Je vous ai donc dit hier que, pendant notre sommeil, le cerveau examine les souvenirs de la journée, en élimine une grande partie et pour ceux qu’il conserve, il les consolide et les classe de sorte qu'ils seront plus utiles le lendemain, plus résistants et plus durables.
    Il peut même faire un tri à l’intérieur d’un souvenir particulier, en ne conservant qu’une partie et en éliminant des détails jugés peu importants.


    Des études ont été faites sur des rats auxquels on avait implanté des électrodes dans le cerveau (correspondantes sensibles, rassurez vous, on les insensibilise lors de l’implantation et ensuite ce n’est pas douloureux). Ces rats apprenaient à se diriger dans des labyrinthes pour trouver de la nourriture et on suivait sur les électrodes, l’activité cérébrale de certaines régions de leur cerveau.
    Les chercheurs ont constaté que certains neurones de l'hippocampe - une structure cérébrale indispensable à la mémoire spatiale - créaient alors une carte du labyrinthe ; elles déchargeaient lorsque les rats parcouraient le labyrinthe.   
Ces neurones correspondent si bien au parcours que les chercheurs pouvaient suivre la progression des rats dans le labyrinthe simplement en détectant quelles étaient les cellules qui déchargeaient.
    Plus fascinant encore: quand ils ont enregistré l’activité de ces neurones alors que les rats dormaient, ils les ont vu continuer à décharger de la même façon. C'était comme si les animaux parcouraient le labyrinthe pendant leur sommeil.
    Et si l’on séparait les rats en deux groupes dont l’un après l’entrainement pouvait dormir alors qu’on empêchait l’autre de céder au sommeil, ce dernier groupe était ensuite nettement moins performant. Les rats s’étaient “entrainés” en dormant.


    En 2007, l'équipe de Philippe Peigneux et Pierre Maquet, de l'Université de Liège, a mis en évidence un mécanisme similaire de consolidation des souvenirs chez l’homme (évidemment sans électrodes dans le cerveau ^^). Les sujets devaient dire des paires de mots qu'ils avaient apprises. Six mois après, le rappel des paires de mots mémorisées activait plus fortement le cortex préfrontal si ces souvenirs avaient été encodés avant une nuit de sommeil que s'ils l'avaient été après.
    Le sommeil entraîne donc une modification de la représentation cérébrale des souvenirs qui persiste sur le long terme.

    L’équipe de Jeffrey Ellenbogen d’Harvard a montré en 2005 que le sommeil renforçait certains mécanismes de résolution logique de problèmes acquis pendant la journée.

    Elle a étudié également par imagerie par résonnance magnétique (IRM) les zones actives de cerveaux de pianistes.
    Lorsque les pianistes apprennent de nouveaux morceaux, ils répètent les passages difficiles jusqu'à ce que les enchaînements deviennent automatiques. Le processus d'intégration se poursuit durant le sommeil :  chez des personnes qui ont dormi après avoir appris des séquences difficiles de doigtés, différentes aires sont impliquées. Les régions cérébraies qui commandaient le mouvement des doigts étaient plus actives pendant les sessions d'entraînement qui suivaient une nuit de sommeil, comme si elles avaient gagné en dextérité.. Ces régions per- mettent d'accélérer le mouvement des doigts et de le rendre plus pré- cis. Au contraire, après le sommeil, les aires du cortex frontal et de l’attention consciente étaient moins actives, ce qui indique une diminution de l'effort conscient au cours de la tâche.
    Le sommeil a donc provoqué un transfert du contrôle des tâches entre différentes régions en renforçant l’apprentissage et les automatismes.

    J’ai déjà parlé du rôle des émotions sur la mémoire (cf. article catégorie “notre cerveau”, du 2 février 2009).

     Les effets du sommeil sur la mémoire ne se limitent pas à la stabilisation des souvenirs.
     Au cours des dernières années, des études ont montré que le processus de mémorisation, qui se produit durant le sommeil, opère un tri qui nous conduit à ne retenir que les détails les plus marquants, les plus utiles ou les moins nocifs.  
      
    Dans l'une de ces études, des images représentaient soit des objets déplaisants, soit des objets neutres devant un arrière-plan quelconque. Des sujets les ont regardées l'une après l'autre, et les chercheurs ont testé leur mémoire douze heures plus tard.
    La précision de la mémoire de tous les participants a chuté de dix pour cent pour tous les objets, sauf pour les objets chargés d'émotions et à condition que les sujets aient dormi. Au lieu de se détériorer, les souvenirs des objets chargés d'émotions semblaient au contraire s'être amplifiés au cours du sommeil.

    Comment le cerveau renforce-t-il certains souvenirs ? Risquons quelques hypothèses à partir de ce que nous savons des mécanismes de la mémoire.
    Les souvenirs sont créés par la modification de la force des connexions, dans les synapses, entre des centaines, des milliers, voire des millions, de neurones. En raison de ces renforcements, certaines configurations d'activité neuronale se produisent alors avec une plus forte probabilité que d'autres.
    Si l’on répète l’activation de  neurones qui déchargent simultanément, cela renforce leurs connexions
    Les neurones qui s'activent en même temps correspondraient à un souvenir. Lorsque cette configuration est réactivée, le souvenir est rappelé et plus on le rappelle souvent, plus il se renforce.

    On peut alors faire le schéma très simplifié suivant :

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/memorisationsommeil-copie-2.jpg


    Pendant l’éveil, le thalamus recueille toutes nos perceptions issues des centres sensoriels (voir mon article du 27 février dans la catégorie cerveau).
Il les envoie pour quelques secondes dans des interfaces de stockage soit perceptives (images, sons, senstaions de toucher...) soit sémantiques  (mots ) en même temps que des alertes éventuelles aux centres amygdaliens en cas de “danger potentiel”.
    Si le cortex frontal ou le cerveau émotionnel ne s’intéressent pas çà ces informations, elles sont détruites.
    Le cerveau émotionnel peut réagir à certains stimulus et l’émotion correspondante parcourt le circuit de Papez (dans lequel l’hippocampe est un élément moteur), et se renforce, entraînant une mémorisation à moyen terme
    Le cortex frontal statue sur l’intérât d’autres informations à caractère épisodique (les événements de la vie), ou éducatif (connaissances, expérience) et provoque également un stockage ou une mémorisation à moyen terme.
    Les souvenirs non mémorisés à moyen terme, mais stockes sont éliminés lorsqu’ils n’ont plus d’utilité (l’endroit où j’ai mis ma voiture au parking...)

    Pendant le sommeil, le thalamus et l’hippocampe dialoguent avec le cerveau émotionnel et le cortex frontal, pour faire remonter les souvenirs dans les centres d’interprétation, comme si on les percevait à nouveau et ils procèdent à un tri des informations pertinentes.
    Les informations mémorisées à moyen terme sont encore renforcées pour qu’une partie puisse être mémorisée à long terme.. L’hippocampe se sert probablement du circuit de Papez dans ce but.
    Les informations perceptives qui sont échangées avec les centres d’interprétation des perceptions donnet lieu à des images, sons... analogues à celles pendant l’éveil, mais sans aucune suite ni cohérence et elles sont totalement onconscientes. C’est une activité onirique qu’on ne pourra en aucun cas “raconter” plus tard.
    Par contre pendant le sommeil paradoxal dans lequel la fréquence du thalamus est proche de celle éveillé, on peut revenir à l’éveil c’est à dire à la conscience. Les images de cette activité onirique peuvent alors être conscientes et c’est le “rêve” dont on se souviendra ensuite. mais notre cortex frontal, tout à fait interloqué par leur incohérence essaiera d’y rajouter des explications logiques, la plupart du temps farfelues.
    L’éveil n’est pas possible spontanément pendant le sommeil profond, la fréquence du thalamus étant trop lente. (en fait ce sont des centres du cerveau central qui contrôlent cela - enon peut provoquer cet éveil en secouant fortement la personne, mais i l’éveil est alors brusque, le retour à la conscience est plus lent).

    Pour ceux et celles qui ne se rappellent plus ce qu’est le circuit de Papez, j’en republie une image ci-dessous.

    http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/Papez.jpg

   
Une dernière précision pour répondre à une correspondante : si tu veux que le sommeil t’aide à apprendre, il faut avoir appris avant pendant l’éveil. Toutes les expériences pour “apprendre en dormant” par exemple avec un magnétophone, se sont révélées négatives.
Dommage n'est ce pas !!

Samedi 28 février 2009 à 8:46

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs1/P3040157-copie-1.jpg


    Hier je vous disais que l’un des problèmes qui affecte les souvenirs, c’est leur rappel en mémoire.
    Bien entendu il faut d’abord que le souvenir existe, conscient ou non, et qu’il n’ait donc pas été éliminé, soit rapidement, soit au cours de notre sommeil.

    Pour rappeler un souvenir c’est comme sur le disque dur de votre ordinateur où il faut une adresse. Il faut d’abord la connexion qui mène à un premier groupe de neurones et cette première connexion en entraîne d’autres jusqu’à reconstituer la scène complète.
    Lorsqu’il s’agir d’un souvenir récent peu consolidé encore, c’est l’hippocampe, dans notre cerveau émotionnel qui va faire ce rappel.
    Ensuite si ce souvenir est souvent volontairement rappelé, donc par le cortex frontal qui demande à l’hippocampe de le faire, peu à peu les connexions se renforcent mais aussi celles avec le cortex. . Au bout d’un certain nombre de connexions, le souvenir est relativement stable et de longue durée, et le cortex frontal peut le rappeler sans passer par l’hippocampe.
    C’est notamment très vite le cas pour tous les souvenirs qui ne sont pas des souvenirs de scènes chronologiques (la mémoire épisodique), mais qui sont des souvenirs de connaissances liées au langage (la mémoire sémantique).
    Ces connaissances liées à notre instruction et notre expérience sont très vite directement rappelées par le cortex et sont reliées entre elles par des liens logiques de langage : par exemple le prénom de mon frère, son âge, tout ce qui le concerne, son épouse, ses enfants, sa maison, son métier.....
    Vous avez sûrement déjà dû vous trouver “en panne” d’un mot par exemple, du nom d’une personne que vous rencontrez.... C’est ce premier chaînon qui vous fait défaut. Et puis tout à coup vous vous rappelez un endroit où vous êtes allé avec cette personne, et ce nouveau chaînon vous permet alors de vous rappeler son nom et beaucoup d’autres détails la concernant.

    Voyons rapidement les mécanismes de ce renforcement des connexions.
    A l’origine c’est un neurone particulier qui va agir sur la connexion à renforcer en envoyant un influx au moment où l’on sollicite cette connexion et diminuer le potentiel nécessaire pour la décharge du neurone à l’origine de la connexion désirée. Cette action d’un neurone sur la connexion d’un second, lorsqu’on les sollicite tous deux en même temps, est ce qu’on appelle une “synapse de Hebb”.
    Mais ce renforcement est fragile. Le stade suivant est une augmentation dans les synapses des neurones qui doivent être connectées, de la quantité de neurotransmetteur stocké dans des capsules protéiniques. Et au stade supérieur des dendrites supplémentaires peuvent être créées et permettre ainsi une connexion beaucoup plus forte.
    J'ai décrit le processus de renforcement qui utilise le "cycle de Papez" dans mon article sur les mémoires du 1er février
    Mais le cerveau est plastique et ces transformations sont réversibles.

    Voyons donc le mécanisme de l’oubli :
    Les connexions se renforcent par la répétition du rappel du souvenir. Si nous utilisons souvent un souvenir, une “donnée” (par exemple un numéro de téléphone) le rappel sera de plus en plus facile. Mais supposons que nous changions d’environnement de travail et que nous n’utilisions plus certains numéros de téléphone, nous n’aurons plus l’occasion de les rappeler et  les connexions correspondantes vont s’affaiblir avec le temps. Un jour nous n’arriverons plus à nous souvenir de ces numéros, et notre cerveau aura privilégié les connexions concernant les nouveaux numéros souvent utilisés.
    Mais si une personne nous dit : “tu sais bien c’était tel numéro”, alors tout à coup vous vous souvenez et vous dites “mais oui, c’est vrai !!”. Le souvenir n’était pas encore totalement détruit, mais le rappel en était presque supprimé, comme une adresse d’une information de votre disque dur que vous auriez mise à la corbeille.
     Par contre certains souvenirs qui nous ont marqués sont suffisamment renforcés pour que l'essentiel n'en soit jamais oublié (mais seuls certains détails).
     Il est certain que si vous êtes préoccupée par un sujet, le cerveau facilite les connexions qui lui sont relatives, et le rappel d’autre notions sont plus difficiles.
    Si vous vous détendez il sera plus facile de faire ce rappel.

    Disons donc quelques mots de l’hypnose. C’est un sujet qui ne semble pas passionner les neurologues, et ses mécanismes sont mal connus.
    Pour approcher ce phénomène, rappelons nous comment nous sommes lorsqu’une activité nous passionne ou mobilise toute notre attention (lecture, cinéma, création, sport, passage difficile de conduite automobile, ...), toute notre attention est concentrée sur ce sujet, le temps n’a plus cours, et nous sommes à la fois très attentifs, mais en même temps relativement décontractés, relaxés.
    L’hypnose est un phénomène analogue, mais plus élaboré, utilisée en médecine, et en psychothérapie, qui semble efficace pour lutter contre la douleur, se libérer de certaines dépendances ou mauvaises habitudes (le tabac, le grignotage…), l’anxiété, les troubles de la sexualité et les phobies, même si beaucoup de scientifiques évoquent l’effet placebo..
    La méthode pratiquée par Freud est basée sur la suggestion. La personne face à l’hypnotiseur subit des injonctions verbales, visuelles et corporelles et cette technique part du postulat suivant : “si l’on suggère à un patient de guérir, il peut guérir”.
    La seconde méthode, plus récente et due à Erikson, sollicite la participation active du patient. Il s’agit plus d’un état de profonde relaxation, pendant lequel le patient va pouvoir s’exprimer librement. Le thérapeute utilise des métaphores, c’est-à-dire un langage symbolique, pour guider l’inconscient du sujet et l’amener à trouver lui-même les solutions à ses problèmes.           
    L’hypnose est un état de demi-sommeil ou de sommeil éveillé dans lequel la personne hypnotisée se trouve totalement relaxée, mais ce n'est ni une forme de sommeil, puisque l'on reste toujours conscient, ni une méthode de relaxation, même si cette technique est souvent ressentie comme un état très agréable.
    Il semble que son action se produise essentiellement au niveau du cortex cingulaire antérieur dans le cerveau émotionnel, respondsable notamment des mécanismes d’attention, et par une diminution de l'activité dans les lobes pariétaux et dans le tronc cérébral et des distinctions entre le corps et l'extérieur, donc la délimitation du soi. (étude parue en 2008).
    L’action sur la douleur s’explique car le patient sous hypnose libère davantage d’endorphines qui bloquent les synapses de la douleur au niveau de la moelle épinière et agissent sur l’hypothalamus.
    Il semble que l’hypnose, proche de la relaxation, diminuerait rapidement l’impact des agents stressants et agirait sur la production de cortisol, hormone qui est notamment associée au stress.
    Pour les dépendances, le processus est plus contesté : le praticien va essayer de susciter les suggestions les plus fortes, par exemple l'association tabac-nausées et d'agir sur la dépendance psychologique en y substituant d'autres comportements.
  
  Il semble donc que l’hypnose augmente la relaxation, diminue attention et concentration et diminue les obstacles que pourarit créer ke cerveau émotionnel lorsqu’on veut rappeler un souvenir
    Encore faut il que ce souvenir soit véritable et pas un souvenir “reconstitué”.

    On connaît aussi des cas où le thérapeute a, par ses interrogations orientées, fait se "remémorer" son patient d'un souvenir qui n'a jamais existé d'un événement qui n'a jamais eu lieu !

Vendredi 27 février 2009 à 10:22

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

    Une de mes correspondantes m’écrit, à propos de l’inconscient et de Freud :

“ ....je voulais préciser que, durant des séances, il y a eu la preuve que l'inconscient stocke TOUT depuis la naissance , et le corps se souvient de tout, également.
Grâce à une forme d'hypnose (de vrai pas un truc de charlatan "regardez ma pendule et fermez les yeux" hein !) il est possible de revivre sa naissance. Il s'agit d'une expérience horrible, on se sent macéré dans un tube très étroit, l'oxygène nous brûle les poumons, pour la première fois (etc.)
 Un homme, après avoir revécu sa naissance plusieurs fois, a eu la surprise de voir réapparaitre la trace des forceps sur son front ou ses tempes, je ne sais plus....”


    Ce que tu dis est plutôt philosophique ou issu de “croyances” de psys
Tu as à la fois raison et tort ^ ^

    Tu as raison de dire que l’inconscient au départ  stocke tout....ce que le cerveau perçoit et interprète et pas autre chose.

    Parlons d’abord de nos cinq sens :
    Quand nous sommes réveillés, nos cinq sens recueillent des “perceptions” et les centres correspondants du cortex les interprètent, ce qui met en jeu des centaines de millions de neurones !
    Des neurones du ‘tronc cérébral” (dans le prolongement de la colonne vertébrale), oscillent et envoient des signaux de fréquence 40 herz , qui vont synchroniser certains des neurones de la perception, lesquels, à un moment donné vont traduire des sensations relatives à certains objets ou mouvements.
    Le thalamus, dans le cerveau émotionnel est en quelque sorte la gare de triage de l’information en provenance du reste du corps. (voir schéma). 

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/thalamus.jpg

    Ses neurones font, avec une fréquence de 80 herz, c’est à dire toutes les 12,5 millisecondes, le tour des neurones qui ont transmis un influx nerveux et qui eux ne transmettent leurs signaux qu’à une fréquence de 40hz.
    Donc :
    - si deux (ou plusieurs) phénomènes sont séparés par moins de 12,5 ms, un seul sera perçu (le premier détecté);
    - si un neurone réagit à une sensation, il n’émet qu’une information toutes les 25ms; le thalamus percevra donc 1information, rien, une information, rien.... exactement comme un projecteur de cinéma crée à la projection :  image, noir, image, noir, ce qui lui permet de séparer les images et de réaliser le mouvement.
    - si des neurones représentent des morceaux d’une image par exemple, ils sont synchrones et donc les informations arrivent en même temps, ce qui permet de reconstituer l’image, et s’il y a en même temps, un son, un toucher, une odeur,de représenter la scène.
    - notre cerveau est adapté à notre survie. Si un chien aboie, il faut que tu sois vite prévenue et cela plus vite que 12ms. Ce son inattendu remet à zéro le balayage du thalamus, de telle sorte que l’alerte puisse être donnée en 1 ou 2 ms.
    - tous ces phénomènes sont totalement inconscients. Si nous voulons en avoir conscience de ce qu’est cet aboiement, les amygdales et le thalamus vont synchroniser tous les neurones qui émettent et l’information est envoyée au cortex frontal, tandis que les centres amygdaliens préparent le corps à réagir.
    Le phénomène devient alors conscient pour notre cerveau, qui peut alors orienter nos sens pour avoir des informations complémentaires.

    De plus le thalamus reçoit des informations des centres de “somesthésie” qu’il fait également mémoriser.
Ce sont des sensations conscientes ou non résultant de la stimulation des tissus du corps, sensations qui ne sont ni visuelles, ni auditives, ni gustatives, ni olfactives. Elles sont provoquées par l'excitation de terminaisons nerveuses réceptrices de types variés, (pression, chaleur, douleur...), localisées dans le revêtement cutané et divers tissus plus profondément situés : conjonctif viscéral, capsules et ligaments articulaires.... C’est à tout moment le reflet de l’état de notre corps.

    Enfin le thalamus est en relation avec les divers centres du cerveau émotionnel et avec le cortex frontal et il peut donc également aiguiller certaines réactions émotionnelles ou raisonnables.

    Toutes ces sensations sont effectivement stockées dans des mémoires de travail intermédiaires, mais la plupart, jugées sans intérêt n’y resteront pas et seront détruites. Ce n’est donc qu’un “inconscient temporaire”.
    Certaines qu’elles soient conscientes ou inconscientes et qui présentent de l’intérêt, seront mémorisées par un renforcement des connexions entre neurones, et ceci pour un temps plus ou moins long.

    Ensuite si ce renforcement n’est pas confirmé, elles s’effaceront rapidement peu à peu.
    Si je mets ma voiture à une place de parking, je vais conserver ce souvenir consciemment afin de la retrouver. Par contre si j’ai une voiture devant moi sur la route, son image et le fait qu’elle soit de telle marque ne sera enregistré que de façon inconsciente; au bout de quelques minutes ce souvenir sera effacé à jamais. La place de ma voiture au parking sera conservée quelques heures..
    Par contre si je vois les blessés d’un accident, ce souvenir chargé d’émotion sera conscient pendant quelques temps, puis en apparence oublié, mais restera enregistré inconsciemment, car la charge émotionnelle aura provoqué un renforcement suffisant des connexions entre neurones pour que le souvenir soit durable (conscient ou non).
    Le soir ou un autre soir, au cours du sommeil, le cerveau va faire le ménage. Il va éliminer de nombreuses sensations stockées dans la journée ou les jours précédent, parce qu’il considère, soit qu’elles sont inutiles, soit qu’elles peuvent nous être nuisibles. Et ces perceptions seront supprimées à jamais par diminution de la force des connexions entre neurones.
    Par contre, des souvenirs chargés d’émotion pourront avoir été suffisamment renforcés lors de la mémorisation pour ne pas être ainsi éliminés et resteront donc conscients ou inconscients pour des durées relativement longues.

    Voyons donc maintenant ce que tu me disais sur les souvenirs, leur nature, leur existence et leur persistance :
    L’histoire de la personne qui se souvient de l’accouchement à sa propre naissance est soit une fumisterie de l’auteur de l’article, soit une illusion de celui qui se souvient.
    Un enfant au moment de l’accouchement n’a que des sensations très limitées et il ne sait pas ce que c’est que l’accouchement. Il ne peut donc en garder absolument aucun souvenir à long terme en le reliant à ce phénomène, car ce lien passe par le langage.
    En admettant que la personne sous hypnose ait vraiment ressenti cela, ce sont des représentations qu’elle a vu, lu ou s’est imaginées, alors qu’elle était ado ou adulte, associées au concept  “accouchement” et c’est cet ensemble qu’elle a remonté en mémoire lors de l’hynose, mais ce n’est pas un “souvenir de foetus”, car ils sont limités à la reconnaissance étant bébé de la voix de leur mère ou de bruits particuliers (un carillon de pendule par exemple).
    .Nous avons l’impression d’avoir beaucoup de souvenirs vagues ou même précis de notre enfance. Ceux qui ont une grande charge émotionnelel sont sans doute vrais (au moins une partie d’un souvenir donné, car le reste est peut être imainé aussi). Mais ceux plus anodins ne sont pas de vrais souvenirs, mais des reconstitutions à la suite de récits de nos parents ou de notre famille, de photos, de films, DVD, émissions de télé ou lectures divers.
    D’autres morceaux de ces souvenirs sont de vraies créations imaginaires de ce que nous aurions voulu ressentir ou du fruit de notre imagination;.
    Plus le temps passe et plus l’inexactitude des souvenirs anciens est grande, sauf pour ceux qui nous ont traumatisés, mais encore faut ils, pour ces derniers que nous ayons été capables de les mémoriser.

    Le problème des souvenirs, c’est leur rappel.
    Pour les rappeler c’est comme sur le disque dur de votre ordinateur où il faut une adresse. Il faut la connexion qui mène à un premier groupe de neurones et cette première connexion en entraîne d’autres jusqu’à reconstituer la scène complète.
    Pour ne pas alourdir mon article d’aujourd’hui, je remets à demain ce problème de récupération des souvenirs et je parlerai également de l’hypnose.

Je voudrais aujourd’hui vous parler de l’influence de nos émotions sur la mémorisation des événements qui nous concernent et des émotions et des blocages que peuvent provoquer des souvenirs traumatisants.
    Les principaux acteurs du cerveau dans ce domaine sont les centres amygdaliens et l’hippocampe, sous le contrôle bien entendu du cortex frontal.


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    Les centres amygdaliens reçoivent de nombreuses connexions de l'hippocampe.et les échanges sont donc permanents entre ces deux régions du cerveau émotionnel. L’hippocampe étant impliqué dans le stockage et la remémoration de souvenirs explicites, comme nous l’avons vu dans l’article précédent sur la mémoire, ces connections aux amygdales peuvent être à l'origine d'une émotion déclenchée par un souvenir particulier.
    Différents aspects reliés à une situation particulièrement émotive comme un accident seront donc pris en charge à la fois par l'hippocampe et l'amygdale, les deux systèmes fonctionnant en parallèle.
    Grâce à l'hippocampe, vous vous souviendrez avec qui vous étiez, ce que vous avez fait, et le fait que c'était une situation particulièrement pénible.
     Lorsque vous vous rappelerez l'événement, les centres amygdaliens vous rendront les mains moites, le souffle court, augmenteront votre fréquence cardiaque et feront se tendre vos muscles.

    En fait on s’aperçoit que c’est la mémorisation elle même des événements qui est influencée par leur charge émotionnelle.
    Les amygdales, lorsqu'elles sont activées par un stimulus émotionnel significatif, vont déclencher toutes sortes de réponses corporelles dont le relâchement d'adrénaline par les glandes surrénales. C'est cette adrénaline qui, par une voie qui est encore inconnue, va favoriser un encodage plus efficace des souvenirs dans l'hippocampe et le lobe temporal. C'est ainsi que l'on retiendra d'autant mieux les choses qui ont de l'importance pour nous, autrement dit les choses qui provoquent des émotions en nous.
    Un souvenir d’une journée heureuse, vous vous rappelez tous les détails, le cadre, les gens présents, la robe de votre petite amie, ce qu’a dit votre petit frère, ce que vous avez mangé et de nombreux détails anodins et sans intérêt. Oui mais c’était un jour de bonheur.
    Un souvenir pénible peut aussi être mémorisé ainsi avac maints détails parce qu’il avait aussi une grande charge émotionnelle, négative cette fois.
    Mais au contraire cette charge négative peut occulter le souvenir, sans qu’il soit pour autant perdu. Vous l’avez bien mémorisé comme un événement  marquant, mais comme il est traumatisant, votre cerveau veut vous protéger et l’hypoccampe va bloquer tout ou partie de son rappel.
    On dira alors que votre souvenir est bloqué dans votre inconscient, ce qui veut uniquement dire que le souvenir est stocké au même titre que d’autre, mais que l’accès au premier neurone qui  permettrait le rappel de l’ensemble, a été désactivé, un peu comme lorsque vous mettez à la poubelle l’adresse d’un document de votre disque dur, sans pour autant que le document soit effacé.
    La neurobiologie réfute les refoulements de Freud. Elle considère qu’il peut y avoir ainsi des difficultés d’accès momentanés ou de longue durée à certains souvenirs traumatisants et que de plus toute action qui pourrait rappeler ces événements peut être bloquée, car les décisions du cortex frontal, pour être exécutées passent par le cerveau émotionnel qui peut en “bloquer la transmission”et ceci de façon le plus souvent inconsciente. Mais il s'agit pas très rarement de désirs sexuels refoulés surtout pour un enfant dont la sexualité est inexistante.
    Lorsqu'il y a blocage, le cortex qui n’aime pas ne pas comprendre, inventera alors une fausse raison pour ce blocage, et en général celui ci ne cessera que lorsque vous serez arrivé(e) à sortir le souvenir de votre inconscient et à diminuer sa charge émotionnelle en le reconsidérant entièrement d’un point de vue logique et objectif.

    Je vais vous donner un exemple :
    Vous marchez sur la rue et une personne mal intentionnée se rue sur vous et vous agresse. Sur le moment vous éprouvez une grande peur, un peu d’angoisse les jours suivants, puis vous oubliez l’événement, car finalement vous n’avez eu aucun mal, mais seulement un traumatisme psychologique.
    Quelques mois plus tard, une personne se met à courir derrière vous en votre direction sur le trottoir et votre cœur s'emballe soudain. Vous vous calmez lorsque la personne passe à côté de vous sans vous toucher en essayant de rattraper son autobus. Vous vous demandez “quelle mouche vous a piquée”, et vous mettez cela sur le compte de la fatigue (suggestion de votre cortex, tout aussi penaud que vous de cette réaction peu logique ! )
    Encore quelques mois plus tard vous repassez sur le lieu de la vraie agression et vous vous sentez mal. Cette fois-ci personne ne court vers vous. Le stimulus conditionné n'est pas présent, mais la situation révèle un phénomène courant : celui où certains éléments du contexte ont été aussi conditionnés par l'événement traumatique.
    Votre cortex commencera par vous dire que c’est parce que le ciel est gris et qu’il pleut, mais si vous arrivez à vous rappeler l’incident subi, et à raisonner dessus (après tout vous n’avez rien eu; ce n’était pas si terrible; vous ne rencontrerez plus la personne en cause...) et là, vous serez débarrassée de cette anxiété.

    Lors d'un traumatisme, les systèmes de mémoire implicite des amygdales et explicite de l'hippocampe emmagasinent différents aspects de l'événement. Plus tard, l'hippocampe vous permettra de vous souvenir de l'endroit où c'est arrivé, avec qui vous étiez, l'heure qu'il était, etc. À travers l'activation de l'amygdale, vos muscles se raidiront, votre pression augmentera, votre estomac se nouera, etc.
   
Parce que les mêmes indices de rappel sont à l’origine du fonctionnement de ces deux systèmes, on ne se rend pas compte de leur spécificité, mais certaines expériences où certains cas pathologiques peuvent mettre en évidence leur indépendance.
    Nos systèmes de mémoire explicite (hippocampe) et implicite (amygdale) fonctionnant en parallèle, cela explique pourquoi nous ne nous souvenons pas des traumatismes qui se sont produits dans notre jeune enfance. En effet, l'hippocampe est encore immature lorsque l'amygdale est déjà capable de stocker des souvenirs inconscients. Un traumatisme précoce pourra perturber les fonctions mentales et comportementales d'un adulte par des mécanismes inaccessibles à la conscience.
    Cela dit n'allez pas vous imaginer pour autant que vous avez subi dans votre enfance des agressions diverses et que vous ne vous en rappelez pas. C'est assez rare et je connais même plusieurs cas où il s'agissait finalement de la suggestion d'un psy trop freudien, qui avait influencé son patient.



Dimanche 1er février 2009 à 8:33

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

    J’ai déjà fait des articles sur la mémoire, mais ceux ci étaient succincts et par ailleurs peut être pas suffisamment clairs, car les questions que j’ai reçues ensuite me montrent que je n’ai probablement pas expliqué assez certains points. Je vais donc reprendre ma description autrement en la simplifiant et la résumant et en l’aidant de schémas.

    Je l’avais dit nous avons plusieurs types de mémoires :

    1) - La mémoire procédurale, de tous nos automatismes plus ou moins inconscients et automatisés (marcher, écrire à la main ou sur le clavier, conduire une voiture ou un bateau, nager...).
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau3/cortexperceptionautomates.jpg    Ces procédures sont apprises laborieusement en coopération entre le cerveau frontal qui réfléchit et organise, les centres de commande de nos muscles et les centres d’apprentissage qui nous incitent à recommencer et à améliorer.
    Puis une fois l’automatisme acquis, le processus est transféré dans le cervelet qui le met en oeuvre avec une rare intervention des autres centres dans des cas difficiles, inattendus et non prévus par le processus.

    A partir du moment où nous savons parler lire et écrire, la mémorisation se fait essentiellement à partir des perceptions de nos sens (et notamment la vue et donc des images)  et du langage (et donc des mots que nous entendons ou lisons).
    Les divers centres qui interviennent dans ces processus et dont j’ai déjà parlé dans d’autres articles figurent sur le schéma ci-contre.

    On peut alors dénombrer quatre autres types de mémoires  :
   
    2) - Des mémoires “tampon” ou de travail situées au niveau du cortex préfrontal, concernant les “mots” dans l’hémisphère gauche, et les “images” (plus généralement les représentations et sensations) dans l’hémisphère droit.

 http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/memoirepercept.jpg   Le schéma ci contre montre la localisation de ces mémoires qui peuvent procéder à un stockage d’une part inconscient de toutes nos sensations et de parties de conversation, ou des informations de nos sens dont nous sommes conscients, et enfin des informations et connaissances que le cortex frontal rappelle volontairement de notre mémoire pour les utiliser dans une réflexion.
    La capacité de ces mémoires est limitée et les informations n’y séjournent que quelques secondes ou quelques minutes selon leur utilisation future.
    La plupart sont ensuite éliminées. Certaines vont être stockées mais pour quelques heures seulement dans des centres particuliers de tout le cerveau. D’autres seront éliminées pendant notre sommeil.
    Enfin un certain nombre d’entre elles seront stockées à long terme dans tout le cerveau, grâce à l’intervention de l’hippocampe (le “professeur” de la mémoire) et des centres amygdaliens.
    Toutefois l’oubli détériorera peu à peu ces souvenirs conscients ou inconscients qui constitueront trois sortes de mémoires aux localisations très diverses.
    Dans le traitement volontaire, le cortex demande le rappel de tout ce qui est langage par le canal de la boucle “phonologique” (HGauche) et  ce qui est image et cartes de localisation, par la boucle “visuo spatiale” (HDroit).

    3)  - La mémoire dite “épisodique” qui est celle de tous les événements de notre vie, avec des “entrées” diverses selon la nature des sujets d’une part et la chronologie d’autre part.
    Les recherches récentes apportent une image complexe et très intriquées des fonctions mnésiques et de leur localisation. L'hippocampe, les lobes temporaux, de même que les structures du système limbique qui leur sont reliées, sont essentiels à la consolidation de la mémoire à long terme.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/Papez.jpg    L'hippocampe faciliterait l'association entre différentes régions corticales, couplant par exemple une mélodie entendue durant un souper aux images des personnes invitées. Cependant, ce couplage s'estomperait naturellement pour ne pas engorger la mémoire de souvenirs inutiles.
    Ce qui va faire en sorte qu'un souvenir va être renforcé et va éventuellement être consolidé dans la mémoire à long terme dépend très souvent de facteurs " limbiques " comme l'intérêt suscité par l'événement, sa charge émotive ou son contenu gratifiant.

    L'influence des différentes structures limbiques qui s'exerce sur l'hippocampe et le lobe temporal se fait par l'entremise du “circuit de Papez”. Il s'agit d'un sous-ensemble des nombreuses connections qui relient les structures limbiques entre elles. Le schéma ci-contre montre comment l'information qui y transite successivement de l'hippocampe aux corps mammilaires de l'hypothalamus, au noyau antérieur du thalamus, aux cortex cingulaire, antérieur et entorhinal pour revenir finalement à l'hippocampe

    Après avoir été " repassées " un certain nombre de fois dans le circuit de Papez, les associations temporaires (par connexion) de neurones générées par un événement particulier vont subir une transformation physique qui va les consolider, si bien qu'au bout d'un certain temps (de l'ordre de quelques mois à quelques années), ces associations se stabiliseront et deviendront indépendantes de l'hippocampe. (ces transformation sont l'augmentation de la quantité de neurotransmetteur dans les synapses, la création de nouvelles synapses, l'abissement deu seuil de déclenchement de l'influx nerveux....),
Une lésion bilatérale de l'hippocampe empêchera la formation de nouveaux souvenirs à long terme, mais n'effacera pas ceux qui ont été encodés avant l'accident.
    Avec ce désengagement progressif du système limbique, les souvenirs ne transitent donc plus par le circuit de Papez mais se retrouvent encodés dans des zones spécifiques du cortex qui correspondent aux régions où les informations sensorielles qui sont à l'origine des souvenirs ont été reçues (le cortex occipital pour les souvenirs visuels, temporale pour les souvenirs auditifs, etc.). Les traces mnésiques qui passent ainsi au cortex peuvent durer des décennies, voire toute la vie.
    Une partie de ces souvenirs peut être inconsciente.

    4) - La mémoire “sémantique” qui est celle de nos connaissances acquises par l’instruction et l’expérience. Ces connaissances font davantage appel au langage et surtout sont acquises de façon consciente et en général volontaire.
    Mais le rôle de l’hippocampe et le processus de répétition est le même, quoique le circuit de Papez puisse être remplacé par des circuits impliquant le cortex.
    Ces “connexions” sont donc plus rapidement rendues indépendantes de l’hippocampe et peuvent être appelées directement par le cortex par l’intermédiaire des deux mémoires  de travail.

   
5) Enfin on fera un sort particulier dans la mémoire épisodique à certains souvenirs qui ont trait à des événements particulièrement heureux ou traumatisants et qui impliquent alors les centres amygdaliens et leurs liaisons avec l’hippocampe.
    Ce sera l’objet de l’article suivant.

   
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    Dans mon article précédent je vous avais parlé des souvenirs conscients et inconscients.
    Certaines d’entre vous me demandent la différence entre inconscient et subconscient.
    Pour beaucoup de psy, c’est la même chose. Pour les neurobiologiste, il y a en général une distinction de vocabulaire, une perception enregistrée dans le “subconscient” étant souvent une perception que nos sens peuvent percevoir, mais dont il n’est pas possible d’être conscient, et qui cependant peut être mémorisée.

    Pour que vous compreniez mieux je vous donne des exemples :

    Supposez que quelqu’un vous parle; il parle volontairement mois fort, puis encore plus doucement : il y a un moment où vous n’entendez plus rien . On est passé “au dessous du seuil de perception” (on appelle de tels signaux, des signaux “sub-liminales”).
    Pourtant un son parvient encore à l’oreille, votre cerveau reçoit un signal et il l’interprète, mais vous n’en avez plus conscience.
    Si on montre à deux personnes une image qui est mystérieuse en leur demandant de dire ce que c’est, et que l’on donne cette explication à l’une des deux personnes, mais suffisamment bas pour que ce soit au dessous du seuil de perception de l’oreille, cette personne vous donne pourtant aussitôt la réponse à votre question, bien que, consciemment, elle n'ait rien entendu.
    Ce qui prouve que l’oreille a transmis le son et que le cerveau, a interprété le message sans que vous vous en rendiez compte.

    De la même façon vous ne voyez pas des images qui apparaîssent pendant un temps très court (un centième de seconde), et cependant votre cerveau les enregistre.
    Votre oeil regarde en permanence autour de vous, accumulant ainsi des millions d’images que votre cerveau interprète, mais que vous n’avez pas l’impression d’avoir vues. Vous n’en avez pas eu conscience. Mais dans certains cas, si cette image est insolite, vous pouvez parfois vous la rappeler, bien que, en apparence, vous ne l’ayez jamais “vue” parce que vous n’y faisiez pas attention..

    C’est cette faculté de percevoir par les sens, d’analyser dans les centres du cerveau les signaux reçus, de les interpréter et les comprendre, bien que vous n’ayez pas conscience de les avoir reçus, que l’on appelle “le SUBCONSCIENT”

     A titre d’anecdote, les services secrets russes utilisaient dans les opérations de propagande et de lavage de cerveau la méthode suivante : ils passaient des films ou des images anodines (pour que vous regardiez), et ils truffaient ces images avec des images intermédiaires de durée très courte donc subliminales, qui correspondaient aux idées qu’ils voulaient vous mettre en tête.
    Certaiens sociétés ont voulu utiliser ce procédé pour faire de la réclame, et les services de répression des fraudes surveillent les spots, car ce procédé est interdit. (heureusement).

    Hélas, notre subconscient est crédule et notre inconscient menteur. Nous voilà bien lotis !! IOI





Mercredi 7 janvier 2009 à 14:19

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs1S/Fleurs4/1000748.jpg


    Bien des événements se passent en une journée et vous avez vu, entendu, touché, senti, goûté bien des choses (images, sons, paroles, sensations diverses.
    Vos organes perçoivent des centaines de sensations par seconde, et vous n’en êtes pas conscient, bien que votre cerveau les aient enregistrées.   
    Notre attention n’est attirée que sur certaines d’entre elles, dont nous avons “conscience” . Nous savons qu’elles ont existé et elles sont également mémorisées. Les autres nous n’en avons “pas conscience” et  les neurobiologistes disent donc qu’elles sont “inconscientes”.
    Ces informations sont stockées comme toutes les autres dans diverses parties de notre cerveau. Seulement le cortex ne sait pas des trouver, comme un ordinateur qui n’aurait pas l’adresse de certaines informations de son disque dur.
    L’inconscient n’est donc pas un centre du cerveau, il est partout où il a des informations stockées, à coté de celles conscientes.
    La nuit, pendant votre sommeil, votre cerveau va repasser en revue tous ces souvenirs, il va les trier, n’en garder que quelques uns, et effacer tout le reste, comme on efface un disque dur.
    Ceci expliquera d’ailleurs certains de vos rêves, vestiges incohérents de ce travail d’effacement.   
     Par la suite, les souvenirs conservés, dont vous avez conscience, mais que vous n’utilisez pas, s’effacent aussi peu à peu. Par contre des événements très heureux ou au contraire qui vous ont traumatisés, restent à jamais gravés dans votre mémoire

     Lorsque j’avais 12 ans, un matin sur le chemin du collège, une fusillade a eu lieu entre allemands et maquisards et trois hommes sont morts à cinq mètres de moi. Encore aujourd’hui je revois la scène comme si elle s’était passée hier, alors que je n’ai que peu de souvenirs de ces années de ma vie.
    Pendant plusieurs mois, pour aller en classe, je ne suis plus passé par cette rue là. Je faisais un détour, sous des prétextes futiles : rue à l’ombre, trottoir sale, trop de bruit... C’est mon “inconscient” qui m’empêchait d’y passer, et pour “tromper” mon esprit logique, il inventait des prétextes fallacieux pour me convaincre de faire un détour..

    Je vous l’ai déjà dit, dans le cerveau, la couche externe, (le cortex), interprète toutes nos perceptions, réfléchit, élabore raisonnements et actions, et donne des ordres à nos membres. Une couche intermédiaire (le cerveau émotionnel)  traite de nos sentiments et le centre du cerveau contrôle les processus fondamentaux de la vie.
    Mais les ordres volontaristes du cortex, avant d’être acheminés à nos membres, repassent transitoirement par le cerveau émotionnel.
    Au plan biologique, l’inconscient durable, c’est un ensemble de souvenirs, d’expériences qui s’accumulent et restent ancrés dans notre mémoire, en général à notre insu.
    Lorsque notre cerveau raisonnable donne un ordre qui réveille ces souvenirs, alors notre cerveau interne peut bloquer cet ordre, le transformer et pour éviter que notre cortex ne s’en aperçoive et le corrige, il lui envoie de fausses informations, pour le leurrer.

    Certains de mes “petits oiseaux tombés du nid” (c’est une variété particulière de “guenons”), ont subi de grands chocs : morts de personnes qu’ils aimaient, violences, accident,
    Ce sont des souvenirs qu’ils ont enfouis en eux , sans en parler à personne, et qui bloquent certaines de leurs actions en leur faisant croire à de fausses raisons.
    Lorsqu’ils arrivent à me dire leurs tourments, car c’est plus facile de le faire “en virtuel” à une personne que l’on connait peu et qui ne vous rencontre pas, qu’à une personne “réelle” de leur entourage, nous arrivons ensemble à identifier les vraies raisons de leurs peines et à permettre à leur cerveau de raisonner à nouveau correctement et donc à minimiser peu à peu leur souffrance.

          Dans mon prochain article, je parlerai du subconscient.




    Certaines actions sont devenues pour nous instinctives, un mécanisme presque inconscient. Comment notre mémoire intervient elle alors ?

    Nous nous servons de nos membres, marchons, nous courons, nous sautons, si nous tombons à l'eau nous nageons sans que nous ayons à réfléchir. C'est devenu automatique.
    De même , bien que nous soyons obligé de faire attention et de réfléchir, une partie de processus ou gestes automatiques existent lorsque nous parlons, lisons, nous écrivons, nous jouons du piano, nous tapons sur un clavier, nous jouons au tennis, nous voguons sur une planche à voile ou nous conduisons un vélo ou un véhicule.
    Même certains processus abstraits deviennent en partie inconscients : ainsi il m'est arrivé , comme je parlais à la personne à coté de moi en voiture au départ de mon logement, de me retrouver sur le chemin du bureau, alors que je voulais aller ailleurs ; mais la “force de l'habitude”...!!

    C'est notre cervelet qui est à l'origine et aux commandes de tous ces mécanismes, à commencer par notre équilibre lorsque nous sommes debout.
    Il est directement en prise avec la commande de nos gestes et son action est inconsciente, mais notre cortex frontal (qui réfléchit, décide et agit), peut intervenir pour modifier ou compléter le processus : par exemple pour suivre un itinéraire ou réfléchir et infléchir une action quand un incident intervient.
    Mais même dans le cas d'incident un certain autolatisme intervient : par exemple vous freinez instinctivement pour éviter un choc, sans attendre la réflexion et l'ordre du cortex central.

    Le cervelet est donc le chef d' orchestre de ces automatismes,, mais il se sert des circuits d'acquisition des sensations et perceptions (notamment la vue et l'ouie)

    Notre cervelet n'a pas “inventé” ces processus; il les a appris avec l'aide du cortex central.
    La première phase de l'apprentissage est intelligente et réfléchie.On répète
laborieusement une procédure que notre cortex frontal cherche à inventer et à mettre au point par l'action. C'est lui qui dirige et on rate ou on réussit l'essai. Si on le rate on recommence; si on le réussit, le centre de récompense libère de la dopamine qui nous procure une sensation de satisfaction et on en déduit que le processus a été amélioré. On fait ainsi des progrès.
    Dans la deuxième phase on a un semi-automatisme : le cerveau s'est créé des procédures et des modèles, et l'action se fait sans que l'on pense à la recette, pourvu que l'on fasse attention à ce qu'on fait..
    Enfin au bout de l'apprentissage, l'action est devenue automatique; on peut faire autre chose en même temps, tant que ne survient pas une circonstance inhabituelle.

    Enfin pour terminer je vousdrais vous dire quelques mots des mémoires de travail qui sont situées dans le cortex préfrontal et qui servent de relais aux informations qui sont transmises au crortex frontal pour qu'il puisse réfléchir décider et agir.
    Le cerveau agit alors comme un 'un ordinateur qui ramène en mémoire centrale, interne à sa puce, ce qui est stocké sur le disque dur. De la même façon, le cerveau va se servir de “mémoires de travail tampons” intermédiaires pour stocker provisoirement des données.
    Un centre mémoire de l'hémisphère gauche stockera provisoirement les données linguistiques et mathématiques et un centre de l'hémisphère droit les données géométriques, cartographique et les images.
    Ces centres sont des intermédiaires entre l'hippocampe qui rappelle le souvenir et le cortex frontal qui va s'en servir.
    Une des caractéristiques de ces centres est que leur volume est limité et qu'ils ne peuvent donc stocker en même temps plus de 5 à 10 données : par exemple si on vous demande de mémoriser à très court terme des nombres ou des objets que vous voyez et de les restituer ensuite, il vous sera difficile d'être exact au delà de 7 à 10 items.
    Avec malgré tout une exception, c'est que vous pouvez associer certains items par des moyens mnémotechniques ou en les transformant en images : ainsi un joueur d'échec ne retient pas la position des pièces une par une, (cela en farait trop), mais une image globale de la situation de l'échiquier.
    Une autre exception c'est lorsqu'on vous demande non pas de mémoriser et restituer, mais de reconnaitre dans un lot d'images (diapositives) celles déjà vues, le nombre de reconnaissance est beaucoup plus important (des centaines au lieu d'une dizaine). Il semble que dans ce domaine de perception pure, le thalamus travaille directement pour faire ce tri perceptif et que le cortex frontal, l'hippocampe et les deux centres relais interviennent peu. C'est notamment le cas de la reconnaissance des visages qui est un des phénomènes les plus extraordinaires quant aux performances de notre cerveau.

    Enfin deux mots de la maladie d'Alzheimer. Dans sa phase initiale elle se traduit par une diminution de notre mémoire à court terme et principalement de notre mémoire épisodique, puis également de notre capacité d'apprendre de nouvelles connaissances. Dans cette phase, il semble que ce soit l'hippocampe (le professeur de la mémoire) qui soit atteint, les connexions entre neurones n'étant plus aussi efficace et ayant perdu en partie la capacité de se renforcer, renforcement qui est la base de nos souvenirs.

    Je sais qu'actuellement vous révisez vos bacs et que vous n'avez pas envie d'articles trop sérieux genre SVT.
    Après quelques intermèdes, je reviendrai donc à des articles relatifs à notre vie courante et je voudrais vous parler de l'ennui, sujet qui semble parfois vous préoccuper beaucoup.



    Nous avons vu dans mes précédents articles que nous avions plusieurs typesd e mémoire et en particulier, une mémoire de tous les évènements de notre vie, enregistrés chronologiquement, composée essentiellement de nos perceptions et en particulier d'images.

    Les perceptions enregistrées sont innombrables mais étant le plus souvent inutiles sont presque toutes éliminées, notamment pendant notre sommeil et finalement un nombre très faible de “souvenirs” est conservé, soit volontairement sur ordre de notre cortex frontal qui réfléchit, soit sous l'influence de notre cerveau émotionnel, soit parce que l'évènement correspondant était important sentimentalement pour nous, soit parce qu'il nous a traumatisé.

    Dans l'article d'aujourd'hui je dirai quelques mots sur un autre type important de mémoire, celle de nos connaissances, basée essentiellement sur le langage, et qui ne se développe qu'à partir du moment où nous savons parler.

    Cette mémoire résulte de connexions réparties dans tout le cerveau, mais plusieurs centres jouent des rôles particuliers :
    - le cortex frontal qui réfléchit et commande donc enregistrements et rappels des connaissances acquises.
    - l'hippocampe qui participe à la mémorisation en renforçant les connexions entre neurones.
    - le thalamus qui va associer des perceptions (notamment images) aux mots.
    - le centre de Geschwind qui est à la base de l'enregistrement des mots (voir mes articles sur le langage).
    - les centres de Wernicke et de Broca, qui sont les instruments de la compréhension et de l'élaboration de la parole, et pour Broca d'une partie de la compréhension mathématique.

    Cette mémoire est régie par plusieurs principes :
    - la mémorisation se fait par renforcement des connexions entre tous les neurones qui contribuent à l'enregistrement de la connaissance. Le fait de solliciter un des neurones concerné entraine la connexions des autres neurones et donc fait évoquer l'ensemble des données concernant le sujet que l'on a mémorisé.
    - la connaissance est donc répartie hiérarchiquement en thèmes, en sous-thème, en “entités” représentées finalement par des mots.
    Si vous pensez à une maison vous avez toutes les caractéristiques qui peuvent surgir, tels que mur, toit, pièce, ... et si vous détaillez le toit, viennent à l'esprit les poutres, tuiles, ardoises... la façon de les poser, le matériau dont est composé une tuile, la façon de la mouler, de la cuire etc...bref une véritable encyclopédie, à entrées multiples comme sur un ordinateur, mais avec des possibilité innombrables de chaînage au gré de notre pensée.
    - ces connaissances élémentaires sont réalisées par un nombre minimal de neurones (quelques milliards quand même), grâce à une organisation stricte, ayant pour but cette économie.    
    Ainsi un groupe de neurones représente la couleur verte d'une certaine nuance
(amande, épinard, kaki, ...) et chaque fois qu'un objet de cette couleur sera évoqué, c'est toujours ce groupe de neurones qui sera connecté et qui vous donnera le nom et la perception, la “sensation” de cette couleur.
    Si vous pensez à un rouge-gorge, votre cerveau connectera ainsi le mot rouge-gorge, au mot oiseau, aux termes savants tels que “Erithacus rubecula” ordre des passereaux ou “passéiformes” et “famille desTurdidés” (si vous les avez appris !!), mais aussi à la forme du rouge gorge, au fait qu'il a une gorge rouge, qu'il a des ailes d'une vingtaine de centimètres d'envergure, qu'il peut vivre 15 ans, à sa façon de chanter et aux sons correspondants (ce ne sont plus des mots mais des “sensations”) et puis votre cerveau pourra vous connecter si vous lui demandez, sur tous les souvenirs que vous avez de ce petit animal familier qui vient se percher sur le guidon de votre tondeuse à gazon. Eventuellement il pourra aussi évoquer les graines qu'il mange, les insectes dont il nous débarrasse, le comparer à d'autres oiseaux ........

    Finalement vous l'avez compris, notre mémoire est un réservoir de connaissances représentées par des mots et des sensations, et que des connexions multiples et innombrables peuvent mettre en relations entre elles.
    Chaque connaissance n'est pas le fait du hasard, mais celui d'un renforcement de connexions entre des groupes de neurones parce qu'ils représentent des données qui ont une relation entre elles, relation que nous avons apprise soit en nous instruisant, soit en vivant notre vie de tous les jours. (je rappelle qu'on estime que le nombre de connexions entre neurones du cerveau est supérieur à 10 puissance 15).

    Mais là encore notre mémoire n'est pas éternelle et le cerveau, qui travaille à l'économie, efface ce qui ne sert pas.
    Pour que ces connexions soient relativement fiables, il faut qu'elles soient utilisées. Plus elles le sont plus elles sont renforcées et plus elles sont permanentes et le souvenir facile à rappeler.
    Moins elles servent, au contraire plus elles s'affaiblissent. Nous aurons plus de mal à nous souvenir de cette connaissance certe apprise, mais peu utilisée.
    Certaines d'entre elles vont s'effacer parce que nous ne les évoquons jamais. Par exemple je ne me sers jamais du nom “savant” du rouge gorge; je me rappelais le “rubecula” à cause de sa couleur, mais j'ai dû aller chercher “érithacus” sur Google, car je ne m'en souvenais plus.
   
    Une caractéristique particulière du cerveau est cette organisation en “réseau” des connexions et le phénomène “d'amorçage” des rappels. Comme je l'ai dit il suffit d'évoquer rouge gorge pour qu'un grand nombre de connaissances le concernant affluent à notre cerveau.
    Mais parfois nous cherchons une donnée un mot, et nous ne le trouvons pas, parce que nous ne l'utilisons pas souvent. Nous savons que nous l'avons appris, nous l'avons “sur le bout de la langue”, mais il ne vient pas. La connexion ne se fait pas. Et là il suffit que tout à coup nous pensions à quelque chose qui est relié à ce mot, pour que, par ce biais, la connexion se fasse et le mot oublié revient subitement en mémoire.
    Je suis sûr que vous avez connu cela ne serait ce qu'en apprenant une “récitation” un rôle de théâtre, ou en rédigeant un devoi... etc....

    Voici donc les caractéristiques principales de notre “mémoire de connaissances” basée sur les mots, mais associé à la mémoire épisodique des souvenirs.

    Mais quand le cortex frontal qui réfléchit, veut ainsi se servir d'éléments que nous avons en mémoire, de même qu'un ordinateur ramène en mémoire vive interne à sa puce, ce qui est stocké sur le disque dur, de même le cerveau va se servir de “mémoires de travail tampons” intermédiaires pour stocker provisoirement des données
    Puis il y a des processus courants que nous répétons machinalement tous les jours et pour lequel le cortex frontal trouve inutile de réfléchir. Il délègue” alors ses fonctions au cervelet qui est le centre responsable de tous les automatismes.
    J'évoquerai ces questions dans mon prochain article.



    Dans le dernier article sur la mémoire, je vous avais parlé de la mémoire épisodique qui enregiustre nos perceptions, notamment les images  et donc les scènes de notre vie de tous les jours, soit de façon automatique et presque inconsciente, soit sur ordre du cortex frontal qui veut se rappeler ce souvenir.

    Mais intervient ensuite l'oubli..

    Il peut être presque instantané pour les perceptions courantes sans intérêt qui interviennent tous les 1/40ème de seconde. il peut aussi
, lorsque nous n'avons plus besoin de ce souvenir particulier, se produire  pendant notre sommeil durant lequel nous “nettoyons” notre mémoire.
    Lorsqu'il s'agit d'un souvenir que nous gardons, si nous l'utilisons souvent, il se renforce et reste présent vivace. Mais si nous ne nous en servons pas, il s'atténue, voire disparait à la longue.

    En fait nos souvenirs sont inexacts. On ne se souvient pas des détails, mais on en rajoute, on en invente. Jean-Pierre Changeux, un grand neurobiologiste, disait que nous construisons nos souvenirs comme les paléontologues reconstituent ce qu'ont été les dinosaures.
    Vous qui êtes pourtant jeunes, essayez de vous rappeler des images de votre enfance vers 5/6 ans.
    Vous vous apercevrez que vous n'avez que de très vagues images véritables de cette période, des “flashs”. Mais par contre vous vous souvenez de ce que vos parents, votre famille vous a raconté; vous intégrez à vos souvenirs des photos que vous avez de cette période. Vous intégrez même dans vos souvenirs des petits morceaux qui n'ont jamais existé, mais correspondent à des “envies”, à des rêves, à des lectures auxquelles vous vous êtes identifiée.
    Plus on avance en âge, et plus certains morceaux de votre vie sont ainsi flous et “reconstitués”, avec une inexactitude des détails.

    Cependant certaines scènes, certaines images, gaies ou tristes sont restées là, intactes, bien que vous n'y pensiez pas forcément si souvent que cela (voire même que vous évitiez d'y penser ! ). C'est en général qu'elles avaient pour vous une “charge émotionnelle” importante.
   
    Lors de la mise en mémoire, comme lors du rappel du souvenir, le thalamus rassemble les perceptions évoquées : (image + son + toucher + éventuellement odeur et goût) pour chaque objet et fait probablement du tri de pertinence; l'hippocampe connecte les diverses zones du cerveau qui correspondent au souvenir "recherché" et en fait une "évocation" ; le cerveau limbique, proche, ajoute l'émotion.
    L'amygdale notamment, qui intervient dans le mécanisme de peur,  reçoit directement les sensations et alertes, fait le tri et agit sur l'attention, qu'elle focalise sur les points imporatnts; elle agit aussi sur l'hippocampe voisin et sur la libération des hormones de stress; on a constaté que bloquer ces hormones diminue la sensibilité aux souvenirs émotionnels.
    La “charge émotionnelle" d'un souvenir peut donc contribuer à une mémorisation beaucoup plus forte.
    Par exemple vous vous rappellerez telle rencontre avec quelqu'un que vous aimez, comment cette personne était habillée, ce qu'elle vous a dit, les scènes de votre rencontre ....
    Même à 76 ans j'ai encore ainsi des souvenirs précis de certains évènements de ma jeunesse, alors que les souvenirs de la même période ont complètement disparu.

    On se rappelle également mieux des souvenirs traumatisants en partie d'ailleurs parce que, à l'origine, ce souvenir revenait souvent en mémoire et vous hantait. Le souvenir d'un accident reste ainsi présent toute la vie dans ses détails.
    Mais le cerveau émotionnel peut aussi perturber le fonctionnement de l'hippocampe et bloquer celui ci lorsqu'on voudrait rappeler un souvenir traumatisant.
    C'est l'origine de ce que Freud appelait des refoulements et leur attribuait, à tort, une origine essentiellement sexuelle. (c'était particulier aux personnes qu'il soignait).
En fait il ne s'agit pas de refoulements, mais de “blocages” de souvenirs par blocage de leur rappel. Ces souvenirs restent donc inconscients tant que nous les bloquons ainsi.


    En ce qui concerne l'inconscient, les neurobiologistes estiment qu'il est principalement constitué de tous les souvenirs de perceptions que nous enregistrons en permanence de façon inconsciente et dont certains, pour des raisons notamment émotionnelle, restent en mémoire pendant un certain temps.  
    Le cerveau analyse en permanence toutes les données fournies par le système visuel; il y a une remise en cause permanente des données qui entrainerait une instabilité permanente de celles-ci, un “sautillement”; s'il n'y avait pas un système de stabilisation : la conscience qui oppose une certaine inertie (quelques dixièmes de seconde). pour que les autres parties du cerveau qui ont des rôles de réflexion ou de commande puissent puiser des informations stables.

    C'est la raison pour laquelle notre cerveau fait un tri sélectif important dans ce qu'il enregistre et que nos souvenirs sont peu nombreux, fortement influencés par notre attention, notre volonté et nos sentiments et émotions, voire notre personnalité et nos désirs, et que finalement notre mémoire épisodique a une fidélité très relative.
 
    Dans mon prochain article, je vous montrerai ce qu'est la mémoire “déclarative sémantique, syntaxique et lexicale”, (quelle belle appellation !) et plus simplement, celle de nos connaissances, basée sur le langage.

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