacité de se représenter l’avenir, de former un projet ou de construire un programme d'action et de vérifier son exécution.
    Avec l’aide de la flexibilité mentale, il s’agit de sortir des sensations du présent, de l’impulsivité et de la logique de l’immédiat et de l’urgence, et de se projeter dans l’avenir pour imaginer un projet, permettre l’action et en contrôler les résultats.
    Il semble toutefois que cette faculté ne vienne pas de la taille de notre cortex frontal, mais viendraient davantage, de qualité de la coopération avec d'autres régions particulières du cortex et d'une inter-connectivité plus riche entre le cortex préfrontal et le reste du cerveau.
    Il est probable que la quantité de connexions et la vitesse de transmission due à une bonne myélinisation interviennent dans ce processus.

    Le cortex frontal intervient très tôt dans notre vie pour organiser et planifier nos actions.
    Lorsque nous apprenons à marcher, ou lorsque nous avons à exécuter un mouvement inhabituel, la partie avant du lobe frontal intervient.
    Elle est informée par plusieurs autres régions du cortex de la situation dans laquelle se trouve l’individu et notamment de la position de ses membres et de l’état de ses muscles. Ce «capitaine» transmet ensuite ses ordres à l’aire motrice qui se trouve sur le haut du crâne  où
se fait le choix d’un ensemble de muscles à contracter pour réaliser le mouvement. Ces «lieutenants» transmettent ensuite leurs ordres aux «exécutants» du cortex moteur primaire qui vont activer des muscles ou des groupes de muscles précis par l’entremise de centres nerveux du tronc cérébral et des motoneurones de la moelle épinière.
    Mais le cervelet est informé de ces ordres et peu à peu il prendra le relais pour coordonner les mouvements habituels. Le lobe frontal a joué le rôle de professeur. Le cervelet a appris les automatismes.

     Mais l’intervention de notre cortex frontal est de tious les instants quand il s’agit de prévoir une action+

    Comme dans toute bonne planification, il faut d’abord savoir ce que l’on veut obtenir, c’est à dire le but  ou les objectifs de l’opération.
    Le cortex préfrontal va disposer des mémoires de travail qui servent à court terme à conserver des informations le temps nécessaire à leur utilisation.  Cette mémoire relais composée de deux zones, l’une pour les éléments syntaxiques à base de mots, l’autre pour les images et les représentations, permet alors de conserver en mémoire les divers objectifs pendant qu’on examine l’un d’entre eux.
Elle permet ainsi, comme dans un ordinateur, un processus multitâches.

    Le deuxième type d’opération est de lister les actions ou les éléments qui y contribuent., de définir leur enchaînement et d’établir les priorités.
    Le cortex préfrontal organise notre pensée, dans un processus qui est partiellement inconscient, seuls les éléments principaux venant à notre conscience.
    En fait il va travailler exactement comme on a dû vous apprendre à concevoir une dissertation.
    Il se centre sur un sujet, va rechercher en mémoire des idées en vrac, les classe et les organise, puis il fait un plan (d’action), fait des choix et organise ensuite le détail de la solution retenue.
    Et pour faire ses choix il va essayer de mesurer leurs conséquences.
    Pour cela il se fait aider d’une part en cherchant en mémoire toutes les circonstances qui ressemblent à celle étudiée, mais d’autre part en demandant l’aide du cerveau émotionnel. En quelque sorte, il lui envoie successivement les diverses hypothèses d’actions et il demande l’avis de divers centres, dont notamment les centres amygdaliens, qui sont à l’origine des craintes, du stress et de la peur.
    Il va ainsi se faire une idée des répercussions heureuses ou malheureuses de ses propositions d’actions.

    Notre cerveau frontal agit donc en matière de planifiaction comme le chef d’une équipe : il sélectionne des objectifs, émet des hypothèses d’actions qu’il essaie d’analyser, puis consulte les membres de son équipe et ayant fait la synthèse des avis et des risques, il décide ce qu’il juge être la meilleure solution;
    Puis il contrôle l’exécution des actions et rectifie éventuellement les dérives.

   
Les trois fonctions temporelles des lobes frontaux agissent en synergie.    
Par exemple, la réalisation d'un projet nécessite tout à la fois d'accéder à un espace de représentation et de simulation mentale où sont amenées d'anciennes perceptions sensorielles ; de pouvoir se dégager de la répétition et de ce qui a été une solution pertinente, mais dans un autre contexte; enfin, de se représenter l'écoulement du temps à venir.
    Par la mobilisation de ces trois fonctionnalités, il devient possible à l’homme de cesser de subir le temps et d'obtenir un peu (mais un peu seulement) de prise sur lui.


    
Demain je ferai une petite pause photographique et je reprendrai après-demain la suite de l'examen des tâches de notre cotex frontal.

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Lundi 18 octobre 2010 à 8:09

Notre cerveau : intelligence; langage

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    La seconde grande fonction de nos lobes frontaux permet d’échapper à la répétition, d’apprendre et d’innover : c’est la flexibilité mentale.
    Il s'agit de la capacité d'abandonner une règle, une manière de résoudre un problème, une représentation ou un comportement, pertinents à un moment
donné, mais qui ne correspondent plus aux exigences d'une situation nouvelle.


    Apprendre consiste dans de nombreux cas à changer de système de représentation.
    J’ai fait un article sur les conceptions de Piaget sur le développement de l’enfant et ses principes d’assimilation et d’accommodation,  selon lesquels l’enfant doit pouvoir se séparer d'anciennes représentations pour les faire évoluer face au problème à résoudre.   
    Chacun d’entre nous dispose de l'équipement nécessaire pour apprendre tout au long de sa vies, ses lobes frontaux lui donnant des capacités de flexibilité mentale.
    Il peut toutefois exister des blocages en situation d'apprentissage. car la flexibilité mentale peut présenter des difficultés, l'attachement affectif à des idées et la nécessité de se remettre en question peuvent être parfois stressants.
    L’éducation scientifique a l’avantage d’apprendre à nos lobes frontaux un certain scepticisme, à remettre en question des idées préalables, à réfléchir de façon moins dogmatique et à se dégager de l'emprise des certitudes.

    Le cortex préfrontal intervient avant l’action pour la préparer et pour en examiner les prémices, pour prendre en considération les différents ôints de vue d’une même réalité et les conséquences possibles. C’est un “superviseur” qui contrôle, régule, gère les conflits qui peuvent se produire entre diverses parties du cerveau, notamment émotionnel, qui élaborent  des schémas d’actions différents face à une même situation.
    Les chercheurs différencient son action en un facteur de flexibilité spontanée, défini comme l’aptitude à produire un grand nombre
d’idées dans une situation donnée, généralement peu structurées, et un facteur de flexibilité adaptative, qui est la capacité à changer d’attitude lorsque la situation l’exige.

    Plus la situation est incertaine, avec une certaine indétermination et plus le cortex préfrontal sera amené à jouer le rôle d’arbitre.
   Les chercheurs citent notamment les capacités suivantes du cortex préfrontal :
        - possibilité de nous détacher du milieu extérieur et des expériences intérieures et antérieures;
        - possibilité de passer d'un aspect d'une situation à un autre
        - capacité de distinguer l'essentiel dans un ensemble tout en gardant la possibilité d'analyser et synthétiser les différentes parties.
        - possibilité de dégager les éléments communs et former des concepts hiérarchiques organisés
        - possibilité de verbaliser les séquences d'actions à accomplir par soi-même
   
    Nos lobes frontaux vont jouer un rôle fondamental dans ce qui est imagination et créativité
en associant la représentation et la flexibilité mentales.
    La créativité repose, avant toute chose, sur la capacité à changer de point de vue. Cest l'aptitude à aborder un objet ou une idée sous des angles différents ; c'est aussi la capacité à se dégager d'une idée initiale pour explorer de nouvelles pistes. C'est la capacité de combiner des éléments d'inspiration empruntés à des domaines variés et distants.
    Contrairement à ce que beaucoup croient, les inventeurs, les artistes créent très rarement “ex nihilo”. Ils partent de données de leur mémoire et les associent autrement que ce que l’on fait habituellement, les complètent avec leurs vues personnelles.
    Et remarquons au passage car cela me servira dans des articles futurs sur l’enseignement, que pour être créatif, il faut au départ avoir beaucoup d’idées et donc avoir mis en mémoire des informations pour pouvoir s’en servir ensuite.
    L’imagination et la créativité sans connaissances acquises resteront pauvres.!

    En définitive c’est la flexibilité mentale du cortex préfrontal qui va nous permettre de sélectionner les bonnes informations mémorisée ou pertinentes extérieures, d’élaborer des règle et de donner des élément pour définir yune stratégie d’action, mais aussi d’élaborer des idées nouvelles, en associant la représentation mentale et la flexibilité.

Dimanche 17 octobre 2010 à 8:28

Notre cerveau : intelligence; langage

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    La première fonction des lobes frontaux est l'évocation de ce qui n'est pas présent réellement à l’instant : c'est la capacité de représentation mentale.  La possibilité d’avoir des perceptions sensorielles en l'absence de  stimulus des sens venant de l’extérieur, est, en effet, la condition nécessaire pour disposer de représentations durables du monde, de soi et des autres.
    On peut ainsi évoquer un visage, un objet, un lieu.
    On croirait que sur un petit écran devant nos yeux, nou pouvons projeter des images sur cet « espace psychique privé », nous pouvons ramener d'anciennes perceptions  visuelles qui ont été mises en mémoire.. Il en est de même pour les autres sens : auditif, olfactif, tactile ou gustatif, mais les évocations sont moins faciles à repérer spatialement.
     Avec nos lobes frontaux, nous voyons sans les yeux, entendons sans les oreilles... comme dans les rêves.
    En  réalité c’est plus complexe que cela : les lobes frontaux dirigent commandent, demandent : c’est notre volonté. Mais les stimulus viennent ensuite de notre mémoire répartie en beaucoup d’endroits du cerveau, et par exemple pour une image, va en envoyer les éléments sur les divers centres qui habituellement traitent les images réelles transmises par nos yeux et ces centres vont la traiter comme s’il s’agissait d’une image réelle externe et en envoyer les éléments interprétatifs aux lobes frontaux qui “voient” donc l’image virtuelle, comme la réalité.

    Cette capacité de notre cortex frontal est en fait un “espace de simulation”.
Lorsque vous vous réveillez la nuit et que vous êtes “torturé” par un exercice de géométrie ou de physique, vous arrivez à penser aux figures que vous avez tracées, au dispositif expérimental de vos travaux pratiques. Vous pouvez faire évoluer, construire ces images et parfois, si vous avez l’esprit plus clair et dispos, trouver la solution.
    Quand on vous demande parmi diverses figures quelles sont les deux semblables, vous les faites mentalement  tourner une à une dans l’espace, pour essayer de les superposer aux autres, ce qui n’est possible que si elles sont identiques.
    Essayez le test suivant (mon grand père m’a enseigné ainsi ce qu’était un cylindre quand j’avais 5 ans) :
“ Ferme les yeux. Imagine un rectangle plus large que haut. Une ligne horizontale qui passe par les milieux des deux cotés droite et gauche. Tu vas imaginer que c’est un axe comme celui des roues de ta bicyclette;
    Tu imagines que le rectangle commence à tourner. Accélère.... plus vite, plus vite! Que vois tu ?”
    “Un tuyau !”

    Le stade suivant est de se représenter mentalement une scène..
C’est sans doute difficile au petit enfant, mais peu à peu à force de voir des images, de puiser dans sa propre mémoire des souvenirs de scènes passées, puis lorsqu’il sait parler, les associer à des mots, à des descriptions orales ou écrites, l’enfant s’habitue à ce type de représentation et c’est la base même de l’apprentissage scolaire.
    L’image mentale et les mots se supportent mutuellement chacun aidant à évoquer l’autre.
    Que nous apporterait le lecture d’un roman ou d’un ouvrage philosophique si nous n’avions pas la possibilité d’imaginer la scène dont on lit la description ousi nous n’avions pas la représentation mentale des propos de l’auteur lorsqu’il emploie une métaphore.
    C’est la capacité de notre cortex frontal d’interpréter ce que nous lisons et d’aller chercher dans la mémoire les représentations appropriées.
   

    Là il ne s’agit que d’images mentales, mais la véritable capacité du cerveau préfrontal c’est de pouvoir se projeter sur l’avenir et de prévoi
r les conséquences de nos actes pour mieux ensuite passer à l’action.
    Mais ce domaine est plus complexe et nous en reparlerons à propos de la planification et de la maîtrise des émotions.

    La capacité de représentation mentale est donc à la base de l'utilisation des souvenirs de notre mémoire et de notre imagination.
C’est donc un outil indispensable à tout apprentissage, éducation ou instruction et au développement de notre intelligence.

Samedi 16 octobre 2010 à 8:19

Notre cerveau : intelligence; langage

    A la suite de certains de mes articles sur le cerveau, j’ai reçu des mails me demandant si je pourrais expliciter davantage comment le cerveau “réfléchit”.   
    D’autre part je lis actuellement des articles et études concernant le développement de l’apprentissage et de l’intelligence des enfants et les problèmes d’enseignement et d’apprentissage des connaissances.
    Je ferai sans doute des articles à ce sujet, mais ils supposent qu’on sache un peu ce que font dans le cerveau, les cortex frontal et préfrontal.
    C’est donc de cette question que je vais vous parler dans les prochains articles.


    Les lobes frontaux sont en effet la plaque tournante de la perception du temps et de l’espace, de la naissance des idées, de la réflexion et de la planification, de la maîtrise des projets et des émotions et donc la clé de tout apprentissage, notamment scolaire.

    Une particularité de l’être humain réside dans la possibilité qu'il a de prendre, en partie, les « commandes » de lui-même. C'est possible pour la motricité des jambes vers l'âge de un an. Parfois, la commande est mixte : c'est le cas pour la respiration, qui fonctionne en grande partie sur un mode automatique, mais peut aussi être contrôlée volontairement, par exemple avant de plonger en apnée, ou lors d'exercices de relaxation.

    C'est la conscience (au sens “être conscient de”) qui fait l'objet de l'éducation et de tout apprentissage ou réflexion.
    La structure nerveuse, qui offre la possibilité de « prendre conscience », est principalement nos lobes frontaux.

    Ces aires du cerveau font partie des structures nerveuses apparues le plus récemment, dans l'évolution des vertébrés. Ce sont également celles dont la maturation s'achève en dernier puisque la fin de la myélinisation des fibres nerveuses des lobes frontaux humains a lieu vers l'âge de 15-16 ans, voire parfois plus tard (je rappelle que la myélinisation est la formation autour des fibres nerveuses d’une gaîne graisseuse isolante, qui accroît de façon importante la vitesse de transmission de l’influx nerveux, et donc la capacité de traiter les données).
    Le volume des lobes frontaux augmente au cours de cette croissance pour constituer chez l'homme presque un tiers de la totalité du cortex, record absolu chez les primates.

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    Il a fallu 500 millions d'années à l'évolution des vertébrés pour produire des “Homo habilis” capables de créer des outils avec un cerveau d'environ 500 centimètres cubes, comparable à celui de nos plus proches cousins les chimpanzés avec qui nous partageons 98,4 % de notre information génétique.
    Mais il a fallu seulement trois à quatre millions d'années pour tripler ce volume cérébral et atteindre celui de “l'Homo sapiens” il y a un peu plus de 60 000 ans. Ce triplement est essentiellement dû au développement du néocortex et en particulier des lobes frontaux comme le montre la figure ci dessus :.
   
    Que font les lobes frontaux ?
    Ils remplissent six grandes fonctions, qui peuvent aussi être considérées comme six grands « pouvoirs potentiels» donnés à l’homme sur le temps, l'espace, la réflexion et l'affectivité.
    Trois de ces fonctions - capacité de représentation, flexibilité mentale et planification, donnent  une prise sur le temps, sur la prévision de l’avenir et des conséquences de ses actes, que seul l’homme est vraiment capable d’appréhender.
    Deux autres, attention et initiative, lui confèrent un pouvoir sur l'espace et sur l’action.        
    La dernière, la modulation émotionnelle, permet de réguler son niveau d'émotivité pour tirer le meilleur parti des situations .
    Nous verrons dans les prochains articles en quoi consistent ces six grandes fonctions.

Jeudi 3 juin 2010 à 7:58

Notre cerveau : intelligence; langage

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    J’avais autrefois l’habitude, quand j’avais un raseur au téléphone, d’écrire sur mon ordinateur en même temps que je discutais. Mais si j’essayais en plus de répondre à ma secrétaire, je devais arrêter une des tâches.
    Quand je suis (très rarement) sur MSN, j’ai toujours plusieurs personnes qui m’appellent et je peux à la rigueur répondre à deux d’entre elles, mais si j’essaie avec trois, je m’emmêle les pédales !!
    Je suis content car j’en connais aujourd’hui l’explication.
    L’homme ne peut pas faire plus de deux tâches à la fois !

    Etienne Koechlin et Sylvain Charron, du Laboratoire de neurosciences cognitives de l'INSERM, à l'École normale supérieure à Paris, ont montré que le cerveau n'est en mesure de coordonner que deux tâches simultanées au plus.
    Les lobes frontaux, à l'avant du cerveau sont les principaux acteurs de la planification des tâches.

    L’examen du cerveau par résonance magnétique  montre que les deux lobes frontaux droite et gauche, s'activent et coopèrent poru résoudre une tâche unique, se partageant le travail.
    Lorsque l’on poursuit deux tâches à la fois, les deux lobes frontaux s’activent indépendamment l'un de l'autre. Chacun assure une seule tâche, associée à un seul but. La zone préfrontale s'active en même temps dans les deux hémisphères cérébraux: elle assure le passage rapide cl'une tâche à l'autre.
    Et si l'on rajoute une troisième tâche, le cerveau est alors obligé d'abandonner au moins une tâche afin de se consacrer aux deux autres.
    L'être humain est donc incapable de gérer simultanément plus de deux tâches cognitives à la fois!

    Parmi mes collègues de bureau, j’avais un “don Juan” qui disait qu’il ne pouvait pas aimer plus de deux femmes à la fois. Je me demande si c’est lié au même processus ? lol

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lancien

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