Jeudi 25 octobre 2018 à 17:04

Psychologie, comportement

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    Bien que je possède un vocabulaire assez important (environ 60 000 mots), je découvre toutes les semaines des mots que je ne connaissais pas.
    Cette semaine c’est une de mes petites filles, qui fait une thèse de psychologie et vient de choisir son sujet : « l’orthorexie ». Savez vous ce que c’est ?

    Si vous écoutez la télévision ou lisez quelques journaux, si vous suivez des blogs ou des forums sur internet, vous devez être saturés d’informations concernant la nourriture.
    Cela peut être des recettes pour « bien manger » et avoir le plaisir du goût, mais le plus souvent  ce sont des information de dangers : la viande et les abats au temps de la vache folle, les canards de la grippe aviaire, les maladies causées par les pesticides….
    Là ce sont des dangers précis, même si les médias les exagèrent parfois, mais en permanence, nous avons des mises en garde contre tel ou tel additif, tel produit présent dans l’environnement qui risque de se retrouver dans la nourriture.
    Les médias ont trouvé là, une tarte à la crème, mais aussi de nombreuses personnes qui y voient un moyen de gagner de l’argent, en fonction de la mode et au dépends de la crédulité de leurs interlocuteurs.
    Je remarque que la plupart de ces informations sont purement qualitatives, sans chiffres et sans références précises d’études scientifiques.
    Or d’une part, avec les moyens modernes d’analyse, on peut trouver des traces infimes de n’importe quel produit, et d’autre part tout est question de quantité : au dessous d’une certaine dose tout produit est inoffensif et au delà d’une dose, en général beaucoup plus forte, il devient dangereux : faites boire en très peu de temps 30 litres d’eau pure à une personne et elle mourra d’œdèmes !.
    Et quand des statistiques sont données, on ne cite pas les sources, on ne dit pas dans quelles conditions elles ont été mesurées, elles semblent peu crédibles car les phénomènes ont des causes très nombreuses et une analyse multi-critères est très difficile à faire. Enfin souvent, on confond une corrélation (deux phénomènes liés, mais on ne sait par quoi) et une relation de cause à effet.
    Mais il est certain qu’avec ce battage médiatique, les gens ont de quoi être inquiets.
    Sans parler des gens qui veulent perdre quelques kilos et qui trouvent maintes recettes tous les jours dans la pub sur la télé et sur internet.
    Alors on prône maintes solutions pour diminuer le risque de mauvaises conséquences de notre alimentation et surtout l’inquiétude grandissante des personnes : dates de péremption, composition, traçabilité, contrôle de l’origine, labels multiples…).
    Des logiciels apparaissent sur les smartphones qui donnent un avis (pas très justifié) quant à la « consommabilité » du produit : bon, moyen, mauvais, très mauvais. (Il faut bien que les informaticiens gagnent leur vie !).
    Les autorités sanitaires défendent d’ailleurs ces actions et poussent à légiférer.
    Mais la réduction du risque par le contrôle accroît la peur du risque. L’appareil législatif et réglementaire inflationniste génère un effet pervers très contre-productif de majoration du danger imaginé.

    Venons en à « l’orthorexie » (du grec orthos, « correct », et orexis, « appétit ») Qu’est ce ?
    Ce terme a été créé en 1997 par le Dr Steven Bratman qui propose de considérer cette pratique comme un trouble des conduites alimentaires, comme le sont l’anorexie ou la boulimie, plus connus de tous.
    C’est « un ensemble de pratiques alimentaires, caractérisé par la volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains ».
    La personne orthorexique pousse à l'extrême l'idée d'une saine alimentation en planifiant longuement cette dernière pour réduire sa consommation de toute substance qu'elle considère nuisible à sa santé.
    L’orthorexique se fixe une éthique alimentaire rigoureuse, composée de règles strictes, qu’il s’astreint à respecter quotidiennement : concernant le choix et le rituel d’achat des aliments, leur préparation, leur cuisson, etc. Il ne cesse de planifier, sur un terme plus ou moins long, ce qu’il va manger et dans quelles conditions.

    L'orthorexie ne figure pas dans le manuel de référence en psychiatrie, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), mais elle commence à faire l’objet d’étude, et les écrits de madame Camille Adamiec, Docteur en Sociologie et professeur  à l’Université de Strasbourg, sont intéressants à lire. (vous trouverez sur internet un CV étonnant de ce chercheur et la liste de ses publications).
Patrick Denoux, professeur de psychologie interculturelle à l’Université de Toulouse Montmirail est également l’auteur de différentes publications sur le thème de l’alimentation et des nouvelles obsessions qu’elle génère. Nathalie Dumet, psychologue clinicienne, a publié divers cas dans « L’inconscience dans l’assiette ».

    Le problème c’est de différencier le juste souci que nous avons de manger sain, d’une part d’une exagération due au battage médiatique et d’autre part d’une véritable obsession que l’on peut considérer comme pathologique. Cela ne semble pas facile.
    En fait quand nous faisons nos courses alimentaires, nous avons une offre démentielle de centaines de repas et de produits différents, la pub nous vantant chacun d’entre eux dans ce milieu ultra-concurrentiel. Il me paraît donc normal que nous ayons le désir d’ordonner une offre de consommation anarchique qui n’obéit à aucune valeur sinon celle du marché et du profit, et ceci dans un environnement aux risques multiples.
    Les pratiques traditionnelles ont également changé. L’approvisionnement local a été en ville replacé par le supermarché, les couples travaillent en général tous deux et sont dans une situation de stress et d’urgence, et on recherche de plus en plus des plats tout faits ou une cuisine rapide et simple.

    Je connais un camarade qui a remplacé dans son alimentation tout le lait et les yaourts par du lait de soja, (qui n’est pas un lait mais un jus), parce qu’on en vante les bienfaits sur le cholestérol et l’ostéoporose. Mais à haute dose le soja peut aussi être nocif et les occidentaux sont moins habitués que les asiatiques à le tolérer. Cette personne a déclenché des réactions allergiques et une carence calcique et a dû arrêter son habitude alimentaire. Mais était-ce vraiment une obsession.?
    Je connais aussi quelqu’un qui a banni tout à coup toute consommation de gluten (et cela complique singulièrement ses courses). Pourtant elle n’a jamais été sensible ou allergique au gluten. Cela frise l’obsession, mais est ce vraiment pathologique ? Elle est cependant assez hypochondriaque.
    Patrick Denoux cite des pratiques plus bizarres :  « ne pas manger de légumes qui ont quitté le contact avec la terre depuis plus de 15 mn, mâcher au moins 50 fois chaque bouchée avant de l’ingurgiter, ne jamais être rassasié, ne manger que du poisson mais pas d’œufs, certains légumes mais pas tous, tant de fois à tel moment de telle façon, effectuer 12 petits repas par jour d’un seul aliment chaque fois, consommer chaque jour 80 suppléments alimentaires provenant de magasins diététiques….. »
    Un tel carcan conduit inévitablement à une restriction considérable de la socialité, obligeant pour chaque invitation à se déplacer muni d’un menu alimentaire restreint.
    J’ai trouvé dans mes lectures, cette différenciation : « Vous êtes orthorexique quand votre vie tourne entièrement autour de l'alimentation. Le point de bascule, c'est quand on ne peut plus faire autrement, par exemple, quand on commence à refuser des repas chez des amis uniquement pour cette raison. »

    Et il faudrait alors aborder un autre sujet qui relève de la psychologie  : ces excès sont ils la conséquence d’un malaise, de problèmes psychologiques, qui ont engendrés cette pathologie ?

    Mais beaucoup de personnes n’en sont pas là et cèdent simplement à la mode, au battage médiatique, à l’inquiétude ou au souci d’être mieux et plus attrayant(e).
    A mon avis, dans ce cas :
           - Il faut limiter le temps de préoccupation à la recherche de manger sain, sinon cela devient très chronophage et on n'a plus de vie sociale.
          - Il vaut mieux consulter un nutritionniste, un médecin, un vrai professionnel, que de récolter des conseils plus ou moins sérieux à droite et à gauche.                       
         - Il ne faut pas croire toutes les publicités, les gens qui veulent se faire remarquer ou vous arnaquer, les gourous.
        - il faut déculpabiliser le « plaisir de manger » et remettre à l’honneur la pratique de la « bonne cuisine ».

    Et je remercie ma petite fille, qui a piqué ma curiosité et m’a fait chercher des documents qui expliquent ce qu’était l’orthorexie. Je lirai avec plaisir et intérêt ce qu’elle va écrire dans sa thèse.

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Jeudi 11 octobre 2018 à 18:21

Psychologie, comportement

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     Je disais dans un précédent article qu’il fallait apprendre le bonheur à nos enfants.
    J’ai reçu plusieurs mails, notamment d’un lecteur anglais, qui me demandent de traiter davantage ce problème.
    J’ai lu récemment un article de deu psychologues de l’Université de Grenoble, mesdames Shankland et Lantheaume, sur une théorie sur le bonheur et la psychologie positive de Martin Seligman : le modèle « PERMA ».
    J’ai trouvé cet article très intéressant et je vais essayer de le résumer ici, tout en y rajoutant des actions issue de mon expérience de « vieux singe ».

    Le modèle « PERMA » explicite 5 domaines de recherche du bonheur que je vais décrire succinctement (voir schéma ci-dessous) :
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Des émotions positives :

    Notre cerveau a tendance à privilégier les émotions négatives, les problèmes préoccupants, menaçants ou angoissants de tous les instants, plutôt que les événements positifs, heureux, satisfaisants.
    C’est une certaine suprématie des centres amygdaliens, qui gèrent la peur et le stress, sur le cortex préfrontal qui gère le raisonnable et réfléchit. C’est davantage le cas des jaunes dont le cortex préfrontal n’est pas encore mature (ille sera autour de 20 ans).
    Cette tendance qui est une orientation de notre attention, nous empêche de nous réjouir et de nous motiver lors d’événements heureux et d’autre part nous fait nous habituer au plaisir, et que cette habituation à trouver quelque chose agréable nous fait oublier ce plaisir et retrouver un niveau où les émotions négatives reprennent le pas.
    Tout ce qui représente une menace ou une critique attire notre attention et nous font rechercher de préférence les éléments qui les confirment au lieu de raisonner sainement sur le pour et le contre.
    Cette tendance est naturelle et héritée de l’évolution car c’est un réflexe de réaction rapide à un danger, mais elle diminue la satisfaction des événements positifs qui donnent un sens à notre vie.
    Certes ces signaux négatifs sont des alertes utiles, mais il faudrait apprendre à les maîtriser, à limiter leur ampleur, à les comparer avec logique à la réalité, pour s ‘ajuster au mieux aux situations : il faut rendre la primauté au cortex préfrontal sur les centres amygdaliens.
    Il m’est souvent arrivé d’aider des jeunes en difficulté face à des problèmes et la solution est d’arriver à les faire à nouveau raisonner sainement et logiquement, à leur faire décortiquer leur situation et à relever tous ses aspects positifs, tout en ramenant les éléments positifs à leur juste valeur. Il faut essayer de provoquer des émotions positives : joie, gratitude, sentiment de réussite, compétence et confiance en soi, fierté, passion, émerveillement. Un travail utile est de lister les actions qu’on a réussi et de lister aussi ses qualités et compétences.
    Il faut aussi sortir de sa passivité pour imaginer des solutions aux problèmes et se diriger volontairement vers l’action.

S’engager dans la vie :

    S’engager dans l’action est effectivement une seconde clé, trouver des occupations intéressantes, passionnantes et qui représentent un certain défi, un but à atteindre..
    L’obligation de se consacrer à ces tâches fait négliger les émotions négatives, et mobilise attention et concentration.   
    Se donner à fond finit par apporter une certaine conscience de maîtriser les situations et donc d’une certaine compétence et confiance en soi. Réussir des performances apporte un certain plaisir, provoque une certaine fierté, nous fait prendre conscience de notre valeur et finalement nous rapproche d’un sens donné à notre vie.
    Un bon moyen de débuter dans l’action est de partir de ses rêves, de trier ce qui est utopique et ce qui est possible, de faire alors des projets, de définir leurs buts et les moyens nécessaires matériels et humains.
    Il n’est pas indispensable d’être médecin et de sauver des vies humaine, d’être prix Nobel, acteur célèbre ou champion sportif pour que notre activité ait du sens.
    Il faut rechercher comment son activité se déroule au mieux, quelle est son utilité, quelq sont ses objectifs, ce qu’elle apporte à sa famille, ses collaborateurs, ses clients, et soi-même.

Avoir des relations constructives

    Effectivement, il ne faut pas négliger l’humain. Contrairement à ce que beaucoup croient , surtout en entreprise, il n’est pas nécessaire d’être orienté vers une compétition rude pour mieux réussir.
    L’esprit d’équipe, la coopération, la complémentarité des aptitudes, les discussions ou chacun apporte sa pierre sont essentielles pour arriver à mener des tâches complexe et donc elles apportent une certaine satisfaction, un certain bien être, car elles sont rassurantes et diminuent la sensation d’isolement, le risque de décider et d’agir seul, sans éléments suffisants de jugement.

Développer le sentiment d’accomplissement de soi
Donner un sens à sa vie.


    On rejoint là des éléments dont j’ai parlé en vous expliquant ce qu’était la « pyramide de Maslow » (article du 22/05/2018).
    Ce sont les aspirations normales lorsque les besoins matériels, de sécurité et de place dans la société sont déjà satisfaisants.
    Qu’est ce qui vaut que notre vie vaut d’être vécue.
    Cela dépend de facteurs nombreux.
    D’abord nos valeurs, nos goûts, des aspects raisonnables, mais aussi sentimentaux, qui peuvent relever de l’altruisme, de la justice, de la philosophie, de la religion….
    Nos liens sociaux et affectifs qui sont très importants.
    Nos aptitudes et nos capacités; l’expérience que nous avons acquise de la vie.
    Les buts que nous sommes fixés en fonction de nos aspirations.
    …et évidemment l’environnement et ses contraintes

    Bref on peut atteindre « l’accomplissement de soi » que Maslow plaçait au sommet de sa pyramide des besoins et aspirations humaines. C’est une composante du bonheur qui correspond en partie à la senssation de progresser ver des objectifs personnels que l’on s’est fixés, qui représentaient un certain défi et qui, si on les a atteints, représentent une réussite.
    Le commun des mortels a un expression réaliste « se sentir bien dans sa peau ».
    C’est malheureusement plus facile pour un optimiste que pour un pessimiste : les préférences cérébrales sont importantes et il faut essayer d’améliorer celles qui nous sont utiles.
    La recherche du bonheur impose de mettre en sommeil remords et regrets et de donner leur importance aux petites joies de tous les jours en vivant l’instant présent. « Carpe diem » disaient les Romains.

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Vendredi 4 mai 2018 à 18:00

Psychologie, comportement

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            Je suis toujours étonné par le nombre des personnes qui me disent qu'elles s'ennuient très souvent, surtout des ados ou des jeunes. Pourtant vu le nombre d'heures qu'ils passent à s'envoyer des SMS ou sur les réseaux sociaux, c'est surprenant.
           Le dicton populaire exagère un peu quand il dit que “l’oisiveté est la mère de tous les vices”, mais c’est vrai que s’ennuyer n’est pas bon.

            Pourquoi nous ennuyons nous; que nous arrive t'il ? Que disent les psychologues à ce sujet et qu'ont ils fait comme recherches dans ce domaine?

          D'abord quelques statistiques :
                   
 - l'ennui frappe plus les hommes : 30% de plus que les femmes.

                    - l'ennui est beaucoup plus important chez les jeunes : 4 fois plus fréquent à 25 qu'à 45 ans, puis il se stabilise.
                    - l'ennui intervient davantage dans des situations monotones ou difficiles, lorsqu'on ne fait rien de particulier ou lors d'échecs.
                  - il est aussi lié au fait que l'on ne peut faire ce que l'on veut, que l'on est contraint dans une occupation. On s'ennuie 6 fois moins quand on s'occupe de soi.
                   - on s'ennuie deux fois plus seul ou avec des collègues qu'avec des amis ou la famille.
                   - dans une étude d'Amanda Markey, chercheuse à New-York, qui a rassemblé des millions d'observations sur 4000 volontaires, 63ù des personnes déclaraient s'être ennuyées au moins une fois dans les dix derniers jours : c'est énorme !!

         L'ennui n'est pas un trait de caractère, mais une conséquence de nos actions.
     
    John Eastwood, de l'université de Toronto définit ainsi l'ennui : "c'est la désagréable expérience de vouloir être absorbé dans une activité satisfaisante, sans y réussir".

          En fait il semble que ce soit surtout un défaut d'attention ; nous n'arrivons pas à nous concentrer sur ce que nous voudrions faire, et nous sommes à la fois nerveux et apathiques et nous avons beaucoup de difficulté à agir sur les événements; il s'ensuit indolence et tristesse.
          En définitive, l'ennui est une sorte d'émotion, qui résulte d'un conflit entre notre attention et notre environnement.

          Que disent les psychologue quant aux comportements permettant de lutter contre l'ennui.?

         Il faut donc modifier l'environnement ou faire effort pour retrouver notre attention sur nos actions.
        
  Il faut d'abord s'interroger sur la fréquence des situations d'ennui et sur leurs causes : les circonstances dans lesquelles elles ont lieu. On peut alors trouver comment substituer des situations à d'autres et éliminer les causes de nos baisses d'attention.

Il faut surtout arriver à ne pas se complaire dans l'ennui permanent : cela peut conduire à la dépression, et c'est au minimum une souffrance.

          Mais faut il vouloir éliminer complètement l'ennui ?
           D'une part l'ennui peut nous protéger en nous détournant de certaines situations nocives ou auxquelles nous ne sommes pas adaptés. C'est donc un signal sur lequel il faut réfléchir.
          Par ailleurs quand on s'ennuie et qu'on veut s'en sortir, on essaie de trouver des situation, des occupations nouvelles. On stimule donc son imagination, sa créativité.
          Eastwood pense qu'il serait aussi néfaste de chercher à tout prix à éliminer l'ennui, comme de vouloir éliminer toute douleur : ce sont des signaux utiles tant qu'ils ne devient pas trop importants ou chroniques.

         Et les chercheurs sont persuadés qu'il est plus difficile de diminuer l'ennui aujourd'hui.
         
 "A force de recevoir des distractions presque sans rien faire, et d'enchaîner des sensations intenses juste en appuyant sur un bouton, nous avons pris l'habitude d'être amusés ou intéressés de façon passive.

          D'une part le seuil de stimulation jugé normal  s'est élevé, et au dessous de ce seuil, on s'ennuie; d'autre part nous ne savons plus gérer l'absence de stimuli, nous ne savons plus être en prise avec le monde sans être connectés à une application de nos smartphones, nous ne savons plus rester seuls avec nous mêmes.Tout est fait pour nous dissuader de nous déconnecter de ces applications, qui, pour cela devient de plus en plus automatisées, et ne nous demandent plus, ni de réfléchir, ni d'imaginer."

Samedi 17 février 2018 à 17:29

Psychologie, comportement

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     On pourrait croire, après ce que j’ai dit sur la "Persona" dans mes articles de janvier 2007 et sur mes discussions avec des ados que j’essayais d’aider, qu’internet permet de mettre en sourdine sa Persona.
    Ce sont là des cas particuliers et le plus souvent c’est plutôt le contraire. Internet permet à notre Persona de se manifester et de s'amplifier.

    Tout le monde sait que les chats sur internet avec des gens qu’on ne connait pas, peuvent aboutir à n’importe quoi. Il est très facile sur le web de donner de faux renseignements et donc de se faire passer pour un autre, ou simplement d’embellir son image de soi. Seules les erreurs de logique que l’on peut commettre peuvent révéler qu’il y a peut être mystification.
    Cela peut aller de celui ou celle qui a une Persona trop portée vers le rêve, jusqu’au narcissique pervers qui cherche à dominer son interlocuteur.
    Mais, sans aller jusqu’à ce cas extrême, beaucoup de jeunes se sont plaint(e)s d’avoir noué des relations qui leur plaisaient, puis d’avoir été déçu, car le personnage réel ne correspondait pas à ce qu’il avait décrit de lui.

    Il y a dix ans les blogs avaient principalement deux buts : parler de sujets qu’on connaissait pour faire partager des idées et discuter, ou bien parler de soi, mais surtout de ses états d’âmes.
    Dans ce dernier domaine, on trouvait trois grandes catégories :  ceux qui ne chercher qu’à se faire remarquer et là il s’agissait de flatter son égo et donc d’orienter au maximum sa Persona vers ce que l’on voulait donner comme image.
    A l’inverse certain(e)s se servaient du blog comme d’un journal intime, comme d’une thérapie, non dans le but d’être lu(e) par beaucoup, mais surtout dans l’espoir d’être entendu(e) par quelqu’un qui puisse vous aider à sortir de l’ornière ou du gouffre. Le récit était alors en général sincère et la Persona restait au vestiaire.
    Et puis, entre les deux, ceux et celles qui racontaient la vie de tous les jours, comme sur un journal de bord, et là, c’était amusant de faire la part du vrai, de voir ce qui semblait s’être passé bien ou mal, ou au contraire ce qui était systématiquement embelli.
    Mais les blogs ont changé, sont d’ailleurs beaucoup moins nombreux, et la plupart ont souvent un but publicitaire avoué ou non, soit pour ses propres productions soit pour celle d’une marque, qui nous abreuve de commentaires, mis en place par des robots et qu’il faut ensuite supprimer.
    Les réseau sociaux les ont détrônés.

    Depuis l’apparition des plateformes sociales, il n’a jamais été aussi facile de se mettre en avant.
    Employés comme des vitrines d’exposition, que ce soit Facebook, Instagram ou Snapchat, tous ces réseaux sont surtout un moyen de nous mettre en avant, de flatter notre égo, de satisfaire notre soif de reconnaissance.
    Le principe est de s’afficher, de nous distinguer dans notre petit cercle d’amis ou social, que nos interlocuteurs voient et envient ce que nous faisons, ce que nous possédons, et combien nous sommes heureux (même si ce n’est pas vrai).
    On montre sa réussite et son argent (j’ai telle paire de chaussure, je me suis payé telles vacances), ses goûts culturels (je suis allé à Londres voir le British-Museun), ou sa réussite sociale : j’ai fêté mon anniversaire avec 36 ami(e)s.
    La mode des selfies publiés sur Instagram est une démonstration de ces faits.

    Quelqu’un qui nous aurait autrefois bassiné de sa réussite sociale ou professionnelle, ou de sa formidable famille, aurait été traité de narcissique.
    Aujourd’hui on regarde des photos sur ces sujets et on considère le nombrilisme comme acceptable.
    Or narcissisme, nombrilisme, c’est la preuve d’une Persona trop grande, voire démesurée, non pas sur le moi réel, mais sur celui qu’on voudrait être.
    On met en scène une réalité, mais uniquement la partie agréable, celle qui est valorisante ou celle qui va faire envie. On embellit même ses photos !

    Cela dit, tout le monde n’est pas mégalomane, mais nous aimons tous flatter notre ego, et il m’arrivait d’aller voir sur mon blog les statistiques de visiteurs et d’être content s’ils sont nombreux et s’ils ont consultés beaucoup d’articles et depuis que les statistiques ne sont plus visibles sur cowblog, il m'arrive de me sentir esseulé. Heureusement il reste les mails.

    Un dernier point enfin. J’ai fait pas mal d’articles sur les préférences cérébrales et j’en ferai encore.
    J’ai beaucoup pratiqué cet outil et en général quand je commence avec une personne j’essaie de deviner alors que je la connais peu, quelles sont ses préférences, puis j’ai souvent l’occasion d’approfondir et de la connaître beaucoup mieux. Avec l’habitude je ne fais pas trop d’erreurs dans cette devinette anticipée, mais, quand je compare ensuite, je m’aperçois qu’en fait ce que j’avais deviné c’était les préférences cérébrales de la Persona, car elles apparaissent avant celles de la véritable personnalité et pour connaître ces dernières, il faut creuser davantage.

Lundi 25 septembre 2017 à 18:27

Psychologie, comportement

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        Je constate que beaucoup de mes correspondants jeunes aspirent à une grande liberté, et ont des difficultés dans leur travail car ils acceptent mal l’autorité de leur chef. Ils rêvent d’une société sans hiérarchie, où l’on serait complètement libres.

Jeudi 24 août 2017 à 9:57

Psychologie, comportement

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     "Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » disait Descartes dans le « Discours de la Méthodes », et il en donnait la définition : c’est « la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on appelle le bon sens ou la raison est naturellement égale en tous les hommes ».
    Boileau tempère fortement cette affirmation en disant, dans un poème :
        Tout doit tendre au bon sens : mais, pour y parvenir,
        Le chemin est glissant et pénible à tenir ;
        Pour peu qu'on s'en écarte, aussitôt l'on se noie.
        La raison pour marcher n'a souvent qu'une voie.


    Le bon sens qualifie ce qui est sensé, raisonnable, prudent ou judicieux basé sur une perception simple des situations et des faits; il est associé à la sagesse, au raisonnement et à la prudence. Il évite que l’on croit n’importe quoi et il incite à réfléchir avant de parler ou de répondre à une question pour éviter de dire une bêtise.

    Je ne sais si tout le monde avait du bon sens du temps de Descartes, mais je pense qu’aujourd’hui, beaucoup de personnes ne semblent plus disposer de cette qualité et considèrent n’importe quelle information comme véridique, notamment sur les réseaux sociaux, font courir des rumeurs absurdes, ou font des raisonnements et des réponses complètement illogiques (voir les « histoires » de mon intermède dans mon article du 11/3/2016).   
    Quelles sont les dispositions de l’esprit que demande un solide bon sens, l’exercice de ces dispositions se faisant d’ailleurs en partie de façon inconsciente.

    Le bon sens nécessite d’abord une bonne mémoire des faits, une certaine curiosité intellectuelle et un certain esprit de synthèse, pour leur associer causes et conséquences. En effet face à une situation ou à une information nouvelle, on commence par la comparer à la base de données des faits ressemblants que l’on a en mémoire.
    Le bon sens requiert aussi une certaine analyse pour ne pas faire ou voir compliqué quand on peut le faire simplement.
    Bergson donnait comme exemple une personne de bon sens qui arrivait en haut d’une colline et voyait une grande masse avec de grands bras. Serait ce un géant ? La personne cherche dans sa mémoire et trouve que cela peut ressembler à un moulin. C’est certainement plus vraisemblable qu’un géant !
    :

    Le bon sens demande ensuite un certain esprit critique, qui mette systématiquement en doute toute information ou fait qui se présente à vous, et examine ce qui semble avéré et au contraire ce qui semble douteux ou peu probable et mérite d’être vérifié.
    Pour cela il faut un certain esprit logique qui analyse causes et effets et remarque ce qui paraît illogique, ou non conforme aux habitudes, aux règles ou aux connaissances.
    Il faut avoir les pieds sur terre, un certain réalisme. Malheureusement l'esprit humain peut être convaincu qu'une idée est correcte, alors que des indicateurs démontrent clairement le contraire.
    Il faut en particulier se garder des amalgames, ou de la généralisation de faits particuliers que l’on applique à tout un groupe (c’est une des sources du racisme). Tout n’est que très rarement tout noir ou tout blanc.

    Le bon sens nécessite aussi une certaine connaissance de l’humain, car beaucoup d’informations nous viennent d’autrui et peuvent être fortement influencées par la personnalité de notre interlocuteur, ses goûts, ses intérêts, ses qualités et ses défauts et également par son environnement social et personnel.
    Il nous faut différencier les gens crédibles de ceux qui ne le sont pas.
    Il faut aussi se méfier de nos propres émotions qui influencent notre jugement et peuvent nous orienter sur une piste erronée. Nous avons tous en particulier certains préjugés.

    Le bon sens exige aussi d’être tolérant, d’écouter autrui, de se renseigner auprès de sources et personnes multiples, pour comparer les avis. Il faut savoir admettre qu’on peut avoir tort, et si on vous en convainc sur une opinion donnée, il faut alors savoir en changer.

    En fait on trouve très peu d’écrits sur le bon sens, sauf au plan philosophique, car les grands auteurs se sont penchés sur ce problème, mais en termes souvent ésotériques et loin de la réalité.
    Par contre on trouve de nombreux écrits sur « l’esprit critique » et j’en dirai quelques mots dans un prochain article.

Samedi 8 juillet 2017 à 9:49

Psychologie, comportement

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         Evidemment, comme j’ai fait un article sur les personnes borderline (aux limites), on m’a tout de suite posé la question, « Quelle est la différence avec quelqu’un de « bipolaire ? »
         Cela ne m’étonne pas = ce sont les deux « tartes à la crème » des journaux de psychologie qui voient partout des malades mentaux et veulent nous persuader que nous le sommes un peu. Il faut bien faire du sensationnel.
Cela dit, certaines personnes ont vraiment des troubles bipolaires et c’est alors aussi une affection de l’humeur qu’il vaut mieux soigner, car ils peuvent conduire à la dépression.

          Les troubles bipolaires sont aussi appelés « troubles maniaco-dépressifs », mais cette appellation ne fait que compliquer les choses et nous induire en erreur.
          On ne sait déjà pas bien ce qu’est une dépression, car elle peut avoir maintes formes et être plus ou moins grave, mais maniaque a, dans le vocabulaire courant, une signification différente de celle en psychologie.
          Dans le langage courant être maniaque, c’est être obsédé par quelque chose, par exemple l’ordre et la propreté, et s’occuper alors de détails, avec un goût et un soin excessif (souvent en reprochant aux autres d’être négligents sur ce point).
          En psychologie, l’état maniaque, c’est lorsque l’on est très euphorique et excité, hyperactif et d’humeur très irritable, avec une perte du sens de la réalité.
          Finalement les troubles bipolaires c’est une succession d’épisodes où l’on est maniaque, puis dépressif. Autrefois on appelait aussi cela être cyclothymique, mais c’était une appellation plus générale pour quelqu’un qui passait sans cesse de la bonne humeur optimiste au pessimisme le plus complet.

Comment décrire les troubles bipolaires ?

    La phase « maniaque » :
          Bien entendu je connais des excités, des hyperactifs et des coléreux qui ne sont pas bipolaires, et le comportement d’une personne atteinte de tels troubles est assez différent dans la phase maniaque :
               - Elle peut être très facilement distraite par ce qui l’entoure et a du mal à être attentive. Elle peut perdre totalement le contact avec la réalité.
              - Elle peut avoir une confiance aveugle en soi : c’est la meilleure, le roi du monde; et donc pendre des risques trop importants voire même avoir des comportements dangereux..
              - Elle peut avoir un contact facile et familier avec les autres, se traduisant par une grande communicabilité et une capacité étonnante à détecter et à réagir aux attitudes d’autrui
              - Elle peut avoir des idées incessantes et en tous sens, parler sans cesse très rapidement, rire souvent même sans raison. Désinhibé, le patient chante au milieu de ses phrases, fait des plaisanteries caustiques, osées, des jeux de mots faciles, des calembours
             - Elle peut tenir des propos invraisemblables et avoir également des projets grandioses et peu réalistes    .
             - Elle peut avoir une agitation motrice très forte, ne tient pas en place, se lève brutalement, déambule.
             - Elle peut ne pas avoir besoin de beaucoup de repos ( moins de 3h de sommeil par nuit )
             - Elle peut devenir très agressive et violente en paroles envers sa famille et ses plus proches
             - Elle n’a pas conscience de ses comportements anormaux et ne se reconnait pas malade.

            La phase dépressive :
          « Déprimer », étymologiquement, signifie « rabaisser ». La dépression est l’abaissement de l’humeur.
La phase dépressive est en quelque sorte le miroir de la phase maniaque : le sujet présente des signes de grande tristesse, il est ralenti et n’a goût à rien, parfois il veut mourir. Il perd son élan vital, ralentit son psychisme, perd tout intérêt pour l’environnement et l’action, n’a plus de plaisir pour ses activités habituelles.
On peut avoir des troubles de concentration, de mémoire, voire de raisonnement,
        Il y a en général perte de la confiance en soi et afflux d’idées négatives
        Il peut y avoir agressivité ou repli sur soi.
        L’appétit et le sommeil sont perturbés

       La « mélancolie » est une forme particulière de dépression, caractérisée par l’intensité de la tristesse et de la douleur morale du patient qui éprouve un malaise permanent. (là encore la signification de ce mot en psychologie est très différente deu langage courant).
      Le patient se sent indigne de vivre; les idées suicidaires souvent dissimulées et déterminées sont fréquentes avec parfois des passages à l’acte grave.
      Parfois, la mélancolie s’accompagne de signes délirants avec des idées de culpabilité, de ruine, d’incurabilité (« cela n’ira jamais mieux ») jusqu’à des hallucinations.

      Les causes du bipolarisme sont mal connues. La maladie intervient souvent après un stress important ayant crée une grande anxiété ou un grand traumatisme.
     Il semble que le mécanisme de certains neurotransmetteurs soit modifié, notamment celui de la sérotonine, et qu’il y ait une hyper activité des centres amygdaliens, peu contrôlés alors par le cortex préfrontal.
    on constate en général une concentration importante permanente de cortisol pendant la phase dépressive.

     Il ne faut pas confondre les troubles bipolaires qui se succèdent avec des intervalles de plusieurs jours voire plusieurs mois, avec une personnalité multiple.
     Le trouble de double personnalité fait partie des troubles dissociatifs de l'identité, définis par la présence de deux ou plusieurs identités. Plusieurs états distincts de personnalité vont se succéder chez un même individu. Ainsi, il peut avoir des difficultés à évoquer des souvenirs et n'a pas nécessairement conscience de cette succession d'états qu'il vit. Pour les personnes ayant vécu des traumatismes psychiques ou physiques, la double personnalité permet d'éloigner de la perception les souvenirs traumatiques.

Mercredi 5 juillet 2017 à 9:38

Psychologie, comportement

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          Une jeune correspondante s’inquiète parce qu’elle est tantôt joyeuse tantôt triste et elle a fait un test sur un journal féminin et il lui est dit qu’elle a une « légère tendance borderline ». Alors, inquiète, elle me demande ce qu’est un sujet borderline.
          Les journaux autres que scientifiques, ont tendance, en recherchant le sensationnel, à dire n’importe quoi. Et les tests, c’est tellement couru ! Mais ce sont des tests sans contrôle, sans étude statistique, alors les résultats ne sont guère probants.
          Nous avons tous nos moments de joie et de tristesse, des succès et des problèmes, des instants de détente et de stress. Ce n’est pas pour autant que l’on est bordeline, car c’est une situation mentale beaucoup plus tranchée.

          Il semble qu’il y ait 2% de la population qui a des tendances borderline et les femmes sont plus touchées que les hommes. Mais on ne dit pas à quel degré et cela reste assez vague. (origine DSM et OMS).
          Quels sont les comportements d’une personne borderline ou « aux états limites »?
Les cours de psycho thérapeutique définissent des comportements caractéristiques, qui certes ne sont pas tous forcément présents, ni avec la même intensité :
          L’une des caractéristiques souvent rencontrée est une instabilité d’humeur, avec des variations incontrôlables en quelques heures.
Ses relations peuvent aussi avoir des variations rapides, passant de l’amour à la haine.
          La personne tient énormément à l’estime des autres, a le sentiment d’être délaissée, abandonnée et peut dès lors devenir encombrante par son harcèlement.
          Cette attitude résulte souvent d’une vison instable d’elle même et un manque de confiance en elle même qui varie beaucoup dans le temps et peut atteindre de fortes proportions, cela sans motif particulier. La personne peut se sentir face au néant, à un vide, à l’inutilité de son existence, à de l’ennui permanent.
          Finalement il y a une certaine incapacité à maitriser ses sentiments et ses émotions, ce qui peut se traduire par des excès brusques, par exemple de colère, de frustration ou au contraire d’élan affectif.
          La personne peut prendre des risques importants, voire des comportements impulsifs qui pourraient amener des accidents.
          Dans les cas plus graves, le patient peut avoir des tendances paranoïaques, lorsqu’il est en état de stress.
Il peut avoir des réactions d’automutilation ou des pensées suicidaires

          Bien entendu les psychoneurologues ont fait des études sur de tels sujets, par comparaison à des groupes témoins de personnes non borderline.
          Ils ont montré que lorsqu’on montre des vidéo de personnages qui ont des émotions ou sont dans des situations difficiles, les personnes borderline détectent sur les visages qu’il y a problème, beaucoup plus tôt que les groupes témoins, et s’identifient davantage à leur interlocuteur et à son angoisse. Des indices de réprobation ou de réaction positive donnent lieu de la part des patients à des réactions exagérées.
          Les personnes borderline ont donc une sensibilité émotive à fleur de peau et des réactions exagérées à leurs émotions, surtout négatives, mais avec une grande instabilité de telle sorte que leur comportement est très variable.
Elles sont par ailleurs très sensibles aux émotions, sentiments et gestes d’autrui, mais ont du mal à les interpréter, d’où des réactions inappropriées. Elles ont donc du mal à faire confiance aux autres et ses sentent relativement seules et abandonnées.

          Peut on expliquer leurs réactions, notamment à la suite d’examens IRM.
          Il semble que les centres amygdaliens soient trop sensibles et réagissent trop violemment aux émotions négatives, et que par contre les centres régulateur des émotions en particulier le cortex cingulaire antérieur et le cortex préfrontal ventro-médian aient au contraire une activité insuffisante. L’insula qui alerte des erreurs de jugement dans nos relations sociales st par ailleurs peu active.
Des anomalies du système de récompense, de la sécrétion de dopamine ou de sérotonine peuvent également être en cause.

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          Beaucoup de personnes qui ne sont que très faiblement borderline , ne consultent pas un psy. Que peuvent elles faire?
          Essayer d’abord d’être conscient des réactions émotionnelles exagérées et négatives. Essayer sur le moment de prendre le contre-pied : si on est triste et on veut s’enfermer dans sa chambre, au contraire sortir au grand air ou avec d’autres personnes, si on a envie d’en découdre avec quelqu’un, ne pas le voir pendant quelques temps pour éviter une colère…
          Toutes les techniques de relaxation et d’apaisement sont bonnes : lire, écouter de la musique apaisante, se décontracter, marcher au grand air….
          Un entrainement à moyen terme est de se concentrer sur des observations ou des faits précis et pragmatiques, pour fixer son attention sur autres choses que les émotions.
Mais si l’on devient très négatif, il vaut mieux consulter.

          Mais n’allez surtout pas vous croire borderline, parce vous êtes plus ou moins gai ou stressé selon les instants : cela c’est la vie de tous les jours.

Mercredi 26 avril 2017 à 10:09

Psychologie, comportement

   

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  Un des grands problèmes des jeunes aujourd’hui, harcelés par les SMS sur leur téléphone portable, les réseaux sociaux sur leur ordinateur et la télévision, c’est d’arriver à penser à autre chose et à se concentrer sur certaines tâches.

 

Qu’est ce que la concentration ?

 

C’est différent de l’attention. Notre attention est attirée par un objet, par quelque chose qui se passe dans l’environnement.

La concentration est consacrée à une tâche : si on lit un livre la concentration n’est pas sur le livre, mais sur la lecture et sa compréhension.

 

La concentration a au départ un but, un objectif, une tâche à accomplir. Certes elle mobilise notre attention sur des perceptions : vue, sons, toucher… Mais elle sélectionne parmi ceux-ci, ceux qui sont utiles à la tâche projetée et élimine les autres. 

Par ailleurs elle nous pousse à réagir aux variations possible de l’objet de notre attention : s’il se passe quelque chose, on agit (le joueur de tennis concentré court vers le filet si l’adversaire fait une amortie. Le spectateur par contre fait attention à la balle, mais il n’est pas concentré sur son jeu, puisqu’il ne joue pas. 

Finalement, se concentrer c’est privilégier trois façons de réagir : se fixer un objectif et les tâches correspondantes, focaliser l’attention et percevoir de façon orientée en vue d’une tâche, et réagir selon les circonstances pour continuer à exécuter la tâche au mieux.

 

 

Les enfants de moins de 7 ans ont du mal à suivre un objectif et ils se laissent mener par leurs diverses perceptions. A partir de sept ans environ, le cortex préfrontal prend les commandes, peut fixer un objectif et concentrer l’attention et l’action su les tâches correspondantes.

On peut réaliser en laboratoire des tests de concentration. On constate alors que à l’extrême vous avez des individus qui restent imperturbablement concentrés sur leur objectif et leurs tâches pendant des périodes longues et, au contraire, d’autres qui ne peuvent rester concentrés plus de quelques secondes et se laissent distraire en permanence de leur objectif.

En général les capacités de concentration sont maximales entre 20 et 30 ans, mais on trouvera chez des jeunes comme chez des adultes, des personnes pour lesquelles la concentration est difficile. Le plus souvent elles sont distraites par les perceptions extérieures ou par l’attente d’événement qui les détournent de l’objectif.

Quelles parties du cerveau interviennent dans ces processus ?

 

On distinguera les centres qui aident à la concentration et ceux qui au contraire poussent à la distraction.

Ces derniers sont essentiellement les centres de récompense (la recherche de plaisirs autres que l’objectif), et les centres amygdaliens (la peur, le stress) ainsi que les centres émotionnels qui font sortir de l’organisation nécessaires des actes en vue de l’objectif. Mais également les aires associatives et l’insula.

En faveur de la concentration, c’est évidemment le cortex préfrontal qui est le chef d’orchestre et régule les circuits de distraction. Le cortex cingulaire antérieur intervient dans l’attention.

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Comment favoriser la concentration

 

D’abord avoir des objectifs clairs et précis et ce d’autant plus que la tâche est complexe et demande de réfléchir et n’est pas partiellement automatique, comme lire.

Ensuite fragmenter l’objectif et les tâches pour se concentrer sur un problème plus simple et plus précis à chaque étape. Des tâches de quelques minutes permettent un léger repos entre chaque effort de concentration.

Identifier toutes les tentations de distraction et les ramener à leur juste valeur et leur utilité et leur urgence, par rapport à l’objectif fixé. Il faut les détecter assez tôt, ne pas laisser envahir l’esprit. La plupart peuvent être remises à plus tard sans conséquence.

Ne pas faire deux choses en même temps : le multitâches diminue l’afficacité. On peut poursuivre deux objectifs dans certains cas, mais il faut alterner leur exécution dans le temps.

Prendre une certaine satisfaction, un certain plaisir à avoir réussi les tâches projetées grâce à la concentration que l’on a su garder.

 

Cela dit je constate que beaucoup de jeunes (dont certains de mes petits enfants), ont beaucoup de mal à se concentrer.

     Rester attentif au prof, à la lecture d’un texte, à l’apprentissage d’une leçon, vous demande énormément d’efforts.

    Je crois surtout que c’est parce que le travail sur lequel ils devraient le faire ne les intéresse pas vraiment, ou parce qu’ils préfèrent penser à d’autres occupations plus ludiques, ou même parfois ne penser à rien du tout, comme me le disait une de mes correspondantes.

    Une heure de cours, c’est long... très long, surtout quand la matière vous plaît peu. Et le soir, bosser ses cours et préparer l’interrogation du lendemain, alors qu’une foule d’idées et d’images défilent dans la tête, ce n'est guère tentant !..

    Que ce soit en cours ou à la maison, à votre distraction naturelle, se rajoutent des facteurs plus ou moins maîtrisables : la faim, la fatigue, le stress, l’anxiété, les bouleversements liés à la puberté, le manque de motivation pour la matière étudiée, les prises de tête d’ordre familial, sentimental... 

    Cela fait beaucoup, et il est normal que vous ayez du mal à réagir, surtout à un âge où, justement, on n’a pas forcément envie de changer, mais plutôt que ce soit le monde qui change...Illusions de jeunesse !

Mercredi 23 novembre 2016 à 13:57

Psychologie, comportement

    J’ai lu un article très intéressant de Martin Sauerland, chercheur à l’Université de Coblence, sur la confiance en soi et les blocages, qu’ils soient dans les études, au travail ou dans un couple.
    L’auteur distingue dix types de pensées qui nous entravent en matière de confiance en nous mêmes, qu’il a recensées en interrogeant des personnes de toutes origines et activités :

http://lancien.cowblog.fr/images/Psycho/PENSEESENTRAVES.jpg
    Il est certain que nous passons une partie de notre temps à nous observer inconsciemment nous-mêmes et à nous juger.
    C’est dans certains cas une bonne chose de bien se connaître, car cela nous évite de lancer dans une action pour laquelle nous ne sommes pas préparés ou nous n’avons pas les compétences nécessaires.
    Mais les pensées évoquées dans le tableau ci-dessus peuvent aussi nous décourager car elles vont entraver nos actions.
    Ces pensées sont souvent lancinantes et ne nous sont d’aucune aide, car elle ne nous apportent rien de positif et ne font que nous inhiber.

    Comment nous sortir de là ?
    Pour retrouver la confiance en soi, Martin Sauerland nous suggère de remplacer ces pensées qui nous entravent par des penses qui nous libèrent.         Comment ?
    Il faut se donner des buts, des objectifs.
    On peut essayer d’abord de chercher à connaître ses envies, ses désirs, voire ses rêves; cela peut permettre d’imaginer les buts qu’on se fixerait. Mais il faut tout de même les transformer ensuite en projets réalistes
    Puis il faut imaginer que l’on a atteint son but et reconstituer, en remontant le temps, les étapes, les événements, les actions, qui ont permis ce succès.
    Evidemment on trouve des obstacles, mais aussi les qualités et les actions qui nous ont permis de les surmonter.
    Il ne s’agit pas d’une simple pensée positive, où l’on se répète en voulant s’en persuader, l’inverse des pensées qui nous entravant : la méthode Coué a ses limites.
    Là il s’agit d’une véritable reconfiguration, et en même temps un examen certes de ses défauts, mais surtout des qualités qui nous permettent d’avancer.

    J’avoue que je ne connaissais pas du tout cette méthode et je ne l’ai donc jamais employée avec des jeunes, qui n’avaient pas confiance en eux et me demandaient de les aider.
    Si l’occasion s’en présente, à coté de mes méthodes habituelles, j’essaierai aussi celle-ci.

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