Je vous avais montré que nous avions plusieurs types de mémoire et je vous avais dit que j'allais vous en parler davantage puisque ce sujet semblait intéresser certaines d'entre vous.
    Nous allons aujourd'hui parler de la “mémoire épisodique”. C'est celle qui est la plus intéressante  à étudier.
    La mémoire épisodique nous l'avons dit est celle qui enregistre les événements de notre vie, dans l'ordre chronologique de leur arrivée.

    Il faut savoir qu'il y a d'abord une énorme activité inconsciente de notre cerveau, qui enregistre en permanence toutes les perceptions de nos cinq sens et notamment toutes les images que nos yeux voient.
    Tous les 1/40èmes de seconde le thalamus interroge nos organes de sens et aiguille les informations reçues vers les centres d'interprétation du cortex.
    Les informations traitées sont enregistrées pour une durée faible et certaines vont être envoyées au cortex frontal qui va s'en servir à des fins diverses.
    Cette activité est totalement inconsciente et permanente pendant l'éveil.

    Supposez que vous soyez arrêté à un feu rouge dans votre voiture. Des voitures passent au carrefour sur la voie perpendiculaire, mais elles ne vous intéressent pas. Vous avez la sensation de les avoir vues, mais vous n'y accordez pas d'importance.
    Mais la personne assise à coté de vous vous dit soudain “tiens une dodoche”. (une 2CV) !
Vous ne l'aviez pas remarquée, mais vous faites un effort de mémoire et son image vous revient, pas très précise certes, mais vous vous rappelez la couleur, la rue d'où elle venait.

    On vous aurait dit cela une minute plus tard, vous auriez été incapable de cette extraction de la mémoire. L'image ayant été jugée sans intérêt a été effacée. C'est à dire que des connexions entre neurones, activées pour quelques dizaines de secondes, n'ont pas été maintenues et nous oublions l'évènement correspondant.
    Heureusement d'ailleurs, car supposez que nous enregistrions les 40 images que nous voyons toutes les secondes sans les effacer, notre cerveau serait saturé au bout de quelques semaines..

    Deuxième cas. Supposons maintenant que vous gariez votre voiture au parking du supermarché. Votre cerveau va enregistrer les images correspondantes, mais là le cortex frontal va lui dire : “il faut se rappeler cet endroit”. Alors il va faire chercher des images complémentaires, ou même des éléments syntaxiques comme le numéro de la rangée et de la place.
    Les connexions correspondantes vont être renforcées sur ordre des neurones du cortex frontal et vous allez conserver en mémoire l'information jusqu'à ce que vous vous en serviez pour retrouver votre voiture. En suite elle s'atténuera un peu, mais jusqu'au soir vous vous rappelerez les grandes lignes de votre stationnement.
    Puis, pendant votre sommeil, le cerveau va faire disparaître ces connexions inutiles et le lendemain vous n'aurez sans doute plus grand chose en mémoire et plus le temps passera moins vous en aurez de souvenir.
    Par contre si vous vous réveillez au moment où votre cerveau “évacue” ce souvenir, vous allez rêver du parking et de votre voiture, mais de façon assez incohérente.!
    Les souvenirs épisodiques utiles sont conservés au moins jusqu'à la nuit suivante. Mais leur précision dépend de la motivation que nous avons eue au moment de leur acquisition. Ainsi nous nous souviendrons très mal en tant que témoin, d'une personne dont les actes ne nous ont pas concernés.
    Le centre qui organise la mémorisation sur ordre du cortex frontal est l'hippocampe (c'est ce centre qui est l'un des premiers lésés dans la maladie d'Alzeimer). Il est aidé par le thalamus qui coordonne les sensations.(voir la figure ci-dessous)



    Trosième cas, nous allons tous les jours à notre travail en passant par les mêmes rues, les mêmes endroits. Le premier jour nous faisons un effort de mémorisation, mais nous n'avons enregistré que quelques éléments de notre route. Mais à force de répétition du même trajet notre mémoire enregistre plus de détails et la répétition consolide notre mémoire.
    On constate que plus nous mémorisons le même événement ou plus nous rappelons fréquemment son souvenir et plus ce souvenir est ancré dans notre mémoire.
    A l'inverse un souvenir dont nous ne nous servons jamais, se détériore peu à peu et à la longue disparaît.

    Enfin l'hippocampe étant en relation constante avec les autres centres du cerveau émotionnel et en particulier les centres amygdaliens, la mémorisation varie énormément selon la charge émotionnelle de l'événement enregistré.
    C'est ce dont nous parlerons dans mon prochain article.


 

   J'ai souvent reçu des mails me demandant de parler de notre mémoire, mais je n'avais pas voulu aborder ce sujet très complexe et donc difficile à expliquer et à lire.

Un article
sur l'oubli, dans un blog d'une de mes correspondantes que j'ai apprécié  m'a incité à traiter le problème d'une façon un peu différente, sans trop parler du mécanisme de la mémoire dans notre cerveau, qui est très compliqué.

    Je vais donc essayer de vous expliquer que nous avons plusieurs types de mémoire, comment se constituent nos souvenirs et l'influence de notre environnement et de nos émotions, puis les problèmes d'oubli, qui est aussi un mécanisme naturel, et dans tous ces processus comment intervient notre volonté.

    Bien entendu il me faudra plusieurs articles pour ne pas vous fatiguer par un article trop long. D'ailleurs il me faut le temps de les rédiger.
    Aujourd'hui je vous montrerai que nous avons plusieurs types de mémoires dans notre cerveau :

        - d'abord une ”mémoire épisodique” qui enregistre toutes nos perceptions (les sensations de nos cinq sens) et des souvenirs dans l'ordre chronologique dans lequel ils se produisent.
    Une grande partie de cette mémoire est inconsciente et la plupart des informations ne sont stockées que pendant des périodes courtes.
    Ces informations sont surtout à base de sensations et en particulier d'images et de scènes.
    Ce sont le thalamus et l'hippocampe qui sont les moteurs de cette mémoire.
    Elle est très influencée par notre environnement et nos émotions.
    Mon prochain article traitera plus en détail de ce type de mémoire.

        - puis une “mémoire explicite sémantique” qui est celle de nos connaissances, de ce que nous savons, avec comme support essentiel le langage.
    C'est l'hippocampe, supervisé par le crtex frontal, qui est le “professeur” de cette mémoire.
    C'est une mémoire à long terme, mais dégradée peu à peu par l'oubli.
    Elle est organisée de façon très logique et hiérarchique, en catégorie et en arborescences, mais avec des modes de recherche et des chaînage par sujet, mais aussi transversaux ou chronologiques.
    Son organisation vise une absence de duplication et une rapidité d'accession aux données bien supérieures à celle de nos ordinateurs.

        - ensuite une “mémoire implicite procédurale”, qui est la mémoire des automatismes que nous avons appris : saisir, marcher, nager, conduire, jouer du piano, taper à la machine, .......
    C'est le cervelet qui est le siège principal de cette mémoire.

        - enfin des “mémoires de travail” qu'utilise le cortex frontal quand il réfléchit, pour remonter les informations du type “images” et “cartes” ou du type langage (un peu comme dans un ordinateur).
    Le nombre d'informations pouvant être stockées est limité.

        - Pour être complet, certains auteurs parlent aussi d'une “mémoire de l'espèce” , qui est celle de toutes les capacités innées de notre cerveau et de notre corps.

    Je parlerai de ces mémoires dans les articles suivants, puis des souvenirs et de l'oubli.

     Il faut savoir que le mécanisme de ces mémoire est basé sur des connexions plus ou moins automatisées entre des neurones et que ceux ci sont répartis dans tout le cerveau.
    Il faut aussi être conscient que le cortex frontal, qui pense, recueille les informations,, réfléchit, décide et ordonne, fait le lien entre toutes ces mémoires et constitue un ensemble qui représente “notre expérience”, c'est à dire nos connaissances et notre vie.
   Enfin les processus de rappel des informations sont complexes et encore mal connus; certains sont inconscients, d'autres automatiques, la plupart volontaires sur ordre du cortex frontaL.

    L'ensemble ne fonctionne normalement qu'en état d'éveil et avec un minimum d'attention

Dimanche 13 avril 2008 à 9:09

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud



      Ma jeune correspondante “qui atteint le ciel” a eu du courage de lire l'article sur les “neurones miroirs” et pose la question suivante, qui en fait est multiple :   


“....J'ai lu l'article et j'ai à peu près compris; je pense que l'exemple des accords de guitare est bien choisi mais je me dis que c'est sûrement possible d'améliorer ces neurones. Etant donné que certains joueurs arrivent à mémoriser un très long enchainement d'accords en une fois alors que moi je galère après l'avoir vu une dizaine de fois. En tant que musicienne je pose une question, Comment  fait on pour développer ses neurones miroirs?  “

    J'ai bien compris ce que tu voulais dire en parlant d'améliorer ces neurones, mais je crois cependant qu'il faut préciser comment  ces cellules fonctionnent.

    Un neurone ne s'améliore pas : il vit ou il meurt
    C'est une cellule qui recueille des informations sur ses dendrites et ,si la somme des courants reçus est positive et supérieur à un seuil, le neurone transmet une impulsion d'influx nerveux sur son axone, vers la dendrite d'un autre neurone, la liaison entre axone et dendrites suivantes se faisant pas voie chimique au travers d'un intervalle appelé synapse (voir un des premiers articles sur le cerevau sur mon blog.)
    Le cerveau est fait de centres qui groupent des milliers, voire des millions de neurones ayant une fonction donnée (par exemple interpréter une caractéristisue de la vue) et centre après centre l'information est traitée en série, ou bien en parallèle par plusieurs centres à la fois.
    Ces traitements c'est un peu comme des postes d'aiguillages de chemin de fer; il s'agit de mettre en communication certains neurones entre eux et pas d'autres. Par exemple si un neurone du cortex demande à l'hippocampe et au thalamus par quel moyen de transport Paul est venu déjeuner à la maison, le thalamus, en liaison avec l'hippocampe, va aller voir dans les mémoires correspondantes et il mettra les neurones du cortex en communication avec ceux qui représentent une voiture ayant la forme de celle de Paul, avec ceux qui représentent la couleur rouge, et avec les mots auto, la marque X, ret éventuellement d'autres renseignements sur cette voiture.

    Comment font ils ces neurones pour se reconnaitre entre eux?
    Quand le thalamus par exemple, reçoit des perceptions relatives à un même sujet à un moment donné, il envoie des impulsions électriques qui renforcent les connexions entre ces neurones. Donc ces neurones vont être reliés entre eux et si on accède à l'un d'eux, il vous aiguillera sur les autres (éventuellement à nouveau par l'intermédiaire du thalamus). Une autre partie du cerveau qui joue le même rôle notamment pour tout ce qui est souvenirs successifs “datés dans le temps” c'est l'hippocampe (la maladie d'Alzeimer est à l'origine, une dégénérescence de cette partie du cerveau).
    Si le souvenir n'a pas d'importance, le cerveau, ou quelques minutes après l'avoir enregistré, ou pendant le sommeil, supprime (par des impulsions négatives) les connexions correspondantes et le souvenir est effacé.
    Si au contraire il est important sur le plan sentimental ou émotionnel, cela renforce les connexions.
    Mais si vous ne vous servez plus de ce souvenir, alors les connexions s'affaiblissent peu à peu. On a du mal à se rappeler : c'est l'oubli.
    S'il s'agit de connaissances , par exemple acquises à l'école, chaque fois qu'on répète le souvenir (orthographe, exercice de math...) la connexion se renforce un peu plus. A force elle devient presque indélébile.
    Voila le mécanisme de la mémoire et donc d'amélioration du fonctionnement d'un groupe de neurones.

    Revenons en aux “neurones miroir”.
    Pour le moment les chercheurs n'ont constaté que le fonctionnement de ceux des neurones miroirs qui nous permettaient d'imiter, de comprendre et d'anticiper les gestes d'autrui.
    Donc ils nous permetrrons de saisir comment il faut tenir le violon ou l'archet, gratter les cordes de la guitare, mais pas de retenir une mélodie.
    Certains d'entre nous sont plus doués que d'autre pour cette imitation souvent ceux de préférence “Sensitifs” (voir l'article sur la préférence cérébrale de perception Sensitif / Global).
    Pour exercer ces neurones miroirs, il faut exercer notre “don d'observation” c'est à dire notre faculté de regarder dans le détail l'enchaînement des gestes d'une personne, de les comprendre, de les expliquer et de les retenir.
    Ce peut être une ménagère qui fait la cuiine, un maçon qui fait un mur, une personne qui conduit un véhicule, un joueyr de tennis ....
    Il n'y a pas de miracle : l'amélioration vient de la répétition, donc du travail de multiples efforts d'observation et d'imitation.
    Peu à peu nous apprenons à observer, comprendre les gestes et imiter.
    Les neurones miroirs ont pris l'habitude de travailler et de renforcer la connection d'autres neurones entre eux, notamment ceux du cervelet qui vont ensuite prendre en charge tous nos automatismes.

    Revenons à la mélodie :

    Là c'est beaucoup plus compliqué car il s'agit de retenir la mélodie, d'une mémoire complexe et il me faudra plusieurs articles pour la décrire.
   
    Il y a d'abord l'interprétation des sons élémentaires et l'écoute de leur succession ( une mélodie) par l'oreille, puis le décryptage par le cerveau. C'est déjà très compliqué et il me faudra deux articles pour vous le faire comprendre : un sur loreille et un sur le cerveau.

    Puis il y a la mémorisation de cette mélodie, mécanisme complexe. On pourra voir ce qui différencie l'auditeur courant, du joueur d'instrument et à fortiori du chef d'orchestre.

    Enfin il y a un mécanisme de codage par des notes, qui se rapproche de la lecture des caractères liés au langage, aux mots et à leur prononciation. C'est le solfège et sa traduction en sons par l'instrumentiste.

    J'essaierai d'en parler dans de prochains articles, mais peu à peu, pour ne pas vous rebuter, en alternance avec d'autre sujets.

Dimanche 23 mars 2008 à 20:00

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

    L'empathie connaissez vous ce terme ?
    L'empathie (vient du grec : “ce qu'on éprouve à l'intérieur”) est une notion complexe qui désigne le mécanisme psychologique par lequel un individu peut comprendre les sentiments et les émotions d'une autre personne, sans les ressentir lui-même.
    C'est ce qui vous fait deviner en partie les pensées, les sentiments, les intentions de vos parents, de vos camarades, même s'il ne les ont pas décrits de façon complète.

    Plus généralement c'est aussi ce qui vous fait prévoir ce que va faire une personne qui ébauche seulement un geste. Associés à vos capacités de prévisions, ces mécanismes complexes vous permettent beaucoup d'actions : conduire un véhicule, circuler en tant que piéton en évitant les autres, vous défendre contre une agression, faire de la compétition sportive, et évidemment comprendre l'autre dans ses actions en anticipant sur l'expression de sa pensée.

    Bien entendu les neurologuues aimeraient comprendre ces mécanismes complexes qui mettent en jeu une grande partie du cerveau.
    Je vois essayer de vous expliquer des notions découvertes tout récemment, en les simplifiant le plus possible, bien sûr.
    Je voudrais vous montrer comment ces découvertes en matière de fonctionnement du cerveau, peuvent d'une part nous aider à comprendre comment nous pensons et nous communiquons entre hommes, mais aussi permettra lorsque nous serons plus avancés, de soigner certains maladies mentales, l'autisme par exemple.


    Des cellules du cerveau nommées neurones miroirs reflètent le monde extérieur.
Elles s'activent quand on réalise une action et quand on observe quelqu'un réaliser la même action. Elles permettent à l'être humain de comprendre les intentions d'autrui ou d'apprendre une nouvelle tâche.

    Falbala regarde Obélix cueillir une fleur. Falbala sait non seulement ce que fait Obélix - il prend la fleur -, mais elle sait aussi pourquoi il le fait. Comme il lui sourit, elle devine qu'il va lui offrir la fleur. Cette scène dure quelques secondes et Falbala la comprend presque instantanément.
    Comment peut elle concevoir précisément et sans effort l'action d'Obélix et son intention? Il y a dix ans, la plupart des neurobiologistes et des psychologues auraient attribué la compréhension qu'une personne a des actions d'autrui, et notamment de ses intentions, à un processus de raisonnement rapide, siimilaire à celui utilisé pour résoudre un problème logique.

    Ce type d'opérations déductives a probablement lieu dans certaines situations, en particulier quand le comportement de quelqu'un est difficile à décrypter, mais la facilité et la vitesse avec laquelle nous comprenons les actions simples d'autrui suggèrent une explication bien plus simple, qui peut être mise en évidence dans des expérimentations sur les primates. (en général des chimpanzés).

    Certains neurones s'activentent quand le singe exécute des actes moteurs simples, par exemple attraper un fruit. Mais ces mêmes neurones déchargent aussi quand le singe observe quelqu'un (autre singe ou homme) qui réaliser la même action. Comme ces neurones semblent refléter directement, dans le cerveau de l'observateur, les actions réalisées par autrui, ils sont appelés par les neurobiologistes “neurones miroirs”.

    De la même façon que certains circuits neuronaux sont à l'origine de souvenirs spécifiques, les neurones miroirs seraient le support d'actions spécifiques : une personne réaliserait non seulement des actions simples sans y penser, mais elle comprendrait aussi ces actes, sans avoir besoin de raisonner, quand elle observe une autre personnes qui les exécute.
 Falbala comprend l'action d'Obélix, car, tandis que cette action a lieu sous ses yeux, elle se déroule aussi dans sa tête.

    Essayons de comprendre de façon plus précise le rôle de neurones miroirs qui sont localisés dans une partie du cerveau du singe qui commande des mouvements complexe (aire "A" sur la figure; une aire semblable existe chez l'homme).
Pour savoir si les neurones miroirs jouent un rôle dans la compré- hension d'une action, plutôt que dans ses caractéristiques visuelles, les neurobiologistes ont mesuré les réponses de ces neurones quand les singes comprennent une action sans la voir.

    On enregistre l'activité de ces neurones pendant qu'un singe observe des gestes accompagnés d'un son distinctif, (par exemple le son d'une feuille de papier que l'on déchire ou d'une cacahuète que l'on écrase). Puis on fait entendre le son au singe, sans lui montrer l'acte. De nombreux neurones miroirs de l'aire "A" qui s'activent quand le singe voit les actions associées à un bruit caractéristique, déchargent aussi quand le singe entend seulement les sons.
    Et si le singe regarde un homme qui attrape un morceau de nourriture et qu'ensuite, un écran est placé devant le singe de telle sorte qu'il ne voit plus la main de l'homme attrapant la nourriture,  il peut cependant deviner l'action. Plus de la moitié des neurones miroirs de l'aire "A" déchargent aussi quand le singe dispose d'indices lui permettant de s'en créer une représentation mentale. et imagine ce qui se passe derrière l'écran
     Les neurones miroirs participent donc à la compréhension des actes moteurs, quand on peut comprendre une action sans la voir, comme c'est le cas à partir des sons ou des représentations mentales.

            Voir la suite dans l'article suivant : le cas des humains !   

Dimanche 23 mars 2008 à 19:47

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud



    C'est évidemment plus difficile d'observer le cerveau d'un homme que celui d'un singe, même si l'homme a un grand avantage sur le singe : il parle et dit ce qu'il ressent.

    Mais depuis quelques années on peut grâce à la RMN (résonnance magnétique nucléaire, ces grands cylindres dans lesquels on vous met en entier), ou à d'autres techniques, mesurer la consommation d'oxygène dans le cerveau, qui s'effectue lorsque des neurones sont en activité. On peut donc repérer les centres en activité lorsque l'on fait faire une certaine tâche au sujet en expérimentation.

    Les neurobiologistes ont ainsi repéré les zones dans lesquelles il y avait des “neurones miroirs”.
    Puis ils ont montré que ces neurones s'activaient quand on essayait de comprendre les actions d'autrui.
    Ils ont montré aux volontaires de leurs essais, une vidéo d'une personne saisissant  une tasse à thé pour boire son contenu, et une autre vidéo de la personne saisissant la tasse pour la mettre à la machine à laver.
    Les neurones miroir ont fonctionné modérément, car deviner l'action n'était pas évident.
    On a alors montré un table avec le goûter servi, prêt à être mangé et la tasse qu'on portait aux lèvres; puis la table avec les restes du goûter et la tasse qu'on emmenait à la machine à laver. Là encore les neurones miroirs ont fonctionné.
    Quand on repassait ensuite les vidéos initiales de la tasse seule, l'activité des neurones miroirs était très importante et les “hommes cobayes” reconnaissaient la destination du geste accompli.
    Par diverses expériences de ce type, les chercheurs ont montré que l'activité des neurones miroirs était importante chaque fois que l'on cherchait à comprendre les intentions d'autrui et cela d'autant plus que ces intentions étaient claires et nettes.

    Ils ont montré également une autre fonction des neurones miroirs : celle de l'apprentissage par imitation.

    Quel est le rôle des neurones miroirs quand nous devons apprendre par imitation des actes moteurs complexes entièrement nouveaux?
    Les chercheurs ont observé par IRM l'activité du cerveau de personnes imitant des accords de guitare après les avoir vu jouer par un guitariste ou imitant les gestes d'un joueur de tennis après l'avoir vu jouer.
    . Quand les personnes observent l'expert, les neurones miroirs de leur cortex pariéto-frontaI s'activent. Et la même région est encore plus activée quand elles reproduisent les mouvements. De surcroît, dans l'intervalle de temps qui sépare l'observation de l'imitation, quand les personnes "préparent" leur imitation des accords de guitare, une zone cérébrale supplémentaire s'active. Cette partie du cerveau, dans l'aire préfrontale, est en général associée à la planification et la commande des mouvements et c'est également une mémoire de travail, et elle jouerait de ce fait un rôle central dans l'assemblage correct des actes moteurs élémentaires de l'action que la personne s'apprête à imiter.

    Les chercheurs essaient actuellement de savoir si le système des neurones miroirs est impliqué dans une compréhension des actions, des intentions et des émotions d'autrui, et il serait une composante importante de la capacité des hommes à apprendre des tâches cognitives complexes, juste par observation.

    Quel est le rôle de ce système dans le langage, l'une des capacités cognitives humaines les plus élaborées?
En effet, le système des neurones miroirs contient l'aire de Broca, un centre fondamental pour le traitement de la parole. Et si, comme le pensent certains linguistes, la communication humaine a commencé par une gestuelle faciale et manuelle, alors les neurones miroirs auraient pu jouer un rôle important dans l'évolution du langage.
    Le mécanisme des neurones miroirs permet que le sens du message soit le même pour l'expéditeur et pour le destinataire et qu'un accord préalable entre les individus n'e soit pas indispensable pour qu'ils se comprennent. L'accord est inhérent à l'organisation neuronale des deux personnes. Les miroirs internes  permettent donc de se parler sans mots. . .
    Les chercheurs étudient actuellement le rôle des neurones miroirs dans la communication entre personnes qui utilisent le langage des sourds-muets.

    Ils pensent aussi qu'un dérèglement du fonctionnement des neurones miroirs pourrait être à l'origine de l'autisme de certains enfants.


Dimanche 23 décembre 2007 à 11:39

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud



    J'avais essayé de vous montrer ce qu'était la conscience, lorsque nous sommes éveillés, et notamment le fonctionnement du "Thalamus" qui coordonne nos sensations.

    En effet la conscience étant d'après le dictionnaire

“ la faculté qu'a l'homme de connaître sa propre réalité et celle qui l'entoure et d'émettre des jugements sur cette connaissance”,

"conscience” implique donc “perception” du monde qui nous entoure,
comme je l'ai montré dans un article précédent.

    Je vous avais dit que j'aborderais les perceptions inconscientes et notamment ce que l'on appelle les perceptions subliminales. Ce sera l'objet de cet article.

    Pour chaque sens, mais notamment la vue et l'ouie, il existe un seuil au dessous duquel la sensation qui arrive sur l'organe de sens (l'oeil ou l'oreille), est toujours perçue, est transmise et analysée dans des centres spécialisés, mais cependant nous n'avons pas conscience d'avoir reçu cette sensation.
C'est ce qu'on appelle des sensations subliminales. (en latin au dessous du seuil ).
   
    Ensuite pour une valeur encore plus basse du stimulus, nos sens ne perçoivent plus rien ou le  cerveau n'analyse plus les informations transmises et donc rien n'est interprété : il n'y a alors plus de perception..

    Je vais prendre maintenant deux exemples de ces sensations subliminales.:

    D'abord un exemple d'images subliminales :
    Nous savons que le thalamus ne peut détecter deux sensations séparées par moins de 12,5 millisecondes (voir mon article précédent).
    Mais supposons que nous projetions sur un écran d'ordinateur une lettre pendant 15 millisecondes. L'oeil la voit, les centres d'interprétation de la vue reçoivent l'information et la traitent et pourtant nous ne voyons pas cette lettre.
    Faisons cette projection pendant des temps plus longs. Brusquement à partir d'une durée de 50 millisecondes, nous voyons la lettre et nous pouvons la lire. Mais toutefois avant de la reconnaître nous mettons plusieurs centaines de millisecondes.
    Si on examine l'activité des centres du cerveau, on s'aperçoit qu'au dessous de 50 ms, le thalamus ne transmet pas l'information à une "mémoire tampon" située dans le cerveau préfrontal et que notre cortex frontal qui pense et réfléchit, ne reçoit aucune information.
    Je rappelle que les perceptions interprétées par un groupe de neurones sont transmises au thalamus à une fréquence de 40hz (un balayage sur deux) c'est à dire toutes les 25 ms. Tout se passe comme si, pour des raisons de fiabilité de l'information, celle ci n'était transmise au cortex central que si deux images successives reçues par le thalamus étaient sensiblement les mêmes d'où la durée de 50ms nécessaire (= 2 fois 25ms)
    Nous n'avons donc conscience de voir les images que si non seulement notre cerveau les interprète, mais encore que nos cortex préfrontaux et frontaux aient reçu l'information.
    C'est là une nouvelle définition de la conscience.

    Mais les choses sont plus complexes.
    Si nous voyons avec nos yeux et que les centres d'interprétation du cerveau à l'arrière du cerveau interprètent une image terrifiante d'approche d'un danger, qui est d'une durée inférieure à 50 ms, nous n'en avons pas conscience et pourtant nous en avons peur, notre pouls s'accélère et nous nous préparons à prendre la fuite. Comment est ce possible ?
    Le thalamus n'a pas transmis limage au cortex frontal, mais il la transmet immédiatement dans un délai de l'ordre de la milliseconde aux centres amygdaliens qui gèrent notamment la peur et la colère. Ces centres réagissent par mesure de sécurité à toute image de danger, à condition d'avoir été préalablement “programmés” pour les reconnaître.
    Cette “programmation” est innée pour certains dangers et relève de notre expérience de la vie pour d'autres. Certains parmi nous lont une “peur des araignées” innée et nous avons du mal à la vaincre, mais par contre la peur de l'obstacle intervient quand l'enfant apprend à marcher et s'y heurte, et la peur d'une voiture quand il traverse, lorsqu'il en aura imaginé et réalisé le danger.
    Les centres amygdaliens alertent le cerveau émotionnel dont ils font partie, (nous ressentons la peur) et de plus préparent l'organisme aux réactions de survie ou de lutte (crier au secours, fuir ou écraser la pauvre araignée! lol).
    Et comme l'hippocampe, qui est le “professeur de notre mémoire” fait partie du cerveau émotionnel, il est averti et peut mémoriser l'évènement même si celui ci est inconscient.

    Une constatation qui a été utilisée par la publicité, mais qui est maintenant interdite.
    Supposez que dans un film ou une émission télévisée, vous glissiez entre les images projetées une image de durée inférieure à 50 ms, mais qui puisse être vue inconsciemment, que vous répétez ainsi un grand nombre de fois. Nous ne la “voyons” pas, en ce sens que nous ne sommes pas conscient de la voir, mais cependant elle est transmise à notre cerveau émotionnel qui, du fait de la répétition la mémorise !!
    Façon vicieuse de faire de la publicité ou de la propagande !!

    Deuxième exemple : une audition subliminale :
    Supposons que nous diffusions des sons - une phrase - suffisamment bas pour que nous ne l'entendions pas. Au dessous d'un certain seuil l'oreille effectivement ne perçoit rien; mais ensuite elle perçoit et transmet, les sons sont interprétés par le cerveau, mais ne sont pas transmis au cortex frontal.
    Donc nous n'avons pas conscience d'avoir entendu quelque chose!
Cependant le centre de Wernicke qui interprète la parole, reçoit l'information, la décode et la transmet aux centres amygdaliens, déjà prévenus par le thalamus qu'il y avait un son et qui auraient déjà réagi s'il s'agissait d'un simple son alarmant (une explosion par exemple).
    La phrase décodée par Wernicke est donc inconsciemment transmise à notre cerveau émotionnel.
    Or  que si nous posons
par exemple une question à laquelle on peut répondre par deux solutions et donc au hasard avec une chance sur deux de réussite, on constate dans deux populations de "cobayes" qui ont des écouteurs aux oreilles que les deux populations ont autour de 50% de réponses exactes, ce qui est normal.
    Si par contre on envoie dans les écouteurs d'une des populations d'expérimentateurs une phrase subliminale qui donne la solution, cette population n'a pas conscience de l'entendre, mais pourtant la proportion de réponses exactes monte à 80% environ. Ce n'est plus le hasard !!
    On n'a pas encore découvert la raison exacte du phénomène. Il est probable que le cerveau émotionnel participe à l'élaboration de la réponse aux cotés du cortex frontal, par tout un réseau de transmission entre les grand centres du cerveau, qui utilise des neurones sensibles au même transmetteur chimique dans leurs synapses : la dopamine.
    Mais certains services secrets ou de propagande ont utilisé ce phénomène pour “conditionner” des otages ou des prisonniers, en diffusant par des hauts parleurs dissimulés dans leur prison, des informations “orientées” sous forme subliminaire, et en général ils affaiblissaient en outre le pouvoir de contradiction de leurs victimes par des médicaments : c'est ce qu'on nommait le “lavage de cerveau”.

    Revenons à notre problème de conscience.
    Donc "être conscient" c'est non seulement percevoir notre environnement, interpréter nos perceptions, mais encore que ces interprétations soient transmises à certaines zones du cerveau qui “pensent et réfléchissent, notamment le cortex frontal.
    Cette transmission n'est faite qu'au dessus de certains seuils.
    Au dessous de ces seuils la perception peut cependant être interprétée et transmise au cerveau émotionnel - et notamment les centres amygdaliens et l'hippocampe - et nous pouvons avoir des réactions émotionnelles - notamment de sauvegarde - et même une mémrisation inconsciente.

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