Vendredi 28 mai 2010 à 8:17

Notre cerveau : intelligence; langage

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    La mémoire de notre cerveau est toujours une fonction assez mystérieuse que nous connaissons mal, mais aussi très fascinante.

    Je lisais il y a quelques mois, un compte rendu de chercheurs de l'Institut des sciences cognitives de Lyon, qui ont étudié des patients qui avaient eu des accidents vasculaires cérébraux et ne pouvaient plus écrire les “verbes”.
    Ces personnes étaient en parfaite santé, lisaient sans difficulté, conversaient avec des amis.
    Ils écrivent à priori normalement, leur écriture est fluide, les mots s'enchaînent. et tout à coup ils butent sur un verbe, qu’ils connaissent, qu’ils peuvent prononcer, mais impossible de l’écrire. Les autres mots viennent parfaitement sous leur plume, mais tous les verbe non. Certains de ces patients sont capables d’écrire le mot « montre » si ce mot désigne la montre-bracelet, mais non s'il s'agit du verbe montrer à la troisième personne. Seuls les verbes posent cette difficulté.   
    Le cerveau de ces personnes présente la même anomalie : un petit vaisseau a été bouché et une toute petite aire cérébrale n’a pas été alimentée en oxygène.
    Pour certaines de ces personnes, des médicaments augmentant la pression artérielle ont permis de déboucher le vaisseau obstrué. et elles ont aussitôt  retrouvé leur capacité d'écrire les verbes.

    En fait la mémoire stocke les informations sémantiques ou linguistiques de façon assez particulière, suivant la nature des mots ou la façon dont on les a appris.
    Ainsi pour des noms d’objets, il semble que tous les objets de même nature correspondent à des connexions entre neurones localement proches les uns des autres
    Ainsi un groupe de neurones s’occuperait des outils, un autre des ustensiles de cuisine, un troisième des fleurs, un quatrième des animaux à pattes, un autre des oiseaux et ainsi de suite.....
    Chose curieuse si un enfant est bilingue dès sa tendre enfance, les vocabulaires des deux langues sont classées ensemble. Si on apprend une langue étrangère après le français, les vocabulaires sont dans des centres distincts.
     La différence entre la représentation corticale d'un nom et d'un verbe d'action résulterait de la façon dont l'enfant acquiert le langage : l'apprentissage des noms est souvent associé à la présentation de l'objet correspondant à ce nom, tandis que celui des verbes passe par la réalisation des gestes correspondants. Une lésion cérébrale survenant au sein du vaste réseau qui sous-tend le langage, perturberait sélectivement le traitement des noms tout en préservant celui des verbes, et inversement, une lésion survenue dans le voisinage du centre de Broca, (qui préside la prononciation et l'écriture des mots) et de l'aire de préparation des gestes voisine, perturberait l'usage des verbes.

    Les chercheurs ont également trouvé que chez l’enfant qui ne sait pas encore parler, la mémoire est essentiellement associée à des images et donc n’a pas un “classement” logique. Lorsque l’enfant apprend à parler la mémoire se réorganise complètement car elle associe alors les objets aux mots et le classement par nature de mots se fait alors progressivement et se renforce lorsque l’enfant apprend à lire et écrire, car alors la mémoire visuelle des mots vient à l’appui de leur mémoire auditive.


    Une autre particularité curieuse de notre mémoire est notre comportement vis à vis des outils, qu’ont étudié Todd Handy, Michael Gazzaniga et leurs collègues au Centre de neurosciences cognitives de Hanover, aux États-Unis.       
    Lorsque l’on présente à des personnes volontaires, sur un écran d'ordinateur, des couples d'objets comprenant un outil et un autre objet, (par exemple un animal ou un fruit), les chercheurs ont observé que le regard se porte, dès la première fraction de seconde et avant que soient identifiés consciemment les objets, vers l'outil pourvu que celui-ci se situe à droite de l'écran. Si l'outil se situe à gauche, il n'y a pas de préférence particulière.

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    La partie du cerveau qui s'active lors de ces tests, observée par imagerie cérébrale ( IRM ), est une zone où les mouvements sont préparés avant d'être exécutés. (cortex prémoteur de l'hémisphère gauche en bleu clair sur le schéma).
    Plus étroitement associée à la moitié droite du champ visuel, cette zone évaluerait l'intérêt qu'offre un objet : elle repérerait un objet potentiellement intéressant et orienterait vers lui notre attention. Des objets « intéressants » sont ceux qui, dans une situation où il faut réagir avec rapidité, peuvent être saisis et aux temps préhistoriques, servir d'arme., et aujourd’hui des objets qu'on a appris à reconnâitre comme les outils utiles (marteaux, tournevis, pinces...), mais aussi des objets non répertoriés, présentant des caractéristiques géométriques simples : effilées et asymétriques, possédant une partie maniable et une autre pouvant servir à frapper, à frotter ou encore à tourner, par exemple.
    Trouver un outil rapidement est très important. et la « zone de l'outil » a probablement évolué en même temps que la main chez le singe comme chez l’homo habilis, notre ancêtre.

Vendredi 19 février 2010 à 8:24

Notre cerveau : intelligence; langage

Aujourd’hui je vais un peu exciter la susceptibilité de mes correspondants, toujours en parlant du domaine de l’intelligence.IoI
    Savez vous que ce sont les femmes qui sont les “vestales biologiques” de l’intelligence.?
    Cela mérite quelques explications quand même !
    Ces explications sont principalement tirées des études de Horst Hameister, professeur de génétique et chercheur à l’université d’Ulm.

    Un petit rappel préalable de génétique très simple :
    Les femmes et les hommes ont, dans chacune de leurs cellules, 23 paires de chromosomes dont deux chromosomes dits “sexuels” car ils déterminent le sexe de l’enfant.
    Les femmes ont deux chromosomes X, tandis que les hommes    un seul chromosome X et un chromosome Y.       
    Le chromosome Y, de petite taille, intervient principalement dans la régulation du développement sexuel de l'homme. Il ne contient qu'une quarantaine de gènes.    
    Le chromosome X, au contraire, est un chromosome de longueur presque normale, portant environ 1 200 gènes.
    Au moment de la production des gamètes, chacune d’entre elle ne contient plus qu’un chromosome de chaque paire et l’oeuf fécondé reçoit donc à nouveau 46 chromosomes, 23 provenant du père et 23 de la mère.
    Si l’homme a transmis à l’enfant son chromosome X, c’est une fille et s’il a transmis son chromosome Y, c’est un garçon.
    Pour ceux et celles qui ont été au lycée, cela n’est qu’un petit rappel de SVT   

    Les facultés intellectuelles dépendent d'une multitude de facteurs, dont l'environnement familial, l'éducation reçue et le patrimoine génétique.
    Ce dernier aspect est encore mal connu, mais on sait que certains gènes sont indispensables au développement intellectuel normal. Si de tels gènes subissent une mutation dans l'ovule fécondé, l'enfant risque de souffrir d'une déficience intellectuelle.
    Par ailleurs, les gènes de l'intelligence sont répartis différemment chez les femmes et chez les hommes.
    De tels gènes sont localisés sur le chromosome X, le chromosome sexuel féminin. Ces gènes sont effectivement environ quatre fois plus fréquents sur le chromosome X que sur les 44 autres chromosomes de l’être humain.

    Une femme a deux copies du chromosome X, un homme une seule, ce qui explique une observation établie depuis des siècles : il y a bien plus d'hommes que de femmes atteints de déficiences intellectuelles. Rien d'étonnant à cela, dans la mesure où les femmes ont deux chromosomes X : même si des gènes portés par l'un des deux chromosomes sont défectueux, l'anomalie peut être compensée, totalement ou en partie, par les gènes homologues portés par le chromosome sain.
  http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/QIHomfem.jpg  Si les gènes présents sur le chromosome X déterminent réellement certains traits de l'intelligence, alors une combinaison très favorable de ces gènes sur l'unique chromosome~, de l'homme devrait lui conférer une intelligence supérieure. Au contraire, chez une femme, la supercombinaison, pour être efficace, devrait être reproduite sur ses deux chromosomes, ce qui est moins probable. Il devrait y avoir plus d'hommes intellectuellement déficients,. mais également plus d'hommes supérieurement intelligents.
    Effectivement la répartition des QI des hommes (en bleu) et des femmes (en rouge) montrent que la courbe de Gauss correspondant aux hommes est plus étalée: on trouve plus de valeurs extrêmes (très supérieures à la moyenne ou très inférieures) que chez les femmes.   

    Il est intéressant d’examiner les liens entre l’évolution et cette prédominance du chromosome X en matière d’intelligence.
    Pourquoi le chromosome X contient-il tant  de gènes responsables des capacités cognitives?
    Horst Hameister pense qu'il aurait accéléré l'évolution de l'espèce humaine. L'évolution de l'homme à partir des anciennes lignées de singes, résulte en grande partie de son intelligence, et elle a été très rapide au cours des deux derniers millions d'années.
    Cette rapidité peut s'expliquer si l'on considère que les gènes responsables du développement du cerveau sont concentrés sur le chromosome X : dès qu'une combinaison favorable de gènes de l'intelligence est présente sur un exemplaire du chromosome X, l'individu mâle qui en est doté jouit de cet avantage, et est sélectionné. L'espèce conserve ainsi cet acquis et le transmet aux générations ultérieures.
    Ce schéma simple est séduisant, mais il demande cependant une condition : que la femme choisisse son partenaire en fonction de son intelligence et non de sa force et de sa beauté.
    J’avoue qu’en écoutant les chagrins d’amour de certaines de mes guenons, je suis assez sceptique sur ce point, mais après tout ce ne sont que des amourettes (je sens que je vais recevoir pleins de mails furieux !! IoI)
    Il semblerait donc que nous devions notre intelligence à des femmes ayant peuplé l'Afrique il y a plusieurs millions d'années, et qui ont commencé à choisir leur partenaire partiellement en fonction de leurs capacités intellectuelles.

    Pour compléter maintenant ce que je vous ai dit initialement en matière de SVT, sur l’héritage par chaque gamète d’un seul jeu de chromosomes (23) et ses conséquences en matière d'intelligence.
    Avant de se séparer pour être attribués à des ovules, les chromosomes féminins X se croisent et s'échangent des fragments d'ADN Des «gènes d'intelligence», initialement répartis sur deux chromosomes, peuvent ainsi se retrouver, après recombinaison, localisés sur un même chromosome X.
. La mère peut alors transmettre une « super-combinaison » particulièrement avantageuse à sa descendance, ce qui confère une intelligence supérieure à son fils. En revanche, sa fille, même si elle reçoit la supercombinaison, aura un second chromosome X, issu du père, qui sera probablement « normal» : l'effet de la super-combinaison en sera atténué.
    À la génération suivante, le fils à l'intelligence supérieure transmettra la supercombinaison de son chromosome X exclusivement à ses filles, mais jamais à son fils. (voir schéma ci dessous)

    Voilà pourquoi les femmes sont les vestales de notre intelligence !


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Mercredi 17 février 2010 à 9:39

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Une des caractéristiques dominantes des enfants surdoués est leur lucidité, laquelle se manifeste - je l’ai dit dans l’article précédent - par leur faculté de comprendre, dès leur plus jeune âge, les concepts des adultes.
     Face à toute situation, ces enfants envisagent immédiatement les risques, les possibilités d'échec et de défaite. Cette conscience de tous les instants peut les paralyser. Leur esprit porté vers l'abstraction est également souvent fasciné par la mort, ce qui est une source d’inquiétude et de stress.
    Certes, de nombreux enfants surdoués dominent cette angoisse et obtiennent des résultats brillants dans leurs études. Mais parfois aussi, l'enfant s'engage dans un dangereux repli sur soi et ne réussit plus en classe.
    La peur de mal faire est sans doute la source des résultats médiocres à l'école. L’attitude de retrait résulte vraisemblablement de la peur d'être jugé par les autres enfants.
    Avec un surdoué encore plus qu’avec d’autres enfants, les écarts entre l'attente de l'enfant et ses résultats, risquent de le conduire dans une impasse dont il ne sortira que très difficilement. Cela exiplique le grand nombre d'enfants très intelligents que l’on trouve en situation d'échec scolaire.
    Mais si on ne leur avait pas mis dans la tête qu’ils étaient surdoués, je ne suis pas sûr que l’on se trouverait dans pareille situation.
    Les jeunes surdoués que j’ai connus depuis 5 ans, qu’ils aient des problèmes ou non, m’ont souvent dit qu’ils avaient l’impression, pour leur entourage, d’être des “bêtes de cirque”. C'est complètement aberrant de les traiter ainsi
   
    Un autre risque guette les enfants surdoués ou précoces: celui de développer une fausse personnalité.
     Lorsque l'enfant tient trop à l’estime  de ses parents, il déploie parfois des efforts démesurés pour leur offrir une image qu'il croit être celle qu'ils attendent de lui. Dès lors, il ne se montre pas sous son vrai jour, mais sous le jour qu'il croit apprécié de ses parents.
    C’est en quelque sorte une “persona” beaucoup trop développée et, si une telle distorsion de la personnalité peut arriver chez n'importe quel enfant, mais le bouleversement de la personnalité est plus profond chez les enfants surdoués en raison de leur empathie surdimensionnée, cette faculté de ressentir très profondément les émotions et les réactions intimes de leurs proches.
    Si l'enfant discerne le moindre signe de mécontentement chez l'un de ses parents, il ressent ce mécontentement de façon intense et fera tout pour ne plus le faire réapparaître.

    Ces problèmes de la précocité ne doivent pas laisser croire que les enfants surdoués sont tous des victimes de leur intelligence supérieure.
    De nombreux enfants surdoués ou précoces connaissent un développement moteur et psychologique harmonieux. Ils peuvent apporter énormément aux autres sur le plan affectif, technique, artistique, sportif ou scientifique.
    Le principal risque est qu'ils s'ennuient en classe, dès le cours préparatoire. Face à un problème de mathématiques, la solution peut leur apparaître si évidente qu'ils rechignent à en fournir la démonstration.
    Pour éviter l’ennui, le plus important est de soutenir leur motivation et leur sens de l'effort, en leur proposant de bonnes méthodes de travail ou des activités supplémentaires pour qu'ils occupent leurs facultés intellectuelles généralement plus vives : activités ludiques, sportives ou artistiques..
    Autrefois on prenait les élèves dans une classe correspondant à leur capacité réelle et il était courant de voir un enfant de six ans sachant lire, écrire et faire les 4 opérations débuter en CE2, s’il était capable de suivre cette classe, mais par contre on lui disait que c’était normal et qu’il n’avait rien d'un surdoué. C'est parce que ses parents s'étaient beaucoup occupé de lui.
    Aujourd’hui, sous un prétexte aberrant d’égalité des chances, on rechigne à faire sauter une ou deux classes aux enfants doués et auxquels on a appris des méthodes de travail et des connaissances, alors qu’on leur dit qu’ils sont “exceptionnels”. Rien d’étonnant à ce qu’ils s’ennuient et ne se sentent pas bien dans leur peau.

    J’ai reçu certains mails qui me reprochent de critiquer les tests de QI. En fait c’est l’utilisation qu’on en fait que je critique.
    Je prends un exemple : ces tests sont faits de questions de logique, de calculs, d’orientation spatiale et de connaissance de la langue.
    En général un scientifique a un meilleur QI qu’un littéraire. C’est normal car s’il a peut être un moins bon score en vocabulaire, il est en général plus exercé en logique et en mathématiques et même souvent en orientation spatiale.
    Est ce à dire que les scientifiques sont plus intelligents que les littéraires : non c’est absurde.
    C’est la raison pour laquelle j’avais fait un article sur les “diverses sortes d’intelligences”, pour vous montrer que le QI n'était pas tout.

Mardi 16 février 2010 à 7:54

Notre cerveau : intelligence; langage

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    J’ai fait plusieurs articles sur les diverses facettes de l’intelligence, et j’ai parlé notamment du QI. Mais je n’ai pas parlé des enfants précoces ou surdoués et des problèmes que cela soulève.
    J’ai eu plusieurs fois l’occasion de rencontrer, sur ce bog ou ailleurs, des “enfants surdoués”.
    J’en ai connus aussi quand j’étais enfant, mais on ne les appelait pas ainsi. On disait simplement qu’ils étaient un peu plus doués que les autres (et encore !) et on parlait d’enfant précoces ou “en avance”.
    Alors j’ai cherché un peu de la doc dans mes bouquins et sur internet, et cela m’inspire les articles que je vais publier les prochains jours.

    Qu’est ce qu’un enfant précoce et qu’un enfant surdoué pour les psychologue ?
    La définition qu’on donne souvent est liée au QI et cela me paraît bien léger car, comme je vous l’ai montré le QI ne teste qu’une partie de l’intelligence et si on fait plusieurs tests à divers intervalles, les scores varient de quelques points. A mon avis, le QI n’est pas une référence suffisante pour classer un individu dans une catégorie s’il n’est pas accompagné d’un bilan psychologique plus important.
    Il s’agit toutefois de tests de QI rigoureux par rapport à ceux des magazines, et destinés aux enfants, issus des tests initiaux de Binet
    Un enfant doué a un QI entre 110 et 120, un enfant précoce un QI supérieur à 120 et un enfant surdoué un QI supérieur à 130.
    En France les enfants de QI supérieur à 130 sont environ 2 % de la population d’enfants, soit 1 sur 50 environ, ce qui n’est pas négligeable.

    En fait cette dénomination de “surdoué” date de 1970 et le docteur Ajuriaguerra, définissait alors ce néologisme comme “un enfant qui possède des aptitudes supérieures qui dépassent nettement la moyenne des capacités des enfants de son âge. "
    Il ne faut pas croire qu’un enfant surdoué est un “prodige” comme Mozart, la plupart d’entre eux ne réalisent pas des choses exceptionnelles. Autrefois on disait  simplement qu’ils avaient de grandes “facilités” et probablement un certain “potentiel” et les professeurs les suivaient particulièrement afin de les encourager et de veiller à ce qu’ils se servent de cette capacité favorable.
    En effet autour des années 40, dans la lointaine province ou je vivais (les Pyrénées), tous les enfants passaient en classe vers 10 ans un QI type Binet, qui ensuite servait aux professeurs à adapter leur enseignement et à soutenir aussi bien les meilleurs que les moins bons résultats.
    Par ailleurs il est intéressant de voir si un tel enfant est introverti ou extraverti et à quel degré.

    Les bases biologiques de ces intelligences sont méconnues. On avance deux raisons que j’ai déjà développées : un nombre de centres de mémoires tampons plus important et une meilleures myélinisation entraînant une vitesse plus grande de propagation de l’influx nerveux, mais ce sont des hypothèses. D’autres constatations sont faites .
    À l'Université de Lille, Jean-Claude Grubar a montré que le sommeil des enfants précoces comporte des phases de sommeil paradoxal (le sommeil des rêves), plus longues que chez les autres enfants du même âge.
    De plus, on constate que les mouvements de leurs yeux dans les phases de sommeil paradoxal, sont presque deux fois plus fréquents chez les surdoués que chez les enfants du même âge, ce qui est, au contraire. caractéristique de l'adulte.    
    La longueur des phases de sommeil paradoxal et la fréquence élevée mouvements oculaires refléteraient une capacité inconsciente à organiser, pendant ces phases de sommeil, les informations emmagasinées durant l'éveil.
    On constate aussi que ces enfants évaluent mieux que d'autres les conséquences de leurs actes et les risques qu'ils prennent. C'est une question d'entraînement au contact des adultes, et il est probable donc que leur cerveau préfrontal est mature plus précocement.

    Dans la vie quotidienne, les enfants précoce ou surdoués  peuvent être repérés, bien avant qu’on puisse leur faire passer un test de QI.
    Jeunes enfants, ils sont très éveillés, attentifs émotifs. Certains ont un développement moteur avancé: ils apprennent à marcher tôt, leur coordination se met en place très vite. Leurs repères spatiaux et temporels sont affûtés: ils perçoivent mieux que les autres la signification d'une heure ou d'un kilomètre   
    En grandissant, ils développent une grande sensibilité, s'imprégnant de tout ce qui se produit autour d'eux. Ils sont très vigilants, lucides, empathiques (perméables aux sentiments d'autrui, ils ressentent la joie et la tristesse avec davantage d'intensité). Ils analysent les conversations des adultes et conversant avec eux, peuvent comprendre des concepts difficiles et acquérir un vocabulaire étendu.
    Un enfant précoce ou surdoué lit beaucoup, sa mémoire, sa créativité ou son imagination sont souvent très développées, de même que la flexibilité de la pensée ou l'élaboration de la réflexion. Ces enfants sont généralement attirés par les adultes ou par les enfants plus âgés qu'eux. Enfin, ils posent souvent de nombreuses questions et ont une grande curiosité intellectuelle.

    Je pense qu’un enfant précoce ou surdoué a certainement certaines prédispositions génétiques ou du moins innées.
    Mais je reste persuadé que le rôle des parents et de l’éducation et de l’instruction est fondamental.

    J'ai connus des cas précis que je ne citerai évidemment pas.
    Si les parents et les grands parents s’occupent beaucoup de cet enfant, lui apprennent à parler relativement tôt, conversent avec lui, répondent à ses questions, ses facultés se développent tout jeune.
    Si à partir de 4 ans on lui apprend rapidement à lire et à écrire puis à compter et à effectuer les quatre opérations, qu’on le fait déessiner et acquérir des repères spatiaux, il va lire beaucoup et acquérir du vocabulaire et des facultés logiques et de calcul, souhaiter développer ces notions par curiosité et donc se perfectionner en mathématiques très élémentaires et en vision spatiale.
    Rien d’étonnant qu’à 8 ou 10 ans, si on lui fait passer un test de QI, basé sur la logique, le calcul, la représentation spatiale et la connaissance de la langue, qu’il ait un score très élevé. Il n'est pas super-intelligent, il est simplement entraîné et a eu une" éducation précoce".
    C’est un enfant qui avait certes des facilités, mais qu’on a formé avec temps, attention et amour, et qui a développé son esprit et son intelligence par l’exercice, et à qui en plus, cela plaît de le faire, et qui donc, a pris l'habitude de travailler, sans que cela lui en coûte.
    Mais c’est un enfant tout à fait normal et pas une bête de cirque, comme l’on voudrait nous le faire croire aujourd’hui (les médias et les psys, mais aussi quelques parents!).

    À en croire ces descriptions, on serait tenté de penser que les enfants surdoués n'éprouvent aucune difficulté. Toutefois, quelques uns se retrouvent parfois, à l'école ou en famille, dans des situations où on les juge médiocres et peu sociables, n'obtenant que des résultats passables, quand ils ne sombrent pas dans le mutisme, voire la marginalité ou la délinquance.
   
Cela procède de mécanismes psychologiques dont je parlerai dans mon prochain article.

Lundi 15 février 2010 à 8:02

Notre cerveau : intelligence; langage

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    0bservez la photo ci-dessus et sans compter les fraises , estimez quel sous-ensemble comporte le plus de fruits, uniquement en appréciant la quantité visuellement.
    Vous n'avez sans doute pas donné la bonne réponse ? C'est normal. Le cerveau, sans s'aider de symboles numériques, ne peut compter au- delà de cinq à sept suivant les individus.. Une telle propriété se retrouve chez d'autres animaux. D'où vient cette limitation. ?

    À l'Institut de technologie du Massachusetts, Andreas Nieder a examiné les facultés de dénombrement des singes  Il leur a montré des collections d'objets différant par un ou plusieurs éléments, et les a entraînés à signaler des différences de nombres de ces éléments.
    En même temps, il a mesuré l'activité électrique des neurones situés dans la partie frontale du cerveau. Il a constaté que des neurone sont spécialisés dans l'identification d'un nombre unique d'objets. Certains neurones s'activent lorsque le singe voit un groupe de trois objets, d'autres quand il en voit deux...., au total il y a cinq classes de neurones. C'est pourquoi le singe ne sait compter que jusqu'à cinq.
    Pourquoi n'y a-t-il que cinq types de neurones associés à un nombre dans le cerveau ? Sans doute les singes n'ont-ils pas besoin, en pratique, de distinguer des nombres supérieurs. Dans la jungle, les bandes rivales de chimpanzés, constituées de quelques individus, évaluent le nombre d'adversaires avant de livrer bataille ou de se replier.

    De même, un corbeau causait du tort à un paysan, car il faisait fuir les oiseaux de son pigeonnier. Le fermier s'arma d'un fusil et prit position, mais le corbeau se tint à distance du toit, attendant que le fermier s'en aille. Le paysan revint alors avec un collègue qui est ressorti pour faire croire à l'oiseau que le pigeonnier était vide. Le volatile, prudent, attendit que les deux hommes soient repartis. En fin de compte, il fallut six comparses pour berner l'oiseau.

    Chez l’homme le processus est différent car son cerveau est plus complexe.
    D’abord l’homme sait compter à partir de signes et les centres de la parole (Wernicke et Broca) interviennent et l’évaluation “à la louche” comme celle que je vous ai fait faire n’intervient que dans des cas particuliers où l’on a pas le temps de compter.
    Mais un autre processus intervient : le transfert des informations des centres de perception ou de la mémoire, vers les cortex frontal et préfrontal. qui se fait à travers deux “mémoires tampons” l’une pour les termes lexicaux, l’autre pour les images et sensations.
    Or ces mémoires tampons sont limitées et ne peuvent recevoir en même temps plus de 5 à 7 informations.
    Il y a donc là une limitation de la capacité de réflexion, quant à la vitesse de réaction.
    Un autre facteur intervient, la rapidité de transmission, car si l’on peut transmettre deux fois plus vite les informations on en transmet le double.
    Cette vitesse de transmission dépend de la myélinisation des dendrites et axones, la couche graisseuse de myéline (la matière blanche, par opposition aux corps de neurones, la matière grise) est isolante et accroit considérablement la vitesse de transmission de l’influx nerveaux d’une synapse à l’autre, le long des dendrites et axones.

    Myélinisation et développement des mémoires tampons se fait plus ou moins vite chez les individus, et donc une personne qui pourrait transmettre plus vite les informations vers le cortex et en stocker huit ou dix dans les mémoires tampons serait très avantagée au plan de la vitesse de réflexion.
    Une telle personne qui réfléchit plus vite donne l’impression d’être beaucoup plus intelligente, notamment en classe quand il faut répondre aux questions du professeur.
    Toutefois cette rapidité est limitée aux connaissances qu’elle a emmagasinée et qu’elle peut mobiliser plus rapidement, c’est à dire à son “domaine d’expertise”. Sur des sujets qu’elle ne connaît pas, elle n’est pas plus douée que les autres. Elle doit donc travailler autant que les autres à l'acquisition des connaissances, mais elle "pige plus vite".
    On ne sait pas pourquoi de telles différences existent. Certainement en partie héréditaires ou tout au moins innées, mais probablement également dépendantes de l’éducation et l’instruction, et notamment de l’entraînement à faire des exercices intellectuels.

    Dans mon prochain article je parlerai d’enfants surdoués.
   

Mardi 19 janvier 2010 à 8:03

Notre cerveau : intelligence; langage

Vous savez que je m’intéresse au cerveau et à son fonctionnement chez l’homme.
    Que peut on dire sur les rapports entre l’intelligence et la physiologie des êtres humains.


    Un premier point : naît on intelligent ?
    Des chercheurs ont essayé de trouver des corrélations entre gènes et intelligence du type QI. C’est une étude tellement complexe que les résultats sont maigres.
    Ils ont trouvé que quelques gênes, quelques séquences de notre ADN semblaient plus fréquents chez les personnes à fort QI, mais sans que l’on puisse faire des relations de cause à effet et le résultat n’est pas exhaustif.
    Chose curieuse, ces gênes sont portés par le chromosome X et donc ce seraient peut être par les gamètes féminines que se transmettraient l’intelligence !.  (Minute, je n'ai pas dit que les hommes étaient c....!)

    Ce qui est certain c’est que l’instruction et l’éducation font souvent plus pour l’intelligence que l’hérédité.
   
    Le poids du cerveau est certes important car un tout petit cerveau a moins de neurones, mais ce n’est vrai que dans des comparaisons d’espèces ou de générations (entre préhistoire et maintenant), mais ce n’est pas vrai dans une population humaine actuelle.
    Par contre ce sont les neurones du cortex qui semblent permettre le développement de l’intelligence et celui-ci est plus développé chez l’homme que chez les animaux.
    Les régions cérébrales associées à l'intelligence dans les expériences d'imagerie sont celles du cortex, notamment frontal et préfrontal; elles sont impliquées dans divers processus tels que la mémoire (1), le langage (2) et l'intégration sensorielle (3). De plus, certains faisceaux de substance blanche reliant les aires cérébrales sont plus organisés chez les sujets très intelligents, ce qui indique que la transmission de l'information joue aussi un rôle important


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    Le nombre de neurones du cortex est donc un facteur important, mais la puissance de traitement est plutôt liée au nombres de connexions (donc de synapses) qu’au nombre de neurones.
    En fait ce n’est pas aussi simple.
    Chez l'enfant, on constate une mise en service progressive des synapses et une augmentation de  l'activité métabolique du cerveau pendant les cinq premières années de la vie puis une diminution du nombre des synapses à partir de l'âge de cinq ans, l’activité métabolique diminuant aussi., la consommation d'énergie dans le cerveau d'un adulte étant environ la moitié de celle d'un enfant de cinq ans.
     Au début, il y aurait un excès de synapses, et le cerveau choisirait les plus pertinentes selon les tâches à accomplir.
    Lorsqu'on étudie le métabolisme cérébral ou le nombre de synapses des personnes présentant des déficits cognitifs, on constate que ces deux paramètres sont plus élevés que la moyenne! Par exemple, les trisomiques ou les autistes auraient trop de synapses, car les synapses inutiles ne seraient pas éliminées.        
    L'excès de synapses entraînerait une surconsommation globale d'énergie, ce qui réduirait l'apport d'énergie nécessaire dans les zones spécifiques indispensables au traitement des tâches cognitives.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/schemanbsynapses.jpg    La vitesse de transmission des influx semble aussi être un facteur important et donc la myélinisation des dendrites et axones (cette substance graisseuse et isolante, la myéline qui les recouvre et accroit énormément la vitesse de transmission de l’influx nerveux.)
    La substance grise (neurones) assurerait la puissance de traitement et la substance blanche (prolongements myélinisés) la vitesse de transmission entre centre éloignés. En outre la myéline améliorerait la qualité de transmission et il y aurait moins d’erreurs.
    Le degré de myélinisation et intelligence varient de façon concomitante au cours de la vie: chez le jeune enfant, : l'intelligence se développe à mesure que les neurones s'entourent de myéline. Puis, au fil des années, la vitesse de traitement de l'information augmente jusqu'à l'adolescence. Ensuite, elle se stabilise et ne commence à diminuer qu'avec la vieillesse: les neurones perdent alors leur myéline. Les tests psychologiques montrent que l'intelligence se développe jusque vers 15 ou 20 ans, puis qu'elle se maintient jusqu'à 65 ou 70 ans. Ensuite, elle décline, à mesure que la gaine protectrice de iiiyéline se dégrade. Les deux phénomènes suivent ainsi des évolutions parallèles.

    Le psychiatre Philip Shaw et ses collègues de l'Institut américain pour la santé mentale ont examiné les scanners cérébraux d'enfants d'âge scolaire. Les chercheurs ont enregistré des images de leur cerveau en développement, année après année.
     Le cortex continue de changer de forme et de structure jusqu'à l'âge de 20-25 ans, et P. Shaw a découvert que des différences de scores aux tests d'intelligence sont liées à la façon dont le cerveau se développe.
    Chez tous les enfants, l'épaisseur du cortex augmente à mesure que les neurones se différencient et émettent de nouveaux prolongements. Ensuite, au cours de la phase d'élagage des branches inutiles, la couche corticale s'amincit.    
    Mais dans certaines régions,  le développement suit un cours différent selon le niveau d'intelligence des enfants.  Les enfants très intelligents (au sens QI), commencent par avoir un cortex très mince, qui s'épaissit progressivement, pour s'amincir à nouveau très rapidement à l'adolescence.
      De façon analogue, chez des cerveaux adultes, les personnes qui ont des scores d'intelligence élevés ont certaines régions corticales plus épaisses que la moyenne. P. Shaw suppose que ces différences d'épaisseur dépendent en partie de l'environnement.
    Par ailleurs, ces régions ont la même épaisseur chez les jumeaux, ce qui semble montrer que les gènes ont une certaine importance.

    L'hypothèse de la myéline et celle de l'élagage synaptique ne sont pas validées. Les méthodes neurobiologiques disponibles aujourd'hui ne permettent pas de mesurer de façon fiable chez l'homme le degré de myélinisation ni le nombre de synapses ; seules les dissections post mortem livrent de telles informations. Le développement de nouvelles techniques autorisera peut-être un jour une vérification directe de ces hypothèses.
    Si, un jour, on montrait que la myélinisation des neurones est l'une des nombreuses clés de l'intelligence, on pourrait en tirer des conséquences sur la façon de l'améliorer, par exemple par l'alimentation. Ainsi, le lait maternel contient tous les acides gras nécessaires à la synthèse de la myéline par l'enfant, ce qui n'est pas le cas du lait artificiel.
  
  La myéline et le nombre de synapses ne sont que deux des paramètres qui participent au fonctionnement du cerveau. Il serait illusoire de vouloir réduire le phénomène de l'intelligence à un petit nombre de causes.
   

Dimanche 17 janvier 2010 à 9:41

Notre cerveau : intelligence; langage

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    Mon article aujourd’hui, portera sur l’intelligence relationnelle.

    Dans le vocable d’Howard Gardner, il s’agit des intelligences interpersonnelle et intrapersonnelle.

 L’intelligence intrapersonnelle :
    Celui ou celle qui la possède n’a pas peur de la solitude, aime réfléchir, a une bonne compréhension de ses forces et de ses faiblesses, sait aussi analyser celles d’autrui et sait définir et atteindre des objectifs.
Pistes pour en favoriser l’expression : écrire un journal, se relaxer, apprendre sur soi-même, pratiquer des exercices de concentration, réfléchir, méditer, se réserver des temps de solitude.

L’intelligence interpersonnelle
Celui ou celle qui la possède aime la relation avec les autres, sait parler et influencer, est souvent leader d'un groupe ou l'organisateur, communique bien, est habile en résolution de conflits, a une bonne écoute, est habile à négocier et est persuasif.
Pistes pour en favoriser l’expression : se faire des amis facilement, préférer les situations gagnant/gagnant, mener les discussions, pratiquer l’enseignement et la collaboration, diriger les projets, conseiller les amis, comprendre les préoccupations des autres, manifester de l’empathie.

    Les psychologues parlent souvent “d’intelligence émotionnelle” , qui est la capacité d'une personne à réagir aux sentiments d'autrui.
    Les psychologues considèrent que les émotions sont apparues au cours de l'évolution pour permettre aux animaux de réagir rapidement en cas de danger.        
    On qualifie quelqu'un d'émotionnellement intelligent s'il se tient à l'écoute de ses propres émotions, et de celles des autres.
    Une telle personne sait exprimer ses propres sentiments, les maitriser et les utiliser pour résoudre des problèmes concrets. L'intelligence émotionnelle consiste donc d’abord à savoir déchiffrer ses propres sentiments, et à bien les utiliser. Ainsi, plutôt que de vouloir masquer tel ou tel sentiment, une personne intelligente saura le communiquer aux autres et faire en sorte que ceux-ci adoptent une attitude appropriée (mais pas forcément la sienne !).

    Peut-on mesurer l'«intelligence émotionnelle» (un quotient émotionnel QE?).
     À la différence de l'intelligence mesurée dans les tests de QI, ce critère est évalué en référence à un contexte culturel lequel a une influence primordiale : par exemple une personne exprimant ouvertement ses émotions peut devenir une personnalité charismatique et respectée en Europe ou aux États-Unis, mais vraisemblablement pas dans les pays asiatiques. Dès lors, comment définir un comportement émotionnellement intelligent, sans faire référence à l'environnement culturel?
    Certains tests d'intelligence émotionnelle se concentrent sur des aspects précis, telle la capacité de déchiffrer les sentiments.

    L’intelligence classique et intelligence émotionnelle sont-elles liées?
    Le lien entre intelligence émotionnelle et intelligence abstraite, quoique faible, existe. Un QI élevé traduit souvent une grande capacité d'apprentissage, avantage indéniable pour s'imprégner de règles sociales et acquérir un savoir émotionnel.        
    L'intelligence émotionnelle s'acquiert-elle encore à l'âge adulte?
    Pour ce qui est de la plasticité de l'intelligence émotionnelle, les adultes peuvent changer de comportement et en acquérir un nouveau, même si c'est plus difficile que pour les jeunes. On peut s'entraîner à gérer son stress ou apprendre à mieux communiquer. De tels exercices étaient pratiqués bien avant que l'on commence à parler d'intelligence émotionnelle ! (par exemple quand j'étais jeune).

    Certains psychologues pensent que contrairement à l’enfant et à l’école, durant les études universitaires ou dans la vie professionnelle, moins de la moitié de la réussite serait expliquée par la mesure du QI classique, et ils recherchent donc un critère susceptible d'évaluer les 50 pour cent restants. Ils espèrent quantifier les intelligences émotionnelles et sociales notamment et les autres aussi.
     Y parviendront-ils ? Je crains qu’il ne soit pas possible d'évaluer toutes les facettes du comportement d'un individu, ni de savoir précisément de quelle façon il est capable de réagir, parce que certaines qualités ne se révèlent que dans des situations exceptionnelles et imprévisibles. Et aussi parce que notre personnalité est faite d'antagonismes, les "préférences cérébrales" et que selon le cas nous utilisons l'attitude préférée ou au contraire l'antagoniste, de la même façon qu'un droitier utilise aussi sa main gauche, mais moins souvent.
    Personnellement j'aimerais bien des tests "sérieux" qui permettent d'évaluer la mémoire et la capacité à mémoriser (cela existe un peu), et d'autres pour évaluer le "bon sens" (je n'en ai jamais entendu parler.).


Samedi 16 janvier 2010 à 8:27

Notre cerveau : intelligence; langage

                                                                   
http://lancien.cowblog.fr/images/Images2/howardgardner.jpg  Howard Gardner


    Aujourd’hui je voudrais vous parler de l’intelligence spatiale, de l’intelligence logico-mathématique et de l’intelligence verbale, en partant de ce que l’on appelle le “quotient intellectuel” (QI) que vous connaissez certainement, au moins de nom et peut être pour avoir passé des tests.
   

    C’est à l’origine le cousin de Darwin, Sir Galton qui a pensé le premier à quantifier l’intelligence, mais le précurseur en matière de tests a été l’anglais Spearmann qui a lors d’études statistiques en 1904 sur des tests psychométriques montre qu’il esxiste un lien entre les divers résultats (par exemple verbaux et  numériques) et il considère qu’il y a un “socle” commun qu’il appelle intelligence générale ou “facteur g”.
    En 1905 les français Alfred Binet et Théodore Simon à qui le ministère de l’Education Nationale a demandé d’imaginer un moyen de détecter d’avance les élèves faibles scolairement, mettent au point le premier test utilisable, “l'Échelle métrique de l'intelligence.”, qui est le premier test de QI.
    Binet  lorsqu’on lui demandait ce qu’était l’intelligence, disait avec humour :
« Je nomme intelligence ce que mesurent mes tests »
    Ces tests concernent essentiellement les capacités logiques, de calcul et de maniement de la langue ainsi que certaines aptitudes de représentation spatiale donc, par rapport à ce que nous avons déjà dit, l’intelligence logico-mathématique, l’intelligence verbo-linguistique et l’intelligence spatiale.
    Par ailleurs ces tests étaient faits pour des enfants d’une dizaine d’années et calculaient un âge mental, la base étant 100 pour un enfant moyen de 10 ans. Si un enfant de 10 ans avait un QI de 120, il était réputé avoir un âge mental de 12 ans.

    Depuis Binet, de nombreuses variantes ont été imaginées; les journaux (ou internet) publient aussi des tests pour adultes, qui en fait n’ont en général pas été étalonnés et n’ont donc aucune valeur statistique.
    Quelques tests plus sérieux et étalonnés comparent les QI d’une personne, aux valeurs statistiques de la population, sans distinction d’âge (test de Stern par exemple)
    Le test suppose que la répartition de QI dans la population est une courbe de Gauss (la courbe “en cloche” symétrique), d’écart type 15 ( ce qui veut dire que 50% de la population des enfants de 10 ans a un QI compris entre 90 et 110, 68% entre 85 et 115, 95% de la population entre 70 et 130 et 99,7 % entre 55 et 145 - voir courbe ci dessous ).
En fait il semble que des facteurs héréditaires font que cette loi n’est pas tout à fait respectée, l’étalement étant légèrement plus grand aux extrémités.

http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/QIgauss.jpg
   
    Howard Gardener ne réduit donc pas l’intelligence à un résultat de test, mais voit en elle :
        - la capacité de résoudre les problèmes que chacun rencontre dans la vraie vie;
        - la capacité de générer de nouveaux problèmes et de les résoudre;
        - la capacité de réaliser quelque chose ou d’offrir un service qui en vaut la peine pour celui qui le fait.


    Il définit des modes de reconnaissances des diverses intelligence et des pistes pour les développer. Par exemple pour les 3 intelligences de cet article
Howard Gardner indique les points suivants :

    L’intelligence logico-mathématique :

    La personne est douée en résolution de problèmes et en mathématiques. Elle sait  poser les questions «pourquoi» et «comment», raisonne logiquement sur les choses, veut savoir «ce qui arrivera ensuite» et pense souvent de façon «séquentielle».
Pistes pour en favoriser l’expression : travailler à l’ordinateur, programmer, classer des objets, pratiquer les sciences et la lecture, aimer les discussions et l'exploration, résoudre des problèmes, jouer avec des mots, déchiffrer des codes, visiter des musées, résoudre des énigmes, proposer des problèmes qui nécessitent la réflexion et des activités de calcul.

    L’intelligence spatiale :

    La personne a une puissante imagination, aime : concevoir, dessiner, lire des graphiques, se représenter les objets dans l’espace en les changeant d’orientation, faire des casse-têtes représentant des images ainsi que des labyrinthes, organiser l’espace, les objets et les surfaces. Il/elle a besoin d’images pour comprendre.
Pistes pour en favoriser l’expression : pratiquer l’art et les sports, créer des diagrammes d’organisation d’idées, monter des vidéos et des films, construire des cartes et des chartes, faire du théâtre, pratiquer la voile, la sculpture, le patin à roulettes, la danse, la bicyclette, la conduite et la peinture.

    L’intelligence verbo-linguistique :

    La personne a l’amour du langage et de la parole, parle facilement, a une bonne mémoire des dates et des noms, aime écouter et raconter des histoires, et se les rappelle. Elle sait rédiger et exprimer oralement et par écrit ses idées.
Pistes pour en favoriser l’expression : faire des présentations, aimer argumenter et persuader, faire des discours, jouer des rôles, dialoguer, écrire, faire des comptes-rendus, amorcer la conversation, écouter des enregistrements, lire des livres notamment dans lesquels il y a des dialogues.

    Ces deux approches sont complémentaires, mais il ne faut pas attacher trop d’importance au QI, surtout pour un adulte.
    Par contre, vers l’âge de 9/11 ans (en CM2), c’est un bon indicateur pour  avoir une idée de ce qu’un enfant pourrait faire comme études, dans la mesure où il voudrait bien travailler.


    J’ai connu au Sahara un enfant d’une dizaine d’années, totalement ignare (c’était un esclave de nomades) et nous l’avions pris en charge, nous lui avions appris rapidement à lire, à écrire et à compter et, à notre grand étonnement il avait un QI de 125. On l’a aidé à rattraper son retard et il a passé avec succès 8 ans plus tard, un BTS de mécanique automobile et de conduite d’engins de travaux publics.

    Pendant des décennies, les psychologues ont voulu absolument relier l'intelligence et les performance dans un domaine précis, celui défini par Binet et mesuré grâce au QI.
    Des chercheurs ont étudié l'influence du savoir et de l'expertise par exemple les psychologues William Chase (années 70/80) et Herbert Simon (années 1980/2000) pour déterminer si les performances extraordinaires, par exemple aux échecs ou en mathématiques, dépendent d'une intelligence supérieure (très fort QI) ou au contraire de connaissances spécialisées.
    Le résultat n’est guère étonnant : les personnes d'intelligence supérieure et les experts résolvent les problèmes mieux que des novices, (c'est-à-dire les personnes ayant peu de connaissances dans le domaine en question).
     Parfois, une grande expertise compense une faible intelligence : des experts moins intelligents obtiennent des performances similaires à celles de novices très intelligents.
    En revanche, une grande intelligence est bénéfique même aux experts : les experts intelligents obtiennent généralement les meilleures performances (il semble exister une synergie entre expertise et intelligence, c’est à dire que des gens intelligents acquièrent plus facilement une expertise).
Vous auriez pu imaginer ces résultats vous mêmesans connaître ces recherches : ils sont simplement logiques !
     Cela dit il y a des gens qui ont un QI très élevé et qui sont très mauvais en relations humaines !! (hélas j'en connais !!)

Vendredi 15 janvier 2010 à 7:58

Notre cerveau : intelligence; langage

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J’ai maintenant à faire le dangereux exercice de vous parler de l’intelligence.
    Pourquoi être aussi pessimiste : parce que l’intelligence, on ne sait pas ce que c’est et on ne sait pas la définir exactement, et encore moins la mesurer.
    Il y a le tests de QI me direz vous : ce n’est qu’une faible partie de l’intelligence et en outre, ce n’est même pas représentatif de cette partie.

    Je vais faire plusieurs articles en partant des réflexions assez récentes d’un professeur de l’université de Hadward aux Etats Unis, Howard Gardner, qui a imaginé en 1983 une théorie sur les “formes multiples de l’intelligence”, livre publié en France en 1997, dans lequel il présente huit catégories d’intelligence.

    Voici ces diverses catégorie et j’en parlerai davantage dans mes prochains articles :

    - L’intelligence logico-mathématique :
    C’est elle qui nous permet de déduire logiquement les rapports entre phénomènes, notamment de cause à effet, de faire des calculs, de résoudre des problèmes abstraits de logique ou de mathématique, de quantifier les choses.

    - L’intelligence spatiale :
    Elle correspond à la capacité de voir les objets dans l’espace, de les imaginer dans diverses positions différentes, de se repérer dans l’espace, d’interpréter des images.

    - L’intelligence verbo-linguistique :
    C’est la faculté de comprendre et de bien manier le langage, de se faire comprendre avec précision, d’avoir la mémoire des histoires.

    - L’intelligence naturaliste :
    L’habileté à organiser, sélectionner, regrouper, lister, à structurer les idées à poser les question, bref la curiosité intellectuelle et le moyen de la satisfaire

    - L’intelligence interpersonnelle :
    Elle permet les relations et la communication entre les personnes, les relations dans un groupe, l’écoute, la persuasion, la négociation...
    C’est en partie les qualités des extravertis.

    - L’intelligence corporelle-kinesthésique :
    C’est la tendance à bouger, à être en mouvement avec son corps, à se servir de ses membres, à s’exprimer par gestes et mimiques ....

    - L’intelligence intrapersonnelle :
    C’est la capacité de réflexion, la compréhension de soi, des personnalités, la définition d’objectifs. Ce sont en général les qualités des introvertis

    - L’intelligence musicale-rythmique :
Le plaisir de faire de la musique, des sons ou des rythmes. et le don pour faire de la musique et chanter.

    Il y ajoute par la suite :
    - L’intelligence existentielle ou spirituelle et qui se définit par l’aptitude à se questionner sur le sens  et l’origine des choses.

    Déjà en 1939, l'Américain Louis Léon Thurstone avait préconisé sept facteurs principaux influant sur l’intelligence :
    - Facteur Spatial (Représentation des configurations)
    - Facteur Perception (Saisie de détails dans une configuration)
    - Facteur Verbal (Compréhension des données)
    - Facteur Lexical (Mobilisation du vocabulaire)
    - Facteur Mémoire (Faculté de mémorisation)
    - Facteur Numérique (Réalisation de calculs)
    - Facteur Raisonnement (Définir et trouver des liens entre des éléments)

    Les chercheurs en psychologie estiment par ailleurs que pour pouvoir  mémoriser (apprendre), analyser (comprendre) et communiquer (partager) les informations, cinq “facultés cognitives” sont nécessaires à l'homme :
        - L’attention ou distinction est une faculté de faire attention et distinguer des choses ou actes existants dans l’environnement.
        - La concentration est une faculté permettant d’évaluer les distances, de se représenter volumes et mouvements par représentation mentale.
        - La conscience ou compréhension est une faculté de comprendre les problèmes et les actes généralement.
        - Le raisonnement ou pensée est la faculté de planifier. Elle est aussi appelée créativité (ce qui à mon avis, est très différent, mais enfin...).
        - L’ humour est une preuve que l'on s'adapte facilement socialement.

    Enfin  trois définitions de l’intelligence trouvées sur Wikipédia :
        - "L'intelligence, est l'art, face à un problème neuf, de trouver une solution appropriée. "
        - “L'intelligence est l'anticipation utile. Elle se mesure a posteriori par la satisfaction des besoins de l'entité qui l'emploie”
        - “L'intelligence est la faculté d'adapter des moyens à des fins. C'est la faculté de comprendre, de saisir des rapports et d'organiser. “

    J’ajouterai volontiers une considération personnelle parce que je trouve qu’on l’oublie trop aujourd’hui, alors que c’était une qualité très développée du temps de mes grands parents, où la culture et le savoir étaient moindres : mes grands parents appelaient cela “le bon sens” , c’est à dire le sens des réalités, avoir les pieds sur terre, ne pas croire n’importe quoi, ne pas se laisser manipuler et raconter le moins possible de bêtises.
    Et par ailleurs la mémoire prend une grande part dans notre intelligence car elle représente toute notre expérience et raisonnements, émotions et sentiments ne peuvent se faire sans elle.

   
Maintenant à vous de vous faire votre idée personnelle de l’intelligence !
    Aujourd'hui , le débat reste ouvert et on attend beaucoup de la neurologie et des sciences cognitives pour le faire avancer. Je vous en reparlerai.

Mercredi 13 janvier 2010 à 8:23

Notre cerveau : intelligence; langage

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    J’ai toujours des demandes de mes correspondant(e)s sur l’intelligence et sur le développement de l’intelligence des enfants.
    Je vais essayer de faire quelques articles sur l’intelligence et aujourd’hui, je vous parlerai du développement des capacités intellectuelles des enfants, en me référant notamment aux travaux du biologiste et psychologue suisse Piaget, qui y a consacré 60 ans de sa vie à des recherches jusqu’en 1980.
    Jean Piaget a été l’élève a Paris d’Alfred Binet, qui a été le premier à mettre au point les “tests de QI” sur les jeunes.
    Il a étudié le développement de ses propres enfants de la naissance au langage, et sur d’autres enfants à l’université de Genève et s’est intéressé à la génétique, avec les moyens pourtants assez réduits de l’époque.
    Professeur de psychologie, sociologie et philosophie des sciences à Genève il enseignait aussi à la Sorbonne, et ses études, basées sur l’observation et l’expérimental, continuent à faire autorité aujourd’hui notamment en matière de développement des facultés des jeunes et d’éducation.

    Piaget cherchait à montrer comment se développent la construction et l’apprentissage des capacités et des connaissances des enfants et des adolescents et il a montré qu’elles se construisent progressivement, évoluent tout au long de la jeunesse en passant par différentes étapes caractéristiques avant d'atteindre le niveau de l'adulte.
    Il a montré que l'enfant a des modes de pensée spécifiques qui le distinguent entièrement de l'adulte, qu’il construit ses premiers raisonnements en agissant sur son environnement matériel et humain (sa famille, puis ses camarades). Ses schémas de pensée, au départ  complètement différents de ceux de l’adulte, deviennent progressivement de plus en plus abstraits.

    Piaget distingue quatre  structures cognitives primaires qui correspondent à des stades de développement,  lesquels se  subdivisent ensuite en périodes distinctes où émergent des capacités cognitives particulières.

    Le premier stade, qui s’étend  de la naissance à environ 2 ans, est le stade qu’il appelle “sensori-moteur”. 
    Durant cette période, le contact qu’entretient  l’enfant avec le monde qui l’entoure dépend  entièrement des mouvements qu’il fait et des sensations  qu’il éprouve. Chaque nouvel objet est pris, lancé,  mis dans la bouche.... pour en comprendre progressivement les caractéristiques par essais et erreurs.
    C’est au milieu de ce stade, vers  la fin de sa première année, que l’enfant  saisit la notion de permanence de l’objet, c’est-à-dire le fait que les objets continuent d’exister quand ils sortent de son champ de vision.
    Les biologistes ont montré depuis que ce sont les centres d’apprentissage (que l’on dénomme ensuite centres de récompense et qui utilisent la dopamine comme neuro transmetteur : voir mes précédents articles à ce sujet), qui permettent peu à peu d’assimiler le monde extérieur par ces essais successifs.
    Plusieurs  régions du cortex et du cervelet deviennent fonctionnelles. Des progrès concomitants dans la posture, le mouvement des yeux et la capacité d'atteindre et de prendre des objets apparaissent  alors.
 
    Le deuxième stade  est celui de la période dite “pré-opératoire” qui débute vers 2 ans et se termine vers 6 - 8 ans.   
    Durant  cette période qui se caractérise entre autres  par l’avènement du langage, puis de la lecture et de l’écriture, de la numération et du calcul, ’enfant devient  capable de penser en termes symboliques, de se représenter  des choses à partir de mots ou de symboles, saisit aussi des notions de quantité, d'espace, ainsi que la distinction entre passé et futur. Mais il demeure  beaucoup orienté vers le présent et les situations physiques concrètes, ayant de la difficulté à manipuler des concepts abstraits.
    Sa pensée  est aussi très égocentrique en ce sens qu’il  pense souvent que les autres voient les situations de son  point de vue à lui.
    Au plan “moral” l’enfant cherche surtout à éviter la punition que les  détenteurs de l’autorité (les parents, les éducateurs, l’institt...) peuvent lui donner.
    Par ailleurs, les enfants  sont capables d'imaginer la réaction d'une  personne face à une situation en s'imaginant à sa place, ce qui constitue les prémisses de l'empathie. Mais il imagine en fait sa réaction à lui et ne sait pas encore se mettre à la place de l’autre, autrement que par appel à sa mémoire.
    C’est une période où se développent le cortex frontal et les centres de la parole de l’hémisphère gauche.
 
     Entre 6 - 7 ans et 11-12  ans, c’est le stade des opérations concrètes. 
    Avec l’expérience du monde qui s’accumule  en lui, l’enfant devient capable d’envisager des événements qui surviennent en dehors de sa propre vie. Il commence aussi à conceptualiser et à créer des raisonnements logiques qui nécessitent  cependant encore un rapport direct au concret.
    Un certain degré d’abstraction permet aussi d’aborder des disciplines  enseignées à l’école primaire, où il devient possible pour l’enfant de résoudre des problèmes  avec des nombres, de faire des raisonnements réversibles, mais toujours au  sujet de phénomènes observables. Résoudre  des problèmes où interviennet des facteurs multiples en le décortiquant  de façon systématique demeure exceptionnel à ce  stade.
    Au plan “moral”, l’enfant apprend  qu’il est dans son intérêt de “bien” agir  parce qu’il reçoit alors des récompenses, puis après 7 ans environ il ressent  le besoin de satisfaire aux attentes des membres de son groupe d’appartenance. (principalement la famille et les copains). Ce faisant, il cherche à préserver  des règles qui lui permettent de prévoir les comportements et les événements.
    Durant ce stade, le cerveau émotionnel évolue fortement et par contre les centres d’apprentissage perdent environ 30% de leurs connexions.
 
    Dans le quatrième stade, à partir de 11-12 ans se développe ce que Piaget a appelé les “opérations  formelles”.
    Les  nouvelles capacités de ce stade,  comme celle de faire des raisonnements hypothético-déductifs  et d’établir des relations abstraites, sont généralement  maîtrisées autour de l’âge de 15 ans.
    À la  fin de ce stade, (qui correspond à peu près à l’enseignement au collège), l’adolescent peut donc, comme l’adulte,  utiliser une logique formelle et abstraite. Il peut aussi se  mettre à réfléchir sur des probabilités  et sur des  questions morales.  Les conventions qui orientent son comportement  s’étendent à celles de la société dans  laquelle il évolue. En réfléchissant  au bien-fondé d’une action, l’ado se demande si elle est  conforme aux normes et aux lois de la société qu’il a acceptées (le “surmoi” de Freud, qui a commencé à se former).
    Au cours de cette période,s'effectue la maturation du cortex préfrontal et l'apparition progressive de la capacité à planifier, à contrôler et à inhiber  ses propres comportements. Cette maturation durera jusqu’à 20 à 25 ans.

    Pour Piaget, l’apprentissage est une adaptation de nos schémas de pensée à de  nouvelles données du réel, qui peut se faire de deux façons : par assimilation  ou par accommodation.

    L’assimilation consiste à interpréter les nouveaux événements à la lumière des schémas de pensée  déjà existants dans notre mémoire. Par exemple un bébé  sait comment saisir son hochet avec les doigts d’une main et le secouer pour qu’il  fasse du bruit. Quand il tombe sur un nouvel objet,  il utilise sans  problème ce schéma moteur connu au nouvel objet  et s’étonne que la recette ne fonctionne pas.
    L’accommodation est le processus inverse,  c’est-à-dire changer sa structure cognitive pour intégrer un nouvel objet ou un nouveau phénomène.  Si le même enfant tombe maintenant sur un ballon de plage,  il va essayer de le saisir comme il le fait pour son hochet  avec une seule main. Mais très vite, il va se rendre  compte que ça ne fonctionne pas et découvrira éventuellement comment tenir le ballon entre ses deux  mains.
    On passe constamment de l’assimilation à  l’accommodation durant les processus de compréhension  du monde qui nous entoure.  

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