Mardi 31 mai 2016 à 8:47

Energie, nucléaire, économies


Suite du résumé de la conférence de M. Levier sur les énergies pour sauver le climat.

           8.) – La biomasse :  sous des aspects très divers : l’utilisation directe du bois, notamment en copeaux, et des déchets de végétation ; les usines de méthanisation à partir de déchets solides ou liquides, d’eaux usées, de microalgues cultivées ou de cellulose.
Production de biocarburants et d’hydrogène.

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           9.) – La géothermie : énergie thermique illimitée, permanente et non polluante, pouvant être installée partout : environ 100 d°C à 2000 m. Le prix d’un forage est légèrement supérieur à celui d’un forage pétrolier.
    L’Islande en tire 85% de son énergie, à un coût très faible et a l’un des meilleurs niveaux de vie.
   Ci dessous, une usine de production électrique géothermique en Islande.

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          10.) – L’hydraulique :  le plus grand barrage du monde est à Yichang : longueur 2 335 m, hauteur 140 m, 27 millions de m3 de béton ; retenue de 600 km : 40 milliards de m3 d’eau; 34 turbines produisant 22 500 MW. Energie parfaite, permanente, bien maîtrisée. Mais peu de sites possibles non exploités en France, qui produit 10,8 % de son électricité par cette voie. Facteur de charge 76 %.


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Le barrage d'Yichang












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Installation de micro-hydraulique en Alsace.


          11.) - Le nucléaire : l’opinion publique est mal informée et frappée par les accidents de Tchernobyl (réacteur instable, mal conduit et gestion déplorable de l’accident) et de Fukushima (réacteurs mal conçus, tsunami sans précédent et gestion insuffisante des effluents après l’accident).
      En fait le nucléaire est très sûr et durable et ne produit pas de CO2. 45 ans de fonctionnement en France en toute sécurité, avec quelques incidents mineurs sans conséquences.
      Se reporter à mes articles de décembre 2011 sur les dangers du nucléaire , des 16 et 17 septembre 2012 sur les réacteurs de 4ème génération et sur ITER (fusion) des 27 et 28 juillet 2011..
      Deux inconvénients : la surveillance des déchets (fortement diminuée avec la 4ème génération), et les 2/3 de la chaleur perdue qu’il faudrait utiliser pour le dessalement de l’eau de mer, la production d’hydrogène, le chauffage urbain ou industriel.
      Actuellement 65 réacteurs en construction dont 24 en  Chine, qui possède actuellement 15 réacteurs (12 GW), et veut passer à 88 GW (+ 95 réacteurs), en 2030.
      Pour pouvoir assurer le remplacement de l’énergie carbonée, malgré le développement des ENR, il faudrait en 35 ans, construire environ 600 réacteurs de forte puissance dans le monde. C'est la seule façon de produire de l'électricité sans émission de CO2 en satisfaisant les besoins croissants en énergie.
     Faute de cette expansion du nucléaire, on continuera à utiliser des centrales à charbon.

           12.) - En définitive, Monsieur Levier propose l’évolution suivante pour le mix énergétique mondial :
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Monsieur Levier a ensuite examiné la situation particulière de la France.

    La France est un cas particulier car elle est l’un des pays à rejeter le moins de CO2 (1,5% de la pollution mondiale, alors que l’Europe représente 11%), du fait de la prépondérance du nucléaire et de l’hydraulique dans la production électrique (cf tableau ci-dessous) :

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/energiesFrance.jpg      Mais l’approvisionnement en énergie fossile est extérieur entre 60 et 70 milliards € / an et met en déficit notre balance commerciale.


      En fait la baisse des rejets de la France n’est pas urgente : une baisse de 20% de rejets de CO2 français ne ferait que 0,2 % de baisse mondiale et les énergies renouvelables correspondantes coûteraient 23 milliards d’euros par an au contribuable français.
            - Il faudrait surtout développer les recherches et développement dans tous les domaines énergétiques et notamment notre collaboration aux réacteurs de 4ème génération et à ITER.
           - Etudier la captation du carbone et l’amélioration du stockage électrique.
           - Favoriser les économies d’énergie et lutter contre le gaspillage.
          - Conserver notre pourcentage de production d’électricité nucléaire.
          - Autoriser provisoirement l’exploitation des gaz de schistes, dans des conditions techniques convenablse (on pratique depuis 20 ans dans le pétrole la fracturation hydraulique), ce qui donnerait notre indépendance énergétique, éviterait des achats et créerait des emplois.
(voir au sujet des dangers de l'exploitation du gaz de schiste, mes articles des 19 avril 2011 et 30 et 31janvier 2013).
          - La prospection de gaz de schiste permettrait de développer le géothermique.
          - Développer la biomasse et recycler les déchets.   
          - Développer des éoliennes et de l’énergie marine moins chères.
          - Supprimer les subventions au solaire, qui devrait rester à usage individuel, les centrales n'étant pas rentables.

Dimanche 29 mai 2016 à 8:43

Energie, nucléaire, économies

Dans sa conférence dont je vous ai parlé dans mon dernier article, Monsieur Levier a donné son avis sur les diverses possibilités de production d’énergie, dans le double objectif, économique d’une part, et de moindre pollution d’autre part.

      Je vais expliciter son propos en deux articles.

           1.) - Limiter la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre.

Il faut un objectif de baisse de la consommation dans les pays industrialisés de l’ordre de 40 % pour 2050, et limiter la hausse dans les pays en voie de développement, en luttant contre le gaspillage et en étudiant une meilleure efficacité énergétique
     Il faut fixer des objectifs précis et pratiques d’émissions pour 2020, 2030, et 2050, et la meilleure façon de décarboner l’énergie est de produire des kWh moins chers que le charbon, mais il faut pour cela la vérité des prix, hors subventions.
     Il faudrait arriver à construire en 2040 des centrales de production d’électricité qui ne rejettent plus de CO2.
     Les arbres absorbent 23 millions de tonnes de CO2 par an : limiter la déforestation.
     L'isolation des maisons individuelle est actuellement encouragée, mais il n'existe pas de procédé simple et bon marché en ce qui concerne les immeubles. Or l'immobilier met 100 ans à se renouveler. Il faut donc faire des études dans ce sens.
     De même il faut réduire la consommation des moteurs à essence en finançant des études technologiques.

            2.) – Rendre moins polluantes les techniques utilisant les énergies carbonées :

    Le gaz est le producteur le moins polluant des énergies carbonées (- 60% par rapport au charbon). Remplacer les cent1 rales à charbon par des centrales à gaz. Le gaz a une efficacité accrue (60 %), les centrales sont fiables et flexibles et la production d’un coût raisonnable.
    Remplacer les chauffages industriels et domestiques au charbon et au fuel.
    Réduire la consommation d’essence des moteurs de véhicules (la voiture électrique est une solution en France car l’électricité est d’origine nucléaire, mais elle est plus polluante dans les pays où l’électricité est produite à partir de ressources carbonées – descendre au dessous de 2 l/km d’essence)
    Etudier le captage du CO2 : chaudière à gaz brulant à l’oxygène pur pour isoler le CO2 ; stockage en profondeur souterraine ou sous-marine; réutilisations industrielles du CO2.

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           3.) – Mieux utiliser l’électricité en améliorant son stockage :
    Comprimer de l’air qui restitue ensuite par détente ; volants inertiels ; pompage d’eau à plus haute altitude sur des barrages ; liquéfaction d’air ; surtout production d’hydrogène par électrolyse ou méthanisation. Bien entendu, étudier des batteries plus performantes.http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/schemadefonctionnementdunestep.jpg

  






Stockage par pompage











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stockage par volant inertiel












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Stockage cryogénique (air liquide)




 









Production d'hydrogène :

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           4.) - Utiliser des moyens de production électrique plus appropriés et performants :

    Le tableau ci-dessous résume les avantages et inconvénients des divers moyens :

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Monsieur Levier a ensuite passé en revue les techniques actuelles :


                5 – L’éolien : le parc le plus grand est en Roumanie : 240 éoliennes de 2,5 MW soit 600 MW pour 1,1 milliards €. Au Texas 634 éoliennes 781 MW sur 40 000 ha, pour 1 milliard $.
En France : à Fruges (Pas de Calais) 70 éoliennes 140 MW. 210 millions €.
Au 1/1/2015 5 500 éoliennes en service, 9 145 MW sur 4500 ha ; 3,5% de la consommation.
facteur de charge 22% maximum.
Objectif : 25 000 éoliennes en 2020 dont 6 000 en mer pour 25 000 MW.
Le handicap de l’éolien reste son faible facteur de charge, le vent n’étant pas constant, et le coût élevé des investissements.

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éoliennes terrestres











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éoliennes marines "of shore"










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éoliennes flottantes (profondeur > 50 m)













           6 – L’énergie marine : exploiter les énergies des courants marins, de la houle, des marées.
Se référer à mes articles.des 21 et 22 août 2014
    Possibilité d’hydroliennes dans les rivières et micro-hydraulique.

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          7.) – Le solaire : Actuellement essentiellement photovoltaïque.  La plus grande centrale est « Solar Star) de Total, en Californie, 580 Mw sur 32 km2 ; coût 2 milliards, 9 millions de panneaux solaires. Maroc, en construction à Ouarzazate, sur une surface analogue, 580 MW pour un coût de 9 milliards. Le tiers vient d’être inauguré.
      En France, la centrale photovoltaïque de Cestas de 300 MW, 300 millions largement subventionnée, s’étend sur 260 hectares de terres agricoles et comporte 983 300 panneaux photovoltaïque chinois. Production nominale 300 MW ; production annuelle 355 GWh, facteur de charge 13 %. Rachat par EDF de 105 €/MWh pendant 20 ans.

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      Les panneaux photovoltaïques, outre le besoin de rayonnement solaire, ont un mauvais rendement électrique. Ils produisent un courant continu de faible voltage, intransportable tel quel. C’est un moyen utilisable pour de la production individuelle, mais mal adapté aux grandes centrales.
      La « route solaire » est une fausse bonne idée 300 € /Mwh et facteur de charge 15%.
      Les américains et les espagnols ont construit des centrales concentrant le rayonnement solaire sur des tuyauteries contenant des sels fondus, qui alimentent des turbines à vapeur, ces sels à haute température se refroidissant lentement et continuant à produire de la vapeur une partie de la nuit ou lorsqu’il n’y a pas de soleil (environ 3 heures). Le rendement global est bien meilleur.

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Germa-solar près de Séville (Espagne)

























Andrasol, en Andalousie, près de Guadix













La Suite dans mon prochain article

Vendredi 27 mai 2016 à 8:30

Energie, nucléaire, économies

     J’ai eu la chance d’assister à une conférence  de M. Levier, sur « Les énergies de demain, pour tous, pour SAUVER LE CLIMAT ».
    Cet ingénieur des Arts et Métiers,  diplômé de l’Université d’Oklahoma dans le domaine de l’ingénierie pétrolière, a dirigé de nombreuses équipes, en France et à l’étranger, et c’est un expert en matière de pétrole et d’énergie. Mais cela ne l’empêche pas de réfléchir au remplacement des produits carbonés, pour sauver notre climat, et ses réflexions sur ce sujet sont très intéressantes.
    Je vais essayer de vous résumer sa conférence, sur plusieurs articles, les planches étant parmi celles qu’il nous a projeté.

    Monsieur Levier nous a d’abord brossé un panorama de la situation actuelle en matière d’énergie et des défis qu’elle pose. Ce sera le sujet de l’article d’aujourd’hui.

    Au 18ème siècle, les sources d’énergie étaient le vent (moulins), l’hydraulique (barrages), et la biomasse (bois). Deux révolutions industrielles successives ont apporté le charbon (et la machine à vapeur), et le pétrole (et les moteurs à explosion).
    Par ailleurs les progrès technologiques ont amené une consommation de plus en plus grande d’énergie, de telle sorte qu’aujourd’hui le niveau de vie d’un pays est corrélé à sa consommation d’énergie par habitant.
    Les 5 défis actuels de l’humanité, dans ce domaine, sont :
        L’accroissement de la population.
        L’épuisement inéluctable des énergies fossiles.
        L’épuisement de toutes nos ressources de la terre : métaux, pierres, faune, produits agricoles, …
        La croissance des émissions de gaz à effet de serre, entraînant le réchauffement climatique.
        Les besoins futurs en énergie: moteur principal de l’économie.

    Les deux tableaux ci-dessous montrent la répartition de la population mondiale en 2015 par continent, et son évolution, à l’échéance 2100 en millions d’habitants, dans trois hypothèses d’évolution.
    Cet accroissement entraîne forcément une augmentation de consommation d’énergie.
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     Les deux schémas ci dessous montrent la répartition actuelle des sources primaires d’énergie et l’évolution de la consommation, par source, depuis1850.On note évidemment l’énorme développement de la consommation du charbon et du pétrole.

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     Le schéma ci dessous montre l’évolution de la consommation entre 2014 et 2040.
On voit évidemment, sur cette prévision, la part grandissante des nations en voie de développement et notamment de la Chine et de l’Inde, aux populations très importantes.

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    Il est également intéressant de connaître la prévision de la répartition de la consommation d’énergie (en milliards de TEP), entre les diverses sources :

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie2/prevconsoenergie.jpg     En 2014, les premiers producteurs d’énergies carbonées étaient :
           - pour le pétrole :    USA (13,1%) ; Arabie (12,9%) ; Russie (12,7%) ;
           - pour le gaz :         USA (21,4%) ; Russie (16,7%) ; Quatar (5,1%) ;
           - pour le charbon :    Chine (46%) ; USA (11%) ; Inde (9%) .

    Les réserves mondiales sont estimées actuellement à une durée de :
           - Pétrole : 54 ans, mais huile de schiste ;
           - Gaz : 65 ans, mais environ 230 ans avec les gaz de schiste ;
           - Charbon : 183 ans
    A comparer aux réserves de combustible nucléaire : 200 ans avec l’U235 mais plus de mille ans avec les réacteurs surgénérateurs ou l’utilisation du thorium.

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    En ce qui concerne les gaz à effet de serre, j’ai fait plusieurs articles à ce sujet, ainsi que sur le changement climatique, et on rappellera seulement les principaux pays émetteurs :

 





   En définitive Les besoins croissants en énergie sont évidents, et même si on peut les freiner, on ne peut les arrêter. Mais il faut diminuer le réchauffement climatique et pour cela décarboner nos émissions de gaz. Comment le faire, cart il faut tenir compte des contraintes économiques. ?
Le mix énergétique à retenir dépend en fait des conditions locales de chaque pays.
Au plan économique, il faut considérer la vérité des prix, et au plan scientifique, il faut augmenter fortement les investissements en R & D.
Un plan de sauvetage est nécessaire pour l’Afrique.

Je citerai dans mes prochains articles les mesures que préconise Monsieur Levier.

Lundi 31 août 2015 à 10:06

Energie, nucléaire, économies

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     Je suis toujours étonné lorsque je fais des courses dans un supermarché, de voir la quantité d’eau minérale en bouteille qu’achètent les gens. Pourtant ce n’est pas bon marché : environ 50 fois le prix de l’eau du robinet (en effet le m3 d’eau coûte de l’ordre de 3 à 4 € soit 0,3 à 0,4 cm le litre alors que le litre d’eau minérale coûte entre 0,12 et 0,20 cm selon les marques et le volume de la bouteille).
    Pourquoi cet engouement ?

    Les Français semblent avoir une défiance vis à vis de l’eau du robinet, le « château la pompe », comme l’appelait ma grand mère.
    Les médias en sont en grande partie responsables. Elles ne cessent de colporter des informations plus ou moins exactes, traitées sur le mode sensationnel, quant aux nitrates, pesticides, hormones, microbes et polluants divers qui souillent l’eau des rivières et de la mer.
    Certes la pollution a nettement augmenté, mais ce n’est pas cette eau que nous recevons dans nos robinets.
    Depuis plus de 80 ans, je bois exclusivement de l’eau du robinet, et je ne m’en pote pas plus mal.


    L’eau de boisson est particulièrement traitée et surveillée; c’est même l’aliment le plus contrôlé et le plus apte à la consommation, qui ne présente aucun risque pour la santé et est disponible 24 heures sur 24.
    Si on lui appliquait les appellations règlementées de l’eau en bouteille, l’eau du robinet est de l’eau de source. Elle est décantée, filtrée, puis traitée, analysée en permanence et retraitée si nécessaire. Ses teneurs en éléments divers sont strictement réglementées et ne sont pas dépassées.
    Evidemment, selon l’endroit où elle est puisée à l’origine, sa teneurs en sels est différente, et il y a donc des eaux différentes selon les villes.
    Seul inconvénient, elle peut avoir une odeur et un goût qui déplait quand le service des eaux doit la désinfecter avec des produits contenant du chlore, du brome ou de l’iode.
    Toutefois un séjour d’une heure dans une bouteille au réfrigérateur, lui enlève en général cet inconvénient.
    Elle peut aussi contenir du calcaire, mais ce n’est pas un inconvénient pour la boisson, mais pour le lavage de la vaisselle ou du linge.
En fait elle est neutre d’un ph très proche de 7.
    Et l'eau du robinet ne produit pas de déchets plastique ou verre, et ne nécessite aucun transport, contrairement à l'eau embouteillée.

     À l'origine, les eaux dites « minérales » étaient vendues en bouteille de verre, dans les stations thermales, aux patients venus se soigner en cure. D’ou leur bonne réputation.
    Les consommateurs qui préfèrent se réfugier derrière l'apparente sécurité de l'eau en bouteille, ne savent pas quelle en est la qualité. Ils ont une foi aveugle, entretenue par la publicité et suivent la tendance moutonnière.
    En fait les «eaux en bouteille» correspondent à une grande variété de produits. Selon la réglementation, les eaux en bouteille sont toutes des eaux souterraines, mais elles se différencient en eaux minérales naturelles, en eaux de source ou en eaux rendues potables par traitement.
    Les eaux minérales contiennent des sels minéraux qui peuvent être recherchés pour des traitements divers (par exemple du magnesium).
    Malheureusement les eau en bouteille peuvent aussi contenir d’autres produits, mais à des taux très faibles, comme l’eau du robinet.

    Mais évidemment il y a aussi les industriels et commerçants qui profitent de cette méfiance pour l’eau du robinet et qui vendent des installations et des cruches de déminéralisation et de désinfection de cette eau, et des gens crédules qui les achètent, et s’en servent ensuite n’importe comment.Ce sont par ailleurs des matériels coûteux (notamment le renouvellement de résines échangeuses d’ions)
    C’est absurde de déminéraliser l’eau du robinet pour la boire, car les minéraux qu’elle contient en faible quantité sont utiles pour l’organisme, qui n’est pas un fer à repasser. Si ces minéraux ne sont pas présents dans l’eau, celle que nous rejetons prélèvera des minéraux dans notre corps, et par ailleurs peut entraîner des troubles intestinaux.
    C’est encore plus absurde d’utiliser des carafes filtrantes et déminéralisantes, où l’on laisse toujours de l’eau dans la carafe et où de jour en jour, des bactéries peuvent proliférer, de même que dans une bouteille en plastique d’eau qui reste plusieurs jours au frigo..

    A mon avis, sauf si pour des raisons médicales, on boit une eau minérale, lorsqu’on a une eau potable saine du robinet, il est beaucoup moins cher et tout aussi sain de boire celle ci.
   Evidemment dans quelques cas particuliers où il y a une rupture de canalisation (on le voit en général à la couleur de l’eau dans un lavabo ou une baignoire blanche), il vaut mieux boire pendant quelques jours de l’eau en bouteille jusqu’à ce que la canalisation soit réparée.
    Par contre il n’est pas recommandé de boire de l’eau puisée dans la nature dans un ruisseau ou même d’une source non contrôlée, car on ne sait pas ce qu’elle peut contenir comme polluants et comme microbes.

Samedi 25 juillet 2015 à 9:48

Energie, nucléaire, économies

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     Une correspondante, qui est venue passer ses vacances en Bretagne, est inquiète, car on lui a dit que le granit , évidemment très courant parmi nos pierres, dégageait du radon radioactif.
    Alors elle me demande quel est le danger correspondant et j’ai pensé que cela pouvait intéresser d’autres visiteurs de nos côtes ou du centre de la Bretagne.

    Qu'est-ce que le radon ?
    C’est un des gaz « rares » (Hélium, Néon, Argon, Krypton, Xenon et Radon), le plus lourd, de numéro atomique 86, et qui n’est pas stable et donc radioactif.
    Il existe 35 isotopes radioactifs du radon, mais la plupart ne sont produits que temporairement (ils se désintègrent rapidement), ou dans des accélérateurs et seuls 4 d’entre eux  existent dans la nature.
    L'isotope le plus fréquent (et relativement le plus « stable ») est le radon 222 qui est le produit (isotope-fils) de la désintégration du radium 224, dans la chaîne de désintégration de l’uranium 238. Sa radioactivité diminue de moitié tous les 3,8 jours.
Il émet des particules alpha.
    Un isotope courant est le radon 220 qui est le produit de la désintégration du radium 226, dans la chaîne de désintégration du thorium 232. Il émet aussi des particules alpha et sa radioactivité diminue de moitié tous les 55 secondes. De ce fait sa radioactivité est divisée par mille au bout de 10 minutes et par un million au bout de 100 minutes. Son danger est donc très faible.
    Le radon 219 est le produit de la désintégration de l’actinium, dans la chaîne de désintégration de l’uranium 235.  Il émet aussi des particules alpha et sa radioactivité diminue de moitié tous les 4 secondes et elle est divisée par mille au bout de 40 secondes et par un million au bout de 80 secondes. Son danger est donc pratiquement nul.
    Les granites contienne de très faibles quantités d’uranium et de thorium et donc émettent du radon, le seul ayant de l’importance étant le radon 222.
    Le radon étant un gaz rare, saturé en électrons périphériques, il ne réagit pas chimiquement, restant inerte. Il peut simplement être dissous dans l’eau, notamment à la suite d’orages.

    Le radon est spontanément surtout présent dans les régions granitiques, volcaniques et uranifères. En France, les régions riches en radon sont la Bretagne, le Massif central, les Vosges et la Corse.
    Sa radioactivité diminue rapidement, mais le radon qui disparaît est remplacé par celui émis parles roches, et donc il y a un équilibre dans l’air. Mais les quantités présentes sont infimes, de telle sorte qu’on est incapable de les analyser chimiquement. Elle est au maximum de 10 puissance -13 grammes par mètre cube.
    On ne peut mesurer cette quantité qu’en mesurant les radiations alpha émises.

    Les particules alpha (des noyaux d’hélium), sont très peu pénétrantes. Elles sont arrêtées par quelques mètres d’air, par la peau ou une feuille de papier.
    Elles ne présentent un certain danger que, parce que le radon étant gazeux , peut être respiré, les particules alpha peuvent alors atteindre les cellules des poumons.
    En général les quantités de radon sont si faibles que le danger est presque inexistant. Toutefois à certains endroits très particulier l’émanation de radon est plus forte et on a préféré ne pas y laisser d’habitant. Une maison en Bretagne et une station service dans le Limousin ont été évacuées, il y a quelques années, l’'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ayant estimé qu’un séjour permanent augmentait d’une faible quantité la probabilité de cancer du poumon.
    De plus, le radon est facilement dispersé dans l'air, mais il peut s'accumuler, par exemple dans les caves, ou dans une maison mal ventilée ou peu étanche par rapport au sol. La mesure la plus simple est donc… d'ouvrir la fenêtre.
    On considère que pour une exposition temporaire et les lieux habituels où le granite n’émet que peu de radon, le risque est nul (et c’est le cas des vacanciers), et pour des gens habitant en permanence dans les régions où l’émanation est plus élevée (les monts d’armées en particulier), le risque est négligeable, sauf peut être pour les fumeurs importants, ayant déjà un risque important de cancer, qui risque d’être augmenté.
    Donc pas de panique pour ma correspondante : elle ne risque rien.
    Par contre la fumée du tabac est bien plus dangereuse, même si on ne fume pas soi-même.

Dimanche 18 janvier 2015 à 7:56

Energie, nucléaire, économies

    Une pompe à chaleur est une machine thermique, qui fonctionne exactement comme un frigidaire, mais la source froide n’est pas une boite étanche, mais un fluide extérieur froid, et la source chaude est un émetteur de chaleur intérieur à l’habitation : plancher chauffant, radiateur ou VMC.
    Son principe est schématisé ci dessous :

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    Vous voyez que ce n'est pas, à priori très différent d'un frigo, quant au cœur de la machine; l'originalité réside dans les capteurs extérieurs et dans la spécificité des émetteurs internes.
      La différence importante est que la quantité de chaleur nécessaire pour chauffer une maison est beaucoup plus importante que pour refroidir un frigo.
    Par ailleurs d’autres modes de chauffages sont possibles, et le circuit de chauffage reste le même, la pompe à chaleur remplaçant (ou complétant) la chaudière.
             Or une pompe à chaleur coûte cher et il faut donc que son utilisation soit rentable, et cela dans les configurations courantes de l’hiver.
   
    Ce sont les lois de la thermodynamique qui régissent le fonctionnement d’une pompe à chaleur. Je ne pense pas que vous ayez un souvenir détaillé, même si vous les avez étudiées au lycée, des lois de Carnot et notamment la loi de Clausius sur l’entropie.
    Je vais donc uniquement vous donner les résultats, car ils sont très importants :

    On définit l'efficacité Eff. d'une pompe à chaleur comme le rapport de l'énergie “utile” Qchauf (la chaleur restituée à la source chaude, c’est à dire la maison) sur le travail W, énergie électrique fournie au niveau du compresseur.
                    Eff. =  Q (chauf) / W
    L'efficacité d’un mode de chauffage peut être inférieure à 1 s'il rend moins de chauffage qu'il n'en consomme en énergie (en général électrique) pour fonctionner. Généralement une bonne partie de l'énergie est restituée en chauffage si l'appareil est situé dans le volume chauffé. Un chauffage à résistance électrique simple a une efficacité voisine de 1. Une bonne chaudière à gaz a une efficacité de l’ordre de 0,9.
    La pompe à chaleur a un gros inconvénient inéluctable, quels que soient les progrès que l’on fera car c’est la loi de Clausius sur l’entropie qui en est la cause :
    L'efficacité d'une pompe à chaleur décroît avec l'écart de température entre les sources chaude et froide, ce qui limite considérablement son utilisation.
              Eff. =  Q (chauf) / W  ≤  Tchaud / (Tchaud - T froid)
Tchaud et Tfroid étant les températures des sources chaudes et froide, exprimées en degrés Kelvin ( d°K = d°C + 273, par exemple T = 300 d°K pour 27 d°C).
    Attention, la température de la source chaude n’est pas celle de la pièce de la maison, mais celle au départ de la pompe à chaleur vers le radiateur de chauffage
    De plus, cette efficacité ne concerne que la pompe elle même, mais on consomme aussi de l’énergie dans le système de circulation des fluides dans les circuits de chauffage et de captage.
    On appelle « coefficient de performance COP » d’une pompe à chaleur le rapport entre l’énergie réellement fournie à l’installation à chauffer, par rapport à celle d’un chauffage par l’électricité, utilisant la même alimentation que celle de la pompe à chaleur.
    C’est le nombre de kWh fournis, pour un kWh électrique consommé.
    Donc le COP d’une la pompe à chaleur est nettement inférieur à cette efficacité Eff.
    Le COP n’est en général que le tiers ou le quart de l’efficacité théorique.
(pour une efficacité théorique de 15 on a en général une COP de 5 et pour une efficacité de 4 une COP de 1).

    Que déduire de ces notions :

    D’abord, si on se contente d’utiliser comme source froide l’air extérieur, et un système de radiateurs classiques où quand il gèle, l’eau est injectée à 60d°c, vers -10 d°C extérieur; la COP de la pompe à chaleur devient voisine de 1 et la pompe ne sert plus à rien : elle consomme autant qu’elle renvoie de chaleur
    Déjà si on utilise un chauffage par radiateur à basse température ou par le sol, pour lesquels la température de départ n’est plus que de 35 d°C, le rendement est nettement meilleur. Mais c’est une installation spéciale, conçue à la construction de l’habitation.
    Mais si l’on veut avoir un chauffage suffisamment rentable, il faut trouver une source froide plus indépendante des intempérie, c’est à dire sous)terre : soit creuser un puits (ce qui est cher), soit, si on a une surface suffisante de jardin, enterrer un serpentin sous un mètre de terre. La température de la source froide reste alors de l'ordre de 10 d°C et le rendement est satisfaisant.

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    Mais la meilleure utilisation est une pompe à chaleur associée à une VMC  (voir mon article sur la VMC du début de semaine)(voir mon article sur la VMC du début de semaine). On utilise alors l’air à la sortie de l’échangeur, qui a déjà récupéré la chaleur de l’air sortant. Il n’a alors que une dizaine ou une quinzaine de degrés d’écart avec  la température à laquelle il faut l’introduire dans la pièce pour maintenir sa température, et on a alors un excellent COP de la pompe à chaleur, qui peut atteindre 6.
    Si la maison est très bien isolée thermiquement (20 cm d’isolant performant et triple vitrage), jusque vers 10 d° externe, on ne consomme pas d’énergie autre que celle de la ventilation VMC, et ensuite la consommation est minimisée par la pompe à chaleur.

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    Une pompe à chaleur est également une source d’économie dans le chauffage d’une piscine ou même pour réchauffer de l’eau sanitaire, car la température de l’eau de retour n’est pas très inférieure à celle de l’eau de départ et donc les rendements restent bons.

    En outre les pompes à chaleur peuvent être « réversibles »; En fait elles continuent à fonctionner de la même façon, mais on inverse l’injection d’air de la VMC, c’est à dire que l’on relie l’intérieur de l’habitation a l’évaporateur et l’extérieur au condenseur (comme dans un  frigo), et la pompe à chaleur associée à la VMC fonctionne alors comme une climatisation, refroidissant l’air de la maison.

    J’espère que cet article ne vous a pas paru trop ésotérique. J’ai surtout vous montrer que les chiffres de performances données par les constructeurs sur leurs pompes à chaleur, étaient trompeurs, car le rendement dépendait énormément des températures des sources froides et chaudes, et donc de l’usage quye l’on veut en faire, en fonction de l’installation thermique existante ou projetée. Il faut donc faire une étude spécifique de tout projet de ce domaine.


Samedi 17 janvier 2015 à 8:38

Energie, nucléaire, économies

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      Vous m’avez demandé de vous dire comment fonctionnait une pompe à chaleur.
Pour que ce soit plus facile, je vais commencer par vous parler de deux pompes à chaleur particulières qui sont l’une dans presque tous les logements, le réfrigérateur, et l’autre qui est très répandue dans les voitures, la climatisation.

    Il faut d’abord se rappeler quelques lois de physique :

1)   - Lorsqu’on compresse un gaz dans un récipient clos, sa température augmente : il récupère l’énergie dépensée pour le comprimer.
2)   - Lorsqu’on refroidit ce gaz comprimé, les molécules se rapprochent et à une certaine température il devient liquide.
       En se liquéfiant le gaz libère de la chaleur : la chaleur de liquéfaction (constante Lc dépendant de la nature du gaz, exprimée en calories par gramme).
3)  - Lorsqu’on détend un liquide très comprimé à travers un mince orifice, il se fractionne en petites gouttelettes qui s’évaporent.
      En se vaporisant le gaz absorbe de la chaleur : la chaleur de vaporisation (constante Lv dépendant de la nature du gaz, exprimée en calories par gramme).
4)  - La température est une mesure de l’excitation des molécules qui composent un liquide ou un gaz. Les plus excitées ont tendance à transmettre l’énergie aux plus calmes.      
      La chaleur passe donc spontanément des corps les plus chauds aux corps les plus froids par l’intermédiaire de l’air ou du liquide qui les entoure.

    Voyons maintenant ce qui se passe dans le réfrigérateur (schéma ci dessous) :

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    Un réfrigérateur ne fabrique pas du froid", il capte la chaleur à l'intérieur du compartiment étanche du frigo et l'évacue à l'extérieur dans la pièce.
    Un compresseur mû par un moteur électrique (qui consomme donc de l’énergie électrique du réseau), compresse un gaz, et donc il le chauffe.
    On fait alors passe ce gaz dans un condenseur, composé de tubes très fins liés à des ailettes métalliques qui chauffent à son contact. L’air qui passe dans ces ailettes évacue la chaleur. On chauffe donc l’air de la pièce, dont la température n’augmente pas beaucoup car son volume est important.
    En se refroidissant le gaz se liquéfie, et perd encore de la chaleur de liquéfaction, qui est également évacuée
    A l’entrée dans le réfrigérateur se trouve un détendeur constitué de trous fins; le liquide se détend et se fractionne en petites gouttelettes, qui s’évaporent. Cette évaporation absorbe la chaleur de vaporisation et le gaz refroidit jusqu’à de très basses températures, de l’ordre de - 40 d°C.
    Il se réchauffe progressivement dans l’évaporateur métallique, qui refroidit l’air intérieur du réfrigérateur, dont les parois sont isolées thermiquement. Les objets, notamment aliments, que contient le réfrigérateur se refroidissent en cédant leur chaleur à l’air qui les entoure.
    Ce cycle fonctionne en continu tant que le compresseur fonctionne. Un thermostat surveille la température intérieure du réfrigérateur. Lorsque la température voulue est atteinte, il coupe l’alimentation du compresseur. Lorsque la température intérieure se réchauffe de quelques degrés, il le remet en route pour ramener cette température à la valeur voulue.
     Les fluides des réfrigérateurs dépendent du système utilisé, (des températures de service et des systèmes d’échange), et doivent être inoffensifs pour l’homme et pour l’environnement.
    Les produits utilisés sont surtout des carbures chlorés et fluorés, comme les fréons (le plus utilisé le R12 était un dichlorodifluorométhane CCl2F2).
    Certains de ces produits, qui détruisaient la couche d’ozone en haute atmosphère, ont été interdits, et une règlementation stricte définit maintenant l’utilisation des autres pour limiter toute fuite, notamment au chargement et déchargement et stockage du fluide.

     Passons maintenant à la climatisation. Je me contenterai de celle qui refroidit une ambiance car lorsqu’elle la chauffe, c’est une simple résistance électrique qui chaufe l’air  que l’on y recycle, exactement comme dans un chauffage électrique.
    En fait la climatisation est un réfrigérateur, quant à son fonctionnement de principe, mais elle est mécaniquement organisée différemment, puisqu’il s’agit de refroidir une pièce (ou un habitacle de voiture), en évacuant la chaleur à l’extérieur.
    Le schéma ci dessous montre cette organisation dans laquelle on retrouve le compresseur, le condenseur, le détendeur et l’évaporateur.

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    L’évaporateur est dans la pièce  et on fait passer à travers lui, grâce à un ventilateur,  de l’air de la pièce ou de l’habitacle qui se refroidit et va donc, en se mélangeant à l’air de la pièce, va diminuer sa température.
    On ventile aussi de l’air à travers le condenseur, lequel est chaud et va être évacué à l’extérieur de la maison ou de l’habitacle. Dans le cas d’immeubles, le condenseur est parfois dans une boite métallique à l’extérieur, séparé de la partie évaporateur, et une tuyauterie les relie.

Jeudi 15 janvier 2015 à 8:19

Energie, nucléaire, économies

Vous m’avez posé des questions sur des installations concernant la régulation de l’énergie et le confort des habitations, et leurs principes.
    Hier j’ai traité la chaudière à condensation, aujourd’hui je parlerai des ventilations mécaniques à double flux.

    Avant 1960, il n’y avait pas, en France, de « ventilation mécanique contrôlée », (VMC), dans les maisons et immeubles : on aérait en ouvrant les fenêtres pour renouveler l’air. Dans les cuisines et les salles de bain, il y avait des grilles d’une dizaine de centimètres, donnant sur l’extérieur ou parfois un ventilateur électrique. On disait qu’il s’agissait de « ventilation naturelle ».

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    Puis on a vu apparaître des « ventilations à simple flux ». C’est ce qui existe dans les immeubles où j’habite : voir photo ci dessus.
    Un ventilateur sur le toit ou dans les combles,  extrait de l’air de conduites qui descendent dans les pièces humides des appartements (cuisines, salles de bains, WC). Ce ventilateur aspire l’air de ces pièces qui sont mises en dépression. Pour compenser cette sortie, des orifices dans les autres pièces de séjour laissent entrer de l’air extérieur.
    Il existe une ventilation forcée qui a un certain débit et renouvelle régulièrement l’air de toutes les pièces, en évacuant en partie l’humidité et le CO2 et en faisant rentrer de l’air extérieur plus riche en oxygène.
    Si on ferme cette ventilation, d’une part le renouvellement s’arrête, ce qui n’est pas bon pour notre santé (appauvrissement en oxygène), mais par ailleurs on ne retire pas non plus l’humidité, de telle sorte que des moisissures apparaissent, sauf si, bien sûr on ouvre souvent les fenêtres, comme autrefois.
http://lancien.cowblog.fr/images/EnergieClimat2/BAPColorphoQ4.jpg    L’inconvénient est que cette VMC fait entrer en hiver de l’air froid et en été de l’air chaud extérieur. Les débits sont en effet importants (autour d’une centaine de m3/heure dans un appartement de 4 pièces), et nous avons calculé que, dans nos immeubles, cela consommait 10% de l’énergie de chauffage.
    Un perfectionnement a consisté à mettre sur les sorties d’air des pièces humides, des « bouches hygro-réglables », la ventilation étant adaptée au taux d'humidité relative de ces pièces. C’est d’un meilleur confort et plus économe en énergie, mais cela nécessite des ventilateurs centraux induisant une dépression suffisante au niveau des bouches (plus de 50 pascals).
    Dans ces bouches, la dilatation d’une petite structure sensible à l’humidité, ferme plus ou moins l’orifice d’aspiration de la bouche (voir vue ci contre).

    Ce type d’installation à simple flux est très difficile à modifier, surtout dans un immeuble, car les conduites de ventilation sont en général intégrées dans les murs, et les entrées d’air sont également des orifices pratiqués dans les murs des pièces non-humides.

    Depuis une vingtaine d’années la VMC est devenue « à double flux », du moins dans la plupart des constructions neuves.
    Le principe général reste le même : la VMC est un circuit de ventilation permettant de récupérer de l'air dans les pièces dites "sèches" (chambres ou séjour) et de le renvoyer dans les pièces dites « humides".
    Un ventilateur aspire l’air des pièces humides, tandis qu’un autre ventilateur envoie de l’air dans les pièces sèches. Une partie de cet air est recyclé, mais une partie de l’air vicié des pièces humides est aussi renvoyé à l’extérieur, tandis qu’une partie de l’aier envoyé dans les pièces sèches est pris à l’extérieur.
    Pour éviter les pertes d’énergie de la VMC simple flux et avoir un bon confort, un échangeur thermique (qui récupère l'air vicié) peut venir en complément de la VMC double flux pour préchauffer l'air entrant durant l'hiver (grâce à l'air sortant) et de le rafraîchir durant l’été.
    Les échangeurs sont en aluminium et PVC, et sont constitués de minuscules systèmes alvéolaires où l’air entrant et l’air sortant circulent séparés par une paroi très mince, les surface de contact étant très importantes, afin de favoriser les échanges thermiques.
    Il existe des échangeurs à flux croisés (à gauche, sur la photo ci dessous) ou à contre courant (à droite). Les flèches indiquent les sens de circulation et les températures (correspondant à -12 d°C extérieur) sont celles en l’absence de chauffage complémentaire, mais avec une excellente isolation thermique de la maison.

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    On constate qu’évidemment il faudrait un apport de calories complémentaire par des résistances électriques à l’intérieur de l’échangeur, mais on constate un bien meilleur rendement des systèmes à contre courant (le temps et la surface de contact étant meilleurs)

    Le système est simple dans une maison individuelle, surtout si elle n’a pas d’étage, la circulation étant assurée par des tuyaux en plastique souples dans les combles, et la centrale de ventilation et d’échange est de petite taille (voir photos ci dessous).

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    Le système est beaucoup plus complexe dans un immeuble, où d’une part la centrale est beaucoup plus importante, et où surtout les conduites de ventilations doivent exister à tous les étages et dans tous les appartements. Elles sont donc intégrées dans des gaines techniques et dans les murs.
    Il est donc pratiquement impossible dans un immeuble de transformer une ventilation simple flux en double flux. Il faudrait créer des gaines pour les conduites au plafond des pièces de séjour et de chambres. (à gauche une ventilation d'immeuble, à droite un module échangeur thermique).

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    Les calculs de fonctionnement des VMC sont très complexes et sont liés non seulement à l’installation elle même et aux conduites d’air, mais aussi à l’isolation thermique de l’immeuble ou de la maison.
    Les VMC double flux sont indispensables et performantes dans les maisons extrêmement isolées, à très faible dépense d’énergie, qui  sont pratiquement étanches (et donc ce renouvellement d’air est vital).
    A noter,que, pour des raisons d’allergies, il faut qu’une telle ventilation comporte des filtres à poussières et pollens, qu’il faut régulièrement nettoyer et changer au bout d’un certain temps.
    Ce sont des installations onéreuses, mais qui, à terme rendent les dépenses énergétiques très faibles (à condition de ne pas ouvrir les fenêtres).

Mercredi 14 janvier 2015 à 9:07

Energie, nucléaire, économies

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     Le début de l’année est la période des assemblées générales de copropriétés. J’en sais quelque chose, puisque je m’occupe à titre bénévole de l’entretien et des travaux des immeubles ou j’habite, et je prépare actuellement cette assemblée.
    Plusieurs correspondant(e)s perplexes me posent des question sur des problèmes d’économie d’énergie : qu’est ce qu’uns chaudière à condensation, une ventilation mécanique à double flux, un climatiseur, une pompe à chaleur, le chauffage solaire etc…
et comment tout cela fonctionne t’il?
    Ce sont des installations très différentes et assez complexes et je vais donc faire un article sur chacune d’elles.
    Je vais commencer par la plus simple à expliquer : la chaudière à gaz à condensation (qu’elle soit dans une maison individuelle ou un immeuble).
    Référez vous au schéma ci dessous :
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    Dans une chaudière à gaz ancienne, une rampe à gaz chauffe le corps de la chaudière qui contient des tubes dans lesquels circule de l’eau. Le gaz brûle en produisant du CO2 et de l’eau sous forme de vapeur : l’ensemble constitue les « fumées », qui, si la chaudière est bien réglée ne contiennent pas de particules et sont donc blanches comme la vapeur qu’elle contiennent (CO2 est incolore). Ces fumées ont une température d’environ 200 d°C à la sortie de la chaudière et au départ de la cheminée. Une partie de l’énergie calorifique est donc emportée par ces fumées (environ 15%).
    La chaudière à condensation a pour but de récupérer une partie de cette chaleur d’une part en faisant chauffer l’eau de retour des radiateurs par les fumées dans un échangeur. Les fumées passent ainsi de 200 à 50 d°C environ, et d’autre part en condensant la vapeur en eau, au contact des tuyaux de retour relativement froids.
    Cette eau condensée est évidemment évacuée.
    En se condensant l’eau restitue ce que l’on appelle la « chaleur de vaporisation » qui est en partie récupérée par l’eau de retour, qui est ainsi réchauffée par les fumée et la condensation, avant de repasser devant la rampe à gaz.
    On peut réaliser ainsi une économie de 5 à 10% de gaz, par rapport à une chaudière classique, mais il faut connaître quelques éléments supplémentaires pour savoir si une telle chaudière, qui coûte environ 20% de plus, est rentable.

    D’abord le changement de chaudière est onéreux (3.000 à 10.000 €, voire plus dans un immeuble) et donc cela n’est rentable que si votre chaudière est ancienne et amortie financièrement. De plus il faudra changer les tuyauteries au voisinage de la chaudière pour que l’eau de retour des radiateurs lui soit raccordée.
    Ensuite n’écoutez pas les sirènes qui vous prédisent 30% d’économie.
    Une partie du rendement de votre échangeur supplémentaire dépend de la condensation de la vapeur, qui se fera d’autant mieux que la température de l’eau de retour des radiateurs est basse, car c’est ce « froid » qui fait condenser la vapeur.
    Donc si vous avez des radiateurs « basse température » ou un chauffage par le sol, vous pouvez espérer un gain jusqu’à 10%. Par contre avec des radiateurs normaux et notamment dans un immeuble, la température de retour de l’eau est de l’ordre de 55 d° et il ne faut guère espérer un gain supérieur à 5%.
    Le gain peut être plus important si vos chaudières sont très vieilles, mais il n’est pas alors dû à la seule condensation, mais au rendement de la chaudière neuve, nettement plus élevé.
    Il faut également se renseigner, car il y a des aides et déductions d’impôt, pour l’installation de telles chaudières.
    Certaines aides sont sous conditions de ressources. Le crédit d’impôt et la TVA à taux réduit sont applicables à toute installation faite par un professionnel.
    Certaines primes sont réservées aux « propriétaires occupants » également sous conditions de ressources.

Vendredi 22 août 2014 à 8:51

Energie, nucléaire, économies

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    La production de l’énergie produite par les courants en milieu marin, est suffisamment importante pour être traitée de façon spécifique.
    Comme l'éolien, l'énergie des courants de marée est intermittente avec des variations d'intensité liées au cycle de la marée (le courant est faible quand la mer est étale, soit quatre fois par 24 heures) et de son coefficient. Mais cette force du courant n'est pas dépendante de la météo mais de la lune : on peut donc faire des prévisions des années à l'avance et estimer avec précision la production d’électricité.
    C'est un domaine assez prometteur puisque l'on estime que, pour s'en tenir aux seules hydroliennes, la puissance installée dans le monde serait de l'ordre de 2-3 gigawatts en 2020 et entre 20 et 30 gigawatts en 2030.
    Pour notre seul pays, le potentiel d'exploitation est de l'ordre de 2,5 gigawatts (c'est le second en Europe, après celui des îles Britanniques), correspondant à un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros en 2020 et de 10 milliards d'euros en 2030.
    Le développement de ces technologies se fera en trois étapes avec des enjeux différents.
    Le premier enjeu est d'ordre purement technologique, pour faire des démonstrations à l'échelle unitaire. Il est actuellement réalisé dans la firme française DCNS et ses filiales.
    Le deuxième enjeu est industriel, celui de la ferme pilote, pour faire marcher plusieurs machines ensemble avec un coût de l'énergie pertinent et un développement commercial.

    DCNS veut faire de Cherbourg, où le groupe naval construit des sous-marins, son site de fabrication d'hydroliennes. Situé à quelques encablures du Raz Blanchard, c'est l'un des plus gros gisements mondiaux de courants de marée.
    Il s’agira, à terme, de produire à Cherbourg 100 hydroliennes par an, (donc tous les deux jours) une machine de la taille d'un immeuble de 7 étages.
    Cherbourg est un établissement où sont produits depuis plus de cent ans, les sous-marins et il est donc habitué aux études de grosse mécanique, de moteurs et de production de courants électriques.
    Le projet serait de construire un millier d’hydroliennes de 2,5 MW, dans le Raz Blanchard (2,5 Gw est équivalent à 1,5 centrale nucléaire.
    Situé entre La Hague et l'île anglo-normande d'Aurigny (Alderney pour les Anglais), ce passage d'une quinzaine de kilomètres est l'un des sites côtiers français où les courants de marées sont les plus forts, et le "troisième gisement mondial", après la baie de Fundy à l'est du Canada et un site au nord de l'Ecosse.
    L'autre atout de ce site est sa proximité avec la centrale nucléaire de Flamanville : les hydroliennes pourront en effet être "branchées" sur le réseau électrique de la centrale, moyennant sa "mise à niveau" par EdF pour le rendre capable de recevoir l'énergie supplémentaire.

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   La filiale Openhydro de DCNS a mis au point une turbine sous-marine, à axe horizontal avec génératrice périphérique à aimants permanents, complètement intégrée dans la carène qui supporte l’hélice. La machine est fixée sur un tripode métallique par 30 mètres de fond. L’arrimage au sol est en effet un problème difficile. La hauteur totale est de 21 mètres au dessus du fond et le poids de la machine est d’environ 700 tonnes.
    La turbine fait 16 mètres de diamètre. Son centre ouvert laisse un passage à la faune marine. La turbine est réversible, pour s’adapter au changement de sens du courant.
    La roue, constituée de pales fixes et bi-directionnelles, est en fibre de verre et présente la particularité d'être évidée en son centre, permettant ainsi le passage des poissons et mammifères marins dans un n orifice de 3 mètres de diamètres. Le maintien et le guidage de l'ensemble roue / rotor dans son logement sont assurés par des paliers pour les faibles vitesses puis par la création d'un film d'eau à vitesse nominale.
    Openhydro a déjà réalisé en 2011 une turbine expérimentale pilote pour l’EDF, de 0.5 MW, à Paimpol-Bréhat, qui fonctionne depuis 2011. Deux nouvelles turbines de 16mètres de 2,5 Mw vont être testées, raccordées au réseau, pour pouvoir démontrer la fiabilité à long terme d’une technologie totalement innovante en situation réelle. Cette phase pilote permettra le déploiement à partir de 2016 de fermes pré-commerciales et le développement d’une filière industrielle de l’hydrolien en France.

    Openhydro a également été sélectionnée par le Ministère de l’Energie de Nouvelle-Ecosse, au Canada, pour la réalisation d’une ferme pilote d’hydroliennes sur le site expérimental du Centre de recherche FORCE (Fundy Ocean Research Centre for Energy).
    OpenHydro va procéder au déploiement d’une ferme pilote d’hydroliennes d’une puissance de 4 MW qui sera intégralement raccordée au réseau électrique en 2015. Ce système sera composé de deux turbines de 16 mètres (2,0 MW). Ce projet sera réalisé par un consortium dirigé par OpenHydro, conjointement avec la société d’énergie Emera basée en Nouvelle-Ecosse
    A terme, ce sera le premier système au monde d’hydroliennes interconnectées d’une capacité de plusieurs mégawatts permettant de fournir de l’électricité à plus de 1 000 habitants de la Nouvelle-Ecosse.
    La réalisation de telles installations est complexe, car à coté des matériels eux mêmes, il faut faire de nombreuses études d’interférence avec le courant pour optimiser le rendement des machines.
   

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