Dimanche 2 juin 2013 à 8:01

Zoologie, botanique, évolution

  Notre «chevrette» franco-canadienne bien connue sur Cow, Maud, bien que transformée provisoirement en «gerbille», me donne souvent des renseignements intéressants pour mes articles, et je l’en remercie.
    Sans doute ses conditions de travail actuelles l’ont fait s’intéresser au camouflage et elle m’a signalé un article sur la façon dont la vipère du Gabon essaie de se faire passer inaperçue dans les herbes des forêts du pays.
    J’ai pensé que cela vous intéresserait peut être de connaître un peu cet animal (que je ne connaissais pas non plus, mais sans doute est ce une familière de Kaa) et j’ai donc cherché de la doc sur la question. J’ai pu lire l’article original de Marlène Spinner, zoologue de l’université de Bonn, dans la revue britannique «Nature Scientific Reports», et de nombreux articles plus journalistiques existent dans la presse récente, qui se copient d’ailleurs les uns sur les autres.

    Qu’est ce que cette «vipère du Gabon de l’Ouest» dont le nom savant est «Bitis gabonica rhinocéros».
    C’est la plus grande des vipère, entre 1m et 1m50, parfois jusqu’à 2m pour les femelles, diamètre environ 12 cm (une jambe humaine), et peut peser entre 8 et 12 kg.
    Les photos ci dessous sont tirées du site «funreptiles».

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    Elle possède une tête large et aplatie de forme triangulaire, a de grands yeux à pupille elliptique et de petites cornes situées sur le museau entre les narines, d’où son nom de rhinocéros.
    Repliés dans sa bouche, d’énormes crochets à venin, qui injectent une très grande quantité (10 ml) de venin neuro et hémo-toxique, mortel si on ne vous injecte pas rapidement le sérum spécifique.
    La vipère du Gabon a une très belle robe naturelle : les dessins géométriques qui ornent son corps sont d'une grande diversité de couleurs : jaune, violet, bleuté, brun, beige et noir. Ils sont disposés de telle manière que, même sur le sol de la forêt tropicale où elle vit, cette vipère passe tout à fait inaperçue. Ces dessins s’assimilent aux irrégularités du sol (feuilles, cailloux …). Ils ont pour effet d’effacer le contour de l’animal.
    Voici une photo de l’environnement herbu : cherchez l’animal : il est en bas à droite.

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    Elle chasse la nuit et peut manger des proies de la taille d’un lapin, ou d’une petite gazelle, mais elle mange surtout des rongeurs.
    Vis à vis de l’homme, elle est peu agressive, et préfère la fuite ou l’immobilité, mais même si elle reste sans bouger, tout à coup elle peut frapper très rapidement, sans avertir. Toutefois quand elle se sent menacée, elle expire et produit un sifflement.
    Elle vit sous les feuilles et les accidents ont lieu lorsque quelqu’un qui ne l’a pas vue, marche sur elle.
    Ovovivipare, la femelle va donner naissance de 8 à 43 petits (15 à 20 en moyenne), après une gestation d’environ un an.. A la naissance, les petits serpents mesurent de 24 à 37 cm.

    L’étude dont parlent les journaux est celle de l’origine technique du camouflage que lui confère son corps, faite aux universités de Bonn et de Kiel, et qui décrit la structure des écailles de la peau de la vipère.
    Certaines de ces écailles sont d’un noir intense, qui s'entremêlent avec des écailles blanches et brunes sur le dos de la vipère, et ne réfléchissent qu'une faible partie de la lumière qui leur parvient, créant ainsi des «zones d’ombre», qui permettent à l'animal de se fondre parfaitement dans son décor végétal. De plus, les diverses colorations des écailles et de leur absorptions de rayonnement, permettent de contrôler la température de son corps.
    A la surface de ces écailles, notamment noires, on trouve des «nanostructures».
Je rappelle que un nanomètre = un millionième de millimètre : c’est l’ordre de dimension de l’ADN (2 nm), alors qu’un virus fait une cinquantaine de nm, et l’atome de graphite environ 0,1 nm. On fabrique actuellement des matériaux et des objets de dimensions voisines de 100 nm, (métaux et carbone notamment), qui possèdent des propriétés physico-chimiques différentes du matériaux habituel de grande dimensions

    Les chercheurs allemands ont montré, par observation au microscope électronique, que les écailles noires de la vipère ont la forme de feuilles enchevêtrées, hérissées de petites structures nanométriques aux arêtes vives et orientées différemment les unes par rapport aux autres. Elles réfléchissent mutuellement la lumière, finissant par la piéger.
    La photo ci-dessous tirée du rapport allemand, montre le détail de ces structures.

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    Une étude physique complexe de réflectométrie a été faite pour comparer la réflexion et la diffusion provoquée par les diverses écailles, selon les diverses longueur d’onde de lumière visible.
    L’étude fait aussi une analyse des conditions physiques d’éclairage des sous-bois africains, ainsi que du comportement des végétaux au sol et montre que les caractéristiques du camouflage de la vipère, le plus perfectionné parmi les serpents, est particulièrement bien adapté à cet environnement

Par contre les écailles noires absorbent de la chaleur et sont donc visibles avec une lunette infra-rouge.

    Outre la curiosité zoologique, cette technique naturelle pourrait être imitée pour réaliser des matériaux qui absorberaient davantage la lumière et la chaleur.
    Ces matériaux pourraient notamment être utilisés au plan militaire, en matière de camouflage.

Kaa m'a envoyé une très belle photo de cette vipère, qui montre bien ses cornes de "rhinocéros". Je la publie à postériori ci dessous :

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Mardi 14 mai 2013 à 8:28

Zoologie, botanique, évolution

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     En 1938, un pêcheur sud africain remontait dans ses filets, un cælacanthe vivant, alors que cette espèce de poisson était censée avoir disparu, en même temps que les dinosaures, depuis au moins 70 millions d'années, que l’on considérait comme étant à l'origine des tétrapodes, c'est-à-dire des vertébrés munis de quatre pattes se terminant par des doigts.
    C’est donc un poisson apparenté aux vertébrés terrestres, vivant dans les profondeurs marines, et encore mal connu. Une équipe de plongeurs a réussi à l'observer dans son milieu naturel, et on en a beaucoup parlé à la télévision et dans les journaux.
    Le descendant de ces poissons préhistorique, le «Latiméria chalumnae», n’est plus considéré comme à l’origine des tétrapodes, mais les paléontologues le placent plutôt dans un groupe réunissant les cælacanthes, les dipneustes (des poissons à poumons) et
les tétrapodes.
    Même si le poisson actuel n’est pas exactement celui de la préhistoire, l'étude des cælacanthes apporte d'importantes informations sur les changements évolutifs de certains complexes anatomiques tels que le crâne, les nageoires pédonculées, les poumons, ayant conduit à l'émergence des tétrapodes, il y a environ 400 millions d'années.
    Après la découverte de 1938, il fallut attendre 1952 pour qu'un autte spécimen de cælacanthe soit pêché, dans les eaux comoriennes, puis, les captures se sont multipliées     Vous pourrez voir, au Muséum national d'histoire naturelle à Paris, la plus importante collection de cælacanthes du monde.
    Plus d'une centaine d'espèces de cælacanthes fossiles ont été décrites et semblent avoir vécu dans des eaux peu profondes douces ou saumâtres de lacs, de fleuves, d'estuaires, contrairement au Latiméria chalumnae actuel, strictement marin.
    On ne peut étudier vivant ce poisson qu’en plongée, car toutes les tentatives pour le ramener dans un aquarium ont échoué, l’animal mourant au bout de quelques heures.
    Mais on a évidemment étudié in vitro toutes ses particularités morphologiques et je vais vous en citer quelques unes.

    Les nageoires du caelacanthe sont charnues : les nageoires pectorale et pelvienne de Latimera contiennent une série d'os gainée par des muscles, et sont articulées au reste du corps par un os unique, qui est l'homologue de l'humérus (ou du fémur).
    Dans le museau, le poisson possède un capteur de champ électrique, analogue à celui des requins.
    Le Latimera possède un embryon de poumon, court diverticule issu de l'æsophage, entouré d'un manchon graisseux dans la cavité abdominale; non alvéolé, ce poumon n'est pas fonctionnel. Pa    r contre, chez certains caelacanthes fossiles, existait un poumon fonctionnel, sac ossifié, allongé et fortement vascularisé.
    Le cerveau occupe environ 1% du volume de la cavité  crânienne, le reste étant rempli d'un tissu graisseux dans lequel s'étirent les nerfs crâniens et les vaisseaux sanguins. Le caelacanthe n’était pas un intellectuel !!
    Le cælacanthe est ovovivipare, c'est-à-dire que les œufs se développent et éclosent à l'intérieur de la femelle. Les embryons ont une morphologie voisine de celle des adultes et se développent grâce un sac vitellin rempli de réserves nutritives. Les femelles peuvent porter jusqu'à 26 embryons dont la tailleatteint parfois 30 centimètres, mais lla durée de gestation, et le développement embryonnaire demeurent inconnus.
    La nage du cælacanthe ressemble parfois à la reptation d'un lézard, voire à la
marche de tout tétrapode terrestre. : le cælacanthe meut l'une de ses nageoires pectorales en même temps que la nageoire pelvienne opposée, puis la paire opposée de nageoires pelvienne et pectorale. Cela ressemble à une marche.
    Par ailleurs le déplacement par nage est extrêmement précis, bien que lent, grâce notamment à des nageoires caudales utilisées un peu comme des hélices.

    J’espère que vous apprécierez les deux photos de ces poissons que vous ne verrez jamais en «chair et en os» sauf si vous savez plonger en profondeur dans l’océan.


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Mercredi 24 avril 2013 à 8:19

Zoologie, botanique, évolution

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          J’ai lu récemment un article d’Irène Tobler-Borbély sur le sommeil des animaux, et peut être cela vous intéresse t’il que je le résume.
 
            Ce n’est pas facile de savoir si un être vivant est endormi, grâce à des signes extérieurs.
            Un bébé humain dors parfois les yeux ouverts ; les poissons et les insectes n’ont pas de paupières.
            Les chevaux, les ânes, les girafes dorment souvent debout.
            Le sommeil s’accompagne d’un relâchement musculaire, mais c’est un paramètre fluctuant et pas forcément évident à la simple vue (comment interpréter chez un poisson les mouvements de nageoires ?
            On peut mesurer des activités cérébrales, mais cela nécessite un appareillage sophistiqué qui perturbe éventuellement le dormeur. C’est relativement aisé à faire chez un mammifère, mais beaucoup moins pour d’autres animaux.
            On observe aussi les mouvements oculaires, mais c’est aussi une opération délicate et les fluctuations sont importantes.
            Le signe le plus facile à observer est l’immobilité, malgré des stimuli tel une lampe de poche ée sur l’animal. Si l’animal est au repos, non endormi ; le stimulus le fait bouger.
 
            Je ne reviendrai pas sur l’analyse du sommeil humain que j’ai déjà faite lors d’articles dans la catégorie « éveil, sommeil, rêves », et en particulier le 21 juillet 2007.
            Je rappellerai seulement que deux grandes phases se succèdent à plusieurs reprises : le « sommeil profond » pendant lequel le rythme des ondes cérébrales n’est que de quelques Hertz, et le « sommeil paradoxal » (on l’appelle aussi REM : rapid eyes mouvements, car il est accompagné de mouvements des yeux), phases de REM pendant lesquelles le cerveau élimine tout ce qui lui paraît superflu dans la mémoire, ce qui donne nos rêves pendant des phases de micro-réveils. Durant le sommeil paradoxal, la fréquence des signaux cérébraux est voisine de 40 Hz, et donc de celle d’une personne éveillée. Mais l’activité musculaire est nulle, excepté les yeux et l’extrémité des doigts.
 
            La plupart des mammifères et des oiseux ont un sommeil analogue, succession de sommeil profond et de sommeil paradoxal. Seuls les dauphins parmi les mammifères n’ont pas de sommeil paradoxal. On ne sait pas pourquoi ni comment ils s’en passent. Mais en outre les dauphins en sommeil profond ont un hémisphère cérébral, qui reste éveillé à tour de rôle, sans doute pour garder l’évent respiratoire hoirs de l’eau.
            Chez les oiseaux le sommeil paradoxal est très court, environ une minute par cycle (20 minutes environ chez les humains). Les oiseaux migrateurs peuvent planer en l’air alors qu’ils sont en sommeil profond. Le sommeil varie beaucoup selon les espèces, les saisons , l’environnement.
            On a trouvé aussi des différences de type de sommeil chez les reptiles (c’est pour Kaa !) mais cela a été peu étudié chez les poissons (je vois mal un plongeur sous-marin faire passer un électroencéphalogramme à une sardine !!).
            Le sommeil a aussi été identifié chez les invertébrés, écrevisses, cafards, scorpions, mouches…
            Des études ont été faites chez la drosophile, et ont montré qu’elle était sensible à des substances hypnotiques (par exemple utilisées lors des anesthésie).
            Il semble donc que la plupart des animaux dorment, mais on n’a étudié que 240 espèces, sur plus de 7 millions. Alors prudence !
            Ce serait intéressant de trouver des animaux qui ne dorment pas, pour mieux comprendre les rôles du sommeil.
 

Vendredi 15 mars 2013 à 9:27

Zoologie, botanique, évolution

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            L'homme, face à un danger a été programmé par l'évolution, d'abord pour fuir et se protéger, et ne faire face que si vraiment il ne peut faire autrement
            La nature qu'elle soit animale ou végétale a des systèmes instinctifs de défense extraordinaires, plus efficaces.
 
            Je lisais récemment que des acacias d'Afrique (pas nos mimosas ceux de la photo ci-dessus, Acacia drepanolobium,”) arrivaient à repousser leurs agresseurs. Il est généreux, et fournit de l'ombre aux éléphants, mais sait se protéger : il devient toxique lorsque le grignotage de ses feuilles dépasse les limites de l'acceptable. Lorsque les insectes commencent à trop manger l'acacia, celui-ci produit une toxine qui rend les feuilles immangeables.
Même les girafes et les gazelles n'en veulent plus.
            Des épines se dressent. Pour entretenir ses défenses l'acacia accueille dans le creux de ses épines, en leur fournissant un liquide nourricier, toute une armée de fourmis, qui repousseront les autres envahisseurs.
De plus, ils émettent une odeur qui prévient les acacias voisins de se protéger à leur tour : un messager chimique arboricole qui indique qu'un prédateur est dans les parages : tous les arbres du bosquet deviennent impropres à la consommation au même moment.
            L'éléphant, avec sa peau épaisse n'a pas peur des épines de l'acacia et aime bien ses feuilles. Mais la morsure des fourmis est un vrai supplice et l'éléphant a peur des fourmis.
 
            Ces éléphants ont aussi leurs moyens de persuasion : pendant la saison des amours, les jeunes éléphants mâles qui, par inadvertance, s'approchent trop près d'une femelle en chaleur, émettent ce qu'on nomme une "odeur innocente", un signal olfactif qui indique aux éléphants mâles adultes qu'ils ne vont pas courtiser la femelle. Donc pas de jalousie.
Certains garçons devraient choisir ainsi un parfum d'innocence pour qu'on ne leur reproche pas de regarder la copine du voisin !!
 
            L'homme réagit, lui aussi, à certains arguments inconscients de persuasion.
            En 2009,le psychologue Richard Wiseman, de l'Université de Hertfordshire en Grande Bretagne, a laissé plusieurs porte-feuilles dans les rues d'Édimbourg.
            Si vous en trouviez un, que feriez vous? Le porter ou bureau de police le plus proche ou l'envoyer à son propriétaire par la poste ? Le garder ? La réponse dépend moins de la moralité individuelle que de notre héritage évolutionniste collectif.
            Choque porte feuille contenait une photo soit d'une famille qui semblait heureuse, soit d'un joli petit chien, soit d'un couple âgé, soit d'un bébé souriant. Lesquels avaient la plus grande probabilité d'être rendus ? 88 pour cent des portefeuilles avec la photo du bébé furent retournés, une proportion bien supérieure aux autres.
            Selon R. Wiseman, les bébés déclenchent un sentiment d'affection, un instinct de les protéger qui provient de notre évolution, afin de garantir Ia survie des générations futures.
            Ce comportement a été confirmé par des études de réactions de personnes sont on observait le cerveau en IRMf et auxquelles on présentait des photos de bébés plus ou moins mignons manifestant ou non leur affection, ou auxquels on faisait entendre des pleurs de bébés ou d'adultes. On a ainsi constaté que les centres amygdaliens couplés au cortex cingulaire qui sont à la base de nos émotions, étaient beaucoup plus sollicités lorsque les bébés étaient avenants ou lorsqu'ils pleuraient, ainsi que le noyau accumbens, un des organes essentiels du système de récompense.
 
            Le psychologue Robert Cialdini, de l'Université de l'État d'Arizona, a passé toute sa carrière à étudier les techniques de persuasion et il a l identifié six principes maieurs de l'influence sociale, qui, selon lui, sont tous hérités de nos lointains ancêtres et liés, d'une façon ou d'une autre, à notre survie primitive.
            Ces principes sont les suivants :
 
Réciprocité : nous nous sentons obligés de rendre lapareille quand nous avons bénéficié d'une faveur.
 
Affection : nous avons tendance à dire oui à des personnes que nous aimons bien.
 
Rareté : nous attribuons une plus grande valeur à des choses qui sont difficiles à obtenir.
 
Preuve sociale : nous regardons ce que font les autres quand nous ne sommes pas sûrs de ce qu'il faut faire.
 
Autorité : nous écoutons les experts et ceux qui sont en position de pouvoir.
 
Engagement et cohérence : nous aimons tenir parole et finir ce que nous avons commencé.
 
            Les gens qui veulent nous persuader de quelque chose, utilisent ces "drivers", sans oublier l'empathie pour attirer notre sympathie, et l'humour, pour nous mettre de bonne humeur.
            Mais aujourd'hui on vend n'importe quoi, même l'art de persuader. J'ai reçu l'autre jour une proposition pour un cours (payant bien sûr).... de drague. A mon âge !

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Mercredi 2 janvier 2013 à 8:14

Zoologie, botanique, évolution

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             Le laboratoire de Psychologie cognitive de l'université d'Aix-Marseille vient de montrer que des singes peuvent faire la différence entre des suites de lettres sans signification et des mots qui en ont une.
            Certes il ne s'agissait pas de leur apprendre à écrire un roman, ni à concourir au Goncourt, mais simplement de classer des suites de lettres en deux catégories : mots connus et suite de lettres dans signification.
            Les singes de cette "classe littéraire" ont réussi leur examen. Ils étaient 3à, habitués à utiliser les claviers d'ordinateur.
            Les chercheurs avaient retenu des mots de 4 lettres du langage courant et créé des "non mots" assemblages de lettres sans signification. Certains correspondaient à des associations de lettres qui se rencontrent peu dans la langue courante, d'autres étaient plus proches des mots réels et la difficulté était donc plus grande.
            L'expérience a duré plusieurs mois, et a compris des centaines de présentations de 50 mots et 50 non-mots différents, dans un ordre aléatoire et le singe devait appuyer sur un cercle si c'était un mot et sur une croix si c'était un non mot. Il recevait une récompense si c'était un mot qu'il avait reconnu.
            Au début de l'expérience les scores étaient très faibles, mais en fin d'expérience le taux de réussite atteignait 80 %. et on considérait alors que le mot correspondant était "appris".
            Les babouins étaient plus doués et le nombre de mots appris a atteint de 81 à 308 selon les individus, mots qu'ils reconnaissaient grâce aux lettres correspondantes (donc l'orthographe), mais dont évidemment ils ne connaissaient pas la signification.
            Les erreurs étaient plus fréquentes avec les non-mots proches de mots réels (kang et bang par exemple), ce qui montre bien que la reconnaissance se faisait par l'apprentissage de la succession de lettres.
 
 
            A quoi cela sert il me direz vous ? A connaître les bases neuronales de la lecture.
            Deux thèses en effet s'affrontaient :
                        - Selon une thèse des es années 1980, la capacité à reconnaître des mots écrits dériverait de la parole. Pour un enfant, apprendre l'orthographe consisterait à associer les lettres écrites aux sons du langage pratiqué depuis plusieurs années. Cette théorie s'appuie notamment sur le fait que dans la grande majorité des langues, les symboles de l'écriture correspondent systématiquement aux sons.
                        - Selon une autre hypothèse datant de 2000, la lecture serait essentiellement un processus visuel indépendant de la parole.
            Il existerait une zone du cerveau dont la fonction spécifique serait de traiter la forme visuelle des mots écrits, et l'enfant apprendrait l'orthographe et la lecture des mots en repérant la régularité avec laquelle certains groupes de lettres se suivent ou ne se suivent pas dans les mots.
            Pour savoir si savoir si ces régularités suffisent à développer un sens de l'orthographe ou s'il faut connaître les sons associés aux lettres. Pour le savoir, et départager ainsi les deux hypothèses, il fallait mener une expérience avec des individus qui ne maîtrisent pas Ie langage humain, et les babouins étaient de bons candidats, car leur système visuel est très semblable au nôtre, leur cerveau est proche de celui de l'homme, et on peut facilement leur apprendre à se servir d'un clavier et d'un écran d'ordinateur.
            On peut même "faire parler" des chimpanzés (voir mon article du 21/3/2008).
 
            Quant aux centres de reconnaissance des mots et des lettres, il est situé dans le cerveau temporal gauche. Un premier centre reconnaît les lettres d'après leur forme, mais sait associer la lettre à diverses formes : minuscule, majuscule, italique, écriture à la main....
            Alors que habituellement les images et leur symétrique ne sont pas différenciées, ce centre sait le faire et distingue un b d'un d.
            Chez le jeune enfant c'est un centre qui sert à la reconnaissance des visages, et lors de l'apprentissage de la lecture, une partie de ce centre se transforme en reconnaissance des lettres.
            Un autre centre proche des centres de Wernicke, (reconnaissance de la parole), analyse la structure des lettres adjacentes et il va chercher dans le centre de Geschwind le mot correspondant, et se met en liaison avec tous les attendus présents en mémoire concernant ce mot : exemple "canari, c'est un oiseau, jaune, qui chante, certains s'appellent TITI etc....(voir mes articles du 8 août 2007 sur la nature de ces centres).
            L'expérience sur les babouins montre que probablement ces centres de reconnaissance des lettres et des mots peuvent fonctionner même si on n'a pas appris à parler, mais évidemment le sens des mots vous échappe, bien que l'on puisse concevoir un apprentissage où l'écrit serait appris avant la parole. C'est d'ailleurs ce qui arrive à certains autistes.

           Mais je crois que je vais remplacer le correcteur orthographique de Word, qui m'agace, par un babouin, ou mieux une babouine.!

Jeudi 4 octobre 2012 à 7:45

Zoologie, botanique, évolution

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            Aujourd'hui, je suis morose, il pleut sans arrêt en région parisienne.
            D'habitude l'été en Bretagne, nous avons droit à quelques assauts des moustiques et on est obligé d'utiliser des diffuseurs électriques pour les éloigner. Cette année, il n'a pas fait chaud en juillet et les larves n'ont pas dû éclore, car même en août les incursions de ces insectes étaient fort rares.
            Je me pose donc de temps à autre des questions sur ces bestioles et j'ai été intéressé par un article de David Hu et son thésard Andrew Dickerson du Georgia Institute of Technology, (Atlanta, États-Unis), qui pensent que certes voler sous la pluie n'est pas agréable pour un oiseau, mais est plus que périlleux pour un moustique; l'insecte volant à quelque 3 km/h, pour une envergure de moins de 10 mm, ne fait pas le poids devant une goutte d'eau 50 fois plus importante, ce qui équivaut à plusieurs tonnes qui s'écraseraient sur un homme.
            Pourtant, le moustique s'en sort bien, tant qu'il n'est pas trop proche du sol. Comment?
 
            Cette équipe, spécialisée en ingénierie mécanique, a décidé de comprendre comment le moustique se débrouillait sous la pluie et a filmé les moustiques avec un appareillage vidéo à haute fréquence pour percer le mystère de la survie du moustique. Les images sont d'après eux, impressionnantes, quand les moustiques subissent les gouttes d'eau.
            Pour mener l'expérience, une cage en plastique a été construite. Faite d'un acrylique de type plexiglas, la boîte était recouverte d'une fine grille retenant les moustiques, mais capable de faire passer des gouttes d'eau. 6 moustiques se sont baladés pendant que l'équipe leur faisait subir une douche calibrée et mesurée. Les 6 moustiques sont sortis indemnes de cette expérience, la SPA n'aura pas à protester !!
 
            Dans de pareilles circonstances, les moustiques pour s'en sortir ont deux atouts : leur robuste exosquelette et un poids hyper léger.
            Les moustiques ne résisteraient pas s'ils se laissent juste aller lors de l'impact. Si vous vous laissiez aller devant une voiture, le résultat serait dramatique, de la même façon si moustique ne faisait rien il se retrouverait écrasé au sol, abattu par la première goutte de pluie.
            Les chercheurs ont observé que les gouttes percutaient plus souvent les ailes et les pattes que le corps du moustique. Dans ce cas, l'eau glisse sur ces membres très hydrophobes; L'insecte tangue ou tourne sur lui-même selon le point d'impact, puis reprend sa route en une dizaine de millisecondes'
            En revanche, quand une goutte percute le corps du moustique, l'insecte, solidaire de la goutte, adopte sa trajectoire pendant quelques millisecondes, tombant ainsi de 5 à 20 fois sa taille, puis se libère et reprend son vol.
            La goutte est peu freinée dans sa course et à peine déformée : l'insecte est si léger que la quantité de mouvement de la goutte est peu diminuée.
            Le moustique est donc un fan de l'aïkido,, comme certaines de mes correspondantes : sa meilleure défense est l'évitement en harmonie de l'attaque de la goutte d'eau. Par contre il ne bouscule pas son adversaire, contrairement ce qu'on enseigne à mes correspondantes lol.
           
            Les chercheurs qui ont fait ces expériences, sont des spécialistes de la mécanique et ce qui les intéressait dans ce projet est la robustesse d'un tel engin. Les résultats de cette étude pourront être réutilisés pour l'amélioration des vrais micros robots aériens, comme les quadricoptères, dont je vous ai parlés dans mon article du 31 mars 2012
 

Jeudi 6 septembre 2012 à 8:03

Zoologie, botanique, évolution

         Bien rentré de Bretagne, (5 heures d'autoroute), j'ai beaucoup de rangements à faire !
Alors ce sera un interlude aujourd'hui :

        Quand on revient de la mer, on est toujours un peu nostalgique de sa vue et de ce qu'elle cache.
        Alors en intermède, quelques vues de ses légumes, trouvées sur intenet.
        La dernière photo, toutefois n'est pas celle d'un "légume", mais d'un Bernard l'ermite.

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Jeudi 23 août 2012 à 8:33

Zoologie, botanique, évolution

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux3/p17s5.jpg    Au mois d’août , des processions de chenilles tentent parfois de monter aux tronc de mes pins. C’est une calamité car elles dévorent toutes les aiguilles et des branches entières meurent si on les laisse faire.
    Alors, muni de gros gants car leurs soies sont très allergisantes, je racle mes troncs avec une petite raclette et quelques kilos de chenilles sont ensuite brûlées avec du petit bois, dans le bac en inox qui me sert pour brûler des déchets de jardin.
    Je les ferais bien en brochette sur le barbecue, mais je n’ai pas eu de volontaire pour les déguster.
    Et, parfois des mésanges ou des merles viennent près de moi s’en régaler. Je pense que le rouge gorge les aime aussi.    

    J’ai pensé qu’un petit article sur ces chenilles vous intéresserait peut être.


 
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   C’est un papillon de nuit, le « bombix du pin », (ou plus savamment « Thaumetopoea pityocampa processionea »), qui pond ses œufs par paquets de 150 à 200, sur les aiguilles des pins. Dans mon jardin cela se passe durant l’été et les larves naissent à l’automne quand je ne suis pas là, et je ne les vois donc pas.
    Ses ailes ont 35 à 40 mm d'envergure ; celles antérieures sont grises, avec deux bandes foncées parallèles chez le mâle, celles postérieures blanches marquées d'une tache sombre à leur extrémité.
Vous le voyez sur la photo ci contre.
   
 

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   Les chenilles qui sortent de ces œufs ont quelques millimètres et elles se tissent aussitôt un cocon de soie pour en abriter plus d’une centaine contre les intempéries et le froid de l’hiver, en général au bout des branches.
    Je vois souvent quelques cocons au moins de novembre quand je vais fermer ma maison et je m’empresse  de couper ces bouts de branches et de les brûler avec le cocon dans la cheminée.
    Les jeunes chenilles sont oranges et portent de longs poils non urticants.
    Ces chenilles vont muer cinq fois durant l’hiver et atteindront quelques centimètres de long..  Elles sortent la nuit pour s'alimenter, se déplaçant en « procession ». La cohésion de la file en déplacement est assurée par le contact tactile de soie à soie. Vous voyez sur la photo ci contre cette étrange file.
    Après la 3ème mue, vers le mois de mai apparaissent les premiers poils urticants. Ces propriétés urticantes persistent même après la disparition de la chenille, notamment si on garde des pooils plantés dans la peau.

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    Au printemps, la colonie, conduite généralement par une femelle, quitte le nid, toujours en procession pour gagner au sol un endroit bien ensoleillé et s'enfouir dans un trou où chacune des chenilles va tisser son cocon pour démarrer son processus de transformation en chrysalide.

    Au bout de plusieurs mois, voire plusieurs années, les chrysalides sont transformées en papillon qui sortent de terre. Le cycle peut alors reprendre par accouplement de la femelle et du mâle qui meurt un ou deux jours après, alors que la femelle s'envole vers une branche pour pondre jusqu'à 220 œufs avant de mourir aussi. Les petites chenilles émergent 30 à 45 jours après la ponte.





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    Le contact des chenilles est assez dangereux pour les animaux et au minimum très désagréable pour l’homme.
    Les poils urticants se terminent en pointe et portent à leur extrémité de petits crochets. Ils se détachent facilement de la chenille lors d'un contact ou sous l'effet du vent. Par leur structure particulière, ces poils s'accrochent facilement aux tissus (la peau et les muqueuses) y provoquant une réaction allergique d’urticaire par libération d'histamine.

    Sur la peau les poils urticants se dispersent par la sueur, le grattage et le frottement ou par l'intermédiaire des vêtements et il apparait une éruption douloureuse avec de fortes démangeaisons.
Quand un poil urticant s'enfonce profondément dans les tissus oculaires, apparaissent des réactions inflammatoires sévères avec, dans un délai de quelques heures, développement d'une conjonctivite .
    Les poils urticants irritent les voies respiratoires, entraînant des éternuements, des maux de gorge, des difficutés à déglutir et éventuellement des difficultés respiratoires dues à un bronchospasme, qui peut être aigu chez les asthmatiques.
    Plus rarement par ingestion buccale, se produit une inflammation des muqueuses de la bouche et des intestins qui s'accompagne de symptômes tels que de l'hypersalivation, des vomissements et des douleurs abdominales.
Une personne qui a des contacts répétés avec la chenille processionnaire, présente des réactions qui s'aggravent à chaque nouveau contact.

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    Quand on combat ces chenilles, il faut mettre lunettes et gants, et un pantaloon et une veste avec capuche, genre K-way, que l’on lavera ensuite, pour éliminer tous les poils urticants.
Il faut se laver la peau à l’eau et au savon, se laver les cheveux; les yeux peuvent être laves au serum physiologique s’ils sont irrités.
Contre les démangeaisons, les antiallergiques et antihistaminiques sont efficace.
Mais, dans les cas sévères, il faut consulter le médecin (ou l’ophtalmologiste), le plus tôt possible.

Bref ces chenilles sont des êtres curieux et superbes, mais dangereux.

Dimanche 12 août 2012 à 8:34

Zoologie, botanique, évolution

Je vous ai montré hier des photos d’Ascidies, je vais vous expliquer aujourd’hui ce qu’est cette bestiole, qui au fond de nos mers, mesure de quelques mm à 15 cm environ, et sous des formes diverses (notamment dues à leur vie en colonies), ont une structure caractéristique.

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux3/ascidiesimple.jpg   L'ascidie  n’est pas un mollusque, mais un “tunicier” de la famille des “chordata”. C'est un animal qui filtre l'eau de mer et se nourrit de plancton.
     Elle vit dans la zone littorale fixée, au stade adulte, aux roches, algues, pontons, coques de bateaux ou pour certaines espèces enfouies dans le sable
    Si vous prenez une ascidia solitaire (qui n’est pas dans une colonie), elle a la forme d'un sac ou d'une outre avec deux orifices en position supérieure : un siphon inhalant par lequel l'eau de mer pénètre à l'intérieur de l'ascidie, un siphon exhalant par lequel l'eau ressort. (voir schéma ci contre)
Le corps est enveloppé d'une tunique plus ou moins épaisse qui peut être soit translucide laissant ainsi apparaitre les organes, soit opaque d'aspect rugueux.
    Cette tunique est composée à environ 60% de cellulose ce qui est unique dans le règne animal puisque la cellulose est un composé propre aux végétaux. Elle est sécrétée par les cellules épidermiques et les cellules sanguines de l'ascidie.

    En simplifiant l’ascidie est constituée de trois sacs imbriqués l'un dans l'autre.
    Le premier sac, le sac externe est la tunique plus ou moins épaisse qui protège l'animal, dont nous avons parlé précédemment..    

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux3/ascidie.jpg     Le sac intermédiaire est constitué du manteau sur lequel adhère la tunique.
    Le troisième sac s'appelle le pharynx, qui s'ouvre sur le siphon buccal ou siphon inhalant, et est percé d'une multitude de petits orifices. Entre le pharynx et le manteau il existe une cavité: la cavité péribranchiale et qui débouche sur le siphon cloacal ou siphon exhalant. Le pharynx exerce une double fonction : nutritive et respiratoire
    A l'entrée du pharynx, des tentacules buccaux reliés à l'unique ganglion nerveux empèchent les particules trop grosses de pénétrer dans le pharynx en stimulant la fermeture des siphons.
    Le pharynx est percé d'une multitude de petits orifices, lesfentes branchiales, qui permettent à l'eau de sortir en direction de la cavité péribranchiale située tout autour. Des cellules sécrètent un mucus qui capture les particules alimentaires, lesquelles sont acheminées vers une gouttière ciliée, l'endostyle; il dirige ensuite les aliments vers le raphé qui conduit à l'estomac. (voi schéma)
    Une fois la digestion effectuée, les déchets sont évacués par l'intestin. L'anus n'est pas à l'extérieur de l'ascidie mais dans la cavité péribranchiale. L’ascidie stocke par ailleur l’urée dans des vacuoles, pendanbt toute sa vie, une espèce de “rein reservoir”.

    L'oxygène contenu dans l'eau est capté par les cellules ciliées au niveau des fentes brachialess.
    Le système circulatoire est assez rudimentaire: il n'y a pas de vaisseaux mais des sinus sanguins, petites cavités réparties dans les tissus.
    Le sang cicule grâce à un coeur contractile, qui fonctionne de façon alternative. Il pompe le sang vers le pharynx (en quelque sorte le poumon), pendant un certain nombre de cycles puis, le mouvement s'inverse, et il chasse le sang vers les sinus sanguins pendant le même nombre de cycles et alimente les cellules, puis le mouvement s'inverse à nouveau.
    Les cellules sanguines récupèrent l'oxygène mais aussi de nombreux métaux contenus dans l'eau, notamment du vanadium, métal toxique pour de nombreux animaux (et pour l’homme) et qui aurait un rôle bactéricide chez l'ascidie et la protègerait d'agressions bactériennes.

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux3/etatlarve.jpg     Les ascidies sont hermaphrodites et possèdent à la fois un ovaire et un testicule séparés. En général, ovules et spermatozoïdes n'arrivent pas à maturité au même moment ce qui évite l'autofécondation et permet un brassage du capital génétique. La fécondation a lieu dans l'eau et donne naissance à une larve de 2 à 3 mm de long en forme de tetrad, avec un corps globuleux et quipossède dans la partie postérieure du corps une queue facilitant la nage.
    Cette corde dorsale (à l'origine du nom des urocordés et qui ressemble à une colonne vertébrale), disparaît chez l’adulte.
    La larve se fixe avec ses papilles adhésives sur le fond, et de préférence dans un endroit faiblement et subit une métamorphose, pendant deux semaines : la queue disparait et une réorganisation complète des organes internes intervient alors.

    Certaines espèces d’ascidies sont solitaires, en général de grande taille, avec l’apparence d’un sac ou tube. D'autres sont sociales et vivent regroupées dans une même zone, reliées les unes aux autres à leur base par un stolon. On trouve aussi des espèces coloniales d’ une dizaine d'individus, qui partagent alors la même tunique. Certaines ascidies coloniales sont de plus unies à leur base et partagent un siphon cloacal commun.
    Ces colonies prennent souvent des formes encroûtantes, très fragiles, de quelques millimètres d’épaisseur, parfois sur plusieurs mètres carrés, d’où se dressent les minuscules orifices inhalants. Les orifices exhalants débouchent sur l’extérieur par quelques grands orifices circulaires. Ces formes encroûtantes peuvent alors être facilement confondues avec des éponges,

    On peut élever des ascidies en aquarium d’eau de mer, mais elles sont assez difficiles à nourrir (avec notamment de la levure de boulanger).

    J’ai trouvé que ces ascidies étaient des petites bestioles extraordinaires, qui montrent  l’extrème diversité de l’évolution.
    J’espère que cet article vous a intéressé, malgré son caractère un peu austère et scolaire.

Samedi 11 août 2012 à 8:47

Zoologie, botanique, évolution

    J’ai découvert un animal marin que je ne connaissais pas : l’ascidie.
    Pour piquer votre curiosité, je vous montre aujourd’hui des images que je trouve très belles et extrêmement diverses : il y a en effet, 1 400 espèces d’ascidies !!
    Demain, je vous expliquerai quelle est cette bestiole.

    Sachez toutefois dès aujourd’hui que ce n’est pas un mollusque, mais un “tunicier” de la famile des “chordata”.
    Les Ascidies sont des animaux marins filtreurs qui vivent dans la zone littorale fixés, au stade adulte, aux roches, algues, pontons, coques de bateaux ou pour certaines espèces enfouies dans le sable et se nourrissent de plancton.
    On les trouve dans toutes les mers froides ou chaudes, depuis la surface jusqu'à 100 m de profondeur.

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    Vous remarquerez sur les photos, les deux orifices sur chaque ascidie, et sur celui en haut de la dernière, des cils qui empêchent les particules trop grosses de rentrer.
    Je vous parlerai de cela demain.


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