Lundi 30 mars 2015 à 7:50

Psychologie, comportement

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    J’ai souvent dit sur ce blog que j’étais étonné du manque de bon sens de beaucoup de personnes de nos jours, et notamment de la crédulité des gens, surtout chez les jeunes.
    Pourtant, en moyenne, les jeunes sont plus instruits aujourd’hui qu’autrefois, mais l’un de mes grands père qui habitait la campagne et n’avait que le certificat d’ études, n’aurait jamais avalé les sornettes que beaucoup de gens, théoriquement intelligents,  admettent aujourd’hui.
    Je suis souvent très étonné des bêtises qui circulent sur internet, de celles que l’on me raconte parfois dans des mails, et des « croyances » de certain(e)s de mes correspondant(e)s.
    Certes c’est souvent par manque du savoir ou de la culture correspondante, mais dans beaucoup de cas, une réflexion logique et rationnelle aurait dû suffire pour douter de la véracité de l’information, ou au moins, ne pas la croire sans vérification de sa véracité.

    Je crois qu’il y a quatre types de raisons à cette évolution :

    - D’abord, les enseignements primaires et secondaires donnent sans doute autant de connaissances qu’autrefois, mais elles sont mal apprises, car l’attention des élèves n’est plus aussi grande et le contenu de l’enseignement, trop théorique, ne les intéresse pas parce qu’ils n’en voient pas l’intérêt. Les professeurs par ailleurs, n’ont souvent pas su développer leur curiosité intellectuelle.
    Mais surtout les programmes actuels et surtout l’absence d’exercices pratiques d’application, aussi bien en français pour comprendre la pensée d’autrui qu’en physique et mathématiques, ne développent plus l’esprit critique et l’autonomie intellectuelle.
   
     - Parallèlement les parents ne remplissent plus leur rôle d’éducateur dans bien des domaines. D’une part ils n’en n’ont plus le temps, travaillant souvent tous deux dans le couple, quand ils ne sont pas monoparent, et stressés par le rythme et l’atmosphère du travail d’aujourd’hui.
    D’autre part ils ne servent plus de modèles à leurs enfants, comme lorsque j’étais jeune.
    Les enfants sont aujourd’hui intégrés au groupes de copains, qui sont devenus les modèles à la place des parents, aidés par le développement du numérique et la pression de la société de consommation.
    On veut avoir tout ce qu’ont les copains, voire plus, et la plupart du temps, pas en ce qui concerne les choses importantes, mais pour des tas d’objets dont on pourrait soit se passer, soit acquérir avec un bien meilleur rapport qualité-prix.
    La publicité, dont je parlais il y a quelques jours, est malheureusement toute puissante pour déformer l’esprit des jeunes et leur imposer des choix inconscients regrettables.

    - Paradoxalement, alors que l’individualisme s’est développé, c’est l’esprit moutonnier qui fait loi, sous l’impulsion des moyens modernes de communication.
    Le nombre de jeunes ayant une préférence cérébrale fortement « influençable » est anormalement élevé, car tous veulent appartenir à un groupe, et donc adoptent automatiquement et sans réfléchir les « règles » et habitudes du groupe, ainsi que ses croyances, sans même essayer de les comprendre, d’en connaître origines et conséquences et de se demander si elles conviennent à ses désirs et à sa personnalité.
    Beaucoup sont paradoxalement des individualistes moutonniers, qui suivent une mode, des rites de groupes et croient n’importe quoi.

    - La facilité de communication aujourd’hui, entre la messagerie, mais surtout les réseaux sociaux, les sites du web, et les téléphones portables, font que n’importe qui peut écrire n’importe quoi, et sans esprit critique, ni culture suffisante, quelqu’un va donc être exposé à croire n’importe quelle baliverne qu’il lira sur internet ou recevra sur son portable.

    Des chercheurs américains ont récemment fait des études dans le domaine de la santé et ont récemment publié un rapport accablant.
    Les campagnes d’information des pouvoirs publics sont systématiquement suspectées et les personnes testées préféraient croire tout ce qui arrivait comme information sur internet.
    Certains accordaient quand même plus de crédibilité aux propos d’un médecin, mais d’autres acceptaient sans sourciller, les ragots les plus absurdes, les propos de lobbyistes ou ceux de mages, diseuses de bonne aventure, ou astrologues.
    Les pires rumeurs sont diffusées sur les vaccins et les risques associés, et en fait la non vaccination contre la grippe ou la rougeole, a entrainé de nombreuses morts aux USA.
    Je suis parfois effaré par les bêtises que je dois rectifier auprès de mes correspondants, concernant le sida, le risque de grossesse et la contraception, et le manque de connaissance des notions élémentaires concernant les hormones et la fertilité, alors que des cours sont en principe donnés sur ces sujets, au collège et au lycée.

    Il ne faut pas s’étonner qu’ensuite, quelques jeunes un peu paumés et déjantés, se laissent convaincre d’aller faire le djihad en Syrie ou en Irak, en croyant faire œuvre utile et agréable, mêmes des jeunes filles qui seront ensuite transformées en bombe humaine ou en poupées sexuelles des terroristes, en se rendant compte trop tard, des conséquences de leur crédulité.
    Et que penser des gens qui, malgré toutes les preuves qui existent, croient que les récents attentats en France étaient une fable créée sur la télévision et internet par le gouvernement, ou que les camps de la mort de la dernière guerre n'existaient pas.?

    Je rends hommage aux gens qui animent Wikipédia, car ils ont institué un autocontrôle par les lecteurs eux mêmes, qui certes ne permet pas d’être sûr à 100% des informations, mais qui prévient alors le lecteur, et qui élimine toutes les erreurs importantes.

    Il est normal qu’on ne puisse instaurer la censure systématique sur internet, sauf dans des cas de nuisance très grave, car ce serait ouvrir la porte à la suppression de la liberté de penser.
    Mais il faudrait que sur les sites, soit mis en place un  système de commentaires contradictoires, qui permette de donner des avis contraires, de mettre en garde contre des idées manifestement fausses, et de faire réfléchir aux conséquences des actes engendrés par une trop grande crédibilité. Aux lecteurs d’opinions diverses d’alimenter ces commentaires.

Mardi 24 mars 2015 à 7:11

Psychologie, comportement

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    J’ai souvent aidé des lycéens de première S, à chercher de la doc pour faire leur TPE et j’ai trouvé cela fort intéressant.
    Mais ce qui me surprend toujours, bien que j’y sois habitué, c’est que sur les 3 ou 4 partenaire au sein de l’équipe de TPE, il y en a toujours un qui regarde travailler les autres et ne fiche rien.
    Encore heureux quand il ne critique pas et ne joe pas à la mouche du coche !
    Je me suis souvent demandé si c’était aussi général. Quand je dirigeais une équipe en entreprise, nous avions aussi des fainéants, mais c’était à celui qui avait la direction et la responsabilité de l’équipe de les motiver, de les inciter à travailler et en définitive de sanctionner s’ils exagéraient.
    Evidemment c’est plus difficile pour un professeur de voir si les élèves travaillent quand ce la ne se passe pas en classe et que le résultat est le travail du groupe.
    Mais j’ai aussi essayé de voir ce que les psychologues disaient de cette tendance.

    Les psychologues qui étudient la psychologie des groupes constatent aussi qu’il y a les gens qui s’investissent dans le travail collectif et ceux qui se contentent d’en profiter.
    Ils appellent cela la « paresse sociale » et ils pensent que le rendement des équipes diminue en général lorsque le nombre de personnes en faisant partie augmente.
    Pourtant on pourrait penser que le fait d’être en groupe, en contact social, apporterait de l’émulation, l’entrainement des uns par les autres et un gain global de connaissances et de créativité.
    C’est amusant car je me rappelle mon grand père paysans qui me disait que lorsqu’on attelle la charrue ou la charrette qui contient les lourdes hottes de vendange pleines, cela ne servait à rien de mettre 4 bœufs, ils tiraient à peine mieux que deux, dans les collines pentues. Il pensait même qu’il valait mieux avoir deux charrettes moins chargées et moins lourdes, tirées par un seul bœuf qu’une seule charrette portant la charge double, tirée par deux bœufs.
    On peut évidemment penser que dans une équipe coordonner un nombre plus grand de personnes est plus difficile; c’est exact, mais cela n’explique pas tout.
    les psychologues pensent qu’il a a surtout une raison psychologique et que le phénomène est plus important si toutes les personnes de l’équipe font la même tâche et si celle ci est peu intellectuelle et est fastidieuse.
    Ils ont étudié aux USA des sportifs (par exemple en courses individuelles ou en relais), ou des jeux, (comme le tir à la corde), et ils ont constaté effectivement que le rendement baissait avec le nombre de personnes concernées dans l’équipe.
    Dans le tir à la corde, la force exercée baissait de 25% quand on passait de 1 à 4 tireurs et de 50% si on passait à 8.!
    L’opinion populaire semble connaître cela, elle parle de la « loi du moindre effort ».

    Nous serions donc plus fainéants et moins motivés en groupe.
    Deux psychologues allemands  ont prévenu deux groupes de personnes testées qu’elles allaient subir, le premier groupe un test collectif etle second groupe des tests individuels. Elles ont ensuite soumis les deux groupe à des exercices dits « de préparation » pour mieux réussir les tests.
    Le groupe destinés aux tests individuels s’est beaucoup plus investit.
    Le fait que la performance soit jugée individuellement ou collectivement semble donc avoir un impact différent sur la motivation. Dans le test individuel, on se sent jugé personnellement, dans le test collectif, personne n’est responsable, si ce n’est un  groupe où on ne sait qui a fait quoi.
    Heureusement ce n’est pas toujours le cas; j’ai connu des équipes où tout le monde tirait la charrette le mieux possibles, mais c’étaient des équipes de personnes d’un cetrain niveau : techniciens et ingénieurs, où ils étaient souvent de spécialité différente et chacun apportait donc sa pierre et son savoir, et de plus ils avaient chacun une tâche bien définie, et donc on pouvait savoir assez facilement ce que chacun avait apporté.

    Donc si je peux donner des conseils aux professeurs et aux élèves qui coopèrent dans les TPE, je leur dirai :
   
    - D’abord essayer de choir des personnes qui ont des qualités complémentaires, des connaissances différentes. Elles seront plus motivé parce que chacun apportera ce dont il est capable et son travail sera reconnu.
    - Ensuite bien définir des tâches différentes dans le sujet. Il y a souvent des approches diverses à examiner et chacun peut être responsable de certaines d’entre elles
    - Il faut alors prévoir des séances régulières de coordination et de travail en groupe pour que le travail avance dans le bon sens et en temps voulu.
    - Il faut identifier et mettre en valeur ceux qui travaillent beaucoup et prennent leurs responsabilités, et au contraire faire apparaître le moindre travail des tire-aux-flancs.
    - Il faut aussi tenir compte des individualités et du contexte de vie. Des jeunes habitués à un certain travail familial dans une famille nombreuse sont souvent plus motivés, que ceux qui, enfant unique (ou paresseux avec des parents laxistes) ne sont pas habitués à participer aux tâches collectives. Les altruistes travaillent plus facilement en groupe que les égoïstes. Les narcissiques qui se croient très fort, se démotivent parfois brusquement plus que de bons élèves modestes.

    Bref la composition d’une équipe est un art, mais la motiver également, et la première règle est que le sujet choisi intéresse beaucoup tous les membres de l’équipe sans exception. C’est ensuite au professeur de veiller à responsabiliser chacun et à mettre en valeur son travail et même à récompenser celui d’un leader éventuel qui aura su diriger et coordonner son équipe si elle en ressentait le besoin.

Jeudi 12 mars 2015 à 8:00

Psychologie, comportement

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     J’ai déjà fait des articles sur nos perceptions subliminaires, qui sont produites par des stimulations de faible durée, ne sont donc pas conscientes, mais sont cependant enregistrées par nos sens et notre mémoire. (23 /12/2007 et 31/8/2014).
    Je ne reviendrai pas sur ce sujet.
    Mais j’ai lu récemment un article de Didier et Marie Courbet, professeurs à l’université d’AIx-Marseille, sur les méthodes publicitaires.
    Ils décrivaient des stimuli qui n’attirent pas notre attention, dont nous avons à peine conscience et que nous n’analysons pas rationnellement, dont nous ne souvenons en général pas, et qui pourtant laissent un impact sur notre mémoire, et nous incitent ensuite à consommer un produit.
    J’ai trouvé cet article intéressant et ces méthodes inquiétantes, voire dangereuses suivant l’usage qu’on en fait, et j’ai pensé qu’il était utile de faire connaître l’effort de diffucion que faisaient ces deux chercheurs.

    Cela vous arrive sûrement de regarder la publicité à la télé, mais ce n’est pas là le sujet.
    Il s’agit essentiellement de stimuli visuels et sonores qui sont administrés en marge d’actions de visualisation d’une émission ou de consultation sur internet et qui n’attirent donc pas apparemment notre attention.

    Certains vous les avez quand même remarqués comme moi.
    Dans un film, (ou téléfilm), on utilise un objet, une voiture… et si possible sous un jour agréable et engageant, et on s’arrange pour que discrètement et sans en avoir l’air, vous voyez le nom de la marque ou un logo, ou même l’acteur dit à son camarade « prenons ma XX » le nom de sa voiture, ce qui passe inaperçu dans le dialogue.
    Mais des expériences sur des volontaires ont montré qu’en fait ces images aavaient un impact et orientaient - certes faiblement - nos achats.
    On peut aussi vous montrer dans une ville des images de publicité, qui paraissent naturelles dans le décor et qui arrivent à un moment émotionnel, que vous retiendrez du téléfilm, mais vous retiendrez aussi inconsciemment ces images associées.

    Lorsque nous lisons un texte que nous avons recherché sur internet.
Des bannières publicitaires apparaissent sur le coté et en génbéral, elles ne nous intéressent pas et nous n’y faisons pas attention.
    En fait les informations atteignent quand même notre mémoire et on a pu démontrer que l’atteinte était d’autant plus grande que l’apparition était fréquente. C’est évidemment encore plus efficace si vous êtes obligé de cliquer sur un bouton de la bannière pour la faire disparaître; (ce qui personnellement m’énerve !!!).
    Des IRM ont montré que des images non perçues consciemment, déclenchaient inconsciemment en mémoire des souvenirs d’objets et de marques en corrélation avec les images perçues.
    Des expériences ont montré que lorsque de telles fenêtres pop-up étaient vues inconsciemment, montrant l’objet et le nom de la marque, il y avait déjà par la suite une plus grande attirance vers cette marque. Mais l’effet est encore renforcé s’il y a le nom de l’objet et surtout le logo de la marque. Il semble que l’utilisation du logo facilite beaucoup la mémorisation inconsciente (c’est plus simple qu’un nom de marque à retenir). Le cerveau forme deux représentations pour la marque et le produit et les associe, de telle sorte que par la suite, si vous voyez de façon consciente le logo, votre mémoire vous rappelle automatiquement le produit, et vice versa. Ce sera une incitation à choisir plutôt cette marque ou à faire penser au produit.

    Des sites Web pour les adolescent font apparaître des pop-up d’objets (boissons, chaussures, vêtements, biscuits et chocolats….) pendant qu’une voix murmure doucement le nom de la marque au moment de l’apparition du pop-up.
    On s’aperçoit que, alors que l’adolescent n’était pas conscient du phénomène, avbsorbé par le texte qu’il lisait sur le site qu’il avait consulté, l’effet de la publicité était encore présent au bout d’une semaine.

    Le « parrainage » est aussi une pratique courante.
    Dans certains cas elle est tout à fait claire et consciente quand les chaînes de télévisions 2 et 3 font apparaître, avant l’émission du soir que vous allez la regarder avec «  le produit de la marque untel ».
    Mais c’est parfois plus perfide quand, sur une carte météo, qui vous explique le temps qu’il va faire, il y a dans un petit coin, un logo qui n’a rien à voir avec la météo, qui est présenté à votre inconscient.

    Je ne suis pas très sûr que cette publicité qui est coûteuse, soit très efficace et rentable, du moins sur des produits chers, car nous réfléchissons avant de les acheter. Mais par contre elle peut être une incitation pour des produits de consommation courante, pour lesquels nous n’avons pas des éléments de décision suffisants pour choisir une marque ou une autre.

    J’avoue que de telles pratiques m’indisposent. Les fenêtres pop-up m’agacent, et en lisant les expériences qu’avaient pratiquées Didier et Marie Courbet, qui dénoncent ces effets sur notre cerveau, j’ai un peu l’impression d’une arnaque des publicitaires, comme si j’étais drogué à mon insu, et cela m’indispose profondément, même si j’ai l’impression d’être très peu sensible à la publicité en général.
    Mais quand je vois le temps que passent les jeunes sur internet, et l’importance qu’ils attachent, bien à tort, aux marques, je crois qu’on devrait se poser des questions sur l’éthique de notre société actuelle.

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Mercredi 25 février 2015 à 8:30

Psychologie, comportement

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      Une correspondante qui cherche du travail a passé un test de recrutement qui s’appelle le « SOSIE », et elle me demande la différence par rapport au Big five ou au MBTI (dont sont dérivées mes idées sur les préférences cérébrales).
Je vais essayer de lui répondre.

      Le Big five décrit la personnalité par 5 traits principaux; le MBTI teste 4 traits des préférences cérébrales (j’en ai rajouté 4 autres en m’inspirant du big five et d’études américaines). L’un comme l’autre décrivent essentiellement la personnalité au travers de tests comportant une centaine de questions.  Personnellement, je ne me fie pas trop au test et je compte beaucoup plus sur une réflexion personnelle en collaboration avec la personne intéressée.
      L’un comme l’autre sont très utilisés aux USA (plus de 100 000 par an) et ont donc une certaine fiabilité.
Ils ne demandent pas de grandes connaissances en psychologie, mais simplement une formation et une habitude de les utiliser.

     Un test assez utilisé en recrutement était le 16PF, issu des études de Gordon, qui testait 16 traits de personnalité qui se rapportaient comme le big five à cinq dimensions de personnalité. Son interprétation était plus difficile. Les questions étaient davantage orientées vers la vie courante et pouvaient donner lieu à des biais du fait que la personne testée pouvait orienter ses réponses.
      Un autre test est assez connu, le SIGMUND, (malgré son nom guère de rapport avec Freud), destiné plutôt au recrutement des commerciaux. Il évalue 38 trais de personnalité regroupées en 3 grandes classes : vie professionnelle, personnelle et sociale.
On le passe sur ordinateur et c’est relativement long (450 questions en un temps limité chacune). Les réponses que l’on fait sont spontanées et quelquefois inconscientes.
Il est intéressant, mais assez indiscret et délicat à interpréter, malgré l’aide de la machine dans laquelle on rentre un profil de poste.
Par contre une fonction utile : en principe le test prévoit une autoévaluation de la personne à titre de comparaison et confirmation, discutée au cours d’un entretien.
      Un dernier test qui a été très utilisé en entreprise est le PAPI. Il analyse 10 besoins et 10 rôles professionnels regroupés en 7 facteurs. Il est très orienté vers le recrutement.

      J’ai eu l’occasion de pratiquer ces divers tests avec des collaboratrices psys du service des relations humaines, mais dans un but qui n’était pas le recrutement, mais l’amélioration de la composition des équipes de techniciens et d’ingénieurs et finalement ce sont les préférences cérébrales et le MBTI, qui nous avaient donné le meilleur résultat et qui est le plus abordable pour faire participer des personnes non spécialisées en psychologie.

      Mais pour le recrutement nous utilisions SOSIE, qui se composait de 98 groupes de questions dans lesquelles on devait choisir entre 3 ou 4 affirmations et nous en étions très contents. J'avis suivi une formation d'initiation et mes psys une formation approfondie.
      Contrairement aux autres système son but n’est pas de rechercher uniquement des traits de personnalité, (au nombre de 8), mais aussi des « valeurs », des comportements de la personne, (au nombre de 12, dont six personnelles et six interpersonnelles, intervenant dans les relations humaines. Ces aspects clés sont énumérés dans le schéma ci-dessous.
Sosie permet donc de mieux cerner le comportement des personnes qui le passent, et notamment leurs réactions dans certaines situations, et notamment les motivations qui peuvent les guider.
      Mais son interprétation est difficile et ne peut être faite que par des personnes frmées à ce test et ayant une certaine connaissance de la psychologie comportementale.
http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/Sosie.jpg      Pour aider le dépouillement des tests, le logiciel associé fournit deux rapports destinés à mettre en lumière les points forts et faibles soit dans des postes de management, soit dans des postes commerciaux.   
      Au-delà de leurs compétences techniques, la réussite des manageurs dans leur fonction repose sur des compétences comportementales et Sosie en évalue huit, par corrélation entre les 20 traits de la figure, mesurés par le test :
        - Vision stratégique
        - Esprit d'entreprise
        - Ouverture au changement
        - Capacité à motiver
        - 0rganisation/Rigueur
        - Gestion d'équipe
        - Communication
        - Ressources personnelles.
       Pour les commerciaux, au-delà de la connaissance des produits et d'un marché, d'un discours et de techniques de ventes, l'aptitude à la vente est déterminée par des critères clés de personnalité et des valeurs qu'il est nécessaire d’évaluer, ce que fait Sosie sous forme de huit compétences :
        - Autonomie/Energie
        - Assurance/Confiance en soi
        - Combativité/Persuasion
        - Adaptabilité
        - Capacités relationnelles
        - Capacité d'écoute/Compréhension
        - Tolérance à la frustration/ContrÔle de soi
        - 0rganisation/Rigueur.
      Sosie est très utilisé car c’est un outil très complet et performant, mais c’est un outil de spécialistes du recrutement et de la gestion des ressources humaines.
      C’est un outil fermé dont le « fabricant » ne dévoile pas en détail le fonctionnement interne, et seuls des spécialistes psys peuvent comprendre en partie son fonctionnement grâce à une formation assez longue et onéreuse.
      On ne peut pas faire collaborer les personnes qui le subissent dans la rechercher de leur personnalité et de leur comportement.
On peut juste leur commenter les résultats si on a été formé à cette tâche.
     En définitive, Sosie est un excellent outil, mais réservé à des spécialistes ayant une formation sur ce produit et des connaissances en psychologie, au moins en ce qui concerne les problèmes de personnalité et d'aptitudes.

Samedi 6 décembre 2014 à 8:00

Psychologie, comportement

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    Beaucoup d’entre nous, je le vois avec mes correspondant(e)s, sont pessimistes et sont souvent envahis par les idées négatives.
    C’est même devenu une certaine habitude, une mode, un conformisme.
    Il est certain qu’avec les catastrophes, les guerres et tous les accidents et les rimes dont la presse et la télévision nous abreuvent, la tendance naturelle à se décourager, la prépondérance des souvenirs tristes et notre tendance aux remords et regrets, il est certain que l’environnement et notre naturel nous poussent au pessimisme.
    J’ai parmi mes proches, des personnes qui ne voient que ce qui ne va pas, et s’attendent en permanence au pire, tant pour eux mêmes et leur santé, que pour leur environnement et pour le monde entier. Certains essaient de maîtriser les événements, mais en fait n’apportent aucune solution, paralysés qu’ils sont par le stress et ses hormones (le cortisol en particulier).
    Bien sûr, c’est une question de tempérament, de préférences cérébrales, mais je ne crois pas que ce soit une fatalité et nous pourrions tous avoir un brin d’optimisme et d’espoir si nous le voulons bien : pour cela il faut, comme le disait le Général de Gaulle, espérance, confiance en soi et volonté.

    Evidemment il y a un minimum nécessaire pour être optimiste : il nous suffit de nous référer à la pyramide de Maslow. Il faut un minimum de sécurité matérielle : il est normal qu’une personne au chômage ou que les personnes actuellement touchées par les inondations, soient pessimistes. Il faut aussi un minimum de santé physique : une personne malade ou ayant subi un accident a forcément une phase de pessimisme.
    Ensuite il faut un minimum de reconnaissance et de contact sociaux. On a besoin des autres et l’isolement nous rend pessimistes et nous enlève l’espérance. Il faut une certaine volonté pour ne pas s’enfermer dans la solitude.

    Notre espérance, c’est à dire en fait nos désirs sont la clé qui peut nous conduire à l’optimisme. Mais pas des désirs illusoires et utopiques, les grands espoirs de réformer le monde, ou les désirs de vie extraordinaire. Ce sont les désirs relatifs à la vie de tous les jours, c’est essayer de profiter de tous les petits instants de bonheur de la vie quotidienne.
    Certes cela peut être aussi des rêves, mais à condition ensuite de les analyser, de s’en tenir à ceux qui sont possibles et réalistes, de faire alors un projet, et de s’en donner les moyens de réalisation.

    Pour faire ces projets, pour les analyser, pour les réaliser, il ne faut pas éternellement attendre le lendemain. Il faut la volonté d’avancer, être attentif, ne pas avoir peur de l’effort, être pragmatique dans ses analyses et ses décisions. Lorsqu'on a envie de quelque chose, il faut oser le demander et exprimer ses envies, décliner ses projets, c'est déjà les faire exister.

    Je ne sais pourquoi, les psychologues n’aiment ni le terme d’espérance, ni celui de volonté, et ils préfèrent parler « d’optimisme lié à l’action ».
    Paradoxalement beaucoup de psys considèrent que nos émotions, surtout les négatives, sont peu contrôlables, et que les efforts pour les maîtriser sont trop coûteux.
    Pourtant tout le monde sait que l’espoir et la volonté de guérir sont primordiales pour recouvrer la santé quand on est malade, même si on est bien soigné.
    Etre optimiste, c’est d’abord avoir une certaine confiance en soi, c’est croire qu’on peut y arriver
    On a longtemps cru que la capacité de voir la vie du bon côté était un talent donné au hasard. Certes les préférences cérébrales y sont pour partie, mais on peut modifier peu à peu son inclination initiale.
    Etre optimiste, c’est faire de son mieux possible, malgré ce qui vous arrive.
    Lorsque les événements difficiles arrivent, les optimistes n'en sont pas épargnés, mais ils parviennent à ne pas contaminer toute leur existence avec un problème, notamment entgre leur vie professionnelle et familiale. Ils savent compartimenter et savent que le mauvais sort n’est pas permanent : il va passer un jour. Ils sont conscients du caractère éphémère et précieux de la vie et ils ne veulent pas la gâcher..
    Il arrivera que, devant un événement incontournable, les optimistes iront même parfois jusqu'à «faire comme si» (faire comme si j'allais guérir de cette maladie incurable, retrouver un travail prochainement…) pour ne pas stagner dans le fatalisme.
    Les optimistes ont une confiance non négociable dans le pouvoir de leur volonté.

    Mais ensuite, il faut être plus qu’optimiste pour avancer : l’optimiste qui reste dans l’attente n’arrive à rien.
    Prévoir des actions concrètes, être capable d'identifier ses objectifs est essentiel et c'est en cela que celui qui est plein d’espoir, se différencie de l'optimiste: Il sait qu'il va exercer un certain contrôle sur les événements, pouvoir agir pour atteindre ses objectifs, alors que l'optimiste jouit “simplement” de la capacité de penser que les événements vont bien se passer, parfois même indépendamment de sa marge d’action.
    Celui qui a l’espérance est décidé à agir et il va de l’avant en décidant et en réalisant.

    Etre optimiste, c’est l’une des clés du bonheur; alors vous qui êtes pessimistes essayez de vous entraîner à être davantage optimistes.

Jeudi 27 novembre 2014 à 7:55

Psychologie, comportement

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      Hier nous avons vu comment le cerveau intervenait en matière d’empathie.
    Je reviens sur ce sujet, car j’ai reçu plusieurs mails concernant mon premier article de lundi et on me demande « Dans quelle mesure peut on savoir si on sait comprendre les émotions d’autrui et quelles sont les qualités nécessaires.


    Je sais qu’il existe des tests pour savoir quel est son niveau d’empathie, mais je ne susi pas très fana tests et donc je n’en ai pas dans ma doc.
    Le plus connu est celui du psychologue Mark Davis, qui date de 1980 et s’appelle « l’index de réactivité interpersonnelle ».
    Vous en trouverez une version à l’adresse suivante, mais malheureusement en anglais.
http://fetzer.org/sites/default/files/images/stories/pdf/selfmeasures/EMPATHY-InterpersonalReactivityIndex.pdf

    Par contre je vais essayer de vous expliquer sur quelles capacités sont fondées ce test.

Prise de perspective (PT = perspective-taking scale) :

    C’est la capacité de se mettre à la place de l’autre dans une situatioin donnée qui vous est décrite. c’est relativement intellectuel et pas forcément sentimental.
    On peut savoir se mettre dans la peau d’autrui, comprendre ce qu’il éprouve, sans forcément en être touché affectivement.
    Un faible score dénote évidemment une difficulté pour comprendre autrui, comme ce serait le cas pour un autiste et donc des difficultés possibles de communication..
    Un score élevé est favorable à l’empathie et l’altruisme, mais pas suffisant, car vous pouvez comprendre et rester insensible.

Echelle d’imagination (FS = fantasy scale) :

    C’est la capacité de s’intégrer par l’imagination dans la personnalité d’un personnage, de s’imaginer dans sa situation avec sa personnalité, de se projeter sur autrui.
    C’est différent de la capacité précédente, car là il ne s’git pas de se mettre à la place de quelqu’un dans une situation émotionnelle, mais de s’identifier à quelqu’un d’autre quelque soit sa situation (ce pourrait être un héros de film, un animal…).
    C’est la qualité que doit avoir un bon acteur pour s’identifier naturellement au personnage dont il doit jouer le rôle.

Préoccupation empathique (EC = empathic concern scale) :

    C’est bien sur la sensibilité aux émotions et à la souffrance d’autrui, mais c’est surtout la volonté et la motivation pour lui venir en aide, lui apporter des idées de solutions à ses problèmes, le protéger et lui redonner confiance en lui.

Détresse personnelle (PD = personal distress scale) :

    C’est la capacité à être touché émotionnellement par les émotions d’autrui et notamment par sa souffrance.
    Un score très faible est un signe de difficulté d’empathie, d’une certaine insensibilité  aux problèmes d’autrui et à ses émotions
    Un score trop élevé indique une sensibilité trop grande qui risque de vous submerger, une trop grande contagion à la détresse d’autrui, ce qui risque de perturber votre compréhension de sa souffrance et surtout votre objectivité pour trouver des solutions à ses problèmes.

    Le test comporte 28 questions qui permettent de donner des points pour l’une ou l’autre de ces capacités, points que l’on additionne. Ces points sont de 0 à 4 selon qu’on est « pas du tout d’accord », « peu d’accord », « neutre », « assez d’accord », ou « tout à fait d’accord », avec l’assertion de la question.
   
    Ces tests sont très utilisés sur des personnes ayant des difficultés sociales ou dans les prisons.

    Je ne suis pas assez calé en psycho pour vous donner des tendances de personnalités dans ce domaine, comme je l’ai fait pour les préférences cérébrales, mais je reproduis ci dessous un tableau que j’ai trouvé dan un article de madame Sylvie Berthoz, chargée de recherche dans un  service de psychiatrie pour adolescents et qui donne des indications succinctes, mais simples :

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Lundi 24 novembre 2014 à 8:03

Psychologie, comportement

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     Il m’arrive de temps à autre de remonter le moral d’une personne qui a des problèmes passagers de natures diverses. La personne me raconte alors ses malheurs, ce qui évidemment me touche. Mais par ailleurs il faut que je reste rationnel, pour voir les choses autrement qu’elle et pouvoir amener son attention sur certains aspects qu’elle n’avait pas vu, et notamment diminuer les aspects négatifs et voir certains aspects positifs des situations.
    Si je restais insensible, je ne comprendrais pas ses problèmes; si je me laissais aller à trop de sensibilité, je serais alors incapable de l’aider parce que ne maîtrisant pas mon émotion au profit de la raison, la logique et le pragmatisme. C’est en fait moins facile que l’on ne croit de ne rester que moyennement sensible.
    Cette compréhension des sentiments, des émotions et de la souffrance d’autrui, est variable selon les individus, selon l’interlocuteur que l’on a face à soi, selon le problème et sa cause, et selon le contexte du moment; le langage, la façon de s’exprimer a également beaucoup d’importance, comme dans toute communication.
    En psychologie, ressentir les émotions des autres et notamment sa douleur, cela s’appelle l’empathie.
    Pour comprendre son propre comportement, certaines études de psychologie donnent des pistes intéressantes : quelles sont les conditions nécessaires pour ressentir de l’empathie pour quelqu’un ?

    Les psychologues citent souvent quatre conditions nécessaires pour pouvoir ressentir les émotions d’autrui :
         - Il faut d’abord ressentir des émotions : les mêmes que son interlocuteur : joie, peine, angoisse, douleur, peur, dégoût, colère et comprendre les émotions liées à l’amitié, à l’amour, à la haine… On ne peut pas ressentir les émotions de l’autre si’ on n’a pas une affectivité suffisante.
         - ll faut être dans un état affectif assez similaire et proche de son interlocuteur. On peut ressentir soi même une émotion, mais si l’état est trop différent de celui que l’on a en face de soi, il est difficile de le comprendre.
   
         - Il faut que l’on arrive à assimiler la cause de l’état affectif de l’autre et que sa propre émotion ait la même cause. deux personnes qui regardent le même film, lisent le même livre ou écoutent la même musique peuvent ressentir des émotions similaires, mais elles n’éprouvent pas forcément de l’empathie l’une pour l’autre. Il faut en quelque sorte qu’il y ait transfert de la cause de l’émotion, pour qu’elle suscite une émotion vraiment similaire et compréhensible;
         - Il faut enfin que la personne qui écoute l’autre soit consciente de cette cause et de son influence. Un jeune enfant qui voit sa mère pleurer pleure aussi, mais ce n’est pas de l’empathie : il ne comprend pas exactement pourquoi sa mère pleure, car il n’a pas une mentalité d’adulte. Il faut comprendre l’émotion de l’autre et être conscient de ses causes réelles, qu’il faut en quelque sorte s’approprier.     

    Mais ces conditions ne suffisent pas, car même si nous comprenons la douleur de l’autre, nous n’y sommes pas sensible de la même façon.
    Supposons que des personnes regardent un film où un homme bat sa femme.
    Un jeune enfant pleurera parce qu’ il s’imagine recevoir une fessée et avoir mal.
    Un psychiatre comprendra la douleur de la femme, mais il est tellement habitué à de s problèmes psychologiques q’il n’aura pas une grande émotion.
    Mais supposons qu’il s’agissent d’une mère et que la jeune femme battue ressemble à sa fille, là son émotion sera bien plus forte, parce qu’il y a ce lien affectif même s’il n’est que subjectif.
    Il ne faut pas confondre empathie et sympathie.

    Finalement, éprouver de l’empathie pour quelqu’un qui souffre, ce n’est pas seulement éprouver les mêmes émotions, parce que l’on est sensible, ou par mimétisme; c’est vraiment imaginer la douleur de l’autre et se l’approprier, c’est partager ses émotions, en faisant appel à sa propre expérience et sa mémoire.
    Mais si on veut ensuite l’aider, il ne faut pas aller trop loin. On peut parfaitement s’imaginer les émotions d’autrui sans partager les mêmes croyances, les mêmes désirs et pulsions, les mêmes intentions. Pour aider quelqu’un il faut avoir un certain recul, il ne faut pas se laisser entraîner dans l’émotion pure. Il faut certes comprendre et s’assimiler ses émotions et leurs causes, mais il faut en partie regarder la scène en spectateur, conserver sa logique et son esprit critique.
    Il faut finalement tout en éprouvant de l’empathie pour lui, voir la situation autrement que son interlocuteur, pour pouvoir lui montrer ce qu’il n’a pas pu ou n’a pas su voir. C’est beaucoup plus facile avec quelqueun d’extérieur qu’avec quelqu’un de sa propre famille, car là, on est trop impliqué sentimentalement.

    Je reprends l’exemple de la personne battue, par exemple une adolescente par ses parents ou par des camarades de lycée.
    Si je ne m’imagine totalement sa souffrance corporelle, au points de la ressentir presque, certes je comprends une partie de sa douleur, mais ce n’est pas comprendre ses émotions.
    Par contre, en discutant avec elle, j’arrive à comprendre la situation, le contexte, les causes, à analyser ce que ressent mon interlocuteur, quelle est la nature de ses émotions, que j’arrive à imaginer ce que je ressentirai moi même en tenant compte de sa personnalité, là je ne ressens pas la douleur physique, mais vraiment l’état subjectif de la personne que j’ai en face de moi.
    Je peux alors aller plus loin avec mon imagination : c’est essayer de trouver les réponses qui pourraient améliorer la situation, apaiser les souffrances, faire aussi cesser ses causes, mais je dois alors analyse le fruit de mon imagination, critiquer mes idées voir leur vraisemblance, leur chance d’aboutir et ensuite les confronter à la réalité de l’autre.

    Mais je mets souvent en garde les jeunes qui essaient d’aider leurs amis. Assimiler ainsi la souffrance d’autrui est quelque chose d’éprouvant si on ne pend pas assez de recul, si on se laisse soi même gagner par l’émotion. Si la douleur de l’autre vient trop en nous, elle peut devenir insupportable et il y a donc un risque de contagion.
    J’ai connu des jeunes qui, en voulant aider leur petit(e) ami(e), en dépression, ont fini eux mêmes en dépression, car ils n’avaient pas nécessaire pour cette lourde tâche. Si un jours vous sentez, en aidant quelqu’un, que vous êtes vous même dépassé(e) par vos émotions, il faut appeler à l’aide, car il y a parfois des situations trop difficiles pour une seule personne, même si elle est motivée par l’amour ou par une grande amitié.

    Après l’intermède de demain, je parlerai après demain des réactions du cerveau, face à l’empathie.

Samedi 15 novembre 2014 à 7:51

Psychologie, comportement

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   Parmi mes jeunes correspondant(e)s, beaucoup sont timides, surtout les filles. C’est normal, on n’a pas encore une expérience suffisante de la vie, et donc on n’a pas encore l’habitude d’évoluer en public, et l’on manque de confiance en soi.
    Par ailleurs, si ceux qui ne le sont pas sont en général extravertis, les introvertis, s’ils réfléchissent plus dans leur cerveau, ont moins tendance à s’exprimer et sont, ou au moins, paraissent plus timides.
    Mais tous les introvertis ne sont pas timides et il y a aussi des extravertis qui le sont.
    La timidité intéresse donc psychologues et neurobiologistes, qui ont cherché à savoir si on pouvait déceler une particularité du cerveau.

    Elliot Beaton de l’université de Sacramento a fait passer des test à une centaine d’étudiants pour retenir les 12plus et les 12 moins timides, et leurs faire faire diverses tâches tandis que leur cerveau était examiné en IRM, pour savoir comment il réagissait et où.
    Ils ont montré que le cerveau des timides etait très réactif, plus que celui des non-timides, mais que, de ce fait il avait tendance à trop réagir, lorsqu’il se trouvait dans une situation inhabituelle et/ou non prévue.
Lors de ces tests, on ne constatait pas chez les timides, d’aire cérébrale moins active que chez les non-timides, mais par contre certaines aires étaient nettement plus active, notamment les centres amygdaliens (qui régissent la crainte et la peur, voire le stress), le cortex médian (en situation de tristesse ou d’observation de quelqu’un triste), le cortex préfrontal inférieur et l’insula pour les situations de joie.
    Il semble que le timide réagisse de façon plus importante aux émotions.
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    Il est difficile de savoir quelle est l’origine de cette timidité.
    Les études systématiques des maladies montrent que dans le cas des timidité extrêmement fortes, comme les phobies, il y a une composante génétique, que l’on peut notamment observer chez de vrais jumeaux.
    Mais pour les cas plus bénins, l’environnement familial et celui des camarades joue aussi. Les parents timides  ont un comportement qui favorise la timidité de l’enfant, et le group de camarades  peut avoir aussi une influence (qui peut aller jusqu’au harcèlement de leur camarade timide dans certains cas, ce qui renforce ses craintes, voire peut le traumatiser.

    Je sais que c’est parfois gênant de ne pas être timide, de ne pas oser s’exprimer, d’avoir peur de rougir, de bafouiller ou de se sentirun peu perdu dans une soirée ou une réunion.
    Mais il faut vous dire que cette timidité vous gêne beaucoup plus qu’elle ne gêne les autres, qui la remarquent peu.
    La timidité n’est pas un défaut, et vous serez beaucoup plus apprécié(e), étant timide, qu’un extraverti qui n’a pas ce frein, qui tutoie tout le monde, vous tape sur l’épaule même s’il ne vous connaît pas, et soule ses interlocuteurs de ses récits de moulin à parole. Au moins, vous, vous avez une certaine réserve et vous n’embêtez pas votre voisin.

Dimanche 2 novembre 2014 à 8:18

Psychologie, comportement

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    J’ai longtemps travaillé dans des laboratoires ou des entreprises qui faisaient de la recherche appliquée et des études, dans des domaines techniques assez pointus.
    L’innovation et la créativité était une chose importante, et ce n’est pas toujours facile « d’avoir des idées ».
    Je discutais il y a quelques temps avec un jeune ingénieur, et j’ai constaté que les écoles étaient muettes sur ce que sont les « idées » et la créativité, et sur la façon de stimuler les imaginations pour apporter des innovations.

    Le mot « idée » est mis un peu à toutes les sauces : pour vous en convaincre consultez Google, mon ami le petit Robert ou  ma grande amie la Rousse.

    - Il y a d’abord les opinions, les jugements de valeur, les convictions, les préjugés de chacun de nous : les idées de quelqu’un sur quelque chose.
    - C’est aussi la définition, le contenu, les notions, les concepts, les théories : l’idée que quelqu’un se fait de quelque chose, de sa nature, de sa fonction…
    - On peut avoir l’idée de faire quelque chose : c’est alors un projet, un souhait, une envie, un objectif.
    - C’est aussi la méthode et les moyens pour le réaliser, d’agir, les solutions.
    - Mais avoir une idée c’est enfin imaginer quelque chose de nouveau d’inattendu, qui répond à un besoin, et en dépit des difficultés ou des problèmes notamment techniques que cela pose.
    On peut la décliner : au début c’est un simple concept, une élucubration; puis on peut la préciser, l’option, la voie, le schéma général; il y a alors en général une phase difficile où l’on regarde la faisabilité, mais aussi la pertinence du résultat, les problèmes d’environnement et de coût. Ensuite cela peut devenir un projet.
    De façon générale, c’est une « idée de solution » à un problème non résolu, qu’il soit technique, artistique, commercial, relationnel….
    La solution en question peut être assez classique, en appliquant des méthodes connues, ou bien nouvelle, voire inattendue : c’est une innovation.

    La première chose qu’il faut savoir, c’est qu’on n’invente rien ex nihilo. La génération spontanée, c’est comme pour les microbes, cela n’existe pas !
    Une solution même très innovante fait toujours appel à des informations et connaissances que nous avons en mémoire, mais en rapprochant des données que l’on n’a pas l’habitude de mettre ensemble, et c’est cela qui donne le caractère innovant. C’est vrai non seulement en technique, mais aussi dans le domaine artistique, que ce soit peinture, musique ou littérature. Le rapprochement de ces idées peut être inconscient, intuitif, mais il peut aussi être l’objet d’une recherche organisée, pas à pas, en décomposant le problème en sous-problèmes et en cherchant des solutions à ceux-ci.

    Alors y a t’il des recettes pour « avoir des idées » ?
    Il y a d’abord des gens plus doués que d’autres. En géénral les personnes dont la préférence cérébrale de perception est « globale G » sont plus douées que ceus de préférence « sensitif S ». Cela tient à ce que le S est enfermé dans un processus pas à pas d’exploration systématique, alors que le G explore le champ des idées plutôt en arborescence. Il lui est donc plus facile de rapprocher des notions qui habituellement ne sont pas regardées ensemble.
    Mais il est certain que pour être créatif sur un sujet donné il faut être compétent, avoir des connaissances et une expérience importante du sujet.On ne peut pas rapprocher des idées que l’on ne possède pas !
    On n’est pas créatif si l’on a une seule idée, car elle est alors figée. il faut avoir plusieurs idées, les comparer, les compléter, et là il en vient une quatrième, puis d’autres et c’est le rapprochement et la dissection de toutes ces idées qui peut faire l’innovation.

    Je connais mal le processus de créativité artistique, mais, dans le domaine technique il est certain qu’on a rarement des idées très novatrices toiut seul. Il faut travailler en équipe, car chacun a des compétences et une expérience différente, alors l’un émet une idée, l’autre la critique ou la complète, un troisième apporte autre chose, et ainsi on finit par mettre côte à côte des options inattendues et donc approcher vers une solution innovante.
    Diverses personnes se sont penchées sur la question de la créativité et un des schémas de méthode me parait intéressant. Si on représente les idées dans un schéma à deux dimensions, on peut mettre en abscisse l’efficacité d’une solution et en ordonnée sa nouveauté, son originalité.
http://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/cheminenS.jpg    En bas à gauche on a une solution de routine et peu efficace et en haut à droite le but recherché, la solution innovante et efficace. Alors on aimerait parcourir le chemin de l’un a l’autre en diagonale. C’est très rare et en général une approche progressive utilise une démarche faite de petits S.
    Il faut réaliser momentanément une progression sur une dimension, tout en acceptant une régression sur l’autre et peu à peu on fait ainsi des progrès.
    Il faut une équipe pluridisciplinaire, des imaginatifs, mais aussi des pragmatiues, des gens d’imagination, des gens d’évaluation, des gens d’organisation et des gens d’action. Une solution n’est pas une idée, mais des idées, un processus, des méthodes, des moyens et une vérification de l’efficacité attendue.

    Le problème en matière de créativité est qu’on ne sait faire que peu de choses tout seul, mais qu’on aimerait être le seul auteur de l’idée géniale. L’individualisme est souvent le grand adversaire de la créativité technique.  L’autre obstacle initial est certains préjugés et la résistance au changement. Il faut une volonté de transformer les habitudes, les techniques, les processus , le monde.
    Puis il faut avoir une méthode efficace : si le problème à résoudre n’est pas défini clairement, et si on n’a pas des gens compétent, on n’avancera pas. Mais il faut laisser la bride à l’imagination et que les gens d’organisation et de rigueur acceptent des « idées folles » momentanément, et que l’on dispose de critères d’efficacité. Sans doute l’idée folle ne sera pas retenue, mais elle sera le germe d’une autre idée plus efficace.

    En fait il faut arriver à imaginer les solutions possibles et les explorer peu à peu. C’est un travail souvent lent et difficile et on finit enfin par trouver une des bonnes solutions. Alors on dit « Eureka, j’ai trouvé », mais en fait ce n’était pas une intuition, mais un long travail de réflexion, dont peut être une partie inconsciente.
    Et il n’y a créativité que si la solution est mise en pratique, sinon cela reste de la supposition.
    Mais nous ne pouvons créer que ce que nous savons créer : les êtres humains n'ont pas la capacité d'imaginer quoi que ce soit d'étranger à leur univers.

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Dimanche 26 octobre 2014 à 7:29

Psychologie, comportement

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    Les biologistes et les psychologues aiment bien comparer nos comportements et ceux des singes, nos antiques cousins.
    Il le font notamment en ce qui concerne la réflexion et la manière de faire les choix.
    Les psychologues de l’université du Mississipi ont fait une expérience amusante qui s’appelle « le paradoxe du restaurant ».

    Ils ont constaté que lorsqu’une personne hésite entre deux plats A et B au restaurant, qui lui plaisent tout autant, et finit par se décider our le plat A par personne, et que par malchance, il n’y en a plus, la logique voudrait qu’elle choisisse alors le plat B;
    Il semble qu’il n’en soit rien, mais que la plupart des personnes reprennent la carte et choisissent un autre plat C.
    Les psychologues appellent cela une « dissonance cognitive » : lorsque l’on a choisi difficilement entre deux actions et que celle qu’on a choisi ne peut être réalisée, on de résout très rarement à choisir la seconde, comme si on avait un préjugé contre elle, et on en préfère une troisième.

    Les psychologues ont soumis divers animaux à un test simplifié. Il n’était évidemment pas question de lire un menu, mais on leur présentait deux mets qu’ils aimaient et s’il en choisissaient un, on le leur enlevait et on leur représentait le second plus un plat qu’ils aimaient nettement moins. Paradoxalement tous les singes évolués choisissaient plutôt le troisième, bien que moins apprécié, et donc étaient eux aussi sujets au syndrome de la « dissonance cognitive ».
    Par contre les ours ou les perroquets ou corbeaux ne faisaient pas ce choix curieux.

    Il semblerait que ce soit la conformation du cerveau qui joue, les singes évolués ayant une configuration de mémoire voisine de celle de l’homme, avec notamment le rôle de l’hippocampe.
    Ils gardent, comme l’homme le souvenir de leur choix passé, alors que ours et oiseau, une fois le premier choix fait, l’oublieraient.
    Heureux les amnésiques, puisque leur défaut fait leur bonheur en matière de nourriture !
   
    Depuis que j’ai lu cet article, je me suis évidemment testé, mais juste en faisant des choix de dessert devant mon frigo. Bizarre, je n’ai pas constaté de « dissonance cognitive ». Est ce moi qui suis anormal ou bien seul le restaurant serait il dissonant ?

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lancien

sortir de la tristesse

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