Vendredi 28 septembre 2012 à 8:31

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

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            L'article que j'avais fait sur l'influence d'internet sur notre comportement a interpellé certain(e)s d'entre vous, et vous m'avez demandé des compléments et notamment comment notre cerveau allait il se modifier.
 
            En fait il ne s'agit pas d'évolution physique de l'espèce humaine. Celle ci est régie par la loi de l'évolution, qui n'agit que très lentement au bout de nombreuses génération et donc dans quelques milliers d'années.
            Mais en fait, même si nos cerveau sont tous différents et ont des "préférences" innées différentes, dues à leur développement in utero, en fonction de nos gènes, de facteurs de croissance et du hasard pour les jonctions finales entre axones er dendrites, cependant les nouveaux-nés ont un cerveau qui n'accomplit que les fonctions vitales, plus quelques souvenirs acquis in utero (le son de la voix de leur mère par exemple) et qui est une source d'attachement et de sécurisation ensuite. Mais toutes nos qualités, notre personnalité future, notre savoir, sont potentiels et dépendent très fortement des apprentissages que nous subirons ou que nous saurons faire, depuis notre naissance jusqu'à notre mort.
            Ce sont les habitudes, les mécanismes de réflexion et d'action que nous allons acquérir qui vont modifier notre comportement. En effet tout apprentissage renforce la communication entre des centaines de milliers de neurones, entre dendrites et axones, à travers les synapses, et grâce à l'influx nerveux et aus neurotransmetteurs chimiques.
            Ce qu'internet peut changer, c'est donc un mode d'apprentissage, qui établit des connexions différentes entre nos neurones.
            Olivier Houdé, de l'université Paris Descartes, explique que : "
Toute stimulation est susceptible de modifier des régions de notre cerveau dès lors que nos sens, nos émotions et notre réflexion sont éveillés, et cela, sans doute depuis toujours dans l'évolution humaine ; C'est cette plasticité qui permet à l'homme d'apprendre et de s'accommoder à son environnement.".
           
            En janvier 2013, l'Académie des sciences publiera un rapport très attendu sur I'impact des écrans sur notre cerveau. Derrière le tmot « écran », c'est surtout Internet qui est visé. En effet, nous passons plusieurs heures par jour à surfer depuis nos ordinateurs ou nos smartphones. Certains croient que le Web conduirait notamment au développement d'une pensée superficielle et désordonnée.
            Il y a évidemment beaucoup de façons d'utiliser les micro-ordinateurs, tablettes et smartphones, : écrire, dessiner, calculer, chatcher, ou faire des recherches sur internet.....
            Cette dernière occupation a fait l'objet de recherches, notamment, depuis 2009, par Gary Small de l'université de Californie.
            En comparant l'activité cérébrale d'internautes novices et d'internautes chevronnés lorsqu'ils utilisent un moteur de recherche, comme Google, il s'est aperçu que les plus expérimentés activent plus de zones de leur cerveau.

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            Sur les clichés d'IRM ci dessus, les régions cérébrales activées par des internautes novices (1) ou les internautes chevronnés (2), lors de la lecture d'un livre, sont semblables.
 Lors d'une recherche sur Internet, les internautes novices !3) activent presque les mêmes zones que lorsqu'ils lisent, tandis que les internautes plus expérimentés mobilisent des
ressources supplémentaires (4).
 
            Demain, je vous parlerai de quatre sortes d'impact de l'usage du Net sur le cerveau.

Dimanche 22 avril 2012 à 8:51

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

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           Vous savez que je m'intéresse au fonctionnement du cerveau humain et notamment à l'apprentissage de l'enfant, car je pense qu'on devrait davantage en tenir compte dans les recommandations que l'on donne aux parents en matière d'éducation et aux professeurs quant à l'instruction.
            Je vous ai plusieurs fois parlé de cet apprentissage, mais jamais de celui du fœtus dans le ventre de sa mère.
            Je voudrais vous donner les grandes étapes de l'évolution du fœtus puis parler de cet apprentissage et de ce qu'on peut en connaître, car on ne peut évidemment pas l'interroger sur ce qu'il ressent.
 
            Voici d'abord le déroulement dans le temps des principales étapes de développement de l'embryon et du fœtus et de ses capacités humaines.
 
 
Développement embryonnaire :
 
            - première semaine : les cellules se multiplient et commencent à se différencier.
Le placenta commence à se développer dans l'utérus de la mère.
            - 21 à 28 jours : le tube neuronal, yeux, le cœur se développent, et la pulsation cardiaque se met en place
            - 5 à 8 semaines, 3cm, 1gramme : les bourgeons des bras et jambes sont visibles, la plupart des organes achevés, le cerveau se développe.
            - 8 à 12 semaines, le sexe, les systèmes excréteur et respiratoire se développent.
Le cerveau peut assurer toutes les fonctions vitales.
            L'embryon a les caractéristiques d'un être humain.
 
Développement du fœtus :
 
            - 13 à 16 semaines, 20cm, 450gramme les cheveux, peau et squelette osseux sont en place.
            - 28 à 28semaines : les poumons et le système vasculaire se mettent en place
            - 30 semaines, 37 cm, 1kg, les chances de survie en cas de naissance prématurée sont grandes.
            - 38 à 40 semaines, 50 cm, 3 kg, le fœtus s'étoffe et prend les dimensions d'un nouveau-né et c'est la naissance.

Développement des organes sensoriels et de leurs fonctions :

            - toucher : dans les 20 premières semaines, le développement des sens commence par le cerveau et la bouche et se propage vers le bas du corps. Le cerveau droit se spécialise dans le repérage spatio-temporel. Les organes de l'équilibre et le cervelet se développent. Le fœtus ressent les pressions de l'utérus sous l'effet des mouvements de la mère et des siens.

            - goût : (3ème mois) : les organes du goût se développent. Si on injecte un goût sucré dans le liquide amniotique, la fréquence de la déglutition du bébé devient plus fréquente que la normale, dans le cas d'une substance amère, la fréquence est moins élevée que la normale.
         - odorat (24 à 28ème semaine de grossesse), il se développe et le cerveau du fœtus est sensible aux est sensible à des produits odorants véhiculés par le sang de la mère on l'a vérifié chez les enfants prématurés nés à 6 mois. La consommation maternelle de produits anisés dans les dix jours précédant la naissance rend à l'enfant cette odeur agréable, et 4 jours après la naissance, il aime de l'eau anisée, alors que ceux dont la mère n'en a pas consommés montrent du dégoût pour cette boisson (mais ils ne savent pas encore dire beurk !).

         - audition (6 mois) l’enfant est entouré de bruits, intestinaux de la mère, ses pulsations cardiaques, sa voix, la musique qu'elle écoute. L'audition dépend de la fréquence et l'intensité, ainsi que du ton, seuls les sons plus graves passent tous les obstacles. La voix rythmique et mélodique semble bien préservée en particulier celle de la mère qui est transmise par vibration sonore de l'air ambiant au travers du liquide amniotique, autant que par vibration des os. L'enfant est capable de discerner les sons selon leur intensité.
         Un fœtus qui s'intéresse à quelque chose ralentit la fréquence de sa succion instinctive dans le liquide amniotique; il l'augmente s'il "s'ennuie". On peut ainsi montrer qu'il s'intéresse aux bruits extérieurs.
         Par ailleurs dans les jours qui suivent la naissance quand on donne à un bébé une tétine en lui faisant entendre a voix de sa mère et une autre en lui faisant entendre la voix d'une autre femme, il tête préférentiellement la première.
         Lorsqu'une femme a écouté régulièrement pendant sa grossesse une série télévisée, il semble que le bébé une fois né reconnaisse la musique du générique de l'émission.
         Il y a chez ma fille une horloge dont le carillon fait beaucoup de bruit et fait sursauter tous ceux qui n'y sont pas habitués. Pourtant, dans les jours qui suivaient sa naissance, ma petite fille ne sursautait jamais à ce bruit qu'elle avait entendu en tant que fœtus.

L'apprentissage du foetus

         Cela pose la question de la cognition et des capacités d'apprentissage du fœtus par habituation: on présente au fœtus un stimulus répétée, on note une perte d'intérêt progressive, (succion moins fréquente que si le stimulus est neuf) on présente alors un second stimulus différend du premier et on peut constater si l'enfant le trouve différent ou non, selon qu'il est motivé ou que cela ne l'intéresse pas.
 
         vision : à partir de sa 20ème semaine le bébé est capable de mouvoir ses paupières, la vision est fonctionnelle chez les prématurés. On pense que la vision se développe à partir de la 25ème semaine mais son développement s’étale sur une longue période après la naissance, avant d’atteindre l’efficacité d’une vision adulte.
 
         motricité : à partir de la 7ème semaine, des mouvements du fœtus sont observables à l’échographie. Au quatrième mois, la mère peut percevoir ces mouvements. Au premier trimestre de la grossesse, ils sont constant; durant le second trimestre, le nombre de mouvements diminue, mais ils acquièrent une certaine précision et de la coordination; au cours du 3ème trimestre, ils s’organisent de façon cyclique.
On a repéré 15 types de mouvements entre la 7 et 23ème semaine  et les manques peuvent être des indices de pathologies.
 
         mémoire : il semble que le cerveau soit rapidement doté d'une certaine mémoire, mais qui n'est pas durable quelques minutes, puis quelques heures, quelques jours.
         A partir du sixième mois de grossesse, il semble que la mémoire du fœtus soit capable de consolidation et qu'il retienne des données sur son environnement, notamment auditif : voix, lecture à haute voix, musique, chansons, bruits divers....
 
         Des études montrent que l'habitude de la voix de personnes parlant une certaine langue, prédisposent probablement le futur bébé à mieux la comprendre. Elles montrent que la prosodie du discours (le rythme, l’intonation, les contours mélodiques) et certaines caractéristiques sont conservées in utero.
            Des IRM ont montré en 2011, que chez le bébé, les centres auditif et de Wernicke, (avant que l'enfant ne sache parler), étaient plus sollicités par la langue maternelle, que par une langue étrangère.
            Il est probable que ces capacités d'apprentissage des sons chez le fœtus sont une conséquence de l'évolution, une adaptation pour mieux reconnaître et être reconnu par sa famille, condition de survie pour l'enfant qui a besoin de sa protection, autrefois aux temps préhistoriques.

Jeudi 3 novembre 2011 à 8:08

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

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    J’ai fait à plusieurs reprises des articles sur la formation du cerveau du foetus et des enfants et certains lecteurs s’étonnent de ce que j’ai écrit, et notamment d’une part que les jonctions entre neurones se fassent au hasard, car elles déterminent nos capacités mentales, et d’autre part que chez le jeune enfant, de nombreuses connexions vont être supprimées, ce qui - en apparence seulement -, devrait diminuer nos capacités mentales.
    Je vais donc revenir sur ces questions pour donner quelques précisions
.

    Si vous lisez bien ce que j’ai écrit, vous avez dû voir que, au départ, la croissance des neurones et de leurs prolongements se fait de façon très ordonnée et déterministe. Des gènes s’expriment, des hormones de croissances et d’autres protéines interviennent et les neurones apparaissent, se différencient (ils ne sont pas les mêmes selon leurs fonctions), ils se rassemblent en centres ayant une certaine finalité (par exemple interpréter les images que nous voyons), et leurs dendrites et axones qui ont un but donné, sont dirigés vers la cible, c’est à dire le type de neurone auxquels ils doivent être connectés.
    Mais ce n’est qu’à la dernière phase, quand les prolongement sont au voisinage de leur cible, que les connexions se font alors au hasard et donc un cerveau, même d’un jumeau ne ressemblera pas tout à fait à celui de son frère.
    Mais la fonction de chaque type de  neurones est bien déterminée à l’origine.

    C’est un peu comme dans la fécondation : une grand nombre de spermatozoïdes sont guidés chimiquement au voisinage de l’ovule, mais en définitive, un seul pénètrera, au hasard, et donnera naissance à l’embryon.

    En ce qui concerne l’élimination de connexions et de synapses, on pourrait comparer le cerveau à un vaste jardin. Celui du jeune enfant est comparable à des buissons où les branches poussent en toutes directions.
    ll faut un jardinier pour éliminer certains rameaux, afin que des branches maîtresses puissent se développer.
    Certaines cellules semblent jouer le rôle du jardinier: les cellules microgliales.
    La “ taille” des buissons qui a lieu dans le cerveau se nomme “élagage synaptique”.
    Dès l'âge de trois ans, le nombre de connexions entre neurones, les synapses, diminue à un rythme régulier.
    Des équipes de chercheurs de Rome et de Turin ont découvert que les cellules microgliales , 
éliminent les synapses les moins efficaces pour permettre aux autres de se renforcer et donc de créer des connexions plus solides et plus durables.
    Les cellules microgliales sont très nombreuses, et, même si elles ne participent pas directement au traitement de l'information nerveuse, jouent un rôle nourricier, de soutien, de défense immunitaire, et assurent également l'évacuation des débris cellulaires.
    Rosa Paolicelli et ses collègues ont observé au microscope que ces cellules se referment autour de certaines synapses et les engloutissent dans leur cytoplasme.
    Les synapses sont  détruites, éliminées  et ensuite, les membranes des neurones cicatrisent. Cette destruction profite alors aux autres.
    Les neurobiologistes ont réduit artificiellement par des mutations génétiques, le nombre de cellules microgliales dans le cerveau de souris. lls ont constaté que ces souris ont des synapses plus nombreuses, mais moins efficaces.
    Comment s'effectue le tri entre les “bonnes” et les “mauvaises “ synapses?
     Peut-être les cellules microgliales détruisent elles indistinctement les synapses, et seules les plus actives parviennent-elles à résister à leur action.
    ll est plus probable que les synapses moins actives émettent des signaux chimiques qui attireraient les “ jardiniers cellulaires”.

   
Cette élimination des connexions certes en diminue le nombre, mais renforce la qualité des connexions restantes et l’efficacité du cerveau, l’enfant ayant de nombreux enseignements à emmagasiner avant de devenir adulte.

Mardi 4 octobre 2011 à 8:09

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

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Je voulais donc vous reparler du cerveau des bébés et de leurs apprentissages.
   
    Les neuroscientifiques commencent à mieux comprendre certains des mécanismes cérébraux qui permettent ces apprentissages.
    Le cerveau des enfants est beaucoup plus plastique que celui des adultes. Ils ont davantage de connexions inter-neuronales, aucune n étant particulièrement efficace, parce qu’elle n’a pas été utilisée dans un but précis, mais au cours du temps, les connexions inusitées sont élaguées et les connexions utiles renforcées.
    Le cortex préfrontal, qui - je vous en ai souvent parlé - contrôle les capacités de concentation, réflexion, prévision, organisation et planification nécessite,  chez les êtres humains, une durée particulièrement longue pour arriver à maturité, car il demande un long apprentissage et de l’expérience de la vie. Le “câblage” de cette région se prolonge jusque l'âge de 25 ans environ.
    On pourrait croire que l’absence de contrôle exercé par le cortex
préfrontal chez les jeunes enfants est un lourd handicap, mais elle estun avantage considérable pour l'apprentissage.
    L’aire préfrontale inhibe les pensées et les actions non pertinentes et donc empêcherait, si elle était totalement matûre, les bébés et les jeunes enfants d’explorer librement leur environnement.
    Il y a une grande différence entre explorer avec créativité, et apprendre avec flexibilité, comme un enfant, et  planifier et agir efficacement, comme un adulte. Les qualités requises pour agir efficacement - par exemple un traitement automatique rapide et un réseau cérébral élagué - sont sans doute incompatibles avec les qualités requises pour apprendre, notamment la flexibilité.

    Un bébé ou un jeune enfant apprennent de la même façon que l’on procède en sciences expérimentales, mis évidemment cette démarhe est partiellement inconsciente.
    Regardez un enfant de six mois qui, assis essaie de prendre un jouet devant lui, lequel comporte un anneau de préhension (un hochet par exemple).
    Il tend la main et vise trop court : il n’atteint pas l’objet.
    Alors il recommence, un peu plus loin et cette fois il va trop loin et la main ne se referme pas sur l’objet.
    Au bout de quelques essais la distance est la bonne, mais il a pris le hochet par le milieu et celui-ci lui échappe. Alors il va faire des essais jusqu’à ce qu’il trouve qu’il faut le prendre par la poignée.
    Pourquoi cette obstination, cette volonté de réussir : parce qu’un ensemble de centres du cerveau (voir mes articles de janvier 2009) vont à chaque essai délivrer un peu de dopamine chaque fois que la performance s’est améliorée et que certains des neurones, activés par cette dopamine, traduisent son arrivée comme un plaisir, une récompense, et au contraire l’absence de dopamine en cas d’échec, comme une sanction.
    Le cerveau se motive lui même en fonction de ses résultats !

    Mais ce système d’apprentissage a vite ses limites si l’enfant est seul.
Il continue  de motiver l’enfant pour l’action, mais celui-ci a besoin des parents pour lui montrer ce qu’il doit faire et pour veiller sur lui.
    Puis les professeurs viennent lui apporter des connaissances et des savoir-faire.
    Le système d’apprentissage est devenu un système de récompense, et d’ailleurs il perd un tiers de ses neurones vers six à huit ans, car son rôle est devenu moindre.
    Enfin, à l’âge adulte, ce système se transforme un peu car il devient la partie du cerveau qui nous incite à trouver une action, une situation agréable (toujours grâce à la dopamine). Ses centres sont devenus les centres du plaisir.

    D'un point de vue évolutionniste, l'une des caractéristiques de l'espèce humaine est sa longue période d'immaturité : nous avons une enfance bien plus longue que n'importe quelle autre espèce.
    Dans le règne animal, l'intelligence et la flexibilité des adultes sont directement liées à l'immaturité des bébés.
    Les espèces « précoces », telles que les poules, dépendent de capacités innées spécifique et elles deviennent donc rapidement matures
    Les espèces « altruistes » (celles dont le petits doivent être soignés et nourris par les parents), dépendent beaucoup plus de l'apprentissage prodigué par les adultes. Les corbeaux, par exemple savent fabriquer un outil avec un bout de fil de fer. mais les jeunes corbeaux dépendent de leurs parents bien plus longtemps que les poulets.

Lundi 3 octobre 2011 à 7:59

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

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    Mes articles sur l’éducation et l’instruction semblent avoir été beaucoup lus et m’ont valu pas mal de mails.
    J’aurais voulu corriger deux points que j’ai mal expliqués.


    Je n’ai pas dit qu’il fallait bannir télévision et ordinateurs.
    J’ai dit d’abord que les jeux et facebook ne développaient guère notre intelligence et que donc si on ne faisait que cela, notre cerveau en souffrait.
    Mais il est bien évident que jouer et converser sont utiles; le problème est de n’y consacrer qu’un temps raisonnable et de ne pas négliger le travail pour autant.
    J’ai dit aussi que la télévision et surtout l’ordinateur pouvaient être mieux utilisés et qu’on pouvait aussi s'en servir comme des outils pour développer son intelligence, pour apprendre, pour découvrir de nouvelles choses, ou pour alimenter une passion utile.
    En fait comme je vous l’ai dit, je m’adressais à vous, les jeunes en tant que futur parents. Une de mes filles travaille dans une crèche et je suis alarmé de voir que de jeunes parents se débarrassent de leur tout jeune enfant ele week-end en le mettant devant la télévision et l’ordinateur presque toute la journée. Cela c’est handicaper à vie son développement cérébral. La crèche ne peut se substituer entièrement à l’éducation que donnent les parents et l’enfant a besoin de leur amour et de leur attention.
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    Pour que vous compreniez mieux je voudrais revenir en deux articles sur la façon de penser des tout-petits - jusqu’à 3/4 ans, - et sur leur apprentissage.

    Il y a 30 ans, la plupart des psychologues, philosophes et psychiatres pensaient que les bébés et les jeunes enfants étaient enfermés dans I'instant présent et qu'ils étaient incapables de comprendre les liens de cause à effet, d'imaginer les expériences d'autrui, ou d'apprécier la différence entre le réel et l'imaginaire. Même Jean Piaget, qui a pourtant fait beaucoup avancer les connaissances sur les enfants, disait que que la pensée des bébés était irrationnelle, illogique, et égocentrique.
    Depuis les années 2000,  les chercheurs ont commencé à comprendre les mécanismes des centres d’apprentissage du cerveau et ont compris que les enfants acquièrent leurs connaissances sur Ie monde de la même façon que les scientifiques, en réalisant des expériences, en faisant inconsciemment des statistiques, et en formulant des théories intuitives aussi bien en physique, (l’espace et le monde environnant), qu'en biologie (leur propre corps) ou en psychologie (le comportement des autres personnes) et qu’ils acquièrent très vite le concept de cause à effet.
    Les chercheurs ont observé ce à quoi s’intéressaient les bébés, on observé les réactions quand ils savaient comprendre une partie du langage et qu’on leur demandait une action, et ont écouté et questionné des enfants dès qu’ils savaient parler.
    Ils ont alors découvert que les bébés et les enfants de 3 à 4 ans ont acquis déjà beaucoup de connaissances sur le monde qui nous entoure et son fonctionnement, tant physique que psychologique. Cet acquis dépasse largement les sensations immédiates.

    Les bébés font plus attention aux choses et objets nouveaux et au contraire relâchent leur attention quand il s’agit d’un objet connu. En fait leur cerveau recherche inconsciemment ce qui leur apportera le maximum d’expériences nouvelles. A 3/4 ans ils manifestent leur étonnement pour les événements qui ne semblent pas être conformes aux principes de la physique quotidienne. (par exemple une petite voiture-jouet qui semblerait passer à travers un objet opaque).
    Ils acquièrent peu à peu des connaissances sur le maniement de leur corps, et à 3/4 ans ont des notion de croissance, de souffrance, de maladie...
    Pour les bébés et les jeunes enfants, la connaissance la plus importante est celle d'autrui. Plusieurs chercheurs ont montré que les nouveau-nés comprennent déjà que les personnes sont différentes les unes des autres et ils imitent leurs expressions faciales.
    Une expérimentatrice montrait à des enfants âgés de 14 à 18 mois, un bol contenant des légumes crus et un autre avec des petits gâteaux, goûtait un peu de chaque, faisant soit une grimace, soit un sourire et demandait qu’on lui en donne encore à goûter.
    Les bébés de 14 mois lui donnaient toujours des gâteaux, car c'est cela qu ils préféraient eux-mêmes. Les enfants de 18 mois lui donnaient des légumes crus, lorsqu'elle faisait comme si elle les aimait, même si ce n'est pas ce qu'ils auraient choisi pour eux-mêmes.
    A 4 ans, ils peuvent dire qu'une personne se comporte de façon bizarre parce qu'elle croit quelque chose qui n'est pas vrai. (C’est déjà un début d’abstraction).

    Les bébés peuvent même utiliser inconsciemment la relation entre un échantillon statistique et une population d’objets.
    A l'Université de Californie à Berkeley, on a montré une boîte pleine de balles de ping-pong à des bébés de huit mois : il y avait, 80 %de balles blanches et 20 % de rouges. On prenait ensuite cinq balles.  Les bébés étaient plus surpris (c'est-à-dire qu'ils regardaient la scène plus longtemps et plus intensément) quand on sortait quatre balles rouges et une blanche de la boîte - un résultat improbable - que quand on sortait quatre balles blanches et une rouge.
    Avec des enfants de 20 mois, on utilisait des grenouilles vertes et des canards jaunes, et il y avait dans la boite beaucoup plus de grenouilles vertes que de canards jaunes, on sortait 5 animaux et on demandait aux enfants de donner l’un d’entre eux à l’expérimentatrice.
    Les enfants choisissaient au hasard l'un ou l'autre des animaux quand elle sortait, par exemple, surtout des grenouilles de la boîte qui en contenait beaucoup, mais ils lui donnaient de préférence un canard si elle sortait surtout des canards de la boîte qui contenait beaucoup de grenouilles car, apparemment, les enfants pensaient que sa sélection improbable signifiait qu'elle devait préférer les canards.

    Les enfants de 3/4 ans peuvent également saisir le mécanisme de cause à effet.
    On allumait une lampe quand on posait à coté un cube de couleur, soit rouge, soit bleu. La lampe était allumée 2 sur 3 avec le cube bleu et 1 fois sur 3 avec le cube rouge.
    Quand on a donné les cubes aux enfants, ils les posaient près de la lampe pour la faire s’allumer et ils utilisaient beaucoup plus les cubes bleus que les rouges.
    Des enfants étaient devant une boite à musique comportant plusieurs boutons et leviers. Seul un levier et un bouton actionnés successivement pouvaient la mettre en marche.
    L’expérimentatrice faisait une vingtaine de démonstrations dont seule deux ne comportaient que l’usage de ces deux commandes, et dans les 18 autres actionnait avant des boutons et leviers inutiles.
    On demandait ensuite aux enfants de faire jouer la machine.
    La plupart des enfants n’utilisaient que la séquence courte levier bouton pour la faire démarrer.

   
Dans l’article de demain, je reparlerai de notre système d’apprentissage.

Jeudi 14 juillet 2011 à 9:22

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

Sans doute la plupart d’entre vous qui écrivez sur cowblog, (où je suis toujours étonné de trouver le pluus souvent un bon style et une orthographe correcte), lisent sans doute beaucoup.
    Alors si je vous demande si la lecture est utile, bien sûr, vous me trouverez des tas de raisons : cela fait connaître du vocabulaire et son orthographe, cela augmente notre culture, on apprend beaucoup dans les livres, cela fait travailler notre compréhension et notre imagination, et cela nous fait tout simplement plaisir et nous dispense de l’ennui.

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    Mais je voudrais vous parler d’une constatation des effets de la lecture sur le cerveau.

    Selon une étude de I'INSERM, du CEA, de l'Université Paris Sud et du Collège de France, l'apprentissage de la lecture améliorerait le fonctionnement en réseau de plusieurs aires cérébrales.
    En mesurant l'activité du cerveau de volontaires portugais illettrés ou maîtrisant la lecture, Stanislas Dehaene et ses collègues ont constaté que les personnes sachant lire comprennent plus facilement le langage parlé, et que le cerveau consomme moins d'énergie à cette tâche ce qui se traduit par une activation plus discrète des aires du langage lors de la compréhension de la parole
    Constatation singulière la perception du langage parlé active davantage une aire du cerveau qui convertit les sons en segments de mots écrits, ou graphèmes. En d'autres termes, le cerveau d’une personne qui sait lire, réalise une opération en temps réel d'écriture mentale, en même temps qu'il comprend plus aisément le sens du langage parlé.
    Enfin, il “voit” la forme des mots entendus. Une aire du cerveau nommée  “aire visuelle de reconnaissance des mots” est automatiquement activée. En
écoutant une autre personne parler, le cerveau écrit mentalement et observe les
mots ainsi composés, comme s’il les voyait, puisque les aires visuelles qui travaillent sont celles qui verraient les mots s’ils étaient écrits sur du papier.
    Les mots sont compris à la fois par l'oreille et par la vue, ce qui expliquerait l'effet de facilltation de la compréhension du langage chez les personnes sachant lire.
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    La lecture est donc un enjeu cognitif majeur.
    Outil de la compréhension des écrits, elle est aussi fondamentale pour la communication orale, et son remplacement progressif par un univers purement visuel et auditif (image plus son, type télévision), entraînerait la diminution des capacités du cerveau au moment où l'on s'interroge au contraire sur la possibilité d'augmenter ses capacités cognitives.


Samedi 4 septembre 2010 à 8:15

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

Un petit article ironique pour me moquer gentiment de mes correspondantes qui me disent toujours leur plaisir de faire du shopping.Et cela vous reposera des articles sur les préférences cérébrales !

    Depuis plusieurs jours, le dilemme est de taille.    
    En bas de chez vous, derrière la vitrine d'un magasin, une belle robe qui vous fait pâllr d'envie. Oui, mais.... iI y a le prix, plutôt cher pour vos économies.
    Alors, vous réfléchissez, vous vous torturez les méninges, le soir en vous endormant, et vous ne savez plus quelle décision prendre.

    En fait deux zones de votre cerveau ont déja fait le choix à votre place : le cortex insulaire et le noyau accumbens.
    Le noyau accumbens est une zone qui permet d' anticiper les plaisirs et il s’active lorsque vous vous imaginez habillée avec cette robe.
    Puis, lorsque vous pensez au prix, c'est le cortex insulaire qui entre en jeu : ce centre céréral fait ressentir un déplaisir par antlcipation, notamment lorsqu’on s'attend à perdre ou à dépenser trop d'argent I
    Et  la décision est prise en fonction de la zone qui s'active Ie plus.

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    A I'Université de Stanford aux Etats-Unis, le neurobiologiste I Brian Knutson et ses collégues ont prédit si des consommateurs allaíent acheter divers produits, en comparant l'activation du noyau accumbens et celle du cortex insulaire. !
    Chez les personnes dont Ie cortex insulaire l'emportait, ils en déduisaient que l'achat n'aurait pas lieu, ce qui se vérifiait par la suite. En revanche, quand la balance penchait en faveur du noyau accumbens, ils prédisaient avec succès que l’achat serait conclu.
    Cette étude soulève diverses questions : les personnes qui achétent compulsivement ont elIes un cortex insulaire trop faíble ? Celles qui . sont trop près de leurs sous ont elles cette zone trop active, ou encore un noyau accumbens atrophié ?
    Voilà, on vient de faire de la « neuroéconomie » Ioi

Jeudi 22 juillet 2010 à 10:12

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

 Un manège sur la place d'Auray : le manège de la vie.

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    Il est bien connu (et je vous en ai déjà parlé sur ce blog), que les adolescents prennet plus de risques que  les enfants ou les adultes : conduite auto, alcool, drogue, jeux dangereux... La mortalité routière des jeunes de 18 à 25 ans est très importante, souvent associée à la prise d'alcool.
    Par rapport aux enfant l'adolescent est intéressé par de nouvelles expériences et il aime avoir des sensations fortes, mais par rapport aux adultes il semble que l'explication soit au niveau cérébral.
    De nombreuses études ont été faites par les neurobiologistes à ce sujet et deux raisons essentielles sont mises en avant sur le plan du développement cérébral.


    Au niveau cognitif, le cerveau frontal réfléchit et interprète les données de nos perceptions, tandis que le cerveau préfrontal prévoit les conséquences de nos actes et organise nos actions.
    Le cortex préfrontal n'est pas totalement mature avant 20 à 25 ans, car, comme toute partie du cerveau, il a besoin d'apprentissage et donc d'expérience pour se développer.
    Les adolescents ont donc plus de difficultés à prévoir les conséquences de leurs actes et donc les risques qu'ils prennent.
    Le cerveau des filles, qui se développe plus vite que celui des garçons, les amène à prendre moins de risques que ces derniers et elles ont en général, moins d'accidents par imprudence.

    Une deuxième raison plus subtile met en jeu le "système de détection des errurs de prédiction", qui met en jeu le cortex préfrontal, le cortex pariétal et le striatum.(voir schéma)
    Ce système est beaucoup plus sensible chez l'adolescent que chez l'adulte.

    Lorsque l'ado envisage une conduite risquée (par exemple risquer l'accident s'il conduit trop vite un véhicule), son cortex préfrontal  mêmes'il sous-estime le risque, indique cependant qu'il va au devant d'un danger possible.
    Mais si l'accident ne se produit pas, le "système de détection d'erreurs de prévisions" entre en jeu, il signale que l'acte dangereux n'a pas eu de conséquence néfaste, et le plaisir d'avoir réussi est intense, alors qu'il serait minime chez un adulte qui estimerait qu'il a eu seulement de la chance.

     Cette hypersensibilité des circuits cie detection des erreurs de prédiction est probablement liée au développement du cerveau.
Dès lors, pour aider un adolescent à se protéger, mieux vaut développer en lui la conscience des conséquences potentielles de ses actes,
travail qui peut être conduit par la parole, l'information, la sensibilisation, l'entretien de liens de confiance entre l'adulte et le jeune ado.
    Un jour, la conscience du risque finit par contrebalancer l'attrait que ce risque exerce sur un cerveau épris de sensations fortes.

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Dimanche 4 octobre 2009 à 12:56

Notre cerveau : plaisir et apprentissage

    Nous savons (presque) tous qu'il est impossible de prédire l'avenir, mais beaucoup lisent quand même leur horoscope dans le journal et certain(e)s y croient même.
    En ce qui me concerne je m’en tiens au sketch de dans lequel il avait lu sur son journal qu’il aurait un accident d’auto, et celui-ci ne s’étant pas produit, il a vérifié, alors qu’il conduisait, en regardant sur son journal s’il s’était trompé de jour et il était alors rentré dans la voiture arrêtée devant lui ! lool
    Cette constatation de notre tendance à croire aux horoscopes, démontre, outre une profonde incohérence dans nos esprits, que nous sommes probablement programmés pour rechercher la moindre parcelle d'information relative à notre avenir.
    Je ne suis pourtant pas sur que connaître notre avenir serait bénéfique, surtout si nous ne pouvions alors agir dessus! Heureusement la machine à remonter le temps n’est qu’un rêve, peut-être réalisable à condition d’avoir une masse nulle, ce qui n’est jamais le cas, même pour les anorexiques.

    Mais j’ai lu un compte-rendu de recherches intéressant à ce sujet.
    Les coupables auraient été identifiés : il s'agit des neurones dopaminergiques de nos "centres de récompense” dont je vous ai souvent parlé, généralement actifs lorsque l'on attend une chose agréable, mais dont on sait maintenant qu'ils sont avides de toute forme d'information au sujet des gratifications que nous pourrions obtenir dans un avenir proche ou lointain.

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/rhesus1.jpg    Des expériences ont été
menées chez le singe, des macaques rhésus (qui me ressemblent un peu mais n’ont pas de lunettes lol), qui manifestent le même comportement que l'amateur d'horoscope : lorsqu'il a le choix entre attendre un heureux événement (un petit ou grand verre d'eau sucrée] ou obtenir une information sur l'amplitude de cet événement (une image lui annonçant la taille du verre à venir), il est irrésistiblement attiré par l'image. En outre, il cherche à obtenir l'information le plus tôt possible, si on lui laisse le choix entre des renseignements immédiats ou différés.

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/rhesus2.jpg    Notre cerveau est équipé des mêmes neurones dopaminergiques que le singe, et indépendamment de nos espoirs et de nos craintes, nous voulons savoir ce qui nous attend. Si nous lisons naïvement des horoscopes dont nous savons pourtant  qu’ils ne prédisent rien que nous ne sachions déjà,, c'est peut-être parce que les neurones dopaminergiques échappent en partie au contrôle du raisonnement rationnel de notre cortex cfrontal, et de l’esprit critique de notre cortex préfrontal. Nous ne sommes pas entièrement rationnels, nous avons un cerveau émotionnel, et par ailleurs il nous faut rêve et espoir pour rester heureux.


   
Hum, je suis jaloux et mortifié, les petits singes “rhésus” dont je vous montre les photos sont plus mignons que moi, pauvre ouistiti. !

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    J’ai lu récemment un article de ma “muse philosophe” qui m’a beaucoup intéressé. Vous pourrez le lire in extenso sur  http://monochrome.dream.cowblog.fr/.
    Ici, vous n’en verrez que des extraits et évidemment ceux qui m’arrangent. (vilain traître me direz vous !!, mais allez donc lire la suite sur le blog originel !!)

<<    Il faut "vivre avec son temps"
Comment vit-on avec son temps ?
    J'ai longtemps cru que c'était simplement en se fondant dans la masse de ceux qui abdiquent. Qui étudient des choses non par intérêt mais par peur de ne pas s'intégrer au système ; qui se rendent à l'évidence de la folie, pardon, de la logique du monde, et essaient de s'y convertir pour ne pas souffrir leur solitude. Ces gens, ceux qui s'adaptent au mieux, sont ceux dont la pensée roupille. Inhibée, l'essentielle part de soi qui fait qu'on est humain ! Ne reste qu'une enveloppe de conformité, de soumission à des choses dont on croit qu'elles sont légitimes, et qu'on n'ose plus penser autrement. Est-ce que ça s'appelle vivre ? Est-ce qu'il n'y a pas un appel qui nous pousse à aller plus loin que les simples options intégration-confort-oubli ?
    Mais "vivre avec", ce n'est pas "se laisser emprisonner dans".....>>
(j'aime bien cette dernière phrase, qui me paraît très vraie en amour! )

    Je crois que " vivre avec son temps" est un  thème qui nous préoccupe tous. Nous n’aimons pas être un mouton, mais si nous sommes trop originaux, nous risquons de vivre dans une prison de verre dont nous aurons perdu la clé.
    Peut-on penser par soi-même ? Au pays de Descartes et  du siècle des Lumières, cela me paraît presque une évidence. Et pourtant...
    En des temps reculés, le conformisme favorisait la survie. L'être humain ne pouvait subsister qu'au sein d'un groupe et adopter les pratiques et les habitudes de penser du groupe était le plus sûr moyen de s'y faire accepter et d'affronter l’adversité et la nature hostile.
    La sélection naturelle s'est faite dans le sens du groupe.
    Mais aujourd’hui, me direz vous, cet environnement a en partie changé. Notre société moderne et la relative autonomie de l'individu, ont affranchi ce dernier de la loi clanique et chacun se voudrait libre penseur.

    Je pense que ma muse est beaucoup plus forte que moi en philosophie car c’est son domaine d’études et je ne vais pas essayer de me mesurer à elle sur ce terrain; ce serait de la folie. Donc pas de duel verbal.  LOL
    Je vais essayer de me demander quel est le dessous des cartes en allant voir ce que disent les  chercheurs en neurobiologie.
    Ils ont montré que le “noyau accumbens” (dont nous avions vu le rôle dans le domaine de l’apprentissage et du circuit de la récompense),  ainsi que des centres du girus cingulaire (dans le cerveau émotionnel) s’activent quand nous croyons avoir fait une faute intellectuelle et se mettent alors en rapport avec le cortex frontal qui réfléchit, et avec la mémoire et les circuits proches du centre de Broca qui font les calculs.
    Ils appellent cela le “circuit de détection des erreurs “. Un tel circuit s'active, par exemple, lorsqu'un élève donne en classe une réponse, qu'il croit bonne, mais que son professeur lui dit qu’elle est inexacte.

    Une étude de l’équipe de V Kloutcharev de l’Université de Nimègue  a montré que nous avions dans notre cerveau un “senseur de l'idéologie dominante”,  et que ce sont ....les mêmes centres de détection des erreurs !!
    Ces circuits cérébraux s'activent lorsque nous formulons un jugement qui s'écarte de la majorité, et nous conduit à réviser nos opinions pour mieux nous ajuster à l'avis ou au goût dominants.
    Dans des épreuves multiples, où on demande à des personnes de porter des jugements sur des sujets divers pour lesquels existent des clichés “politiquement corrects” (théoriquement les avis du plus grand nombre !), on  leur communique par moment l'avis de la majorité, en même temps qu’un scanner RMN mesure l'activité de leur cerveau et notamment des centres “de détection des erreurs”.
    Tant que l'avis de la personne correspond à celui de la majorité, ces centres sont au repos, mais si un écart apparaît, ces zones cérébrales s'activent.
    Comme l’élève dont je parlais ci dessus les personnes croient que leur avis est correct, jusqu’à ce qu’on leur dise que la majoriité pense autrement et là leur “circuit d’erreur” leur dit qu’ils se sont trompés, les poussant à réviser leur jugement.
    Qu'il s'agisse de la mode, des archétypes féminins, de l’avis des petits copains, ou du discours médiatique,ou de la morale, bref du “politiquement correct", le cerveau humain a sa boussole qui lui indique quand il s’éloigne de la direction du nord et lui demande de revenir à l'étable aux moutons !!
    C’est ce que montrent aussi des études récentes, qui confirment ce que savent bien ceux qui ont eu à diriger une équipe : que les personnes ayant peur d'être rejetées par un groupe adoptent les comportements habituels de ce groupe.
    Nous ne sommes plus au temps de la préhistoire, mais la loi de darwin a forgé en nous un outil de “pensée unique”, le gyrus cingulaire rostral” et le noyau accumbens et kle "politiquement correct" a de beaux jours devant lui !

    Alors ma “muse philosophe”, je t’admire d’autant plus de ne pas vouloir suivre les moutons et t’écarter raisonnablement des idées reçues
    Finalement ce n’est pas naturel d’avoir, même un tout petit peu, d’originalité, alors je vais finir par m’admirer moi même ! Où va t'on ??
    Il est donc temps, je crois, d’arrêter mon article !   LOL

    Mais l’interrogation me poursuit “ qu’est ce que vivre avec son temps" ? D’où tirons nous tous ces à-priori de “politiquement correct” ?
    Ai je vécu avec mon temps quand j’étais jeune et est ce que je vis avec mon temps d’aujourd’hui où je suis vieux ?
    Il faut que je réfléchisse avant de faire d’autres articles.
    Monochrome Dream, tu vas me crever à force de me faire réfléchir !! LOL

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lancien

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