Samedi 4 novembre 2017 à 12:33

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

     Mon dernier article faisait état d’une étude sur la mémoire et les neurones qui stockaient nos souvenirs.
     Une autre étude m’a particulièrement intéressé.
   
     En effet la plupart des livres et articles sur le cerveau estimaient que nous avions acquis à la naissance tous les neurones, que ceux ci diminueraient en nombre et que la plasticité du cerveau était uniquement due à celle des connexions, c’est à dire des synapses et de la sensibilité à communiquer entre deux neurones.
    Depuis la fin du siècle dernier toutefois cela n’était plus tout à fait admis pour des rongeurs : rats et cochons d’Inde, utilisés dans les expérimentations animales.
    Il semble que cette affirmation ne soit plus tout à fait admise, pour deux régions du cerveau : les centres olfactifs et l’hippocampe qui est le « commutateur de la mémoire ».
    Certes le nombre de neurones qui se créent est très faible vis à vis des 300 milliards de neurones de notre système nerveux : quelques centaines de neurones par jour, à peine, dans l’hippocampe, mais leur rôle est important.
    Depuis quelques années les neurobiologistes essaient de comprendre à quoi servent ces neurones nouveaux nés.
    Ci dessous une photo sous IRM du "gyrus denté" de l'hippocampe, avec les neurones normaux en rouge et les nouveaux neurones en vert:

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     Souvent nous nous rappelons un souvenir avec de nombreux détail, à partir d’un simple stimuli : un mot, un visage, un objet que l’on voit, un son, une odeur…
    Les psychologues citent toujours à ce sujet Proust et son récit dans « A la recherche du temps perdu » où le goût d’une madeleine et d’une tasse de thé lui font ressurgir tous les détails de la maison de sa tante et de la ville environnante de Combray.
    C’est le rôle de l’hippocampe, au moment ou le souvenir se met en place, d’orienter ses éléments vers divers groupes de neurones et d’en « retenir l’adresse » pour parler comme en informatique; lorsque un stimuli rappelle le souvenir, le neurone concerné est alors en relation avec deux centres particulier de l’hippocampe, le « gyrus denté » qui identifie le souvenir, et un autre centre appelé « CA3 », qui rappelle alors toutes les informations des autres neurones concernés par le souvenir.
    Mais il peut être difficile de se rappeler des souvenirs dont les entrées sensorielles se ressemblent. Si par exemple vous êtes dans un supermarché et laissez votre caddie en un point précis pour aller chercher des achats dans les étals voisins, vous vous remémorez l’endroit où vous avez mis votre caddie. Mais si vous allez un peu plus loin dans le magasin, pour d’autres achats, le lieu où vous mettez votre caddie est dans un environnement peu différent du précédent. Les deux souvenirs successifs se ressemblent beaucoup, et il ne faut rappeler en mémoire que le dernier.
    Les nouveaux neurones semblent favoriser la différenciation entre des souvenirs successifs qui se ressemblent.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/2.jpg    Les chercheurs ont agi sur les cellules souches de l’hippocampe de souris, qui produisent ces nouveaux neurones  (ils peuvent représenter jusqu’à 10% des neurones du gyrus denté). Ils ont soit presque supprimé, soit au contraire accéléré la production de nouveaux neurones, pour en voir les conséquences.
    Les souris privées de nouveaux neurones sont incapables de distinguer deux souvenirs différents qui se ressemblent, alors que celles dont on augmente le nombre de nouveaux neurones dans le gyrus denté les distinguent plus facilement.
    Il semblerait que les nouveaux neurones aient un pouvoir inhibiteur pour empêcher un stimuli d’entrée dans le gyrus denté d’activer les neurones des anciens souvenirs analogues et donc les sorties vers les rappels de ces souvenirs de se mélanger (schéma cas 1) ce qui se passe en l’absence de ces nouveaux neurones, (schéma cas 2).

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    On ne peut pas sur l’homme faire des expériences sur le cerveau, mais on constate, sur des IRM, que des personnes, qui ont des difficultés à différencier des souvenirs voisins, présentent alors une suractivation du gyrus denté, ce qui semble confirmer l’anarchie de connexion entre les neurones de souvenirs voisins, due à un manque d’inhibition par les nouveaux neurones, tel qu’on l’a constaté chez la souris.

Mardi 31 octobre 2017 à 12:16

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud


      Je viens de lire un compte rendu de recherche d’un laboratoire de l’université de Californie à Los Angeles sur la formation de nos souvenirs dans notre mémoire, étude faite sur des souris.
      Les deux centres les plus importants, en ce qui concerne la mémoire, étant d'une part les centres amygdaliens qui interviennent dans les souvenirs émotionnels et surtout l'hippocampe, qui renforce à l'origine entre eux les connexions des neurones qui vont décrire un même souvenir et qui ensuite connait "l'adresse"de ces neurones pour les reconnecter tous ensemble lorsqu'on veut rappeler le souvenir;
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    Pour savoir ce qui se passe au niveau de neurones du cerveau humain, nous n’avons qu’un moyen l’IRM. Mais il nécessite d’une part de mettre la personne totalement immobilisée dans un tunnel entouré d’un énorme aimant, et d’autre part , les résultats ne donnent que l’activité d’un groupe très important de neurone et pas des neurones individuellement.
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/microscoperat.jpg    Sur des souris on peut implanter des électrodes dans le cerveau ou loger un certain appareillage dans le crâne.
    Le laboratoire de Los Angeles pouvait déceler, grâce à de fines électrodes les courants dans de petits groupes de neurones, mais il a surtout inventé un minuscule microscope qui permettait de voir les neurones activés dans un groupe de neurone.
    L’appareil était un micro-microscope, qui ne pesait que un peu plus de 2 grammes, implanté dans le crâne de la souris qui le portait comme un chapeau. La souris pouvait donc se déplacer par exemple dans un labyrinthe, avec quelques sujétions, car le microscope était relié à une fibre optique qui transmettait les images (cf photo ci contre).
    Pour voir les neurones qui s’activaient, on injectait à l’animal une molécule qui devenait fluorescente en présence de calcium. Comme le déclenchement de l’influx nerveux est provoqué par un afflux de calcium dans le neurone, on pouvait ainsi voir les neurones qui s’activaient dans le cerveau de la souris lors de la formation d’un souvenir.
    Les chercheurs ont ainsi étudié ce qui se passe dans l’hippocampe lors de la création de souvenirs épisodiques et ce qui se passe dans las centres amygdaliens lors de la formation de souvenirs émotionnels.

    Les résultats de cette étude sont très intéressants
    Tous les neurones ne participent pas de la même façon à la formation des souvenirs.
    Une protéine particulière, dénommée CREB, est indispensable à la formation des souvenirs à long terme : ce gène contrôle l’expression d’autres gènes nécessaires à la mémoire. Les chercheur ont mis au point une autre protéine qui diminuait de façon très importante la production de la protéine CREB. Ils ont montré qu’ainsi ils inhibaient chez les souris la formation de souvenirs.
    Au contraire en augmentant la production de protéine CREB par les neurones, ils ont montré que les neurones qui suractivaient la protéine CREB avaient quatre fois plus de chances de stocker des souvenirs que les neurones voisins.
    Pour expliquer cela, les chercheurs ont testé avec de fines électrodes implantées dans le cerveau des souris, les réponses des neurones et ils ont pu montrer que les synapses répondaient d’autant mieux à des potentiels faibles qu’elles produisaient plus de protéine CREB, ce qui favorise la liaison entre neurones d’un même souvenir.
    En rendant les neurones sensibles à une lumière bleue, qui les active, ils ont pu réactiver des souvenirs et montrer que c’étaient les neurones les plus riches en CREB qui les supportaient.
    Ils ont également montré que lorsque deux souvenirs sont supportés en partie par des neurones communs, l’activation d’un des souvenirs entraine le rappel de l’autre souvenir. Mais au bout d’un certain temps (quelques jours), les souvenirs ont moins de chances d’être supportés par des neurones communs.
    Tout se passe comme si le premier souvenir augmentait la production de CREB, existant les neurones et les rendant plus aptes à la mémorisation. Si un deuxième souvenir arrive dans un temps pas trop éloigné, les mêmes neurones sont plus aptes à le mémoriser puisqu’ils sont en surproduction de CREB. Par contre cette surproduction s’arrêtant au bout d’un certain temps, le deuxième souvenir, s’il est éloigné dans le temps, imprime alors un autre groupe de neurones.
    Les chercheurs ont inactivé au laser les neurones communs à deux souvenirs : le rappel de l’un par l’autre ne se faisait plus. Ils ont rétabli leur fonctionnement en dotant les neurones de récepteurs sensibles à certains neurotransmetteurs et en excitant ces neurones avec ces produits. Le rappel d’un souvenir par l’autre a été rétabli.
    Ils ont également fait les mêmes études chez des souris âgées dont la mémoire était moins bonne, et ils ont constaté que leurs neurones produisaient moins de protéines CREB.
    S’il en est de même pour l’homme, on peut espérer pouvoir mettre au point des médicaments qui, augmentant la production de CREB par les neurones de l’hippocampe, permettrait de lutter contre les pertes de mémoire des personnes âgées.

    Nota : les souvenirs utilisés chez les souris sont des souvenirs de cages successives, où un traitement particulier leur est administré (nourriture, son, choc électrique…) et dont elles se souviennent.

Mercredi 26 juillet 2017 à 18:37

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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         La presse avait beaucoup parlé d’un article écrit par un éditorialiste américain, Nicolas Carr, dont le titre était « Est ce que Google nous rend idiots ? ».
        Il a depuis écrit un livre “The Shallows” (qu'on pourrait traduire par "le bas-fond »), qui est sous-titré « ce que l'Internet fait à nos cerveaux ».
        D’après lui, Internet, les ordinateurs, Google, Twitter et le travail multitâche, transforment notre activité intellectuelle au détriment de notre capacité à lire des choses longues, à mémoriser et à réfléchir, et le web avec son hypertexte coloré et la multitude d'informations morcelées, nous rend stupide. Voici ce qu’il dit :   
        “Il n'y a rien de mal à absorber rapidement et par bribes des informations. Nous avons toujours écrémé les journaux plus que nous ne les avons lus, et nous gérons régulièrement les livres et les magazines avec nos yeux pour en comprendre l'essentiel et décider de ce qui nécessite une lecture plus approfondie.
La capacité d'analyse et de navigation est aussi importante que la capacité de lire et de penser profondément attentivement.
Ce qui était un moyen d'identifier l'information pour une étude plus approfondie, est devenu une fin en soi et notre méthode préférée à la fois pour apprendre et analyser.
Éblouis par les trésors du Net, nous sommes aveugles aux dégâts que faisons peser sur notre vie intellectuelle et notre culture.”

          Soucieux de propositions concrètes, Nicholas Carr va même jusqu'à proposer de repousser les liens hyper-textes en fin d'article, pour faciliter la lecture et la concentration et éviter toute distraction due au zapping.

        Les psycho-neurologues se sont penchés aussi sur la question.
        Il ne fait aucun doute que l'Internet change notre cerveau, mais “Tout change notre cerveau”, le problème est de savoir ce qui est positif et négatif.
        Il est certain que le web a des effets pervers sur le cerveau en diminuant notre capacité de concentration et de réflexion et notre travail de mémorisation, puisqu’on peut y retrouver presque tous les renseignements. L’ordinateur et le téléphone de leur coté avec la possibilité de stocker et gérer des centaines de milliers de données nous dispense de chercher à les mémoriser et notre mémoire, peu entrainée, devient déficiente.
        Ce n’est pas totalement négatif : on ne se souvient pas des informations, mais en général, on se souvient du nom du dossier où on l’a mise : économe de ses efforts, notre cerveau ne stocke pas l'information, il se contente de mémoriser la manière de la retrouver. On peut en retrouver davantage.
        Autre question beaucoup discutée: le web augmente-t-il notre aptitude à être «multitâches», comme le sont les ordinateurs capables d'effectuer différentes opérations de façon simultanée? La réponse est négative si l'on en croit les études américaines. Dans le multitâche, quelque soit notre entrainement, le cerveau a du mal à faire deux tâches à la fois, mais y arrive en faisant coopérer les deux hémisphères, mais pour mener trois tâches à la fois, son efficacité s’effondre totalement et les erreurs apparaissent nombreuses.
        Par ailleurs, ceux qui ont l'habitude de sauter d'une page à l'autre sur le web sont plus facilement distraits par des notions sans importance.
        Autre constat, la pratique de la lecture est bouleversée par internet. Les travaux en neurosciences montrent en effet, grâce à l'IRM, que la lecture d'une page imprimée sur du papier n'active pas les mêmes zones du cerveau qu'une page web. Dans le premier cas, elle fait appel aux aires du langage, de la mémoire et du traitement visuel. Dans l'autre, ce sont les régions liées à la prise de décision et à la résolution de problèmes qui travaillent.

        Le web a cependant un avantage certain : on y trouve énormément de choses : des choses fausses, des choses sans intérêt, mais aussi bien des données littéraires ou scientifiques.
        Autrefois on ne trouvait qu’une partie seulement en allant dans des bibliothèques : aujourd’hui le contenu de presque toutes les bibliothèques est à notre portée, chez soi. Mais si tous ces savoirs sont disponibles sur le web, reste à vouloir se les approprier, et à apprendre à s'en servir à cette fin.

        Personnellement je vais assez souvent sur internet et je consulte pas mal Google et Wikipédia et sur les sites scientifiques, je me sers souvent des liens.
            Je devrais donc ne plus pouvoir faire attention de façon soutenue.
 Il n’en n’est rien, je peux encore lire des compte rendus scientifiques ou techniques de quelques dizaines de pages et il m’arrive de lire des mémoires de M2 ou des thèses, scientifiques, voire littéraires ou philosophiques qui ont 50 à 100 pages, et que j’ai sûrement plus de mal à lire et comprendre que les articles scientifiques. Mais je les lis facilement s’ils m’intéressent.
        Mais effectivement mes études et par la suite mon métier, m’ont habitué à lire aussi bien de longs rapports que des informations courtes, mais sur lesquels il faut réfléchir ensuite.
            Je me sers intensément de l’ordinateur depuis 1980 et d’internet depuis 1992 et je n’ai pas l’impression que cela m’ait trop dégradé l’esprit. LOL
            Par contre je constate que mes petits-enfants, leurs camarades ou les jeunes que je côtoie ont du mal à se concentrer longtemps sur un sujet, voire même à faire attention à un problème scolaire.
            Cela dit, la plupart d’entre eux ne font pas du zapping d’un lien à l’autre et ne consultent pas intensément Google. Donc la cause n’est pas celle invoquée par  Nicholas Carr.
            Je pense cependant que les moyens multimédias ne sont pas étrangers à ce problème.
            A mon avis les jeunes ont actuellement trop d’occupations possibles et donc se dispersent entre elles. Ils perdent beaucoup de temps dans des conversations pas forcément très utiles sur les réseaux sociaux ou par des centaines de SMS, et si l’on collecte l’information ainsi échangée, il n’y a pas grand chose d’essentiel
            Internet leur prend du temps, mais le téléphone et la télévision aussi.
            Ils écoutent souvent de la musique, mais qui n’est pas compatible avec un travail intellectuel.
        L’ordinateur, les appareils photos numériques ou les caméras sont beaucoup plus abordables (quand j’étais jeune cela n’existait même pas) et les ordinateurs donnent des possibilités d’utilisation multiples.
        Alors on n’a plus le temps (ni le courage) de faire des actions longues et fatigantes.
        Si les jeunes ne réussissent pas toujours dans leurs études (pas tous heureusement), c’est plutôt parce qu’ils se dispersent trop et sur des tâches  peu utiles ou peu formatrices
           Et puis les copains, le ou la petit(e) ami(e), cela prend aussi du temps.

              Ce qui me gêne le plus ce n’est pas ce manque d’attention, mais c’est le manque de motivation, de curiosité pour les choses nouvelles, pour les choses scientifiques comme littéraires.
            Car pour faire quelque chose de fatigant, il faut être intéressé, motivé et en avoir pris l’habitude, en avoir fait l’apprentissage.
            Je crois simplement que l’on a aujourd’hui trop d’informations et qu’on n’apprend plus à distinguer celle qui est utile de celle qui est superficielle, futile et superflue. On a en partie tué la curiosité intellectuelle, parce qu’on n’a pas su montrer à quoi elle pouvait servir.
        Je crains que ce soit un des gros défauts de notre système actuel d’éducation, notamment au primaire et au collège..

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         Un correspondant, après avoir lu mon article sur les mémoires, me demande, « mais comment se forment nos souvenirs ? »
        Je vais essayer de l’expliquer mais en simplifiant beaucoup.

        Tout souvenir commence par une perception : image, son, toucher, odeur goût, et éventuellement les sensations internes de notre propre corps. (schéma à gauche ci-dessous).
        Ces sensations remontent par les nerfs correspondants vers le thalamus et sont d’abord transmises aux centres amygdaliens : c’est une question de survie : si la sensation montre un danger il faut qu’il y ait une réaction très rapide : quelques centièmes de seconde.
        L’amygdale communique avec le cerveau émotionnel, et la première impression presque inconsciente de notre cerveau est une perception émotionnelle. Les individus y sont plus ou moins sensibles. On en tient compte dans les préférences cérébrales ( préférence A/O, voir mes articles sur ce sujet). Cela dure de l’ordre de quelques dixièmes de seconde.
        Si vous écoutez un orchestre, la mélodie peut vous émouvoir aux larmes, vous ne savez pourquoi. Ce n’est pas raisonné.
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      A la perception émotionnelle succède une perception organisée, que des centres spécialisés analysent. Par exemple pour le vue, l’analyse va examiner les formes, les couleurs, les mouvements, puis dans la voie dorsale situer l’événement dans l’environnement, en faisant des cartes situationnelles, ( le « où? »), et par la voie ventrale, reconnaître les objets (le « quoi ?).
(voir le schéma à droite ci-dessus). C’est rapide 0,1 seconde.
        Pour en revenir à l’orchestre vous voyez les instruments, les musiciens, le soliste, le chef d’orchestre, vous identifiez les sons, les timbres, les voix.
        La transmission peut se faire vers les centres moteurs et inconsciemment vous battez la mesure avec vos mains ou vos pieds.

        Pour pouvoir identifier ls objets, les scènes, l’environnement, le cerveau va rechercher les neurones où des scènes analogues ont été enregistrées par le passé dans les centres du lobe temporal inférieur. C’est le cortex préfrontal qui donne les ordres, mais une partie est réalisée inconsciemment par l’hippocampe. Dans le cas de l’orchestre, le cerveau se réfèrera à des séances passées pour identifier éventuellement instruments et personnages. (cf.schéma à gauche ci-dessous).
        Cela est encore très rapide : 0,3 secondes environ.

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        Toutes nos idées reposent sur le langage; le cerveau va alors faire appel aux centres du langage, notamment Wernicke et Geschwind (voir mes précédents articles).
Il va ainsi relier les sensations et les mots : orchestre, piano, violon…. tabouret, pupitre, partition… violoniste, pianiste, soliste, chef d’orchestre…., mais aussi l’environnement de la salle.
(cf.schéma de droite ci-dessus). Durée de cette opération, environ 0,5 seconde.
    Il va communiquer avec le cortex préfrontal via deux modules tampon, l’un pour les sensations, l’autre pour les mots. Ceux ci conservent éventuellement l’information le temps d’un dialogue entre centres.

        Le cerveau va alors constituer l’ensemble du souvenir : l’hippocampe va solliciter, sous les ordres du cortex préfrontal qui maintenant a conscience de ce que vous ressentez, de très nombreux centres, en établissant des connexions plus durables entre neurones. Le souvenir devient multimodal et riche de toutes les sensations et ressentis; il est à la fois perceptions et lexical.
        Le souvenir est alors complet et les connexions établies plus ou moins fortes. Si le souvenir a une importance, ou est fortement émotionnel, les connexions seront fortes et durables à moyen terme. Sinon elles seront plus labiles et disparaîtront au bout d’un certain temps car inutiles (par exemple où ai-je garé ma voiture?). Cette opération va être plus longue, 30 secondes environ.
voir schéma de gauche ci-dessous).
   
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        Mais ce souvenir risque de s’effacer si les connexions ne sont pas très fortes. Pour l’éviter, si le souvenir est considéré comme utile, il va être rappelé durant notamment pendant notre sommeil. Nous pouvons aussi le rappeler consciemment.
        C’est le cortex préfrontal qui donne l’ordre d’un rappel volontaire, avec l’aide de l’hippocampe. Les connexions avec les différents centres de perception sont rétablis (voir schéma de droite ci-dessus), et le souvenir est ré-enregistré et les connexions entre neurones se renforcent à chaque enregistrement.
        Mais il y a un risque de déformation, certains détails peuvent être oubliés, d’autres légèrement transformés.
        De plus d’autres perceptions relatives au même souvenir peuvent interférer (récits, photos…)   

        Comme le souvenir n’est pas fortement enregistré au stade précédent, pendant le sommeil un fonctionnement inconscient du cerveau va d’une part éliminer les connections de souvenirs sans importance, inutiles ou nocifs, et par contre rappeler les souvenirs importants en mettant à contribution l’ensemble du cerveau émotionnel dans ce que l’on appelle le « circuit de Papez (voir schéma ci-dessous) et ceci en liaison avec le centre de Geschwind, les centres multimodaux d’enregistrement des sensations, et le lobe temporal inférieur. Les souvenirs sont alors renforcés de façon à subsister un temps notable.
 
       Mais si vous ne les rappelez jamais par la suite, ils tomberont peu à peu dans l’oubli, certaines connexions disparaissant ou étant difficiles à rappeler.

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        L’ensemble de ces souvenirs dits « épisodiques » est le récit de notre vie, et est une forte composante du « soi ».

        Pour les connaissances apprises par apprentissage, le processus est un peu différent, car le cortex préfrontal établit des connexions entre les différentes notions sémantiques, pour relier les connaissances élémentaires entre elles de façon logique et hiérarchisée. C’est la répétition par apprentissages successifs (et « exercices »), qui consolide le souvenir.
        Dans le cas de modes opératoires  répétitifs, l’enregistrement se fait au niveau du cervelet, qui se substitue ensuite au cortex préfrontal, pour conduire les opérations (marcher, nager, jouer du piano, taper à al machine, conduire une voiture faire du vélo ou du patin à roulettes etc…°.
       
       

Mercredi 19 octobre 2016 à 12:21

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

   J’ai fait déjà plusieurs articles sur notre mémoire, qui constitue la moitié de notre intelligence.
    Nous nous référons sans cesse au passé, à nos connaissances, à notre expérience; nous avons besoin de mots pour nous exprimer, nous avons appris un certain nombre de processus.
    Le schéma ci-dessous que j’ai déjà publié, classifie nos diverses mémoires et leurs rapports avec les autres centres du cerveau (voir mon article du 4 mai 2015).

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     Je voudrais aujourd’hui examiner ce que l’on sait de la mémorisation.
    En fait la plus grande partie du phénomène nous est encore inconnu.


    Ce que l’on sait, c’est qu’un souvenir, ou une connaissance est au départ fragile et n’est pas durable. Pour que elle subsiste dans notre cerveau, il faut que le souvenir soit répété pour que les connexions entre les groupes de neurones qui la constituent soient considérablement renforcée.
    Par la suite, chaque fois que l’on évoquera le souvenir, il sera réenregistré et renforcé, avec toutefois un risque de transformation en fonction du contexte et des connaissances annexes s’y rattachant, acquises depuis.
    Si un souvenir n’est jamais rappelé, il tombe peu à peu dans l’oubli.

    Deux rappels sont possibles : l’un volontaire, c’est l’apprentissage, notamment au moyen d’exercices. On répète la connaissance que l’on veut apprendre.
L’autre est inconscient toutes les nuits. Le cerveau renforce l’information du souvenir, en la faisant circuler dans le cerveau émotionnel : c’est ce que l’on appelle le circuit de Papez. (voir schéma ci dessous).

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    Pendant le sommeil le cerveau, d’une part évacue les perceptions temporaires et souvenirs inutiles ou nuisibles (c’est ce qui donne lieu à nos rêves pendant des micros-réveils), et d’autre part renforce ainsi les souvenirs utiles que l’on veut conserver, et qui sinon, s’effaceraient.

     Ce qu’on ne connaît pas bien c’est le mécanisme élémentaire de cette consolidation (que l’on appelle la « potentialisation à long terme ».
    Les chercheurs ont montré que des protéines interviennent dans cette consolidation.
    Lorsqu’on soumet le cerveau de rats, qui ont mémorisé le parcours dans un labyrinthe, à de fortes doses d’antibiotiques, la mémoire de ce qu’ils avaient appris est perdue, les antibiotiques ayant empêché la synthèse de protéines dans le cerveau.
    Mais on a constaté que le souvenir acquit n’était pas effacé et que, sur les souvenir déjà renforcé, l’absence de protéines affectait essentiellement la « remontée «  du souvenir.
   Par contre il est presque certain que certaines protéines notamment des petides dérivés d’hormones ou de neuromédiateurs, ainsi que diverses enzymes,, jouent un rôle important dans la potentialisation à long terme. Mais on ne sait pas quels sont les autres facteurs qui peuvent intervenir.
    Cette consolidation est très étudiée au niveau des synapses, où l’on essaie de mettre en lumière le rôle de divers facteurs chimiques protéines ou enzymes.
    On a notamment montré qu’il y avait deux phases importantes dans cette consolidation des connexions neuroniques : l’un qui dure une heure environ et qui met en jeu des enzymes. Puis une potentialisation lente de plusieurs jours qui requiert la synthèse de plusieurs protéines.
    On constate une augmentation de certains récepteurs et de certains neurotransmetteurs, notamment le glutamate, au niveau des synapses.
      Une de mes correspondantes trouve que j’ai exagéré dans mon article du 29     vril, en ce qui concerne la possibilité de se forger de faux souvenirs.
Elle trouve que l’exemple que j’ai cité sur une personne accusée par la police est trop particulier et celui de quelqu’un de traumatisé donc fragile.
     Elle me demande par quel mécanisme pourrait se forger un souvenir « ordinaire ».

     L’IRM ne permet pas encore de savoir ce qui se passe au niveau d’un tout petit groupe de neurones et donc il est difficile de faire des expériences sur l’homme dans ce domaine;. Mais on peut le faire sur des souris, en implantant des fines électrodes dans le cerveau, plus exactement dans l’hippocampe, le « professeur de la mémoire ».
      Si on fait circuler la souris dans un labyrinthe, on constate que des groupes de neurones spécifique de chaque zone traversée s’activent lorsque la souris traverse cette zone. Quand la souris est à un carrefour commun à plusieurs zones, les groupes de neurones de ces zones s’activent tous, ce qui donne le point précis où se trouve la souris dans le labyrinthe à cet instant. On reconstitue donc l’itinéraire de la souris, en suivant la succession des groupes de neurones activés.
     Dans ce labyrinthe, la souris était attirée par une récompense de nourriture en fin de parcours, qui excitait ses centres de récompense.

      Lorsque la souris dort, son hippocampe s’active, alors qu’elle ne bouge pas, et les neurones de l’hippocampe « rejouent » le parcours dans le labyrinthe. L’hippocampe envoie des signaux  à des groupes de neurones précis de la mémoire visuelle, voire olfactive et motrice, notamment aux neurones qui dressent les cartes de notre environnement, également au cortex préfrontal, et, chaque fois que le parcours est rejoué, les connexions entre groupe de neurones ont renforcées pour constituer le souvenir.

     Mais à l’aide des électrodes, on peut agir sommairement sur le cerveau de la souris. En particulier pendant qu’elle reconstitue le parcours virtuel dans son sommeil, on excite le circuit de récompense qui produit de la dopamine, uniquement quand la souris se trouve dans par exemple, trois zones  intermédiaires sur les sept que comportait le labyrinthe.
    Au réveil la souris ne fait plus tout le parcours, elle se contente d’aller successivement dans les trois zones, toute étonnée de ne pas y trouver de récompense.
    On a donc fabriqué » un faux souvenir dans le cerveau de la souris, pendant son sommeil. On a amputé un souvenir réel en en conservant et transformant une partie.

      L’observation du cerveau montre que cet apprentissage virtuel par répétition de ce qui s’était passé pendant l’éveil, qui se produit pendant le sommeil, se fait essentiellement pendant le sommeil profond à ondes lentes, et chaque « répétition » est précédée d’un train d’oscillations rapides, qui marquent ainsi la répétition.
    Par un mécanisme électrique, on peut alors supprimer l’exécution de cette répétition, et on constate alors que, au réveil, le rat a oublié l’itinéraire mémorisé la veille. Les connexions entre groupes dee neurones ne se sont pas renforcées et le souvenir du rat s’est effacé.

     Il est probable que dans le cas de souvenirs traumatisants la personne blessée repense souvent à ce qu’elle a vécu et le souvenir est donc considérablement renforcé, au point de devenir éventuellement obsessionnel.. Pour ne pas le renforcer, il faudrait donc éviter le plus possible de se remémorer souvent le passé traumatisant.
     Evidemment on ne peut implanter des électrodes dans le cerveau des traumatisés pour leur atténuer le souvenir traumatisant.
     C’est pour cela que je conseille souvent de tirer la leçon du passé, puis d’essayer de tourner la page en pensant le plus possible au présent et à l’avenir, et d’éviter au maximum les remords de ce que l’on a fait, et les regrets de ce qu’on n’a pas su faire.

Vendredi 29 avril 2016 à 9:51

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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     J’ai fait plusieurs articles sur la mémoire et j’ai dit à plusieurs reprises que beaucoup de souvenirs tombaient dans l’oubli, parce que nous ne les évoquions pas souvent et que par ailleurs, même ceux qui restaient en mémoire, d’une part étaient incomplets à l’origine, mais ensuite se transformaient peu à peu.
    Un de mes jeunes correspondants qui a une trentaine d’années ne veut pas me croire et me dit par exemple qu’il se souvient parfaitement de tous les détails de son mariage et de la réception qui a suivi.
    Je veux bien le croire pour ce souvenir particulier, car les souvenirs « chargés d’émotions » se conservent mieux et qu’il doit l’évoquer souvent avec sa femme ou des amis.
    Mais se souvient il vraiment des noms et prénoms de toutes les personnes qui y assistaient, du menu du repas, des fleurs qui ornaient la cérémonie, des vêtements que portaient tel ou tel copain ? J’en doute fort.
    Les études de psychologues montrent que tous nos souvenirs peuvent 'être corrompus et déformés, même ceux qui nous sont les plus chers.

    Certes les événements qui touchent à nos sentiments ou ceux traumatisants s’impriment mieux dans notre mémoire et nous avons moins tendance à les oublier, mais nous n’enregistrons pas toutes nos sensations dans le détail et notre mémoire peut les transformer, car elle les « ré-enregistre » chaque fois que nous les évoquons et les modifie donc avec des détails en moins mais aussi éventuellement des détails en plus.
    Ainsi je suis persuadé d’avoir des images en mémoire des lieux ou j’habitais quand j’avais 5 ans, mais je me suis rendu compte que la plupart de ces images provenaient de photos prises par mes parents. De même pour certains des petites aventures de gosse qui me sont arrivées quand j’avais 7 ans, je constate que mes souvenirs sont fait de certaines images personnelles, mais aussi de récits de mes parents ou grands-parents, que je pensais appartenir à mes propres souvenirs.
    Nous pouvons même nous rappeler avoir fait (et y croire), des choses inventées de toutes pièces par notre imagination.
    Ce n’est pas très grave tant que cela ne concerne que notre propre vie, mais supposez que vous soyez témoin d’un crime, vos souvenirs sont ils fiables, et une erreur pourrait être grave pour une personne accusée en raison de votre témoignage.
    Lorsque peu de temps après les événements, vous tenterez de vous en souvenir
dans les moindres détails, vous ferez sans doute des erreurs sur plusieurs points importants, et ces erreurs seront certainement plus nombreuses d’ici quelques jours, quelques mois, quelques années. Au fur et à mesure que nos souvenirs s'estompent, nous nous trompons de plus en plus - tout en étant certains d'avoir raison et que notre mémoire est infaillible.

    Mais notre mémoire peut même être manipulée. Certaines personnes peuvent nous
persuader que nous avons vécu des choses qui ne nous sont pas arrivées personnellement, ou qui même n’ont pas existé.
    Les enquêtes sur certaines erreurs judiciaires ont montré que l’on peut même arriver à persuader une personne qu’elle a commis un crime, dont elle va s’accuser.
    Les policiers, persuadés à tort de sa culpabilité, ont harcelé le suspect jusqu'à ce qu’il leur dise ce qu'ils désiraient entendre. Comme le suspect ne leur donnait aucun
détail, (sur ce qu’il n’avait pas fait !) ils ont décidé d'inverser Ia situation et de
lui en suggérer et ils finissent par tellement fatiguer leur interlocuteur par leurs questions et leurs accusations, avant de lui suggérer de fausses informations, que la personne finit par douter d’elle même et par admettre par lassitude, ce comportement criminel.
    L’innocent doute de lui même, finit par admettre sa culpabilité et son imagination reprend les informations des policiers et comble les détails manquants.
    C’est évidemment d’autant plus facile que la personne a déjà du mal à se souvenir, par exemple parce qu’elle était ivre ou droguée.
    Les témoins et les victimes sont autant susceptibles que les suspect, de mal se souvenir de certains événements. Des études ont montré que 70% des personnes condamnées injustement et innocentées ensuite par leur ADN, ont été condamnées en raison d,une erreur d’identification par la victime ou par un témoin.

    J’ai déjà cité dans d’autres articles, des erreurs qu’on faites involontairement des thérapeutes qui avaient psychanalysé et implanté, sans le vouloir de faux souvenirs dans la mémoire de leur patient. Ayant fait une hypothèse sur la maladie de leur client, et sur les raisons de leurs problèmes psychologiques, à force de leur poser des questions, certaines étant presque des suggestions, et de leur demander d’iamaginer des scènes qui auraient dû provenir de leur mémoire, ces thérapeutes avaient fini par faire accepter leurs idées à leurs patients. Ceux ci avaient fin i par vraiment se persuader d’avoir subi les traumatismes supposés et leur état psychologique s’en était forcément aggravé.
    De nombreuses d’études de psychologie sont faites pour tester ainsi notre méoire, et elles ont toutes révélé que celle-ci n’était pas parfaitement fiable, et que d’autre part on pouvait volontairement implanter de faux souvenirs chez des personnes « cobayes » de ces expérimentations.

    Notre mémoire est un outil très important, c’est la moitié de notre intelligence, car c’est sur elle que repose la plupart de nos réflexions. C’est elle sui fournit aussi à notre imagination, des élément crédibles pour construire l’avenir, l’irréel, ou l’invention.
    Mais lorsque nous lui demandons un  témoignage, il faut nous méfier d’elle et cela d’autant plus que nous vieillissons et que l’e souvenir est lointain.
    Elle peut alors mélanger les événements réellement passée à d’autres que nous avons engrangés à d’autres circonstances (images, récits) ou même que nous avons imaginés de toutes pièces.
    Et nous croyons mordicus, que ce souvenir bâtard est réel et véridique!

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       J'ai indiqué dans mon précédent article, qu'on pouvait récupérer des données perdues , parce que mise à la poubelle d'un ordinateur par erreur. Aujourd'hui je vais parler de la destruction volontaire de données comparée à l'oubli de notre mémoire humaine.

      Dans le cas d’un ordinateur, une donnée est enregistrés sous forme de « 1 » ou de « 0 », en fait une modification microscopique locale d’un phénomène physique par exemple magnétique. Cette modification est permanente sauf si on l’efface volontairement par un traitement physique approprié (mettre par exemple des « 0 » partout.)
    Dans le cas de notre mémoire de petits groupes de neurones représentent une entité : par exemple un visage, un mot, une couleur, une émotion etc…  Le souvenir renforce les liens entre eux, de telles sorte que si on se lie à l’un des groupes, on est alors liés aux autres groupes. On mémorise ainsi des scènes , des épisodes de notre vie, mais aussi des connaissances, notre expérience et des données concernant des entités diverses.
    Dans une partie du cerveau, l’hippocampe, est stockée l’adresse ou des adresses de certains de ces groupes, de telle sorte que lorsque votre cortex préfrontal, qui pense et réfléchit, évoque un aspect du souvenir, il se met en rapport avec l’hippocampe, qui le met en relation avec l’ensemble des groupes de neurones concernés par ce que l’on a mémorisé et qu’on veut « rappeler consciemment ».
    Cela ressemble plus au fonctionnement d’un central téléphonique qu’à celui d’un ordinateur.
    Au départ les éléments du souvenir sont issus de perceptions, notamment images, et de mots. Celles ci ne sont que temporaires et le cerveau fait un tri, orchestré en partie par le cortex préfrontal, et détruit pendant le sommeil les souvenirs sans intérêt en affaiblissant les connexions le concernant, ou au contraire, renforce les souvenirs intéressants et pertinents, en en rappelant inconsciemment pendant le sommeil tous ses éléments et en en renforçant les connexions à chaque rappel, tout ce travail se faisant insconsciemment.
    Par la suite, si nous ne pensons jamais à ce souvenir, la force des connexions va diminuer et si on ne le rappelle pas régulièrement, ce qui entretient ces connexions, le souvenir va s’appauvrir et tomber peu à peu dans l’oubli.
    Et si nous rappelons parfois notre souvenir, nous renforçons à nouveau les connexions, mais pas forcément de la même façon qu’à l’origine, Notre souvenir se transforme et évolue donc dans le temps

    Il y a là une différence fondamentale avec l’ordinateur
    Alors que la donnée enregistrée dans l’ordinateur est pérenne, si on ne modifie rien volontairement. Les mêmes élémeNts de données seront toujours enregistrées.
    Les données de notre mémoire humaine,au contraire, se transforment et évoluent dans le temps et elles peuvent même, peu à peu, se détruire et tomber dans l’oubli, si on ne s’en sert pas assez souvent et cela inconsciemment.
    Et l’on n’a malheureusement pas de disque de sauvegarde, sauf quelques écrits ou quelques photos ou vidéos, étrangers à notre mémoire biologique.

    Revenons à des données que vous voulez effacer sur votre ordinateur. C’est volontaire et facile : vous les mettez à la poubelle et vous videz celle-ci. Mais ce que vous supprimez c’est leur adresse. Comme je vous l’ai dit dans le précédent article, vous ne supprimez que leur adresse et elles restent inscrites sur le disque dur, (ou autre support), tant qu’on ne réécrit pas par dessus de nouvelles données.
    Si vous voulez faire disparaître intégralement les données il faut faire un « effacement sécurisé », mais c’est long car il faut alors que l’ordinateur remette à zéro tous les bits de la donnée en cause. Alors pour ne pas y passer des heures, je vous recommande de vider d’abord votre poubelle si elle contient d’autres données, puis d’y mettre seulement ce que vous voulez supprimer, et de faire alors la destruction sécurisée.
    Et si vous voulez modifier vos données il faut les rappeler sur votre ordinateur, les transformer, et réenregistrer.
    Mais les données correspondantes sont toujours présentes sur votre disque de sauvegarde, et il faudra le traiter aussi, si vous voulez les y supprimer.

    Ceci est valable pour un ordinateur isolé. C’est plus compliqué si vous avez stocké des données sur un cloud ou sur un serveur externe qui ne dépend pas de vous.
    En général ces serveurs mettent à votre disposition des procédures qui permettent de rappeler la donnée sur votre machine, de la modifier et la réenregistrer ou de la supprimer.
    Vous avez supprimé vos données, en ce sens que vous n’y accèderez plus, mais c’est une simple suppression d’adresse, pas une donnée sécurisée, et rien ne vous prouve que le détenteur du serveur (ou un hacker) n’a pas un endroit de sa machine où cees données sont encore présentes et peuvent être consultées par autrui.
    C’est donc très difficile d’être sûr que des données enregistrées à l’extérieur ont bien été supprimées.
    Il est même à peu près sûr qu’on ne supprime pas totalement des données de serveurs comme Facebook ou Google, qui les utilisent à des fins statistiques et de markéting, ce qui est leur gagne pain, puisque le service qu’ils vous rendent est gratuit.
    Personnellement je me sers le moins possible de Facebook et je détruis la plupart des moyens espions de Google, et je ne stocke sur le cloud que des données que je veux partager avec d’autres.
    On m’en a chapardées certaines, mais c’était sans importance.
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     J’ai lu une étude intéressante sur l’effet de l’utilisation du GPS sur notre cerveau.
    Cela m’a intéressé car je ne me sers pas de GPS, alors que des personnes de connaissance ne peuvent plus se déplacer sans lui.
    J’ai donc pu comparer et mieux comprendre le sens de cette étude.

    Le plus souvent je n’ai pas besoin de GPS, car je vais à un endroit connu. J’ai alors dans ma tête un itinéraire qui a deux composantes :
    - d’abord une carte mentale, schéma des routes, un plan mais sur lequel les distances restent approximatives;
    - ensuite des points de repères qui permettent de pallier cette approximation : un bouquet d’arbres, une maison particulière, un monument, le clocher d’une église, une affiche, les panneaux routiers…
    Si je vais en un lieu que je ne connais pas, j’étudie le trajet sur une carte routière que j’emporte avec moi, pour suppléer à un oubli. C’est l’équivalent de la carte mentale.
    Mais il me manque les souvenirs des points de repère. Maintenant que l’on peut consulter sur internet des cartes satellites, avec vue en 3D, je parcours mon itinéraire à la recherche de points de repères. Je compte aussi les croisements de route, et je relève des distances sur la carte. Cela me permettra de me guider, si je suis attentif et ne vais pas trop vite.

    Que font les personnes que je connais et qui se servent du GPS; Ils obéissent tout simplement « tourner à gauche au prochain carrefour.
    Plus besoin de réfléchir, on peut anticiper et mettre les clignotants très tôt avant de tourner. C’est bien commode. Surtout s’il y a des sens interdits.
    Mais si jamais on se trompe, ou si le GPS n’avait pas un bon plan (cela arrive !), alors là on est complètement paumé et ce d’autant plus qu’on ne sait pas quelle erreur le GPS a faite. Cela m’est arrivé de sortir d’affaire un camarade que j’accompagnais, parce que son GPS avait fait une erreur et que j’avsi regardé lka carte avant de partir.

    L’étude dont je parlais en début d’article avait comparé ainsi des personnes ayant utilisé pendant longtemps des stratégies différentes d’orientation sur route.
    Les chercheurs ont constaté que les personnes sui utilisaient toujours leur GPS depuis longtemps avaient une faculté très diminuée d’élaboration des cartes cognitives et des images mentales de repères qui les accompagnent. Après avoir parcouru les lieux et être arrivé au bon endroit, les personnes utilisant le GPS avaient quelques repères visuel, mais très peu de connaissance de l’organisation des lieux et étaient incapables de tracer un plan de leur itinéraire.
    Leur mémoire et leur cortex frontal n’étaient pas entraînés à cela. C’est le cortex préfrontal qui réfléchit et organise, et c’est l’hippocampe et le cortex entorhinal proche qui organisent et stockent les cartes mentales, le calepin visuo-spatial servant de mémoire de travail entre les deux.

    Nous ne sommes pas les seuls à avoir des cartes mentales : lorsque l’on a habitué des rats à naviguer dans un labyrinthe, ils le parcourent très vite et sans hésitation. Et si l’on barre une voie, ils arrivent assez rapidement à trouver un itinéraire de secours, ce qui prouve qu’ils ont retenu une topologie des lieux.

    Utiliser en permanence un GPS entraîne donc un appauvrissement mental. Et naviguer sans GPS si on connait un peu les lieux est une hygiène mentale.
    Les chercheurs ont alors étudié le cas de personnes que la voix de leur GPS agaçait et qui l’utilisait sous forme de l’affichage d’une carte sur laquelle est tracé l’itinéraire et d’un point représentant le véhicule. C’étaient eux qui prenaient les décisions de conduite et de changement de direction.
    Ils ont observé que ces personnes avaient gardé la capacité de retenir des images mentales.
    Ils préconisent donc de ne pas se servir « bêtement » du GPS, mais de garder l’initiative des décisions, le GPS n’étant qu’une carte routière affichée en permanence, avec un repère de position facilitant la consultation en temps réel.

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Mercredi 3 février 2016 à 8:53

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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Il m’arrive souvent de m’interroger sur l’influence d’internet et plus généralement des nouvelles technologies sur notre cerveau et donc de lire des études à ce sujet.
    Quand je vois la manière de procéder des camarades de mes petits enfants, je compare à ce qui est dit dans ces documents.
    En fait les nouvelles technologies ne modifient pas notre cerveau, mais la façon dont nous nous en servons, et comme les circuit cérébraux s‘adaptent à l’usage que nous en faisons, ils prennent l’habitude de fonctionner différemment.

    Il est certain que les nouvelles technologies, si on n’y prend garde, peuvent être très néfastes pour la mémoire.
    Personnellement j’ai été formé avec les méthodes d’autrefois, les moyens informatiques actuels n’existant pas, et on  apprenait beaucoup par cœur et j’ai donc toujours une excellente mémoire, car elle a été formée étant jeune.
    Mais effectivement je m’en sers moins : il y a 4à ans, je connaissais plus d’une centaine de numéros de téléphone des gens que j’appelais souvent? Aujourd’hui tous les numéros sont dans les mémoires des téléphones et je ne connais plus guère que les miens.
    Un psychologue a fait écrire sur un ordinateur une série de mots en demandant aux expérimentateurs de les retenir dans leur mémoire. A la moitié d’entre eux il a dit que l’ordinateur noterait ces mots. Les performances de mémorisation de ce groupe ont été beaucoup moins bonnes que celles du groupe qui ne savait pas que les mots écrits seraient conservés. Cela dénote une certaine paresse intellectuelle quand on compte sur la machine pour nous économiser des efforts.   
    D’autres expériences montrent que l’on retient beaucoup mieux des notes prises à la main, que si on les prend au clavier. A coté de la mémoire visuelle, il y a une mémoire manuelle de l’écriture et surtout il faut davantage réfléchir à ce qu’on va écrire, car on ne peux; comme sur l’ordinateur, revenir sur la présentation.
    Je suis inquiet pour les jeunes car on ne leur fait presque plus rien apprendre par cœur et ils mémorisent peu de connaissances. Celles ci ne leur manqueront pas car ils pourront les retrouver sur internet, mais leur mémoire n’a pas été exercée et je constate que eux, pourtant bien plus jeunes, ont une bien moins bonne mémoire que moi.
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    Je ne reviendrai pas sur le fait qu’il est illusoire que l’usage des nouvelles technologies rend notre cerveau multitâches. J’ai écrit plusieurs articles à ce sujet.
   
    Une chose intéressante est ce que nous apprend l’observation en IRM du fonctionnement de notre cerveau quand nous lisons une page d’un livre et une page sur internet.
    Dans la cas du livre, nous mobilisons essentiellement les aires du traitement visuel, du langage et de la mémoire. Le cortex préfrontal intervient pour comprendre le sens de ce que nous lisons et le rapprocher de ce que nous avons déjà mémorisé.
    Dans le cas du web, la priorité est donné à la navigation et les aires de lecture et de mémorisation sont moins sollicitées et ce sont les aires du cortex préfrontal de prise de décision et de résolution des problèmes liés à la navigation qui sont par ailleurs très actives.
    Résultat on mémorise beaucoup moins bien ce qu’on lit sur internet que ce qu’on lit dans un livre, et ce d’autant plus qu’on n’est pas motivé, puisqu’on sait qu’on pourra toujours retrouver l’information, sans avoir besoin de la mémoriser….. sauf le jour d’un examen, d’un partiel ou d’un concours.
    S'il y a un très grand nombre de savoirs disponibles sur le web, reste en effet à vouloir se les approprier, et à apprendre à s'en servir à cette fin. Et par ailleurs à cultiver autant sa mémoire, car ensuite il sera trop tard pour le faire.
    Pour faire du web un outil au service de l'apprentissage, encore faudrait-il lui donner d'abord sa place dans l'enseignement général et apprendre aux élèves à s’en servir, sans négliger des apprentissages par des moyens classiques.

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