Mercredi 21 décembre 2011 à 7:57

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

    Avant de parler de nos souvenirs de façon pratique et pragmatique, de leur conservation et de leur transformation, je voudrais examiner brièvement les mécanismes de consolidation de la mémoire et l’influence des émotions.
    L'émotion est en effet une dimension essentielle de la vie affective, qui modifie I'ensemble des composantes de la mémoire, notamment en augmentant la quantité de détails mémorisés et le sentiment de réalité d'un souvenir et en participant, par des rappels, à la consolidation de celui-ci.

 
    Nous avons déjà vu que le cerveau, composé de plusieurs centaines de milliards de neurones interconnectés en réseaux, qui communiquent par un code véhiculé sous forme d'impulsions électriques - les potentiels d'action -, peut remodeler, reconfigurer en permanence ses propres circuits, grâce à la plasticité des connexions entre neurones : les synapses.
    Dans ces réseaux d'une extrême complexité, l’information est représentée par l'activité de neurones qui change dans le temps et dans I'espace. Une telle carte d'activation est formée des trains d'impulsions électriques rythmés qui se propagent de neurones en neurones, avec un relais chimique dans les synapses, qui agissent comme un filtre, puisqu’elles ne réagissent qu’à certains neurotransmetteurs spécifiques.
    Ces activités se propagent à différentes aires cérébrales, dites « associatives », ou se combinent les informations de diverses modalités sensorielles, logiques, et émotionnelles, associées au langage, et également atteignent des régions cérébrales capables de coordonner ces groupes de neurones et de rassembler ainsi un ensemble de représentations centrales spécifiques, d’un moment et d’un lieu et de son environnement matériel et humain, qui constituera un souvenir.
    Si, à chaque souvenir, correspond une conflguration particulière d'activité des neurones qui se propage de proche en proche dans les réseaux de neurones activés, ces activités électriques sont, par nature, éphémères, elles ne peuvent persister au-delà de quelques minutes, voire quelques secondes. Comment alors les souvenirs peuvent-ils persister durant des mois ou des années, en retenant leur identité, alors que l'activité neuronale qui représente ces souvenirs a disparu ?   
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    Cette pérennité du souvenir repose sur un renforcement de certaines connexions que l’on appelle “potentialisation à long terme” (LTP) et sur une plasticité des réseaux neuronaux qui vont se modifier en fonction de l’activité des neurones et de certains facteurs externes.
    Le modèle simplifié de la LTP est principalement dû aux travaux d’un chercheur canadien, Donald Hebb, qui  dans les années 50 supposa que l’intensité d’un signal neuronal et surtout sa répétition, ainsi que l’influence de signaux en provenance d’autres neurones, pouvaient renforcer la connexion entre deux neurones particuliers, constituant ainsi une connexion renforcée plus stable, qui se faisait ensuite plus facilement à un seuil de signal plus faible, , alors que d’autres connexions au contraire , voyaient diminuer leur probabilité d’interaction.
    Un chemin privilégié stable serait ainsi constitué entre tous les neurones qui constituent un souvenir.

    Cette consolidation serait due à des phénomènes biochimiques non encore complètement élucidés, mais par exemple ce peut être l’augmentation de neurotransmetteur en réserve dans les synapses. C’est aussi la “mise en service” de récepteurs (ou “boutons”) synaptiques de neurotransmetteurs, (notamment de glutamate), qui en temps normal sont inactifs et qui après potentialisation, deviennent actifs par transformation de certaines de leurs protéines, de telle sorte que des quantités d’ions calcium plus importantes entrent dans la synapse, déclenchant l’influx nerveux pour une faible sollicitation.
    Dans certains cas, davantage liés à des apprentissages, on constate que dans les circuits de réalisation de certaines actions, non seulement cette potentialisation a lieu, mais encore le nombre de synapses, voire de dendrites augmente, et même des neurones consacrés à d’autres actions sont détournés de leur fonction première, pour renforcer les actions issues de l’apprentissage.
    En fait les phénomènes chimiques sont très complexes, initialisés par une activation des gênes du neurone, qui vont entraîner la synthèses de protéines, qui entraîneront des modifications de l’environnement des synapses.

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Ceci est un mécanisme élémentaire, mais quel est le macromécanisme.
    Il est basé sur 3 actions :
        - la force du signal initial : si le souvenir est peu important pour nous, rassemble peu d’éléments, le signal sera plus faible et le renforcement moindre.
        - la répétition : si le souvenir est important, nous y penserons souvent après l’événement et la répétition de ces évocation entraînera le renforcement. Nous verrons que cette répétition peut être inconsciente lorsque nous dormons.
        - l’influence d’autres centres  - par exemple émotionnels, - dont les synapses liées aux dendrites d’un neurone vont participer au renforcement du signal sur son axone.


    L’imagerie cérébrale a montré que des personnes subissant un apprentissage répétaient mentalement dans leur cerveau, pendant leur sommeil lent, les processus et gestes de leur apprentissage, renforçant ainsi les connexions entre synapses et neurones, mémorisant mieux l’apprentissage et étant ensuite plus performantes que des personnes n’ayant pas dormi.
    On suppose que pendant le sommeil lent et profond, le cerveau repasse mentalement les éléments des souvenirs importants des jours récents, (alors que pendant le sommeil paradoxal, il se débarrasse plutôt des souvenirs superflus ou néfastes), et repassant ainsi nos souvenirs en boucle, notamment dans le cerveau émotionnel (voir mes précédents articles sur la mémoire et le “circuit de Papez”), il les renforce et les rend durables.
    Il semble également que le sommeil lent s’accompagne d’un “recalibrage de la puissance synaptique", afin d’économiser l’énergie dans le cerveau.
    Pour fixer les idées, supposons que la puissance moyenne de synapses soit de 100 et qu’après potentialisation une synapse soit passé à 140 tandis que sa voisine est restée à 100, pendant le sommeil, des transformations moléculaires ramèneraient les deux puissances à 120 et à 80, pour ne pas augmenter la puissance moyenne et le besoin énergétique. 

    Je viens de vous donner une idée très simplifiée de la façon dont nous fixons dans notre mémoire nos souvenirs. Mais j’ai dit que des événements extérieurs pouvaient aussi agir sur notre cerveau pour accroître ce renforcement, ou le modifier.
    Demain, je traiterai le renforcement émotionnel des souvenirs et leur transformation dans le temps, de telle sorte que ce que nous nous rappelons n'est souvent pas très fiable.

Mardi 20 décembre 2011 à 8:36

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

     Je poursuis mes articles de samedi et dimanche sur la mémoire.
    Quelle est la localisation des diverses mémoires et de l’administrateur central.?

    C’est très complexe car plusieurs centres sont le plus souvent concernés  et doivent travailler de concert et par ailleurs des connexions multiples existent entre tous les centres et des rétroactions existent, que d’ailleurs nous ne connaissons pas toutes.

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    Parlons d’abord de l’administrateur central et des mémoires à court terme;
    L’administrateur pense, réfléchit, prévoit, organise, contrôle, oriente et donne des ordres. Nous reconnaissons là une tâche dévolue aux cortex frontal et préfrontal.
    Il est aidé dans ses fonctions par les mémoires tampons de la boucle phonologique et du calepin visuo-spatial. On peut localiser ces deux centres à l’arrière du cortex préfrontal.
    Pour le relais de recherche/transfert, c’est plus complexe. Il semble que pour les données de mémoire sémantique le cortex frontal ait la possibilité de faire remonter directement beaucoup d’informations (il a les adresses des connexions, en quelque sorte, pour comparer à un ordinateur); pour les données épisodiques, il semble que le plus souvent le relais soit l’hippocampe, et pour les données de perception que ce soit le thalamus.
   
    La mémoire procédurale repose essentiellement sur le cervelet..
    Au moment de l’apprentissage, le cortex frontal dirige les opérations avec le concours des diverses mémoire comme je l’ai expliqué dans mon dernier article. Puis lorsque l’apprentissage est terminé c’est le cervelet qui joue le rôle de chef d’orchestre et a mémorisé le processus opératoire. Mais il s’appuie sur les centres de mémorisation de la vison et de l’ouie, et sur les centres sensitifs et de coordination motrice des muscles dans le cerveau, au sommet du crâne.

    La mémoire perceptive est constituée de celles associées aux zones d’interprétation des perception de nos sens et se trouvent proches de ceux-ci et que l’on appelle des “centres associatifs” car ils regroupent ou relient des perceptions différentes d’une même chose ou événement.
    Pour la vue, les centres d’interprétation occupent tout la partie arrière (occipitale) du cerveau, et plus en avant deux centres mémorisent à gauche les images des objets en liaison avec leur nom, et à droite les catographie de position, où se situent les objets les uns par rapport aux autres. Les neurobiologistes appellent ces centres le “quoi” et le “ou” (voir schéma de droite ci dessous).
    Le centre d’interprétation de l’ouie est très central et les centres du toucher sont au sommet du crâne, dans la zone pariétale.
    Au milieu de ces centres des centres qui associent ces mémorisations et les relient aux mots du centre de Geswind voisin.
    Mais il y a un chef d’orchestre de la mémoire perceptive, le Thalamus (voir mon article du) qui coordonne les perceptions de nature différentes, concernant un même objet et faites au même moment. Il sert probablement aussi de relai lorsqu’on veut accéder à un souvenir perceptif, car il doit en avoir les coordonnées.

     La mémoire sémantique est complexe car très répartie.
Le chef d’orchestre qui la forme et qui lui pose les questions est nos cortex frontal et préfrontal.
    Il s’adresse pour faire remonter les informations à l’hippocampe d’une part, mais surtout au cortex temporal gauche qui semble jouer le rôle de “table des matière” de la “base de données” des éléments mémorisés et de leurs connexions logiques.
    Les mémorisations semblent ensuite très réparties, dans l’hémisphère droit pour les images, dans le centre de Geschwind, associé aux centres de Wernicke et de Broca pour les mots représentant des objets (voir mes articles sur la parole), qui sont dans l’hémisphère gauche.
    En fait on ne sait pas grand chose sur le mémoire sémantique, qui en fait est assez prodigieuse quand on songe à la quantité de choses que nous retenons en les liant entre elles de façon logique et hiérarchisée. On a peu d’idées sur la façon dont sont conservées les notions abstraites par exemple : probablement sous forme de mots, qui déclenchent ensuite un processus où intervient  le centre de la parole de Broca, qui nous “récite mentalement” une “définition” de cette abstraction.
    La mémoire sémantique fait aussi appel à notre “expérience” c’est à dire à des souvenirs de notre vie, donc de la mémoire épisodique, mais qui ont été “sémantisés”, c’est à dire transformés en connaissances logiques : causes, effets, conséquences, explications et reliés aux autres connaissances.

    La mémoire épisodique et chronologique de nos souvenirs (on pourrait aussi l’appeler autobiographique), est mieux connue, car on peut plus facilement l’étudier en IRM (les images des scanners) en demandant à des personnes de se rémémorer leurs souvenirs.
    Là encore notre cortex frontal est le chef d’orchestre, car sans lui nous n’aurions pas conscience de nos souvenirs et nous ne pourrions les examiner mentalement.
    Mais il fait appel à l’hippocampe qui intervient dans la formation et le rappel de nos souvenirs anciens et surtout récents (la maladie d’Alzeimer est surtout une dégénérescence de l’hippocampe). Il est probable que ce centre joue un rôle dans le rappel des informations stockées dans les diverses régions du cerveau et l’assemblage de celles constituant un souvenir, l’interprétation et la reconstitution ultime se faisant dans le cortex frontal.
    Il semble toutefois que pour les souvenirs autobiographiques “sémantisés”, le cortex frontal ne passe plus par l’hippocampe mais se  sert comme intermédiaire du cortex temporal gauche.
    La mémoire épisodique s’appuie évidemment sur les centre associatifs perceptifs que nous venons de décrire, car elle fait beaucoup appel aux images, mais également sur les centres de mémorisation des mots, car un objet est associé à son nom d’une part, et d’autres part nos souvenirs sont aussi constitués de parole, de phrases de notions dont l’interprétation est liée au langage.
    Mais la mémoire épisodique s’appuie également sur des centres du cerveau émotionnel, notamment le gyrus cingulaire et le précunéus (voir schéma).
    Le gyrus cingulaire intervient dans tout ce qui est émotions et sentiments et notamment leur mémorisation, et le précunéus semble être impliqué dans la conscience et notamment la “conscience de soi”.
    Le gyrus lingual dans l’hémisphère droit, , qui fait partie des aires d’interprétations visuelles précise les “cartographie” et la localisation des scènes intervenat dans les souvenirs (il fait partie du “Où?”).
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    Les différents types de mémoire participent à l'édification du soi et déterminent le rapport à autrui.
    Les psychologues appellent “Self”, une composante de la personnalité constituée de sensations, de souvenirs conscients ou inconscients à partir desquels l'individu se construit, structure sa personnalité et vit sa relation à l'autre.

    Le Self est une représentation mentale de sa propre personnalité ou identité, formée à partir d'expériences vécues, de pensées encodées en mémoire, tout ce que notre mémoire épisodique a emmagasiné d'expériences, de relations avec d'autres personnes, de succès ou d'échecs, de ce que nous avons vécu et de la façon dont nous l'avons vécu.
    Toutefois, la mémoire sémantique pafticipe aussi à son élaboration. Nous utilisons notre mémoire sémantique pour parler de nos goûts, des études que nous avons réalisées, de notre famille......
    Mais Ia mémoire se forme également, en grande partie, en relation avec les autres. Notre capacité de distinguer nos propres pensées de celles d'autrui se développe au même moment que nous apprenons à nous remémorer consciemment certains épisodes du passé ou à imaginer des épisodes futurs.
    Par exemple, vers l'âge de cinq ans, I'enfant commence à comprendre que les adultes ne savent pas forcément à quoi il pense, et réciproquement, que ces mêmes adultes ont également des pensées que lui-même ignore. L'enfant acquiert alors ce que l'on nomme une théorie de I'esprit.
    C'est aussi à cet âge que les enfants peuvent se projeter par Ia pensée un an en arrière, pendant leurs vacances d'été, ou imaginer un événement qu'on leur annonce pour Ie mois suivant, par exemple NoëI.
    En comprenant que certaines pensées leur appartiennent en propre, ils peuvent commencer à classer des souvenirs comme étant leurs souvenirs privés, et se constituer une mémoire autobiographique, un registre de la mémoire qui participera à l'édiflcation d'un soi clairement démarqué des autres.

Dimanche 18 décembre 2011 à 8:22

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

   Il est intéressant, lorsqu’on a saisi le schéma de nos diverses mémoires d’examiner comment elles réagissent entre elles, mais aussi comment les données emmagasinées se constituent.
    Je reprendrai donc le schéma de l’article d’hier sur les diverses sortes de mémoires.

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    Voyons d’abord comment des mémorisations vont alimenter les mémoires à long terme.
    Supposons par exemple le souvenir d’un accident d’auto dont j’ai été témoin et qui m’a marqué.
    Ma mémoire perceptive a d’abord enregistré un grand bruit, des cris et l’image d’une voiture qui sortait de la route.
    Ma mémoire sémantique a donné un sens à ces perceptions : “c’est un accident d’auto; il y a sans doute des blessés”.
    L’administrateur central demande à la mémoire sémantique par l’intermédiaire du relais de recherche, ce qu’il faut  faire; elle répond : appeler secours; les pompiers, le 18 ou le 112 sur le portable.
    L’administrateur fait stocker le numéro dans la boucle phonologique et appelle les mémoires procédurales, qui me font sortir mon portable et appuyer sur les touches 112.
    Pendant la conversation la boucle phonologique gardera en mémoire les phrases, le temps de les analyser et de répondre. L’adminitrateur qui réfléchit demandera à la mémoire sémantique et à la mémoire épisodique de lui dire le lieu exact de l’accident et le stockera dans le calepin visuospatial, le temps de donner l’information aux pompiers.
    Leur centre d’appel demande d’aller voir s’il semble y avoir des blessés sérieux. Ma mémoire épisodique le guide vers le lieu de l’accident. Ma vue voit des gens choqués, mais qui semblent vivants , une personne inanimée couverte de sang; c’est ma mémoire sémantique qui aide à interpréter ce que je vois et à définir avec l’administrateur ce que je vais décrire aux pompiers et que j’ai enregistré dans ma boucle phonologique et mon calepin.
    Et finalement, le souvenir à long terme qu’enregistrera ma mémoire épisodique, ce sera toutes ces images, mais leur signification, celle de mes actes, de ceux des pompiers qui vont arriver, avec leur antenne médicale, puis des gendarmes qui m’interrogeront sur ce que j’ai vu.
    Ce souvenir sera donc composé de perceptions mais aussi de leur signification, d’actions et des émotions et sentiments qui les ont accompagnées et qui proviendront d’autres centres du cerveau émotionnel.

    Je voudrais par un autre exemple montrer la génèse d’un apprentissage de la mémoire procédurale : apprendre à conduire une voiture.
    Au départ il va falloir réagir à de nombreux stimuli de perception : la vue de la route, des personnes et véhicules, des obstacles fixes. Mais aussi le son du moteur et sa signification, les bruits de la rue. Et le toucher : le contact du volant, du pied sur le frein, l’embrayage  et l’accélérateur. Mais aussi les information sur l’état de voos muscles pour contrôler les mouvements de vos bras et de vous pieds.
    Votre mémoire perceptive et votre mémoire épisodiques vont beaucoup emmagasiner.
    Votre mémoire sémantique va travailler aussi, sous le contrôle de l’administrateur central.
    D’abord un travail sémantique associant nom, image et l’utilité de nombreux instruments de bord. Cela exige que votre mémoire ait déjà emmagasiné certaines notions abstraites comme la vitesse par exemple ou la notion droite-gauche. Puis un travail de compréhension des divers organes, de leur utilité et des notions sur le fonctionnement.
    La mémoire perceptive est associée, mais si certaines tâches sont simples comme se servir de la jauge à essence, par contre évaluer si le moteur peine, par le son du moteur et les réactions de la voiture, ou coordonner l’action des pieds sur l’embrayage et l’accélérateur, demande de nombreux essais qu’enregistre la mémoire épisodique, et une réflexion de l’administrateur central, aidé par la mémoire sémantique, pour déceler les erreurs et les corriger dans le prochain essai...
    A toutes ces expériences les mémoire procédurales sont associées et elles enregistrent “provisoirement” les procédures, qui évoluent lors des apprentissages.
    Peu à peu certaines séquences nécessitent de moins en moins d’interventions de l’administrateur central et des mémoires sémantiques, perceptive  et épisodiques qui l’assistent. Elles s’automatisent et le relais est passé peu à peu à la mémoire procédurale, celle verbale pour les termes, celle cognitive pour tout ce qui est explications, celle perceptivo-motrice pour le maniement des instruments tels que volant, accélérateur, embrayage, frein....
    Les processus qui vous demandé beaucoup de mal pour les apprendre sont devenus des réflexes et l’administrateur n’intervient dans la conduite que lorsqu’un événement imprévu la met en défaut  et pose problème.
    Non seulement vous aurez automatisé la conduite du véhicule, mais certaines règles de code apprises par la mémoire sémantique deviendront aussi automatiques (comme de céder la priorité à droite) et même certains itinéraires, qui ont nécessité au départ pour les apprendre et les respecter, une collaboration étroite de la mémoire perceptive (vue) de la mémoire sémantique (où aller, cartes..) et de la mémoire épisodique (succession des paysages et des directions prises), deviendront presque automatiques, toute la mémorisation ayant été transférée à la mémoire procédurale.

    Je voudrais enfin vous donner une idée de l’utilisation de la mémoire pour créer une chose qui n’existe pas : supposez que vous vouliez voir l’image d’un dinosaure rose à pois verts en train de dévorer Titi le canari jaune.
    Votre cortex frontal va activer la boucle phonologique pour retenir cette définition, le temps de faire le montage. Il va demander à la mémoire sémantique l’image d’un dinosaure et celle de Titi le canari, il va exhumer, là où sont définies les couleurs, le rose, le vert et le jaune, et la forme d’un pois.
    Il va alors construire les images de Titi et du dinosaure et les mettre dans le calepin de la mémoire de travail à la place des autres images.
    Puis il lui faut constituer une scène de repas, alors il va faire appel dans la mémoire épisodique à une telle scène, mais qui évidemment ne concernait pas un dinosaure. Il va alors faire remonter en mémoire une serviette, une assiette, une fourchette et un couteau et il va assembler ces objets avec les images de Titi et du dinosaure se léchant les babines, la serviette autour du cou, en train de découper Titi et il renverra cette image dans la mémoire épisodique où elle restera quelques heures, mais n’ayant pas grande importance pour vous, ce souvenir ne se consolidera pas. Mais il y aura une “indexation” dans la mémoire sémantique qui associera sous forme d’un titre lié à Titi et à dinosaure, qui fera pendant un certain temps remonter l’image de la mémoire épisodique, tant que le lien restera actif. Mais je doute que vous vous en souveniez 10 ans après !!

    En définitive, le schéma ci dessus de distinction entre les mémoires est un schéma fonctionnel, qui nous permet de comprendre comment cela fonctionne, mais les diverses mémoires, vous venez de le voir, travaillent toutes en permanence en collaboration les unes avec les autres.
    Mais nous verrons dans le prochain article, que les centres qui contribuent aux diverses mémoires ne sont pas les mêmes et il peut arriver par exemple qu’à la suite d’accident cérébral, un malade ait une mémoire épisodique déficiente qui l’empêche de se rappeler de ce qu’il vient de faire, alors qu’il est encore très capable d’acquérir de nouvelles connaissances avec sa mémoire sémantique, mais l’apprentissage sera plus difficile, surtout s’il s’agit de connaissances pratiques.
   
Dans le prochain article, nous verrons donc la localisation des mémoires

Samedi 17 décembre 2011 à 8:12

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

J’ai déjà fait plusieurs articles sur notre mémoire (voir catégorie cerveau- mémoire de mon blog).
    Mais je reçois toujours des questions sur ce sujet ainsi que sur l’évolution de nos souvenirs.
    Je vais donc refaire quelques articles dans lesquels j’essaierai d’expliquer les choses autrement.

    Aujourd’hui je vous présenterai un schéma de principe de nos mémoires, qui a été élaboré en 2001 par  E Tulving, et qui est maintenant admis par tous les neurobiologistes.

    Notre cerveau possède trois grandes sortes de mémoires :
        - une mémoire à long terme où nous conservons de très nombreuses informations de toutes nature, pour les rappeler ensuite et nous en servir à des fins diverses
        - une mémoire procédurale où nous stockons des modes opératoires que nous appliquons ensuite, souvent de façon presqu’automatique.
        - une mémoire à court terme qui permet de garder présent à l’esprit pendant de courts instants des données que nous allons ensuite traiter.
    L’ensemble de ces mémoires est dirigé par un administrateur central qui oriente la recherche d’information, leur destination et leur stockage éventuel..
    Nous allons maintenant détailler ces mémoires. (voir schéma ci-dessous).
   
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    La mémoire à long terme se subdivise en mémoire perceptive, mémoire épisodique et mémoire sémantique, qui stockent des informations sur des durées prolongées.

    La mémoire perceptive est la mémoire des perceptions avant même qu'elles aient une signification.

Dans la perception visuelle, on perçoit parfois une forme avant de l'identifier. Déja à ce stade, le cerveau garde une première trace de ce qu'il a perçu. En voyant le fragment d'un motif visuel, le cerveau réactive la trace mnésique de la forme  et l’identification n’intervient qu’ultérieurement.
    La mémoire perceptive retient donc les formes, les couleurs, la situation dans l’espace, le mouvement et tout ce qui est lié à la vue. Elle retient également ce qui a trait aux sons, leur intensité, leur hauteur, les consonnances. Elle analyse les impressions du toucher, mais elle mémorise également l’état et les sensations liées à nos muscles, à nos viscères.... Enfin elle classe les sensations de l’odorat et du goût, qui sont en partie liées.

    La mémoire épisodique est celle qui classe et retient les scènes bien localisées dans le temps et dans l’espace, faites de perceptions, mais aussi de liens avec des événements, des sentiments. Bref c’est la mémoire des souvenirs des moments successifs de notre vie.
    Mais en fait, elle comporte deux sortes différentes : une mémoire à long terme des souvenirs qui sont relativement ancrés en nous, même s’ils sont sujet à l’oubli et se déforment. Et une mémoire à moyen terme, qui retient des souvenirs utiles un temps qui s’effaceront ensuite (ou ai-je garé ma voiture ?), car il n’y aura pas pour eux, de mécanisme de consolidation.

    La mémoire sémantique est celle de nos connaissances générales que nous accumulons. C’est ce que nous avons appris lors de nos études, dans notre métier, dans nos lectures, mais aussi la mémoire de notre expérience acquise peu à peu.
    Elle est liée surtout au langage, bien que les perceptions soient aussi à l’origine de sa construction (on apprend en percevant). Elle contient néanmoins des perceptions comme par exemple la forme la couleur, le champ d’un oiseau et éventuellement le goût si nous l’avons mangé cuit....    
    Elle est organisée en items, regroupés en thèmes et liés entre eux, logiquement.
    Ses données assez éparses chez l’enfant, se réorganisent lorsque l’enfant apprend à parler, des liens se créant entre les données appartenant à une catégorie, à un phénomène, à une chose, à une personne ou un animal donnés....
    Elle est hiérarchique car elle regroupe ces données en catégories plus générales (comme en botanique ou zoologie) et de ce fait résulte d’une certaine logique.
    Elle peut se détacher de la perception dans des concepts abstraits.
    C’est elle qui est la base de nos actions et de nos raisonnements.

    La mémoire de travail est à l'oeuvre à tout instant de notre vie consciente. C'est elle qui maintient présentes à l'esprit les informations dont nous avons besoin en temps réel pour parler, imaginer, réfléchir, calculer.....
    C’est d’abord une mémoire tampon qui retient un court instant nos perceptions, dans la mesure où nous en avons besoin (par exemple pour reconnaître une personne, identifier un son...)
    Mais c’est surtout une mémoire de transit d’informations appelées par notre cortex frontal lorsqu’il raisonne, pour stocker les données dont il a besoin.
    On distingue en elle, la “boucle phonologique” qui permet de retenir provisoirement des mots, des chiffres, des idées, et le “calepin visuo-spatial” qui stocke de façon intermédiaire des images et des positions dans l’espace et qui permet ensuite de les représenter mentalement (par exemple pour reconnaître un animal, un itinéraire, assembler un meuble d’après un plan ...)
   
    La mémoire procédurale concerne l’apprentissage et le stockage de procédures, de modes opératoires, comme apprendre à marcher, à skier, à faire du vélo, à nager, à taper sur un clavier d’ordinateur ou de piano.....
    Au départ ces procédures nécessitent des apports de nos sens et de la mémoire épisodique et de nos savoirs de la mémoire sémantique.
    Mais peu à peu, l’automatisme se crée et la mémoire procédurale devient indépendante et fonctionne en autonomie, presque inconsciemment.
    On la décompose en général en une mémoire des gestes moteurs (apprendre à conduire une auto), une mémoire des procédures verbales (apprendre par coeur un poème ou la table de multiplication), et une mémoire de procédures cognitives, comme calculer au moyen des 4 opérations, résoudre un système d’équations...).
    L’exécution de tâches qui font appel à la mémoire procédurale est partiellement inconsciente.

    Demain je montrerai comment ces mémoires réagissent entre elles.
et par la suite, je parlerai de leur localisation dans le cerveau. Puis je reviendrai sur la consolidation des souvenirs et l’influence des émotions, ainsi que de i de l’évolution et de la transformation de nos souvenirs.

Vendredi 26 août 2011 à 8:14

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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    Nous avons, vous le savez, cinq sens, munis de cellules sensibles qui sont reliées à des neurones qui envoient des signaux, via le Thalamus, vers des centres spécifiques du cerveau qui traitent l’information.
    Les centres de la vue sont par exemple dans la partie arrière du cerveau, au dessus de la nuque.
    Mais nous n’avons pas conscience pour autant de ces sensations.
Pour que nous voyons une image, que nous entendions un son, que nous percevions une odeur, de façon consciente, il faut que l’information soit transmise au cortex frontal.
    Cependant, les sensations dont l’information n’est pas transmise au cortex frontal peuvent être néanmoins mémorisées, au moins de façon provisoire.

    D’autre part il faut, pour qu’une sensation soit transmise au cortex, que son niveau soit suffisant pour provoquer un influx correspondant, notamment en matière de durée. Au dessous d’un certain seuil, et surtout si elle est trop brève, les images par exemple, restent au niveau des centres de traitement. On dit qu’elles sont “subliminales”.

    Donc, quand nous prenons conscience de ce qui nous entoure, l' activité de notre cerveau se déplace des régions traitant les perceptions, vers les régions antérieures du cortex frontal, et il faut environ un quart de seconde pour que se forme un tel réseau cérébral de transmission des signaux,, nécessaire à la conscience pour s'établir.
    Les images subliminales, trop brèves pour être perçues consciemment, peuvent quand même déclencher des réactions instinctives, par exemple émotionnelles.
    En effet il suffit de quelques millisecondes pour activer les centres de traitement des sensations, et il existe un circuit “court” transmettant l’information aux centres amigdaliens, qui conditionnent la peur et les réactions de défense; c’est une voie de sécurité pour nous protéger d’agressions ou d’accidents.
    Les images subliminales peuvent être perçues par cette voie inconsciente.
    II semble qu'iI faille plus de temps pour que davantage de neurones soient actifs et pour que nous puissions réellement avoir conscience de voír une image.

   
    Une équipe de neuroscientifiques vient de montrer que la conscience n'apparaît pas instantanément lorsque nous apercevons un objet.
     Elle se constitue progressivement, à mesure que I'activité cérébrale gagne plusieurs régions du cerveau, à la manière d'une contagion ou de la propagation du feu.
    Le Centre NeuroSpin de Saclay et de l'Unité CNRS-UPR640 de Paris, ont montré que, lorsque nous voyons consciemment un signe visuel (par exemple un chiffre sur un écran), I'activité cérébrale s'étend progressivement d’abord aux régions de traitement visuelles occipitales, puis aux régions frontales, et aux régions temporales traitant des chiffres, alors que I'activité du cerveau se cantonne aux zones situées à I'arrière (de traitement de la vision), lorsque nous avons une perception subliminale (sans conscience) de ce chiffre.
    Pour arriver à cette conclusion, les neuroscientifiques ont projeté très rapidement un chiffre sur un écran (pendant une durée de 16 millisecondes) à des volontaires.
    Après un intervalle de temps variable, la présentation du chiffre était suivie d'un autre motif visuel (nommé “masque”) venant perturber la visibilité du chiffre.
    lIs ont constaté que, lorsque le temps écoulé entre la projection du chiffre et celle de ce nouveau motif était supérieur a 50 millisecondes, les personnes percevaient consciemment le chiffre. En revanche, lorsque cet intervalle était inférieur a 50 millisecondes, elles n'identifiaient plus consciemment le chiffre : sa perception restait subliminale, c'est-à-dire non consciente.
    Lors de la perception subliminale, les zones postérieures et temporales du cerveau s'activent, mais lorsque le délai entre la projection du chiffre et du nouveau motif visuel dépasse 50 millisecondes, les personnes ont une perception consciente du chiffre et I'on voit alors (en Imagerie par résonance magnétique), s'activer dans leur cerveau le reste du « réseau de la conscience visuelle »,comportant notamment les zones frontales et pariétales.Toutefois,cette activation des régions antérieures n'intervient que 270 millisecondes après la présentation du stimulus, soit plus d'un quart de seconde.
    La conscience met donc un certaín temps à s'installer !

    Les régions frontales du cerveau semblent ainsi nécessaires à la conscience visuelle. Comme ce sont des zones qui ne sont pas spécialisées dans la perception d'un sens en particulier (visuel,auditif, tactile, gustatif ou olfactif), elles participent à I'ensemble des« consciences », qu'elles soient visuelle, auditive ou autre. Cela s'accorderait avec le caractère profondément unitaire de la conscience, qui peut réunir des informations de caractères très différents. Les lobes frontaux constituent alors un pivot de la conscience, nécessitant néanmoins I'activation de tout un réseau d'aires cérébrales.    
    La conscience ne se produit donc pas seulement quand le cerveau a une connaissance globale d'une situation, mais quand tout le cerveau perçoit cette situation.
    Vous savez que je m’intéresse au développement des enfants, et notamment de laur cerveau et de leurs facultés, que je trouve absolument extraordinaire.
    C’est toujours une chose étonnante que d’observer un enfant qui apprend peu à peu à parler, puis plus tard à lire et à écrire.
    C’est passionnant de chercher à connaître l’évolution de son cerveau.
    C’est cet intérêt que je souhaiterais parfois vous faire partager, même si les explications sont un peu difficiles.
    Aujourd’hui je vais vous parler de l’apprentissage de la lecture.

    L'acquisition de la lecture, lettres et des mots écrits.
    Une étude intemationale dirigée par Stanislas Dehaene, du College de France montre, a l'aide de l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf),  que regarder une phrase écrite active l' ensemble des aires cérébrales du langage oral, et qu’inversement, entendre un mot active la zone qui code sa forme écrite, chez les personnes qui savent lire.
    Vous voyez sur le schéma ci-dessous, les centres dont on voit l’activation sur les images de’IRMf, les zones les plus actives étant en rouge : l’aire auditive primaire, le centre de Wernicke qui identifie les mots, la partie du centre de Geschwind concernée par les mots en question (qui constitue la mémoire sémantique), le centre de Broca qui organise la parole, les centres des mouvement qui gèrent la prononciation, et une zone codant la forme des lettres et des mots, qui chose étonnate, traite, chez les illettrés, la représentation des visages.
   
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Données/Profil

    Des observations sur des malades ont confirmé ces données
    Une première conclusion est donc qu’en lisant, nous prononçons mentalement les mots comme lorsque nous parlons, même si aucun son ne sortira de notre bouche.
    Une deuxième conclusion est qu’une partie de notre systéme cérébral est recyclée pour i'apprentissage de la lecture et cette réorganisation du cerveau est beaucoup plus importante que ce que i'on croyait, et par ailleurs avant que nous apprenions a lire, i'aire cérébrale de la lecture sert à reconnaitre les visages.


    La zone de reconnaissance des formes des lettres et mots a de propriétés bien singulières :
    Comme tous les neurones du cortex visuel, les neurones spécialisés dans la lecture ont des propriétés d'invariance qui leur permettent de reconnaitre un : ils savent reconnaitre automatiquement une lettre, qu'elle soit écrite en rouge ou en vert, en grand ou en petit, en minuscule ou majuscule, en italique ou en gras. Ils reconnaissent des mots mélangeant ces diverses sortes de signes par exemple on lit aussi facilement “cOwbLOg” que “cowblog” , bien que les formes soient différentes, et la lecture de ces deux mots entraîne des stimuli cérébraux identiques. Seloncertains chercheurs, la forme visuelle des mots contiendrait une représentation abstraite des lettres indépendante de leur forme.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/zonemots.jpg     Des expériences de comparaison menées sur des personnes illettrées et sachant lire, ont montré que c’était une aire destinée à la reconnaissance des visages de l’hémisphère gauche qui se reconvertissait à la lecture des lettres, les capacités de reconnaissance des visages se déplaçant en parte vers l’hémisphère droit.
    Des expériences purement auditives, en faisant écouter des mots ayant un sens et des phonèmes voisins, ne correspondant pas à un mot significatif, ont montré que chez les illétrés seuls les aires de l’audition étaient impliquées alors que chez les lettrés, l’aire de reconnaissance des lettre participait à la distinction entre mots réels et pseudos-mots.
    Ceci explique d’ailleurs que les illettrés aient des plus de difficultés à reconnaître ou prononcer certaines associations de mots ou certaines expressions ayant une signification abstraite.
    Autre particularité, une étude publiée en début 2011 indique que certains, neurones du cortex visuel du singe, sont insensibles à la symétrie gauche/droite car ils s’activent de la même manière lorsque le sujet voit une image à l'envers ou à l'endroit. Ces neurones existent aussi,probablement, chez l'homme pour la vision des objets, des paysages et des personnes.
     L’IRMf a révelé que les neurones de l'aire de la forme visuelle des lettres s'activent différemment lorsque nous lisons deux lettres symétriques “b" et" “d”, par exemple, ce qui nous permet de les distinguer. En se 'spécialisant dans la lecture, ces neurones ont donc modifié une de leurs propriétes.

    A noter que ces modification et plasticité neuronales sont les même que l’on apprenne à lire étant enfant ou adulte, sans que pour autant les facultés de reconnaissance des visages en soient altérées. N’est ce pas extraordinaire !
   

Mercredi 20 juillet 2011 à 8:57

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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J’ai été assez inquiet, après avoir lu un compte rendu d’une étude menée depuis des années par I'équipe de Joseph LeDoux, a I'Uníversité de New York, sur le fonctionnement d’une molécule, le “UO 126”, qui a la capacité d'effacer certains souvenirs.
    Schématiquement, cette molécule empêche la fabrication,dans le cerveau, de protéines qui créent des souvenirs en renfonçant les connexions entre neurones.

    Injecter le produit UO 126 à un patient rendrait impossible la mémorisation des événements désagréables. En ce qui concerne les souvenirs déja stockés, on pourrait les effacer d'une façon très simple: iI suffirait de les réactiver temporairement et d'injecter le produit juste au moment ou ils sont “réveillés”
    Valérie Doyere (CNRS, Uníversité París-Sud) a créé des souvenirs traumatiques chez des souris (par exemple, en leur envoyant une décharge électrique dans les pattes après leur avoir fait entendre une clochette, ce qui crée le souvenir d'une douleur associée a un son), puís elle a réactivé brievement le souvenir de la douleur en faisant tinter la clochette, et a injecté le composé UO 126. Quelques jours plus tard,  les souris ont perdu la trace de cette expérience. Elles ne présentent plus aucun signe d'angoisse en entendant la clochette.
     L' équipe a montré que le produit a effacé les connexions entre les neurones activés par la clochette et ceux qui déclenchent la peur. Cette dissociation du souvenir est observée dans une zone clé de la mémoire traumatique, les noyaux latéraux ds centres amygdaliens.
    En outre, les neurobiologistes ont constaté que d'autres souvenirs traumatiques ne sont pas effacés par cette manipulation, tant qu'ils ne sont pas réactivés.
    Au moment où un souvenir est réactivé, les neurones qui participent à ce souvenir s' échangent des influx nerveux intenses, et iI semble que les connexions soient alors dans un état instable, pretes a se défaire ou, au contraire, a se renforcer.
    C'est comme si le cerveau attendait un signal pour savoir s'iI doit renforcer ou non les connexions en jeu et le composé UO 126, en privant le cerveau de nouvelles protéines qui viendraient renforcer les connexions importantes pour tel ou tel souvenir, détruit ces connexions, qui sont les seules activées au moment de l’injection, et pas les autres

    Comme toutes les découvertes, celle-ci peut être utilisée à bon ou à mauvais escient.

    En thérapeutique, ce produit pourarit être utilisé pour supprimer des souvenirs traumatiques, liés a des événements désastreux, choquants ou effrayants., tels que víols,accidents ou attentats, voíre certaines phobies.
     Je pense que ceci serait bénéfique à deux condition : que ce soit sous surveillance médicale et avec l’accord du patient.
    L’utilisation serait ausi possible quand une personne est par exeple dans un état voisin de la dépressuion après un deuil douloureux.
    Mais je pense qu’alors le médecin ne devrait pas avoir le droit de pratiquer un tel effacement sans l’accord du patient et il faudrait alors en mesurer toutes les conséquences, ce qui suppose encore de nombreuses études.
    Dans ma jeunesse, j’ai été très touché par la mort accidentelle d’un être cher et le souvenir des jours qui l’ont suivie me sont certes très pénibles. Mais je me rappelle surtout maintenant les souvenirs des jours heureux passés avec cette personnes et je ne voudrais pas perdre ces souvenirs en effaçant ceux qui me sont pénibles.

    Par contre ce qui m’inquiète, ce serait une utilisation hors thérapeutique, si par exemple un patient disait “ce souvenir ne me plaît pas, celui-ci est bien, celui-Ià non, éliminez cet épisode qui m’est inutile...”, se livrant ainsi à une sorte de “lifting mnésique”, en faisant le ménage parmi ses souvenirs : une rupture amoureuse difficile, (cela arrangerait certaines de mes guenons lol), des amis que I'on ne souhaite plus fréquenter, ou oublier une femme que l' on a trop aimée.
    Un petit coup de balai neuronal, et l' on pourrait se créer une existence à la carte, grâce à la molécule UO 126.
    Et en allant plus loin des personnes indélicates pourraient supprimer les souvenirs d’autres personnes, par exemple des témoins gênants ! Voilà qui intéresserait les dictateurs et la raison d’Etat !
 
   Tout cela me paraît par contre assez dangereux.

Mercredi 1er juin 2011 à 8:59

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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    Trouvera-t-on un jour dans le commerce des casques de stimulation magnétique permettant de mieux apprendre ses leçons ? Si I'on ne tient pas compte du prix considérable de tels équipements, c’est possible, mais cela ne dispenserait pas les élèves de travailler et d’une part de l’apprentissage de la leçon et d’autre part de sa compréhension.

    De récentes expériences ont en effet montré que l’on pourra peut-être améliorer sa mémoire en posant quelques électrodes sur son crâne avant d'aller dormir.
    Des neurobiologistes de I'Université de Lübeck,en Allemagne,ont stimulé pendant leur sommeil, le cortex préfrontal de volontaires avec des impulsions magnétiques, produites par un électroaimant, et ont constaté que cela renforçait leur mémoire de mots qu'ils avaient appris juste avant de s'endormir.
    Les impulsions reproduisaient le rythme naturel d'oscillation des neurones pendant la première phase du sommeil, le sommeil profond, avec un n/thme d'une oscillation par seconde. (1 Hz).
    Les volontaires devaient apprendre une liste de mots avant d'aller se coucheq et on leur faisait passer un test le lendemain pour savoir combien ils en avaient retenu. Le traitement à base d'impulsions magnétiques leur a permis d'en retenir deux fois plus !

    Comment peuvent agir ces ondes magnétiques ?
    Elles instaurent un rythme périodique de polarisation et de dépolarisation des neurones (cycles analogues à des décharges électriques) dans le cortex préfrontal et dans le cortex pariétal, oùtous les neurones connectés déchargent alors en même temps.
    Ces oscillations lentes favorisent la communication d’une part entrele cortex frontal qui “dirige les opérations”, l’hippocampe, où les souvenirs sont fraîchement stockés et les zones où ils sont consolidés dans le cortex pariétal.
    En quelque sorte, les souvenirs « s'échapperaient » plus facilement de l'hippocampe sous I'effet des ondes lentes et iraient plu rapidement et de façon plus durable, se consolider dans le cortex pariétal.

    En outre, ces oscillations lentes engendrent unautre type d'activité neuronale plus rapide connue sous le nom d'activité en fuseaux,à la fréquence de dix oscillations par seconde environ. De telles oscillations provoqueraient une entrée de calcium dans les neurones du cortex, renforçant I'efficacité des synapses et, par conséquent,le stockage des souvenirs.
   
    Mais cette acticvité de tri des informations et de mémorisation a lieu naturellement pendant le sommeil (même sans casque lol, voir mes articles des 29/3/2009, 1/4/2009 et 23/11/2009)

    C’est la raison pour laquelle il ne faut pas faire votre travail au dernier moment. Vous avez intérêt à commencer à le faire, à y réfléchir plusieurs jours avant (surtout les dissertations, mais même les problèmes de math et physique), car votre cerveau triera les informations pendant votre sommeil et de nouvelles idées vous viendront le lendemain, car elles étaient “noyées dans la masse d’informations” la veille, et vous ne pouviez les voir, alors que le lendemain les détails superflus ayant été éliminés et les informations classées, tout sera plus clair, plus simple et ces idées pourront émerger dans votre cortex, votre cerveau ayant renforcé les connexions s’y rapportant pendant votre sommeil et que par ailleurs on retient mieux en général une leçon apprise avant de se coucher, alors qu’on résout mieux les problèmes et qu’on a davantage d’idées le matin quand le cerveau est débarrassé de tous les souvenirs superflus.

    En prime, 10 conseils pour réussir à bien apprendre ses leçons :

    1. - Ecouter en classe le professeur expliquer la leçon.
    2. - Etre dans un endroit calme et confortable avec tout le matériel nécessaire.
    3. - Apprendre ses leçons tout de suite en rentrant de l’école et les relire avant de s’endormir.
    4. - Lire le texte plusieurs fois dans sa tête puis à haute voix.
    5. - Chercher les mots que l’on ne comprend pas bien dans le dictionnaire.
    6. - Demander à quelqu’un ou à ses parents de nous poser des questions sur la leçon.
    7. - Apprendre paragraphe par paragraphe pour ne pas s’emmêler et bien structurer les idées..
    8. - Décrire ou écrire ce que l’on a retenu de la leçon.
    9. - Ecrire sans regarder la leçon, ce qui est le plus important, un résumé.
    10. - Faire des petits exercices pour vérifier si l’on a bien compris la leçon.

    J’ai trouvé ces conseils sur internet, mais, quand j’étais enfant, mes grands parents m’avaient donné et fait appliquer presque les mêmes recettes.
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     J’ai lu une étude d’Andrea Caria et Niels Bribaumer de l'Université de Tübingen, qui m’a intéressé mais aussi un peu inquiété car, comme beaucoup d’avancées dans le domaine des sciences, on peut ensuite s’en servir  à des fins diverses dont certaines peuvent être néfastes.
    Contrôler l'activité de son cerveau pour maîtriser ses émotions ou décupler ses capacités intellectuelles : ce ne sera peut-être plus longtemps un fantasme.


    Le procédé se nomme “neurofeedback” et consiste à observer en temps réel pendant que l’on pense et réfléchit, l'activité de son cerveau à l'aide d'un scanner, pour tenter d'amplifier ou de réduire cette activité.

    Par exemple, une personne voit s'afficher sur un écran l'activité du cortex insulaire de son cerveau émotionnel, (appelé aussi “insula”), des centres très importants en matière d’émotion et de créativité. (voir schéma ci-dessous)
     En s'entraînant devant l’écran du scanner, à faire baisser l'activité de cette zone émotionnelle, le sujet agit sur son cerveau et sur sa sensibilité aux situations émotionnelles ou stressantes.
    On constate que des personnes ayant subi cinq séances d'entraînement de 30 secondes ressentent ensuite moins d'émotions négatives à la vue d'images pénibles, qu'il s'agisse de visages agressifs ou de photos d'accidents ou d'attentats. La zone du cerveau concernée, après avoir été « calmée » par l'introspection, est moins alarmée par les stimuli pénibles qu'on lui propose.
    L’inverse est également vrai.
    Un court entraînement où le sujet s'efforce de renforcer l'activité de son insula rend le sujet plus sensible aux émotions et stimulations hostiles.

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    Le cerveau apparaît comme un miroir de l'activité mentale, et il peut la moduler.
    Tout le monde n'exerce pas un contrôle efficace sur ces états émotifs : les psychopathes n'arrivent pas à activer leur insula à la vue de la détresse d'autrui, ce qui entraîne une forme d'insensibilité pouvant favoriser les comportements immoraux. Leur apprendre à restaurer l'activité de cette zone cérébrale par des méthodes de neurofeedback serait d'un grand intérêt thérapeutique.
    De même, les personnes sujettes à des phobies sociales présentent une hyperactivité de cette zone cérébrale qui les rend d'une émotivité excessive dès qu'elles sont en public. Des exercices visant à minimiser l'activité de l'insula en temps réel seraient alors bénéfiques.
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    Des exemples similaires sont cités à propos de l'anxiété. De façon générale, le suivi en direct de l'activité du cerveau offre un moyen au sujet lui-même de moduler son fonctionnement, sans implantation d'électrodes ni administration de médicaments. Une forme d'introspection par scanner interposé.

    Je suis conscient que cette étude a une portée importante au plan de la thérapie médicale et elle me paraît très intéressante dans la mesure où elle reste sous le contrôle de médecins.
    Par contre la généralisation de cette méthode et la mise à la portée de tous me paraitrait inquiétante, un peu comme si on mettait à la disposition des gens les médicaments d’une pharmacie (avec leur notice).

    De même que l’utilisation de médicaments psychotropes est loin d’être sans danger et sans risque à moyen terme, je pense  que l’utilisation anarchique et intensive de telles méthodes pourarit avoir des conséquences que nous ne soupçonnons pas.
    Heureusement le scanner cérébral n’est pas un outil pour le moment bon marché et facile à utiliser, mais il en était ainsi il y a trente ans pour bien des appareils électroniques.
    De telles méthodes devraient à mon avis rester sous le contrôle de médecins ou de chercheurs en neurobiologie.

Vendredi 29 avril 2011 à 8:57

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

Nota : j'ai fermé les yeux en publiant cette image; à 79 ans, je n'ai plus le droit de lire Tintin ! (de 7 à 77 ans, c'est injuste !).
Mais je vais suivre les conseils de Kaa, je vais acheter une lampe de poche et les relire en cachette la nuit , bien caché sous mon drap comme quand j'étais petit, pour que la lumière ne se voie pas.

http://lancien.cowblog.fr/images/images/telepathie.jpg
     C’est curieux comme on assez assez mauvais juge soi-même de l’intérêt des articles que l’on écrit.
    J’avais écrit le premier avril, un article “poisson” sur la communication entre cerveaux et je pensais que cela tout au plus, vous amuserait, mais passerait très inaperçu.
    Or j’ai eu un commentaire intéressant de Musi (à laquelle j’ai répondu personnellement), et une dizaine de mails qui me posent des questions sur les possibilités futures, mais aussi certaines “croyances” actuelles.

    En simplifiant votre question c’est  :
“La télépathie existe t’elle ? Deux cerveaux pourraient ils communiquer entre eux un jour?”
    Avec une sous-question :
“ A t’on des prémonitions inconscientes ?”


    Traitons le problème des prémonitions : je dirai oui et non comme un bon normand que je ne suis pas.
    Non, car personne ne peut prédire l’avenir. On peut toujours agir sur l’avenir pour qu’il ne soit pas ce qu’il aurait été si on n’avait rien fait.
    Les personnes qui prétendent prévoir l’avenir (et en général en font un commerce) sont de purs escrocs. Cela dit, s’ils sont très intelligents ils peuvent donner de bons conseils.
    Oui car parfois nous disposons d’un ensemble de faits, de données, qui font que le nombre et la nature des solutions possibles n’est pas très grand et que donc on pourrait par raisonnement prédire ce qui va se passer et comment, et cela, avec un pourcentage élevé de chances de réussite.
    Mais très souvent nous ne disposons pas de tous ces éléments au niveau conscient, mais certaines observations que nous avons faites sont des images que nous avons vues, des phrases que nous avons entendues, mais sans nous en rendre compte et qui cependant ont été retenues par notre mémoire épisodique.
    Le cerveau se livre, en discussion entre le cortex frontal, le préfrontal et le cerveau émotionnel à des raisonnements complexes qui allient éléments rationnels et sentiments plus subjectifs et des conclusions inconscientes en résultent et soudain nous arrivent de la mémoire à la conscience dans notre cerveau frontal qui pense.
    Parfois cela se réalise conformément à nos raisonnements inconscients et comme alors, nous n’avons pas eu conscience du cheminement complet, nous avons l’impression d’une “intuition prémonitoire”;
    Plus on est logique, mais aussi sensible et créatif, et plus cela vous arrive.
    On fit par s’y habituer, mais il ne faut surtout pas se prendre pour un devin.


    Quid de la télépathie.?
    Une utopie : toutes les expériences scientifiques de communication à distance entre individus “doués” se sont soldées par des probabilités pratiquement les mêmes qu’entre individus “non doués”.

    Vous me direz il y bien les ondes radio  et du courant dans le cerveau.
    D’abord ce n’est pas un vrai courant, mais une dépolarisation qui se propage. Mais surtout si on peut penser aux champs électriques et magnétiques et à des phénomènes d’émission à distance d’une part on ne voit pas bien ce qui servirait d’antenne, et d’autre part les champs sont si faibles que la distance d’émission-réception serait ridicule. L’énergie mise en oeuvre est trop faible.
    Heureusement d’ailleurs car sinon le cerveau se perturberait lui même !!

    Par contre si la vraie communication de pensée n’existe pas, il existe un phénomène possible qui est la “conception simultanée”.
    J’avais au lycée deux camarades de classe que nous appelions les “jumeaux bambini”, (qui avaient le même âge, mais pas les mêmes parents) et qui étaient tout le temps ensemble pour travailler comme pour se distraire. Ils partageaient les mêmes activités, lisaient ensemble le même livre, inventaient des petites comédies dont ils jouaient à deux tous les rôles, (ils récitaient à eux deux et mimaient les grand classiques et notamment une version du Cid un peu arrangée, qui avait fait  la joie de la classe, mais avait fait rire jaune la professeur de français, qui leur avait demandé de raconter la pièce de Corneille).
    Quand nous discutions avec eux  nous déclenchions exactement les mêmes réactions chez l’un et chez l’autre, un peu plus vive et spontanée chez la fille. Mais surtout l’un pouvait commencer une phrase et l’autre la finir et réciproquement. C’était effectivement comme de la transmission de pensée, mais c’était simplement que leurs cerveaux, formés en permanence de la même façon, avaient fini par être assez en osmose, pour avoir des réactions voisines vis à vis des événements extérieurs.
    Ils avaient les mêmes goûts, mais je sais aussi aujourd’hui qu’ils avaient les mêmes préférences cérébrales, ce qui évidemment rapprochait leurs comportements.
    Je suis sûr que beaucoup d’entre vous ont connu des cas analogues.

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lancien

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