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     J’ai lu une étude intéressante sur l’effet de l’utilisation du GPS sur notre cerveau.
    Cela m’a intéressé car je ne me sers pas de GPS, alors que des personnes de connaissance ne peuvent plus se déplacer sans lui.
    J’ai donc pu comparer et mieux comprendre le sens de cette étude.

    Le plus souvent je n’ai pas besoin de GPS, car je vais à un endroit connu. J’ai alors dans ma tête un itinéraire qui a deux composantes :
    - d’abord une carte mentale, schéma des routes, un plan mais sur lequel les distances restent approximatives;
    - ensuite des points de repères qui permettent de pallier cette approximation : un bouquet d’arbres, une maison particulière, un monument, le clocher d’une église, une affiche, les panneaux routiers…
    Si je vais en un lieu que je ne connais pas, j’étudie le trajet sur une carte routière que j’emporte avec moi, pour suppléer à un oubli. C’est l’équivalent de la carte mentale.
    Mais il me manque les souvenirs des points de repère. Maintenant que l’on peut consulter sur internet des cartes satellites, avec vue en 3D, je parcours mon itinéraire à la recherche de points de repères. Je compte aussi les croisements de route, et je relève des distances sur la carte. Cela me permettra de me guider, si je suis attentif et ne vais pas trop vite.

    Que font les personnes que je connais et qui se servent du GPS; Ils obéissent tout simplement « tourner à gauche au prochain carrefour.
    Plus besoin de réfléchir, on peut anticiper et mettre les clignotants très tôt avant de tourner. C’est bien commode. Surtout s’il y a des sens interdits.
    Mais si jamais on se trompe, ou si le GPS n’avait pas un bon plan (cela arrive !), alors là on est complètement paumé et ce d’autant plus qu’on ne sait pas quelle erreur le GPS a faite. Cela m’est arrivé de sortir d’affaire un camarade que j’accompagnais, parce que son GPS avait fait une erreur et que j’avsi regardé lka carte avant de partir.

    L’étude dont je parlais en début d’article avait comparé ainsi des personnes ayant utilisé pendant longtemps des stratégies différentes d’orientation sur route.
    Les chercheurs ont constaté que les personnes sui utilisaient toujours leur GPS depuis longtemps avaient une faculté très diminuée d’élaboration des cartes cognitives et des images mentales de repères qui les accompagnent. Après avoir parcouru les lieux et être arrivé au bon endroit, les personnes utilisant le GPS avaient quelques repères visuel, mais très peu de connaissance de l’organisation des lieux et étaient incapables de tracer un plan de leur itinéraire.
    Leur mémoire et leur cortex frontal n’étaient pas entraînés à cela. C’est le cortex préfrontal qui réfléchit et organise, et c’est l’hippocampe et le cortex entorhinal proche qui organisent et stockent les cartes mentales, le calepin visuo-spatial servant de mémoire de travail entre les deux.

    Nous ne sommes pas les seuls à avoir des cartes mentales : lorsque l’on a habitué des rats à naviguer dans un labyrinthe, ils le parcourent très vite et sans hésitation. Et si l’on barre une voie, ils arrivent assez rapidement à trouver un itinéraire de secours, ce qui prouve qu’ils ont retenu une topologie des lieux.

    Utiliser en permanence un GPS entraîne donc un appauvrissement mental. Et naviguer sans GPS si on connait un peu les lieux est une hygiène mentale.
    Les chercheurs ont alors étudié le cas de personnes que la voix de leur GPS agaçait et qui l’utilisait sous forme de l’affichage d’une carte sur laquelle est tracé l’itinéraire et d’un point représentant le véhicule. C’étaient eux qui prenaient les décisions de conduite et de changement de direction.
    Ils ont observé que ces personnes avaient gardé la capacité de retenir des images mentales.
    Ils préconisent donc de ne pas se servir « bêtement » du GPS, mais de garder l’initiative des décisions, le GPS n’étant qu’une carte routière affichée en permanence, avec un repère de position facilitant la consultation en temps réel.

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Mercredi 3 février 2016 à 8:53

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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Il m’arrive souvent de m’interroger sur l’influence d’internet et plus généralement des nouvelles technologies sur notre cerveau et donc de lire des études à ce sujet.
    Quand je vois la manière de procéder des camarades de mes petits enfants, je compare à ce qui est dit dans ces documents.
    En fait les nouvelles technologies ne modifient pas notre cerveau, mais la façon dont nous nous en servons, et comme les circuit cérébraux s‘adaptent à l’usage que nous en faisons, ils prennent l’habitude de fonctionner différemment.

    Il est certain que les nouvelles technologies, si on n’y prend garde, peuvent être très néfastes pour la mémoire.
    Personnellement j’ai été formé avec les méthodes d’autrefois, les moyens informatiques actuels n’existant pas, et on  apprenait beaucoup par cœur et j’ai donc toujours une excellente mémoire, car elle a été formée étant jeune.
    Mais effectivement je m’en sers moins : il y a 4à ans, je connaissais plus d’une centaine de numéros de téléphone des gens que j’appelais souvent? Aujourd’hui tous les numéros sont dans les mémoires des téléphones et je ne connais plus guère que les miens.
    Un psychologue a fait écrire sur un ordinateur une série de mots en demandant aux expérimentateurs de les retenir dans leur mémoire. A la moitié d’entre eux il a dit que l’ordinateur noterait ces mots. Les performances de mémorisation de ce groupe ont été beaucoup moins bonnes que celles du groupe qui ne savait pas que les mots écrits seraient conservés. Cela dénote une certaine paresse intellectuelle quand on compte sur la machine pour nous économiser des efforts.   
    D’autres expériences montrent que l’on retient beaucoup mieux des notes prises à la main, que si on les prend au clavier. A coté de la mémoire visuelle, il y a une mémoire manuelle de l’écriture et surtout il faut davantage réfléchir à ce qu’on va écrire, car on ne peux; comme sur l’ordinateur, revenir sur la présentation.
    Je suis inquiet pour les jeunes car on ne leur fait presque plus rien apprendre par cœur et ils mémorisent peu de connaissances. Celles ci ne leur manqueront pas car ils pourront les retrouver sur internet, mais leur mémoire n’a pas été exercée et je constate que eux, pourtant bien plus jeunes, ont une bien moins bonne mémoire que moi.
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    Je ne reviendrai pas sur le fait qu’il est illusoire que l’usage des nouvelles technologies rend notre cerveau multitâches. J’ai écrit plusieurs articles à ce sujet.
   
    Une chose intéressante est ce que nous apprend l’observation en IRM du fonctionnement de notre cerveau quand nous lisons une page d’un livre et une page sur internet.
    Dans la cas du livre, nous mobilisons essentiellement les aires du traitement visuel, du langage et de la mémoire. Le cortex préfrontal intervient pour comprendre le sens de ce que nous lisons et le rapprocher de ce que nous avons déjà mémorisé.
    Dans le cas du web, la priorité est donné à la navigation et les aires de lecture et de mémorisation sont moins sollicitées et ce sont les aires du cortex préfrontal de prise de décision et de résolution des problèmes liés à la navigation qui sont par ailleurs très actives.
    Résultat on mémorise beaucoup moins bien ce qu’on lit sur internet que ce qu’on lit dans un livre, et ce d’autant plus qu’on n’est pas motivé, puisqu’on sait qu’on pourra toujours retrouver l’information, sans avoir besoin de la mémoriser….. sauf le jour d’un examen, d’un partiel ou d’un concours.
    S'il y a un très grand nombre de savoirs disponibles sur le web, reste en effet à vouloir se les approprier, et à apprendre à s'en servir à cette fin. Et par ailleurs à cultiver autant sa mémoire, car ensuite il sera trop tard pour le faire.
    Pour faire du web un outil au service de l'apprentissage, encore faudrait-il lui donner d'abord sa place dans l'enseignement général et apprendre aux élèves à s’en servir, sans négliger des apprentissages par des moyens classiques.

Vendredi 11 décembre 2015 à 8:58

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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    Je disais dans un  précédent article, que notre cerveau faisait la synthèse d’images à partir d’éléments mémorisés et qu’il rectifiait ensuite ces esquisses pour les rendre conforme à ce que la vue lui donnait comme informations du réel. Cela lui permettait de réunir en même temps de nombreuses informations sur l’environnement, issues de notre expérience passée, et d’anticiper sur l’avenir, pour guider nos actions et notamment noss déplacements..
    Les biologistes pensent que ce processus dépasse les simples perceptions et concernent toute notre façon de penser : nous raisonnons par comparaisons et beaucoup de nos décisions sont inconscientes et intuitives.

    Quand nous vivons au quotidien, nous percevons notamment des images de l’environnement et de ses objets (mais c’est vrai aussi pour les sons et le toucher) et nous reconnaissons la plupart d’entre eux qui nous sont familiers et leurs caractéristiques.
    Cela veut dire qu’à coté des images, nous avons conceptualisé l’objet, sa forme, ses caractéristiques, son usage et évidemment cela s’appuie sur le langage.
    Mais même le bébé qui vient de naître fait cette conceptualisation : par exemple il y a une personne qui a certaines caractéristiques d’image, un visage un timbre de voix, qui le nourrit, qui le change, qui le porte, qui vient s’il pleure… et en général c’est la maman.
    Au niveau du langage, cette conceptualisation se traduit pas une particularité : les neurones qui sont connectés pour représenter un objet sont tous dans la même zone lorsqu’il s’agit d’objets analogues, par exemple des outils.
    Et notre mémoire est aussi construite de façon logique au niveau des connaissances et des entités : elle les classe par familles, analogies…, un peu comme le botaniste ou l’animalier classe les plantes ou les animaux.
    Quand nous allons nous trouver en présence d’une chose nouvelle et inconnue, notre cerveau va rechercher dans le passé ce qui lui ressemble dans les choses analogues anciennes et connues, que ce soit d’ailleurs un objet ou un concept plus abstrait.
    Nous cherchons à classer, à généraliser, à nommer de façon analogue des choses qui se ressemblent. Et donc notre conceptualisation est en évolution permanente, comme d’ailleurs en partie notre langage. Et évidemment des caractéristiques s’ajoutent en mémoire aux choses nouvelles, mais en partant d’abord de caractéristiques analogues à celles des choses de la même famille.
    Ce processus est presque totalement inconscient.

    Suivant notre personnalité, mais aussi nos connaissances, notre curiosité intellectuelle, et la richesse de notre vocabulaire, nous aurons des concepts étroits et vagues et d’autres concepts étendus. Dans le cas de concepts pauvres, nous aurons tendance souvent à généraliser abusivement et à faire des rapprochements peu pertinents.
    La pauvreté du vocabulaire nous empêchera par exemple d’expliquer de façon précise des phénomènes ou notre pensée.
    Bien sûr lorsqu’il s’agira d’objets courants nos concepts seront en général suffisamment précis et exacts : nous savons tous reconnaître une chaise et à quoi elle sert.
    C’est beaucoup moins vrai quand il s’agit de concepts abstraites littéraires, artistiques ou scientifiques.
    C’est encore plus difficile quand il s’agit de nos relations avec autrui qui interfèrent avec les émotions et les sentiments, et il faut se méfier des jugements que nous faisons par analogie et généralisation.
    Certaines personnes ont une tendance, provenant à la fois de leur personnalité et du fonctionnement de leur cerveau, à généraliser abusivement. Elle pourront ainsi commettre des erreurs de jugement importantes.
    Un processus assez courant d’erreur dans le domaine du classement des personnes est du genre : M.X est un voleur, M. X est financier, donc tous les financiers sont des voleurs.

    Un autre aspect concerne les décisions que nous prenons. Certes si nous achetons une maison ou une voiture, nous y réfléchirons avant,  Mais dans la plupart des petites décisons que nous prenons en permanence à chaque instant de notre vie quotidienne, c’est intuitivement et presque inconsciemment que nous le faisons.
    C’est notamment vrai lorsque nous exécutons une tâche répétitive et habituelle, par exemple conduire notre voiture pour aller à notre travail. Nous le faisons inconsciemment sans réfléchir et cela ne requiert notre attention que si un événement exceptionnel intervient.
    Je parlerai demain de nois processus de décision.

Jeudi 5 novembre 2015 à 12:58

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

Aujourd’hui, ce sera encore un petit article car je n’ai pas récupéré mon  Mac en panne, au clavier « réel » auquel je suis habitué.

Il faudra que je fasse un article sur les habitudes !

J’ai lu récemment un article sur un centre du cerveau dont on ne parle presque jamais, car il passe presque inaperçu dans les IRM et on ne sait pas bien à quoi il sert : le « claustrum », ou plutôt les « claustra », car il y en a un dans chaque hémisphère cérébral.

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Le claustrum est une couche fine et irrégulière de cellules nerveuses, située sous le cortex insulaire et au dessus du putamen, sous les tempes et au dessus des oreilles. Cette couche très mince est entourée de substance blanche : les fibres nerveuses entourées de myéline.

Presque toutes les régions cérébrales y sont connectées et des fibres arrivent mais d’autres repartent vers les mêmes régions.

Une différence cependant, les fibres arrivent des deux hémisphères dans chaque claustra (après être passées par le pont entre les hémisphères que constitue le corps calleux). Par contre les fibres qui repartent du claustrum ne vont que dans le même hémisphère où il se trouve. Toutefois on ne sait pas si cette particularité, constatée chez le rat, est valable pour l’homme.

C’est donc un carrefour neuronal, un peu comme un « central téléphonique » au sein du cerveau.

On ne connaît pas de cas de destruction accidentelle, physiologique (hémorragie) ou clinique ( virus), de ces centres et donc il est difficile d’étudier leurs fonctions. L’IRM apporte peu parce que sa précision est de l’ordre du millimètre alors que  l’épaisseur du claustrum est moindre.

Une opération récente du cerveau sur une patiente atteinte d’une très grave épilepsie, a permis de faire une observation étonnante, alors que le crâne était ouvert, des électrodes étaient implantées dans le cerveau pour arriver à repérer la zone épileptique.

La stimulation précise du claustrum provoquait une perte de conscience de la patiente, qui cessait avec la stimulation.

La patiente avait le regard vide et cessait de répondre au chirurgien ou de lire des textes. Elle restait capable de terminer des actions simples commencées avant la stimulation. Le test a été répété plusieurs fois, mais évidemment l’expérimentation n’a pu être prolongée.

On ne sait donc toujours pas le rôle exact des claustra, mais il semble qu’il soit un « interrupteur de la conscience »

Les chercheurs vont continuer à poursuivre des expériences animales et chercher à déterminer si le claustrum a une chimie particulière, au niveau des protéines notamment, pour trouver un moyen d’cation dans les expériences animales.

Le problème avec les animaux, c’est de mesurer leur degré de conscience : ils ne savent ni parler, ni lire !


Lundi 12 octobre 2015 à 14:54

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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Une correspondante me parle d’un article sur la mémoire où elle aurait lu que certaines personnes étaient « hypermnésiques » et se rappelaient tout ce qu’ils avaient vu ou lu et avaient tellement de souvenir qu’ils les mélangeaient.
    Les journalistes racontent beaucoup d’inexactitudes à ce sujet, en confondant des particularités différentes de la mémoire

    Nos 5 sens envoient au cerveau, via le thalamus des sensations et notamment des images, quarante fois par seconde et de plus nous avons des sensations internes sur l’état de notre corps. Si nous mémorisions cela, notre mémoire serait vite saturée. La plupart de ces sensations sont détruites dans les secondes qui suivent et le cerveau garde quelques instants des sensations que le thalamus juge plus importante et dont il informe le « chef d’orchestre », le cortex préfrontal. SI celui-ci juge l’événement important, notre attention et nos sens sont alors orientés sur cet événement pour recueillir de nouvelles perceptions.
    Mais celles ci pourront se révéler inintéressantes et les données seront effacées de la mémoire à court terme.
    Seuls certains événement que le cortex préfrontal, ou le cerveau émotionnel jugent importants, sont conservés et consolidés dans la mémoire à long terme.
    Ces souvenirs seront consolidés pendant le sommeil, ainsi que chaque fois qu’on se les remémorera. Mais si nous ne nous rappelons jamais l’événement, les neurones le concernant, seront peu à peu désactivé et le souvenir sera peu à peu oublié.

    De quoi nous souvenons nous.
    On le voit c’est la répétition qui consolide le souvenir. Donc nous nous rappellerons mieux ce que nous faisons souvent : l’apprentissage et la répétition provoquent la mémorisation. On sit très bien que, pour acquérir des connaissances, il faut les apprendre plusieurs fois, les appliquer sur beaucoup d’exercice : on paprend mieux la table de multiplication en faisant 1000 multiplications ou divisions, qu’en la relisant plusieurs fois.
    Pour les souvenirs « épisodiques », ceux de la vie de tous les jours, nous retenons des faits ou des mécanismes importants, parce que le cortex préfrontal l’a ordonné à l’hippocampe, mais aussi des faits, images, sensations, paroles qui nous ont touché émotionnellement et là c’est le cerveau émotionnel qui a agi sur l’hippocampe.

    Quelles sont les performances de notre mémoire ?
    Très variables : cela dépend des liaisons entres neurones dans notre cerveau et une part est innée. Certains ont une mémoire visuelle plus développées, d’autres la coordonnent avec une mémoire tactile, certains ont une très bonne mémoire auditive.
    Mais surtout cela dépend de l’entrainement que nous avons fait subir à notre mémoire. Si nous n’apprenons rien par coeur étant jeunes, notre mémoire sera peu formée. L’habitude va la développer éventuellement dans certains domaines : l’instrumentaliste a une bien meilleure mémoire des sons que ceux qui ont simplement écouté de la musique. J’ai connu une personne qui, ayant été insupportable en classe au début du siècle dernier, avait eu comme punitions, tout au long de sa scolarité, d’apprendre par coeur des milliers de pages de poésies ou de textes des grands auteurs. Elle se souvenait de beaucoup de ces textes et avait une facilité extraordinaire pour retenir tout ce qu’elle lisait.
    Le traitement que l’on fait subir aux données acquises influe également. Je me souviens de presque toute la correspondance reçue sur un sujet important, mais je serais incapable de citer les phrases de la lettre;; je ne me souviens que des idées qu’elle traitait.
    Certaines personnes qui se passionnent pour un sujet peuvent parfois faire preuve d’une mémoire étonnante pour ce sujet particulier : j’ai eu un camarade passionné des locomotives et de la SNCF (où d’ailleurs il a fait carrière), qui connaissait par coeur le « chaix » (l’annuaire des départs et arrivées des trains dans les différentes gares.

    Les surdoués de la mémoire :
    On parle souvent d’attractions données par des surdoués qui arrivent à mémoriser en peu de temps et à se rappeler ensuite de mots, de chiffres etc.
    Certains sont des charlatans et ont un « truc », mais d’autres sont sincères : ils se sont beaucoup entrainés et ont en général des méthodes mnémoniques pour assembler les données ou les faire correspondre à d’autres informations.
    Ce sont des cas de développement extrêmes, pas d’anomalies.

    Qu’est ce que l’hypermnésie.
    Ce n’est pas cette grande capacité ou facilité mémorielle.
    C’est en fait une anomalie rare, une sorte d’exaltation de la mémoire, et en fait une psychopathologie caractérisée par une mémoire autobiographique (les souvenirs personnels de sa vie) extrêmement détaillée et un temps excessif consacré à se remémorer son pass. Ces souvenirs sont principalement visuels, mais parfois sonores, olfactifs, tactiles, avec des souvenirs de sensations et sentiments qui leur sont associés.
    Ils ont, par rapport aux personnes qui n’ont pas cette particularité, des souvenirs beaucoup plus nombreux, précis et détaillés de leur enfance et adolescence.
    Mais si on leur fait passer des tests de mémorisation habituels, leur mémoire n’est pas différente de celle des autres personnes. Les tests d’intelligences, d’abstraction, de raisonnement n’ont rien d’exceptionnels.
    James McGaugh et Larry Cahill de l'Université de Californie Irvine ont effectué des IRM sur des personnes hypermnésiques et ont montré qu’elles faisaient bien sûr, comme nous tous appel au cortex frontal et à l’hippocampe, mais aussi à d’autres régions et notamment à des centres habituellement destinés à l’apprentissage d’automatismes.
    Les capacités hypermnésiques peuvent avoir, dans certains cas, un effet néfaste sur les capacités cognitives. D’une part certaines capacités de mémorisation, hors autobiographiques, peuvent être moindre et surtout les rappels incessants de souvenirs peuvent devenir insupportables.
    Une personne suivie par des chercheurs décrivait ses remémorations comme « incessantes, incontrôlables et totalement épuisantes » et comme « un fardeau »

Lundi 21 septembre 2015 à 9:22

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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     J’ai souvent dit dans mes articles que les souvenirs étaient faits de nombreuses perceptions ou idées, qui étaient chacune enregistrées dans un groupes de neurones et que l’association en un souvenir global résultait d’une connexion entre ces divers groupes de neurones, qui étaient faite au moment où l’on percevait le souvenir, confortée ensuite dans notre sommeil, puis renforcée chaque fois que l’on rappelait ce souvenir. Mais s’il restait sans rappel, la connexion s’affaiblissait et le souvenir risquait de passer dans l’oubli.
    Il arrive souvent à chacun d’entre nous de voir un visage et de ne plus se rappeler le nom de la personne, ou le lieu où on l’a rencontrée.C’est vrai à tout âge, mais c’est plus fréquent à mesure que l’on vieillit.
    Cela tient à ce que le visage, le lieu et le nom sont stockés dans des groupes de neurones différents, qu’à l’origine l’hippocampe a noé les adresses de ces groupes pour les mettre en relation, mais que comme nous n’avons pas vu cette personne pendant longtemps, ces connexions se sont affaiblies et l’hippocampe ne sait plus mettre ensemble ces trois adresses.

    Des chercheurs des université de Leicester, Los Angeles et Tel Aviv ont constaté ce phénomène de façon réaliste.
    Ils soignaient un malade épileptique qui avait par ailleurs des problèmes de mémoire dus à sa maladie et avaient, avec son accord, implanté des électrodes dans son cerveau à des fins thérapeutiques. Cela permet de percevoir l’activité de groupes de neurones beaucoup plus restreints qu’avec l’IRM.
    Le patient se rappelait avoir vu une personne dont on lui montrait la photo. Un groupe de neurone de la mémoire de stockage des visages, dans la zone des images des objets que nous appelons le « Quoi », était alors mis en activité.
    Mais il ne se rappelait pas où il l’avait rencontré. Quand on lui montrait des photos de divers lieux, les groupes de neurones où sont stockées les images des divers lieux ( ce que nous appelons le « où »), s’activaient un à un selon le lieu concerné.
    Mais aucune liaison ne se faisait entre les neurones du visage et ceux des lieux et le patient ne savait toujours pas où il avait rencontré cette personne;
    Les chercheurs lui ont montré alors une photo où le patient et la personne se trouvaient ensemble sous la tour Eiffel à Paris. Les neurones du visage et ceux de la tour Eiffel se sont alors activés en même temps lorsque le patient a vu la photo.
    Et par la suite, le patient s’il voyait le visage de la personne, savait à nouveau qu’il l’avait rencontré sous la tour Eiffel. La connexions entre groupes de neurones s’était renforcée pour un temps.

    Cette expérience est une bonne démonstration du mécanisme de nos souvenirs, mais elle en montre aussi la fragilité.
    Car en montrant la photo au patient les chercheurs ont rétabli la connexion entre les neurones du visage et ceux du lieu « tour Eiffel ». Mais si d’autres élément ne sont pas rappelés à cette occasion, rien ne prouve que c’est là que le patient a renconré la personne pour la première fois.
    Un événement fortuit, une photo, une parole, peuvent ainsi rétablir des connexions entre deux perceptions, mais la signification que nous lui apportons peut être totalement erronée, si elle ne s’appuie pas sur des élément de souvenir complémentaires.
    On peut même ainsi rajouter à un souvenir, des éléments qui n’en ont jamais fait partie.

    Je me rends compte par exemple, que j’ai aujourd’hui, peu de souvenirs de mon enfance avant 5 ans. Et certains de mes souvenirs sont faits de sensations que j’ai conservées en mémoire, et qui sont probablement originelles et probablement exactes, mais très incomplètes, et qu’à ces souvenirs réels, j’ai rajouté des éléments qui proviennent de photos qu’avaient prises mes parents, ou de récits qu’ils m’ont faits par la suite. J’y ai rajouté d’autres éléments provenant de mes émotions, de mes sentiments vis à vis des personnes présentes à l’événement.
    Tout cela forme un amalgame, qui a toute l’apparence de la vérité, mais dans lequel je ne sais pas très bien ce qui est réel, ce qui est subjectif, ou même ce qui se rapporte en fait à un autre événement.
    Plus on vieillit, plus les souvenirs se transforment, se dégradent ou s’enrichissent, la personnalité et nos désirs peuvent influer sur eux, et malheureusement, chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzeimer, qui est essentiellement une dégradation de l’hippocampe et de notre mémoire, avec évidemment des réactions sur le psychique et le comportement, on voit une transformation complète des souvenirs, qui sont parfois en apparence très complets et très précis, mais sont une transformation complète de la réalité, soit par mélange avec d’autres souvenirs, voire une invention complète, probablement fonction des désirs et préoccupations du malade.    

     Les neurologues ont un comparaison amusante pour cette trnasformation des souvenirs : ils disent qu’ils ressemblent aux dinosaures dont la représentation repose sur des vestiges réels trouvés, mais ensuite sur toute la construction faite autour par les archéologues
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    Il est toujours intéressant, pour suivre les avancées des sciences de regarder pourquoi ont été attribués les derniers prix Nobel scientifiques.
    En 2014, le prix Nobel « médecine et biologie » a été attribué à trois chercheur, l’un John O’Keefe (à gauche, ci dessus), de l’University College de Londres, pour des études anciennes et, dans le même domaine, à May-Britt et Edward Moser (à droite, ci dessus), de l’université de Trondheim en Norvège, pour leurs découvertes des cellules qui constituent un système de positionnement et de géolocalisation dans notre cerveau.

    En 1971, John O’Keefe a découvert, dans l’hippocampe, (le « professeur de la mémoire » - voir mes articles à ce sujet, notamment 27/12/2014, 17, 18 et 20/12/2011 et 9/5/2008), des neurones qui jouent un rôle dans la perception de notre position dans l’environnement. Ces cellules qu’il a appelées « neurones de lieu », s’activent lorsque l’on se situe dans un endroit précis et se désactivent lorsqu’on le quitte. Un autre lieu active d’autres neurones analogues.
    Par la suite il avait identifié dans une région voisine de l’hippocampe, des « neurones de direction », dont le signal dépendait de la direction dans laquelle s’orientait la tête, et également de celle dans laquelle se dirigeait un animal en expérience.
    Mais les électrodes d’exploration du cerveau et surtout les appareillages électronique de l’époque étaient moins performants qu’aujourd’hui et ne permettaient pas de connaitre les réactions d’un nombre de neurones suffisamment faible, et donc de connaître les signaux avec une précision suffisante.

    En 2005, May-Britt et Edward Moser ont découvert, chez le rat, en utilisant un réseau d’aiguilles reliées à un casque et à des appareils de mesures, qui permettait d’enregistrer l’information d’un très petit nombre de neurones d’autres neurones qu’ils ont appelés « neurones de grilles » situé dans une région sous l’extrémité de l’hippocampe, le cortex entorhinal médian, réagissaient différemment des « neurones de lieu ».
    Chaque neurone s'active pour plusieurs points du lieu exploré par l’animal, répartis régulièrement dans l'espace dessinant une sorte de grille. La disposition de ces points représente un « dessin » qui dépend de repères externes de l’environnement dans lequel se déplace l’animal, mais aussi d'informations internes, générées par les mouvements de l'animal.
    Ces cellules de grille fournissent donc un maillage de l'espace dans lequel se déplace le rat, un peu comme s’il avait un « GPS interne au cerveau ».

    Ces chercheurs ont continué leurs études et en 2011, ils ont montré que les « neurones de lieu », les « neurones de grilles » et les « neurones de direction » interagissaient entre eux et avec d’autres neurones de synthèse des informations, pour former un système de navigation performant.
    Ainsi, les cellules de lieu peuvent déterminer les endroits où l’on est, mais aussi ceux d'où l’on vient et ceux vers lesquels on va.
    Ces neurones sont reliés à la zone de mémoire spatiale qui comporte des cartes de l’espace environnant, ce qu’on appelle le « où » (voir mes article des 3/1/2014 et  27/9/2014). Notre cerveau relie donc les information de son GPS aux cartes géographiques qu’il a en mémoire.
    En fait ces cartes mentales en mémoire sont établies en liaison entre le système d’interprétation de la vision et les cellules de grille. notre mémoire les rélie aussi aux événements qui nous sont arrivés dans les lieux mémorisés.

    Les neurones de lieu, de direction  et de grille ont ensuite été trouvés chez d’autres mammifères, et chez l’homme, chez des malades atteints d’épilepsie auxquels on avait implanté dans le cerveau des micro-électrodes pour déterminer la zone d’où partaient les crises. d’autres expériences ont été menées en IRM en utilisant des lunettes permettant une vision en « réalité virtuelle » (projection sur l’écran des lunettes d’un paysage, que l’on voit alors en 3D, comme si l’on y était).
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/hippocampeentorhinal.jpg    On commence donc à savoir comment notre cerveau permet notre orientation spatiale, mais que dire de ce que l’on appelle « le sens de l’orientation », il existe des inégalités flagrantes dans notre capacité à construire et manipuler une carte mentale de notre environnement, voire même à interpréter une carte papier ou GPS pour nous guider.
    De nombreux essais pratiques ont été menés sur des personnes auxquelles on faisait faire un certain parcours que l’on demandait ensuite d’analyser et les réponses étaient très variables, de même que, si on les emmenaient à nouveau sur le même parcours, certaines retrouvaient beaucoup mieux leur chemin que d’autres.
    Ce qu’on appelle “le sens de l’orientation” repose sur la capacité à traiter des informations multiples : celles issues de l’environnement extérieur (repères visuels ou tactiles dans le noir…) et celles données par notre propre corps (dans quel sens je me déplace, à quelle vitesse…).
    Nous venons de voir quels étaient les neurones qui traitaient ces informations dans le cerveau, mais déterminer les causes de ses fluctuations reste difficile et encore peu connu.
    Une partie des différence est certainement dû à l’hippocampe et à l’apprentissage : des études sur les chauffeurs de taxi de Londres ont montré que les liaisons entre les cellules de lieu et les cartes mentales du « où », étaient beaucoup plus développées que chez des personnes n’ayant pas le besoin de mémoriser les lieux et itinéraires.
    Les liaisons étaient également plus importantes avec le noyau caudé, qui stocke des informations sur les actions spatiale de soi même.
    D’autres différences notamment chez les personnes incapables de se repérer sont sans doute dues à certaines performances moindres des cellules de lie et de grille.
    Chose curieuse, le sens de l’orientation des femmes, égal à celui des hommes lorsque le taux d’oestrogène est bas, varie ensuite avec le cycle hormonal.
    Enfin, un troisième facteur est celui de l’orientation spatiale liée à la reconnaissance d’images, qui permet de se représenter un même objet, une même carte, un même lieu, sous différentes orientations à partir de points différents. (pensez aux tests de QI où on vous montre plusieurs objets sous différentes perspectives et où on vous demande quelles sont les deux images concernant le même objet).
    Il semblerait qu’il existe des différences importantes selon les individus, et qu’en moyenne, les performances des hommes soient supérieures à celles des femmes.
    Dans ce domaine l’apprentissage peut aussi jouer un rôle important.
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             Maintenant que nous avons vu diverses notions qui contribuent à faciliter la mémorisation, je pourrais essayer de donner mon avis à ma correspondante sur la question qu’elle me posait : comment les enfants pourraient ils mieux retenir leurs leçons ?

            La première condition pour apprendre est, je crois, la motivation : il faut en avoir envie, presque y trouver un certain plaisir ou au moins une satisfaction.
            Aujourd’hui, sans doute une réminiscence de 1968 et surtout une évolution des parents qui n’ont pas le temps dans notre monde sous pression, et qui ont peur que leur rejeton ne les aime pas assez : on veut faire apprendre aux enfants par le jeu. Bien sûr, il faut que les enfants jouent, mais est ce à l’école que cela doit se faire ? Peut être à la maternelle et encore il faut commencer très tôt à donner de bonnes habitudes. On ne joue jamais sérieusement, c’est un délassement, un repos, une distraction, même si cela demande physiquement un effort comme au sport.
            Apprendre est quelque chose de sérieux, pas un jeu, mais un travail. Cela exige attention et effort. C’est même parfois un peu pénible, mais il y a une satisfaction de ce qu’on a réussi de faire ensuite, et on doit s’habituer à ce que toute récompense ne soit pas gratuite et demande un certain effort pour l’obtenir.
            Et paradoxalement ce recours au jeu a créé la peur d’apprendre, la crainte de l’échec, l’horreur de l’effort à fournir. Beaucoup de mes correspondant(e)s se lamentent de ne pas réussir leurs études après le bac, mais tout simplement ils ne travaillent pas assez et pas avec assez de concentration.

              Le deuxième problème est celui de l’attention. On ne peut pas apprendre sans être très attentif à ce que l’on vous enseigne, être à l’écoute et réfléchir à ce qu’on vous dit, afin de comprendre et d’assimiler.
            Ce qui est flagrant aujourd’hui c’est que la plupart des élèves ne font pas attention en classe et ne travaillent pas assez .
            Le temps réel de concentration pour un adulte est d’une vingtaine minutes en moyenne. Après cela, d'autres pensées envahissent l'esprit. Ce temps de concentration étant inférieur chez l'enfant, il est donc nécessaire de faire de nombreuses coupures, toutes les 10 minutes, afin que l'attention ne retombe pas.
            Il ne s'agit pas de faire du "zapping", mais bien d'organiser des activités brèves, cohérentes entre elles, des changements permettant de varier les approches tout en restant dans le vif du sujet. Tout bon conférencier essaie de faire cela.
            Mais si une bonne pédagogie permet d’appeler l’attention des élèves, leur participation est nécessaire et le rôle des  parents dans ce domaine est important.
            Trop de jeunes prennent l’habitude de parler au copain, de faire de petits dessins, de penser à leur prochaine discussion sur facebook ou au week-end suivant, quand ce n’est pas envoyer en douce un texto.
            C’est aux parents qu’il revient d’éduquer leurs enfants. Le rôle des parents est aussi de donner aux enfants des occupations qui leur permette de développer leurs qualités et de fixer leur attention, au lieu de les laisser zapper sur la télévision ou sur internet, et de leur apprendre à se servir intelligemment d’un dictionnaire ou de Google.

    Un troisième problème est de rendre l’étude d’une matière plus attirante, plus plaisante, plus à la portée de l’élève, (mais sans en faire un jeu).
    Les cours actuels sont trop théoriques, pas assez reliés à des applications pratiques et utiles. Il n’y a pas assez d’exercices permettant de se rendre compte de leur utilité. Pourtant les moyens audiovisuels d’aujourd’hui permettraient de nombreuses illustrations et animations des cours.
    En fait il faudrait développer la curiosité intellectuelle de l’enfant, pour qu’il ait envie de rechercher des données, de comprendre, de savoir, et qu’il en tire un plaisir. L’enfant ne peut faire cela seul. Il faut qu’un parent ou un grand parent l’initie à des lectures, et aujourd’hui à des vidéos, sur des sujets très divers, qu’on essaie de lui donner un sujet qui puisse le passionner t sur lequel il essaiera de connaître le maximum de choses (et de les mémoriser). Il faut lui donner le goût et la joie de devenir un « petit expert » sur ce domaine. Apprendre peut devenir une fierté !

    Nous avons vu que la mémorisation, pour être correcte exige la répétition de l’information à mémoriser.
    Si l’on se contente de survoler la leçon, on ne la retient pas. Il faut la lire sérieusement, la comprendre la relier à d’autres connaissances, et la répéter plusieurs fois. Cela demande du temps et du travail, mais c’est indispensable pour mémoriser.
    Les exercices sont l’occasion de se répéter ou de réapprendre le cours, mais malheureusement, on en donne de moins en moins à faire.

    Un autre problème : la mémoire, cela s’entraîne !
    il faut habituer le cerveau à mémoriser.
    L’enseignement autrefois exerçait la mémoire en faisant apprendre par cœur des poèmes ou des morceaux de théâtre, des règles de grammaire, des formules de mathématique ou de physique-chimie, des données de SVT, d’histoire ou de géographie.
    Ce n’était pas tellement pour la nature des connaissances à retenir, mais pour entraîner la mémoire à apprendre.
    Aujourd’hui on n’apprend plus rien par cœur sous prétexte qu’on trouve tout sur internet, et résultat, on n’a plus de mémoire. Et confrontés ensuite à des études où le « par cœur » joue un rôle important, comme la médecine, beaucoup de jeunes ne réussissent pas leurs études parce qu’ils n’ont pas appris à mémoriser.   

    Solliciter plusieurs sens et traiter les informations : (voir le schéma en têtede l'article)
    Il est connu que la mémorisation d’un texte est plus facile pour beaucoup, si outre le lire, on le récite à haute voix ou on l’écrit. La mémoire a alors plusieurs associations supplémentaires liées à l’ouïe et aux commandes motrices de la main
 On peut se rappeler les intonations du texte et les mots écrits.
    Une façon plus efficace est de faire travailler le cortex préfrontal pour analyser ce que l’on veut apprendre et le résumer sous forme d’une fiche. Le travail danalyse a forcé à se concentrer sur le texte pour le comprendre, et la fiche a utilisé à la fois la visualisation et l’écriture des mots. C’est un processus assez long, mais qui réussit bien  our des esprits qui aiment comprendre et synthétiser.
Revenons à notre problème initial, la mémoire.

    Comment se fait la mémorisation à long terme?
Elle fonctionne en trois étapes : l’encodage, le stockage et la restitution.

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    L’encodage est effectué principalement grâce à l’hippocampe.
Au départ vous avez une série d’informations provenant des sens : par exemple la forme d’un canari, sa couleur jaune, son chant…, mais aussi des informations de type linguistiques : c’est un canari, il s’appelle Titi.
    L’hippocampe est chargé d'associer ces données et les souvenirs pour former un « épisode". Les données ci dessus vont être stockées dans la mémoire associative pour des images, des sons.., mais aussi dans le centre de Geschwind pour les mots.
    L’hippocampe va renforcer ces diverses connexions en les associant , et éventuellement en y associant aussi les souvenirs de l’environnement dans lequel elles ont été acquises.
    Cette association se fait de plusieurs façons : augmentation d la quantité de neurotransmetteurs dans les synapses, augmentation du nombre de synapses joignat deux neurones, excitation d’un neurone auxiliaire qui vient renforcer le signal de l’émetteur et abaisser le seuil à partir duquel l’influx nerveux est transmis.
    Sans l'action de l'hippocampe pour connecter ces souvenirs entre eux et former un "épisode", ceux-ci resteraient plusieurs souvenirs séparés et probablement rapidement oubliés.

    Le stockage met en jeu en outre les principaux centres du cerveau émotionnel.
    A l’origine l’hippocampe évalue l’importance et la pertinence de l’information, souvent avec l’aide des centres amygdaliens, qui gèrent les aspects émotionnels, et si les conditions de mise en mémoire à long terme sont réunies ou  si l'évènement, à l'origine d'émotions, peut être oublié.
    S’il est décidé de mémoriser, les informations en mémoire vont circuler, notamment pendant le sommeil dans ce que l’on appelle le « circuit de Papez » (voir mes articles des 22/12/2011, 29/3/2009 et 1/2/2009)), et vont ainsi renforcer les connections entre les neurones qui constituent le souvenir correspondant.

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    Le rappel du souvenir peut être inconscient et spontané, mais s’il est volontaire, il est demandé par le cortex préfrontal à l’hippocampe qui associe les divers éléments le composant. Chaque rappel conforte les connexions et donc renforce le souvenir.
    Pour des souvenirs qui ont de très fortes connexions entre leurs composants, le cortex préfrontal peut les rappeler directement sans passer par l’hippocampe, car le rappel d’un élément entraîne le rappel de tous, tant les connexions sont fortes.

    Quelles sont les conditions pour mémoriser convenablement des informations ?

    Avant de mémoriser des données, il faut les intégrer et ceci est conditionné par l’attention.
    A un faible niveau d'attention, un individu sera juste capable de capter l'information recueillie par ses sens. A un degré d'attention moyen il sera capable d'intégrer une information et de la restituer.
    A un niveau d'attention plus élevé, l'individu sera capable d'intégrer une information et de faire des liens avec les connaissances qu'il a préalablement acquises, ce qui placera l’information dans un contexte et permettra de mieux la mémoriser.
    Avec une attention maximale, le cerveau sera capable des actions précédentes, mais aussi d'effectuer un traitement cognitif de l’information recueillie pour en déduire une nouvelle connaissance. 
    Donc, plus l'individu sera en mesure de faire des liens avec ses connaissances, plus la mémorisation sera renforcée car la mémoire relie une nouvelle information à des connaissances déjà solidement ancrées et permet ainsi une meilleure intégration de cette nouvelle information. De plus, si l’on a des difficultés pour restituer ensuite l’information, il sera plus aisé de la retrouver en s'appuyant sur les liens fait avec d'autres connaissances.  

    Deuxième condition d’une bonne mémorisation, la motivation.
    On a vu que la motivation mettait en jeu le système d’apprentissage et de récompense, caractérisé par des neurones utilisant la dopamine comme neurotransmetteur.
    Lorsqu’un événement bénéfique pour l’individu intervient, un centre que l’on appelle l’ATV (aire tegmentale ventrale) provoque la sécrétion de la dopamine, qui intervient donc dans la sensation de plaisir, par un autre centre : le noua accumbens (voir mon article du 12 janvier 2009).
    La dopamine se fixe sur des récepteurs spécifiques et on note une augmentation de celle-ci dans certaines régions du cerveau quand l'individu est engagé dans une activité gratifiante, les neurones de ces régions possédant ces récepteurs spécifiques.
    C’est notamment le cas de l’hippocampe : quand l'hippocampe détecte une information nouvelle, un signal est transmis vers l’ATV et entraîne une libération accrue de dopamine, qui inonde alors en retour l’hippocampe, renforçant l'efficacité de transmission de l'influx nerveux dans les contacts synaptiques de l'hippocampe et donc la mémorisation.
    La sensation de plaisir, qui entraine la motivation de l'individu, sera associée à un souvenir particulier. En rappelant le souvenir, l'individu se rappellera le plaisir qu'il avait éprouvé précédemment et sera donc plus motivé pour le rappeler et sa mémorisation sera plus efficace. De plus, la motivation entraîne généralement une hausse de l'attention...

    Un autre facteur peut jouer un rôle important : l’émotion et donc les centres du cerveau émotionnel et notamment les centres amygdaliens.
    Le principal neurotransmetteur des émotions est la noradrénaline, qui possède aussi ses récepteurs spécifiques.
    L'hippocampe et l'amygdale possèdent d'importantes interconnexions, et les émotions vont directement agir sur le processus d'intégration des données.
plus les connexions entre amygdale et hippocampe seront importantes. La mémorisation est donc plus  efficace et moins sujette à l’oubli et les émotions, qu'elles soient positives ou négatives, influent sur l'intégration des données. 

    En définitive, plusieurs facteurs vont conditionner la mémorisation : l'émotion, la motivation et l'attention. Dans un contexte scolaire les facteurs tels que la motivation et l'attention seront prépondérants. A l'inverse, dans un contexte autobiographique le facteur émotionnel sera plus important. Plus ces facteurs seront forts, plus la mémorisation sera aisée.
    Une bonne mémorisation ne se fonde pas exclusivement sur ces trois facteurs. Réviser va relancer le transit d'une information dans le circuit de Papez et favoriser la mémorisation. Elle se fait à l’origine par l’acquisition, mais ensuite par la sollicitation répétée de cette information et sa mise en lien avec les connaissances préalablement acquises.
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     Hier, nous avons vu quatre des besoins que j’estime essentiels pour les jeunes d’aujourd’hui.et nous allons poursuivre par l’examen de quatre autres besoins.
    Comme je le disais hier, associé au besoin de communication, le besoin de confiance est essentiel.

    Elle est inconditionnelle et ne saurait s'accompagner de réserves. Celui qui accorde sa confiance peut “passer un contrat” avec des clauses qui doivent être respectées par les deux parties, mais ensuite il doit renoncer à diriger et examiner en détail le comportement et les actes qui en résultent, et ne doit veiller qu'au respect général du contrat.
    C'est le principe de la délégation en entreprise, mais cela s’applique aussi entre parents et enfants, et c’est la base de l’éducation un peu trop oubliée aujourd’hui.
    Pour beaucoup de jeunes, paradoxalement le manque de confiance résulte d’un laxisme trop grand des parents, par peur de ne pas être aimé de leur enfant. Celui ci ne disposant pas de règles suffisamment claires et exigeantes, n’a pas de raison de faire confiance à ses parents et a l’impression qu’ils ne s’occupent pas de lui, de l’aider à se préparer à la vie d’adulte.
    Alors les jeunes se détournent des parents et suivent comme modèles, leurs copains, tout aussi désorientés et peu formés qu’eux mêmes.
    Mais les différents entre parents et enfant viennent aussi de ce que ce besoin d'autonomie n'est pas suffisamment accordé. L’enfant se sent alors trop bridé, surveillé, et souvent, de façon trop « policière » et tatillonne.
   
    La confiance va donc avec ce sixième besoin l’autonomie et la responsabilité.
 Mais autonomie ne doit pas être confondue avec liberté totale et désintérêt de ce que fait le jeune. Toute l'éducation devrait être tournée vers elle : éduquer, (ex ducare en latin), c'est conduire vers la sortie, c'est à dire vers l'autonomie d’adulte.
    Mais l'autonomie suppose aussi que l'on s'intéresse à ce que fait l'adolescent et, ne plus s'occuper de lui sous prétexte qu'il doit être autonome, est encore pire. Certaines d'entre vous semblaient  beaucoup souffrir d'un tel désintérêt.
    Au fur et à mesure que l'ado devient adulte ce besoin d'autonomie d'accompagne de ou se transforme, en besoin de responsabilités, de se sentir utile dans son environnement.
    Le cerveau de l'ado n'est pas habitué à prendre des responsabilités et il faut l'aider à s'entraîner. Le faire participer à certaines tâches des parents, le responsabiliser vis à vis de ses frères et soeurs s'il en a. Lui donner des “tâches” à imaginer puis à réaliser, au besoin en équipe, tel la mise en scène d'une pièce de théâtre, la réalisation d'un site internet, l'organisation d'une “chasse au trésor”, l'organisation et la direction d'une junior-association....
    Beaucoup d'entre vous me disent ne pas avoir confiance en eux ou en elles et se sentent inutiles, et j'ai toujours peur de ne pas arriver à vous rendre cette confiance en vous car je ne peux que vous donner des conseils et je ne peux pas vous “confier des responsabilités”
    Trop de parents ont tendance à donner autonomie et responsabilité trop tôt, en considérant leur enfant comme une grande personne et en oubliant qu’être autonome et responsable, ne peut résulter que d’un apprentissage long et progressif.

    Enfin septième besoin qui n'est pas le moindre, le besoin d'espoir. Enfant, ado, adulte, qui n'a plus d'espoir vit dans le désespoir.
    L'espoir c'est la confiance en soi, c'est croire en son avenir, c'est arriver à trouver sa voie.
    Les adultes se doivent d'aider le jeune qui doute ainsi de lui même, d'une part en lui montrant qu'on a soi même des projets, des convictions, la volonté de parvenir à ses fins et de rechercher les moyens pour cela.
    Puis il faut l'aider, tout en le laissant libre de ses choix, mais en essayant de lui fournir les renseignements en notre possession, les éléments de décision dont il pourra se servir. Il faut aussi lui faire prendre conscience de ses défauts mais surtout de ses qualités et de ses goûts pour qu'il puisse s'orienter au mieux, dans son métier, mais aussi dans sa vie et dans ses relations avec les autres.
    Il faut l'aider à rêver, puis à voir ce qui n'est pas une utopie dans son rêve, puis à construire son projet, et enfin à prendre conscience des moyens et des efforts pour le réaliser.
    Cela m'est arrivé souvent de discuter avec mes correspondant(e)s de leur avenir et, si j'espère les avoir aidé(e)s, j'ai trouvé cela non seulement intéressant, mais même enrichissant pour moi.

    Voilà les besoins qui me semblent importants pour les jeunes d’aujourd’hui, dans la pratique et non plus dans la théorie de la pyramide de Maslow,mais du fait de l’expérience d’un vieux grand père, qui a pu correspondra dans son blog avec de nombreux jeunes.
    La motivation des jeunes est donc assez différente des travailleurs en entreprise, surtout en ces temps de crise et de chômage, mais aussi par l’évolution de l’éducation donné par les parents et de l’instruction donnée par les professeurs.
    L’apparition des techniques multimédia a creusé également un fossé entre générations, laissant seuls les jeunes au milieu de leurs camarades pour communiquer.

    Je reviendrai sur les problèmes de motivation quand je répondrai à ma correspondante à propos de la mémorisation.

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lancien

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