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         Un correspondant, après avoir lu mon article sur les mémoires, me demande, « mais comment se forment nos souvenirs ? »
        Je vais essayer de l’expliquer mais en simplifiant beaucoup.

        Tout souvenir commence par une perception : image, son, toucher, odeur goût, et éventuellement les sensations internes de notre propre corps. (schéma à gauche ci-dessous).
        Ces sensations remontent par les nerfs correspondants vers le thalamus et sont d’abord transmises aux centres amygdaliens : c’est une question de survie : si la sensation montre un danger il faut qu’il y ait une réaction très rapide : quelques centièmes de seconde.
        L’amygdale communique avec le cerveau émotionnel, et la première impression presque inconsciente de notre cerveau est une perception émotionnelle. Les individus y sont plus ou moins sensibles. On en tient compte dans les préférences cérébrales ( préférence A/O, voir mes articles sur ce sujet). Cela dure de l’ordre de quelques dixièmes de seconde.
        Si vous écoutez un orchestre, la mélodie peut vous émouvoir aux larmes, vous ne savez pourquoi. Ce n’est pas raisonné.
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      A la perception émotionnelle succède une perception organisée, que des centres spécialisés analysent. Par exemple pour le vue, l’analyse va examiner les formes, les couleurs, les mouvements, puis dans la voie dorsale situer l’événement dans l’environnement, en faisant des cartes situationnelles, ( le « où? »), et par la voie ventrale, reconnaître les objets (le « quoi ?).
(voir le schéma à droite ci-dessus). C’est rapide 0,1 seconde.
        Pour en revenir à l’orchestre vous voyez les instruments, les musiciens, le soliste, le chef d’orchestre, vous identifiez les sons, les timbres, les voix.
        La transmission peut se faire vers les centres moteurs et inconsciemment vous battez la mesure avec vos mains ou vos pieds.

        Pour pouvoir identifier ls objets, les scènes, l’environnement, le cerveau va rechercher les neurones où des scènes analogues ont été enregistrées par le passé dans les centres du lobe temporal inférieur. C’est le cortex préfrontal qui donne les ordres, mais une partie est réalisée inconsciemment par l’hippocampe. Dans le cas de l’orchestre, le cerveau se réfèrera à des séances passées pour identifier éventuellement instruments et personnages. (cf.schéma à gauche ci-dessous).
        Cela est encore très rapide : 0,3 secondes environ.

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        Toutes nos idées reposent sur le langage; le cerveau va alors faire appel aux centres du langage, notamment Wernicke et Geschwind (voir mes précédents articles).
Il va ainsi relier les sensations et les mots : orchestre, piano, violon…. tabouret, pupitre, partition… violoniste, pianiste, soliste, chef d’orchestre…., mais aussi l’environnement de la salle.
(cf.schéma de droite ci-dessus). Durée de cette opération, environ 0,5 seconde.
    Il va communiquer avec le cortex préfrontal via deux modules tampon, l’un pour les sensations, l’autre pour les mots. Ceux ci conservent éventuellement l’information le temps d’un dialogue entre centres.

        Le cerveau va alors constituer l’ensemble du souvenir : l’hippocampe va solliciter, sous les ordres du cortex préfrontal qui maintenant a conscience de ce que vous ressentez, de très nombreux centres, en établissant des connexions plus durables entre neurones. Le souvenir devient multimodal et riche de toutes les sensations et ressentis; il est à la fois perceptions et lexical.
        Le souvenir est alors complet et les connexions établies plus ou moins fortes. Si le souvenir a une importance, ou est fortement émotionnel, les connexions seront fortes et durables à moyen terme. Sinon elles seront plus labiles et disparaîtront au bout d’un certain temps car inutiles (par exemple où ai-je garé ma voiture?). Cette opération va être plus longue, 30 secondes environ.
voir schéma de gauche ci-dessous).
   
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        Mais ce souvenir risque de s’effacer si les connexions ne sont pas très fortes. Pour l’éviter, si le souvenir est considéré comme utile, il va être rappelé durant notamment pendant notre sommeil. Nous pouvons aussi le rappeler consciemment.
        C’est le cortex préfrontal qui donne l’ordre d’un rappel volontaire, avec l’aide de l’hippocampe. Les connexions avec les différents centres de perception sont rétablis (voir schéma de droite ci-dessus), et le souvenir est ré-enregistré et les connexions entre neurones se renforcent à chaque enregistrement.
        Mais il y a un risque de déformation, certains détails peuvent être oubliés, d’autres légèrement transformés.
        De plus d’autres perceptions relatives au même souvenir peuvent interférer (récits, photos…)   

        Comme le souvenir n’est pas fortement enregistré au stade précédent, pendant le sommeil un fonctionnement inconscient du cerveau va d’une part éliminer les connections de souvenirs sans importance, inutiles ou nocifs, et par contre rappeler les souvenirs importants en mettant à contribution l’ensemble du cerveau émotionnel dans ce que l’on appelle le « circuit de Papez (voir schéma ci-dessous) et ceci en liaison avec le centre de Geschwind, les centres multimodaux d’enregistrement des sensations, et le lobe temporal inférieur. Les souvenirs sont alors renforcés de façon à subsister un temps notable.
 
       Mais si vous ne les rappelez jamais par la suite, ils tomberont peu à peu dans l’oubli, certaines connexions disparaissant ou étant difficiles à rappeler.

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        L’ensemble de ces souvenirs dits « épisodiques » est le récit de notre vie, et est une forte composante du « soi ».

        Pour les connaissances apprises par apprentissage, le processus est un peu différent, car le cortex préfrontal établit des connexions entre les différentes notions sémantiques, pour relier les connaissances élémentaires entre elles de façon logique et hiérarchisée. C’est la répétition par apprentissages successifs (et « exercices »), qui consolide le souvenir.
        Dans le cas de modes opératoires  répétitifs, l’enregistrement se fait au niveau du cervelet, qui se substitue ensuite au cortex préfrontal, pour conduire les opérations (marcher, nager, jouer du piano, taper à al machine, conduire une voiture faire du vélo ou du patin à roulettes etc…°.
       
       

Mercredi 19 octobre 2016 à 12:21

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

   J’ai fait déjà plusieurs articles sur notre mémoire, qui constitue la moitié de notre intelligence.
    Nous nous référons sans cesse au passé, à nos connaissances, à notre expérience; nous avons besoin de mots pour nous exprimer, nous avons appris un certain nombre de processus.
    Le schéma ci-dessous que j’ai déjà publié, classifie nos diverses mémoires et leurs rapports avec les autres centres du cerveau (voir mon article du 4 mai 2015).

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     Je voudrais aujourd’hui examiner ce que l’on sait de la mémorisation.
    En fait la plus grande partie du phénomène nous est encore inconnu.


    Ce que l’on sait, c’est qu’un souvenir, ou une connaissance est au départ fragile et n’est pas durable. Pour que elle subsiste dans notre cerveau, il faut que le souvenir soit répété pour que les connexions entre les groupes de neurones qui la constituent soient considérablement renforcée.
    Par la suite, chaque fois que l’on évoquera le souvenir, il sera réenregistré et renforcé, avec toutefois un risque de transformation en fonction du contexte et des connaissances annexes s’y rattachant, acquises depuis.
    Si un souvenir n’est jamais rappelé, il tombe peu à peu dans l’oubli.

    Deux rappels sont possibles : l’un volontaire, c’est l’apprentissage, notamment au moyen d’exercices. On répète la connaissance que l’on veut apprendre.
L’autre est inconscient toutes les nuits. Le cerveau renforce l’information du souvenir, en la faisant circuler dans le cerveau émotionnel : c’est ce que l’on appelle le circuit de Papez. (voir schéma ci dessous).

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    Pendant le sommeil le cerveau, d’une part évacue les perceptions temporaires et souvenirs inutiles ou nuisibles (c’est ce qui donne lieu à nos rêves pendant des micros-réveils), et d’autre part renforce ainsi les souvenirs utiles que l’on veut conserver, et qui sinon, s’effaceraient.

     Ce qu’on ne connaît pas bien c’est le mécanisme élémentaire de cette consolidation (que l’on appelle la « potentialisation à long terme ».
    Les chercheurs ont montré que des protéines interviennent dans cette consolidation.
    Lorsqu’on soumet le cerveau de rats, qui ont mémorisé le parcours dans un labyrinthe, à de fortes doses d’antibiotiques, la mémoire de ce qu’ils avaient appris est perdue, les antibiotiques ayant empêché la synthèse de protéines dans le cerveau.
    Mais on a constaté que le souvenir acquit n’était pas effacé et que, sur les souvenir déjà renforcé, l’absence de protéines affectait essentiellement la « remontée «  du souvenir.
   Par contre il est presque certain que certaines protéines notamment des petides dérivés d’hormones ou de neuromédiateurs, ainsi que diverses enzymes,, jouent un rôle important dans la potentialisation à long terme. Mais on ne sait pas quels sont les autres facteurs qui peuvent intervenir.
    Cette consolidation est très étudiée au niveau des synapses, où l’on essaie de mettre en lumière le rôle de divers facteurs chimiques protéines ou enzymes.
    On a notamment montré qu’il y avait deux phases importantes dans cette consolidation des connexions neuroniques : l’un qui dure une heure environ et qui met en jeu des enzymes. Puis une potentialisation lente de plusieurs jours qui requiert la synthèse de plusieurs protéines.
    On constate une augmentation de certains récepteurs et de certains neurotransmetteurs, notamment le glutamate, au niveau des synapses.
      Une de mes correspondantes trouve que j’ai exagéré dans mon article du 29     vril, en ce qui concerne la possibilité de se forger de faux souvenirs.
Elle trouve que l’exemple que j’ai cité sur une personne accusée par la police est trop particulier et celui de quelqu’un de traumatisé donc fragile.
     Elle me demande par quel mécanisme pourrait se forger un souvenir « ordinaire ».

     L’IRM ne permet pas encore de savoir ce qui se passe au niveau d’un tout petit groupe de neurones et donc il est difficile de faire des expériences sur l’homme dans ce domaine;. Mais on peut le faire sur des souris, en implantant des fines électrodes dans le cerveau, plus exactement dans l’hippocampe, le « professeur de la mémoire ».
      Si on fait circuler la souris dans un labyrinthe, on constate que des groupes de neurones spécifique de chaque zone traversée s’activent lorsque la souris traverse cette zone. Quand la souris est à un carrefour commun à plusieurs zones, les groupes de neurones de ces zones s’activent tous, ce qui donne le point précis où se trouve la souris dans le labyrinthe à cet instant. On reconstitue donc l’itinéraire de la souris, en suivant la succession des groupes de neurones activés.
     Dans ce labyrinthe, la souris était attirée par une récompense de nourriture en fin de parcours, qui excitait ses centres de récompense.

      Lorsque la souris dort, son hippocampe s’active, alors qu’elle ne bouge pas, et les neurones de l’hippocampe « rejouent » le parcours dans le labyrinthe. L’hippocampe envoie des signaux  à des groupes de neurones précis de la mémoire visuelle, voire olfactive et motrice, notamment aux neurones qui dressent les cartes de notre environnement, également au cortex préfrontal, et, chaque fois que le parcours est rejoué, les connexions entre groupe de neurones ont renforcées pour constituer le souvenir.

     Mais à l’aide des électrodes, on peut agir sommairement sur le cerveau de la souris. En particulier pendant qu’elle reconstitue le parcours virtuel dans son sommeil, on excite le circuit de récompense qui produit de la dopamine, uniquement quand la souris se trouve dans par exemple, trois zones  intermédiaires sur les sept que comportait le labyrinthe.
    Au réveil la souris ne fait plus tout le parcours, elle se contente d’aller successivement dans les trois zones, toute étonnée de ne pas y trouver de récompense.
    On a donc fabriqué » un faux souvenir dans le cerveau de la souris, pendant son sommeil. On a amputé un souvenir réel en en conservant et transformant une partie.

      L’observation du cerveau montre que cet apprentissage virtuel par répétition de ce qui s’était passé pendant l’éveil, qui se produit pendant le sommeil, se fait essentiellement pendant le sommeil profond à ondes lentes, et chaque « répétition » est précédée d’un train d’oscillations rapides, qui marquent ainsi la répétition.
    Par un mécanisme électrique, on peut alors supprimer l’exécution de cette répétition, et on constate alors que, au réveil, le rat a oublié l’itinéraire mémorisé la veille. Les connexions entre groupes dee neurones ne se sont pas renforcées et le souvenir du rat s’est effacé.

     Il est probable que dans le cas de souvenirs traumatisants la personne blessée repense souvent à ce qu’elle a vécu et le souvenir est donc considérablement renforcé, au point de devenir éventuellement obsessionnel.. Pour ne pas le renforcer, il faudrait donc éviter le plus possible de se remémorer souvent le passé traumatisant.
     Evidemment on ne peut implanter des électrodes dans le cerveau des traumatisés pour leur atténuer le souvenir traumatisant.
     C’est pour cela que je conseille souvent de tirer la leçon du passé, puis d’essayer de tourner la page en pensant le plus possible au présent et à l’avenir, et d’éviter au maximum les remords de ce que l’on a fait, et les regrets de ce qu’on n’a pas su faire.

Vendredi 29 avril 2016 à 9:51

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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     J’ai fait plusieurs articles sur la mémoire et j’ai dit à plusieurs reprises que beaucoup de souvenirs tombaient dans l’oubli, parce que nous ne les évoquions pas souvent et que par ailleurs, même ceux qui restaient en mémoire, d’une part étaient incomplets à l’origine, mais ensuite se transformaient peu à peu.
    Un de mes jeunes correspondants qui a une trentaine d’années ne veut pas me croire et me dit par exemple qu’il se souvient parfaitement de tous les détails de son mariage et de la réception qui a suivi.
    Je veux bien le croire pour ce souvenir particulier, car les souvenirs « chargés d’émotions » se conservent mieux et qu’il doit l’évoquer souvent avec sa femme ou des amis.
    Mais se souvient il vraiment des noms et prénoms de toutes les personnes qui y assistaient, du menu du repas, des fleurs qui ornaient la cérémonie, des vêtements que portaient tel ou tel copain ? J’en doute fort.
    Les études de psychologues montrent que tous nos souvenirs peuvent 'être corrompus et déformés, même ceux qui nous sont les plus chers.

    Certes les événements qui touchent à nos sentiments ou ceux traumatisants s’impriment mieux dans notre mémoire et nous avons moins tendance à les oublier, mais nous n’enregistrons pas toutes nos sensations dans le détail et notre mémoire peut les transformer, car elle les « ré-enregistre » chaque fois que nous les évoquons et les modifie donc avec des détails en moins mais aussi éventuellement des détails en plus.
    Ainsi je suis persuadé d’avoir des images en mémoire des lieux ou j’habitais quand j’avais 5 ans, mais je me suis rendu compte que la plupart de ces images provenaient de photos prises par mes parents. De même pour certains des petites aventures de gosse qui me sont arrivées quand j’avais 7 ans, je constate que mes souvenirs sont fait de certaines images personnelles, mais aussi de récits de mes parents ou grands-parents, que je pensais appartenir à mes propres souvenirs.
    Nous pouvons même nous rappeler avoir fait (et y croire), des choses inventées de toutes pièces par notre imagination.
    Ce n’est pas très grave tant que cela ne concerne que notre propre vie, mais supposez que vous soyez témoin d’un crime, vos souvenirs sont ils fiables, et une erreur pourrait être grave pour une personne accusée en raison de votre témoignage.
    Lorsque peu de temps après les événements, vous tenterez de vous en souvenir
dans les moindres détails, vous ferez sans doute des erreurs sur plusieurs points importants, et ces erreurs seront certainement plus nombreuses d’ici quelques jours, quelques mois, quelques années. Au fur et à mesure que nos souvenirs s'estompent, nous nous trompons de plus en plus - tout en étant certains d'avoir raison et que notre mémoire est infaillible.

    Mais notre mémoire peut même être manipulée. Certaines personnes peuvent nous
persuader que nous avons vécu des choses qui ne nous sont pas arrivées personnellement, ou qui même n’ont pas existé.
    Les enquêtes sur certaines erreurs judiciaires ont montré que l’on peut même arriver à persuader une personne qu’elle a commis un crime, dont elle va s’accuser.
    Les policiers, persuadés à tort de sa culpabilité, ont harcelé le suspect jusqu'à ce qu’il leur dise ce qu'ils désiraient entendre. Comme le suspect ne leur donnait aucun
détail, (sur ce qu’il n’avait pas fait !) ils ont décidé d'inverser Ia situation et de
lui en suggérer et ils finissent par tellement fatiguer leur interlocuteur par leurs questions et leurs accusations, avant de lui suggérer de fausses informations, que la personne finit par douter d’elle même et par admettre par lassitude, ce comportement criminel.
    L’innocent doute de lui même, finit par admettre sa culpabilité et son imagination reprend les informations des policiers et comble les détails manquants.
    C’est évidemment d’autant plus facile que la personne a déjà du mal à se souvenir, par exemple parce qu’elle était ivre ou droguée.
    Les témoins et les victimes sont autant susceptibles que les suspect, de mal se souvenir de certains événements. Des études ont montré que 70% des personnes condamnées injustement et innocentées ensuite par leur ADN, ont été condamnées en raison d,une erreur d’identification par la victime ou par un témoin.

    J’ai déjà cité dans d’autres articles, des erreurs qu’on faites involontairement des thérapeutes qui avaient psychanalysé et implanté, sans le vouloir de faux souvenirs dans la mémoire de leur patient. Ayant fait une hypothèse sur la maladie de leur client, et sur les raisons de leurs problèmes psychologiques, à force de leur poser des questions, certaines étant presque des suggestions, et de leur demander d’iamaginer des scènes qui auraient dû provenir de leur mémoire, ces thérapeutes avaient fini par faire accepter leurs idées à leurs patients. Ceux ci avaient fin i par vraiment se persuader d’avoir subi les traumatismes supposés et leur état psychologique s’en était forcément aggravé.
    De nombreuses d’études de psychologie sont faites pour tester ainsi notre méoire, et elles ont toutes révélé que celle-ci n’était pas parfaitement fiable, et que d’autre part on pouvait volontairement implanter de faux souvenirs chez des personnes « cobayes » de ces expérimentations.

    Notre mémoire est un outil très important, c’est la moitié de notre intelligence, car c’est sur elle que repose la plupart de nos réflexions. C’est elle sui fournit aussi à notre imagination, des élément crédibles pour construire l’avenir, l’irréel, ou l’invention.
    Mais lorsque nous lui demandons un  témoignage, il faut nous méfier d’elle et cela d’autant plus que nous vieillissons et que l’e souvenir est lointain.
    Elle peut alors mélanger les événements réellement passée à d’autres que nous avons engrangés à d’autres circonstances (images, récits) ou même que nous avons imaginés de toutes pièces.
    Et nous croyons mordicus, que ce souvenir bâtard est réel et véridique!

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       J'ai indiqué dans mon précédent article, qu'on pouvait récupérer des données perdues , parce que mise à la poubelle d'un ordinateur par erreur. Aujourd'hui je vais parler de la destruction volontaire de données comparée à l'oubli de notre mémoire humaine.

      Dans le cas d’un ordinateur, une donnée est enregistrés sous forme de « 1 » ou de « 0 », en fait une modification microscopique locale d’un phénomène physique par exemple magnétique. Cette modification est permanente sauf si on l’efface volontairement par un traitement physique approprié (mettre par exemple des « 0 » partout.)
    Dans le cas de notre mémoire de petits groupes de neurones représentent une entité : par exemple un visage, un mot, une couleur, une émotion etc…  Le souvenir renforce les liens entre eux, de telles sorte que si on se lie à l’un des groupes, on est alors liés aux autres groupes. On mémorise ainsi des scènes , des épisodes de notre vie, mais aussi des connaissances, notre expérience et des données concernant des entités diverses.
    Dans une partie du cerveau, l’hippocampe, est stockée l’adresse ou des adresses de certains de ces groupes, de telle sorte que lorsque votre cortex préfrontal, qui pense et réfléchit, évoque un aspect du souvenir, il se met en rapport avec l’hippocampe, qui le met en relation avec l’ensemble des groupes de neurones concernés par ce que l’on a mémorisé et qu’on veut « rappeler consciemment ».
    Cela ressemble plus au fonctionnement d’un central téléphonique qu’à celui d’un ordinateur.
    Au départ les éléments du souvenir sont issus de perceptions, notamment images, et de mots. Celles ci ne sont que temporaires et le cerveau fait un tri, orchestré en partie par le cortex préfrontal, et détruit pendant le sommeil les souvenirs sans intérêt en affaiblissant les connexions le concernant, ou au contraire, renforce les souvenirs intéressants et pertinents, en en rappelant inconsciemment pendant le sommeil tous ses éléments et en en renforçant les connexions à chaque rappel, tout ce travail se faisant insconsciemment.
    Par la suite, si nous ne pensons jamais à ce souvenir, la force des connexions va diminuer et si on ne le rappelle pas régulièrement, ce qui entretient ces connexions, le souvenir va s’appauvrir et tomber peu à peu dans l’oubli.
    Et si nous rappelons parfois notre souvenir, nous renforçons à nouveau les connexions, mais pas forcément de la même façon qu’à l’origine, Notre souvenir se transforme et évolue donc dans le temps

    Il y a là une différence fondamentale avec l’ordinateur
    Alors que la donnée enregistrée dans l’ordinateur est pérenne, si on ne modifie rien volontairement. Les mêmes élémeNts de données seront toujours enregistrées.
    Les données de notre mémoire humaine,au contraire, se transforment et évoluent dans le temps et elles peuvent même, peu à peu, se détruire et tomber dans l’oubli, si on ne s’en sert pas assez souvent et cela inconsciemment.
    Et l’on n’a malheureusement pas de disque de sauvegarde, sauf quelques écrits ou quelques photos ou vidéos, étrangers à notre mémoire biologique.

    Revenons à des données que vous voulez effacer sur votre ordinateur. C’est volontaire et facile : vous les mettez à la poubelle et vous videz celle-ci. Mais ce que vous supprimez c’est leur adresse. Comme je vous l’ai dit dans le précédent article, vous ne supprimez que leur adresse et elles restent inscrites sur le disque dur, (ou autre support), tant qu’on ne réécrit pas par dessus de nouvelles données.
    Si vous voulez faire disparaître intégralement les données il faut faire un « effacement sécurisé », mais c’est long car il faut alors que l’ordinateur remette à zéro tous les bits de la donnée en cause. Alors pour ne pas y passer des heures, je vous recommande de vider d’abord votre poubelle si elle contient d’autres données, puis d’y mettre seulement ce que vous voulez supprimer, et de faire alors la destruction sécurisée.
    Et si vous voulez modifier vos données il faut les rappeler sur votre ordinateur, les transformer, et réenregistrer.
    Mais les données correspondantes sont toujours présentes sur votre disque de sauvegarde, et il faudra le traiter aussi, si vous voulez les y supprimer.

    Ceci est valable pour un ordinateur isolé. C’est plus compliqué si vous avez stocké des données sur un cloud ou sur un serveur externe qui ne dépend pas de vous.
    En général ces serveurs mettent à votre disposition des procédures qui permettent de rappeler la donnée sur votre machine, de la modifier et la réenregistrer ou de la supprimer.
    Vous avez supprimé vos données, en ce sens que vous n’y accèderez plus, mais c’est une simple suppression d’adresse, pas une donnée sécurisée, et rien ne vous prouve que le détenteur du serveur (ou un hacker) n’a pas un endroit de sa machine où cees données sont encore présentes et peuvent être consultées par autrui.
    C’est donc très difficile d’être sûr que des données enregistrées à l’extérieur ont bien été supprimées.
    Il est même à peu près sûr qu’on ne supprime pas totalement des données de serveurs comme Facebook ou Google, qui les utilisent à des fins statistiques et de markéting, ce qui est leur gagne pain, puisque le service qu’ils vous rendent est gratuit.
    Personnellement je me sers le moins possible de Facebook et je détruis la plupart des moyens espions de Google, et je ne stocke sur le cloud que des données que je veux partager avec d’autres.
    On m’en a chapardées certaines, mais c’était sans importance.
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     J’ai lu une étude intéressante sur l’effet de l’utilisation du GPS sur notre cerveau.
    Cela m’a intéressé car je ne me sers pas de GPS, alors que des personnes de connaissance ne peuvent plus se déplacer sans lui.
    J’ai donc pu comparer et mieux comprendre le sens de cette étude.

    Le plus souvent je n’ai pas besoin de GPS, car je vais à un endroit connu. J’ai alors dans ma tête un itinéraire qui a deux composantes :
    - d’abord une carte mentale, schéma des routes, un plan mais sur lequel les distances restent approximatives;
    - ensuite des points de repères qui permettent de pallier cette approximation : un bouquet d’arbres, une maison particulière, un monument, le clocher d’une église, une affiche, les panneaux routiers…
    Si je vais en un lieu que je ne connais pas, j’étudie le trajet sur une carte routière que j’emporte avec moi, pour suppléer à un oubli. C’est l’équivalent de la carte mentale.
    Mais il me manque les souvenirs des points de repère. Maintenant que l’on peut consulter sur internet des cartes satellites, avec vue en 3D, je parcours mon itinéraire à la recherche de points de repères. Je compte aussi les croisements de route, et je relève des distances sur la carte. Cela me permettra de me guider, si je suis attentif et ne vais pas trop vite.

    Que font les personnes que je connais et qui se servent du GPS; Ils obéissent tout simplement « tourner à gauche au prochain carrefour.
    Plus besoin de réfléchir, on peut anticiper et mettre les clignotants très tôt avant de tourner. C’est bien commode. Surtout s’il y a des sens interdits.
    Mais si jamais on se trompe, ou si le GPS n’avait pas un bon plan (cela arrive !), alors là on est complètement paumé et ce d’autant plus qu’on ne sait pas quelle erreur le GPS a faite. Cela m’est arrivé de sortir d’affaire un camarade que j’accompagnais, parce que son GPS avait fait une erreur et que j’avsi regardé lka carte avant de partir.

    L’étude dont je parlais en début d’article avait comparé ainsi des personnes ayant utilisé pendant longtemps des stratégies différentes d’orientation sur route.
    Les chercheurs ont constaté que les personnes sui utilisaient toujours leur GPS depuis longtemps avaient une faculté très diminuée d’élaboration des cartes cognitives et des images mentales de repères qui les accompagnent. Après avoir parcouru les lieux et être arrivé au bon endroit, les personnes utilisant le GPS avaient quelques repères visuel, mais très peu de connaissance de l’organisation des lieux et étaient incapables de tracer un plan de leur itinéraire.
    Leur mémoire et leur cortex frontal n’étaient pas entraînés à cela. C’est le cortex préfrontal qui réfléchit et organise, et c’est l’hippocampe et le cortex entorhinal proche qui organisent et stockent les cartes mentales, le calepin visuo-spatial servant de mémoire de travail entre les deux.

    Nous ne sommes pas les seuls à avoir des cartes mentales : lorsque l’on a habitué des rats à naviguer dans un labyrinthe, ils le parcourent très vite et sans hésitation. Et si l’on barre une voie, ils arrivent assez rapidement à trouver un itinéraire de secours, ce qui prouve qu’ils ont retenu une topologie des lieux.

    Utiliser en permanence un GPS entraîne donc un appauvrissement mental. Et naviguer sans GPS si on connait un peu les lieux est une hygiène mentale.
    Les chercheurs ont alors étudié le cas de personnes que la voix de leur GPS agaçait et qui l’utilisait sous forme de l’affichage d’une carte sur laquelle est tracé l’itinéraire et d’un point représentant le véhicule. C’étaient eux qui prenaient les décisions de conduite et de changement de direction.
    Ils ont observé que ces personnes avaient gardé la capacité de retenir des images mentales.
    Ils préconisent donc de ne pas se servir « bêtement » du GPS, mais de garder l’initiative des décisions, le GPS n’étant qu’une carte routière affichée en permanence, avec un repère de position facilitant la consultation en temps réel.

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Mercredi 3 février 2016 à 8:53

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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Il m’arrive souvent de m’interroger sur l’influence d’internet et plus généralement des nouvelles technologies sur notre cerveau et donc de lire des études à ce sujet.
    Quand je vois la manière de procéder des camarades de mes petits enfants, je compare à ce qui est dit dans ces documents.
    En fait les nouvelles technologies ne modifient pas notre cerveau, mais la façon dont nous nous en servons, et comme les circuit cérébraux s‘adaptent à l’usage que nous en faisons, ils prennent l’habitude de fonctionner différemment.

    Il est certain que les nouvelles technologies, si on n’y prend garde, peuvent être très néfastes pour la mémoire.
    Personnellement j’ai été formé avec les méthodes d’autrefois, les moyens informatiques actuels n’existant pas, et on  apprenait beaucoup par cœur et j’ai donc toujours une excellente mémoire, car elle a été formée étant jeune.
    Mais effectivement je m’en sers moins : il y a 4à ans, je connaissais plus d’une centaine de numéros de téléphone des gens que j’appelais souvent? Aujourd’hui tous les numéros sont dans les mémoires des téléphones et je ne connais plus guère que les miens.
    Un psychologue a fait écrire sur un ordinateur une série de mots en demandant aux expérimentateurs de les retenir dans leur mémoire. A la moitié d’entre eux il a dit que l’ordinateur noterait ces mots. Les performances de mémorisation de ce groupe ont été beaucoup moins bonnes que celles du groupe qui ne savait pas que les mots écrits seraient conservés. Cela dénote une certaine paresse intellectuelle quand on compte sur la machine pour nous économiser des efforts.   
    D’autres expériences montrent que l’on retient beaucoup mieux des notes prises à la main, que si on les prend au clavier. A coté de la mémoire visuelle, il y a une mémoire manuelle de l’écriture et surtout il faut davantage réfléchir à ce qu’on va écrire, car on ne peux; comme sur l’ordinateur, revenir sur la présentation.
    Je suis inquiet pour les jeunes car on ne leur fait presque plus rien apprendre par cœur et ils mémorisent peu de connaissances. Celles ci ne leur manqueront pas car ils pourront les retrouver sur internet, mais leur mémoire n’a pas été exercée et je constate que eux, pourtant bien plus jeunes, ont une bien moins bonne mémoire que moi.
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    Je ne reviendrai pas sur le fait qu’il est illusoire que l’usage des nouvelles technologies rend notre cerveau multitâches. J’ai écrit plusieurs articles à ce sujet.
   
    Une chose intéressante est ce que nous apprend l’observation en IRM du fonctionnement de notre cerveau quand nous lisons une page d’un livre et une page sur internet.
    Dans la cas du livre, nous mobilisons essentiellement les aires du traitement visuel, du langage et de la mémoire. Le cortex préfrontal intervient pour comprendre le sens de ce que nous lisons et le rapprocher de ce que nous avons déjà mémorisé.
    Dans le cas du web, la priorité est donné à la navigation et les aires de lecture et de mémorisation sont moins sollicitées et ce sont les aires du cortex préfrontal de prise de décision et de résolution des problèmes liés à la navigation qui sont par ailleurs très actives.
    Résultat on mémorise beaucoup moins bien ce qu’on lit sur internet que ce qu’on lit dans un livre, et ce d’autant plus qu’on n’est pas motivé, puisqu’on sait qu’on pourra toujours retrouver l’information, sans avoir besoin de la mémoriser….. sauf le jour d’un examen, d’un partiel ou d’un concours.
    S'il y a un très grand nombre de savoirs disponibles sur le web, reste en effet à vouloir se les approprier, et à apprendre à s'en servir à cette fin. Et par ailleurs à cultiver autant sa mémoire, car ensuite il sera trop tard pour le faire.
    Pour faire du web un outil au service de l'apprentissage, encore faudrait-il lui donner d'abord sa place dans l'enseignement général et apprendre aux élèves à s’en servir, sans négliger des apprentissages par des moyens classiques.

Vendredi 11 décembre 2015 à 8:58

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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    Je disais dans un  précédent article, que notre cerveau faisait la synthèse d’images à partir d’éléments mémorisés et qu’il rectifiait ensuite ces esquisses pour les rendre conforme à ce que la vue lui donnait comme informations du réel. Cela lui permettait de réunir en même temps de nombreuses informations sur l’environnement, issues de notre expérience passée, et d’anticiper sur l’avenir, pour guider nos actions et notamment noss déplacements..
    Les biologistes pensent que ce processus dépasse les simples perceptions et concernent toute notre façon de penser : nous raisonnons par comparaisons et beaucoup de nos décisions sont inconscientes et intuitives.

    Quand nous vivons au quotidien, nous percevons notamment des images de l’environnement et de ses objets (mais c’est vrai aussi pour les sons et le toucher) et nous reconnaissons la plupart d’entre eux qui nous sont familiers et leurs caractéristiques.
    Cela veut dire qu’à coté des images, nous avons conceptualisé l’objet, sa forme, ses caractéristiques, son usage et évidemment cela s’appuie sur le langage.
    Mais même le bébé qui vient de naître fait cette conceptualisation : par exemple il y a une personne qui a certaines caractéristiques d’image, un visage un timbre de voix, qui le nourrit, qui le change, qui le porte, qui vient s’il pleure… et en général c’est la maman.
    Au niveau du langage, cette conceptualisation se traduit pas une particularité : les neurones qui sont connectés pour représenter un objet sont tous dans la même zone lorsqu’il s’agit d’objets analogues, par exemple des outils.
    Et notre mémoire est aussi construite de façon logique au niveau des connaissances et des entités : elle les classe par familles, analogies…, un peu comme le botaniste ou l’animalier classe les plantes ou les animaux.
    Quand nous allons nous trouver en présence d’une chose nouvelle et inconnue, notre cerveau va rechercher dans le passé ce qui lui ressemble dans les choses analogues anciennes et connues, que ce soit d’ailleurs un objet ou un concept plus abstrait.
    Nous cherchons à classer, à généraliser, à nommer de façon analogue des choses qui se ressemblent. Et donc notre conceptualisation est en évolution permanente, comme d’ailleurs en partie notre langage. Et évidemment des caractéristiques s’ajoutent en mémoire aux choses nouvelles, mais en partant d’abord de caractéristiques analogues à celles des choses de la même famille.
    Ce processus est presque totalement inconscient.

    Suivant notre personnalité, mais aussi nos connaissances, notre curiosité intellectuelle, et la richesse de notre vocabulaire, nous aurons des concepts étroits et vagues et d’autres concepts étendus. Dans le cas de concepts pauvres, nous aurons tendance souvent à généraliser abusivement et à faire des rapprochements peu pertinents.
    La pauvreté du vocabulaire nous empêchera par exemple d’expliquer de façon précise des phénomènes ou notre pensée.
    Bien sûr lorsqu’il s’agira d’objets courants nos concepts seront en général suffisamment précis et exacts : nous savons tous reconnaître une chaise et à quoi elle sert.
    C’est beaucoup moins vrai quand il s’agit de concepts abstraites littéraires, artistiques ou scientifiques.
    C’est encore plus difficile quand il s’agit de nos relations avec autrui qui interfèrent avec les émotions et les sentiments, et il faut se méfier des jugements que nous faisons par analogie et généralisation.
    Certaines personnes ont une tendance, provenant à la fois de leur personnalité et du fonctionnement de leur cerveau, à généraliser abusivement. Elle pourront ainsi commettre des erreurs de jugement importantes.
    Un processus assez courant d’erreur dans le domaine du classement des personnes est du genre : M.X est un voleur, M. X est financier, donc tous les financiers sont des voleurs.

    Un autre aspect concerne les décisions que nous prenons. Certes si nous achetons une maison ou une voiture, nous y réfléchirons avant,  Mais dans la plupart des petites décisons que nous prenons en permanence à chaque instant de notre vie quotidienne, c’est intuitivement et presque inconsciemment que nous le faisons.
    C’est notamment vrai lorsque nous exécutons une tâche répétitive et habituelle, par exemple conduire notre voiture pour aller à notre travail. Nous le faisons inconsciemment sans réfléchir et cela ne requiert notre attention que si un événement exceptionnel intervient.
    Je parlerai demain de nois processus de décision.

Jeudi 5 novembre 2015 à 12:58

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

Aujourd’hui, ce sera encore un petit article car je n’ai pas récupéré mon  Mac en panne, au clavier « réel » auquel je suis habitué.

Il faudra que je fasse un article sur les habitudes !

J’ai lu récemment un article sur un centre du cerveau dont on ne parle presque jamais, car il passe presque inaperçu dans les IRM et on ne sait pas bien à quoi il sert : le « claustrum », ou plutôt les « claustra », car il y en a un dans chaque hémisphère cérébral.

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Le claustrum est une couche fine et irrégulière de cellules nerveuses, située sous le cortex insulaire et au dessus du putamen, sous les tempes et au dessus des oreilles. Cette couche très mince est entourée de substance blanche : les fibres nerveuses entourées de myéline.

Presque toutes les régions cérébrales y sont connectées et des fibres arrivent mais d’autres repartent vers les mêmes régions.

Une différence cependant, les fibres arrivent des deux hémisphères dans chaque claustra (après être passées par le pont entre les hémisphères que constitue le corps calleux). Par contre les fibres qui repartent du claustrum ne vont que dans le même hémisphère où il se trouve. Toutefois on ne sait pas si cette particularité, constatée chez le rat, est valable pour l’homme.

C’est donc un carrefour neuronal, un peu comme un « central téléphonique » au sein du cerveau.

On ne connaît pas de cas de destruction accidentelle, physiologique (hémorragie) ou clinique ( virus), de ces centres et donc il est difficile d’étudier leurs fonctions. L’IRM apporte peu parce que sa précision est de l’ordre du millimètre alors que  l’épaisseur du claustrum est moindre.

Une opération récente du cerveau sur une patiente atteinte d’une très grave épilepsie, a permis de faire une observation étonnante, alors que le crâne était ouvert, des électrodes étaient implantées dans le cerveau pour arriver à repérer la zone épileptique.

La stimulation précise du claustrum provoquait une perte de conscience de la patiente, qui cessait avec la stimulation.

La patiente avait le regard vide et cessait de répondre au chirurgien ou de lire des textes. Elle restait capable de terminer des actions simples commencées avant la stimulation. Le test a été répété plusieurs fois, mais évidemment l’expérimentation n’a pu être prolongée.

On ne sait donc toujours pas le rôle exact des claustra, mais il semble qu’il soit un « interrupteur de la conscience »

Les chercheurs vont continuer à poursuivre des expériences animales et chercher à déterminer si le claustrum a une chimie particulière, au niveau des protéines notamment, pour trouver un moyen d’cation dans les expériences animales.

Le problème avec les animaux, c’est de mesurer leur degré de conscience : ils ne savent ni parler, ni lire !


Lundi 12 octobre 2015 à 14:54

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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Une correspondante me parle d’un article sur la mémoire où elle aurait lu que certaines personnes étaient « hypermnésiques » et se rappelaient tout ce qu’ils avaient vu ou lu et avaient tellement de souvenir qu’ils les mélangeaient.
    Les journalistes racontent beaucoup d’inexactitudes à ce sujet, en confondant des particularités différentes de la mémoire

    Nos 5 sens envoient au cerveau, via le thalamus des sensations et notamment des images, quarante fois par seconde et de plus nous avons des sensations internes sur l’état de notre corps. Si nous mémorisions cela, notre mémoire serait vite saturée. La plupart de ces sensations sont détruites dans les secondes qui suivent et le cerveau garde quelques instants des sensations que le thalamus juge plus importante et dont il informe le « chef d’orchestre », le cortex préfrontal. SI celui-ci juge l’événement important, notre attention et nos sens sont alors orientés sur cet événement pour recueillir de nouvelles perceptions.
    Mais celles ci pourront se révéler inintéressantes et les données seront effacées de la mémoire à court terme.
    Seuls certains événement que le cortex préfrontal, ou le cerveau émotionnel jugent importants, sont conservés et consolidés dans la mémoire à long terme.
    Ces souvenirs seront consolidés pendant le sommeil, ainsi que chaque fois qu’on se les remémorera. Mais si nous ne nous rappelons jamais l’événement, les neurones le concernant, seront peu à peu désactivé et le souvenir sera peu à peu oublié.

    De quoi nous souvenons nous.
    On le voit c’est la répétition qui consolide le souvenir. Donc nous nous rappellerons mieux ce que nous faisons souvent : l’apprentissage et la répétition provoquent la mémorisation. On sit très bien que, pour acquérir des connaissances, il faut les apprendre plusieurs fois, les appliquer sur beaucoup d’exercice : on paprend mieux la table de multiplication en faisant 1000 multiplications ou divisions, qu’en la relisant plusieurs fois.
    Pour les souvenirs « épisodiques », ceux de la vie de tous les jours, nous retenons des faits ou des mécanismes importants, parce que le cortex préfrontal l’a ordonné à l’hippocampe, mais aussi des faits, images, sensations, paroles qui nous ont touché émotionnellement et là c’est le cerveau émotionnel qui a agi sur l’hippocampe.

    Quelles sont les performances de notre mémoire ?
    Très variables : cela dépend des liaisons entres neurones dans notre cerveau et une part est innée. Certains ont une mémoire visuelle plus développées, d’autres la coordonnent avec une mémoire tactile, certains ont une très bonne mémoire auditive.
    Mais surtout cela dépend de l’entrainement que nous avons fait subir à notre mémoire. Si nous n’apprenons rien par coeur étant jeunes, notre mémoire sera peu formée. L’habitude va la développer éventuellement dans certains domaines : l’instrumentaliste a une bien meilleure mémoire des sons que ceux qui ont simplement écouté de la musique. J’ai connu une personne qui, ayant été insupportable en classe au début du siècle dernier, avait eu comme punitions, tout au long de sa scolarité, d’apprendre par coeur des milliers de pages de poésies ou de textes des grands auteurs. Elle se souvenait de beaucoup de ces textes et avait une facilité extraordinaire pour retenir tout ce qu’elle lisait.
    Le traitement que l’on fait subir aux données acquises influe également. Je me souviens de presque toute la correspondance reçue sur un sujet important, mais je serais incapable de citer les phrases de la lettre;; je ne me souviens que des idées qu’elle traitait.
    Certaines personnes qui se passionnent pour un sujet peuvent parfois faire preuve d’une mémoire étonnante pour ce sujet particulier : j’ai eu un camarade passionné des locomotives et de la SNCF (où d’ailleurs il a fait carrière), qui connaissait par coeur le « chaix » (l’annuaire des départs et arrivées des trains dans les différentes gares.

    Les surdoués de la mémoire :
    On parle souvent d’attractions données par des surdoués qui arrivent à mémoriser en peu de temps et à se rappeler ensuite de mots, de chiffres etc.
    Certains sont des charlatans et ont un « truc », mais d’autres sont sincères : ils se sont beaucoup entrainés et ont en général des méthodes mnémoniques pour assembler les données ou les faire correspondre à d’autres informations.
    Ce sont des cas de développement extrêmes, pas d’anomalies.

    Qu’est ce que l’hypermnésie.
    Ce n’est pas cette grande capacité ou facilité mémorielle.
    C’est en fait une anomalie rare, une sorte d’exaltation de la mémoire, et en fait une psychopathologie caractérisée par une mémoire autobiographique (les souvenirs personnels de sa vie) extrêmement détaillée et un temps excessif consacré à se remémorer son pass. Ces souvenirs sont principalement visuels, mais parfois sonores, olfactifs, tactiles, avec des souvenirs de sensations et sentiments qui leur sont associés.
    Ils ont, par rapport aux personnes qui n’ont pas cette particularité, des souvenirs beaucoup plus nombreux, précis et détaillés de leur enfance et adolescence.
    Mais si on leur fait passer des tests de mémorisation habituels, leur mémoire n’est pas différente de celle des autres personnes. Les tests d’intelligences, d’abstraction, de raisonnement n’ont rien d’exceptionnels.
    James McGaugh et Larry Cahill de l'Université de Californie Irvine ont effectué des IRM sur des personnes hypermnésiques et ont montré qu’elles faisaient bien sûr, comme nous tous appel au cortex frontal et à l’hippocampe, mais aussi à d’autres régions et notamment à des centres habituellement destinés à l’apprentissage d’automatismes.
    Les capacités hypermnésiques peuvent avoir, dans certains cas, un effet néfaste sur les capacités cognitives. D’une part certaines capacités de mémorisation, hors autobiographiques, peuvent être moindre et surtout les rappels incessants de souvenirs peuvent devenir insupportables.
    Une personne suivie par des chercheurs décrivait ses remémorations comme « incessantes, incontrôlables et totalement épuisantes » et comme « un fardeau »

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