Lundi 21 décembre 2015 à 10:37

Notre personnalité

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     Suite des personnalités limites et difficiles, d’après l’Association américaine de psychiatrie et un  article de Jean-Pierre Rolland, docteur en psychologie et professeur à l’université de Paris Nanterre La Défense (voir l’article d’hier).

La personnalité dite « dépendante » :

    Les personnes dépendantes n’ont aucune confiance en elles, pensent qu’elles ne peuvent s’en sortir sans être aidées et ont donc besoin d’être prises en charge, soutenues et rassurées.
    Elles ont toujours peur d’être abandonnées et réagissent violemment si elles croient devoir se débrouiller seules.
    Elles ont beaucoup de difficultés à prendre des décisions, voire même à rassembler les éléments d’information nécessaires. Elles ne peuvent pas exprimer une opposition ou un désaccord et préfèrent accepter des décisions d’autrui qu’elles jugent mauvaises. Elles considèrent les désaccords et les critiques comme des preuves de leur incompétence.
    Elles sont très influençables et peuvent se laisser manipuler, dominer et tromper par quelqu’un qui va s’occuper d’elles et soi-disant les aider.
    Les situations où elles doivent agir seules sont une grande source de stress, et leurs relations avec les autres se limitent le plus souvent aux personnes qui les aident ou dont elles dépendent.

La personnalité dite « schizotypique» :

    Les personnes de ce type sont excentriques, étranges, se comportent de façon différente et sont maladroites et gênées dans leurs relations avec autrui, ne sachant souvent pas interpréter correctement les signes habituels de communication, et en utilisent d’autres elles mêmes.
    Elles ont un mauvais jugement et leur interprétation fausse d’événements importants, les entraîne dans des situations difficiles. Elles attachent une importance anormale à certains événements ou messages et peuvent avoir l’impression de disposer de « pouvoirs », qui leur permettrait de prévoir lavenir ou d’agir sur les autres.
    En fait, mal à l’aise dans leurs relations, elles ont tendance à éviter les autres.

La personnalité dite « obsessionnelle compulsive » :

     Ce sont des personnes qui, si on se réfère aux préférences cérébrales, sont très excessivement SJ. Elles veulent tout contrôler et attachent trop d’importance à l’ordre, aux règles, aux procédures, aux emplois du temps, au détriment de l’objectif qu’elles perdent de vue et se perdent dans les détails sans vue d’ensemble. Elles perdent beaucoup de temps à vouloir améliorer situations et procédures.
    Ces obsessions se retrouvent dans leur système de valeurs extrêmement rigides et qu’elles veulent en général imposer aux autres.
    Elles ne font confiance qu’à elles mêmes et donc n’écoutent pas et ne délèguent pas, car elles veulent que tout soit fait à leur manière. Elles ont du mal à s’adapter et à prendre des décisions dans les cas qu’elles n’ont pas prévus.
    Leurs relations avec autrui sont dénuées d’empathie : les autres sont des instruments pour faire avancer leurs problèmes à elles et ces personnes sont le plus souvent autoritaires, tatillonnes, et peu compréhensives.

La personnalité dite « borderline » :


    Elle est caractérisé par une très mauvaise image de soi, non seulement un manque de confiance en soi, mais une insatisfaction sur son être, tant physique que psychique, et une instabilité des émotions, mais aussi des relations humaines, et dans l’attitude vis à vis des événements.
    Les personnes sont tantôt optimistes, tantôt pessimistes, passent de la joie et l’euphorie, à la tristesse et l’anxiété, et passent facilement de l’amour à la haine, de l’amitié à l’hostilité, de l’exaltation à la dépression.
    Elles contrôlent ma leurs émotions, et sont sujettes à des pulsions qui apportent ensuite regrets et remords.
    Leurs jugements sont à l’emporte-pièce, leur vision de la vie en noir ou blanc et elles passent rapidement d’un point de vue à celui opposé, ce qui les rend déroutantes et difficiles à prévoir et à comprendre.
    Elles ont une image négative d’elle mêmes qui les empêche de réussir, les fait abandonner trop tôt et brutalement une action pourtant réalisables, et elles peuvent se sentir abandonnées de tous.

La personnalité dite « paranoïaque » :


    Les personnes de ce type, sont excessivement méfiantes et soupçonneuses vis à vis des autres, et pensent en permanence et sans raison, que l’on veut leur nuire, les tromper, les exploiter, et qu’on leur en veut.
    Elles sont peu communicatives de peur de donner des informations qui pourraient se retourner contre elles, et ont peu de relations car elles ont peur des attaques, menaces, reproches et humiliations, qu’elles ressentent à propos d’événements anodins. Elles sont de ce fait rancunières, réagissant avec colère et brutalité.
    Elles ne savent pas se remettre en cause, considèrent qu’elles ont toujours raison et sont donc autoritaires et peu sensibles.

    Voici donc les personnalités excessives que décrivait Pierre Rolland dans son article. Il ne faut pas, comme pour les préférences cérébrales chercher à se classer et classer les autres dans ces types. Ils sont en effet exceptionnels et constituent des outrances des personnalités normales, mais en deça cependant des maladies mentales.

Dimanche 20 décembre 2015 à 9:31

Notre personnalité

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          J’ai lu un article extrêmement intéressant de Jean-Pierre Rolland, docteur en psychologie et professeur à l’université de Paris Nanterre La Défense où ilest directeur de recherches, sur les « personnalités difficiles », à la limite de troubles.
    Je vais essayer de vous le résumer, mais il me faudra plusiuers articles, car il en cite une dizaine.
    Ces descriptions qui donnent certaines caractéristiques-repères sont tirées de modèles développés par l’Association américaine de psychiatrie.

    Aujourd’hui je citerai trois exagérations de l’extraversion et de l’introversion.

La personnalité dite « histrionique » :
(l’histrion était un acteur de théâtre en Etrurie, ensuite imité par les Romains).

    Ce sont des personnes qui ne peuvent se passer de l’attention d’autrui, et sont prêtes à tout faire pour qu’on les remarque, avec une proprnsion à la mise en scène théâtrale.
    Si elles sont tant soit peu à l’écart, et ne forcent pas l’attention, elles se croient délaissées et au bord de la dépression.
    Elles ont donc besoin d’impressionner autrui et ont tendance à l’exagération aussi bien dans leur aspect physique que dans leurs sentiments et émotions.
    Les relations avec les autres sont superficielles, oscillant entre le charme et la séduction, afin de se faire aimer et admirer et l’amertume, la tristesse et l’irritabilité, lorsqu’elles ne sont pas arrivées à impressionner autrui.
    La première impression qu’elles donnet est bonne, mais l’outrance de leurs émotions et de leur comportement finit par embarrasser et par indisposer. Les relations qu’elles entretiennent sont donc en général peu profondes et durables, car trop variables.

La personnalité dite « évitante »
:

    Ce sont des personnes timides qui n’ont pas confiance en elles et craignent donc le jugement d’autrui qu’elles cherchent à éviter, Elles fuient donc les relations ainsi que les situations qui peuvent engendrer un jugement ou qui attire l’attention : responsabilité, poste en vue, conflits… et elles évitent de donner leur avis ou de décider dès qu’il y a un risque; elles se dérobent pour ne pas avoir à faire face à des situations qui les confrontent aux autres. Ne se sentant jamais capables, elles ne s’impliquent pas dans les projets, les actes ou mêmes les relations humaines.

La personnalité dite « anti-sociale » :

    Ce sont des personnes qui considèrent que les règles sociales s’appliquent à ceux qui les acceptent, mais qu’elles sont une contrainte trop forte pour qu’elles s’y conforment.
    Elles sont en manque de repères et ne respectent pas les autres.
    Elles peuvent prendre des risques importants et sans intérêt, et franchir des limites dommageables. C’est pour elles un besoin, un attrait, la recherche de la poussée d’adrénaline.
    Elles peuvent être manipulatrices, dissimulatrices et mensongères, n’ayant pas de scrupules à tromper autrui.
    Elles ne savent pas tirer de leçon des échec et les sanctions ont peu de prise sur elles car elles n’en comprennent pas les raisons, les lois n’existant pas pour elles.
    Elles ne se sentent pas coupables et n’ont ni remords ni regrets.
    Elles peuvent à l’extrême, arriver au refus de la société et à l’anarchie.


La personnalité dite « narcissique » :
Narcisse passait son temps à regarder son image, et amoureux d’elle, se suicida

    Les personnes narcissiques se sentent supérieures aux autres, exceptionnelles, uniques, et s’attendent à ce que les autres aient la même haute opinion d’elles, les admirent et les traitent avec respect.
    Elles se sentent hors du commun, chargées de missions essentielles, et que les autres sont à leur service pour leur permettre d’atteindre leurs buts.
    Elles ont tendance à croire que les autres ne les comprennent pas, et le manque d’admiration et de considération des autres entraîne surprise et colère. Elles ne manifestent aucune empathie pour autrui, sauf pour ceux qui manient la brosse à reluire.
    Le besoin constant d’admiration, le sentiment que tout leur est dû et la difficulté à écouter les avis des autres, empoisonne leurs relations. Elles ne supportent pas la contradiction, ni l’échec, qui est toujours la faute des autres.
    Elles ont une grande confiance en elles, mais qui peut être fragile et qui peut cacher une faible estime d’elles mêmes inconsciente, mais elles peuvent aussi faire face à toutes les critiques, assurées de leur propre valeur.
    Elles sont dans un premier temps appréciées parce qu’elles ont une certaine valeur, mais se rendent vite insupportables.
    Elles ont souvent tendance à croire que leur valeur n’est pas assez reconnue et récompensée et elles en conçoivent insatisfaction, colère et rancœur.

La personnalité dite « schizoïde » :

   
Ce sont des personnes discrètes, effacées, voire renfermées, distantes. Les relations sont pour elles sources de problèmes et elles n’ont donc que peu de contacts humains : elles aiment la solitude et ne recherchent pas la compagnie.
    Elles se lient peu, sont indifférentes à l’opinion d’autrui, éloges ou critiques, et ne perçoivent pas les sentiments des autres. Elles n’ont pas de vie sociale.   

Lundi 25 août 2014 à 8:30

Notre personnalité

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    En dehors des mois de vacances, j’organise tous les mois des conférences techniques ou scientifiques pour des ingénieurs. Il me faut donc trouver un conférencier sur un sujet donné, puis m’assurer que l’exposé correspondra bien au sujet et surtout qu’il sera compréhensible par des personnes, ayant une culture technique, mais non spécialistes de la question. Et je constate que les spécialistes surestiment toujours les connaissances d’autrui, et trouvent évidentes et ne méritant pas d’explications, des connaissances qui sont loin d’être familières à des personnes ne travaillant pas dans le même domaine.
    Il m’est souvent arrivé de choisir un cadeau parce qu’il me plaisait, et sans être sûr qu’il plairait à la personne à qui je l’offrais.

    Nous attribuons souvent aux autres les mêmes idées ou croyances, les mêmes désirs que les nôtres : les psychologues appellent cette propension le « biais égocentrique ».
    Les psychologues pensent qu’alors, lorsque nous voulons comprendre autrui, nous procédons en quatre étapes :
    - nous cherchons de l’information sur l’autre et sur le contexte et l’environnement;
    - nous essayons de nous mettre à la place de l’autre en fonction des informations recueillies.
    - nous nous demandons comment nous réagirions à sa place, qu’elles seraient nos émotions, nos raisonnements, nos décisions.
    - nous attribuons à l’autre ces sensations et actions que nous aurions à sa place.
    Bien entendu les informations que nous avons sont partielles, et elles ne sont pas les mêmes que celles que possède l’autre.
    Mais surtout chacun ayant sa propre personnalité, nos réactions nous sont propres et correspondent à notre façon d’être.
    C’est pour cela que l’on appelle cette attitude un biais, car elle peut souvent nous induire en erreur.

    A l’inverse, autrui peut avoir une influence sur nos pensées et notre comportement, même dans les cas où nous pensons qu’il a tort. Le psychologues appellent cela le « biais altercentriste ». Nous pouvons même croire aveuglément une personne, ou vouloir partager les idées et habitude d’un groupe, ou suivre une mode sans réfléchir.
    En définitive, il peut nous arriver d’être « sous influence ».
    Le cas extrême est celui de la personne qui obéit à une autre quelles que soient ses opinions personnelles, par une sorte de soumission, d’esclavage affectif et intellectuel.
     Le plus souvent ces personnes sont peu instruites.
    L’instruction littéraire et scientifique est en fait le meilleur moyen d’acquérir une certaine indépendance d’esprit; la philosophie et la littérature permettent de confronter et de comparer de très nombreuses idées, et la science habitue à la logique, à la critique, au doute et à la vérification des théories.

    L’examen des préférences cérébrales permet de diminuer le « biais égocentrique », comme  le « biais altercentriste ».
    Connaître ses propres préférences cérébrales et donc tout un pan de sa personnalité permet de mieux identifier ses propres pensées et comportements. Mais on peut assez facilement connaître aussi celles de ses interlocuteurs et cela permet de différencier les leurs par rapport aux vôtres et donc de diminuer le biais égocentrique.

    L’analyse de la préférence cérébrale « indépendance d’esprit », permet de savoir dans quelle mesure on est influençable. J’en rappelle succinctement le contenu.
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  En général, une personne influençable (préférence Influ.) :

- se préoccupe en permanence du jugement d'autrui;
- attache une très grande importance à son aspect et à ce qu'elle parait;
- est soucieuse des modes;
- se conforme sans discussion aux règles morales et sociétales;
- est influençable aux opinions et actions des autres;
- suit facilement un meneur ou un conseiller ;
- a du mal à maîtriser ses émotions causées par autrui;
- a une idée floue de ses propres limites et n'a pas confiance en elle.

          En général, une personne indépendante ( préférence Indép.) :

- est plutôt soumise à son propre jugement et ne se préoccupe que faiblement de l'opinion des autres;
- ne se préoccupe que modérément de son image;
- n'admet ses règles de vie qu'après réflexion et choix personnel (ce que Freud appelle le "surmoi");
- n'a pas l'esprit moutonnier et se soucie peu de la mode;
- ne se laisse pas facilement influencer par les discours et les actes;
- a une indépendance d'esprit vis à vis de meneurs ou de conseillers;
- arrive à contrôler les émotions provoquées par autrui;
- a une idée précise de ses limites et une certaine confiance en soi.

           Ce qui différencie principalement 'Influençable de l'Indépendant :

    L'influençable a un souci permanent de l'idée que les autres se font de lui (ou de ce qu'il croit être cette opinion), craint le jugement d'autrui et donc se conforme sans discuter aux règles du groupe ou de la société. Il se laisse influencer et a donc une liberté d'esprit toute relative et un comportement plus ou moins moutonnier.
    L'indépendant, tient compte de l'opinion d'autrui, mais ne craint pas  en permanence ce jugement et sait passer outre s'il le juge nécessaire. Il est donc peu influencé par la mode et n'accepte les règles morales et sociétales qu'après avoir jugé par lui-même de leur opportunité.
Il est indépendant d'esprit et tout en pouvant tenir compte de l'opinion des autres, il ne le fait qu'après discussion et réflexion. Il maîtrise les émotions causées par autrui et a conscience de ses limites, de ses qualités et défauts. Par contre il tient souvent trop à ses opinions

Dimanche 22 juin 2014 à 8:09

Notre personnalité

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     « Connais toi, toi même »   était inscrit sur le fronton du temple de Delphes et Socrate en avait fait sa devise et disait à ses étudiants : « connais toi toi même et tu connaitras l’univers et les dieux » (C’est ce qu’on dit, est ce vrai ?).
    On pourrait aussi rappeler la phrase bien connue de Descartes « Je pense, donc je suis », qui renvoi tà l’être qui existe, au moi, à sa pensée indépendante.
    Mais en fait on peut donner deux sens un peu différents à cette phrase :
        - connais ta personnalité, ton « moi », tes comportements. C’est de la psycho.
        - s’interroger sur soi, sur ce que l’on veut vraiment : ses désirs, son avenir, mais aussi la vérité, la morale (le surmoi de Freud), le bien et le mal, la conduite à tenir : c’est de la philosophie.

    Connaître sa personnalité :

    Vous pouvez lire les articles que j’ai faits sous la rubrique « préférences cérébrales », qui partent de théories psychologiques connues : types psychologiques de Jung, MBTI de mesdames Myers et Briggs, tests de Gordon, perception immédiate de Plutchik, et le Big five, très utilisé aux USA.
    On peut assez facilement, sans être spécialiste, connaître ses préférences cérébrales et avoir une idée assez précise de sa personnalité. Cela permet de mieux comprendre certaines de ses réactions, mais aussi ses forces et ses faiblesses, et essayer de s’améliorer.
    Mais cela permet aussi d’avoir une idée de la personnalité des personnes que l’on connaît et donc de mieux communiquer et comprendre leurs comportements.
   
    De façon plus générale, connaître les préférences cérébrales d’un groupe, permet de lui expliquer de façon plus pertinente, de mieux négocier, de connaître les forces et faiblesses d’une équipe et de mieux la composer, de mieux orienter les activités notamment professionnelles et les choix de métiers, de comprendre et de régler les conflits entre personnes, ou ceux d’un couple ou entre parents et enfants.

    S’interroger sur soi et son devenir :

    Se connaître soi-même est une démarche positive et critique qui implique une réflexion sur ce qui donne du sens à notre vie.  
    Nous avons tous une personnalité, des connaissances, des sentiments, des désirs, des qualités et des défauts, mais aussi des opinions et des préjugés. Chacun a ses potentiels, mais aussi ses limites.

    C’est donc essentiel pour soi même de connaître ces données, mais ce n’est pas aussi simple, car on ne peut « sortir de soi « , se voir de l’extérieur. On n’est conscient de soi que par sa propre pensée et son langage; on est donc juge et partie,  et la connaissance que nous pouvons avoir de nous par l'introspection passe à travers le filtre de l'opinion que nous nous faisons de nous même.
    Alors nous pouvons faire appel au jugement d’autrui. C’est un aspect indispensable, mais pas toujours facile, car nous admettons mal d’être jugé. Et la vision de l'autre, si elle a le mérite d'être différente de la nôtre, n'est pas non plus objective : son jugement peut être déformé par l'amitié ou l'antipathie qu'il éprouve pour nous. Surtout sa critique est incomplète, puisqu'elle ne peut s'appliquer que sur les traits de notre caractère que nous laissons transparaître, consciemment ou non, notre « persona » selon Jung.

    Et heureusement nous évoluons; la connaissance de soi ne peut donc être à la fois totale et définitive : notre manière d'être, notre rapport aux choses, nos convictions, peuvent varier en permanence dans notre vie à, et notre expérience personnelle joue un grand rôle sur ce que nous sommes, en influençant l'évolution de nos pensées conscientes et inconscientes.

    On peut tirer les enseignements du passé, mais celui ci est irrémédiable et ne se reproduira pas. Le présent est plutôt réservé à l’action, et l’avenir suscite crainte, désirs et espoirs. Certains sont rationnels, d’autres conscients et émotionnel, mais beaucoup sont inconscient et n’en ont pas moins une grande influence sur nos pensées.

    Une partie de moi même est en relation avec les autres et une partie de la connaissance de moi est aussi la connaissance des autres et des relations que j’entretiens avec eux.. La difficulté est plus grande encore.

    Même si toute connaissance définitive de soi est à jamais hors de portée de nos investigations, il est nécessaire de parvenir à une approche aussi complète que possible. Cette connaissance permettrait de faire en nous-mêmes la distinction entre ce qui procède de l'habitude, de l'éducation, des réflexes, du conditionnement social et ce qui procède de notre volonté et de nos pensées conscientes et indépendantes.
    Je crois que c’est encore plus important aujourd’hui, où les jeunes n’ont plus pour modèle les parents et les adultes, mais leurs camarades, et ont trop souvent adopté comme opinions et pensées personnelles, celles du groupe ou de la société, et finissent par avoir un comportement essentiellement moutonnier, tant dans leurs idées, que dans leurs jugements, leurs désirs, leurs décisions et leurs actions

    Un point qui me paraît également important, à la lumière de tous les problèmes de mes correspondant(e)s, c’est que, pour vivre tant soit peu heureux, il faut d’abord s’accepter soi même. Il faut donc commencer par se connaître, mais ensuite il ne faut pas se lamenter de ne pas être un autre. Il faut essayer de s’améliorer, mais en étant conscient que c’est difficile et que l’évolution a des limites : ce ne sera jamais une révolution. La confiance en soi passe par cette acceptation et donc cette connaissance de soi.
    Mais la connaissance des autres et l’acceptation de ce qu’ils sont est tout aussi fondamentales dans nos relations avec autrui. J’ai vu beaucoup de couples se séparer car chacun ne voulait pas accepter l’autre tel qu’il était, mais aurait voulu le transformer en ce qu’il aurait souhaité qu’il soit. C’est déjà difficile de se transformer soi même, cela est presque impossible de transformer autrui, et en général cela ne peut se faire qu’en le persuadant de l’intérêt de cette évolution, et en lui donnant soi-même l’exemple.

Lundi 28 avril 2014 à 8:01

Notre personnalité

  Hier nous avons vu des généralités sur notre conscience de nous mêmes, aujourd’hui je vais essayer de comprendre un peu ce qui se passe dans le cerveau.

    Voyons d’abord comment existe ce « protosoi » qui est la connaissance inconsciente de l’état de notre corps.

    Deux aspects différents de cette conscience.:

    D’abord tout ce qui est indispensable à la vie : respiration, régulation sanguine, régulation hormonale et des constantes physiologiques, ce que l’on appelle l’homéostasie.
    Des organes comme le cœur ont, sur place, des neurones qui peuvent exciter le muscle cardiaque pour qu’il se contracte, mais son rythme est déterminé par des neurones du bulbe rachidien et du tronc cérébral qui « battent la mesure », se comportant comme des autooscillateurs électriques. De même un certain automatisme existe pour la respiration, les neurones du bulbe surveillant la teneur en oxygène et en gaz carbonique du sang et donnant des ordres aux neurones qui commandent les mouvements respiratoires.
    Les indications de « fonctionnement » remontent ensuite au cerveau central, principalement l’hypothalamus, qui gère toutes les informations relations à nos viscères, à la respiration, aux concentrations du sang et aux diverses hormones. Il détecte les signaux d’erreur qui indiquent des anomalies et qui remontent par le système autonome ortho et para sympathique. Il peut alors renvoyer des ordres par ces systèmes pour rétablir un fonctionnement normal et/ou faire sécréter hormones ou préhormones par l’hypophyse qui est directement sous son contrôle.
    Ce rôle est totalement inconscient, mais certaines de ces indications peuvent remonter à notre conscience
C’est le cas notamment de la faim et de la soif, ou des besoins d’excrétion viscéraux.
Nous pouvons même avoir en partie conscience des anomalies respiratoires ou cardiaques si elles sont trop importantes.
    Les informations sont alors communiquées au cortex préfrontal, siège de notre comportement conscient et intelligent et de nos pensées. Mais il semble que des intermédiaires effectuent un filtre ou une analyse. Le cortex insulaire ou insula est particulièrement impliqué dans cette fonction.

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    Un deuxième cas est celui des informations tactiles venant de la peau et de l’état de nos membres et de nos muscles. Là les signaux sont transmis au cortex pariétal, sur le dessus de la tête. D’une part tous les signaux du toucher dans la partie médiane avant et d’autre part les signaux sur l’état de contraction et de sollicitation des muscles dans la partie médiane arrière. Le régulation de ces sensations s’appelle la somesthésie.
    Pour tout ce qui est automatisme, c’est le cervelet qui analyse ces informations et donne des ordres à la partie avant du cortex pariétal qui commande nos mouvements.
    Pour les mouvements volontaires, une partie de ces informations est transmise au cortex préfrontal, (par exemple le « poids », ressenti d’un objet qu’on tient), en même temps que des informations visuelles (éventuellement auditives), lequel va alors coordonner ces informations pour commander nos mouvements et nos actions.
    Par contre les informations de douleur et de sensations de pression et choc brutaus, ou thermiques sont transmis à l’hypothalamus, car ils sont cruciaux pour notre survie. Certains provoquent même des réflexes au niveau de la moelle épinière pour soustraire nos membres au danger (par exemple en cas de risque de brûlure).

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    Deuxième stade de notre conscience du moi, nos sensations.
    Les influx nerveux partent de nos organes sensoriels et ils sont transmis via le thalamus à des centres d’interprétation de ces sensations, notamment les signaux visuels dans d’énormes centres dans le cerveau occipital à l’arrière de la tête, et les signaux auditifs au centre du cerveau émotionnel.
    Une transmission rapide se fait toutefois vers les centres amygdaliens qui veillent sur notre sécurité et déclenchent éventuellement des réactions de survie.
    Le thalamus reconstitue ensuite une synthèse des signaux ayant trait à un même phénomène, en liaison notamment avec l’hippocampe (le professeur de la mémoire) et les centres amygdaliens. La plupart des sensations reçues et interprétées restent inconscientes. (voir mes articles du 3/1/2014 et du 23/12/2010).
    Mais, si une information est jugée importante, alors le cortex préfrontal est alerté.
De même si c’est lui qui juge avoir besoin d’information, les centres de commande de la vue guident les mouvements de la tête et des yeux et les informations interprétées sont transmises en retour au cortex frontal.
    Nous avons donc là une conscience de notre environnement et de notre position et de notre situation dans ce contexte, qui nous permet ensuite de décider et d’agir.
    Ces sensations ne sont reçues et transmises au cortex préfrontal que si nous sommes éveillés, et de ce fait notre conscience est liée à l’éveil. La conscience du moi, à ce stade est liée à la conscience d’être réveillé
.

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    Troisième stade, le « moi autobiographique » : notre vécu, nos souvenirs, ceux de nos émotions et sentiments, notre savoir, notre expérience, nos réflexions et idées.
    Cette partie de nous est très tributaire du langage et c’est ce qui nous différencie des animaux.
    Presque tout le cerveau est concerné, mais certains centres le sont plus que d’autres.
    D’abord, bien évidemment le cortex préfrontal qui gère nos réflexions, nos décisions, nos actes, et nos pensées. C’est le chef d’orchestre du cerveau.
    Puis tout ce qui va permettre le langage, la compréhension et l’utilisation des mots, car même si on ne parle pas à haute voix, ils servent inconsciemment à élaborer notre pensée: centre de Broca, de Wernicke, de Geschwind (voir mes articles des 8/8 ET 25/11/2007 et du 12/3/2014)
    Bien entendu tout ce qui contribue à la mémoire : les organes des sens et de leur interprétation qui amènent les informations, l’hippocampe qui dirige les mémorisations, puis tous les centres du cerveau où les informations sont mémorisées sous formes de jonctions renforcées entre neurones.
    Mais pour ce qui est émotions et sentiments, le cerveau émotionnel va entrer en jeu, notamment les centres amigdaliens et le cortex cingulaire mais aussi tout le circuit d’apprentissage et de récompense qui régule nos plaisirs. Maîtriser ses émotions nécessite une certaine connaissance du soi et de son fonctionnement.

    Enfin la conscience et la compréhension du soi passe par celle des autres et réciproquement.  La neurobiologie connaît très mal ce domaine, et les théories qu’elle met en avant ne sont pas certaines, comme celle des neurones miroirs. Ces neurones sont en communication avec les neurones moteurs mais aussi avec l’aire de Broca. Ils s’activent quand quelqu’un fait par exemple un geste, pour « imiter » mentalement ce geste. On pense qu’il existe des neurones miroirs dans lke cerveau émotionnel et dans le cortex préfrontal qui nous aident à comprendre la pensée et donc le « soi » des autres, mais on ne l’a jamais démontré. (voir mes articles du 23/3/2008).
    Il existe aussi des neurones dans la partie commande motrice, qui s’activent rien qu’à la vue d’un objet qu’on pourrait saisir, sans savoir si on le fera; ils anticipent nous souhaits;
    On est bien loin de savoir jusqu’où va le « soi » dans le cerveau

Dimanche 27 avril 2014 à 8:45

Notre personnalité

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    Héraclite disait 500 ans avant JC : « connais toi toi même ». Descartes séparait bien le corps et l’esprit et son discours figure en haut de mon blog. Vous avez dû apprendre en philo que Kant estimait que chaque homme construit son propre univers, et qu’Hegel considérait que la « conscience de soi » est une des caractéristiques de la conscience supérieure de l’homme par rapport aux animaux; et puis il y a l’inconscient de Freud, le ça, le moi et le surmoi. Les psys parlent même du « protosoi » (je trouve ce terme horrible !). Cela devient compliqué !!! lol
    Pourtant la conscience de soi est chose essentielle, mais qui reste mystérieuse.

    C’est justement cette conscience de soi qui fait que nous ne sommes pas des automates biologiques sans conscience de leur existence et de leurs relations avec I’environement et les autres êtres vivants.
    Nous avons tous conscience de nos limites corporelles, mais aussi spirituelles, qu’il existe une frontière bien définie entre I'intérieur et l’extérieur.
    Nos pensées et nos sentiments, nos motivations et nos souvenirs sont notre bien, nous appartenant en propre et tout en étant capables de nous mettre mentalement à la place d'autrui et de comprendre ses émotions, ses désirs et ses sentiments, nous ne les confondons pas avec les nôtres.
    La séparation entre le moi et le reste du monde apparaît donc comme la première caractéristique importante du soi.

    Une autre caractéristique du soi est qu’il est relativement stable. Certes il évolue avec l’éducation et aussi avec l’âge, notre vécu, notre expérience et nos souvenirs devenant plus importants. Mais nous restons nous mêmes, nous ne changeons pas de personnalité, et sauf quelques rares personnes présentant cette anomalie, nous n’avons pas de personnalité multiple, comme monsieur Hyde et le docteur Jekyll.
    Notre corps peut subir des évolutions profondes, notre cerveau garde une image du soi relativement la même.

    Mais ce « soi » se construit lentement : à partir d'environ trois à cinq mois, les bébés savent contrôler leurs mouvements de façon à peu près fiable ; à l'âge de un an et demi environ, ils se reconnaissent dans un miroir. À partir de deux ans, ils savent ce que veulent dire « je » et « à moi » ; dès trois ans, ils donnent un nom aux sentiments qu’ils éprouvent. À la maternelle et à l'école primaire, les comparaisons aux autres permettent à l’enfant de se comparer aux autres, de voir ce qui le différencie, d’avoir une notion de ses capacités et donc de constituer petit à petit son estime de soi. Les adolescents et jeunes adultes acquièrent leur identité personnelle bien définie et mature à travers des rôles sociaux de plus en plus différenciés et au fur et à mesure qu’ils prennent leur liberté et leurs responsabilités hors du nid familial protecteur.

    Les psychologues distinguent le « je » et le soi ».
    Le « je » est l’homme qui agit, qui sait qui il est. Le « moi » (ou « soi »), c’est le contenu de ce qu’il sait : les pensées, les souvenirs, les désirs, les émotions les sentiments. Autre distinction : les émotions sont des états mettant en jeu à la fois corps et cerveau et se traduisant par des effets corporels (rougir, cœur qui s’accélère, sudation, la « peur au ventre », pleurer….). Les sentiments sont la traduction, l’évaluation par l’esprit de ces modifications corporelles et de leurs causes et conséquences.

    J’ai déjà fait des articles sur le « moi » (articles du 28/7/2013, et du 1/9/2009) et sur les conceptions de Freud (ça, moi, surmoi : voir mon article du 23 juillet 2009).
    Je voudrais rajouter cependant quelques notions
    Certains neurobiologistes rajoutent une conscience du soi corporel, qui est en fait presque totalement inconsciente et qui, à tout instant renseigne notre cerveau pour qu’il nous maintienne en vie. C’est le « protosoi », la représentation de tous les états de notre corps, selon le neurologue Damasio. Certains signaux sont conscients, notamment quand il y a dérégulation de notre système de vie ou un besoin (la faim, la soif….)
    La « conscience », ce sont les réactions de nos sens avec l’environnement : nos sensations et la conscience de nos sensations, pour lesquelles le cerveau doit être éveillé (avec quelques cas particuliers comme le somnambulisme).
    Enfin le « soi autobiographique », qui résulte de notre vécu, nos souvenirs, ceux de nos émotions et sentiments, notre savoir, notre expérience, nos réflexions et idées.
Cette partie de nous est très tributaire du langage et c’est ce qui nous différencie des animaux.
    Finalement nous avons d’abord une conscience de notre état corporels et de ses réactions avec l’environnement grâce à nos cinq sens. Et être conscient de soi, c'est pour notre système cognitif être capable de représenter, au second degré, certaines de nos propres représentations, de les expliquer, de les mémoriser, de nous les rappeler et de nous permettre d’anticiper. Mais c’est aussi être capables d’essayer de comprendre de la même façon ce qui se passe en autrui, alors que nous n’avons pas accès à ses représentations corporelles internes.

    Demain j’essaierai de vous montrer quelles parties du cerveau sont impliquées dans cette connaissance et cette action des divers « soi ».

Jeudi 9 mai 2013 à 8:39

Notre personnalité

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  J’ai déjà fait un article sur la graphologie le 20 juillet 2010. Mais un jeune qui cherche du travail vient de me dire qu’on lui a refusé un poste à partir d’une analyse graphologique de sa lettre de motivation qui devait être « écrite à la main ». Je trouve cela scandaleux.
 
 
 
 
C’est une énorme absurdité car toutes les études sérieuses faites par des chercheurs, ont montré que l’analyse graphologique n’avait aucune valeur prédictive et qu’elle était d’une inefficacité totale au plan de l’analyse de la personnalité d’un individu.
 
 
 
J’ai eu la responsabilité d’établissements d’une grosse entreprise et donc entre autres, de la gestion de ses personnels. Des personnes qualifiées s’occupaient des embauches. On demandait un CV avec une lettre de motivation, puis on avait un entretien avec le chef du service demandeur et le candidat, mais j’ai toujours interdit toute analyse graphologique.
 
 
 
 
 
L’écriture est caractérisée à la fois par une relative stabilité individuelle et des variations d’une personne à l’autre. il est donc intéressant de chercher à en décrire les caractéristiques, quelles qu'en soient les applications. 
 
 
Lorsqu'on cherche à décrire les caractéristiques scripturales d'un texte, les experts s'accordent sur des critères d'analyse objectifs, par exemple, l'écriture est Inclinée, les lettres sont mal formées ou formées d’une certaine façon, il n'y a pas de barres aux t ….
 
 
            Ces critères sont utilisés pour reconnaître une écriture et les experts qualifiés dans ce domaine, peuvent avec une certaine probabilité dire si deux textes écrits sont de la même personne, à condition qu’ils n’aient pas été écrits à des époques différentes et que la personne n’ai pas subi un traumatisme avant d’écrire l’un deux. 
 
 
 
 
 
Mais c’est un tout autre problème que de vouloir à partir de ces critères en déduire des données psychologiques.
 
 
            La façon dont les experts graphologiques ont cherché à analyser ces variations et, surtout, les corrélats qui ont été proposés en termes d’aptitudes psychologiques sous-jacentes, sont peu précis, ambigus, reposant sur des critères différents qui mélangent leur influence (par exemple vitesse de l’écriture, pression de la main, direction, forme, continuité, ordonnance de l’écriture), et repose le plus souvent sur des critères subjectifs, ne faisant par ailleurs référence à aucune de théorie de la personnalité.
 
 
            Chaque fois que l’on a donné, lors d’une étude sur l’efficacité de la graphologie, des textes recopiés par une personne à un groupe de psychologues graphologues et de non-graphologues, n’ayant pas été formés à la reconnaissance de l’écriture, les résultats ont été pratiquement identiques et voisins de 50%, qui était la proportion de réponses au hasard.
 
 
 
            Les nombreuses études qui ont été faites montrent que les graphologues ne sont pas plus compétents que d’autres pour identifier les caractéristiques de certains individus au moyen de leur seule écriture.
 
 
            En fait les graphologues que consultent les entreprises ont en main, non pas un simple spécimen d’écriture, mais un CV et une lettre de motivation, et , avec l’habitude, ils peuvent déduire certains éléments de ces documents, car le contenu d’un texte écrit par l’individu sur lui même, donne des indications sur certaines de ses aspirations ou de ses activités. Les graphologues font alors des déductioins que pourraient faire tout bon psychologue, mais avec, comme lui, des risques d’erreurs car il n’a fait passer aucun test et il n’a pas discuté avec la personnes.
 
 
 
            C’est comme si je déduisais la personnalité de mes correspondantes des deux premiers mails qu’elle m’adresse ; c’est fort risqué !
 
 
 
 
Alors pourquoi les gens font ils confiance à la graphologie?
 
 
 
 Après avoir fait remplir aux participants un questionnaire évaluant l'adhésion à diverses sciences et à la graphologie, des psychologues se sont présentés comme des experts en graphologie et ont demandé à des sujets d'écrire un court texte sur une feuille blanche.
 
 
                Quelques jours plus tard, chaque individu recevait un diagnostic de son écriture, apparemment personnalisé, mais en réalité tous les diagnostics étaient identiques. 
 
 
lmmédiatement après avoir reçu le résultat de l'analyse, les sujets remplissaient à nouveau le questionnaire d'adhésion a la graphologie. Les résultats ont montré que les participants croyaient en moyenne davantage à la graphologie, alors que leur perception de la physique ou d'autres sciences n'avait pas changé. Ainsi, une explication vague et stéréotypée faite pour que chacun s'y retrouve, renforce la confiance accordée a la graphologie.
 
 
             La graphologie continue à séduire pour les mêmes raisons qui font le succès des horoscopes. Beaucoup les lisent, certains prétendent ne pas y croire, mais chacun est persuadé que le texte qu'il lit s'applique tout à fait à son cas personnel. 
 
 
En fait, il ne s'applique pas à une personne en particulier, mais à tous ceux qui le lisent. 
 
 
C’est « l’effet Barnum », décrit pour la première fois par le psychologue américain Bertram Forer. Cet effet tire son nom de Phineas Barnum, qui expliquait le succès de son cirque en disant qu'il suffit de mettre un petit peu de tout dans un spectacle, pour que chacun y trouve quelque chose qui lui plaise.
 
 
 
Selon une loi française votée en 1992, tout candidat à un poste dans une entreprise doit être soumis à des méthodes « pertinentes au regard de la finalité poursuivie ». 
 
 
A mon avis l’examen de l’écriture n’est pas conforme à la loi et devrait être interdit , comme l’utilisation de la date de naissance, par des mayens aussi peu fiables que l’horoscope ou la numérologie.
 

Dimanche 2 décembre 2012 à 8:11

Notre personnalité


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            Je vous ai récemment parlé de la crédulité, alors je vais faire aujourd'hui un article sur le mensonge.
 
            Peut être quand vous étiez très jeune avez vous joué au jeu du menteur. Certaines de mes correspondantes ont subi aussi cette situation en amour.
            Comment devine-t-on que quelqu'un est en train de mentir ? Existe-t-il des signes aussi évidents que le nez de Pinocchio ou les signes que détecte Patrick Jane, le "Mentalist", sur les visages ?? La réponse est malheureusement non.
 
            La plupart d'entre nous croient que I'on peut démasquer un menteur grâce à certains comportements ou signaux corporels - par exemple, s'il s'agite beaucoup ou rougit.
            Mais, selon les résultats de l'équipe de recherche dirigée par la psychologue Bella Depaulo, de I'Université de Californie à Santa Barbara, en général ce n'est pas le cas.
            En 2003, elle a rassemblé les résultats d'environ 120 études qui portaient sur les signes corporels accompagnant les mensonges. Le résultat montre qu'en moyenne ces stéréotypes sont inexacts.
 
            La plupart des personnes ont beaucoup de difficultés à distinguer le vrai du faux dans le discours d'autrui.
            Les policiers, les juges et les psychiatres, dont on pense intuitivement qu'ils devraient posséder une capacité au-dessus de la moyenne pour détecter des mensonges, n'obtiennent pas de meilleurs résultats aux tests de reconnaissance de mansonges. De même, il n'y a pas de différences entre les hommes et les femmes, enfin, l'âge et le niveau d'éducation d'une personne n'influent quasiment pas sur sa capacité à détecter les mensonges.
 
            B. DePaulo et Charles Bond, (rien avoir avec James !) de l'Université du Texas ont analysé les résultats de 206 études où I'on demandait à des sujets de dire si une personne mentait ou disait la vérité.
            Leurs interlocuteurs disait tantôt une vérité, tantôt un mensonge et il fallait reconnaître cette particularité; il y avait autant d'items vrais que d'items faux.
            Si les personnes testées avaient répondu au hasard, comme il n'y avait que deux réponses possibles, elles avaient 50% de chances de réussite.
            Le résultat n'a guère été meilleur : 54 % de réussite.
            Par contre les vérités étaient détectées dans 61% des cas et les mensonges dans 47% seulement : il semble donc qu'on reconnaisse plus facilement la vérité que les mensonges.
            Ces chercheurs ont montré que les signaux sonores sont plus efficaces que les signaux visuels: dans plusieurs expériences, les sujets ont mieux distingué mensonge et vérité lorsqu'ils se concentraient sur l'écoute plutôt qu'en scrutant le visage de leur partenaire.
            Lorsque les sujets ont regardé une vidéo sans le son, la proportion de bonnes réponses n'était que de 50 % environ, alors qu'avec le son, les réponses correctes étaient de l'ordre de 55 %, et plus étonnant, les résultats ont été aussi bons lorsque l'on diffusait la bande son sans l'image !
            On augmente ses chances de reconnaître un menteur en se concentrant sur ce qu'il dit, plus que sur son apparence.
 
            Le psychologue Patrick Müller, de l'Université d'Utrecht aux Pays-Bas a montré que un manque d'assurance, ou une faible confiance en soi, poussent à analyser plus intensément le contenu de ce que disent les autres, et de ce fait, les personnes qui ont cette caractéristique détectent mieux les mensonges d'autrui.
            Ils ont testé des personnes dont ils avaient décelé au préalable ce manque d'assurance et de confiance en soi, et ils ont même déstabilisé par des questions un groupe, qui a alors mieux détecté les mensonges que le groupe témoin qui n'avait pas subi ce stress.
            Leur score était de 58 % contre 54 %. C'est significatif, mais pas révolutionnaire !!
 
            Ceux ou celles qui discutent sur le web ne connaissent souvent pas leur interlocuteur, ne le voient pas et ne l'entendent pas; alors comment le croire?
            Cela m'arrive aussi parfois d'avoir affaire à des personnes qui ont envie de me faire croire des choses fausses les concernant, voire quelquefois à des mythomanes, qui m'ont raconté de véritables romans. Et ce n'était pas uniquement des choses favorables; certaines personnes adorent raconter combien elles sont malheureuse. Certaines souffrent vraiment, d'autres prennent simplement plaisir à ce jeu. SI l'on veut les aider efficacement, il vaut mieux détecter ces cas.
            La seule façon de le détecter est de comparer leurs dires pour y trouver des contradictions et de poser des questions sur tout ce qui ne paraît pas logique dans le récit.
            En général quelqu'un qui ment se méfie et a préparé son histoire, mais ne donne pas de détails. Il faut donc le forcer à en inventer, et moins il aura le temps de réfléchir à son invention, plus il aura de mal à en assurer la cohérence.           
            Evidemment, plus vous aurez l'esprit logique, plus vous aurez de chances de réussir, et notamment vous réussirez mieux si vous êtes de préférence de décision "logique" L que de préférence cérébrale V "valeurs". Et la formation scientifique et la recherche ou les études techniques, qui forcent à se poser sans cesse la question de la véracité de ses résultats, vous entraîne à détecter les erreurs de logique et par là même attire l'attention sur de possibles mensonges. Mais deux idées contradictoires ne résultent pas forcément d'un mensonge, mais peuvent provenir d'une simple erreur de raisonnement ou d'appréciation.
 
            Et finalement, si vous devez admettre que vous avez cru quelqu'un qui vous mentait, ne
vous en faites pas trop. Peut-être est-ce une petite consolation que de savoir que d'autres personnes sont comme vous: nous sommes tous de très mauvais détecteurs de mensonges.            
            En revanche, la capacité de proférer des mensonges de façon convaincante varie énormément entre individus : cela va du menteur parfait jusqu'à celui qui croit être un menteur habile, mais dont les mensonges sont tellement évidents que personne n'est dupe.
            La conclusion est que le succès pour repérer un menteur ne dépend presque pas de soi mais surtout de celui qui vous ment.
 
            Quant aux détecteurs de mensonges utilisés aux USA, ils essaient de caractériser les réactions physiologiques qui accompagnent l'émotion correspondant au risque de voir découvrir le mensonge que l'on fait. C'est en particulier l'hypothèse que le stress engendré par le mensonge augmenterait la transpiration et la conductibilité électrique de la peau. Jusqu'à présent, le détecteur de mensonge n'a pas fait la preuve de son efficacité et de sa fiabilité et il n'est pas reconnu comme une preuve pour la justice française.
         On peut, en imagerie cérébrale détecter l'activité de certaines parties du cortex préfrontal qui interviendraient quand une personne ment. Mais les études dans ce domaine sont embryonnaires et on ne sait pas comment et dans quelles circonstances exactes fonctionnent ces centres.
         En Inde, l'année dernière, et pour la première fois, une femme a été condamnée pour meurtre sur la base de cette nouvelle technologie.
Elle aurait empoisonné son fiancé en tartinant son hamburger avec de l'arsenic. J'espère qu'il y avait d'autres preuves dans le dossier... En attendant, elle clame toujours son innocence.

Mercredi 30 mai 2012 à 8:36

Notre personnalité

            Nous avons vu dans l'article d'hier que le manque de confiance en soi était dû en partie à nos préférences cérébrales, au départ innées, mais modifiées ensuite par l'apprentissage, c'est à dire notre éducation et notre instruction.
            Mais le vécu exerce aussi son influence sur ces préférences et sur notre confiance en nous.
            L'adolescent et même le jeune plus âgé est en général à un tournant de sa vie où il cherche peu à peu son autonomie, en sortant du cocon de la famille, en prenant ses responsabilités et en devenant progressivement adulte.
            En général le manque de confiance en soi résulte d’expériences négatives qui incitent l’adolescent à douter de ses capacités qu’il est en train d’acquérir peu à peu, et de penser qu’il ne peut être autonome et responsable.
            Le réflexe habituel de l'extraverti timide et plutôt pessimiste et influençable, est de rester uniquement sur les sensations d'anxiété ou de gêne qu'il a ressenties, et non pas de mémoriser les éléments positifs des expériences (même s’il a fait l'effort d'en tirer les leçons, et de communiquer avec des personnes qui avaient l'air sympathiques).
 
http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/manquedeconfianceensoi.jpg            J’ai souvent aidé des jeunes qui étaient pessimistes et n’avaient aucune confiance en elles mêmes
    Elles décrivent souvent en noir foncé leur environnement, leur réalité, leur vie et s'accablent de mille défauts.   
    “Je ne vaux rien; je suis toujours en retard, désorganisée;  je ne travaille pas efficacement. Je suis nulle en communication et personne ne me prend au sérieux et ne m’aime; je suis une incapable, je n'ai aucun succès en amour, je n’entreprends rien, je rêve de choses impossible; je ne réussirai rien de ma vie.....
            Il faut donc demander aux personnes qui n'ont pas confiance en elles, d’analyser le coté positif des situations qu'elles ont rencontrées En se forçant ainsi à analyser tous les aspects positifs et négatifs des situations rencontrées, elles peuvent ainsi remettre en cause - voire modifier - leurs à-priori.
            Personnellement lorsque j’aide quelqu’un qui n’a pas confiance en soi, je lui demande de lister et d’analyser toutes ses qualités, les actions qu’il a réussies, les personnes qui l’apprécient, les compliments qu’il a reçus ...
 
            Je suis toujours étonné de voir combien mes correspondantes, d’une part ont souvent une mauvaise opinion d’elles mêmes et donc une confiance très limitée en elles, et d’autre part, attachent surtout une importance exagérée à l’opinion des autres, de leurs camarades mais aussi de personnes qu’elles ne connaissent pas.
            Il en résulte souvent que leur comportement et l’image qu’elles veulent donner d’elles, ne sont pas conformes à la réalité, mais au personnage qu’elles voudraient que les autres voient en elle. C’est ce que C.G. Jung appelait la “Persona”.
 
            Lorsqu’une personne qui n'a pas confiance en elle, est laissée face à ses peurs, les évitements lui permettent de fuir les situations angoissantes, mais la maintiennent  dans l'idée fausse qu'elle ne peut les affronter, et peu à peu elle s'isole dans son coin, psychiquement et même physiquement à l'écart. Cela peut aller jusqu'à lagoraphobie.
                Il faut donc lui apprendre à s'exposer à des niveaux croissants d'anxiété, en provoquant des situations faiblement, puis plus fortement anxiogènes (aborder des inconnus, se faire remarquer dans un lieu public, prendre la parole dans une réunion, etc.). Elle peut alors constater que son angoisse peut être forte « a l'intérieur» sans que cela soit perçu par les autres, ce qui n'a pas de conséquences sur le plan de l'opinion d'autrui, que craint énormément une personne qui n'a pas confiance en elle même..
 
                Bien sûr, il existe une certaine correspondance entre l’opinion que nous croyons que les autres ont de nous et ce qu’ils pensent réellement de nous, mais nous nous trompons parfois complètement à ce sujet, et l'opinion des autres sur nous mêmes n'est pas le plus souvent conforme à l'idée que nous nous en faisons. Souvent la manière dont nous nous présentons aux autres dans nos relations dépend directement de la perception que nous croyons que les autres ont de nous.
                Il en résulte que notre “Persona”, le rôle que nous jouons en société, correspond peut être à ce que nous voudrions que les autres voient et pensent de nous, mais pas forcément à ce qu’ils voient et pensent réellement.
                J’ai remarqué que souvent mes correspondantes se trompent quant à l’opinion des autres et c’est en partie ce qui nuit à leur estime de soi !
                Elles croient en général que les autres les jugent mal et que les autres ne les aiment pas, ce qui a une influence négative sur leur vision d’elles-mêmes. Et plus nous croyons que les autres ne peuvent pas s’intéresser à nous, plus nous paralysons notre comportement de manière à susciter le moins de réactions (négatives) possibles de la part des autres.
                A l'inverse, une personne qui croirait que les autres l’apprécient, alors que ce n'est pas vrai, risque de se plonger dans une situation humiliante.           
Retrouver une confiance en soi, demande que l'on analyse sa "Persona", ce que le sociologue Erving Goffman appelle la “présentation de soi” en comparant la vie humaine à un théâtre : nous y jouons tous différents rôles, nous suivons des règles et sommes évalués par les autres selon nos performances.
            Mais nous adoptons surtout un comportement différent lorsque nous sommes seuls ou devant un auditoire. Nous possédons plusieurs “nous-mêmes” que nous présentons à différentes occasions en société selon nos intentions et selon les situations.
            Décrypter ces comportements et les situations correspondantes, devrait permettre d'être davantage nous même, de nous affirmer et de moins craindre l'opinion des autres.
 
            Je suis toujours un peu embarrassé quand je suis face à quelqu’un qui a une mauvaise image d’elle même parce qu’elle attache trop d’importance à l’opinion des autres. Il n’y a pas de recettes universelles dans ce domaine et chaque cas est particulier.
                J’essaie de montrer à mes correspondantes qu’on ne devrait jamais être obnubilé par le regard des autres, ni se fier à l'opinion des autres pour avancer dans la vie. Une opinion est un ensemble d'idées que l'on se fait sur quelque chose ou sur quelqu'un - un jugement donc - et une opinion peut être influencée par le milieu social, les médias et les préjugés...
                Alors, pourquoi se fier sur les idées ou les préjugés de certains pour s'empêcher de vivre librement sa vie ? Et je me souviens d’une dissertation que j’avais faite en philosophie, il y a plus de 60 ans :
“Le jugement d'autrui ne peut-il pas constituer une entrave à ma liberté ?”
 
            Je pense enfin que pour retrouver confiance en soi, il faut regarder l'avenir et donner un sens à sa vie : “Qu’est ce qui est important pour moi? Ma vie vaut elle d’être vécue ? Pourquoi?”
                La réponse à la quête du sens de sa vie peut être très différente d'une personne à l'autre, voire chez la même personne à des moments différents de sa vie.
    Cependant, les recherches de psychologie menées sur le sujet montrent que l'être humain donne du sens essentiellement à travers trois dimensions:
        - une dimension affective et relationnelle : l'amour, l'amitié et la famille ;
        - une dimension cognitive : les pensées, convictions, valeurs et choix philosophiques, appréciation de l'art ou connaissances scientifiques ;
        -  l'engagement dans une activité, professionnelle (y compris bien sûr les études) ou autre.
    Chacun donne du sens à sa vie au travers de son cœur, de son cerveau et de ses mains.
    Pour approcher ce que donner du sens à sa vie peut signifier, il faut donc examiner ces trois dimensions : les relations affectives, les convictions personnelles et l'action.

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Dimanche 8 janvier 2012 à 8:42

Notre personnalité

http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux3/images.jpg http://lancien.cowblog.fr/images/Animaux3/orangoutanld04.jpg 
















  
      J’ai souvent discuté avec mes correspondantes, de chagrins d’amour ou de souffrance de la perte d’un ami.

Et on me demande souvent : “mais pourquoi ai je ainsi besoin de m’attacher pour ensuite souffrir”.

J’ai donc envie de vous dire quelques mots sur la “théorie de l’attachement” qui est un peu un pied de nez à Freud et ses disciples, mais qui explique en partie les horreurs que se permettent parfois les hommes et les foules..

 

  Imre Hermann, psychanalyste hongrois contemporain de Freud, a développé dès les années 1930, une théorie qui était en contradiction avec les thèses un peu réductrices de Freud sur les désirs humains.

Les biologistes de l’époque avaient observé que les petits singes avaient un besoin inné de chaleur et de blottissement qui ne s'explique pas par la satisfaction des besoins alimentaires.

Depuis, en 1980 un psychologue américain Harry Harlow a montré expérimentalement qu'un petit singe privé de sa mère, et qui a le choix entre une « mère biberon », où il peut s'alimenter et une « mère fourrure », contre laquelle il peut se blottir, préfère Ia seconde. 

Cela confirma l’intuition qu’a eue Imre Hermann qui pensait que  Ie cramponnement à une « mère fourrure »jouait un rôle considérable dans le développement des singes, et que l'être humain se distinguait radicalement d'eux, étant privé de cette possibilité : les mères humaines sont imberbes et Ie petit humain ne peut pas satisfaire le besoin de cramponnement qu'il partage pourtant avec le singe de façon génétique. 

Forcé de se « décramponner » dès la naissance, l'homme n'a alors de cesse d'élaborer divers palliatifs pour « rester en contact » : les mots, les outils, et les diverses organisations sociales qu'il construit tout au long de I'histoire font partie de ces divers substituts. Ils sont autant de façons de rester « attaché » à ceux qu'on aime, à ses proches et, au-delà, à l'espèce humaine.

Evidemment si l’on dit que le désir d’attachement de l’homme vient du fait que sa mère n’a pas de fourrure naturelle sur tout le corps, cela ne fait pas sérieux en apparence lol. et pourtant......

 

Dans les années 1960, le psychiatre et psychanalyste anglais John Bowlby a repris ces travaux et les a complétés... malgré l'opposition très vive des psychanalystes de son époque, très influencés par Freud.

Sa « théorie de I'attachement ». soutient que l'être humain ne se nourrit pas que de pain et d'érotisme, mais aussi de sécurité et de tendresse. 

Nous sommes mus par trois forces psychiques:

- la première nous pousse à nous intéresser à nous-mêmes et à nos besoins primaires de survie; 

-la deuxième nous pousse à nous intéresser aux autres du fait des diverses formes de satisfaction sexuelle notamment;

- la troisième de ces forces nous pousse à élaborer des liens que nous désirons les plus « sécurisés » possibles.

Ceux qui aiment parler de pulsions, comme le faisaient les disciples de Freud,  appellent ces trois “besoins fondamentaux”  « pulsion d'autoconservation », « pulsion sexuelle » et « pulsion d'attachement ». 

La première vise Ie sujet lui-même, notamment son corps ; Ia deuxième

concerne Ie corps des autres et ses substituts ; enfin, le domaine privilégié de la troisième est le groupe.

Chacun cherche auprès de son groupe la sécurité et l'affection dont il a d'abord bénéficié de la part de sa mère et sa famille à sa venue au monde, et l’'attachement est donc une force positive qui pousse à la création de liens sécurisants. 

 

L’attachement n’a pas que des cotés positifs et ne produit pas que de la tendresse. Le désir de satisfaire ses attentes dans un groupe avec suffisamment de certitude et de sécurité incite à diviser Ie monde en ceux qui font partie du groupe... et ceux qui en sont exclus. Les liens dans le groupe peuvent être de nature très diverse : amour, amitié, vertu, vice, rivalité, pouvoir....

Et dans notre monde actuel, peut être encore plus que par le passé,  pour bien marquer la différence entre ceux qui font partie du groupe et les autres, on a tendance à n'octroyer la qualité d'être humain qu'aux membres de son propre groupe.

Les autres ? Ils sont ignorés, ou pire, exterminés, sans état d'âme, comme on le voit en Afrique ou en Extrême Orient. D'un côté la tendresse, et de l'autre la cruauté.

Il ne faut pas la confondre avec le sadisme, car il n’y a pas de plaisir à massacrer, ces « autres ». Les tuer ne doit pas procurer d'émotion, la cruauté est froide, voire glacée, méthodique et sans état d'âme. Elle n'a pas d'autre but que de protéger ceux qu'on aime contre une menace réelle, ou imaginaire ou qui vous a été présentée comme telle par des gens assoiffés de pouvoir et que l’on a cru.

 

L’attachement à un groupe, culturel, politique ou religieux notamment, explique en partie les atrocités dont nous sommes témoins de nos jours mais qui ont existé aussi même en France (voir les guerres de religion sous les rois ou la “terreur” à la Révolution de 1789).

Puisqu’on m’a demandé mon avis sur le sujet, je ne crois pas que faire une loi sur le négationisme empêche les massacres futurs, car chacun cherche une excuse à ses crimes et si on cherche dans notre passé plus ou moins lointain, on trouvera tous des exactions commises au nom du“bien de tous”. 

Sans doute la cour internationale est elle plus efficace, mais elle intervient après que les exactions aient été commises et à condition qu’il y ait un responsable défini. Même l’intervention par la force ne ramène pas forcément la paix, on le voit en Irak et en Afghanistan.

Le plus efficace serait l’éducation des personnes, pour qu’ils arrivent à juger les situations et l’appartenance à un groupe de façon logique et humaine, refusent de se laisser embrigader dans des situations qui les poussent à la haine et à l’exclusion, voire au massacre. Mais c’est un vaste programme de longue haleine, auquel les “intégristes” et tyrans de tous bords, sont farouchement opposés, car cela ruinerait leur pouvoir sur les autres.

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lancien

sortir de la tristesse

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