Jeudi 24 juin 2010 à 8:22

Zoologie, botanique, évolution

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    Aujourd’hui j’ai la flemme et je voudrais “peigner la girafe” , alors pas d’article sérieux.
    Pour ceux ou celles qui ne sauraient pas, “peigner la girafe” signifie ne rien faire ou perdre son temps.



















  Mais au fait d’où vient cette expression ?

  L'origine de cette expression, qui a surtout été utilisée après 1900 est inconnue !

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/peignergirafealexandra432.jpg On raconte qu'un gardien du Jardin des Plantes  accusé d'inactivité chronique, le jour où arriva la fameuse première girafe en 1827, aurait répondu : "Je peignais la girafe", mais cette anecdote semble avoir été inventée à posteriori..
    On sait aussi que lorsqu'une girafe fut offerte à Charles X par le pacha d'Égypte, celle-ci fut présentée à la France dans un grand périple où elle était accompagnée en permanence de quatre soigneurs, dont l'un avait en effet pour charge de la peigner (de l'étriller) chaque jour, travail qui en regard de la condition ouvrière à l'époque, ne devait pas paraître exténuant.
    Certains disent aussi que cette expression évoque à mots convenables, la masturbation, d’où glander, ne rien faire...


    J’ai voulu savoir comment on disait “peigner la girafe” en breton ?
C’est  “spazhañ buzhug”.  Or  “spazhañ” veut dire “castrer”  et “buzhug “ver de terre”.
    Un breton quand il a la flemme, “castre donc les vers de terre”, ce qui n’est pas idiot, car les lombrics n’ont pas d’organe sexuel qu’on puisse couper, et donc cela ne risque pas d’être fatigant.

    Quelques mots sur les vers de terre, car ce sont des être aussi singuliers que les pieuvres, (mais moins intelligents !).
    Le ver de terre mange des bactéries et autres nutriments dont il a besoin dans le sol. Il rejette des excréments argilo-humides qui enrichissent et engraissent naturellement le sol.
    C’est un animal utile qu’il ne faut pas détruire
Les galeries qu’il creuse dans le sol, participent à son aération et à son drainage. Ces petits tunnels facilitent l'installation des racines de nos plantes et leur alimentation en eau.
    Le lombric mange tous les jours environ son poids de terre.   
    Quand il pleut, le lombric doit sortir pour ne pas se noyer et les oiseaux en profitent pour les manger.
    Leur corps va le plus souvent du rose au marron, parfois irisé avec des reflets violets, mais quelques espèces sont très colorées : orange ou turquoise.
    Certains vers de terre d'Amérique centrale et du Sud peuvent atteindre les 3 mètres.
    Pour se déplacer, les lombrics secrètent un mucus, qui lubrifie le sol autour de lui, facilitant leur locomotion par reptation, grâce à des muscles longitudinaux et transversaux. Des poils comme des soies, permettent d’accrocher au sol une partie des anneaux pendant que les autres vont bouger en s’appuyant sur ceux fixés au sol.

    L’anatomie d’un vers de terre est curieuse.
    Je me souviens en cours de SVT, quand j’étais ado, en avoir découpé dans le sens de la longueur avec une lame de rasoir pour examiner leur curieuse anatomie, et c'était très intéressant.
    Il est composé d’un nombre assez grand d’anneaux (appelés métamères) qui sont tous indépendants les uns des autres.
    L’ensemble de ces anneaux est traversé par un tube digestif, des vaisseaux sanguins (l'un dorsal et l'autre ventral) et une musculature longitudinale et ventrale. Tous les métamères sont identiques .
    Les deux extrémités sont différenciées en bouche et anus
    Les deux voies sanguines sont alimentées par 5 à 7 paires de coeurs.
    Le petit cerveau des vers de terre est composé de deux lobes (on les appelle "ganglions cérébroïdes". Il y a aussi une paire de "mini-cerveaux" dans chaque anneau (on les appelle ganglions métamériques), qui aident à la coordination du mouvement.
Ils sont reliés entre eux par une corde nerveuse ventrale double.
    Du fait d'une respiration cutanée (les vers de terre ne possèdent pas de poumons), le corps doit rester humide pour permettre la respiration.

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    Bien que les vers de terre soient hermaphrodites et possèdent donc les deux sexes, il en faut deux pour l'accouplement.
    Les 2 partenaires, accolent l'un contre l'autre leurs clitellums, un renflement circulaire de couleur claire chez les adultes, vers les deux tiers du corps; ils vont ainsi déverser leur semence (ovules et spermatozoïdes) dans une gangue gélatineuse qu'ils laissent traîner sur le sol. La fécondation se fait donc de manière extra-corporelle, et les oeufs éclosent en "bébés vers de terre" dans la gangue laissée au sol. Cette gangue gélatineuse contient tous les éléments nutritifs nécessaires au développement des progénitures, le temps qu'ils soient assez grands pour se nourrir seuls
    Les pauvres bébés vers de terre n'ont donc aucune idée de ce que sont leurs parents (et encore moins leur grand-père).

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Vous savez donc tout maintenant sur l’expression “peigner la girafe”.

    Et ne dites pas “peindre la girafe”, ce n’est pas possible car il n’existe pas de peinture “jaune avec des taches marron”.! lol


    
Et que pensez vous de cette façon de peigner une girafe, transformée en belle princesse !

Vendredi 14 mai 2010 à 7:51

Zoologie, botanique, évolution

Avant de faire cet article, je recherche une cowbloggeuse "Bougie" qui m'a écrit et me demande un avis personnel, mais elle ne me me donne ni son adresse, ni celle de son blog, et je ne l'ai pas trouvée dans l'annuaire de cow. Peut elle me donner un moyen de la joindre en m'écrivant à "contacter l'auteur" sur ce blog, pour que je puisse lui répondre Merci.

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Certainement beaucoup d’entre vous ont déjà vu un “bernard l’ermite”

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     C’est un petit crustacé décapode (dix pattes dont deux avec des pinces), que l’on appelle “pagure” et dont on voit des milliers en Bretagne dès qu’on met les pieds dans l’eau ou que l’on explore les flaques.
    Pour ceux qui ne connaissent pas, cela ressemblerait un peu à un crabe ou à une toute petite langoustine, qui n’aurait aucune carapace sur son abdomen ou sa queue.

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/bernardlermite10-copie-1.jpg    Sa caractéristique principale est que sans cette protection, il se ferait manger et que donc il lui faut se protéger contre les prédateurs et sa méthode est de “protéger ses fesses” (disons poliment son abdomen) en le logeant dans une coquille de gastéropode vide, dans laquelle il rentre entièrement et dont il ne sort presque jamais entièrement, et on ne voit en général que sa tête, deux pinces et les quatre pattes avant, alors qu’il s’accroche à la coquille avec les quatre pattes arrières.

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/bernardlermite11.jpg    Il s’y retire en cas de danger et bloque l’entrée avec ses pinces qui sont souvent dissymétriques.

    Il marche sur les quatre pattes avant, en trainant sa coquille.
    Il mesure jusqu'à 5 cm, présente une paire d'antennes et une pince droite plus massive que la gauche.

    Quand il grandit, lors de sa mue, il change de coquille.et donc en vole une plus grande.
    On trouve des bernard l’(h)ermite dans les pays tropicaux et en raison de l’humidité, ils peuvent vivre à l’extérieur et même grimper dans des buissons, pendant un certain temps, dont il mange les petites feuilles, mais avant sa promenade sur la terre, il remplit sa maison coquille d’une réserve d’eau (mais à ma connaissance, il n’a pas de réfrigérateur !).
    Le bernard l’hermite est omnivore, c’est un excellent détritivore qui mangera des algues indésirables, des restes de nourriture, des excréments de poisson, et même des cadavres si il y en a.
    Il pond des œufs qui donneront des larves avant de devenir adultes.

    Les bernard l’ermite vivent souvent seuls mais les chercheurs se sont aperçu qu’ils vivent aussi en colonies, mais d’un type parfois particulier.
    La colonie est composée de bêtes dont la taille (et sans doute l’âge) est décroissante et qui occupent donc aussi des coquilles de taille décroissante.
    Le plus grand est l’animal dominant.
    Un jour sa maison devient trop petite et il va chercher une coquille vide plus grande et revient s’installer dedans . ALors le bernard suivant prend la coquille qu’il a laissée et ainsi de suite jusqu’au dernier, chacun change de maison.
    Extraordinaire d’entre-aide n’est ce pas !

Mardi 11 mai 2010 à 8:30

Zoologie, botanique, évolution

          Merci à Newborn qui m’a signalé qu’il existait une pieuvre au venin mortel.

J’ai donc cherché quelques renseignements et j’ai trouvé deux familles d’octopus qui m’ont paru intéressantes, alors j’y consacre un article supplémentaire qui résume ce que j’ai pu glaner sur internet.

 

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Octopus marginatus n'est pas un poulpe comme les autres. Cette petite pieuvre présente des comportements qui en font une exception.

Elle évolue sur les fonds sableux des baies et lagons d'Indonésie. 

Le corps de cette pieuvre mesure environ 8 cm et elle atteint 15 cm avec ses tentacules. Elle se nourrit de crevettes, de crabes et de coquillages.

. Les lignes sombres ramifiées qu'elle arbore, rappelant des veines, lui ont valu l'appellation anglaise de “Veined Octopus”.

Son autre appellation " Coconut Octopus" lui vient de son habitude à utiliser des noix de coco pour se confectionner un abri.

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Cette petite bestiole recherche au fond de l’eau des coquilles de noix de coco, les désensable, les vide, les nettoie en projetant de l'eau à l'intérieur de la coquille puis les transporte sur des distances de plus de 20 mètres afin de se confectionner un abri..

Pour les transporter, elle pratique la bipédie. Elle plie 6 de ses tentacules autour  de sa tête pour tenir la noix de coco et se sert des deux bras restant pour se déplacer rapidement. Pour des prédateurs, le leurre est parfait. Ils ont l'impression de détecter une simple coquille vide qui dérive au gré des courants.

Lorsqu’il y a beaucoup de coquilles au fond de l’eau elle les transporte et les stocke autour de sa maison


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Ci dessus, le poulpe marche sur deux tentacules, la noix sur la tête
Ci contre, il est dans son abri de noix de coco.














        Les poulpes à anneaux bleus sont les seules pieuvres qui présentent un  risque mortel

Les pieuvres sont généralement inoffensives et peu agressives si elles ne sont pas provoqués. Leur bouche présente cependant un bec corné et elles sont donc capables de mordre. Bien que certaines puissent injecter un poison pour paralyser leur proie, leurs morsures présentent rarement un risque létal, sauf pour celles des poulpes à anneaux bleus, qui vivent dans des eaux côtières et des bassins de marées autour de l’Australie. Vous voyez sur la photo ci dessous cette animal aux couleurs originales.


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Ces poulpes atteignent 20 cm de longueur, tentacules comprises et ne pèse qu’un vingtaine de grammes. Ils sont normalement de couleur claire avec des bandes brun foncé et des anneaux bleus. Quand ils se sentent menacés, leur corps s’obscurcit et les cercles bleus deviennent lumineux. Leur venin peut être répandu directement dans l’eau pour paralyser leur proie, mais aussi injecté lors d’une morsure. Les effets sur l’homme n’apparaissent que si le venin est injecté.

Cette injection indolore d’une toxine (tétrodotoxine) altère en quelques minutes la transmission nerveuse entraînant une chute de pression artérielle et peut entraîner une paralysie des muscles respiratoires, la mort survenant si aucune ventilation n’est pratiquée. 


La tétrodotoxine est une toxine isolée pour la première fois en 1909 dans les poissons “fugu”

C’est une neurotoxine puissante produite par certaines bactéries et qui est présente chez certaines espèces de poisson, les tétraodons. 

Elle a aussi été isolée dans d'autres espèces  : triton de Californie, le poisson-perroquet, certaines grenouilles, certains crabes certaines étoiles de mer, chez le poulpe à anneaux bleus, chez des limaces de mer, ces espèces se trouvant dans l'océan Indien.

Au Japon, la tétrodotoxine est  la principale cause d’accidents alimentaires mortels : entre vingt et cent morts par an sont imputables à la consommation de fugu. Le taux de létalité est supérieur à 50 %.  20 mg de toxine et une vingtaine de grammes de chair de fugu pouvant provoquer la mort.

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(boule blanche = H

boule rouge = 0

boule bleue = N

boule noire = C

Lundi 10 mai 2010 à 8:06

Zoologie, botanique, évolution

Nous avons commencé à voir que les pieuvres étaient fort intelligentes

    Voyons d’abord une activité contrôlée par leur cerveau central : le mimétisme :

    Les pieuvres sont des championnes du camouflage. Leur tégument est recouvert de cellules pigmentaires, les chromatophores, qui en se rétractant ou s’élargissant, font varier les coloris et les aspérités de la peau de l’animal.         Il existe des cellules de différentes couleurs, on leur donne souvent un nom en fonction de leur pigment : mélanophores (noir), leucophores (blanc), ou encore iridophores (propriétés réflectrices).
    Ce qui est extraordinaire, c’est que , si on perturbe la vue de la pieuvre au moyen d’un collyre, elle perd son don de camouflage. C’est donc le cerveau central qui à partir de ce que voit l’animal, réalise ce camouflage pour qu’il passe inaperçu.
    Et c’est terriblement efficace comme le montre les trois photos ci dessous, la première prise à quelques mètres et vous chercherez la pieuvre, la troisième prise au téléobjectif pour montrer les aspérités artificielles de sa peau et les couleurs correspondantes.
    Et quand une pieuvre a peur parce que vous la dérangez et qu’elle n’a pu se cacher, elle vire au blanc transparent et s’enfuit.

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     Les scientifiques se sont amusés à enfermer une pieuvre dans un cube de matière plastique transparente, percé d’un trou et immergé dans un aquarium dans lequel on met un crabe à l’extérieur de la boite-prison.

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    Le trou est de dimension légèrement inférieure au corps de la pieuvre.
    Celle ci va parcourir toute la paroi face au crabe, puis ne trouvant pas d’issue explore les autres faces et trouve le trou. Elle passe une tentacule et explore l’extérieur (mais le crabe est hors de portée).
    Alors elle décide de sortir. Avec précaution elle passe une tentacule, puis une seconde puis une à une les autres, qui se compriment à l’endroit du trou qui les resserre.
    Puis elle prend appui sur l’extérieur de la boite et extrait son corps qui, mou s’étire pour pouvoir passer par l’orifice plus petit que lui. Il faut simplement que ce trou soit assez grand pour laisser passer la pseudo-tête où sont les yeux, qui elle, ne peut guère diminuer de volume.
    La première fois la pieuvre met quelques minutes à sortir. Si on refait l’expérience, elle sort en quelques secondes. Ses neuf cerveaux ont mémorisé les gestes à faire.

   Autre épreuve, au lieu d’un trou, un long couloir en plexiglass, qui présente des sinuosités à angle droit et des carrefours avec des tubes qui ne sont que des culs-de sac. Bref un labyrinthe en tubes cylindriques.
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    La pieuvre explore avec précaution le début du tube qui est à peine de la taille de son corps et y glisse peu à peu ses tentacules, puis son corps.
A chaque croisement elle envoie une tentacule explorer le canal , et si au premier elle envoie une autre tentacule et ne trouve rien qui débouche (un cul-de-sac), elle n’insiste pas et ensuite une seule tentacule suffira.
    Il lui faudra une dizaine de minutes, mais elle trouvera la sortie et le crabe convoité.
    Rebelote : la pieuvre ne mettra que 20 secondes à parcourir le labyrinthe, sans essayer aucun cul-de-sac. Elle a mémorisé le trajet.

    Dernier exploit avec une pieuvre “initiée”, qui a subi un entraînement comme précédemment et à laquelle on présente une boite cubique transparente, munie de quatre orifices sur 4 faces, mais un seul étant ouvert, et dans laquelle il y a un crabe. Elle est dehors cette fois.
    Dans un aquarium contigu, une pieuvre pêchée de la veille et donc “innocente”, qui au départ est calme et peu intéressée.
    Mais quand elle voit la pieuvre savante s’évertuer autour de la boite et du crabe, elle s’approche de la paroi entre les deux aquariums et observe attentive. On croirait voir le film "Fenêtre sur cour" !
    La pieuvre entraînée met une trentaine de secondes à trouver le trou ouvert sur les quatre et à entrer pour manger le crabe.
    On met alors une paroi opaque entre les deux aquariums et on place une boite identique dans celui de la pieuvre “innocente”
    Elle se précipite dessus et en 10 seconde est entrée dedans.
    Elle a appris le processus et sa géométrie en regardant faire sa congénère.
    Les pieuvres arrivent donc à observer et à transmettre leur savoir.

    Dommage que cela ne vive que dans l’eau. J’aimerais bien avoir une petite pieuvre pour la promener en laisse et lui apprendre des tas d’astuces au cours de nos promenades. Peut être en Bretagne pendant les vacances lool Je l'appellerai "octopupuce"

Nota : si vous voulez voir les aptitudes des pieuvres à se camoufler, allez sur le site suivant, vous y trouverez des vidéos : http://www.google.fr/search?q=pieuvres+camouflage&hl=fr&lr=&sa=G&rlz=1G1GGLQ_FRFR314&prmd=v&source=univ&tbs=vid:1&tbo=u&ei=9cDjS9O_CJXCmgOXlMEp&oi=video_result_group&ct=title&resnum=4&ved=0CEEQqwQwAw

Dimanche 9 mai 2010 à 8:17

Zoologie, botanique, évolution

    Nous savons maintenant ce qu’est une pieuvre, mais nous allons décrire plus dans le détail ce que montrait le film de Thalassa : la pieuvre, cet animal venu du fond des âges et du fond des océans, est l’un des animaux les plus intelligents, ce qui évidemment nous surprend.

    C’est ce qu’ont découvert plusieurs chercheurs en observant passionnément le comportement de ce céphalopode. : la pieuvre est capable de réfléchir, de se souvenir, d’anticiper et d’apprendre…Et elle n’a pas fini de nous surprendre car, aujourd’hui encore, elle continue à évoluer.
    Et ce que les chercheurs ont tiré la conclusion suivante :
 “Les pieuvres ont évolué totalement séparément de nous depuis plus de 500 millions d’années. Et pourtant, elles répondent aux problèmes de la même manière que les mammifères supérieurs comme les dauphins, les singes, et bien sûr les hommes. Cela revient à dire que, quelle que soit la forme du vivant, quelle que soit l’organisation des neurones dans un cerveau, la nature produit toujours une seule et même forme d’intelligence.”
    L’arbre de l’évolution montre en effet que les pieuvres ont suivi un chemin d’évolution parallèle à celui qui a conduit des êtres marins, au mammifère, au singe, puis à l’homme.
    Et, fait nouveau dans l’histoire de ces animaux étranges, les recherches de l’université de Naples vont montrer  que les nouvelles générations de pieuvres sauvages de Capri viennent de faire un « bond » dans l’évolution.
    Les « adultes» parviennent désormais à faire “passer” une partie de leur savoir aux jeunes avant de disparaître. Les pieuvres sont en train d’apprendre à apprendre.

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La pieuvre est un animal solitaire qui ne tolère la proximité d’un congénère qu’au moment de la reproduction. Mais elle tolère très bien la présence de l’homme et n’est pas agressive, sauf si on l’effraie ou l’agresse.


    Certes une pieuvre est craintive et ne se laisse approcher que peu à peu : il faut gagner sa confiance. on voit des plongeurs jouer avec elles et les “caresser”.
   Mais celles élevées en laboratoire dans de grands aquariums et qui reçoivent leur nourriture de l’homme, s’apprivoisent et la présence de l’homme leur devient familière.
    Elles observent leur environnement, observent, analysent et comprennent en partie les gestes de l’homme, sans toutefois qu’on puisse évidemment savoir quel est leur processus de pensée (c’est dommage qu’elles n’aient ni ouïe, ni émission de son)



    Le film nous montre un chercheur qui vient dans le laboratoire où se trouve la pieuvre dans un aquarium et il va partir de la pièce.
  
http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/pieuvrecourt.jpg La pieuvre descend de son aquarium, et suit le chercheur en se propulsant sur le sol, sur ses tentacules (on dirait qu’elle marche lol).
    Elle sort de la pièce derrière le chercheur et rentre avec lui dans un autre laboratoire où il y a des aquariums avec des coquillages.
    Alors la pieuvre monte dans l’un d’eux et se sert à déjeuner (elle adore les coquillages qu’elle ouvre très adroitement avec ses tentacules).
    Le chercheur quitte la pièce un peu plus tard. La pieuvre le suit et retourne dans son aquarium, dans l'autre pièce, pour digérer.


    Un test d’intelligence et de mémoire.
    On immerge dans l’aquariul où est la pieuvre un bocal en verre, fermé par un bouchon en liège dans lequel il y a un crabe.
    La pieuvre vient, considère ce met appétissant et touche le bocal avec ses tentacules : problème !
    La pieuvre envoie plusieurs tentacules autour du bocal, puis en haut et en bas. Aucun trou, aucun orifice Perplexité. On a l’impression qu’elle réfléchit : “pourtant le crabe a bien dû rentrer la dedans, comment?
    Ses tentacules explorent à nouveau. Elle repère sans doute que le bouchon n’est pas transparent et n’a pas la même texture. Alors maintenant elle se concentre sur lui.
    Ses tentacules s’enroulent autour de lui alors que les autres tiennet le bocal. Elle semble essayer des efforts dans tous les sens. Cela dure une bonne minute.
    Puis elle a réussi à faire un peu bouger le bouchon et sans doute sent elle la résistance faiblir et tout à coup tire vers le haut et le bouchon bascule.

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    Deux tentacules se précipitent sur le pauvre crabe qui va servir de festin.
    Mais un bouchon, cela ressemble à un cailloux, c’est un problème simple

    Compliquons le. Un bouchon vissé ce n’est pas une chose que l’on trouve dans la nature. Là le poulpe réfléchit plus longtemps. Il essaie ce qui a marché avec le bouchon de liège, mais sans succès.
    Alors il essaie tous les mouvements jusqu'à ce qu’il sente moins de résistance en agissant sur le coté. Alors il a compris, il enroule sa tentacule autour du couvercle, le dévisse et le fait sauter. Miam c’est bon le crabe.! (moi je l'aime mieux cuit !).
   
    L’opération a duré 6 minutes.
    Quelques jours plus tard on recommence l’expérience : la pieuvre regarde le bocal, se précipite dessus et ses gestes sont précis : en 15 secondes le bocal est ouvert.
    La pieuvre a mis en mémoire un processus intelligent.

    Demain nous parlerons du camouflage des pieuvres,  de la faculté d’une pieuvre de se glisser partout et de trouver des solutions ingénieuses pour se faufiler dans des “trous”, de mémoriser un labyrinthe et enfin de l'apprentissage d'une pieuvre à l'autre.
   

Samedi 8 mai 2010 à 8:34

Zoologie, botanique, évolution

     J’ai vu il y a une quinzaine de jours, une émission de Thalassa où l’un des sujets était consacré aux pieuvres géantes. C’était assez extraordinaire et j’ai pensé que vous résumer ce que j’avais appris pouvait vous intéresser.
    Mais comme il y a pas mal de choses à dire, je ferai trois articles.

    Cette émission nous a montré l'île de Vancouver, au Canada, où vivent les pieuvres géantes du Pacifique, l'aquarium de La Corogne en Espagne, l'île de Capri et les laboratoires de recherche à Naples, ou des scientifiques étudient le comportement des pieuvres, animal parmi les plus intelligents.
     Les photos qui agrémenteront  mes articles sont tirées du film de Thalassa, mais j’ai dû les transformer en photos jpeg et leur qualité est moins bonne que dans le film.

    Une pieuvre (ou un poulpe) : un animal repoussant, mou, visqueux et gluant, érigé en monstre des profondeurs dans l’imaginaire des hommes depuis notamment le récit d’un roman de Jules Verne d’une immense pieuvre attaquant et bloquant le sous-marin Nautilus dans les profondeurs de l’océan.

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/pieuvrepirate.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/coquillage-copie-1.jpg



    Mais avouez que celle de l’image ci contre, à droite a une tête bien sympathique.! On dirait un bébé dans son berceau !





    Le mot poulpe vient du grec polypous, qui signifie plusieurs pieds.
Le mot pieuvre est d'origine plus récente et est introduit en 1865 dans la langue française par Victor Hugo dans son roman Les Travailleurs de la mer et aurait pour origine un terme utilisé par les pêcheurs de Guernesey.
    Mais c’est un animal solitaire et calme et la réputation de monstre qui lui a été faite est fausse. En plongée, on l’approche en général sans danger.

    On ne connaît pas l’origine de la pieuvre, mais il semble qu’elle était déjà présente sur terre il y a 500 millions d’années : pas étonnant qu’elle soit très intelligente !!
    Il y a plus de deux cents espèces de pieuvres, (octopus), mais seules une dizaine sont étudiées.
    Les mensurations des pieuvres bien qu’impressionnantes sont loin d’être aussi gigantesques que les récits des marins le laissaient supposer.
    Certaines sont même très petites : un corps de l’ordre du centimètre; la plupart pèsent quelques kilogrammes et ont une envergure de l’ordre du mètre, mais il y en a de fort grandes : le record connu semble être une pieuvre de 272 kilos et 20 mètres de bras à bras (des tentacules de 9 mètres) !

    La plupart des pieuvres n’ont une espérance de vie que de quelques mois.
http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/pieuvreoeufs.jpgMais les pieuvres géantes peuvent vivre jusqu’à 5 ans à condition de ne pas se reproduire, pour les femelles.
    En effet une pieuvre femelle peut pondre jusqu’à 100 000 oeufs, qu’elle nettoie et aère pendant 40 à 200 jours selon les espèces, jusqu'à ce qu'ils éclosent. Comme elle ne se nourrit pas pendant cette période de surveillance permanente , elle meurt d’épuisement peu après l’éclosion.
   
    Il faut reconnaître que la pieuvre est un animal peu banal :
2 yeux énormes, 3 cœurs, 8 tentacules, 9 cerveaux,
    Alors voyons d’abord à qui il ressemble anatomiquement.

    Le corps des pieuvres est mou, ne conservant en guise de squelette que deux petits bâtonnets allongés situés dans son enveloppe externe, le “manteau”.
    Grâce à ce corps mou, elle peut fuir avec plus d’agilité et se dissimuler dans des trous. Non seulement, elle peut s’enfouir mais elle est aussi capable de reboucher le trou avec un caillou ou un coquillage.
    Il y a environ 500 millions d’années, la pieuvre était un mollusque à coquille. On pense que c’est pour mieux fuir les prédateurs qu’elle a peu à peu abandonné sa lourde coquille

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/pieuvreoeil.jpg

    La pieuvre est sourde et muette. Par contre, elle a deux énormes yeux, sa vue est excellente et elle dispose de papilles gustatives jusque sous les ventouses de ses bras.
    Elle ne discerne pas les couleurs mais accommode bien sa vue aux variations de distance et de luminosité.

    Les tentacules sont au nombre de huit. Chez le mâle, le troisième bras dorsal, s’est différencié en organe sexuel copulateur.

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux2/pieuvreventouses.jpg
    Les bras ont le pouvoir de se régénérer. Sectionnés, ils cicatrisent et repoussent. Les ventouses sont constituées d’une chambre adhésive entourée d’un anneau strié qui se contracte. Chaque bras porte 240 ventouses qui peuvent être articulées une à une.La force des ventouses a été mesurée en laboratoire. Une pieuvre commune de 1,3 à 2,5 kg peut tracter une proie de 18 kg !


    En temps normal, elle se déplaçe plutôt au ras du sol du fond de la mer, qu'elle effleure à peine de la pointe de ses tentacules. Mais elle nage aussi d’une façon particulière : refoulant l'eau de mer par un siphon, la pieuvre se propulse pour échapper à ses poursuivants comme un avion à réaction. Elle prend la fuite en projetant un nuage d'encre sécrétée dans sa « poche au noir ».Cette encre est un simple leurre et n’est pas toxique.

    La pieuvre a 3 coeurs : Le cœur principal  est aidé par deux petits cœurs branchiaux qui pompent le sang oxygéné par les branchies.
La pieuvre a le sang bleu (mais n’est pas royaliste pour autant !! lol ), et non rouge comme chez les vertébrés à cause de l'absence d'hémoglobine, qui est remplacée par l'hémocyanine.

    Doublant son poids presque tous les trois mois, la pieuvre est dotée d'un féroce appétit. Surtout friande de crabes et de coquillages, elle en rejette les carapaces et coquilles. Mais elle ne déteste pas non plus les poissons.
  
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  La bouche qui s'ouvre entre les tentacules, est armée d'une paire de mandibules cornées normalement invisibles en forme de bec de perroquet.
    Admirez cette pieuvre qui mange un coquillage en le tenant avec une de ses tentacules.
    C’est à l’aide de ce bec qu’elle déchiquette la victime avant de l’avaler.
    Comme le ferait un reptile, elle paralyse sa proie à l’aide d’un poison, le cephalotoxin, et un enzyme aide à la prédigestion.
Il lui faut environ 12 h pour digérer totalement.

    La pieuvre a 9 cerveaux : l’un central qui coordonne et s’occupe notamment des métamorphoses de couleur et d’aspect, et un dans chaque tentacule qui contrôle leur mobilité et leur adresse qui est extraordinaire.
  
  Cette association de cerveaux multiples confère à cet animal des comportement extraordinaires qui nous étonnent.

    Demain nous parlerons de l’intelligence de la pieuvre

Vendredi 2 avril 2010 à 8:07

Zoologie, botanique, évolution

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    Un groupe de 41 chercheurs en géosciences dont Joanna Morgan de l'Imperial Collège de Londres.  vient de publier dans la revue américaine “Science” un article de synthèse qui confirme que l'explication la plus probable de l'extinction massive ayant frappé la biosphère il y a 65 millions d'années, à la limite des ères crétacé et tertiaire, doit bien être recherchée dans l'impact d'un petit corps céleste, un météorite qui a creusé un cratère d'un diamètre d'environ 180 kilomètres à Chicxulub, au Yucatan.
    La puissance de l'explosion l'ayant creusé devait être de plusieurs milliards de fois celle de la bombe d'Hiroshima. L’onde de choc,  l'onde thermique de l'explosion et l'énorme injection de matière dans l'atmosphère, diminuant nécessairement la lumière du Soleil, ont certainement durement affecté la biosphère. La découverte, partout sur la planète, de quartz choqués et de traces importantes d'iridium dans une couche sédimentaire à la limite Crétacé-Tertiaire confortent cette hypothèse. On note aussi que la taille des quartz diminue au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la région du Yucatan..

    Toutefois, une autre cause était possible : l'intense activité volcanique du plateau du Deccan, en Inde. A cette même époque, en effet, de gigantesques épanchements basaltiques ont à plusieurs reprises et pendant environ un million d'années, recouvert de vastes étendues et pouvant tuer de dinosaures par libération,des gaz susceptibles de modifier lentement mais sûrement le climat...
    Pour ces chercheurs, Les archives géochimiques, sédimentologiques et paléontologiques ne peuvent être interprétées de façon cohérente  qu'avec l'influence majeure de l'impact de la météorite du Yucatan. Les simulations de la chute d'un corps céleste d'environ 10 à 15 kilomètres de diamètre,  et les modèles numériques de l'impact sur le climat des éruptions des Trapps du Deccan, vont dans le même sens.
    La disparition des espèces, notamment dans l'océan, a eu lieu trop rapidement pour être expliquée par les gaz émis lors des épanchements basaltiques. Inversement, on voit maintenant que la biosphère n'a pas été affectée de façon significative durant des centaines de milliers d'années alors que le volcanisme du Deccan était déjà actif.

    Le mécanisme principal responsable de l'extinction des dinosaures et de près de 80% des espèces marines, il y a 65 millions d’années, semble donc bien être, plus que jamais, la diminution importante de la lumière solaire pendant quelques mois partout sur la planète, suite à la grande quantité de matière éjectée par l'impact d'un astéroïde et de la Terre..
    Mais c’est un phénomène très rare et les observations célestes et calculs actuels ne laissent pas prévoir de catastrophe anlogue, quoi qu’en disent quelques mages illuminés.
    Personnellement je ne suis pas étonné de ces résultats. Des ingénieurs de mon laboratoire avaient autrefois fait sur un gros ordinateur, une simulation climatique en cas d’une guerre nucléaire généralisée avec des explosions au sol et on avait montré que la température moyenne risquuait alors, en raison de l’obscurcissement solaire, de provouer un abaissement de température tel que la végétation risquait de disparaître presque totalement. (toujours en raison de l’effet de serre et là c’était l’inverse du réchauffement climatique).

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lancien

sortir de la tristesse

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