Jeudi 12 mars 2015 à 8:00

Psychologie, comportement

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     J’ai déjà fait des articles sur nos perceptions subliminaires, qui sont produites par des stimulations de faible durée, ne sont donc pas conscientes, mais sont cependant enregistrées par nos sens et notre mémoire. (23 /12/2007 et 31/8/2014).
    Je ne reviendrai pas sur ce sujet.
    Mais j’ai lu récemment un article de Didier et Marie Courbet, professeurs à l’université d’AIx-Marseille, sur les méthodes publicitaires.
    Ils décrivaient des stimuli qui n’attirent pas notre attention, dont nous avons à peine conscience et que nous n’analysons pas rationnellement, dont nous ne souvenons en général pas, et qui pourtant laissent un impact sur notre mémoire, et nous incitent ensuite à consommer un produit.
    J’ai trouvé cet article intéressant et ces méthodes inquiétantes, voire dangereuses suivant l’usage qu’on en fait, et j’ai pensé qu’il était utile de faire connaître l’effort de diffucion que faisaient ces deux chercheurs.

    Cela vous arrive sûrement de regarder la publicité à la télé, mais ce n’est pas là le sujet.
    Il s’agit essentiellement de stimuli visuels et sonores qui sont administrés en marge d’actions de visualisation d’une émission ou de consultation sur internet et qui n’attirent donc pas apparemment notre attention.

    Certains vous les avez quand même remarqués comme moi.
    Dans un film, (ou téléfilm), on utilise un objet, une voiture… et si possible sous un jour agréable et engageant, et on s’arrange pour que discrètement et sans en avoir l’air, vous voyez le nom de la marque ou un logo, ou même l’acteur dit à son camarade « prenons ma XX » le nom de sa voiture, ce qui passe inaperçu dans le dialogue.
    Mais des expériences sur des volontaires ont montré qu’en fait ces images aavaient un impact et orientaient - certes faiblement - nos achats.
    On peut aussi vous montrer dans une ville des images de publicité, qui paraissent naturelles dans le décor et qui arrivent à un moment émotionnel, que vous retiendrez du téléfilm, mais vous retiendrez aussi inconsciemment ces images associées.

    Lorsque nous lisons un texte que nous avons recherché sur internet.
Des bannières publicitaires apparaissent sur le coté et en génbéral, elles ne nous intéressent pas et nous n’y faisons pas attention.
    En fait les informations atteignent quand même notre mémoire et on a pu démontrer que l’atteinte était d’autant plus grande que l’apparition était fréquente. C’est évidemment encore plus efficace si vous êtes obligé de cliquer sur un bouton de la bannière pour la faire disparaître; (ce qui personnellement m’énerve !!!).
    Des IRM ont montré que des images non perçues consciemment, déclenchaient inconsciemment en mémoire des souvenirs d’objets et de marques en corrélation avec les images perçues.
    Des expériences ont montré que lorsque de telles fenêtres pop-up étaient vues inconsciemment, montrant l’objet et le nom de la marque, il y avait déjà par la suite une plus grande attirance vers cette marque. Mais l’effet est encore renforcé s’il y a le nom de l’objet et surtout le logo de la marque. Il semble que l’utilisation du logo facilite beaucoup la mémorisation inconsciente (c’est plus simple qu’un nom de marque à retenir). Le cerveau forme deux représentations pour la marque et le produit et les associe, de telle sorte que par la suite, si vous voyez de façon consciente le logo, votre mémoire vous rappelle automatiquement le produit, et vice versa. Ce sera une incitation à choisir plutôt cette marque ou à faire penser au produit.

    Des sites Web pour les adolescent font apparaître des pop-up d’objets (boissons, chaussures, vêtements, biscuits et chocolats….) pendant qu’une voix murmure doucement le nom de la marque au moment de l’apparition du pop-up.
    On s’aperçoit que, alors que l’adolescent n’était pas conscient du phénomène, avbsorbé par le texte qu’il lisait sur le site qu’il avait consulté, l’effet de la publicité était encore présent au bout d’une semaine.

    Le « parrainage » est aussi une pratique courante.
    Dans certains cas elle est tout à fait claire et consciente quand les chaînes de télévisions 2 et 3 font apparaître, avant l’émission du soir que vous allez la regarder avec «  le produit de la marque untel ».
    Mais c’est parfois plus perfide quand, sur une carte météo, qui vous explique le temps qu’il va faire, il y a dans un petit coin, un logo qui n’a rien à voir avec la météo, qui est présenté à votre inconscient.

    Je ne suis pas très sûr que cette publicité qui est coûteuse, soit très efficace et rentable, du moins sur des produits chers, car nous réfléchissons avant de les acheter. Mais par contre elle peut être une incitation pour des produits de consommation courante, pour lesquels nous n’avons pas des éléments de décision suffisants pour choisir une marque ou une autre.

    J’avoue que de telles pratiques m’indisposent. Les fenêtres pop-up m’agacent, et en lisant les expériences qu’avaient pratiquées Didier et Marie Courbet, qui dénoncent ces effets sur notre cerveau, j’ai un peu l’impression d’une arnaque des publicitaires, comme si j’étais drogué à mon insu, et cela m’indispose profondément, même si j’ai l’impression d’être très peu sensible à la publicité en général.
    Mais quand je vois le temps que passent les jeunes sur internet, et l’importance qu’ils attachent, bien à tort, aux marques, je crois qu’on devrait se poser des questions sur l’éthique de notre société actuelle.

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Mercredi 25 février 2015 à 8:30

Psychologie, comportement

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      Une correspondante qui cherche du travail a passé un test de recrutement qui s’appelle le « SOSIE », et elle me demande la différence par rapport au Big five ou au MBTI (dont sont dérivées mes idées sur les préférences cérébrales).
Je vais essayer de lui répondre.

      Le Big five décrit la personnalité par 5 traits principaux; le MBTI teste 4 traits des préférences cérébrales (j’en ai rajouté 4 autres en m’inspirant du big five et d’études américaines). L’un comme l’autre décrivent essentiellement la personnalité au travers de tests comportant une centaine de questions.  Personnellement, je ne me fie pas trop au test et je compte beaucoup plus sur une réflexion personnelle en collaboration avec la personne intéressée.
      L’un comme l’autre sont très utilisés aux USA (plus de 100 000 par an) et ont donc une certaine fiabilité.
Ils ne demandent pas de grandes connaissances en psychologie, mais simplement une formation et une habitude de les utiliser.

     Un test assez utilisé en recrutement était le 16PF, issu des études de Gordon, qui testait 16 traits de personnalité qui se rapportaient comme le big five à cinq dimensions de personnalité. Son interprétation était plus difficile. Les questions étaient davantage orientées vers la vie courante et pouvaient donner lieu à des biais du fait que la personne testée pouvait orienter ses réponses.
      Un autre test est assez connu, le SIGMUND, (malgré son nom guère de rapport avec Freud), destiné plutôt au recrutement des commerciaux. Il évalue 38 trais de personnalité regroupées en 3 grandes classes : vie professionnelle, personnelle et sociale.
On le passe sur ordinateur et c’est relativement long (450 questions en un temps limité chacune). Les réponses que l’on fait sont spontanées et quelquefois inconscientes.
Il est intéressant, mais assez indiscret et délicat à interpréter, malgré l’aide de la machine dans laquelle on rentre un profil de poste.
Par contre une fonction utile : en principe le test prévoit une autoévaluation de la personne à titre de comparaison et confirmation, discutée au cours d’un entretien.
      Un dernier test qui a été très utilisé en entreprise est le PAPI. Il analyse 10 besoins et 10 rôles professionnels regroupés en 7 facteurs. Il est très orienté vers le recrutement.

      J’ai eu l’occasion de pratiquer ces divers tests avec des collaboratrices psys du service des relations humaines, mais dans un but qui n’était pas le recrutement, mais l’amélioration de la composition des équipes de techniciens et d’ingénieurs et finalement ce sont les préférences cérébrales et le MBTI, qui nous avaient donné le meilleur résultat et qui est le plus abordable pour faire participer des personnes non spécialisées en psychologie.

      Mais pour le recrutement nous utilisions SOSIE, qui se composait de 98 groupes de questions dans lesquelles on devait choisir entre 3 ou 4 affirmations et nous en étions très contents. J'avis suivi une formation d'initiation et mes psys une formation approfondie.
      Contrairement aux autres système son but n’est pas de rechercher uniquement des traits de personnalité, (au nombre de 8), mais aussi des « valeurs », des comportements de la personne, (au nombre de 12, dont six personnelles et six interpersonnelles, intervenant dans les relations humaines. Ces aspects clés sont énumérés dans le schéma ci-dessous.
Sosie permet donc de mieux cerner le comportement des personnes qui le passent, et notamment leurs réactions dans certaines situations, et notamment les motivations qui peuvent les guider.
      Mais son interprétation est difficile et ne peut être faite que par des personnes frmées à ce test et ayant une certaine connaissance de la psychologie comportementale.
http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/Sosie.jpg      Pour aider le dépouillement des tests, le logiciel associé fournit deux rapports destinés à mettre en lumière les points forts et faibles soit dans des postes de management, soit dans des postes commerciaux.   
      Au-delà de leurs compétences techniques, la réussite des manageurs dans leur fonction repose sur des compétences comportementales et Sosie en évalue huit, par corrélation entre les 20 traits de la figure, mesurés par le test :
        - Vision stratégique
        - Esprit d'entreprise
        - Ouverture au changement
        - Capacité à motiver
        - 0rganisation/Rigueur
        - Gestion d'équipe
        - Communication
        - Ressources personnelles.
       Pour les commerciaux, au-delà de la connaissance des produits et d'un marché, d'un discours et de techniques de ventes, l'aptitude à la vente est déterminée par des critères clés de personnalité et des valeurs qu'il est nécessaire d’évaluer, ce que fait Sosie sous forme de huit compétences :
        - Autonomie/Energie
        - Assurance/Confiance en soi
        - Combativité/Persuasion
        - Adaptabilité
        - Capacités relationnelles
        - Capacité d'écoute/Compréhension
        - Tolérance à la frustration/ContrÔle de soi
        - 0rganisation/Rigueur.
      Sosie est très utilisé car c’est un outil très complet et performant, mais c’est un outil de spécialistes du recrutement et de la gestion des ressources humaines.
      C’est un outil fermé dont le « fabricant » ne dévoile pas en détail le fonctionnement interne, et seuls des spécialistes psys peuvent comprendre en partie son fonctionnement grâce à une formation assez longue et onéreuse.
      On ne peut pas faire collaborer les personnes qui le subissent dans la rechercher de leur personnalité et de leur comportement.
On peut juste leur commenter les résultats si on a été formé à cette tâche.
     En définitive, Sosie est un excellent outil, mais réservé à des spécialistes ayant une formation sur ce produit et des connaissances en psychologie, au moins en ce qui concerne les problèmes de personnalité et d'aptitudes.

Samedi 6 décembre 2014 à 8:00

Psychologie, comportement

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    Beaucoup d’entre nous, je le vois avec mes correspondant(e)s, sont pessimistes et sont souvent envahis par les idées négatives.
    C’est même devenu une certaine habitude, une mode, un conformisme.
    Il est certain qu’avec les catastrophes, les guerres et tous les accidents et les rimes dont la presse et la télévision nous abreuvent, la tendance naturelle à se décourager, la prépondérance des souvenirs tristes et notre tendance aux remords et regrets, il est certain que l’environnement et notre naturel nous poussent au pessimisme.
    J’ai parmi mes proches, des personnes qui ne voient que ce qui ne va pas, et s’attendent en permanence au pire, tant pour eux mêmes et leur santé, que pour leur environnement et pour le monde entier. Certains essaient de maîtriser les événements, mais en fait n’apportent aucune solution, paralysés qu’ils sont par le stress et ses hormones (le cortisol en particulier).
    Bien sûr, c’est une question de tempérament, de préférences cérébrales, mais je ne crois pas que ce soit une fatalité et nous pourrions tous avoir un brin d’optimisme et d’espoir si nous le voulons bien : pour cela il faut, comme le disait le Général de Gaulle, espérance, confiance en soi et volonté.

    Evidemment il y a un minimum nécessaire pour être optimiste : il nous suffit de nous référer à la pyramide de Maslow. Il faut un minimum de sécurité matérielle : il est normal qu’une personne au chômage ou que les personnes actuellement touchées par les inondations, soient pessimistes. Il faut aussi un minimum de santé physique : une personne malade ou ayant subi un accident a forcément une phase de pessimisme.
    Ensuite il faut un minimum de reconnaissance et de contact sociaux. On a besoin des autres et l’isolement nous rend pessimistes et nous enlève l’espérance. Il faut une certaine volonté pour ne pas s’enfermer dans la solitude.

    Notre espérance, c’est à dire en fait nos désirs sont la clé qui peut nous conduire à l’optimisme. Mais pas des désirs illusoires et utopiques, les grands espoirs de réformer le monde, ou les désirs de vie extraordinaire. Ce sont les désirs relatifs à la vie de tous les jours, c’est essayer de profiter de tous les petits instants de bonheur de la vie quotidienne.
    Certes cela peut être aussi des rêves, mais à condition ensuite de les analyser, de s’en tenir à ceux qui sont possibles et réalistes, de faire alors un projet, et de s’en donner les moyens de réalisation.

    Pour faire ces projets, pour les analyser, pour les réaliser, il ne faut pas éternellement attendre le lendemain. Il faut la volonté d’avancer, être attentif, ne pas avoir peur de l’effort, être pragmatique dans ses analyses et ses décisions. Lorsqu'on a envie de quelque chose, il faut oser le demander et exprimer ses envies, décliner ses projets, c'est déjà les faire exister.

    Je ne sais pourquoi, les psychologues n’aiment ni le terme d’espérance, ni celui de volonté, et ils préfèrent parler « d’optimisme lié à l’action ».
    Paradoxalement beaucoup de psys considèrent que nos émotions, surtout les négatives, sont peu contrôlables, et que les efforts pour les maîtriser sont trop coûteux.
    Pourtant tout le monde sait que l’espoir et la volonté de guérir sont primordiales pour recouvrer la santé quand on est malade, même si on est bien soigné.
    Etre optimiste, c’est d’abord avoir une certaine confiance en soi, c’est croire qu’on peut y arriver
    On a longtemps cru que la capacité de voir la vie du bon côté était un talent donné au hasard. Certes les préférences cérébrales y sont pour partie, mais on peut modifier peu à peu son inclination initiale.
    Etre optimiste, c’est faire de son mieux possible, malgré ce qui vous arrive.
    Lorsque les événements difficiles arrivent, les optimistes n'en sont pas épargnés, mais ils parviennent à ne pas contaminer toute leur existence avec un problème, notamment entgre leur vie professionnelle et familiale. Ils savent compartimenter et savent que le mauvais sort n’est pas permanent : il va passer un jour. Ils sont conscients du caractère éphémère et précieux de la vie et ils ne veulent pas la gâcher..
    Il arrivera que, devant un événement incontournable, les optimistes iront même parfois jusqu'à «faire comme si» (faire comme si j'allais guérir de cette maladie incurable, retrouver un travail prochainement…) pour ne pas stagner dans le fatalisme.
    Les optimistes ont une confiance non négociable dans le pouvoir de leur volonté.

    Mais ensuite, il faut être plus qu’optimiste pour avancer : l’optimiste qui reste dans l’attente n’arrive à rien.
    Prévoir des actions concrètes, être capable d'identifier ses objectifs est essentiel et c'est en cela que celui qui est plein d’espoir, se différencie de l'optimiste: Il sait qu'il va exercer un certain contrôle sur les événements, pouvoir agir pour atteindre ses objectifs, alors que l'optimiste jouit “simplement” de la capacité de penser que les événements vont bien se passer, parfois même indépendamment de sa marge d’action.
    Celui qui a l’espérance est décidé à agir et il va de l’avant en décidant et en réalisant.

    Etre optimiste, c’est l’une des clés du bonheur; alors vous qui êtes pessimistes essayez de vous entraîner à être davantage optimistes.

Jeudi 27 novembre 2014 à 7:55

Psychologie, comportement

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      Hier nous avons vu comment le cerveau intervenait en matière d’empathie.
    Je reviens sur ce sujet, car j’ai reçu plusieurs mails concernant mon premier article de lundi et on me demande « Dans quelle mesure peut on savoir si on sait comprendre les émotions d’autrui et quelles sont les qualités nécessaires.


    Je sais qu’il existe des tests pour savoir quel est son niveau d’empathie, mais je ne susi pas très fana tests et donc je n’en ai pas dans ma doc.
    Le plus connu est celui du psychologue Mark Davis, qui date de 1980 et s’appelle « l’index de réactivité interpersonnelle ».
    Vous en trouverez une version à l’adresse suivante, mais malheureusement en anglais.
http://fetzer.org/sites/default/files/images/stories/pdf/selfmeasures/EMPATHY-InterpersonalReactivityIndex.pdf

    Par contre je vais essayer de vous expliquer sur quelles capacités sont fondées ce test.

Prise de perspective (PT = perspective-taking scale) :

    C’est la capacité de se mettre à la place de l’autre dans une situatioin donnée qui vous est décrite. c’est relativement intellectuel et pas forcément sentimental.
    On peut savoir se mettre dans la peau d’autrui, comprendre ce qu’il éprouve, sans forcément en être touché affectivement.
    Un faible score dénote évidemment une difficulté pour comprendre autrui, comme ce serait le cas pour un autiste et donc des difficultés possibles de communication..
    Un score élevé est favorable à l’empathie et l’altruisme, mais pas suffisant, car vous pouvez comprendre et rester insensible.

Echelle d’imagination (FS = fantasy scale) :

    C’est la capacité de s’intégrer par l’imagination dans la personnalité d’un personnage, de s’imaginer dans sa situation avec sa personnalité, de se projeter sur autrui.
    C’est différent de la capacité précédente, car là il ne s’git pas de se mettre à la place de quelqu’un dans une situation émotionnelle, mais de s’identifier à quelqu’un d’autre quelque soit sa situation (ce pourrait être un héros de film, un animal…).
    C’est la qualité que doit avoir un bon acteur pour s’identifier naturellement au personnage dont il doit jouer le rôle.

Préoccupation empathique (EC = empathic concern scale) :

    C’est bien sur la sensibilité aux émotions et à la souffrance d’autrui, mais c’est surtout la volonté et la motivation pour lui venir en aide, lui apporter des idées de solutions à ses problèmes, le protéger et lui redonner confiance en lui.

Détresse personnelle (PD = personal distress scale) :

    C’est la capacité à être touché émotionnellement par les émotions d’autrui et notamment par sa souffrance.
    Un score très faible est un signe de difficulté d’empathie, d’une certaine insensibilité  aux problèmes d’autrui et à ses émotions
    Un score trop élevé indique une sensibilité trop grande qui risque de vous submerger, une trop grande contagion à la détresse d’autrui, ce qui risque de perturber votre compréhension de sa souffrance et surtout votre objectivité pour trouver des solutions à ses problèmes.

    Le test comporte 28 questions qui permettent de donner des points pour l’une ou l’autre de ces capacités, points que l’on additionne. Ces points sont de 0 à 4 selon qu’on est « pas du tout d’accord », « peu d’accord », « neutre », « assez d’accord », ou « tout à fait d’accord », avec l’assertion de la question.
   
    Ces tests sont très utilisés sur des personnes ayant des difficultés sociales ou dans les prisons.

    Je ne suis pas assez calé en psycho pour vous donner des tendances de personnalités dans ce domaine, comme je l’ai fait pour les préférences cérébrales, mais je reproduis ci dessous un tableau que j’ai trouvé dan un article de madame Sylvie Berthoz, chargée de recherche dans un  service de psychiatrie pour adolescents et qui donne des indications succinctes, mais simples :

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Lundi 24 novembre 2014 à 8:03

Psychologie, comportement

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     Il m’arrive de temps à autre de remonter le moral d’une personne qui a des problèmes passagers de natures diverses. La personne me raconte alors ses malheurs, ce qui évidemment me touche. Mais par ailleurs il faut que je reste rationnel, pour voir les choses autrement qu’elle et pouvoir amener son attention sur certains aspects qu’elle n’avait pas vu, et notamment diminuer les aspects négatifs et voir certains aspects positifs des situations.
    Si je restais insensible, je ne comprendrais pas ses problèmes; si je me laissais aller à trop de sensibilité, je serais alors incapable de l’aider parce que ne maîtrisant pas mon émotion au profit de la raison, la logique et le pragmatisme. C’est en fait moins facile que l’on ne croit de ne rester que moyennement sensible.
    Cette compréhension des sentiments, des émotions et de la souffrance d’autrui, est variable selon les individus, selon l’interlocuteur que l’on a face à soi, selon le problème et sa cause, et selon le contexte du moment; le langage, la façon de s’exprimer a également beaucoup d’importance, comme dans toute communication.
    En psychologie, ressentir les émotions des autres et notamment sa douleur, cela s’appelle l’empathie.
    Pour comprendre son propre comportement, certaines études de psychologie donnent des pistes intéressantes : quelles sont les conditions nécessaires pour ressentir de l’empathie pour quelqu’un ?

    Les psychologues citent souvent quatre conditions nécessaires pour pouvoir ressentir les émotions d’autrui :
         - Il faut d’abord ressentir des émotions : les mêmes que son interlocuteur : joie, peine, angoisse, douleur, peur, dégoût, colère et comprendre les émotions liées à l’amitié, à l’amour, à la haine… On ne peut pas ressentir les émotions de l’autre si’ on n’a pas une affectivité suffisante.
         - ll faut être dans un état affectif assez similaire et proche de son interlocuteur. On peut ressentir soi même une émotion, mais si l’état est trop différent de celui que l’on a en face de soi, il est difficile de le comprendre.
   
         - Il faut que l’on arrive à assimiler la cause de l’état affectif de l’autre et que sa propre émotion ait la même cause. deux personnes qui regardent le même film, lisent le même livre ou écoutent la même musique peuvent ressentir des émotions similaires, mais elles n’éprouvent pas forcément de l’empathie l’une pour l’autre. Il faut en quelque sorte qu’il y ait transfert de la cause de l’émotion, pour qu’elle suscite une émotion vraiment similaire et compréhensible;
         - Il faut enfin que la personne qui écoute l’autre soit consciente de cette cause et de son influence. Un jeune enfant qui voit sa mère pleurer pleure aussi, mais ce n’est pas de l’empathie : il ne comprend pas exactement pourquoi sa mère pleure, car il n’a pas une mentalité d’adulte. Il faut comprendre l’émotion de l’autre et être conscient de ses causes réelles, qu’il faut en quelque sorte s’approprier.     

    Mais ces conditions ne suffisent pas, car même si nous comprenons la douleur de l’autre, nous n’y sommes pas sensible de la même façon.
    Supposons que des personnes regardent un film où un homme bat sa femme.
    Un jeune enfant pleurera parce qu’ il s’imagine recevoir une fessée et avoir mal.
    Un psychiatre comprendra la douleur de la femme, mais il est tellement habitué à de s problèmes psychologiques q’il n’aura pas une grande émotion.
    Mais supposons qu’il s’agissent d’une mère et que la jeune femme battue ressemble à sa fille, là son émotion sera bien plus forte, parce qu’il y a ce lien affectif même s’il n’est que subjectif.
    Il ne faut pas confondre empathie et sympathie.

    Finalement, éprouver de l’empathie pour quelqu’un qui souffre, ce n’est pas seulement éprouver les mêmes émotions, parce que l’on est sensible, ou par mimétisme; c’est vraiment imaginer la douleur de l’autre et se l’approprier, c’est partager ses émotions, en faisant appel à sa propre expérience et sa mémoire.
    Mais si on veut ensuite l’aider, il ne faut pas aller trop loin. On peut parfaitement s’imaginer les émotions d’autrui sans partager les mêmes croyances, les mêmes désirs et pulsions, les mêmes intentions. Pour aider quelqu’un il faut avoir un certain recul, il ne faut pas se laisser entraîner dans l’émotion pure. Il faut certes comprendre et s’assimiler ses émotions et leurs causes, mais il faut en partie regarder la scène en spectateur, conserver sa logique et son esprit critique.
    Il faut finalement tout en éprouvant de l’empathie pour lui, voir la situation autrement que son interlocuteur, pour pouvoir lui montrer ce qu’il n’a pas pu ou n’a pas su voir. C’est beaucoup plus facile avec quelqueun d’extérieur qu’avec quelqu’un de sa propre famille, car là, on est trop impliqué sentimentalement.

    Je reprends l’exemple de la personne battue, par exemple une adolescente par ses parents ou par des camarades de lycée.
    Si je ne m’imagine totalement sa souffrance corporelle, au points de la ressentir presque, certes je comprends une partie de sa douleur, mais ce n’est pas comprendre ses émotions.
    Par contre, en discutant avec elle, j’arrive à comprendre la situation, le contexte, les causes, à analyser ce que ressent mon interlocuteur, quelle est la nature de ses émotions, que j’arrive à imaginer ce que je ressentirai moi même en tenant compte de sa personnalité, là je ne ressens pas la douleur physique, mais vraiment l’état subjectif de la personne que j’ai en face de moi.
    Je peux alors aller plus loin avec mon imagination : c’est essayer de trouver les réponses qui pourraient améliorer la situation, apaiser les souffrances, faire aussi cesser ses causes, mais je dois alors analyse le fruit de mon imagination, critiquer mes idées voir leur vraisemblance, leur chance d’aboutir et ensuite les confronter à la réalité de l’autre.

    Mais je mets souvent en garde les jeunes qui essaient d’aider leurs amis. Assimiler ainsi la souffrance d’autrui est quelque chose d’éprouvant si on ne pend pas assez de recul, si on se laisse soi même gagner par l’émotion. Si la douleur de l’autre vient trop en nous, elle peut devenir insupportable et il y a donc un risque de contagion.
    J’ai connu des jeunes qui, en voulant aider leur petit(e) ami(e), en dépression, ont fini eux mêmes en dépression, car ils n’avaient pas nécessaire pour cette lourde tâche. Si un jours vous sentez, en aidant quelqu’un, que vous êtes vous même dépassé(e) par vos émotions, il faut appeler à l’aide, car il y a parfois des situations trop difficiles pour une seule personne, même si elle est motivée par l’amour ou par une grande amitié.

    Après l’intermède de demain, je parlerai après demain des réactions du cerveau, face à l’empathie.

Samedi 15 novembre 2014 à 7:51

Psychologie, comportement

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   Parmi mes jeunes correspondant(e)s, beaucoup sont timides, surtout les filles. C’est normal, on n’a pas encore une expérience suffisante de la vie, et donc on n’a pas encore l’habitude d’évoluer en public, et l’on manque de confiance en soi.
    Par ailleurs, si ceux qui ne le sont pas sont en général extravertis, les introvertis, s’ils réfléchissent plus dans leur cerveau, ont moins tendance à s’exprimer et sont, ou au moins, paraissent plus timides.
    Mais tous les introvertis ne sont pas timides et il y a aussi des extravertis qui le sont.
    La timidité intéresse donc psychologues et neurobiologistes, qui ont cherché à savoir si on pouvait déceler une particularité du cerveau.

    Elliot Beaton de l’université de Sacramento a fait passer des test à une centaine d’étudiants pour retenir les 12plus et les 12 moins timides, et leurs faire faire diverses tâches tandis que leur cerveau était examiné en IRM, pour savoir comment il réagissait et où.
    Ils ont montré que le cerveau des timides etait très réactif, plus que celui des non-timides, mais que, de ce fait il avait tendance à trop réagir, lorsqu’il se trouvait dans une situation inhabituelle et/ou non prévue.
Lors de ces tests, on ne constatait pas chez les timides, d’aire cérébrale moins active que chez les non-timides, mais par contre certaines aires étaient nettement plus active, notamment les centres amygdaliens (qui régissent la crainte et la peur, voire le stress), le cortex médian (en situation de tristesse ou d’observation de quelqu’un triste), le cortex préfrontal inférieur et l’insula pour les situations de joie.
    Il semble que le timide réagisse de façon plus importante aux émotions.
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    Il est difficile de savoir quelle est l’origine de cette timidité.
    Les études systématiques des maladies montrent que dans le cas des timidité extrêmement fortes, comme les phobies, il y a une composante génétique, que l’on peut notamment observer chez de vrais jumeaux.
    Mais pour les cas plus bénins, l’environnement familial et celui des camarades joue aussi. Les parents timides  ont un comportement qui favorise la timidité de l’enfant, et le group de camarades  peut avoir aussi une influence (qui peut aller jusqu’au harcèlement de leur camarade timide dans certains cas, ce qui renforce ses craintes, voire peut le traumatiser.

    Je sais que c’est parfois gênant de ne pas être timide, de ne pas oser s’exprimer, d’avoir peur de rougir, de bafouiller ou de se sentirun peu perdu dans une soirée ou une réunion.
    Mais il faut vous dire que cette timidité vous gêne beaucoup plus qu’elle ne gêne les autres, qui la remarquent peu.
    La timidité n’est pas un défaut, et vous serez beaucoup plus apprécié(e), étant timide, qu’un extraverti qui n’a pas ce frein, qui tutoie tout le monde, vous tape sur l’épaule même s’il ne vous connaît pas, et soule ses interlocuteurs de ses récits de moulin à parole. Au moins, vous, vous avez une certaine réserve et vous n’embêtez pas votre voisin.

Dimanche 2 novembre 2014 à 8:18

Psychologie, comportement

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    J’ai longtemps travaillé dans des laboratoires ou des entreprises qui faisaient de la recherche appliquée et des études, dans des domaines techniques assez pointus.
    L’innovation et la créativité était une chose importante, et ce n’est pas toujours facile « d’avoir des idées ».
    Je discutais il y a quelques temps avec un jeune ingénieur, et j’ai constaté que les écoles étaient muettes sur ce que sont les « idées » et la créativité, et sur la façon de stimuler les imaginations pour apporter des innovations.

    Le mot « idée » est mis un peu à toutes les sauces : pour vous en convaincre consultez Google, mon ami le petit Robert ou  ma grande amie la Rousse.

    - Il y a d’abord les opinions, les jugements de valeur, les convictions, les préjugés de chacun de nous : les idées de quelqu’un sur quelque chose.
    - C’est aussi la définition, le contenu, les notions, les concepts, les théories : l’idée que quelqu’un se fait de quelque chose, de sa nature, de sa fonction…
    - On peut avoir l’idée de faire quelque chose : c’est alors un projet, un souhait, une envie, un objectif.
    - C’est aussi la méthode et les moyens pour le réaliser, d’agir, les solutions.
    - Mais avoir une idée c’est enfin imaginer quelque chose de nouveau d’inattendu, qui répond à un besoin, et en dépit des difficultés ou des problèmes notamment techniques que cela pose.
    On peut la décliner : au début c’est un simple concept, une élucubration; puis on peut la préciser, l’option, la voie, le schéma général; il y a alors en général une phase difficile où l’on regarde la faisabilité, mais aussi la pertinence du résultat, les problèmes d’environnement et de coût. Ensuite cela peut devenir un projet.
    De façon générale, c’est une « idée de solution » à un problème non résolu, qu’il soit technique, artistique, commercial, relationnel….
    La solution en question peut être assez classique, en appliquant des méthodes connues, ou bien nouvelle, voire inattendue : c’est une innovation.

    La première chose qu’il faut savoir, c’est qu’on n’invente rien ex nihilo. La génération spontanée, c’est comme pour les microbes, cela n’existe pas !
    Une solution même très innovante fait toujours appel à des informations et connaissances que nous avons en mémoire, mais en rapprochant des données que l’on n’a pas l’habitude de mettre ensemble, et c’est cela qui donne le caractère innovant. C’est vrai non seulement en technique, mais aussi dans le domaine artistique, que ce soit peinture, musique ou littérature. Le rapprochement de ces idées peut être inconscient, intuitif, mais il peut aussi être l’objet d’une recherche organisée, pas à pas, en décomposant le problème en sous-problèmes et en cherchant des solutions à ceux-ci.

    Alors y a t’il des recettes pour « avoir des idées » ?
    Il y a d’abord des gens plus doués que d’autres. En géénral les personnes dont la préférence cérébrale de perception est « globale G » sont plus douées que ceus de préférence « sensitif S ». Cela tient à ce que le S est enfermé dans un processus pas à pas d’exploration systématique, alors que le G explore le champ des idées plutôt en arborescence. Il lui est donc plus facile de rapprocher des notions qui habituellement ne sont pas regardées ensemble.
    Mais il est certain que pour être créatif sur un sujet donné il faut être compétent, avoir des connaissances et une expérience importante du sujet.On ne peut pas rapprocher des idées que l’on ne possède pas !
    On n’est pas créatif si l’on a une seule idée, car elle est alors figée. il faut avoir plusieurs idées, les comparer, les compléter, et là il en vient une quatrième, puis d’autres et c’est le rapprochement et la dissection de toutes ces idées qui peut faire l’innovation.

    Je connais mal le processus de créativité artistique, mais, dans le domaine technique il est certain qu’on a rarement des idées très novatrices toiut seul. Il faut travailler en équipe, car chacun a des compétences et une expérience différente, alors l’un émet une idée, l’autre la critique ou la complète, un troisième apporte autre chose, et ainsi on finit par mettre côte à côte des options inattendues et donc approcher vers une solution innovante.
    Diverses personnes se sont penchées sur la question de la créativité et un des schémas de méthode me parait intéressant. Si on représente les idées dans un schéma à deux dimensions, on peut mettre en abscisse l’efficacité d’une solution et en ordonnée sa nouveauté, son originalité.
http://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/cheminenS.jpg    En bas à gauche on a une solution de routine et peu efficace et en haut à droite le but recherché, la solution innovante et efficace. Alors on aimerait parcourir le chemin de l’un a l’autre en diagonale. C’est très rare et en général une approche progressive utilise une démarche faite de petits S.
    Il faut réaliser momentanément une progression sur une dimension, tout en acceptant une régression sur l’autre et peu à peu on fait ainsi des progrès.
    Il faut une équipe pluridisciplinaire, des imaginatifs, mais aussi des pragmatiues, des gens d’imagination, des gens d’évaluation, des gens d’organisation et des gens d’action. Une solution n’est pas une idée, mais des idées, un processus, des méthodes, des moyens et une vérification de l’efficacité attendue.

    Le problème en matière de créativité est qu’on ne sait faire que peu de choses tout seul, mais qu’on aimerait être le seul auteur de l’idée géniale. L’individualisme est souvent le grand adversaire de la créativité technique.  L’autre obstacle initial est certains préjugés et la résistance au changement. Il faut une volonté de transformer les habitudes, les techniques, les processus , le monde.
    Puis il faut avoir une méthode efficace : si le problème à résoudre n’est pas défini clairement, et si on n’a pas des gens compétent, on n’avancera pas. Mais il faut laisser la bride à l’imagination et que les gens d’organisation et de rigueur acceptent des « idées folles » momentanément, et que l’on dispose de critères d’efficacité. Sans doute l’idée folle ne sera pas retenue, mais elle sera le germe d’une autre idée plus efficace.

    En fait il faut arriver à imaginer les solutions possibles et les explorer peu à peu. C’est un travail souvent lent et difficile et on finit enfin par trouver une des bonnes solutions. Alors on dit « Eureka, j’ai trouvé », mais en fait ce n’était pas une intuition, mais un long travail de réflexion, dont peut être une partie inconsciente.
    Et il n’y a créativité que si la solution est mise en pratique, sinon cela reste de la supposition.
    Mais nous ne pouvons créer que ce que nous savons créer : les êtres humains n'ont pas la capacité d'imaginer quoi que ce soit d'étranger à leur univers.

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Dimanche 26 octobre 2014 à 7:29

Psychologie, comportement

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    Les biologistes et les psychologues aiment bien comparer nos comportements et ceux des singes, nos antiques cousins.
    Il le font notamment en ce qui concerne la réflexion et la manière de faire les choix.
    Les psychologues de l’université du Mississipi ont fait une expérience amusante qui s’appelle « le paradoxe du restaurant ».

    Ils ont constaté que lorsqu’une personne hésite entre deux plats A et B au restaurant, qui lui plaisent tout autant, et finit par se décider our le plat A par personne, et que par malchance, il n’y en a plus, la logique voudrait qu’elle choisisse alors le plat B;
    Il semble qu’il n’en soit rien, mais que la plupart des personnes reprennent la carte et choisissent un autre plat C.
    Les psychologues appellent cela une « dissonance cognitive » : lorsque l’on a choisi difficilement entre deux actions et que celle qu’on a choisi ne peut être réalisée, on de résout très rarement à choisir la seconde, comme si on avait un préjugé contre elle, et on en préfère une troisième.

    Les psychologues ont soumis divers animaux à un test simplifié. Il n’était évidemment pas question de lire un menu, mais on leur présentait deux mets qu’ils aimaient et s’il en choisissaient un, on le leur enlevait et on leur représentait le second plus un plat qu’ils aimaient nettement moins. Paradoxalement tous les singes évolués choisissaient plutôt le troisième, bien que moins apprécié, et donc étaient eux aussi sujets au syndrome de la « dissonance cognitive ».
    Par contre les ours ou les perroquets ou corbeaux ne faisaient pas ce choix curieux.

    Il semblerait que ce soit la conformation du cerveau qui joue, les singes évolués ayant une configuration de mémoire voisine de celle de l’homme, avec notamment le rôle de l’hippocampe.
    Ils gardent, comme l’homme le souvenir de leur choix passé, alors que ours et oiseau, une fois le premier choix fait, l’oublieraient.
    Heureux les amnésiques, puisque leur défaut fait leur bonheur en matière de nourriture !
   
    Depuis que j’ai lu cet article, je me suis évidemment testé, mais juste en faisant des choix de dessert devant mon frigo. Bizarre, je n’ai pas constaté de « dissonance cognitive ». Est ce moi qui suis anormal ou bien seul le restaurant serait il dissonant ?

Vendredi 24 octobre 2014 à 8:10

Psychologie, comportement

 
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    J’ai reçu un mail pas très gentil d’une dame, qui est semble t’il psy, grande admiratrice de Freud, et qui me prend à partie parce que j’ai dit, paraît il, du mal de ce « grand homme » et que je n’ai pas foi en la psychanalyse, ce qui évidemment est un crime qui va m’envoyer à l’enfer des psys, même si je ne fais pas partie de leur congrégation, n'étant qu'ingénieur . Cela ne me gêne pas qu’on ne soit pas d’accord avec moi, c’est normal, (au contraire la discussion apporte des idées), mais par contre, on peut me le dire poliment !
    C’est vrai qu’il m’arrive de ne pas apprécier certains psys, qui sont totalement inefficaces, voire aggravent la souffrance de leur patient et les bourrent de médicaments. Mais il existe aussi de bons psys qui sont utiles. J’ai correspondu avec une psy qui intervenait auprès des personnes qui avaient subi une agression, un gros malheur, un accident, et elle leur apportait beaucoup.
    En ce qui concerne la psychanalyse, c’est vrai que je suis un mécréant devant cette religion : je ne crois pas à son efficacité, et Freud lui même écrivait à Jung (avant qu’ils ne se fâchent), que le peu d’efficacité de cette technique l’avait déçu !!
    Par contre je n’ai jamais dénigré Freud en tant qu’homme; j’ai même toujours dit que je l’estimais, même s’il m’apparaissait parfois un peu obsédé par le sexe. Mais par contre j’ai dénoncé certaines de ses théories, qui ne sont pas exactes, ce que l’on sait grâce aux progrès de la biologie. Ce n’est pas Freud que je critique alors, mais les personnes et notamment les psys, qui croient encore à ces théories parce qu’ils n’ont pas su se recycler.
    Moi aussi quand j’étais en classe de terminale, notre prof de philo nous a parlé pendant 4 heures des théories de Freud, et j’y avais cru, en bon élève, mais mes lectures de biologie m’ont montré depuis qu’il fallait revoir ma copie.
    En fait Freud était un bon scientifique, qui essayait de tirer des leçons des cas des malades qu’il voyait. Il avait beaucoup d’idées et certaines étaient géniales. Mais il avait deux handicaps :
    - d’une part les connaissances en biologie, et notamment concernant le cerveau et les hormones, étaient très faibles, et donc il ne pouvait pas s’appuyer sur des connaissances scientifiques.
    - d’autre part il n’avait pas un panel de malades représentatif. Il soignait surtout des bourgeois(e)s de Vienne qui avaient des problèmes sexuels, et donc avait affaire à une population de malades particulière, ce qui a orienté ses théories.
    C. Jung, qui exerçait à la même époque dans un hôpital normal, avait un éventail de patient beaucoup plus varié et des théories qui, pour la plupart restent encore d’actualité.
    Freud a voulu, au prix de gros efforts et d’études importantes, expliquer par des théories générales, ce qu’il constatait chez un groupe particulier de malades; il est normal que ses théories présentent des erreurs. Le problème c’est qu’aujourd’hui les psys ne devraient plus y croire, et quand je vois un psy, assimiler au nom de Freud, les abeilles vues dans un rêve par une patiente, à des phallus, cela m’amuse beaucoup, mais me laisse un doute sur la compétence du psy. J’ai lu aussi que certains pratiquaient la « dallasothérapie » où les patients jouent un jeu de rôle en s’identifiant à un personnage de Dallas, et qu’on soigne ainsi leurs phobies !!!

    Les développement de l’inconscient par Freud sont en fait géniaux pour leur temps, mais évidemment ils ne pouvait s’appuyer sur des connaissances physiologiques. il faisait en particulier la différence entre l’inconscient verbalisable et calme, et les pulsions, plus instinctives et dynamiques. Aujourd’hui on sait que l’hypothalamus, qui règle une grande partie de notre fonctionnement corporel, est notre machine à pulsion; mais il n’y a pas que le sexe, mais aussi la faim, la soif, le sommeil, et en relation avec les centres amygdaliens, la peur, la fuite, la colère.
    Freud avait lié ces pulsions au « principe de plaisir ».
    Mais nous savons aujourd’hui que les centres d’apprentissage et de récompense, et leur circuit complexe, sont à la base des plaisirs que nous ressentons et constituent un stimulateur important dans nos actions. Mais c’est un mécanisme très général et qui n’a pas, comme le disait Freud, les pulsions sexuelles à son origine.
    Lorsque Freud émet l’hypothèse de l’inconscient verbalisable, que l’on atteint par l’analyse, et notamment par l’interprétation des rêves, il n’y avait ni la connaissance des centres du langage ni celle des centres d’interprétation de la vision, et on ne savait pas que les rêves ne sont qu’un aperçu, lors d’un microréveil des sensations que le cerveau recycle, remémorise et élimine en partie. Il n’y a aucune symbolique des rêves : ce sont des sensations en désordre liées à nos souvenirs et à nos préoccupations. (voir mes articles sur tous ces sujets). Les fondations de la psychanalyse sont donc branlantes.
    Autre erreurs de Freud, se théories sur le développement de l’enfant qu’il décrit en proie à des pulsions sexuelles dès son enfance, aboutissant au célèbre complexe d’Oedipe, dont o,n sait aujourd’hui qu’il n’est qu’un mythe. On sait d’une part que les pulsions sexuelles sont liées aux hormones et donc n’apparaissent vraiment qu’à la puberté, on connait mieux le développement du cerveau du jeune enfant et on peut expliquer simplement sa jalousie pour le père qui est aussi l’objet d’attention et du temps de sa mère qu’il voudrait exclusivement à son service, de même qu’on peut expliquer logiquement certains tabous, notamment sur les organes sexuels, liés à notre système éducatif.
    Freud s’était intéressé à « l’amnésie infantile » : nous n’avons que très peu de souvenirs avant 3 ans et peu avant six ans.C’est exact mais sa théorie selon laquelle c’est dû à la répression de sa sexualité par ses parents, est un beau roman. On connait un peu le fonctionnement de la mémoire, de la consolidation des souvenirs et de l’oubli, le fait qu’aavnt la maîtrise du langage les souvenirs sont pures images et donc plus instables. On connait la fragilité, l’influençabilité et la transformation des souvenirs, même chez les adultes. Si Freud avait vécu de nos jours sa théorie n’existerait pas.
    Autre erreur les phobies, pour lesquelles Freud avait décrit la phobie des chevaux d’un petit garçon et l’avait interprété à la lumière du complexe d’œdipe et de la peur de la castration. En fait l’enfant avait été témoin d’un accident et de la mort d’un cheval qui tirait une diligence, mort assez terrible avec des convulsions et une grande souffrance. La phobie de cet enfant était simplement dû au choc traumatique.
    En fait on peut soigner ces phobies par l’accoutumance faite progressivement et en s’approchant peu à peu de l’objet des criantes.
    A l’inverse les théories de Freud sur le « moi » sont restées d’actualité avec simplement quelques évolution, et le terme de narcissisme qu’il a inventé correspond à une donnée réelle : l’estime de soi, qui peut être insuffisante, ou au contraire trop grande chez certains et qui est fortement remise en question lors d’échec, de chômage ou de revers affectifs.

    Finalement, Madame qui m’avez écrit bien méchamment, ce n’est pas votre faute : vous avez subi des cours où Freud était le Dieu de la psychologie, qui est la vérité et ne peut se tromper. Il faut que vous sachiez que, dans les cours de psychologie américains, Freud ne fait l’objet que d’une demi-page, et on ne cite que brièvement ses théories du moi. Les jeunes psys de la plupart des pays, sauf en France, n’ont jamais entendu parler du complexe d’Oedipe, sauf peut être en faisant des mots croisés, et la symbolique des rêves les ferait sourire et ne sert plus qu’aux diseuses de bonne aventure.
    Donc je persiste et signe : la psychanalyse a été remplacée aujourd’hui, par des techniques comportementales beaucoup plus efficaces, et elle n’est plus guère qu’une référence historique pour les professeurs de philosophie. Mais dans tous les domaines, il y a toujours des nostalgiques qui croient toujours au passé révolu.

Mardi 21 octobre 2014 à 8:54

Psychologie, comportement

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   J’ai souvent fait des articles sur le langage car c’est avec la mémoire les conditions essentielles de l’intelligence humaine. Sans le langage nous ne somme même pas aussi intelligents que les grands singes.
    Dans un article du 24 août je vous parlais des enfants dyslexiques, et je disais que chez les gens normaux, au repos en l’absence de paroles entendues, les neurones du cortex auditif droit oscillait au rythme de 30 à 40 par seconde, c’est à dire au rythme des syllabes, tandis que ceux du cortex auditif gauche oscillait au rythme de 4 à 5 par seconde, celui des unités de langage c’est à dire des phonèmes, voire des mots.   
    Cette différence d'activité résulterait d'une plus grande concentration de grandes cellules pyramidales dans le cortex auditif gauche, lesquelles auraient la propriété de décharger à Ia fréquence de 30 à 40 hertz.
    Il semble que cette différence soit faite pour que le cerveau entende syllabes et phonèmes parmi les sons et sache ainsi que quelqu’un parle son langage. C’est une alerte qui met alors le cerveau dans un état d’attention pour comprendre ce qui se dit.
    Des neuroscientifiques de l'INSERM et de l'École normale supérieure, à Paris, ont enregistré des IRM et des électroencéphalogrammes de sujet qui regardaient et écoutaient, sur des films, des personnes en train de parler, et ils pouvaient ainsi mettre en lumière l’activité de certaines zones, et la fréquence d’oscillation de leurs neurones
    Lorsque l’on écoute quelqu’un parler, le cortex auditif gauche non seulement continue à osciller pour certains neurones à 30/40 hertz, mais commence aussi à émettre à 4 à 5 hertz. Il veut à la fois comprendre sylalbes et phonèmes.
    Mais ces chercheurs ont aussi constaté que des neurones du cortex moteur oscillait aussi à la fréquence de 4 à 5 hertz, et en concordance avec ceux du cortex auditif. Ces neurones correspondaient à la commande du mouvement des mains.
    Ils ont alors remarqué que c’était la fréquence des mouvements de la main de personnes qui parlaient.
    Alors la question se pose, est ce la parole de celui qui parle qui active ses mouvements de mains à ce rythme et sont ce ces mouvements de la main qui aident le cortex auditif gauche de celui qui écoute à se synchroniser ainsi sur cette fréquence ?
    La première assertion ne semble pas exacte, car, quand on parle, il y a un blocage lancé par le centre de Broca, qui empêche de s’écouter parler et donc d’activer le cortex auditif et le centre de Wernicke. C’est probablement le cortex frontal qui gère la pensée et qui envoie des ordres au centre de Broca pour qu’il élabore la parole, qui commande aussi les gestes des mains, une partie étant probablement aussi commandée de façon inconsciente par Broca.
    Rappelons au passage que si les gens ont des hallucinations auditives, c’est à dire qui « entendent des voix », c’est en général parce que ce blocage entre Broca et Wernicke n’existe pas, et ils entendent donc des réflexions internes de leur propre cerveau.
    Par contre la deuxième conclusion semble exacte, et d’ailleurs les propos des personnes qui font des gestes en parlant sont en général mieux compris.
    Les mains seraient donc en quelque sorte, le métronome de nos communications orales.
    Il est d’ailleurs difficile de parler sans faire des geste, et par ailleurs les gestes sont le support du langage des sourds-muets… et des bébés

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