Lundi 27 juillet 2009 à 8:04

Notre personnalité

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    Pour Freud, les pulsions prennent leur source dans une excitation, une perception intense corporelle. Au contraire d'un stimulus, née dans l’inconscient, la pulsion ne peut être évitée ou fuie. Elle doit être déchargée dans le conscient par le rêve, le fantasme, et la sublimation. Une pulsion qui n'est pas déchargée est alors refoulée.
    Freud distingue deux types de pulsions principales : les pulsions de vie dont l’amour et le désir, notamment sexuel, et les pulsions de mort destructrices et agressives, qui tendent donc à détruire tout ce que les pulsions de vie ont construit (le masochisme par exemple).

    Pour la neurobiologie, les pulsions sont parfaitement admises, mais elle leur donne une origine beaucoup plus large.
    Comme pour Freud, les pulsions ont une origine souvent venue des perceptions de nos sens : image, son, odeur, toucher... ou état de nos muscles.
    Mais à ces sensations se superposent alors quatre autres types d’actions nerveuses :
    - les signaux venus de notre corps via les systèmes sympathiques et l’hypothalamus, et qui  renseignent inconsciemment sur l’équilibre interne et notamment chimique et hormonal de notre corps et de nos viscères.
Tout déséquilibre provoque une réaction : faim, soif, fatigue, excitation, désir sexuel....
    - les signaux des centres amygdaliens notamment en réaction rapide à nos sensations : peur, colère, agressivité, stress, mais aussi fuite, découragement, joie ...
    - les signaux en provenance des centre d’apprentissage et de la récompense, qui nous poussent à satisfaire nos désirs pour obtenir une production de dopamine plus importante dans ce système, et cela jusqu’à parfois provoquer l’addiction.
    - les signaux de notre cerveau émotionnel (associés à ceux de notre mémoire) qui peuvent faire ressentir avec beaucoup de force, émotions et sentiments.
    Vous trouverez dans mes articles sur le cerveau et sur “inné, acquit” des données sur ces mécanismes.
    En fait Freud ne pouvait connaître à son époque ces données physiologiques. Il était médecin psychiatre orienté à l’époque essentiellement vers la psychologie. Les possibilités d’investigations dans le cerveau et toutes les données sur la chimie du cerveau n’existaient pas encore.
    Compte tenu de sa clientèle particulière, il était normal qu’il mette en avant les pulsions sexuelles et il fallait un certain courage pour écrire cela à la fin du 19ème siècle et qu’il les relie à ses théories sur le refoulement.
    Les conceptions actuelles, où physiologie et psychologie se mèlent intimement, ont évidemment changé les donnes.
   

Dimanche 26 juillet 2009 à 8:31

Notre personnalité

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    Pour Freud, les rêves étaient un moyen d’essayer de connaître un peu de notre inconscient, mais il associait étroitement les rêves et les refoulements, essentiellement d’ordre sexuel.
    Pour lui, ce sont des représentations des désirs refoulés dans l’inconscient par la censure interne du “surmoi”, cet ensemble de règles que nous nous imposons. Les désirs se manifestent dans le rêve de manière moins réprimée qu'à l'état de veille et donc arrivent à la conscience au travers du rêve.
    En psychanalyse, l'interprétation à partir du récit par le patient de son rêve, repose sur les quatre considérations suivantes :
    - Le rêve rassemble des idées différentes, plusieurs images, parfois des désirs contradictoires en une seule représentation
    - Le rêve est décentré, trompeur : le désir déformé sera fixé sur un autre objet que celui qu'il concerne, ou sur de multiples objets.
Le rêve donne également une idée fausse des sentiments vraiment ressentis..
    - Le rêve est une illustration du désir mais il ne l'exprime ni en mots ni en actes, mais en images qui sont des symboles.
    - Enfin, le rêve est aussi le produit d'une activité également inconsciente, mais très proche de l'activité de veille et elle s'efforce de lui donner une apparence de vraisemblance, d'organisation, de logique interne.

    La neurophysiologie ne conteste pas ces considérations qui sont des observations psychologiques, mais par contre elle n’est pas d’accord sur l’origine du rêve issu des refoulements et donc sur la symbolique qui l’accompagne et que de plus les psys ont eu tendance à développer en fonctions de leurs idées personnelles et originales.
   
J’ai fait plusieurs articles sur la physiologie du rêve que vous pouvez consulter dans ce blog (catégorie “éveil, sommeil, rêves).
    J’ai montré que le cerveau lorsque nous dormions évacuait tout ce que nous avions mémorisé dans la journée ou les jours précédents et qui ne lui paraissait plus utile, ou lui paraissait nuisible ou en contradiction avec nos motivations.
    Pour cela il allait chercher les informations dans notre mémoire et les renvoyait dans les centres de perception, comme des sensations en provenance de nos sens lorsque nous sommes éveillés (et principalement des images). Ce renvoi affaiblissait la connexion correspondante entre neurones et donc le souvenir correspondant. Mais ce “renvoi” se fait dans n’importe quel ordre, en mélangeant donc les souvenirs et les images ou autres sensations.
    Ce travail se fait de façon tout à fait inconsciente et il n’en reste rien, sauf si nous nous réveillons, ne serait ce que quelques secondes, ce qui arrive souvent dans la nuit, notamment dans le sommeil paradoxal.
    Nous sommes alors dans une demi-conscience et les sensations, qui ne proviennent pas de nos sens sont perçues comme si elles étaient des perceptions réelles : c’est le rêve. Bien plus, comme notre cortex cherche toujours à nous donner des explications logiques et rationnelles, il essaie de raccorder entre elles ces images et perceptions incohérentes et à nous en fournir une explication, qui est donc en général farfelue, car il ne trouve pas mieux.
    Les histoires de nos rêves sont donc en général peu cohérentes, mais ont une certaine apparence de réalité.
    Il n’y a pas de symbolique et de signification de rêves, si ce n’est qu’ils nous renseignent sur ce que le cerveau juge sans importance d’une part, mais d’autre part sur ce qui nous préoccupe et nous stresse et qu’il veut éliminer.
    Souvent d’ailleurs les rêves portent sur des sujets auxquels nous avons pensé avant de nous endormir.

   
    La neurophysiologie nous donne une explication physiologique des rêves très différente de l’explication purement psychique de Freud.
    Il peut cependant y avoir une petite partie commune car dans nos préoccupations, dans ce qui nous stresse, et qui donc ressort dans nos rêves car le cerveau aimerait en affaiblir les souvenirs, il peut y avoir des désirs contrariés, des regrets et des remords, des espoirs ou tout simplement le produit  inutile de notre imagination, et les images correspondantes peuvent être alors voisines de ce que Freud appelerait des refoulements.

    Je pense que la psychanalyse est un bon outil pour que des médecins psychiatres soignent les maladies mentales.
    Mais la formation aux théories de Freud sur les rêves, des psychologues non-médecins, qui s’occupent de personnes bien portantes, lesquelles ont simplement des problèmes, les amène parfois à faire de interprétations bizarres et ils devraient chercher des explications plus simples et plus logiques, quelquefois très pragmatiques et terre à terre !!
    Deux psys ont dit à deux de mes correspondantes qui avaient rêvé de guèpes et de leurs piqûres, que les guèpes étaient le symbole d’un phallus, et à l’une d’elle que, comme elle avait eu peur dans son rêve des guèpes, c’est qu’elle avait peur d’avoir des rapports sexuels.!!
    Ma pauvre “guenon” qui était une très jeune ado, avait des problèmes du fait du divorce de ses parents et ne songeait guère à avoir un petit ami, était totalement ahurie, et heureusement avait plutôt trouvé cela un peu ridicule et amusant.
    Nous avons recherché pourquoi elle avait pu rêver de ces guèpes : en fait elle a été piquée plusieurs fois les années précédentes et la veille, elle avait cueilli des fleurs avec une certaine crainte car de nombreuses abeilles butinaient. Son cerveau avait évacué pendant son sommeil, ces images qui étaient stressantes et évidemment pèle-mèle avec d’autres images qui n’avaient aucun rapport et ne concernaient pas son jardin.
   

Jeudi 23 juillet 2009 à 15:04

Notre personnalité

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    Les psychologues et les médecins avaient depuis longtemps remarqué que certains phénomènes échappent à la conscience .
    Freud a introduit une conception nouvelle de l'inconscient, car il y place à la fois un certain nombre de données, d'informations, de désirs tenus hors de la conscience, mais aussi l'ensemble des processus mentaux qui empêchent certaines données d'arriver à la conscience et permettent à d’autres données d'y accéder, processus comme le refoulement, les  pulsions, le désir et le plaisir de les satisfaire, mais aussi la possibilité d’y résister par conformité à des règles.
    Ainsi, Freud considère l'inconscient comme à l’origine de la plupart des phénomènes conscients de notre vie.

    Freud a organisé notre psychisme conscient et inconcient en trois entités, organisation qui est encore très utilisée en psychologie.

    Le “Ça” : présent dès la naissance, inaccessible à la conscience, réunit l’ensemble de nos instincts “d’animal”, nos tendances à des pulsions agressives ou sexuelles, de recherche de plaisir et de la satisfaction immédiate, c’est une conséquence de nos désirs refouléset de nos pulsions.
C’est quelque chose d’individuel, alors que CG Jung, à la même époque, préférait faire référence à un inconscient collectif, résultat de l'évolution au sein de notre civilisation dont les éléments étaient ce qu’il appelait des “archétypes” et n'avait pas de rapport avec le refoulement.
   
    Le “Moi” : en grande partie conscient, il cherche à rendre la vie sociale possible en acceptant les règle de la société, et en évitant les tensions trop fortes du monde extérieur, et en mettant en jeu des mécanismes de défense pour éviter les souffrances : refoulement, régression, rationalisation, etc. .
    Il ressemble à la “Persona”  que décrit CG Jung (cf. mes articles dans la catégorie “notre personnalité” du 3 janvier 2007)


    Le “Surmoi” : au cours de son enfance et de son adolescence, nous recevons de l’éducation de nos parents, de la société et de notre instruction,de nombreuses règles morales et de savoir-vivre à respecter.
    Dans notre adolescence et en devenant adulte, nous discutons et nous refusons ou nous acceptons ces règles morales ou sociétales en mettant en oeuvre le refoulement qui interdit certaines actions contraires à ces règles.
    Le Surmoi est en définitive l’ensemble des règles acceptées qu’il essaie d’imposer au “Moi”  et si celui-ci ne les respecte pas, il le punit en provoquant le remords et la culpabilité. C’st un “directeur de conscience”, un policier.   

    Les neurobiologistes ne mettent pas en cause cette organisation de notre psychisme, mais ils ont une conception un peu différente et beaucoup plus large de l’inconscient, liée à la mémoire, et surtout ils n’admettent pas la notion de refoulement, mais parlent de “blocage”. Pour eux le "ça" a un caractère biologique et génétique et donc à la fois individuel et collectif, lié à l'évolution.
    Ce sera le sujet de mon prochain article.


    Il en résulte aussi que les théories de Freud sur l’interprétation des rêves et le développement du psychisme des enfants, ne sont plus admises en neurobiologie. J’en parlerai dans les articles suivants.




Mercredi 22 juillet 2009 à 9:36

Notre personnalité

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    Plusieurs d’entre vous m’ont demandé de faire des articles sur les théories de Freud et pourquoi je les jugeais en partie périmées à la lumière des éttudes actuelles de neurobiologie.
    Je vais donc essayer de vous satisfaire et en particulier de répondre à l’intérêt pour cette question d’une jeune étudiante en médecine qui a brillament réussi son concours de P1 dès la première fois.

    Je voudrais d’abord faire une remarque sur le contexte dans lequel Freud a élaboré ses théories.
    Né en 1856 dans ce qui est actuellement la république tchèque, sa famille s’est installée à Vienne quand il était enfant et il y passera la plus grande partie de sa vie.
    Il fera ses études de médecine (après avoir hésité à faire du droit ou de la  philosophie) et travaillera quelques années en hôpital et notamment quatre mois à Paris avec le doctreut Charcot qui prétiquait l’hypnose pour soigner des malades mentaux.
    En fait c’est un scientifique, mais les connaissances de l’époque en neurobiologie du cerveau étaient relativement très succinctes.
    Il a ensuite soigné dans son cabinet de Vienne de nombreuses femmes de la bourgeoisie de Vienne qui avaient des problèmes d’ordre sexuel ou avaient été victimes d’agressions dans leur jeunesse, et une partie de ses théories repose donc sur l’observation de cette population très particulière et l’amènera à exagérer l’importance du sexe et des conséquences de l’enfance sur le psychisme, et ses thèses l’opposeront à son ami CG. Jung qui soignait en hôpital une clientèle beaucoup plus variée.
    Les disciples des théories de Freud étaient ensuite des utilisateurs de la psychanalyse plus que des scientifiques, et on a souvent l’impression que les extensions de la théorie ont été alors faites pour justifier cette démarche thérapeutique, sans vérification scientifique.
   
    Je pense faire plusieurs articles sur les pricipaux apports conceptuels de Freud, pour décrire le psychisme, à savoir :
       
    - l'inconscient, qui échappe à notre connaissance, et contient surtout des représentations refoulées, c'est-à-dire maintenues par la censure hors du champ de la conscience et pouvant influer nos actions hors de notre volonté

    - la censure, barrage sélectif engendré par l'éducation, la société et l'expérience et certains traumatismes vécus.

    - le refoulement, opération par laquelle le sujet repousse dans l'inconscient des idées et images provoquant du déplaisir et concernant généralement nos désirs sexuels ou notre vécu dans l’enfance et l’adolescence.
   
    - la pulsion, poussée d'origine biologique et essentiellement sexuelle faisant tendre l'organisme vers un but, et destinée à supprimer un état de tension, créé par le désir conscient ou inconscient.

    - la libido, énergie entraînant des pulsions essentiellement sexuelles et ayant des conséquences dans le domaine psychique;

    - le transfert, projection sur une personne proche ou sur l'analyste, de sentiments originellement éprouvés à l 'égard des parents, et généralement inconscients.

    - le complexe d’OEdipe. Pour Freud, la structure de notre personnalité se crée étant enfant, par rapport à la fonction d’autorité paternelle et au complexe d’Œdipe, jalousie sexuelle de l’enfant vis à vis de sa mère et de ses rapports avec son père.

    - l’interprétation de rêves qui est en partie une conséquences de ses théories.

    Ne voyez pas dans mes articles une critique de Freud. C’est quelqu’un qui a apporté beaucoup à la connaissance du psychisme humain. Mais l’état des connaissances de l’époque et ses conditions de travail ne lui permettaient pas de disposer des données que nous avons aujourd’hui et qu font voir ses théories sous un autre jour

    En fait une partie de ses théories reste toujours admise, mais en supprimant la référence permanente au sexe.
    Ce qui est par contre assez étonnant, c’est que, alors qu’une partie des théories de Freud apparaissent aujourd’hui comme périmée et qu’elles sont moins utilisées dans les pays anglo-saxons, on continue en France à former essentiellement à partir de ces théories, les psychiatres et les psychologues thérapeutes et certaines de leurs interprétations sont parfois très surprenantes.

     Pour ne pas faire des articles trop longs, je traiterai ces questions en plusieurs fois et je renverrai aussi à d’autres articles sur le cerveau que j’ai déjà publiés.

Mercredi 25 février 2009 à 11:24

Notre personnalité

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    Une de mes correspondante m’a posé la question suivante :

“ Est il possible de changer de personnalité ? De réellement changer? J'essaie mais je n'y arrive vraiment pas.  ! “

    C’est difficile de répondre car il faut d’abord se mettre d’accord sur ce que tu entends par “personnalité”

    Wilkipédia nous rappelle l’origine du mot : "Persona” est le masque antique de théâtre grec atifice dont l’utilisation obéissait aux règles suivantes :
        - grâce au masque le public devait pouvoir prédire l'action du comédien
        - il y avait un nombre défini de masques possibles, douze exactement.
        - chaque acteur n'avait le droit d'utiliser qu'un seul masque par représentation

et ajoute :
“....Aujourd'hui l'idée générale qui ressort des différentes visions de la personnalité est qu'elle est l'ensemble des comportements qui constituent l'indivualité d'une personne. Elle rend compte de ce qui qualifie l'individu : permanence et continuité des modes d'action et de réaction, originalité et spécificité de sa manière d'être. C'est le noyau relativement stable de l'individu, sorte de synthèse complexe et évolutive des données innées (gènes) et des éléments disponibles dans le milieu social et l'environnement en général.
La connaissance de la personnalité est souvent un enjeu important en ce qu'elle permet de prévoir avec une marge d'erreur limitée le comportement de la personne dans des situations ordinaires, par exemple professionnelles. Elle est aussi l'objectif de la connaissance de soi....”


    Mon petit ami Robert est plus ésotérique en disant que c’est :
“... la fonction par laquelle un individu conscient se saisit comme un moi, comme un sujt unique et permanet différent des autres...”
    Quant à ma petite amie La Rousse, sa définition me paraît plus pratique et compréhensible : la personnalité c’est :
“... l’ensemble des comportements, aptitudes, motivations... dont l’unité et la permanence constituent l’individualité et la singularité de chacun...”

    Et puis bien évidemment tout le monde connaît les “tests de personnalité” dont la plupart, employés comme des jeux dans les hebdomdaires, sont tout à fait inexacts.

    Je comprends ta question de la façon suivante plus terre à terre :
“ Face à certaines situations, dans certains environnements, j’ai des réactions souvent les mêmes dues à ce que je suis aujourd’hui, à mon cerveau, à mon éducation familiale, à mon instruction, à mon vécu encore court.
    Certains de ces comportement ne me conviennent pas, puis-je en changer.?
    Et  mon “moi” va t’il évoluer?...”


    Il y a d’abord dans le “moi” une part innée génétique,  (pas uniquement héréditaire) due à l’expression de certains gênes de l’ADN et aussi à une part de hasard dans la connexion terminale des axones aux dendrites (voir mes articles sur la formation du cerveau).
    Cette part innée se traduit entre autre par des “préférences cérébrales” importantes. J’en ai décrit certaines, dérivées des théories de Jung et du big five” d’Allport et Goldberg (voir mes articles dans cette catégorie "préférences cérébrales))
    On ne peut changer ces préférences innées.
    Il y a aussi une part innée (pas forcément génétique) qui est “culturelle”, que Jung appelle les archétypes, et qui résulte de la civilisation à laquelle nous appartenons : tabous, préjugés, organisation de la société...
    Les coutumes ne sont par exemple pas les mêmes dans les civilisations asiatiques que dans les nôtres occidentales.

    Par contre ces préférences cérébrales innées évoluent avec notre éducationd’enfant puis d’ado, notre instruction et avec l’âge au fur et à mesure de l’acquisition de notre expérience.
     AInsi les problèmes de l’ado vont peu à peu disparaître en murissant, dans sa progression vers l’âge adulte.
    Cette évolution peut se faire presque’à notre insu, du fait de notre vie et de ses aléas, mais nous pourvons aussi en partie l’orienter.
    Notre personnalité, en simplifiant et schématisant,  est en effet faite de nombreux couples de préférences cérébrales opposées dont nous nous servons avec plus ou moins de facilité et de réussite, de la même façon qu’on est droitier, gaucher ou ambidextre.
    Nous ne pouvons changer nos préférences cérébrales innées, mais nous pourvons les atténuer et surtout apprendre à nous servir mieux de l’attitude opposée non préférée, de la même façon qu’un droitier peut apprendre à ne pas être maladroit de sa main gauche.

    En pratique comment faire pour arriver à faire un peu évoluer ses préférences cérébrales et les comportements correspondants.
    Il faut d’abord se connaître soi même le mieux possible, ses préférences cérébrales et leur intensité, ses qualités et ses défauts, ce que l’on aime en soi et au contraire ce qui ne plaît pas et qu’on voudrait améliorer, également les problèmes que l’on rencontre dans notre vie, nos décisions, nos actions, nos sentiments....
    Ce n’est qu’à partir de cette connaissance qe l’on pourra essayer d’évoluer peu à peu en modifiant ses comportements, mais sans contrarier exagérément ses préférences innées, ce qui serait voué à l’échec. C’est plutôt d’une part en cultivant au contraire ces préférences innées et ses qualités d’une part, en essayant d’apprendre à se servir des attitudes antagonistes et à diminuer ses défauts d’autre part, que l’on arrivera peu à peu avec le temps et la patience à des comportements plus satisfaisants.

    
Je peux éventuellement aider certaines d'entre vous à mieux se connaître en ce qui concerne leurs préférences cérébrales.

Lundi 24 novembre 2008 à 9:08

Notre personnalité

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    Hier je vous parlais d’études de chercheurs en psychologie sur les comportements des gens qui se côtoient dans les ascenseurs.
    Je les ai donc observés dans mon immeuble et je dois dire que certains des résultats de l’étude m’ont paru assez justes.

    C’est vrai que les gens lorsqu’ils rentrent dans l’ascenseur ne se mettent pas n’importe où, n’importe comment.
   
    J’ai souvent vu celui qui entre le premier dans l'espace étroit de l'ascenseur se pressser de se placer au fond, dos à la paroi, comme s'il disait: « Ce territoire est à moi et tu es un intrus. »
    Les parois doivent probablement rassurer certains : près d'elles, aucun danger ne peut surgir, et on est donc inconsciemment porté à s'y adosser.
    Il y a aussi des hommes, souvent des cadres ou des personnes qui se croient importantes, que je vois s’adosser à la paroi du fond, parcourant du regard ceux placés devant eux , l’air supérieur, les bras croisés comme pour établir une barrière avec le menu fretin des autres personnes. Ce doit être un signe de “goût du pouvoir”, faudra que je demande aux psys LoL
    Cependant si quelqu’un s’est déjà installé au fond, les nouveaux arrivants se placent le plus souvent de part et d'autre de la porte, indifféremment à gauche ou à droite. Mais quelques uns d'entre eux veulent quand même se mettre contre la paroi du fond, obligeant les autres à se pousser dans un coin, comme dans une bataille de positions. Les personnes dérangées bougonnent ou les foudroient du regard. Ils me font penser aux singes dominants.

     Ces attitudes ne sont évidemment pas valables pour les “prêts-à-bondir”, qui ont tendance à tourner le dos même à ceux qui entrent après eux.
    Ils se placent près de la sortie, mais légèrement de biais, afin de laisser passer ceux qui veulent sortir. Si quelqu'un est dans un coin, le prêt-à-bondir se place face à la sortie, comme à son habitude. En revanche, si quelqu'un entre dans un ascenseur occupé par un prêt-à-bondir, ce dernier laisse le passage, mais reprend très vite sa position de fuite habituelle, guettant l'ouverture de la porte.
    Et dès que la porte de l’ascenseur s’ouvre c’est la fuite en avant comme au départ d’une course de cent mètres !

    Les “âmes en peine” m’amusent. Une dame de l’immeuble a toujours l’air inquiète quand l'ascenseur descend, consulte trois fois une liste, sort de l’ascenseur en regardant partout, tourne à droite au sortir de l’immeuble, puis se ravise et part à gauche.
    A la montée je la vois souvent sortir avec moi du parking en sous-sol, demander l’arrêt au rez de chaussée, sortir et rentrer précipitament avant que les portes ne se referment et monter jusqu’à son étage en regardant avec angoisse le compteur d’étages, comme si elle avait peur de louper le sien.

    Quant aux claustrophobes, l’attente n’est pas trop longue lorsque l’ascenseur fonctionne. Mais s’il tombe en panne c’est la galère car en région parisienne les secours peuvent mettre une demi heure à venir.
    Les symptômes sont alarmants : sensation d'étouffement, transpiration abondante, nausée, sécheresse de la bouche, tremblements, palpitations, incapacité à penser de façon rationnelle, perte de contrôle. Parfois même dangereux pour une femme enceinte ou une personne cardiaque par exemple.   
    Alors j’ai appris à désincarcérer les gens bloqués (il y a quelques précautions à prendre et une clé spéciale). Cela m’a valu quelques bisous sur les joues de dames qui croyaient leur dernière heure venue.
    Pourtant l’ascenseur reste éclairé et bien aéré, mais c’est plus fort que soi quand on a ainsi peur d'être enfermé dans les espaces étroits et clos.

    On a parfois l’impression que des distances types existent,  plus courtes pour les rapports d'amitié, plus grandes pour les rapports sociaux et presque des barrières invisibles vis à vis des inconnus.
    Dans cet espace étroit le  non- respect d'une distance minimale provoque parfois chez certaines personnes un malaise, une gêne due à l'invasion de leur bulle virtuelle, voire une réaction d’hostilité.
    Par contre il y a des rituels entre personnes qui se connaissent : bonjour et considérations oiseuses sur la pluie et le beau temps, paroles de bienvenue, baiser sur la joue donné à un ami ou à une connaissance.
    En fait on n’est pas obligé de parler mais on est presque obligé de communiquer tellement l’espace est restreint,  c'est inévitable. On peut communiquer par un sourire ou une attitude amicale, ou l'on peut communiquer que l'on ne veut pas communiquer, en adoptant une posture de rejet, comme tourner le dos à ses compagnons de voyage d'un moment, ce qui signifie que l'on refuse toute forme de communication.
    Dans l'ascenseur, certains (surtout les extravertis), ressentent le besoin irrépressible d'entamer la conversation, tandis que d'autres refusent de dire simplement bonjour (souvent l'introverti, doté en général d'une riche vie intérieure qui le pousse à se perdre dans ses réflexions et lui permet de s'éloigner par la pensée de ce lieu confiné).
    Il y a aussi les personnes  qui ont une haute opinion d'elles-mêmes et un manque total et préjudiciable d'estime pour les autres. Les personnes rencontrées ne sont pas dignes de leur confiance, et communiquer avec elles est pour eux totalement dénué d'intérêt.

    Il y a enfin ceux qui se plantent devant le panneau de commande l’air fasciné par les boutons.
    Il y a d’abord les timides, pour qui c’est un prétexte pour ne pas être obligé de regarder les autres et une façon de s’isoler en faisant croire qu’on réfléchit intensément.
    Ces boutons stimulent un désir irrépressible d'être utilisés: lorsque plusieurs personnes sont présentes, et surtout dans les situations où l'ascenseur est bondé, très peu de résidants de mon immeuble demandent à la personne la plus proche du tableau de commande d'appuyer sur le bouton de leur étage de destination. La quasi-totalité préfère s'en charger personnellement, même si cela implique d'enjamber parapluies et poussettes, ou de se contorsionner entre bras et têtes.
    Plus étrange, quand une personne est presque seule dans l'ascenseur, il lui arrive souvent d'appuyer plusieurs fois sur le bouton de son étage. Elles doivent croire qu’elles accélèrent l'ascenseur en pressant à plusieurs reprises le bouton de leur choix, conséquence de la hâte qui envahit notre vie. LOL

    Mais me direz vous, je ne vous ai pas parlé de ceux et celles qui font l’amour dans l’ascenseur. Sans doute les personnes de mon immeuble n’ont elles pas assez le goût du risque qui fait prendre du plaisir par peur d’être surpris.
Et puis il n’y a que cinq étages et le trajet n’est pas assez long !!.

Dimanche 23 novembre 2008 à 8:22

Notre personnalité

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    Ne soyez pas effrayées, ce n’est pas un article “osé” sur la drague dans un ascenseur !

    Pour faire varier les plaisirs j’alterne des articles sérieux et des articles ou photos pour vous faire sourire et là je voudrais tenter la gageure de faire les deux à la fois.
    J’ai trouvé un article faisant état d’études sérieuses sur la psychologie des gens dans les ascenseurs. Alors depuis j’observe ceux que j’y rencontre et je dois dire que cela me fait sourire.

    Un ascenseur n'est jamais qu'une cage métallique, équipée d'un éclairage, d'un tableau de commande et parfois d'un miroir: un moyen très simple de se déplacer à la verticale. Et pourtant, c'est aussi un lieu qui révèle notre façon d'inter-agir avec autrui et avec l'espace qui nous entoure.
    Certains s'y sentent maîtres de la situation, justement parce que l'espace est restreint. Beaucoup éprouvent un certain malaise à partager leur espace vital avec des inconnus. D'autres semblent se faire tout petits et prient pour arriver le plus vite possible à destination. D'autres encore ne perdent aucune occasion de laisser une trace de leur passage, feutre en main.
    En somme, chacun de nous aborde l'ascenseur à sa façon, hormis bien évidemment les claustrophobes, qui préféreront gravir dix étages à pied plutôt que de prendre l'ascenseur

    L’étude américaine faite en 2001, faisait état de certains de ces comportements, en rapport avec notre personnalité :

            Le prêt-à-bondir :
Impeccablement vêtu, tel un jeune cadre dynamique, il regarde les autres avec mépris ou suffisance; c'est généralement un "prêt-à- bondir". Le plus souvent, il jaillit de l'ascenseur téléphone à l'oreille dès qu'il arrive à son étage.
       
            L’âme perdue :
Il ne sait pas exactement à quel étage il doit aller. Parfois, il donne l'impression d'ignorer s'il est dans le bon bâtiment. Il demande constamment des renseignements. C'est un éternel inquiet.

             L’affolé :
Claustrophobe, il est recroquevillé sur lui même, anxieux au point de se ronger les ongles, et dès l’arrivée à l’étage, il se précipite dehors, soulagé d’être libre et encore en vie.

            L'importun :
Ou bavard indiscret. Ce type de personne se sent en droit de parier à tout le monde, inlassablement, jusqu'à ce que l'ascenseur soit vide, et en général pour ne rien dire d’intéressant, ou ne parler que de lui.

            Le revêche :
Il fait tout ce qu'il peut pour éviter toute forme de contact, physique ou verbal. Si l'ascenseur est occupé, il hésitera à y entrer et préférera l'escalier. Et si quelqu'un tente de lui parler, il garde le silence en regardant droit devant lui.
   
            L'inquiétant :
Personne ne voudrait se trouver seul dans un ascenseur avec une personne de ce type. Il ressemble aux gaillards patibulaires des films américains: aucune émotion ne passe sur son visage et il scrute  tous ceux qui entrent, et ne dit pas un mot.

            Le vaniteux :
Il ne fait rien pour cacher sa totale absence de modestie. Même accompagné, il se regarde et s'admire dans le miroir, ou à défaut, observe son reflet sur les surfaces métalliques des parois. Il vérifie son nœud de cravate, se recoiffe et, souvent, se sourit à lui-même d'un air satisfait.

    L’étude indiquait que, lorsque l’ascenseur est peu occupé et qu’elles ont le choix,  le repli contre la paroi du fond est choisi par 47 % des personnes, dont près de deux tiers d'hommes, alors que 29 % des voyageurs solitaires se placent devant la porte de la cabine; 11% s’appuient sur la paroi latérale, coté tableau de commande et les 12 % restant se mettent n’importe où.

   
Alors depuis, je fais l’anthropologue dans l’ascenseur de mon immeuble.
Dans l’article de demain, je vous ferai part de mes impressions.

       

Mardi 18 mars 2008 à 18:57

Notre personnalité

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    Je vous ai montré dans mon dernier article, que nos préférences innées pouvaient nous prédisposer à être plus influençables, tant à notre éducation qu'à notre environnement, mais qu'en aucun cas on ne “naît” délinquant.
On le devient.
    C'est même faux de croire que l'on a plus de chance de le devenir si l'on est né dans une famille pauvre ou immigrée.
   
    Il y a beaucoup de délinquants qui sont issus de familles relativement aisées (peut être parcequ'ils ont été trop gâtés dans leur enfance), et par contre, ma femme de ménage qui travaille chez moi depuis 15 ans est d'origine marocaine, n'a pas appris à lire et à écrire, et cependant ses trois enfants font des études après leur bac et son fils aîné vient d'être reçu dans les premiers à ses éxamens terminaux de droit et sera un bon avocat.

    Alors comment devient on délinquant ?
Certes il n'y a pas de chemin imposé, sinon on arriverait à éviter cet écueil, mais on peut cependant trouver quelques explications.

    Les parents ont comme devoir vis à vis de leurs enfants de les éduquer, c'est à dire de leur donner la formation nécessaire pour qu'ils puissebnt ensuite s'assumer hors du nid familial. Cela implique qu'on leur assure une certaine instruction à l'école et qu'on leur communiquecertaines règles morales et de conduite et des valeurs de vie sociale en société.
    Malheureusement certains parents, soit parce qu'ils sont trop occupés, soit parce que famille monoparentale, la personne seule qui les élève, doir travailler dûrement pour assurer la subsistance de la famille, soit aussi quelquefois parce qu'ils n'ont pas appris et ne savent pas élever leurs enfants, ne jouent pas leur rôle d'éducateurs et cette éducation parentale fait défaut.
    De ce fait, le jeune ignore ces règles et n'a pas acquis de système de valeurs;
    Il est alors livré à ses seuls instincts et goûts.

    Les parents qui ont de moins en moins d'autorité sur lui ne contrôlent pas sa présence à l'école, et le laissent traîner dans la rue, notamment le soir.
Peu à peu il fait partie de groupes de camarades, dont certains sont malheureusement des délinquants. Le jeune ado, de nature frondeuse comme tout ado, aura tendance à suivre ces exemples et sera ainsi initié à des pratiques qui ne lui apparaissent pas comme particulièrement répréhensibles, puisqu'il n'a pas reçu des règles qui pourrait rendre pour lui ces pratiques suspectes
    Peu à peu ses centres d'apprentissage et du plaisir vont lui faire s'approprier ces actes répréhensifs comme habituels.
    C'est d'autant plus dangereux qu'à l'âge ado, les centres du cortex frontal qui sont chargés de prévoir les conséquences de nos actes, ne sont pas encore arrivés à maturité.
    C'est ainsi qu'il commencera par fumer du cannabis, puis en vendre pour gagner de l'argent et ensuite faire partie d'un réseau et particper à des actions de violence pour défendre son territoire et celui de sa bande.

    J'ai connu quelques jeunes qui ont suivi ce chemin. Au départ c'étaient de braves garçons, pas très malins et qui étaient très influençables et insouciants, puis peu instruits peu travailleurs et ayant envie de vivre largement sans s'en donner la peine. Leurs parents ne leur avait donné ni règles ni valeurs et c'était devenu pour eux normal de mépriser la société et la loi. Ils se sentaient au dessus de cela et se croyaient “invulnérables”.
    Peu à peu ils ont ainsi glissé sur la mauvaise pente, et se sont trouvés confrontés à la police et aux tribunaux à plusieurs reprises, certes pour des délits mineurs, mais qui ont accumulé la prévention et l'attention des autorités sur eux.        
Puis un jour ils ont fait la grosse bêtise qui a entraîné leur arrestation et un jugement sévère : une condamnation à de la prison ferme.


    Dans cette évolution catastrophique, il n'y a guère de place pour l'hérédité ou l'innéité, mais une déficience des arents à l'origine, une paresse, une insouciance et un manque de volonté des jeunes intéressés, mais aussi une responsabilité de la société qui nles a pas freinés à temps su la voie de la délinquence et qui trop souvent, s'est contenté de la sanctionner.

Dimanche 2 mars 2008 à 13:12

Notre personnalité



        Les statistiques de comparaison des QI de jeunes actuels et de ceux de générations antérieures au même âge, montrent une augmentation du chiffre global des QI tous tests confondus. On peut donc se poser la question : “les jeunes générations sont elles plus intelligentes que les anciennes ? L'intelligence humaine progresse t'elle ?”


        J'ai lu récemment une étude très intéressante d'un chercheur, James Flynn, professeur d'université en Nouvelle Zélande et qui travaille avec le centre de psychométrie de Cambridge. J'ai pensé que cela vous intéresserait peut être, mais je me garderai de poser la question générale “qu'est ce que l'intelligence ?” (je garderai cela pour un futur article) et je me contenterai de commenter l'article de ce chercheur sur l'évolution du QI entre 1985 et 2005.

        Les tests que vous connaissez sans doute sont des tests simplifiés dans lesquels en principe la plupart des résultats oscillent entre 50 et 150, “l'intelligence moyenne” étant de 100 et les résultats au dessus de 150 très rares.
        Il s'agit en fait d'une version “grand public et la version utilisée par les psychométristes utilise des batteries de tests plus perfectiionnées qui comportent en général dix sous-ensembles.
    - un test de connaissances générales.
    - un test de vocabulaire (sens des mots).
    - un test de compréhension (bon sens - réflexion).
    - test de similarité : qu'y a t'il de commun entre deux choses?
    - la maîtrise de calculs arithmétiques (comme les proportions, par exemple);
    - organisation d'images : mettre des images dans l'ordre pour reconter une histoire de façon logique et chronologique
    - codage : en utilisant un code fourni, associer des symboles à des formes ou des nombres.
    - compléter un dessin dont une partie manque;
    - assembler les pièces d'un puzzle.
    - construction avec des blocs pour reproduire un motif géométrique en trois dimensions et à deux couleurs.
       
        De ces dix sous-ensembles on peut tirer un chiffre global de QI, mais il est certain que c'est l'analyse de chaque test qui est intéressante.
    Qu'en est il des évolutions des 20 dernières années?

    Il faut d'abord remarquer que toutes les parties d'un test n'ont pas la même difficulté et que de façon générale, pour les questions les plus faciles, la différence des résultats entre personnes de faible QI et personnes de fort QI n'est pas importante et que là où la différence des résultats est grande, c'est évidemment sur les questions difficiles qui demandent une plus grande intelligence.
    On remarque également qu'une personne à fort QI a en général des scores assez élevés dans les dix sous-ensembles de tests, alors qu'une personne à QI moyen peut être relativement bonne dans certains de ces sous-ensembles, mais a des résultats médiocres dans d'autres  (c'est du bon sens !!).
    Il en résulte que si l'intelligence moyenne avait vraiment progressé, on devrait voir ces progrès sur les parties relativement difficiles des tests et non sur les plus faciles.
    Or ce n'est pas ce qu'on constate, dans cette évolution 1985 - 2005.
    Alors que faut il penser ?

    Les chercheurs ont constaté que les résultats des tests “similarité”, “vocabulaire”, “arithmétique” et “connaissances”, qui ont à peu près le même degré de difficultés, ont progressé très différemment, le gain sur le premier type de test (similarité) étant 12 fois plus important que pour les suivants.
    De même alors qu'en apparence il s'agisse dans les deux cas de logique, les résulats de tests sur des formes géométriques ont progressé alors que les tests arithmétiques ne l'ont pas fait.

    En définitive les chercheurs après une analyse statistique assez complexe dont je vous fais grâce, concluent que l'intelligence moyenne n'a pas progressé, mais que la mode, les goûts, les habitudeont changé et que la façon de voir les choses n'est plus la même.
    Il est certain que du fait de l'importance plus grande des sciences à l'école, de l'augmentation importante de l'information dans la vie quotidienne et de l'influence des médias, nous avons appris à classer les choses, les phénomènes, l'information et à faire appel davantage à la logique.
    Certaines catégories de tests qui font appel à ces habitudes ont de meilleurs résultats.

    Pour que vous compreniez mieux la progression des résultats du test de similarité, je vous donne un exemple.
    Si on vous demande aujourd'hui ce que les lapins et les chiens ont en commun, vous donneriez la bonne réponse :  ce sont des mammifères, car on a appris au collège à classer les animaux. Il y a 50 ans, les jeunes plus habitués à la vie à la campagne auraient répondu qu'on utilisait des chiens pour chasser des lapins.
   
    Autre constatation, si on examine la progression aux tests de vocabulaire et de mathématiques des enfants de CM2, on constate une nette progression sur le passé, mais qui s'annule en terminale.
    Autrement dit un jeune enfant est capable de lire plus tôt  “Harry Potter”, mais la lecture de livres sérieux n'a pas progressé, il sait vérifier la petite facture du supermarché, mais il n'est pas plus fort en mathématiques que ses aînés.

    En définitif il ne semble pas que l'augmentation actuelle des niveaux globaux de QI correspondent à une véritable augmentation de l'intelligence moyenne, mais d'un meilleur entraînement des enfants à des tâches logiques de classement, dû à une scolarité généralisée et à l'usage des moyens modernes de communication.
    En fait il faudrait sans doute modifier les tests actuels de Qi car ceux ci ne sont plus totalement cohérents.

    Mais personnellement je reste sur ma faim, car personne n'a jamais pu me définir ce qu'était l'intelligence, les psychométristes me disant que c'est ce que mesurent les tests d'intelligence. !
    Si je me sens inspiré, et si vos mails ou vos commentaires montrent un intérêt pour cette question,  j'essaierai de faire un article sur ce difficile problème.

    Une autre question importante est de savoir ce qui, dans l'intelligence,  est inné (et donc en partie génétique) et ce qui est dû à l'éducation et à l'expérience .

    .

Mercredi 6 février 2008 à 16:54

Notre personnalité



 

   Une correspondante qui a lu mon précédent article sur l'influence sur nos décisions de divers facteurs psychologiques, me demandait la chose suivante :

“....J'avais lu il y a quelques années une étude intéressante menée dans une université américaine. Les cobayes devaient envoyer des électrochocs (de puissance de plus en plus élevée) à des acteurs chaque fois qu'ils donnaient une réponse erronée à la question posée. Les électrochocs allaient jusqu'au supplication et silence complet des acteurs (mort supposée), le résultat affligeant étant que la plupart des cobayes continuaient l'expérience. Je ne me souviens pas des statistiques des résultats.. D'où ma question : avez-vous entendu parler de cette étude ?...”

    Je me souviens en effet de cette étude et d'une partie de ses résultats qui m'avaient frappés à l'époque : voici ce que je me rappelle.
Il me semble également qu'une scène tirée de cette étude avait été tournée dans un film où le rôle principal était tenu par Yves Montand  “ I comme ICARE”, film qui dénonçait la torture.


    L'expérience pratiquée par des chercheurs américains sur des sujets d'origine diverses, était destinée à tester  ce qu'on appelle la capacité d' “assertivité”, c'est a dire “l”affirmation de soi dans le respect des autres” face à l'autorité supérieure notamment, et à l'inverse, la soumission à des ordres donnés par la hiérarchie, quelles qu'en soient les conséquences.
    Elle était la suivante.
    Les personnes à tester étaient appelées deux par deux et on tirait au sort leurs rôles respectifs de “maître” et d' ”élève”.
En fait le tirage au sort était truqué et l'élève n'était pas un des cobaye, mais un comparse comédien parmi les expérimentateurs, mais évidemment, l'autre personne à tester, désignée comme "maître", ne le savait pas.

    Le maître (la;personne que l'on teste) est assis à une sorte de pupitre avec un appareillage de stimulation électrique. Les commandes permettent d'envoyer des décharges de courant électrique, de façon graduée, jusqu'à 450 volts.
    En réalité rien n'est envoyé, mais la personne ne le sait pas.
    L'élève est sanglé à une sorte de chaise électrique.
    Le maître doit lire une liste de noms associés chacun à un adjectif.
    L'élève doit mémoriser les associations et ensuite, doit dire l'adjectif correspondant à chaque nom que le maître énonce.
    A chaque fois que l'élève se trompe, le maître a ordre de lui envoyer une décharge, en augmentant la puissance à chaque nouvelle erreur. Il commence par 25 volts, puis 50 à la deuxième erreur, et ainsi de suite.
    Si au début tout se passe bien, au fur et à mesure que la tension électrique monte, le comédien fait semblant d'avoir de plus en plus mal, de se tordre de douleur et de supplier d'arrêter la torture correspondante.
   
    On note toutes les réactions du” maître”, ce qu'il dit, ses objections, les explications qu'il donne à la victime (souvent du genre “ce n'est pas ma faute, c'est un ordre qu'on m'a donné”..), ce qu'il fait et s'il n'y a pas abandon avant, à 400 volts le comédien “élève” fait semblant de mourir.
    Evidemment les “maitres” testés hésitent et l'expérimentateur superviseur leur rappelle à chaque fois qu'ils ont accepté un processus expérimental qu'il faut mener à son terme et qu'ils doivent respecter les ordres reçus.
    J'avoue que j'aurais pensé que presque tous les “maitres” testés allaient se révolter et abandonner leur rôle devant les souffrances (simulées) et les supplications de “ l'élève” compère.
    Il n'en est rien !
    L'expérience avait donné des résultats assez différents selon en particulier le niveau intellectuel et d'instruction des  personnes testées, car on ne donnait pas aux gens, avant l'essai l'indication que 400 volts pouvaient être mortels, mais on apprend au lycée que c'est dangereux !
    L'expérience avait montré que pour des personnes peu instruites, 63% des sujets sont obéissants, c'est à dire qu'ils acceptent totalement le principe de l'expérience et vont jusqu'à 450 volts ..."
d'où la conclusion que, pour des personnes peu instruites, “... dans un pays civilisé, démocratique et libéral, comme l'Amérique, les 2/3 de la population sont capables d'exécuter n'importe quel ordre provenant d'une autorité supérieure  sans en prévoir les conséquences, malgré les souffrances et les supplications d'autres humains ..."
     Cela dit on trouvait aussi des gens insensibles et cyniques parmi les gens instruits, qui avaient d'autant moins d'excuse qu'ils connaissaient, eux, les dangers de l'électricité.
    Je crois que les femmes s'étaient montrées plus “humaines”.

    Cette expérience date d'il y a une trentaine d'années je crois, et je ne sais pas si le protocole était à l'abri de toute critique,
    Mais ma correspondante a raison, c'est assez horrible de penser qu'on peut être ainsi, aussi insensibles à la souffrance des autres, nous les humains.
    Mais après tout est ce que les attentats de fanatiques et les guerres que nous vivons aujourd'hui, pour des questions de racisme, d'idées ou d'argent, ne relèvent pas des mêmes réactions des acteurs voire des opinions publiques?

    Cela dit, ne me faites pas dire qu'il faut être systématiquement désobéissant.
Je suis personnellement très discipliné, mais pas à n'importe quel prix.

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