Vendredi 5 juin 2020 à 10:20

Psychologie, comportement

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/phobiessociales28.jpg 

  De nombreuses personnes sont timides, en particulier des enfants, et cela perturbe leur vie sociale pendant quelques temps, mais d’autres personnes, peu nombreuses souffrent de phobie sociale et là, c’est une véritable maladie.

  La phobie sociale n’est pas une grande timidité; la timidité, éventuellement avec un soutien extérieur, peut être peu à peu vaincue quand on se confronte régulièrement aux difficultés qu’elle suscite, qui relèvent de l’embarras; la phobie au contraire s’aggrave face aux situations qui la provoquent et elle relève davantage de la honte que de l’embarras : on craint toujours d’être humilié et que l’on se moque de vous.avec des réactions physiques importantes et du stress qui peut aller jusqu’à la panique.

Les personnes atteintes de phobie sociale se dévaluent en permanence, ont peur de ne pas être à la hauteur, et se trouve une multitude de défauts qu’elles tentent de cacher aux autres. Ces troubles peuvent s’accompagner de manifestations diverses, la peur de le foule (agoraphobie) ou la peur de voir le visage des autres par exemple.

Ce dernier cas a fait l’objet d’études cliniques, qui ont montré certaines anomalies du fonctionnement cérébral.

Le développement des réseaux sociaux et des relations sur internet a aggravé les situations : on pourrait croire qu’internet, qui ne nécessite pas de contact physique, faciliterait la communication. C’est vrai pour les personnes timides.qui ont des difficultés à nouer des liens dans les situations concrètes de la vie, mais au contraire les phobiques craignet le harcelement d’inconnus et se referment encore plus sur eux=mêmes.

Les études sous IRM ont montré des anomalies de fonctionnement des centres amygdaliens (qui sont à l’origine de la peur et du stress), mais aussi des cortex préfrontal médian et dorsolatéral, de l’insula et du cortex cingulaire ‘en communication avec l’hippocampe (qui oriente la mémoire), centre qui sont à l’origine des stimuli émotionnels, de la perception de soi et de l’évaluation de la pensée des autres (ce que kes psys appellent du nom barbare de “théorie de l’esprit”). Les centres amygdaliens sont en général suractifs et engendrent des réactions exagérés du système sympathique et la production enexcès de cortisol, l’hormone du stress. Des études sur des jumeaux ont fait apparaître une composante génétique sans qu’on puisse préciser les gènes concernés…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour lutter contre la peur du regard des autres, les psychologues préconisent des exercices assez particuliers pour dédramatiser ces situations dans lesquelles on se sent gêné.

    Je cite comme exemple l’un d’entre eux :

 

    “ Des camarades doivent emmener la personne phobique dans le métro et,  lui chanter, devant tout le monde: « Joyeux anniversaire ! . La personne se sent alors au centre de tous les regards, mais on lui demande de ne pas baisser les yeux, et de ne pas quitter le wagon. Elle doit rester pendant dix minutes dans une situation embarrassante. Progressivement son rythme cardiaque, sa tension et sa transpiration diminuent; après ces minutes qui semblent interminables, elle se retrouve dans une situation qui, habituellement, déclenche sa panique, mais qui désormais l’affole moins. Des passagers lui tapent parfois sur l'épaule en descendant du wagon et lui lancent: « Joyeux anniversaire! . A ce moment,la personne s'aperçoit qu'il s'agit d'un « non-événement », et cette prise de conscience change sa vision de la vie en société. Alors qu'elle croyait être jugée négativement par les autres, elle s'aperçoit que le jugement d’autrui peut être bienveillant.”

 

    Lorsqu’une personne phobique est laissée face à ses peurs, les évitements permettent de fuir les situations angoissantes, mais la maintiennent  dans l'idée fausse qu'elle ne peut les affronter. 

    Il faut donc lui apprendre à s'exposer à des niveaux croissants d'anxiété, en provoquant des situations faiblement, puis plus fortement anxiogènes (aborder des inconnus, se faire remarquer dans un lieu public, prendre la parole dans une réunion, etc.). 

    Elle peut alors constater que son angoisse peut être forte « à l'intérieur» sans que cela soit perçu par les autres, ce qui n'a pas de conséquences. 

 

Samedi 20 juillet 2019 à 16:04

Psychologie, comportement

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/Insolitepourquoilesfemmessontbavardes.jpg
     J’ai lu un article d’une revue, qui affirmait que les femmes étaient plus bavardes que les hommes, parce qu’elles possédaient une quantité plus grande de protéine FoxP2, et le journaliste citait des essais biologique sur des souris comme exemple (des souris de laboratoire à 4 pattes deux oreilles et une grande queue !)
    J’avoue que cela m’a fait rire et je pense que le journaliste, ou n’a rien compris à ce qui était exlpiqué dans ces essais, ou a voulu faire du sensationnel, sans vérifier ces dires.

    D’abord qu’est ce que cette protéine FOXP2
    La protéine « Forkhead-box P2 » (FOXP2) est une grosse protéine, qui contient 715 acides aminés.  Présente dans un gène du chromosome 7 chez les humains, dès le foetus, elle a un rôle de transcription dans la formation des centres du cerveau qui commandent les mouvements, notamment l’aire de mouvements complexe qui participe à l’articulation du langage et surtout les ganglions de la base  (notamment le noyau caudé), et du cervelet, qui jouent un grand rôle dans l'apprentissage des capacités motrices complexes, elle joue peut être un rôle dans la formation d’une partie du centre de Broca
    Les modifications de cette protéine peuvent entraîner une inaptitude à prononcer les mots, et à utiliser syntaxe et grammaire et des difficultés dans l’apprentissage d’automatismes. Il s’ensuit des troubles de l’expression orale qui peuvent être très importants, voire une difficulté d’apprentissage du langage écrit et donc des difficultés de communication.
    Chez la souris, la quantité de FoxP2 est plus forte dans le cerveau des souriceaux mâles que des femelles, or ceux-ci interagissent plus avec leur mère par ultrasons.
    Chez les oiseaux sa présence augmente en phase d’apprentissage du chant dans l’équivalent du striatum humain, qui intervient dans la gestion des mouvements et surtout dans la motivation sexuelle et alimentaire et les circuits du plaisir. En la réduisant, on perturbe cet apprentissage en diminuant la coordination motrice du chant.
    Chez l’être humain, la présence de FoxP2 s’est avérée plus importante à l’autopsie dans le cerveau gauche de filles que de garçons, âgés de 4 ans, ce qui a été rapproché de la meilleure maîtrise verbale observée à cet âge chez les filles. Mais il n’y a aucune preuve de cause à effet.

    Les femmes sont elles plus bavardes que les hommes ?
    C’est une idée assez répandue, mais la réalité est différente.
    D’abord cela dépend des individus, qu’ils soient homme ou femme.
    Les extravertis, qui tirent leur motivation du contact aux autres, parlent beaucoup plus que les introvertis, qui sont à l’aise dans leur univers intérieur. Il leur arrive même de parler sans réfléchir, alors que les introvertis réfléchissent d’abord, mais en oublient parfois de parler.
    Ensuite la formation des personnes à l’expression orale joue. Quelqu’un habitué à intervenir en public, bien qu’introverti, parlera probablement plus facilement.
    Et le sujet est important : la plupart du temps, les hommes seront plus bavards à propos de football, et les femmes sur la mode ou la beauté. Un ingénieur parlera plus technique et un artiste de son art.
    En moyenne et à priori avant éducation, il y a peu de différence entre les capacités d’un homme et d’une femme. De même pour une formation identique, chez les adultes.
    Par contre la formation du cerveau n’est pas aussi rapide pour les hommes et les femmes, sur certains points.
    On admet que chez le enfants, les filles sont meilleures en expression orale et les hommes en orientation spatiale. Mais ensuite les différences s’atténuent chez les adolescents.
     Il est possible que la protéine Fox soit pour une part responsable de la meilleure performance des petites filles en communication orale, mais rien ne le prouve, et l’éducation et le rôle des parents doit probablement être aussi influents.

    Je pense donc qu’il n’est pas judicieux de tirer de conclusion générale hâtive, et que dans ce domaine de facilité de discussion, a protéine FOXP2 n’est pas l’essentiel.
   


Samedi 25 mai 2019 à 6:15

Psychologie, comportement

       http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/citationclaudedebussy109808.png
     J’ai fait partie de laboratoires ou d’entreprises où l’on confiait des postes importants à certains ingénieurs, mais seulement après s’être assuré qu’ils avaient les compétences et les connaissances pour l’assumer.
    Mais bin entendu, au début de leur nouvelles fonctions, on les suivait de plus près et on les aidait au besoin, car il fllait un certain temps pour qu’ils aient pris l’expérience de ce nouvel emploi.
    Ils acceptaient et même souhaitaient cette petite tutelle provisoire, car ils étaient prudents et modestes et savaient que l’expérience ne s »’acquiert que peu à peu.
    Il y a 50 ans, on faisait confiance aux professeurs pour enseigner à nos enfants et au médecin pour nous soigner.

    Et je suis étonné de voir aujourd’hui le nombre de personnes qui ont un « sentiment de supériorité » et en particulier veulent élaborer les méthodes pédagogique à la place des enseignants ou soigner leurs famille à la place du médecin, alors qu’ils n’ont pas la compétence pour le faire.
    Et en lisant les réponses aux questions du « grand débat », je m’aperçois que cela est vrai dans bien des domaines.
    Certes il fut faire des propositions, des suggestions, mais il faut en même temps être conscient qu’on ne connait pas bien le dossier et que donc celles-ci ne sont pas forcément faisables.
    Mais je me suis demandé d’où venait cette assurance de certains, et j’ai trouvé quelques articles faisant état d’études sur ce sujet.

    Nous avons parfois trop confiance en nous même et nous sommes alors mauvais juges de nos aptitudes. (Il y a par contre aussi d’autres personnes qui n’ont pas confiance en elles).
    Lorsque nous prenons une décision, certes il nous arrive de raisonner, (c’est le cortex préfrontal qui s’en charge), mais il y a tout un mécanisme de réflexion inconscients qui y participe (une grande partie du cerveau émotionnel, et notamment de l’hippocampe qui a accès aux souvenirs), qui aide à prendre des décisions rapidement.
    Bien entendu ce mécanisme est moins fiable (on l’appelle une « heuristique »), et on se trompe parfois.
    Mais pour peu qu’on ait réussi deux ou trois fois, cela nous convainc d’une certaine compétence, même dans des domaines où nous sommes ignorants. C’est dangereux !
    C’est un sentiment illusoire de compétence et de supériorité intellectuelle.
    Il est exacerbé par le pouvoir, et beaucoup de nos politiques ont ainsi la croyance d’être infaillibles, jusqu’au jour où les faits leur montre qu’ils ont fait fausse route.

    Pourquoi évaluons nous aussi mal nos capacités ?
    Les psychologues ont montré que les personnes à faible QI, ou qui ont une faible instruction sont celles qui préjugent le plus de leusrs capacités. C’est probablement une réaction instinctive de souffrance de leur faible niveau et de désir inconscient d’être plus intelligents ou plus instruits.
    La quantité d’informations disponible joue également.
    Devant un sujet que nous connaissons mal, nous sommes conscient que nous manquons d’information et nous en cherchons; Mais avec la facilité que procure internet, nous sommes très vite à la tête d’une très grande quantité de données (plus ou moins pertinentes d’ailleurs), et nous pensons à un moment donné, avoir assez de connaissances pour traiter la question. Google est le responsable de notre croyance de supériorité intellectuelle.
    Mais quelqu’un d’intelligent poursuit alors son étude, se pose mille questions sur ce qu’il comprend mal, et il découvrira alors la complexité des phénomènes et l’énorme lacune de ses connaissances.
    Bien sûr nous nous surestimons davantage quand nous faisons appel à des connaissances récemment acquises, que lorsque nous nous basons sur une exparience que nous avons mis des années à acquérir.
    Il faut bien connaître un domaine pour ne pas surestimer sre capacités dans ce domaine.
    Un certain égocentrisme joue également.
    Les chercheurs ont montré que nous surestimons nos capacités par rapport à celles des autres et également celle de notre famille et de nos proches.
    L’un de domaines où nous surestimons souvent la situation, c’est celui de notre santé (mais à l’inverse il y a les hypochondriaques).
    Enfin la difficulté des tâches joue également : on se  surestime sur une tâche facile, mais au contraire on se sous-estime sur une tâche difficile.
    La civilisation interviendrait aussi. Les Américains seraient plus vaniteux et sûrs d’eux que les Européens et ceux-ci que les Asiatiques, et en dernier les Africains.
    Mais les psychologues n’ont ps réussi à montrer un lien étroit avec l’estime de soi.

    En définitive, le sentiment de supériorité est en quelque sorte un biais cognitif inné, très variable selon les personnes (il y a le biais opposé de sentiment d’infériorité). Mais on peut le rattacher à un autre biais de’optimisme excessif nous faisant sous-estimer les difficultés, et à une illusion de contrôle qui nous fait croire que nous maîtrisons une situation, alors que celle-ci est bezucoup plus complexe que nous ne pensons.

Samedi 13 avril 2019 à 17:27

Psychologie, comportement

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/images-copie-9.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Image4/1099059GRANDDOUDOUCHATBEIGESucredorge31.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Image4/images1-copie-4.jpg
    J’ai lu avec intérêt un article de Nicolas Guéguen, directeur du Laboratoire d’Ergonomie des systèmes, traitement de l’information et comportement (LESTIC), à Vannes, sur les ….. « doudous ».
Et oui, une étude sérieuse sur ce objet cher aux petits enfants et cela m’a rappelé beaucoup de souvenirs personnels.
    Jusque là je n’avais lu qu’une seule étude, très empreinte des théories de Freud et qui traitait le doudou « d’objet contra-phobique » !
    Celle-ci est beaucoup plus simple, réaliste et imagée. Je vous la résume, avec quelques compléments personnels, de mon enfance, de celle de mes enfants , et d’une de mes filles, puéricultrice dans une crèche..

    Le doudou doit être doux, facile à saisir et à sucer. C’est un objet très précieux auquel beaucoup d’enfants s’attachent entre 6 mois et 3/4 ans, une peluche ou un simple chiffon. Il parait que certaines jeunes femmes en ont encore besoin le soir pour s’endormir, mais c’est plus rar. Par contre beaucoup d’adultes, hommes et femmes, gardent leur doudou, en souvenir de leur enfance.
    J’ai eu un petit chien en peluche comme doudou, de 6 mois à 3 ans. Il est ensuite resté dans mon armoire à vêtements et lorsque, à 20 ans j’étais à lécole Polytechnique, ma mère a jeté ce vestige tout rapé et sale. Je ne sis pas si j’aurais accepté qu’elle le fasse si elle me l’avait demandé : ce chien avait autant de valeur dans mes souvenirs d’enfant qu’un vrai chien qui, par la suite a partagé 18 ans de ma vie.

    Que représente ce doudou ?

        Le doudou remplace d’abord la mère :

    Lorsqu’il vient de naître, le bébé a une relation fusionnelle avec sa mère : pour lui, elle est la pour subvenir à tous ses besoins dès qu’il donne un signe de désir ou de détresse: nourriture, sommeil, propreté, jouer… Il reconnait sa voix, son odeur, puis son visage, ses gestes…
    Mais au bout de quelques mois il va s’apercevoir que cette mère à lui, a d’autres occupations due prendre soin de lui en permanence, et il va être obligé de l’accepter, de s’y résoudre.
    Dans les six premiers mois, il va découvrir visuellement son environnement, puis son système d’apprentissage va lui apperendre à se servir de ses mains pour essayer de prendre ses pieds, les mains de sa mère, des objets accrochés à son lit; ce sera plus facile lorsqu’il pourra s’asseoir à 6 mois. Il va alors faire une découverte: que les objets ont une existence propre, qu’ils continuent à exister lorsqu’il ne les voit plu, et qu’il peut ensuite les retrouver et les reprendre, et il en garde des images mentales pour les reconnaître.
    L’enfant est maintenant capable d’avoir un doudou, qui va être là quand sa mère n’y est pas: c’est l’épreuve de la distanciation avec sa mère et le doudou est le premier objet sur lequel l’enfant peut avoir à disposition sous sa main. C’est leur objet et d’ailleurs, il est très rare dans une crèche, que le bébé prenne le doudou d’un autre bébé : c’est son doudou qui est le substitut maternel, même si bien sûr, il préfère encore la présence de sa mère.
    Son rôle est de permettre la séparation progressive avec les parents. Le doudou permet de se confronter au monde extérieur tout en se sentant rassuré. L'enfant va vers ce qu'il ne connaît pas mais peut se rassurer grâce à son doudou.

        Puis le doudou s’identifie à l’enfant lui même :

    Des études du comportement d’enfants ont montré que celui-ci tient à un objet qu’il aime, et qu’il ne veut pas le céder, d’autant plus qu’il se sent menacé et qu’il n’a pas confiance en soi.
    Une peur, une fatigue, une douleur, une contrariété après une remontrance, font que l’enfant se recroqueville dans un coin, en serrant son doudou contre lui. C’est un substitut rassurant de la mère, mais c’est aussi un refuge pour l’estime de soi; le doudou c’est alors un peu l’enfant lui-même.

        C’est un objet qui rassure mais pas pour tous :

    Des études ont été faites sur des enfants et ont montré que leur attachement pour le doudou n’était pas le même, certains ne se séparant jamais de leur doudou et étant stressés lorsqu’il n’était pas avec lui, d’autres le considérant seulement comme leur jouet préféré, mais ayant d’autres centres de préoccupation.
    Des essais fait lors d’événements stressants, par exemple un examen médical, ontmontré que la présence de la mère était toujours rassurante pour l’enfant, mais que celle du doudou l’était aussi pour les enfants pou lesquels il était indispensable, mais beaucoup moins pour ceux pour lesquels il n’était qu’un jouet
    Il semble que ce soit le contact avec le doudou qui soit rassurant, l’enfant le triturant dans ses mains et le serrant contre lui, en cas de stress.

        Ce qui compte c’est le « vécu »

    Le doudou n’est pas un jouet comme les autres; ce qui compte, ce n’est pas l’objet mais le « vécu » partagé avec l’enfant, l’attachement sentimental.
    Un de mes enfants avait un doudou qui était tout déchiré et crasseux. On l’avait lavé à la machine, mais son état était encore un peu plus délabré et il devenait dangereux. En cherchant dans les magasins, on a trouvé exactement le même neuf. D’habitude des jouets neufs faisaient toujours plaisir, mais là, le doudou neuf a été refusé et mon fils a mis plus d’un mois à s’y habituer : il n’avait pas partagé avec lui le passé !
    Une de mes petites filles, qui aavit 18 mois, a fait une crise de larmes, parce que sa mère avait lavé à la machine le doudou répugnant de saleté. Mais il n’avait sans doute plus la même odeur rassurante, il était un peu plus raide. Au bout de quelque jours, un peu sali et trituré, il était de nouveau adopté.
    Ma fille m’a confirmé qu’en crèche, il n’y a pas d’échange ou de vol de doudou. Il n’a de valeur que pour l’enfant avec lequel il a passé la tendre enfance. Deux enfants qui avaient des doudous identiques ne se les échangeaient pas : sans doute n’avaient ils pas le même toucher, la même odeur, voire le même goût !

        Son importance diminue en général vers 3 ans :

    Le doudou est une relation normale, qui ne préjuge en rien de l’état psychologique de l’enfant. Les enfant qui ne peuvent se passer de leur doudou ne sont pas plus stressés en moyenne que ceux qui n’en ont pas un besoin permanent.
    Les parents ne sont pas en général inquiets car au moins l’un deux a eu un doudou autrefois, et ils constatent l’effet apaisant sur leur enfant.
    En général le besoin s’estompe vers 3 ou 4 ans. Personnellement, ayant une mère qui ne travaillait pas et une grand-mère et un grand père qui s’occupaient très souvent de moi, je n’ai lus eu besoin de mon chien en peluche, à partir de 2 ans, quand j’ai su parler, car j’avais plein de choses à faire. Il m’attendait sagement sur l’orillet de mon lit pour m’aider à m’endormir.
    Mais pour certains enfants se séparer du doudou peut être un traumatisme, et donc il ne faut jamais le faire brutalement, mais progressivement en aidant l’enfant à voir d’autres acspects de son environnement, dans un esprit ludique.

Jeudi 25 octobre 2018 à 17:04

Psychologie, comportement

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures4/Unknown-copie-4.jpg
    Bien que je possède un vocabulaire assez important (environ 60 000 mots), je découvre toutes les semaines des mots que je ne connaissais pas.
    Cette semaine c’est une de mes petites filles, qui fait une thèse de psychologie et vient de choisir son sujet : « l’orthorexie ». Savez vous ce que c’est ?

    Si vous écoutez la télévision ou lisez quelques journaux, si vous suivez des blogs ou des forums sur internet, vous devez être saturés d’informations concernant la nourriture.
    Cela peut être des recettes pour « bien manger » et avoir le plaisir du goût, mais le plus souvent  ce sont des information de dangers : la viande et les abats au temps de la vache folle, les canards de la grippe aviaire, les maladies causées par les pesticides….
    Là ce sont des dangers précis, même si les médias les exagèrent parfois, mais en permanence, nous avons des mises en garde contre tel ou tel additif, tel produit présent dans l’environnement qui risque de se retrouver dans la nourriture.
    Les médias ont trouvé là, une tarte à la crème, mais aussi de nombreuses personnes qui y voient un moyen de gagner de l’argent, en fonction de la mode et au dépends de la crédulité de leurs interlocuteurs.
    Je remarque que la plupart de ces informations sont purement qualitatives, sans chiffres et sans références précises d’études scientifiques.
    Or d’une part, avec les moyens modernes d’analyse, on peut trouver des traces infimes de n’importe quel produit, et d’autre part tout est question de quantité : au dessous d’une certaine dose tout produit est inoffensif et au delà d’une dose, en général beaucoup plus forte, il devient dangereux : faites boire en très peu de temps 30 litres d’eau pure à une personne et elle mourra d’œdèmes !.
    Et quand des statistiques sont données, on ne cite pas les sources, on ne dit pas dans quelles conditions elles ont été mesurées, elles semblent peu crédibles car les phénomènes ont des causes très nombreuses et une analyse multi-critères est très difficile à faire. Enfin souvent, on confond une corrélation (deux phénomènes liés, mais on ne sait par quoi) et une relation de cause à effet.
    Mais il est certain qu’avec ce battage médiatique, les gens ont de quoi être inquiets.
    Sans parler des gens qui veulent perdre quelques kilos et qui trouvent maintes recettes tous les jours dans la pub sur la télé et sur internet.
    Alors on prône maintes solutions pour diminuer le risque de mauvaises conséquences de notre alimentation et surtout l’inquiétude grandissante des personnes : dates de péremption, composition, traçabilité, contrôle de l’origine, labels multiples…).
    Des logiciels apparaissent sur les smartphones qui donnent un avis (pas très justifié) quant à la « consommabilité » du produit : bon, moyen, mauvais, très mauvais. (Il faut bien que les informaticiens gagnent leur vie !).
    Les autorités sanitaires défendent d’ailleurs ces actions et poussent à légiférer.
    Mais la réduction du risque par le contrôle accroît la peur du risque. L’appareil législatif et réglementaire inflationniste génère un effet pervers très contre-productif de majoration du danger imaginé.

    Venons en à « l’orthorexie » (du grec orthos, « correct », et orexis, « appétit ») Qu’est ce ?
    Ce terme a été créé en 1997 par le Dr Steven Bratman qui propose de considérer cette pratique comme un trouble des conduites alimentaires, comme le sont l’anorexie ou la boulimie, plus connus de tous.
    C’est « un ensemble de pratiques alimentaires, caractérisé par la volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains ».
    La personne orthorexique pousse à l'extrême l'idée d'une saine alimentation en planifiant longuement cette dernière pour réduire sa consommation de toute substance qu'elle considère nuisible à sa santé.
    L’orthorexique se fixe une éthique alimentaire rigoureuse, composée de règles strictes, qu’il s’astreint à respecter quotidiennement : concernant le choix et le rituel d’achat des aliments, leur préparation, leur cuisson, etc. Il ne cesse de planifier, sur un terme plus ou moins long, ce qu’il va manger et dans quelles conditions.

    L'orthorexie ne figure pas dans le manuel de référence en psychiatrie, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), mais elle commence à faire l’objet d’étude, et les écrits de madame Camille Adamiec, Docteur en Sociologie et professeur  à l’Université de Strasbourg, sont intéressants à lire. (vous trouverez sur internet un CV étonnant de ce chercheur et la liste de ses publications).
Patrick Denoux, professeur de psychologie interculturelle à l’Université de Toulouse Montmirail est également l’auteur de différentes publications sur le thème de l’alimentation et des nouvelles obsessions qu’elle génère. Nathalie Dumet, psychologue clinicienne, a publié divers cas dans « L’inconscience dans l’assiette ».

    Le problème c’est de différencier le juste souci que nous avons de manger sain, d’une part d’une exagération due au battage médiatique et d’autre part d’une véritable obsession que l’on peut considérer comme pathologique. Cela ne semble pas facile.
    En fait quand nous faisons nos courses alimentaires, nous avons une offre démentielle de centaines de repas et de produits différents, la pub nous vantant chacun d’entre eux dans ce milieu ultra-concurrentiel. Il me paraît donc normal que nous ayons le désir d’ordonner une offre de consommation anarchique qui n’obéit à aucune valeur sinon celle du marché et du profit, et ceci dans un environnement aux risques multiples.
    Les pratiques traditionnelles ont également changé. L’approvisionnement local a été en ville replacé par le supermarché, les couples travaillent en général tous deux et sont dans une situation de stress et d’urgence, et on recherche de plus en plus des plats tout faits ou une cuisine rapide et simple.

    Je connais un camarade qui a remplacé dans son alimentation tout le lait et les yaourts par du lait de soja, (qui n’est pas un lait mais un jus), parce qu’on en vante les bienfaits sur le cholestérol et l’ostéoporose. Mais à haute dose le soja peut aussi être nocif et les occidentaux sont moins habitués que les asiatiques à le tolérer. Cette personne a déclenché des réactions allergiques et une carence calcique et a dû arrêter son habitude alimentaire. Mais était-ce vraiment une obsession.?
    Je connais aussi quelqu’un qui a banni tout à coup toute consommation de gluten (et cela complique singulièrement ses courses). Pourtant elle n’a jamais été sensible ou allergique au gluten. Cela frise l’obsession, mais est ce vraiment pathologique ? Elle est cependant assez hypochondriaque.
    Patrick Denoux cite des pratiques plus bizarres :  « ne pas manger de légumes qui ont quitté le contact avec la terre depuis plus de 15 mn, mâcher au moins 50 fois chaque bouchée avant de l’ingurgiter, ne jamais être rassasié, ne manger que du poisson mais pas d’œufs, certains légumes mais pas tous, tant de fois à tel moment de telle façon, effectuer 12 petits repas par jour d’un seul aliment chaque fois, consommer chaque jour 80 suppléments alimentaires provenant de magasins diététiques….. »
    Un tel carcan conduit inévitablement à une restriction considérable de la socialité, obligeant pour chaque invitation à se déplacer muni d’un menu alimentaire restreint.
    J’ai trouvé dans mes lectures, cette différenciation : « Vous êtes orthorexique quand votre vie tourne entièrement autour de l'alimentation. Le point de bascule, c'est quand on ne peut plus faire autrement, par exemple, quand on commence à refuser des repas chez des amis uniquement pour cette raison. »

    Et il faudrait alors aborder un autre sujet qui relève de la psychologie  : ces excès sont ils la conséquence d’un malaise, de problèmes psychologiques, qui ont engendrés cette pathologie ?

    Mais beaucoup de personnes n’en sont pas là et cèdent simplement à la mode, au battage médiatique, à l’inquiétude ou au souci d’être mieux et plus attrayant(e).
    A mon avis, dans ce cas :
           - Il faut limiter le temps de préoccupation à la recherche de manger sain, sinon cela devient très chronophage et on n'a plus de vie sociale.
          - Il vaut mieux consulter un nutritionniste, un médecin, un vrai professionnel, que de récolter des conseils plus ou moins sérieux à droite et à gauche.                       
         - Il ne faut pas croire toutes les publicités, les gens qui veulent se faire remarquer ou vous arnaquer, les gourous.
        - il faut déculpabiliser le « plaisir de manger » et remettre à l’honneur la pratique de la « bonne cuisine ».

    Et je remercie ma petite fille, qui a piqué ma curiosité et m’a fait chercher des documents qui expliquent ce qu’était l’orthorexie. Je lirai avec plaisir et intérêt ce qu’elle va écrire dans sa thèse.

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures4/csmdessindefinitif156c55148135d-copie-1.png

Jeudi 11 octobre 2018 à 18:21

Psychologie, comportement

     http://lancien.cowblog.fr/images/Psycho/images-copie-1.jpg
     Je disais dans un précédent article qu’il fallait apprendre le bonheur à nos enfants.
    J’ai reçu plusieurs mails, notamment d’un lecteur anglais, qui me demandent de traiter davantage ce problème.
    J’ai lu récemment un article de deu psychologues de l’Université de Grenoble, mesdames Shankland et Lantheaume, sur une théorie sur le bonheur et la psychologie positive de Martin Seligman : le modèle « PERMA ».
    J’ai trouvé cet article très intéressant et je vais essayer de le résumer ici, tout en y rajoutant des actions issue de mon expérience de « vieux singe ».

    Le modèle « PERMA » explicite 5 domaines de recherche du bonheur que je vais décrire succinctement (voir schéma ci-dessous) :
http://lancien.cowblog.fr/images/autre201809220001.jpg
Des émotions positives :

    Notre cerveau a tendance à privilégier les émotions négatives, les problèmes préoccupants, menaçants ou angoissants de tous les instants, plutôt que les événements positifs, heureux, satisfaisants.
    C’est une certaine suprématie des centres amygdaliens, qui gèrent la peur et le stress, sur le cortex préfrontal qui gère le raisonnable et réfléchit. C’est davantage le cas des jaunes dont le cortex préfrontal n’est pas encore mature (ille sera autour de 20 ans).
    Cette tendance qui est une orientation de notre attention, nous empêche de nous réjouir et de nous motiver lors d’événements heureux et d’autre part nous fait nous habituer au plaisir, et que cette habituation à trouver quelque chose agréable nous fait oublier ce plaisir et retrouver un niveau où les émotions négatives reprennent le pas.
    Tout ce qui représente une menace ou une critique attire notre attention et nous font rechercher de préférence les éléments qui les confirment au lieu de raisonner sainement sur le pour et le contre.
    Cette tendance est naturelle et héritée de l’évolution car c’est un réflexe de réaction rapide à un danger, mais elle diminue la satisfaction des événements positifs qui donnent un sens à notre vie.
    Certes ces signaux négatifs sont des alertes utiles, mais il faudrait apprendre à les maîtriser, à limiter leur ampleur, à les comparer avec logique à la réalité, pour s ‘ajuster au mieux aux situations : il faut rendre la primauté au cortex préfrontal sur les centres amygdaliens.
    Il m’est souvent arrivé d’aider des jeunes en difficulté face à des problèmes et la solution est d’arriver à les faire à nouveau raisonner sainement et logiquement, à leur faire décortiquer leur situation et à relever tous ses aspects positifs, tout en ramenant les éléments positifs à leur juste valeur. Il faut essayer de provoquer des émotions positives : joie, gratitude, sentiment de réussite, compétence et confiance en soi, fierté, passion, émerveillement. Un travail utile est de lister les actions qu’on a réussi et de lister aussi ses qualités et compétences.
    Il faut aussi sortir de sa passivité pour imaginer des solutions aux problèmes et se diriger volontairement vers l’action.

S’engager dans la vie :

    S’engager dans l’action est effectivement une seconde clé, trouver des occupations intéressantes, passionnantes et qui représentent un certain défi, un but à atteindre..
    L’obligation de se consacrer à ces tâches fait négliger les émotions négatives, et mobilise attention et concentration.   
    Se donner à fond finit par apporter une certaine conscience de maîtriser les situations et donc d’une certaine compétence et confiance en soi. Réussir des performances apporte un certain plaisir, provoque une certaine fierté, nous fait prendre conscience de notre valeur et finalement nous rapproche d’un sens donné à notre vie.
    Un bon moyen de débuter dans l’action est de partir de ses rêves, de trier ce qui est utopique et ce qui est possible, de faire alors des projets, de définir leurs buts et les moyens nécessaires matériels et humains.
    Il n’est pas indispensable d’être médecin et de sauver des vies humaine, d’être prix Nobel, acteur célèbre ou champion sportif pour que notre activité ait du sens.
    Il faut rechercher comment son activité se déroule au mieux, quelle est son utilité, quelq sont ses objectifs, ce qu’elle apporte à sa famille, ses collaborateurs, ses clients, et soi-même.

Avoir des relations constructives

    Effectivement, il ne faut pas négliger l’humain. Contrairement à ce que beaucoup croient , surtout en entreprise, il n’est pas nécessaire d’être orienté vers une compétition rude pour mieux réussir.
    L’esprit d’équipe, la coopération, la complémentarité des aptitudes, les discussions ou chacun apporte sa pierre sont essentielles pour arriver à mener des tâches complexe et donc elles apportent une certaine satisfaction, un certain bien être, car elles sont rassurantes et diminuent la sensation d’isolement, le risque de décider et d’agir seul, sans éléments suffisants de jugement.

Développer le sentiment d’accomplissement de soi
Donner un sens à sa vie.


    On rejoint là des éléments dont j’ai parlé en vous expliquant ce qu’était la « pyramide de Maslow » (article du 22/05/2018).
    Ce sont les aspirations normales lorsque les besoins matériels, de sécurité et de place dans la société sont déjà satisfaisants.
    Qu’est ce qui vaut que notre vie vaut d’être vécue.
    Cela dépend de facteurs nombreux.
    D’abord nos valeurs, nos goûts, des aspects raisonnables, mais aussi sentimentaux, qui peuvent relever de l’altruisme, de la justice, de la philosophie, de la religion….
    Nos liens sociaux et affectifs qui sont très importants.
    Nos aptitudes et nos capacités; l’expérience que nous avons acquise de la vie.
    Les buts que nous sommes fixés en fonction de nos aspirations.
    …et évidemment l’environnement et ses contraintes

    Bref on peut atteindre « l’accomplissement de soi » que Maslow plaçait au sommet de sa pyramide des besoins et aspirations humaines. C’est une composante du bonheur qui correspond en partie à la senssation de progresser ver des objectifs personnels que l’on s’est fixés, qui représentaient un certain défi et qui, si on les a atteints, représentent une réussite.
    Le commun des mortels a un expression réaliste « se sentir bien dans sa peau ».
    C’est malheureusement plus facile pour un optimiste que pour un pessimiste : les préférences cérébrales sont importantes et il faut essayer d’améliorer celles qui nous sont utiles.
    La recherche du bonheur impose de mettre en sommeil remords et regrets et de donner leur importance aux petites joies de tous les jours en vivant l’instant présent. « Carpe diem » disaient les Romains.

http://lancien.cowblog.fr/images/Psycho/images1-copie-1.jpg

Vendredi 4 mai 2018 à 18:00

Psychologie, comportement

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/jemennuie2.jpg

            Je suis toujours étonné par le nombre des personnes qui me disent qu'elles s'ennuient très souvent, surtout des ados ou des jeunes. Pourtant vu le nombre d'heures qu'ils passent à s'envoyer des SMS ou sur les réseaux sociaux, c'est surprenant.
           Le dicton populaire exagère un peu quand il dit que “l’oisiveté est la mère de tous les vices”, mais c’est vrai que s’ennuyer n’est pas bon.

            Pourquoi nous ennuyons nous; que nous arrive t'il ? Que disent les psychologues à ce sujet et qu'ont ils fait comme recherches dans ce domaine?

          D'abord quelques statistiques :
                   
 - l'ennui frappe plus les hommes : 30% de plus que les femmes.

                    - l'ennui est beaucoup plus important chez les jeunes : 4 fois plus fréquent à 25 qu'à 45 ans, puis il se stabilise.
                    - l'ennui intervient davantage dans des situations monotones ou difficiles, lorsqu'on ne fait rien de particulier ou lors d'échecs.
                  - il est aussi lié au fait que l'on ne peut faire ce que l'on veut, que l'on est contraint dans une occupation. On s'ennuie 6 fois moins quand on s'occupe de soi.
                   - on s'ennuie deux fois plus seul ou avec des collègues qu'avec des amis ou la famille.
                   - dans une étude d'Amanda Markey, chercheuse à New-York, qui a rassemblé des millions d'observations sur 4000 volontaires, 63ù des personnes déclaraient s'être ennuyées au moins une fois dans les dix derniers jours : c'est énorme !!

         L'ennui n'est pas un trait de caractère, mais une conséquence de nos actions.
     
    John Eastwood, de l'université de Toronto définit ainsi l'ennui : "c'est la désagréable expérience de vouloir être absorbé dans une activité satisfaisante, sans y réussir".

          En fait il semble que ce soit surtout un défaut d'attention ; nous n'arrivons pas à nous concentrer sur ce que nous voudrions faire, et nous sommes à la fois nerveux et apathiques et nous avons beaucoup de difficulté à agir sur les événements; il s'ensuit indolence et tristesse.
          En définitive, l'ennui est une sorte d'émotion, qui résulte d'un conflit entre notre attention et notre environnement.

          Que disent les psychologue quant aux comportements permettant de lutter contre l'ennui.?

         Il faut donc modifier l'environnement ou faire effort pour retrouver notre attention sur nos actions.
        
  Il faut d'abord s'interroger sur la fréquence des situations d'ennui et sur leurs causes : les circonstances dans lesquelles elles ont lieu. On peut alors trouver comment substituer des situations à d'autres et éliminer les causes de nos baisses d'attention.

Il faut surtout arriver à ne pas se complaire dans l'ennui permanent : cela peut conduire à la dépression, et c'est au minimum une souffrance.

          Mais faut il vouloir éliminer complètement l'ennui ?
           D'une part l'ennui peut nous protéger en nous détournant de certaines situations nocives ou auxquelles nous ne sommes pas adaptés. C'est donc un signal sur lequel il faut réfléchir.
          Par ailleurs quand on s'ennuie et qu'on veut s'en sortir, on essaie de trouver des situation, des occupations nouvelles. On stimule donc son imagination, sa créativité.
          Eastwood pense qu'il serait aussi néfaste de chercher à tout prix à éliminer l'ennui, comme de vouloir éliminer toute douleur : ce sont des signaux utiles tant qu'ils ne devient pas trop importants ou chroniques.

         Et les chercheurs sont persuadés qu'il est plus difficile de diminuer l'ennui aujourd'hui.
         
 "A force de recevoir des distractions presque sans rien faire, et d'enchaîner des sensations intenses juste en appuyant sur un bouton, nous avons pris l'habitude d'être amusés ou intéressés de façon passive.

          D'une part le seuil de stimulation jugé normal  s'est élevé, et au dessous de ce seuil, on s'ennuie; d'autre part nous ne savons plus gérer l'absence de stimuli, nous ne savons plus être en prise avec le monde sans être connectés à une application de nos smartphones, nous ne savons plus rester seuls avec nous mêmes.Tout est fait pour nous dissuader de nous déconnecter de ces applications, qui, pour cela devient de plus en plus automatisées, et ne nous demandent plus, ni de réfléchir, ni d'imaginer."

Samedi 17 février 2018 à 17:29

Psychologie, comportement

 http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures4/images-copie-2.jpg
     On pourrait croire, après ce que j’ai dit sur la "Persona" dans mes articles de janvier 2007 et sur mes discussions avec des ados que j’essayais d’aider, qu’internet permet de mettre en sourdine sa Persona.
    Ce sont là des cas particuliers et le plus souvent c’est plutôt le contraire. Internet permet à notre Persona de se manifester et de s'amplifier.

    Tout le monde sait que les chats sur internet avec des gens qu’on ne connait pas, peuvent aboutir à n’importe quoi. Il est très facile sur le web de donner de faux renseignements et donc de se faire passer pour un autre, ou simplement d’embellir son image de soi. Seules les erreurs de logique que l’on peut commettre peuvent révéler qu’il y a peut être mystification.
    Cela peut aller de celui ou celle qui a une Persona trop portée vers le rêve, jusqu’au narcissique pervers qui cherche à dominer son interlocuteur.
    Mais, sans aller jusqu’à ce cas extrême, beaucoup de jeunes se sont plaint(e)s d’avoir noué des relations qui leur plaisaient, puis d’avoir été déçu, car le personnage réel ne correspondait pas à ce qu’il avait décrit de lui.

    Il y a dix ans les blogs avaient principalement deux buts : parler de sujets qu’on connaissait pour faire partager des idées et discuter, ou bien parler de soi, mais surtout de ses états d’âmes.
    Dans ce dernier domaine, on trouvait trois grandes catégories :  ceux qui ne chercher qu’à se faire remarquer et là il s’agissait de flatter son égo et donc d’orienter au maximum sa Persona vers ce que l’on voulait donner comme image.
    A l’inverse certain(e)s se servaient du blog comme d’un journal intime, comme d’une thérapie, non dans le but d’être lu(e) par beaucoup, mais surtout dans l’espoir d’être entendu(e) par quelqu’un qui puisse vous aider à sortir de l’ornière ou du gouffre. Le récit était alors en général sincère et la Persona restait au vestiaire.
    Et puis, entre les deux, ceux et celles qui racontaient la vie de tous les jours, comme sur un journal de bord, et là, c’était amusant de faire la part du vrai, de voir ce qui semblait s’être passé bien ou mal, ou au contraire ce qui était systématiquement embelli.
    Mais les blogs ont changé, sont d’ailleurs beaucoup moins nombreux, et la plupart ont souvent un but publicitaire avoué ou non, soit pour ses propres productions soit pour celle d’une marque, qui nous abreuve de commentaires, mis en place par des robots et qu’il faut ensuite supprimer.
    Les réseau sociaux les ont détrônés.

    Depuis l’apparition des plateformes sociales, il n’a jamais été aussi facile de se mettre en avant.
    Employés comme des vitrines d’exposition, que ce soit Facebook, Instagram ou Snapchat, tous ces réseaux sont surtout un moyen de nous mettre en avant, de flatter notre égo, de satisfaire notre soif de reconnaissance.
    Le principe est de s’afficher, de nous distinguer dans notre petit cercle d’amis ou social, que nos interlocuteurs voient et envient ce que nous faisons, ce que nous possédons, et combien nous sommes heureux (même si ce n’est pas vrai).
    On montre sa réussite et son argent (j’ai telle paire de chaussure, je me suis payé telles vacances), ses goûts culturels (je suis allé à Londres voir le British-Museun), ou sa réussite sociale : j’ai fêté mon anniversaire avec 36 ami(e)s.
    La mode des selfies publiés sur Instagram est une démonstration de ces faits.

    Quelqu’un qui nous aurait autrefois bassiné de sa réussite sociale ou professionnelle, ou de sa formidable famille, aurait été traité de narcissique.
    Aujourd’hui on regarde des photos sur ces sujets et on considère le nombrilisme comme acceptable.
    Or narcissisme, nombrilisme, c’est la preuve d’une Persona trop grande, voire démesurée, non pas sur le moi réel, mais sur celui qu’on voudrait être.
    On met en scène une réalité, mais uniquement la partie agréable, celle qui est valorisante ou celle qui va faire envie. On embellit même ses photos !

    Cela dit, tout le monde n’est pas mégalomane, mais nous aimons tous flatter notre ego, et il m’arrivait d’aller voir sur mon blog les statistiques de visiteurs et d’être content s’ils sont nombreux et s’ils ont consultés beaucoup d’articles et depuis que les statistiques ne sont plus visibles sur cowblog, il m'arrive de me sentir esseulé. Heureusement il reste les mails.

    Un dernier point enfin. J’ai fait pas mal d’articles sur les préférences cérébrales et j’en ferai encore.
    J’ai beaucoup pratiqué cet outil et en général quand je commence avec une personne j’essaie de deviner alors que je la connais peu, quelles sont ses préférences, puis j’ai souvent l’occasion d’approfondir et de la connaître beaucoup mieux. Avec l’habitude je ne fais pas trop d’erreurs dans cette devinette anticipée, mais, quand je compare ensuite, je m’aperçois qu’en fait ce que j’avais deviné c’était les préférences cérébrales de la Persona, car elles apparaissent avant celles de la véritable personnalité et pour connaître ces dernières, il faut creuser davantage.

Lundi 25 septembre 2017 à 18:27

Psychologie, comportement

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/images-copie-7.jpg
        Je constate que beaucoup de mes correspondants jeunes aspirent à une grande liberté, et ont des difficultés dans leur travail car ils acceptent mal l’autorité de leur chef. Ils rêvent d’une société sans hiérarchie, où l’on serait complètement libres.

Jeudi 24 août 2017 à 9:57

Psychologie, comportement

http://lancien.cowblog.fr/images/Image4/franceculturepodcastLesPiedssurterreSoniaKronlund.png

     "Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » disait Descartes dans le « Discours de la Méthodes », et il en donnait la définition : c’est « la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on appelle le bon sens ou la raison est naturellement égale en tous les hommes ».
    Boileau tempère fortement cette affirmation en disant, dans un poème :
        Tout doit tendre au bon sens : mais, pour y parvenir,
        Le chemin est glissant et pénible à tenir ;
        Pour peu qu'on s'en écarte, aussitôt l'on se noie.
        La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie.


    Le bon sens qualifie ce qui est sensé, raisonnable, prudent ou judicieux basé sur une perception simple des situations et des faits; il est associé à la sagesse, au raisonnement et à la prudence. Il évite que l’on croit n’importe quoi et il incite à réfléchir avant de parler ou de répondre à une question pour éviter de dire une bêtise.

    Je ne sais si tout le monde avait du bon sens du temps de Descartes, mais je pense qu’aujourd’hui, beaucoup de personnes ne semblent plus disposer de cette qualité et considèrent n’importe quelle information comme véridique, notamment sur les réseaux sociaux, font courir des rumeurs absurdes, ou font des raisonnements et des réponses complètement illogiques (voir les « histoires » de mon intermède dans mon article du 11/3/2016).   
    Quelles sont les dispositions de l’esprit que demande un solide bon sens, l’exercice de ces dispositions se faisant d’ailleurs en partie de façon inconsciente.

    Le bon sens nécessite d’abord une bonne mémoire des faits, une certaine curiosité intellectuelle et un certain esprit de synthèse, pour leur associer causes et conséquences. En effet face à une situation ou à une information nouvelle, on commence par la comparer à la base de données des faits ressemblants que l’on a en mémoire.
    Le bon sens requiert aussi une certaine analyse pour ne pas faire ou voir compliqué quand on peut le faire simplement.
    Bergson donnait comme exemple une personne de bon sens qui arrivait en haut d’une colline et voyait une grande masse avec de grands bras. Serait ce un géant ? La personne cherche dans sa mémoire et trouve que cela peut ressembler à un moulin. C’est certainement plus vraisemblable qu’un géant !
    :

    Le bon sens demande ensuite un certain esprit critique, qui mette systématiquement en doute toute information ou fait qui se présente à vous, et examine ce qui semble avéré et au contraire ce qui semble douteux ou peu probable et mérite d’être vérifié.
    Pour cela il faut un certain esprit logique qui analyse causes et effets et remarque ce qui paraît illogique, ou non conforme aux habitudes, aux règles ou aux connaissances.
    Il faut avoir les pieds sur terre, un certain réalisme. Malheureusement l'esprit humain peut être convaincu qu'une idée est correcte, alors que des indicateurs démontrent clairement le contraire.
    Il faut en particulier se garder des amalgames, ou de la généralisation de faits particuliers que l’on applique à tout un groupe (c’est une des sources du racisme). Tout n’est que très rarement tout noir ou tout blanc.

    Le bon sens nécessite aussi une certaine connaissance de l’humain, car beaucoup d’informations nous viennent d’autrui et peuvent être fortement influencées par la personnalité de notre interlocuteur, ses goûts, ses intérêts, ses qualités et ses défauts et également par son environnement social et personnel.
    Il nous faut différencier les gens crédibles de ceux qui ne le sont pas.
    Il faut aussi se méfier de nos propres émotions qui influencent notre jugement et peuvent nous orienter sur une piste erronée. Nous avons tous en particulier certains préjugés.

    Le bon sens exige aussi d’être tolérant, d’écouter autrui, de se renseigner auprès de sources et personnes multiples, pour comparer les avis. Il faut savoir admettre qu’on peut avoir tort, et si on vous en convainc sur une opinion donnée, il faut alors savoir en changer.

    En fait on trouve très peu d’écrits sur le bon sens, sauf au plan philosophique, car les grands auteurs se sont penchés sur ce problème, mais en termes souvent ésotériques et loin de la réalité.
    Par contre on trouve de nombreux écrits sur « l’esprit critique » et j’en dirai quelques mots dans un prochain article.

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast