Dimanche 6 décembre 2015 à 9:55

Psychologie, comportement

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    Il m’arrive souvent de discuter avec des jeunes qui me confirnt leurs états d’âme et je constate qu’une partie de leurs peines et soucis, vient du fait qu’ils n’ont pas confiance en eux mêmes.
    Depuis longtemps les chercheurs en psychologie étudient ce phénomène qui d’ailleurs touche aussi de plus vieilles personnes; ils essaient d’évaluer la capacité d'un jeune à s’auto-évaluer quant à ses propres valeurs ou de son «idéal de soi» notamment dans les études sur la délinquance, l'échec scolaire ou les addictions

    Il y a eu un profond changement dans la mentalité des jeunes.
    Dans ma jeunesse et même pour mes enfants, les références étaient les adultes : parents, professeurs, la famille. Les parents étaient moins pris par leur travail et s’occupaient plus de leurs enfants. Les professeurs étaient mieux formés et plus estimés et respectés, des parents comme des enfants.
    De plus les jeunes évaluaient leurs capacités personnelle par leur travail, dans le secondaire comme dans le supérieur.
    Aujourd’hui les jeunes ne fondent leur estime de soi ni par comparaison aux adultes et au sein de la famille, ni sur leurs valeurs personnelles. Ce ne sont plus les parents ou les éducateurs qui servent de modèles, mais les copains !  Leur estime de soi repose sur leur capacité à partager valeurs dominantes d’un groupe, dans leurs environnement culturel, et la plupart des adolescents intègrent celles-ci, parfois même à leur insu.
    Certes certaines de ces valeurs sont d’ordre général et assez traditionnel, comme la liberté, aider les autres, améliorer son statut social, contrôler sa vie….
    Mais des considérations d’un tout autre niveau interviennent : le mimétisme vis à vis de ce que pensent et font les personnes du groupe, et la nécessité maladive de se comporter comme eux et de disposer des mêmes objets. Cela entraine des simili addictions aux réseaux sociaux, aux téléphones portables, à des accessoires de mode, et malheureusement aux drogues comme l’alcool, le tabac et le cannabis.
    La plupart des jeunes n’ont plus d’estime d’eux même s’ils ne peuvent se comporter comme les copains du groupe et leur ressembler, physiquement et en actions.

    Le problème est que ces désirs à la base de leur estime d’eux mêmes, ne sont pas des vraies valeurs et que la plupart de ces comportement sont plutôt négatifs et leur apporte donc une image très peu encourageante.
    Certaines valeurs qui autrefois apportait une certaine satisfaction comme la réussite scolaire par exemple, ne sont plus appréciées et beaucoup n’ont pas le courage de rechercher des résultats sportifs.
    A cela s’ajoute un climat inquiétant, entre le chômage, les guerres, le terrorisme, le changement climatique, qui rend l’avenir incertain et inquiétant.
    Les modèles rassurants de la famille et de l’instruction ont en partie disparus, la prépondérance de la société de consommation et de l’argent apportent plus de stress que de satisfaction.
    On aurait pu croire que la libération des mœurs depuis 1968 aurait apporté un calme sentimental mais il a en fait amené un amour changeant et éphémère et les divorces ont enlevé le caractère sécurisant de la famille.

    Une de mes correspondantes m’a un jour dit cette phrase horrible : «J'ai 20 ans et je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. Tout part en quenouille : l'amour, les idées, la famille, l'entrée dans le monde des adultes, le travail et l’environnement.»,
    On compte parmi les jeunes plus de 10% en détresse psychologique avec un risque de dépression, situation souvent aggravée par l’alcool , le tabac et le cannabis, qui sont pris comme un médicament contre l’anxiété.

    Cet article est très pessimiste, mais je voudrais terminer par quelque chose de positif. Je connais un certain nombre de jeunes qui ont une bonne estime d’eux mêmes et qui arrivent à avancer en étant relativement heureux, même s’ils ont des difficultés, notamment au plan travail et finances.
    Je constate que leurs parents se sont occupés beaucoup d’eux, leur ont apporté des règles et des valeurs.
    Je constate aussi qu’ils ont gardé le goût du travail et de l’effort et ont réussi dans leurs études, même en provenance de familles modestes. Ils n’ont pratiquement pas usé des drogues, car ils en connaissent les dangers.
    Certes ils sont intégrés à des groupes, comme tous les jeunes, mais ils n’en sont pas esclaves, et ont su garder leur individualité et leur indépendance.
    L’estime de soi est une lente construction et elle est donc fragile chez les jeunes et une faible perception de soi chez un jeune peut nuire grandement à son développement et à sa vie future.
    Je continue de penser comme mes parents, que si l’on traite les personnes somme ce qu’ils devraient être, on les aide ainsi à devenir ce qu’ils peuvent être.
    Le rôle des parents et des enseignants est primordial, non seulement dans l’éducation, mais aussi dans l’orientation des fréquentations de leurs enfants, vu l’importance attachée actuellement au groupe.

Vendredi 27 novembre 2015 à 9:49

Psychologie, comportement

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    Nous avons tous tendance à être crédules. Et pour suivre la mode ou s’intégrer au groupe des copains, certains sont prêts à croire n’importe quoi.
    Le comble est que des jeunes se fassent embrigader sur internet pour aller dans l’enfer de Syrie, à partir d’informations manifestement fallacieuses.
    On pourrait croire que la crédulité est l’apanage de personnes peu intelligentes, mais on voit des esprit brillants qui contestent l’existence des camps de la mort des nazis, les preuves manifestes de l’influence humaine sur le changement climatique, ou qui renient l’évolution pour croire à Adam et Eve.
    Que se passe t’il donc dans notre cerveau pour que nous fassions ainsi de grosses erreurs de raisonnement ou que nous suivions comme des moutons, le premier avis venus, sans réfléchir.

    Notre cerveau quand il travaille, consomme de l’énergie : 25 à 30% de l’énergie consommée par l’ensemble du corps. Donc il cherche à économiser le plus possible.
Réfléchir rationnellement à plusieurs problèmes successivement a un coût énergétique important, et nous ne pouvons donc nous permettre de raisonner ainsi tous azimuts sur tous les problèmes.
    Une région du cortex préfrontal analyse en permanence notre dépense énergétique mentale, et plus celle ci est importante, plus cette région s’active et nous pousse à faire des économies.
    Alors dans de nombreux cas, nous choisissons selon des processus plus rapides, basés sur un sentiment, une intuition, une impression. Cela peut être fallacieux.
    Il faudrait donc que nous apprenions d’une part à savoir quelles sont les problèmes importants pour lesquels il faut réfléchir et à reconnaître certaines situations qui risquent de nous tromper.
    En principe l’éducation et l’instruction devrait nous former en partie, et nous donner intelligence, bon sens et esprit critique.
    Cependant nous continuons parfois à nous tromper.

    Nous avons reçu une certaine éducation et instruction qui nous a formé (et déformé). Nous avons donc des référentiels différents provenant de nos origines familiales et de notre parcours scolaire. Notre expérience de métier et de la vie, ajoute d’autres connaissances à celles initiales.
    SI quatre personnes regardent un ruby-cube et lui trouvent une couleur différente, elles ne sont pas forcément dans l’erreur si chacune regarde une des quatre faces de couleurs différentes.
    Or chacun de nous a un environnement différente familial, social, dans son emploi, et des réseaux d’information différents et cela est encore plus vrai avec la prolifération des moyens multimédias.
    Alors que nous nous croyons bien informés, nous recevons nos renseignements de sources limitées et nos acquits nous donnent plus ou moins de moyens de critiquer la véracité de ces sources, selon le sujet abordé.
    D’une part nous avons éventuellement des informations insuffisantes et d’autre part, notre système de représentation issu de nos acquits, nous suggère des réactions et des interprétations automatiques des phénomènes auxquels nous sommes confrontés.
    Ces modes automatique de raisonnement du cerveau ne sont pas forcément fiables, et plus les informations et nos à-priori seront fragiles, plus notre cerveau risquera de nous induire en erreur, si nous ne nous astreignons pas à un raisonnement rigoureux, et à une recherche éventuelle d’informations supplémentaires et à une critique de nos référentiels et de nos biais culturels.
   
    Deux biais que je dénonce souvent et que nous avons tous tendance à plus ou moins pratiquer : la généralisation et la confusion entre corrélation et causalité.
    Si nous sommes témoins de circonstances où deux ou trois fois, un fait A entraîne un fait B, nous avons tendance o croire que c’est toujours vrai. C’est déjà courant dans des domaines relativement précis et logique, mais cela l’est encore plus si les informations sont floues et dans des domaines comme le comportement des individus et le jugement d’autrui, domaines dans lesquels nous faisons souvent, par généralisation des amalgames regrettables.
    L’autre erreur c’est de croire que parce que deux phénomènes sont liées au plan probabiliste, l’un est la cause de l’autre. Je cite souvent la corrélation statistique qui existe entre la consommation de combustible et la mortalité des vieillards, et je pourrais en conclure abusivement que pour qu’ils meurent moins, il suffit de ne pas les chauffer !!
    Beaucoup de statistiques sur le danger de telle ou telle situation ou produit, est souvent erronée car on lui attribue une cause unique, alors que le phénomène est le résultat de nombreuses causes diverses.
    Une troisième erreur est de juger de phénomènes en se servant d’une moyenne unique sans se rendre compte que la dispersion du phénomène est grand et qu’il faufdrait en fait, disposer de plusieurs moyenne affectant des groupes différnets. Les médias font souvent cette erreur dans le domaine financier.
    Des réactions sentimentales et personnelles nous font exagérer notre réaction vis à vis de certains phénomènes et de certains chiffres. Dans ce domaine des risques pour notre santé et notre vie sont largement surévalués, alors qu’ils sont faibles. Certains croient par exemple à la nocivité des vaccins qui est très faible, sans considérer leurs actions bénéfique, mais ne s’inquiète pas du risque qu’ils prennent en se rendant en vacances en automobile, plusieurs milliers de fois supérieur.
    La télévision et internet sont les fournisseurs par excellence d’informations erronées que nous gobons facilement.

    Alors que faire ?
    D’abord nous demander si l’information que nous recevons est fiable, claire, avérée et ne fait pas l’objet de nombreux biais.
    Ensuite nous méfier des conditions dans lesquelles nous l’acceptons; . Quel rôle a notre formation socioculturelle dans notre réaction vis à vis de cette information. Quel est aussi le rôle inconscient de nos sentiments et émotions. Le traitement culturel et sentimental que vous faites subir à l’information n’introduit il pas des biais ?
    Essayer ensuite de regarder l’information à la lumière du bon sens et de la logique. Tout défaut de logique doit rendre l’information suspecte. Critiquer en particulier l’interprétation qui est faite des chiffres.
    Bien sûr, il ne s’agit pas de remettre en cause tous vos jugement, vous n’en n’auriez ni le temps ni l’énergie.
    Mais qu’un certain apprentissage déclenche, dans les cas douteux, une alarme qui vous fasse suspendre votre jugement, jusqu’à plus ample information et son traitement.

Samedi 24 octobre 2015 à 8:40

Psychologie, comportement

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    Je me sers assez peu de mon téléphone portable, car j’ai presque toujours un téléphone fixe sous la main. Il m’arrive même d’être obligé de l’appeler avec le fixe pour savoir où je l’ai mis !! Je m’en sers surtout quand je vais à Paris en métro.
    Et je ne m’en sers jamais en voiture : non seulement on risque un PV, mais c’est très dangereux ; j’ai vu deux accidents où le conducteur n’avait pas réagi à temps parce qu’il était au téléphone, et un motard se casser la figure tout seul en tapant un sms.
    Et j’éteins toujours mon portable dans une salle publique.
    Ce qui m’agace c’est lorsque je fais une conférence et qu’un portable sonne. Je m’arrête  de parler et j’attends que la personne ait arrêté la sonnerie (ou soit sortie de la salle pour répondre).
    Je trouve pénible les gens qui regardent sur leur portable; Facebook au théâtre ou au concert. Pourquoi sont ils venus à ce spectacle ?. On est beaucoup mieux chez soi pour regarder un ordinateur
    Aux USA on rigole moins avec cela : un juré à un procès s’est vu infliger deux jours de prison pour avoir consulté son portable et envoyé des SMS au lieu d’écouter les plaidoiries.
    Quant au métro à Paris, (ou dans les TGV, on peut à peine parler à son voisin : tout le monde téléphone. Et j’entends régulièrement mes voisins ou vis à vis de fauteuil raconter sans pudeur toute leur vie.

    Je pense que vous avez tous eu l’occasion d’avoir quelqu’un en face de vous, qui ne vous voit presque pas, ne vous écoute pas et consulte son portable : cela s’appelle "Phubbing" : c’est une contraction de "phone" ("téléphone") et "snubbing" ("snober"), qui pourrait se traduire par « télépho-snober".  Et nos hommes politiques y sont aussi accrocs comme le montrent les deux photos de cet article, que j’ai trouvées dans la presse sur internet. Bien trop de personnes « phubbent » et je trouve cela parfaitement impoli.
    J’ai lu sur internet le chiffre effarant suivant : les gens consultent en moyenne leur smartphone 220 fois par jour ! Une véritable addiction.
    J’ai souvent vu un convive consulter son portable pendant un dîner, au milieu d’une conversation et même regarder son téléphone en vous parlant. Quant aux personnes qui gardent en permanence leur téléphone à la main, ou qui est devant leur yeux sur leur bureau, alors qu’elles vous parlent, c’est tous les jours que j’en vois.
    Il paraît que certaines personnes mettent leur smartphone sous leur oreiller et répondent, même en faisant l’amour !!
    Le téléphone portable ne serait il pas à l’origine de certains divorces ?

    Je ne sais pas si les gens se rendent compte de l’effet que cela fait sur les autres. Il m’arrive de rencontrer des personnes en entreprise. J’ai été devant des patrons qui semblaient ne pas vous écouter, les yeux rivés sur un SMS , ou qui interrompaient l’entretien toutes les deux minutes pour répondre au téléphone. Et il leur fallait ensuite une minute pour reprendre le fil du sujet. Les fixes sont filtrés par l’assistante, mais pas le portable et donc c’est plutôt lui qu’on appelle pour être sûr de toucher la personne.
    J’ai parlé avec des ingénieurs sous les ordres de ce patron : ils me disaient qu’ils n’aavient pas confiance en lui, ne savaient pas ce qu’il voulait, qu’ils avaient l’impression de n’avoir que de vagues directives et de ne pas pouvoir lui rendre compte de leurs difficultés. Un patron doit écouter ses subordonnés et les comprendre, s’il veut vraiment diriger son équipe.
    Si j’étais encore en service, je déposerait mon portable sur le bureau de ma secrétaire dans un casier prévu à cet usage, et je demanderais à tous les visiteurs de faire pareil et de le récupérer à la sortie !!

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Jeudi 15 octobre 2015 à 10:53

Psychologie, comportement

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    J’ai déjà fait plusieurs articles sur l’attention, mais certain(e)s de mes correspondant(e)s me demandent de revenir sur ce sujet pour essayer de mieux comprendre le phénomène et de se demander si on peut améliorer ses capacités d’attention, qui manquent tant aux jeunes actuellement.
    L’attention, c’est la faculté de se concentrer sur un objet, un livre que l’on lit, un exercice que l’on fait et plus généralement une action, pour la mener à bien au mieux, sans se laisser amener à penser à autre chose, à être distrait.

    Alors d’abord comment cela se passe t’il et qu’est ce qui peut nous distraire?
     Nos cinq sens (sans compter les sensations internes à notre corps), recueillent des perception 40 fois par seconde, via le thalamus. Heureusement ces sensations n’ont qu’une vie très courtes pour la plupart de quelques secondes seulement, et restent dans notre inconscient. Certaines sont conservé plus longtemps et soumises à notre cortex frontal, trois à cinq fois par seconde, pour savoir s’il les juge importantes et s’il veut que nos sens continuent à recueillir cce type de sensation sur un sujet donné.
    Si par la suite ces sensations n’ont plus d’intérêt, elles seront éliminées en particulier pendant le sommeil. Si au contraire le cortex préfrontal veut en conserver la trace, il donnera l’ordre à l’hippocampe de les mettre en mémoire en renforçant les liaisons entre les neurones composant le souvenir; le sommeil renforcera encore ces connexions.
    Il faut aussi savoir qu’une réaction du cortex préfrontal met quelques dixièmes de seconde s’il sait ce qu’il doit faire et plusieurs secondes s’il doit réfléchir avant de passer à l’action.
    Enfin les expériences ont montré que le cerveau n’est pas multitâches, qu’il peut à la rigueur suivre deux processus à la fois (mais par « saccades » successives de chacun), et qu’alors il partage son énergie entre les deux tâches et est donc moitié moins performant. Quant il veut traiter 3 opérations simultanément, cela commence à être anarchique
    Voilà ce qui se passe quand nous ne sommes pas concentrés sur une tâche particulière.

    Voyons maintenant ce qu’il se passe si nous faisons attention à quelque chose.
    D’abord le cortex préfrontal donne des ordres au thalamus et aux centres moteurs, (notamment des yeux), pour que les perceptions des sens soient tournées essentiellement vers l’objet de notre attention, pour ramener le maximum d’informations permettant de guider nos actions.
    Mais le thalamus continue à remonter des informations, certes mains souvent. Si nous faisons attention à une tâche et que l’information remontée est celle d’une mouche qui se promène autour de vous, le cortex frontal refusera l’information ou tout au plus donnera l’ordre aux centres moteurs, dirigés par le cervelet, de chasser la mouche d’un mouvement instinctif du bras. il fera comprendre au thalamus qu’il faut rester concentré sur la tâche.
    Evidemment  si c’est un événement qui risque d’être nocif (par exempel une pluie d’orage qui rentre par la fenêtre ouverte), là le cortex frontal pourra juger qu’il faut abandonner la tâche une minute, pour fermer la fenêtre.
    L’attention c’est donc un tri de l’importance des sensations qui sont communiquées au cortex préfrontal, le chef d’orchestre du cerveau, et le refus pas celui-ci d’accorder de l’importance et donc de l’attention aux événements qui ne sont pas essentiels. Le thalamus fait un premier tri et il est aidé par le cerveau émotionnel, notamment le cortex insulaire et l’insula, ainsi que les centres amygdaliens qui évaluent les dangers, qui évitent que le cortex préfrontal soit dérangé pour des choses non urgentes.


    Que faire pour améliorer notre attention.?
    On ne peut pas éliminer ces alertes envoyées au cortex préfrontal, et l’analyse qu’il est tenté d’enfaore avec l’aide du cerveau émotionnel. Les psychologues appellent cela des « Propositions d’action immédiate » (PAM).
    Il faut donc voir comment ne pas leur donner trop d’importance, d’attention.

    Il y a d’abord un problème de motivation et de volonté. Si l’objectif de notre tâche est précis, important pour nous, si cela nous plaît ou au moins nous paraît nécessaire, nous aurons une motivation suffisante et la volonté de refuser de nous laisser entraîner par les alertes qui arrivent et ne sont pas essentielles.
    Si notre objectif est flou, et en nous apparaît pas comme important, les PAM vont devenir nombreuses et envahissantes et nous ne saurons pas les repousser suffisamment.
    Bien sûr si un élève n’a pas son portable en classe, il ne sera pas distrait par un SMS, mais il trouvera un autre sujet de distraction. Il ne sera attentif que lorsqu’il aura compris que suivre le cours, faire l’exercice est indispensable pour progresser, pour avoir un niveau suffisant, réussir les examens et qu’il prépare ainsi sa vie future. Il faut qu’il comprenne que le manque d’attention permanent au cours augmente ses chances futures de chômage.
    Vous me direz que cela est bien général. oui mais c’est le moteur initial.
    Ensuite il faut faire comme fait un ingénieur quand il mène un projet : il faut bien préciser les objectifs, les décliner en sous objectifs puis en mini et micro objectifs qui sont des tâches élémentaires. Le cortex préfrontal a ainsi un chemin tracé à l’avance et il peut se concentrer sur la réalisation de chaque micro-tâche.
    Bien plus;, alors que l’objectif général reste un peu philosophique et lointain, le micro-objectif étant précis et limité, sa réussite est une étape et déclenche dans nos centres d’apprentissage et de récompense une bouffée de dopamine, source de plaisir.
    Cela nous aidera à passer à la micro-tâche suivante sans nous laisser distraire.

    Il est certain que la réussite est source de motivation. Mais elle demande deux choses : de l’attention et de l’apprentissage, et ce dernier demande la compréhension et la répétition pour mémoriser. La meilleure façon d’apprendre, c’est la répétition des exercices d’application; mais évidemment c’est un travail et cela prend du temps alors que ce serait plus agréable de flâner ou de s’amuser, les occupations ne manquant pas sur tous les écrans à notre disposition.
    il y a là un défi pour les professeurs et les parents, d’habituer l’élève à faire des exercices, à y trouver une certaine satisfaction et de lui faire comprendre que c’est essentiel pour sa mémoire et son intelligence.
    C’était plus facile autrefois, car il y avait moins de distractions possibles, ni la télé, ni internet, ni le téléphone portable.
    Et acquérir certains automatismes est source de plaisir. Il est certain que le début de l’apprentissage du tennis ou de la planche à voile est décevant car on échoue le plus souvent, puis tout à coup, à force d’essais on acquiert une certaine habileté et avec elle la réussite. De même lorsqu’on apprend à lire ou la pratique d’un instrument de musique.
    Il faut arriver à donner à l’enfant le goût de la recherche de la réussite.

Mercredi 23 septembre 2015 à 8:54

Psychologie, comportement

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     Microsoft au Canada prétend que à cause des smartphones et autres écrans multimédias, les jeunes ne peuvent que se concentrer 8 secondes au lieu de 10 il y a 15 ans. Je ne sais pas trop ce que Microsoft appelle de la concentration, mais personnellement j’ai l’impression de pouvoir me concentrer sur une réflexion sérieuse pendant quelques minutes !
    Ensuite il prétend que, en compensation, les jeunes sont devenus multitâches et peuvent faire plusieurs choses en même temps : faire un devoir ou apprendre une leçon, en même temps qu’on tape un SMS ou qu’on répond au téléphone, avec en même temps un œil sur une émission de télé ou sur Facebook, et en écoutant de surcroit de la musique.
    En fait même les ordinateurs ne sont pas multitâches, car même s’ils ont l’air de faire plusieurs choses à la fois, ils les font par petites séquences successives et une seule séquence de chaque tâche à la fois, mais très vite, alors on ne s’en aperçoit pas. Mais il a des limite et je sais très bien, en le chargeant trop, à partir de quel niveau je vais faire planter mon Mac !
    Et le cerveau humain, n’en déplaise à Microsoft n’est pas multitâches.

    Tout dépend évidemment ce qu’on appelle une tâche. vous pouvez faire plusieurs choses à la fois, mais très superficiellement et sans ensuite en garder quelque chose de sérieux : lorsque nous divisons notre attention entre deux tâches, notre cerveau a du mal à encoder les informations et, par conséquent, à les retenir. 
    Le cerveau dépense une certaine énergie quand il réfléchit ou agit; s’il fait deux tâches à la fois, il partage son énergie entre ces deux activités et donc le résultat est moins bon. A partir de 3 tâches, il ne sait plus répartir cette énergie équitablement.   
    Par ailleurs une réflexion implique d’aller chercher en mémoire des données et des processus, et pour pouvoir les utiliser, de les stocker provisoirement dans deux « mémoires tampon » : la « boucle phonologique » pour les mots, et le « calepin visuo-spatial » pour les images, cartes et schémas. Or ces mémoires tampon ont des capacités limitées à 6 ou 7 items. Donc si on partage les informations entre deux tâches, cette limitation devient gênante (elle n’est plus que de 3 ou 4 par tâche), et ralentit considérablement la réflexion ou l’action.)
    Un cas très connu est la conduite d’une automobile en même temps qu’on téléphone. La conversation accapare la mémoire tampon, et vous consuisez en « automatique ». Le moindre incident de parcours ne va pas être pris en charge assez vite pour provoquer le bon réflexe et c’est l’accident.

    Les psychologues ont étudié notre comportement lorsque nous essayons de faire plusieurs choses à la fois. Ce multitâche nous distrait et mobilise toute notre énergie cérébrale. Il en résulte que nous sommes moins attentifs, que nous réfléchissons moins et qu’on peut alors nous influencer facilement, nous faire changer d’avis, nous décider à des actions néfastes. C’est d’ailleurs une méthode connue de distraire les gens pour leur faire avaler des informations erronées, qu’ils n’auraient pas acceptées en temps normal.
    C’est d’ailleurs ce que font les magiciens et illusionnistes, qui vous focalisent sur plusieurs de leurs actions, pour que vous ne remarquiez pas d’autres qu’il veulent vous cacher.
    Des expériences ont été faite de surcharge mentale en demandant à des personnes de trouver des renseignement sur une question donnée, sur 24 siotes internet, en moins de 10 minutes. Les personnes ont privilégié les informatioins des premiers sites, car ensuite, leur cerveau étant saturé, elles ont peu retenu - et de moins en moins - des sites suivants.

    Mais certains chercheurs vont plus loin et pensent que le fait d’être en permanence pressé et partagé entre des actions que l’on même simultanément entraîne des conséquences néfastes qu’ils appellent « trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité » (TDAH) ou « Attention Deficit Trait » (ADT), qui est caractérisé par la distractivité, la frénésie interne, l’impatience, la difficulté à s’organiser, à mettre des priorités, à gérer son temps et par des problèmes de mémoire.
    Une étude réalisée aussi par Microsoft a montré que les courriels et la messagerie instantanée avaient des impacts négatifs sur la productivité au travail : les employés mettaient environ 15 minutes à retrouver leur pleine concentration après avoir interrompu leur travail pour répondre à un courriel. On répond sans cesse à des demandes, et on croit qu’on ira plus vite en y répondant sur-le-champ, en interrompant un travail qui demande de l’attention.
    La pression qui existe actuellement en entreprise est une erreur contreproductive.
    Et selon le psychologue hongrois Mihaly Csikszentmihalyi, auteur de « Vivre: la psychologie du bonheur », les moments où les gens sont le plus heureux sont ceux où ils sont complètement absorbés par une activité physique ou mentale, où ils vivent pleinement le moment présent, le bonheur de faire une chose à la fois. Et prenons même le temps parfois de rêver.

Jeudi 6 août 2015 à 8:51

Psychologie, comportement

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      Nous avons vu hier quelques théories sur la motivation, basées soit sur les désirs et les besoins des hommes, soit sur les caractéristiques du travail demandé et de son environnement, soit sur la différence entre les attentes de l’individu et leurs réalisations réelles. Mais ces théories sont plutôt orientées vers le travail et la motivation en entreprise, dans le monde du travail.
On peut se demander si elles s’appliquent dans la vie courante et en particulier, aux jeunes dans leur parcours scolaire.


    Je pense qu’effectivement, Maslow a raison et le premier besoin c’est celui de la satisfaction des besoins élémentaires : respirer, manger, boire, dormir, avoir une maison … et de la sécurité matérielle. C’est vrai aussi pour les jeunes, mais ils ne s’en rendent pas compte - du moins pour la plupart, car ils sont au sein d’une famille qui les protège, et dans nos pays, les enfants à la rue sont moins nombreux que dans les pays pauvres. Alors, pour eux ce n’est pas un besoin, puisqu’il est déjà acquis et donc ce n’est pas un motif de motivation.

     Le deuxième besoin est un besoin de sécurité morale, celle qui permettra à l'ado d'évoluer intellectuellement et moralement vers l’adulte.
Je pense que, quand j’étais enfant, et bien que ce soit la guerre, je n’avais pas ce problème. Mes parents s’occupaient beaucoup de moi et de mes frères et sœur, nous donnaient des règles strictes auxquelles il nous semblait naturel et utile d’obéir,
    Les références étaient données autrefois par le milieu social auquel on appartenait, par la culture et l'éducation, par une sorte de complicité au sein de cet environnement avec les parents et les copains, et les professeurs, que l’on respectait donnaient le complément pour vous instruire, vous ouvrir l’esprit et vous rendre intelligent, à condition que l’on travaille. Mais les enfants comprenaient que l’école et étudier était la formation indispensable pour pouvoir vivre correctement et préparer son avenir. Au lendemain de la guerre, il n’y avait pas de chômage et si on voulait travailler, on trouvait du travail et on avait un minimum de réussite.
     Elevés aujourd'hui, pour la plupart, dans une ambiance de grande liberté, sans les règles et les repères que leur imposait l'éducation “autoritaire” d'autrefois, les ados manquent de références, alors que, bien qu'ils aient soif d'autonomie, ils sont craintifs face au monde qui les entoure, et craignent de quitter le nid familial, où ils se sentent à l’abri.
    Aujourd'hui au temps de la mixité, des voyages, et d'internet, cette référence n'a plus cours, et les parents sont devenus transparents et ne peuvent plus servir de “modèle”. Les problèmes posés par les familles recomposées aggravent en général ce phénomène, faisant inconsciemment planer une insécurité sur l'enfant qui a vu, ou craint de voir, éclater le noyau familial.
    J'ai constaté combien, ados et même jeunes,  vous aviez une anxiété de ne pas être protégé(e), et parfois la confiance que vous m'avez donnée me semblait résulter du manque pour vous, d'un adulte “référent” auquel vous raccrocher, auquel vous puissiez demander conseil, quand vous vous sentez un peu perdu(e).
    De plus le chômage a enlevé la confiance des jeunes dans les études et donc la motivation pour les études a considérablement baissée, ce qui est une erreur, car on trouve plus facilement du travail si on a des diplômes.

    Le troisième besoin, qui a mon avis n’est pas assez pris en compte par les psychologues, car ils se soucient surtout du milieu du travail, est le besoin d'affection, d'être aimé pour soi même. Dans notre monde rude et quelquefois brutal, l'amour n'est jamais de trop.
    L'adolescent (comme l'enfant qu'il a été et l'adulte qu'il sera) a besoin d'aimer et d'être aimé.
    Les parents ont tendance à entourer l'enfant d'amour, puis, à avoir tout à coup une certaine pudeur quand il grandit et à ne plus dire à leurs ados qu'ils les aiment. C'est probablement plus tard, quand on est grand-parent et qu'on n'a plus la responsabilité “d'élever ses enfants” , que l'on regrette de ne pas l'avoir dit et montré plus souvent, aussi bien à ses enfants qu'à ses parents.
   Subvenir à leurs besoins, encore moins accepter de satisfaire leurs envies et leurs caprices, les emmener dans de nombreuses activités, c'est s'occuper d'eux, mais cela ne remplace pas la démonstration d'affection.
   J'ai été frappé par le nombre de correspondant(e)s qui ont l'impression d'être seul(e)s, et en réalité de ne pas être aimé(e)s, alors qu'elles ont de bon(ne)s camarades et surtout une famille qui les aime.
   Bien sûr je sais que les médias font surtout “la promotion” du (ou de la) “petit(e) ami(e)”, mais je crois, là aussi qu'il y a dans ce désir, pour beaucoup d'entre vous, un besoin de tendresse inassouvi.

    Le quatrième besoin est celui du dialogue et de la communication, d'abord avec les parents, ensuite avec les camarades, enfin avec les professeurs.
    Paradoxalement, au temps de la télévision, du téléphone mobile et d'internet, ce facteur s'est considérablement détérioré. Les parents n'ont plus le temps, les grands parents sont loin, les camarades sont souvent égoïstes et susceptibles et ont leurs propres problèmes, et les professeurs ont déjà bien des difficultés à exercer leur métier.
   Et pourtant ce n'est pas si difficile, si j'en juge par tous les mails que j'échange avec vous, et toutes les peines et ennuis que vous m'avez confiées et qu'on a essayé de résoudre ensemble. Mais c'est vrai qu'il faut en prendre le temps.
  Je pense que pour beaucoup d'entre vous, l'écriture de votre blog ou le dialogue dans les réseaux sociaux, correspond aussi au besoin de communication.

  Mais la nature de ce dialogue a changé et avec lui le problème de la confiance.
  C’est ce que j’aborderai demain, dans mon prochain article.

Lundi 20 juillet 2015 à 8:02

Psychologie, comportement

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    Aujourd’hui, ce ne sera pas un intermède, mais je vais mettre mes lecteurs à contribution.

    Il s’agit d’aider une jeune étudiante qui fait un mastère de psychologie en répondant à un questionnaire.
    Ceux ou celles d’entre vous qui ont déjà faits leurs deux années de mystère, après la licence, savent qu’il fait faire des stages et de petites recherches qui aboutissent à un mémoire.
    Ma correspondante fait une étude sur l’utilisation du téléphone portable, bien sûr d’abord chez les jeunes, mais aussi chez les personnes plus âgées, car l’évolution est intéressante à connaître. Le questionnaire traite aussi d’internet, car maintenant les téléphones portables servent autant sur internet que pour la communication.
    Evidemment du fait qu’elle fait des études de psychologie, elle doit aussi étudier les conséquences de cette utilisation et notamment des utilisations très importantes, voire addictives.
    De plus le questionnaire s’adresse à des personnes très différentes, y compris des personnes suivies psychologiquement. Donc ne vous étonnez pas de certaines questions, qui évidemment vous paraîtront inappropriées en ce qui vous concerne, mais elles permettent de comparer des populations très différentes.
    Les réponses sont bin entendu, totalement anonymes. Le questionnaire est accessible par ce lien :

 https://fr.surveymonkey.com/r/UT2J-cyberusages

    Prévoyez plus ou moins 20mn pour y répondre. Chose importante : pour que votre réponse soit comptabilisée, il faut vraiment remplir toutes les questions jusqu'au bout !
    Plus les participant-e-s seront nombreux-(ses), plus la recherche sera fructueuse et représentative. Chaque participation compte et sera précieuse pour mener à bien cette étude et faire avancer les connaissances scientifiques sur le sujet étudié.
    Pouvez vous donc apporter votre contribution en participant et à en parler autour de vous !
    Je vous remercie d'avance pour votre soutien dans ce projet qui représente beaucoup pour cette étudiante, et je compte sur vous !
    Bien entendu j'ai moi-même répondu au questionnaire, bien qu'en matière de téléphone portable, je me fais l'effet d'un dinosaure : il me faut plus d'une minute pour écrire un SMS que je tape en dix secondes sur mon mac pour ma messagerie !

Dimanche 28 juin 2015 à 8:05

Psychologie, comportement

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     Lorsqu’on lit des travaux de psychologie sur le développement de l’enfant, une question revient souvent : comment se forme notre « moi » et notamment quel est notre rapport à la « possession » d’objets par exemple.
    Dans ce domaine, on se réfère encore aux travaux du biologiste et psychologue suisse Piaget (1896 - 1980), étudié le développement de ses propres enfants de la naissance au langage, et sur d’autres enfants à l’université de Genève et s’est intéressé à la génétique, avec les moyens pourtant assez réduits de l’époque.
    Il a montré que l'enfant a des modes de pensée spécifiques qui le distinguent entièrement de l'adulte, qu’il construit ses premiers raisonnements en agissant sur son environnement matériel et humain (sa famille, puis ses camarades). Ses schémas de pensée, au départ  très pragmatiques et expérimentaux, deviennent progressivement de plus en plus abstraits.

    Il avait distingué dans le développement de l’enfant d’abord un premier stade jusqu’à environ 2 ans, où le contact qu’entretient  l’enfant avec le monde qui l’entoure dépend  entièrement des mouvements qu’il fait et des sensations  qu’il éprouve. Chaque nouvel objet est pris, lancé,  mis dans la bouche.... pour en comprendre progressivement les caractéristiques par essais et erreurs. C’est au milieu de ce stade, vers  la fin de sa première année, que l’enfant  saisit la notion de permanence de l’objet, c’est-à-dire le fait que les objets continuent d’exister quand ils sortent de son champ de vision.

    Puis entre 2 et 6 à 8 ans, l’enfant apprend à parler, puis à lire et écrire, ainsi que la numérisation et le calcul. Il devient  capable de penser en termes symboliques, de se représenter  des choses à partir de mots ou de symboles, saisit aussi des notions de quantité, d'espace, ainsi que la distinction entre passé et futur. Mais il demeure  beaucoup orienté vers le présent et les situations physiques concrètes.

    Entre 7 et 12 ans, l’enfant devient capable d’envisager des événements qui surviennent en dehors de sa propre vie. Il commence aussi à conceptualiser et à créer des raisonnements logiques qui nécessitent  cependant encore un rapport direct au concret.
    Au plan “moral”, l’enfant apprend  qu’il est dans son intérêt de “bien” agir  parce qu’il reçoit alors des récompenses, puis après 7 ans environ il ressent  le besoin de satisfaire aux attentes des membres de son groupe d’appartenance. (principalement la famille et les copains). Ce faisant, il cherche à utiliser des règles qui lui permettent de prévoir les comportements et les événements.
    Durant ce stade, le cerveau émotionnel évolue fortement et par contre les centres d’apprentissage perdent environ 30% de leurs connexions.

    A partir de 11-12 ans se développe ce que Piaget a appelé les “opérations  formelles”. Les  nouvelles capacités de ce stade,  comme celle de faire des raisonnements hypothético-déductifs  et d’établir des relations abstraites, sont généralement  maîtrisées autour de l’âge de 15 ans.
    À la  fin de ce stade, (qui correspond à peu près à l’enseignement au collège), l’adolescent peut donc, comme l’adulte,  utiliser une logique formelle et abstraite. Il peut aussi se  mettre à réfléchir sur des probabilités  et sur des  questions morales. 
    Au cours de cette période,s'effectue la maturation du cortex préfrontal et l'apparition progressive de la capacité à planifier, à contrôler et à inhiber  ses propres comportements. Cette maturation durera jusqu’à 20 à 25 ans.

    Ces théories restent valables aujourd’hui, si ce n’est que l’on considère que les limites temporelles entre ces divers stades sont plus floues et plus variablkles selon les individus, en fonction de leur parcours d’apprentissage du langage, de l’écriture et lecture et de l’instruction.
    De nombreuses études ont complété les observations de Piaget.
   
    Un aspect intéressant est le rapport entre l’enfant et la possession, qui a apparaît très tôt, avec par exemple, l’attachement à son « doudou ».
    Vers 3 ans l’enfant distingue ce qui lui appartient et ce qui est à autrui, mais ce qu’il réalise lui appartient : si par exemple vous lui prétez de la pate à modeler et des couleurs, il vous dira que ces objets vous appartiennent, mais il vous dira aussi que l’éléphant qu’il a sculpté et peint est « à moi ».
    Le cerveau humain confère une importance souvent excessive aux objets qui nous appartiennent, car il évalue gains et pertes en fonction du ressenti émotionnel face à chaque objet. Rappelez vous votre attachement d’enfant pour vos peluches !
    Les objets que nous possédons deviennent des « marqueurs de notre identité » et l’enfant refuse même de les échanger contre des objets identiques même neufs.
    Un peu plus grands (vers 7 ans), quand les enfants se disputent des jouets, c’est qu’ils cherchent à affirmer leur identité et aussi leur domination sur les autres. ( je me souviens des cris de mes enfants qui se disputaient : « ça, c’est à moi ! ».
    De plus plus l’enfant grandit, plus il va choisir un certain nombre des objets qu’il possède et donc affirmer des préférences. Nous sommes ce que nous possédons, et donc la perte ou la destruction d’un objet sera traumatisante.
    A l’inverse, les objets que nous possédons auront une influence sur nous et pourront agir en nous transformant (quelquefois en bouleversant nos habitudes : ordinateur et téléphone portable).
    Et évidemment le désir de posséder ou d’acquérir un objet nous fait lui attribuer plus de valeur. C’est le système de récompense qui soutient le désir, le cortex frontal examine le prix et l’insula donne un avis sur le rapport coût/plaisir.

    On constate toutefois des différences selon les culture et ainsi en Afrique, dans les populations pauvres, l’accent est moindre sur les objets personnels et plus important pour les biens achetés ou échangés par la communauté.
    Il semble que les occidentaux attachent plus d’importance à ce qui leur appartient, qu’il considèrent comme une extension d’eux mêmes, même si le besoin de possession est profondément ancré chez tous les humains.
    Ce sens de la propriété existe chez les animaux (la balle ou la laisse de votre chien lui appartient), et on peut même apprendre aux singes à échanger des objets en fonction de la valeur qu’ils y attachent (et donc en nombre différent).

Vendredi 12 juin 2015 à 8:58

Psychologie, comportement

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Une question revient souvent sur le tapis : les films violents à la télé et surtout les jeux vidéos de combats peuvent ils inciter, notamment un jeune, à devenir enclin à la violence, voir délinquant. La question avait déjà fait l’objet de longues discussions en 2011, lors du massacre de l’île d’Utoya en Norvège, car le fanatique meurtrier s’était entrainé au tir sur des jeux vidéos.

    Un jeu de guerre entraine t’il à l’usage des armes : oui
    Les chercheurs américains ont fait des expérimentations sur des groupes que l’on a entraîné sur des jeux vidéos violents, où il était fait usage d’armes à feu, et sur des jeux, certes animés, mais sans l’usage d’armes et de tueries.
    Ils ont par ailleurs fait tirer les joueurs dans un véritable stand de tir, sur diverses cibles, avant et après le jeu d’entrainement.
    L’expérience a montré de façon tout à fait concluante, que le jeu améliorait de façon importante les performances au tir, même si l’adresse ou la maladresse des joueurs entrainait des différence à l’intérieur des groupes.

    Des jeux violents incitent ils à la violence : c’est aussi vrai.
    Des expérimentations ont été faites sur des groupes ayant pratiqué des jeux violents et d’autres des jeux neutres, et on testait ensuite les joueurs sur leur agressivité.
    Les niveaux de difficulté et de stress des deux jeux étaient voisins pour que l’on puisse attribuer les différences à la violence et non à des joies ou frustrations suite aux résultats obtenus.
    Les résultats ont montré une augmentation nette d’agressivité verbale et parfois gestuelle suite à ces jeux violents.
    Une autre étude a consisté en une enquête sur des personnes au comportement agressif et sur les jeux vidéo qu’elles pratiquent.
    Une troisième enquête a permis de suivre pendant plusieurs mois des joueurs débutants de jeux vidéo violents et de constater si leurs comportements violents ou agressifs augmentaient au cours de cette période.
    Au total, les études ont porté sur plus de 130 000 personnes et le résultat est indéniable :
a pratique intensive de jeux vidéo violents augmente l’agressivité et éventuellement la violence verbale et gestuelle.
    Il s’agit cependant d’agressions modérées et non de crimes de tueurs.

    Evidemment il serait souhaitable de comprendre pourquoi et psychologue et neurologues se sont penchés sur la question, au moyen d’enquêtes, mais aussi d’investigation IRM du cerveau.
    Il semblerait que la pratique de ces jeux habitue à la violence et qu’elle est ensuite mieux tolérée, et moins inhibée. Les centres amygdaliens réagissent moins, les centres du cerveau émotionnels sont moins sensible aux actes violents et le cortex préfrontal n’inhibe plus autant ces actes, car ils paraissent moins répréhensibles et moins inhabituels. Le rsique entraîné est aussi minimisé.
    De plus le plaisir pris dans ces jeux a entraîné la libération de dopamine par les centres de récompense et les actes violents peuvent ensuite avoir la même conséquence par mimétisme.
    Les adolescents dont le cortex préfrontal n’est pas mature, sont évidemment plus sensibles à ces phénomènes.

    Je ne pense pas qu’on puisse demander aux adolescent d’être assez raisonnables eux mêmes, pour ne pas jouer à des jeux violents. Mais c’est aux parents à veiller à ne pas leurs acheter n’importe quel jeu et à surveiller leurs accès à internet.
    L’industrie des jeux est responsable et est particulièrement cynique. Elle fait des bénéfices considérables dans le domaine des jeux vidéo (70 milliards de chiffre d’affaire annuel), et elle ne veut pas tuer la poule aux œufs d’or. Alors elle prétend que les jeux vidéos ne rendent violent que les gens qui ont déjà un problème psychiatrique. Ces personnes sont sûrement plus sensibles, mais elles ne représentent qu'un faible nombre parmi les joueurs.
    Ils affirment aussi que les joueurs seraient au contraire moins violents car ils ont évacué leur trop plein d’agressivité, ce qui est contradictoire avec les études ci dessus mentionnées.
    Les fabricants de tabac ont aussi longtemps affirmé que fumer était bénéfique.
    Les pouvoirs publics devraient là aussi intervenir, non pas sur tous les jeux vidéo, certains pouvant être bénéfiques et constituer un délassement, mais ils devraient limiter le degré de violence autorisé et notamment certains jeux de guerre qui rapellent trop ce que l’on voirt aux journaux télévisés sur l’Irak et la Syrie.

Dimanche 26 avril 2015 à 7:55

Psychologie, comportement

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     Une correspondante me demande quelles sont les relations entre la motivation et les besoins et souhaits humains.
    J’en ai déjà parlé sous une autre forme, dans des  articles sur la pyramide de Maslow. (7 mars et 19 juin 2012, 26 mai 2007)

    Abraham Maslow est un psychologue qui a publié en 1943, une « pyramide » des besoins humains, qui sont sources de motivation et qu’il classe en cinq niveaux successifs hiérarchisés, chaque niveau inférieur devant être relativement satisfait pour que le suivant apparaisse.
   
              - les besoins physiologiques de vie (respirer, se nourrir, la santé physiologique…), nécessaires pour survivre
Des moyens sociaux répondent à cette nécessité : rémunération, sécurité sociale, magasins, hôpitaux….).
    À mesure qu'une personne croît et se  développe, elle est de plus en plus en mesure de  satisfaire ses besoins physiologiques; toutefois les enfants, les jeunes, les personnes  âgées, les pauvres, les malades et les  handicapés dépendent souvent des autres (au moins financièrement), ce qui leur pose problème.

             - les besoins de sécurité (physique, psychologique, économique), de propriété (avoir des  choses et des lieux à soi) et de maîtrise de l'environnement (pouvoir  sur ce qui nous entoure).
    La police, la justice, les assurances, mais aussi la famille, la stabilité professionnelle, les communautés étatiques, les entreprises y contribuent.

             - les besoins sociaux d'affectivité (être  accepté tel que l'on est, recevoir et donner amour et  tendresse, avoir des amis et un réseau de communication  satisfaisant), d'estime de la part des autres (être  reconnu comme ayant de la valeur) et d'appartenance (acceptation des autres avec leurs différences, appartenance à un groupe).
    Chez l'enfant sont essentiels l'amour de ses parents et de sa famille, la compréhension, l'estime les encouragements et la confiance de la part des parents et des amis ainsi que l'appartenance à sa famille, à un goupe de copains et à des “clubs” d'activités.
        Chez l'adulte il s'agit de sa vie en société et notamment au travail. Le besoin de compétences, d'un poste satisfaisant, d'exercer un pouvoir relève de ce niveau.

             -  les besoins de reconnaissance (estime de soi même, , considération des autres); sentiment d'être utile  et d'avoir de la valeur, point de départ de l'acceptation de soi et du développement de  l'indépendance. Besoin de liberté et de responsabilité qui concrétise l'estime des autres et de soi.
    C'est un besoin de développement, mais aussi de conservation de son identité et de son autonomie. Les aspirations à la connaissance, à la formation, au développement de carrière en font partie.

            - au sommet de la pyramide, la  réalisation de soi (accroître ses connaissances, développer ses valeurs, résoudre des problèmes compliqués, innover,  créer de l'utile et du beau, avoir une vie  intérieure)
    On pourrait résumer cette attente par :  "deviens qui tu es ".
    Mais elle explique l'attachement des personnes aux valeurs religieuses, morales, à des tâches sociales ou humanitaires ....
    Ceci nécessite une compréhension cognitive  (nouveauté, exploration, connaissance) et des besoins  esthétiques (musique, art, beauté, ordre).
    Cette réalisation suppose un but, qui n'est jamais  complètement atteint et l'homme, plus ou moins insatisfait recherche toujours davantage.
médecin
    Maslow n’est pas le seul à avoir fait de telles théories et certains psychologues ont développe des idées voisines à partir des siennes, notamment :

     Clayton Alderfer développe en 1972 la théorie « ERG » (Existence Relatedness Grow) ou les « 101 causes de motivation ».
    Il recense trois types de besoins :
        - les besoins d’existence (Existence). Ce sont les besoins primaires, physiques.        
        - les besoins de sociabilité (Relatedness). Ce sont les besoins de relations interpersonnelles.
        - les besoins de développement (Growth). Ce sont les besoins de
création, de réalisations significatives, d’utilisation et d’amélioration des compétences.

    David McClelland a également imaginé en 1961, une théorie des besoins, mais plus particulièrement au sein des entreprises. Elle suppose donc que la société a pris en charge les deux premiers étages de la pyramide de Maslow et il distingue
        - le besoin d’affiliation. C’est le besoin de s’associer à d’autres personnes, de rechercher de bonnes relations interpersonnelles..
        - le besoin d’accomplissement. C’est le besoin de relever des défis, d’atteindre des objectifs.
        - le besoin de puissance. C’est le besoin d’avoir de l’influence sur les autres, d’être capable de les motiver vers un objectif précis. Recherche de pouvoir personnel et institutionnel.

   Le médecin psychologue Henry Murray avait, en 1930, avant Maslow publié une liste de « besoins psychologiques », pour décrire la personnalité et ses dysfonctionnements. Elle n’est malheureusement disponible qu’en anglais et certains termes de psy ne sont pas faciles à identifier.
    Je cite ci après 11 de ces besoins :
        - besoin d’acquérir :
posséder, avoir de la propriété, saisir, voler des objets, marchander, travailler pour de l'argent ou des biens en nature.
        - besoin d’accomplissement :
surmonter des obstacles, exercer une responsabilité, lutter pour obtenir quelque chose dans les meilleurs délais et de la meilleure façon possible.
        - besoin d’exhibition :
attirer l'attention d'autrui, amuser, émouvoir, choquer, faire peur.
·        - besoin de dominance:
influencer ou contrôler autrui, persuader, interdire, dicter sa loi, guider et diriger, organiser la vie d'un groupe.
        - besoin d’affiliation :
nouer des amitiés et appartenir à des associations, vivre avec d’autres, apporter sa collaboration et sa conversation, aimer.
        - besoin de jeu :
se détendre, s'amuser, rechercher le divertissement, rire, plaisanter, éviter toute tension.
        - besoin d’ordre :
classer, organiser, ranger, être précis et scrupuleux.
        - besoin de reconnaissance :
susciter faveurs et compliments, mettre en valeur ses actes, rechercher la distinction, le prestige, les honneurs.
        - besoin de déférence :
admirer et suivre de son plein gré un supérieur, coopérer, servir.
        - besoin d’autonomie :
résister à l'influence ou à la coercition, défier l'autorité, rechercher la liberté, lutter pour son indépendance.
        - besoin d’agression :
injurier, tuer, faire mal, accuser, blâmer ou ridiculiser autrui, punir.

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