Lundi 18 janvier 2016 à 14:42

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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    J’ai fait à plusieurs reprises des articles sur le fait que notre cerveau n’était pas multitâches (15/6/2011 et 23/9/2015), et que donc si on faisait deux choses à la fois, on les faisait moins bien, et que faire trois tâches étaient pratiquement impossible.
    Bien entendu c’est surtout vrai s’il s’agit de deux tâches qui nécessitent analyse et réflexion, puis décision. Si l’une des deux tâches est presque automatique, c’est moins contraignant. (C’est le cervelet qui travaille alors sur l’automatisme, tandis que le cortex préfrontal s’occupa de l’autre tâche. Il n’y a conflit que si une chose inattendue perturbe l’automatisme.).
    Mais à chaque fois, je reçois des mails d’adolescents, qui me disent qu’ils peuvent parfaitement faire leur travail de classe, en consultant internet ou en tapant un SMS.
    Je pense qu’ils le font, mais qu’ils ne jugent pas de la qualité des tâches faites, qui doit être très médiocre.

    Je vous ai déjà cité plusieurs mécanismes proposés pour comprendre comment le cortex préfrontal pouvait se partager entre deux tâches.
    Certains neurobiologistes pensent que chaque hémisphère prend en charge une tâche différente. D’autres indiquent seulement qu’il a a partage des ressources et de l’énergie. Le problème est de savoir comment.
    L’hypothèse des deux hémisphères n’est pas totalement satisfaisante, car pour permettre les processus de pensée pour une tâche donnée, plusieurs zones distinctes du cerveau vont être mobilisées successivement, et certaines zones ne sont pas en double dans les deux hémisphères.
    Dans le cas de partage des ressources, on ne savait pas si le cerveau partageait ses ressources en deux simultanément, ou s’il allouait ces ressources successivement à chaque tâche, pendant un temps très court, comme le fait un ordinateur.

    Une équipe du CEA a apporté des réponses à ce problème en observant le cerveau de volontaires auxquels on avait demandé de faire à la fois, deux tâches simples :
d’une part désigner sur le clavier d’un ordinateur, avec la main droite si un son perçu était aigu ou grave, (on tapait A ou G), d’autre part désigner avec la main gauche quelle lettre, parmi plusieurs, était identique à une lettre projetée sur l’écran.
    L’observation en IRM et en utilisant une image magnétique, de telle sorte que l’on puisse dater les processus d’action dans le cerveau, a montré d’abord, pour chaque tâche prise séparément, quels étaient les centres qui intervenaient successivement dans le processus : acquisition, interprétation, décision, action.

    Que se passe t’il lorsque les deux tâches sollicitant des zones distinctes du cerveau étaient réalisées en même temps ?
    Les expériences montrent que le cerveau parvient à exécuter les deux travaux pendant plusieurs centaines de millisecondes. Puis, entre 300 et 500 millisecondes, c’est le conflit et le cerveau ne remplit plus correctement ses fonctions.
    Les processus mobilisés par la première tâche sont raccourcis, chaque étape du processus durant un peu moins longtemps; mais la tâche n’est pas exécutée plus vite,et la qualité n’est pas trop altérée.
    Par contre les processus utilisés par la seconde tâche sont soit allongés, soit retardés, selon les zones mises en oeuvre. Quand ils sont allongés, l’activité cérébrale diminue en amplitude, et les étapes durent plus longtemps. Quand ils sont retardés, le traitement de la tâche est décalée dans le temps, car elle est mise en attente, comme sur un ordinateur. Mais on constate que lorsqu’elle est mise en attente, le signal traité par le cerveau se dégrade et la tâche est de qualité bien moindre, donnat lieu à plus d’erreurs ou d’imperfections.
    En définitive, les ressources cognitives ne sont pas partagées, les tâches n'étant pas exécutées en même temps dans des zones concernées, mais les tâches ne sont pas traitées non plus de façon séquentielle, car il n’y a pas de véritable alternance entre l’exécution des tâches de façon équitable.

    En fait lorsque j’ai parlé de « première et de seconde tâches, il s’agit de tâches élémentaires.
    Mais lorsqu'il s’agit d’un travail qui inclue de nombreuses tâches élémentaires, celles si ne durant pas le même temps, les première ’t seconde tâches n’appartiennent pas toujours au même travail.
   
    Les deux travaux sont donc tous deux mal exécutés.   

Lundi 11 janvier 2016 à 8:11

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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J’ai un assez bon sens de l’orientation, en ce sens que j’ai une bonne mémoire cartographique des lieux où je suis déjà passé et je trouve donc assez facilement mon chemin, au moins de jour et quand les lieux n’ont pas trop changé.
Dans la campagne, je peux toujours me guider sur le soleil quand il y en a et en partie sur la luminosité du ciel, s’il n’y a pas trop de nuages. Cela me permet de savoir où est le nord. Mais cela m’est déjà arrivé de me perdre, et j’ai toujours dans ma voiture une boussole, qui sert parfois.
Evidemment avec les GPS, on ne se perd plus, mais je n’en n’ai pas, car je ne m’en servirais pas assez.
Mais j’aimerais bien avoir, comme les pigeons voyageurs, un circuit de mon cerveau qui m’indique la direction à suivre.
 
En fait de nombreux animaux ont une boussole dans leur cerveau et ont ainsi un sens de « magnéto-perception ».
On sait que cette faculté est due à des complexes moléculaires constitués de deux protéines particulières : l’une le cryptochrome fait réagir l’organisme à la lumière et l’autre, qui comporte un atome de fer et un atome de soufre en son centre, qui est sensible aux champs magnétiques.
Le complexe est formé d’une chaine de ces protéines magnétiques, autour de laquelle s’enroulent des cryptochromes de façon hélicoïdale. L’ensemble forme un tube magnéto-sensible, qui se comporte comme une aiguille de boussole.
Si on isole ces tubes et qu’on les fait flotter dans un liquide, ils s’orientent selon l’axe nord-sud du champ magnétique terrestre.
Présents dans le corps de certains animaux, ils doivent donner à certains neurones spécialisés des indications sur la nature ambiante de ce champ, leur permettant de s’orienter. On en a repéré par exemple dans la rétine des pigeons et il semblerait que ce complexe moléculaire leur donne des renseignements sur le champ magnétique et la position du soleil, grâce à des échanges d’électrons entre les deux protéines. On ne sait pas encore comment se fait ensuite la transmission nerveuse.
 
Comme toutes les protéines, elles sont codées par des gènes, qui, lorsqu’ils s’expriment, entrainent leur fabrication.
Or les gènes de ces protéines sont présents chez l’être humain, mais ils ne s’expriment pas, du moins de façon générale et nous ne sommes donc pas (ou plus ?) sensibles au champ magnétique terrestre.
Mais ces découvertes sont toutes récentes, et dues notamment à de chercheurs chinois, et rien ne prouve que ces gènes ne s’expriment pas parfois chez quelques hommes dans le monde.
Je ne sais pas si la génétique permettra, un jour, de restaurer cette expression du gène cher un grand nombre de personnes, mais il serait sûrement intéressant. D’étudier si cela n’arrive pas chez certaines personnes qui ont des aptitudes particulières (les sourciers par exemple), enfin quand ces aptitudes sont relativement avérées et où il ne s’agit pas de charlatans.
 
Un autre système est intéressant, c’est celui de notre oreille interne qui comporte un système d’orientation tridimensionnel qui, agissant comme un gyroscope, nous permet de garder notre équilibre. Il est couplé dans notre cerveau au système perceptif qui permet de connaître l’état de contraction de nos muscles et l’orintation de ,nos membres. Cette association nous permet de connaître à tout moment la position de notre tête et donc de la direction dans laquelle on regarde, de la direction également dans laquelle on se déplace et donc de nous orienter.

             Mon ordinateur est actuellement en réparation et je fais mes articles à partir d'une tablette, ce qui n'est guère commode. Donc penfdant quelques jours, mes articles seront plus courts, avec moins de photos.

Vendredi 20 novembre 2015 à 9:11

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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    Nos sens semblent essentiels, car ils nous permettent de connaître nootre environnement, de savoir ce qui se passe autour de nous.
    Vue, ouïe et toucher sont primordiaux pour que nous puissions nous représenter l’univers de notre vie.
    Pour nous, ce que nous voyons, ce que nous touchons, ce que nous entendons est la réalité des choses.
    Pourtant la neurobiologie semble montrer aujourd’hui que notre cerveau ne voit pas le monde qui nous entoure tel qu’il est.

    Les neurones de nos organes de sens (sauf l’odorat), passent d’abord par le thalamus, avant d’envoyer les informations vers les centres d’interprétation de ces perceptions. Le thalamus coordonne ces informations pour que l’on sache quelles sont celles relatives à un même objet à un même instant.
    Mais les neurobiologistes ont constaté que seules 10% des connexions du Thalamus apportent les informations des sens aux centres d’interprétation de nos perceptions. 90% des connexions sont des rétroactions des centres sur le thalamus et des connexions avec les autres centres du cortex.
    Par ailleurs la plupart des connexions des centres d’interprétation sont internes, de façon à élaborer l’interprétation, notamment des images et des sons.
    Même quand nous fermons les yeux, certains échanges se poursuivent, alors qu’il n’y a pas de perception. Seule l’utilisation de produits chimiques anesthésiants interrompt presque complètement cet échange permanent.
    Certes c’est d’abord une activité de veille, en attente d’une stimulation, mais on a constaté que c’était bien plus et que le cerveau n’enregistrait pas passivement les stimulations de perceptions.
    Chez un animal qui vient de naître, cette activité est faible et se renforce considérablement lors d’une perception. Mais ce n’est pas le cas chez l’animal adulte, pour lequel l’activité des centres d’interprétation et du thalamus est persque aussi forte en l’absence de perception, que lorsqu’elle se produit.
    Certains neurobiologistes pensent que lorsque une perception visuelle a lieu, le cerveau va chercher en mémoire s’il a une image du paysage en question et la charge, et il corrige ensuite cette image en fonction des perceptions réelles que lui fournit la vue.
    Le cerveau se servirait donc du passé pour reconstituer le présent à partir des perceptions, mais aussi probablement pour anticiper sur l’avenir, en prévoyant la suite de l’évolution de l’image.
    C’est notamment ce qui se produit lorsque nous nous déplaçons dans un environnement. Le cerveau se sert des images passées et présentes pour imaginer les images suivantes et nous guider dans le déplacement en prévoyant l’environnement suivant que nous allons rencontrer.
    Lorsque nous observons un paysage connu, notre cerveau lorsqu’il rencontre une image, l’accompagne automatiquement et inconsciemment de données : c’est la maison de untel, c’est la route pour aller chez X, tiens la fenêtre de Y est fermée, il dort encore… etc…
    Bref notre cerveau fait en permanence un travail de reconstitution d’images et de données, appuyé sur des constatations réelles
    Chez certaines personnes, ce travail d’anticipation du cerveau peut devenir prépondérant et il n’y a plus une vérification systématique par les sens de ce qui se passe réellement. C’est ce qui explique des hallucinations. Mais j’ai déjà fait des articles à ce sujet.

Dimanche 8 novembre 2015 à 8:39

Notre cerveau; nos sens; système nerveux


Une correspondante me demande : " comment le cerveau et les neurones produisent ils leur électricité ? "
C’est assez compliqué bien que le principe ait été trouvé en 1957 par le chimiste hollandais JC Skou, qui a obtenu en 1997 le prix Nobel pour ses travaux.
               Il avait découvert que les neurones produisaient leur électricité grâce à une « pompe à ions » et notamment une pompe « sodium-potassium ».
               Je vais essayer de vous expliquer de façon simple comment cela fonctionne.

 http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/600pxNaKpompecycle.jpg

Dans la membrane qui entoure le corps du neurone se trouvent de grosses protéines qui jouent le rôle d’une pompe à ions.
              Cette protéine est une très grosse chaîne organique, qui peut se déformer grâce à des réactions chimiques qui utilise de l’énergie fournie par la dégradation d’une autre molécule : l’adénosine triphosphate ou ATP
              La pompe à ions comporte une cavité qui peut recevoir à un moment donné trois ions sodium Na++. Par contre les ions potassium sont trop gros pour y tenir
            La protéine est polarisée ; elle attire ces ions et les propulse vers l’extérieur du neurone dans le milieu extracellulaire.
            Puis la protéine change de forme et la cavité s’agrandit, pouvant recevoir deux ions potassium venant du milieu extérieur, qu’elle propulse à l’intérieur du neurone.
Il y a donc à l’intérieur du neurone moins de charges électrique et la membrane acquiert une différence de potentiel (une « polarisation ») permanente d’environ – 70 mvolts.

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/pa1.gifSupposons que les dendrites du neurone reçoivent des influx nerveux positif.
              Si cet influx dépasse un certain seuil, il provoque une entrée massive d’ions sodium NA++. La tension passe brutalement de -70 à environ + 30 mV..
              Puis l’entrée d’ion sodium cesse alrs que la pompe à ion évacue ces ions et la potentiel d’action baisse et revient à son état initial.
             
               http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/neurone.jpgMais ce phénomène va ouvrir des canaux sodium un peu plus loin sur l’axone, ce qui provoquera le même phénomène de passage du potentiel à +30 mV ; Cette action se propage tout au long de l’axone.
              C’est l’équivalent d’un courant électrique mais en fait c’est la propagation d’un phénomène migratoire d’ions ce que l’on appelle propagation d’une dépolarisation.
              C’est ainsi que se propage l’influx nerveux.
              Ce n’est pas la propagation d’un courant électrique d’électrons mais celle d’une concentration d’ions sodium qui engendre une différence de potentiel qui se propage le long de l’axone.
 
             70 % de l’énergie consommée par les neurones est consacrée à ce phénomène en consommant de l’ATP.
 http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/225pxAdenosintriphosphatprotoniertsvg-copie-1.png            L’ATP est le combustible utilisé par toutes les cellules organiques vivantes : elle s’hydrolyse en adénosine monophosphate (AMP) et libère de l’énergie, qui est utlisée pour permettre d’autres transformations chimiques . La formule de l’ATP est donnée ci-contre : c’est la rupture des doubles liaisons des phosphore qui libère l’énergie.
              C’est l’ATP qui fournit l’énergie nécessaire aux muscles.

Il y a très peu d’ATP stockée dans le corps humain : elle est synthétisée en permanence, d’abord à partir de la créatine présente dans les muscles qui fournit du phosphore pour transformer l’AMP en ATP ; ensuite à partir du glycogène et enfin à partir des graisses, lorsque le corps est amené à faire des efforts prolongés..

           

Lundi 2 novembre 2015 à 8:05

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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Aujourd’hui, compte tenu de ce que je n’ai pas mon mac et qu’écrire sur une tablette est vraiment laborieux, car je ne dispose que du clavier virtuel où les lettres ne sont pas à la même place et où l’accentuation n’existe pas (l’iPad vous la propose, mais cela ralentit la frappe), je ne ferai qu’un article très court. Je me rattraperai lorsque j’aurai récupéré mon Mac.

Je m’intéresse en ce moment aux perceptions qu’interprète le cerveau : vue, ouïe, toucher, odorat, goût. J’ai lu quelques articles intéressant et je vous en reparlerai, notamment sur la relativité de ce que nous percevons de la réalité et sur les hallucinations.

Mais je viens de lire une étude américaine qui a interrogé plus de 400 jeunes américains et qui a constaté qu’ils entendaient régulièrement des sonneries inexistantes de leur Smartphone : le téléphone portable, quand on l’utilise beaucoup donne des hallucinations auditives !!! C’est évidemment une reconstitution de leur cerveau.

Qui y est sujet particulièrement : les extravertis qui ont besoin de contacts permanents avec autrui, ceux qui ont le souci de leur popularité ou de leurs apparences vis à vis des autres. Ceux qui ont une énorme « Persona » : (ce que l’on veut paraître vis à vis d’autrui et qui n’est pas ce que l’on est forcément).

D’ou vient cette hallucination : les centres d’interprétation de l’ouïe sont capables de recréer un son donné et de l’envoyer via le Thalamus au cortex préfrontal, et il est alors conscient. Ce qu’ils reconstituent n’est pas un son, mais le signal nerveux qui correspond au son, c’est a dire la connexion avec les neurones qui sont actifs lorsque le son en question est mémorisé.

Qui provoque ce signal : on ne sait pas. Pas les centres qui l’élaborent, ce ne sont pas des décideurs, ni le cortex préfrontal (ce serait volontaire et conscient). Probablement le cerveau émotionnel, qui gère les désirs et les pulsions et qui souhaite recevoir des communications téléphoniques ou des SMS.Peut être aussi un bruit extérieur déclenche t'il ce processus.

Notre cerveau a de nombreux mystères.

Je reparlerai, dans un prochain article des perceptions et de leur réalité.

On voit de plus en plus d’articles scientifiques concernant l’exploration du cerveau.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/3483IRMsodium.jpg    Je vous avais expliqué dans un  article du 30 septembre 2013 ce qu’était l’Imagerie par résonance magnétique.
    Un énorme aimant produit un champ magnétique intense, qui aligne les moments magnétiques élémentaires des noyaux atomiques des atomes des molécules. On applique alors un champ de radiofréquence qui perturbe cet alignement, et cela engendre un signal électromagnétique lors du retour à la position initiale.
    L'IRM consiste à localiser I'origine de ce signal de résonance magnétique nucléaire.
    Elle permet par un traitement informatique d’obtenir des images en 3D, des organes renfermant beaucoup d’hydrogène et donc des tissus. C’est ainsi qu’on peut mettre en évidence des tumeurs (qui n’ont pas la même composition que leur environnement), des hernies notamment de la colonne vertébrale….
   
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/images-copie-3.jpg    L’IRM est beaucoup utilisée pour l’étude du cerveau, d’abord au plan structurel, car elle permet d'obtenir en quelques minutes, grâce à l’informatique, une image tridimensionnelle du cerveau avec un contraste important entre substance grise (contenant les corps cellulaires des neurones), et la substance blanche, (formée des dendrites et axones myélinisés).
    Elle permet aussi de mettre en évidence les parties actives du cerveau qui consomment de l’oxygène, le contraste de l’hémoglobine qui transporte l’oxygène dans le sang, étant plus important sur les lieux d’activité cérébrale. On l’appelle alors «IRM fonctionnelle», (IRMf).
   


http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/images1.jpg           Dans Ie tissu cérébral, le mouvement des molécules d'eau est aléatoire, mais est perturbé par les membranes des cellules et des axones.
           L’'imagerie par résonance magnétique du processus de diffusion de l'eau dans le cerveau (IRM de diffusion) permet de voir in vivo, l'organisation des fibres d'axones myélinisés - les prolongements des neurones - qui se regroupent en faisceaux et forment des autoroutes « véhiculant » l’information d'une région cérébrale à une autre. 
          La résolution est d’une dizaine de microns. Des logiciels s’efforcent de rapprocher ces images d’IRM dif, de celles d’IRMf, afin de comprendre à la fois, structure et fonctionnement.
De plus, il est apparu récemment que la propagation du signal électrique le long des axones perturbait le mouvement des molécules d’eau, et l’IRM dif est un outil de plus en plus utilisé.
    Actuellement, les neuroscientifiques disposent de scanners avec des aimant de plus en plus puissants et la résolution de ces machines est de l’ordre de 20 microns.
   
    Mais d’autres techniques sont également utilisées pour connaître l’anatomie du cerveau : depuis 5 ans, les chercheurs ont utilisé le cerveau d'une femme de 65 ans conservé dans un bloc de paraffine qu'ils ont découpé en 7400 tranches d'une épaisseur de 20 microns avec un microtome - !photo ci dessous), et chacune de ces coupes a été photographiée en haute définition (13.000 pixels sur 11.000 pixels).

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/3fcd773cd9bd11e2b7a1e6ad931d246a493x328.jpg
    Le problème consistait ensuite à assembler les 7400 images pour obtenir un volume 3D représentatif, alors que les coupes présentaient de légères déformations qu'il fallait corriger. Une IRM, effectuée avant la découpe, a servi de référence pour corriger ces anomalies et assembler les images.
    Cette cartographie informatique n’occupe pas plus qu’un disque dur de sauvegarde courant (1000 Go) et la résolution obtenue est suffisante pour distinguer de petits paquets de neurones et visualiser de très fins plis et replis dans la matière cérébrale.
    Les chercheurs envisagent de répéter cette numérisation pour d'autres cerveaux afin d'évaluer la variabilité entre les individus.
    Pour différencier individuellement les 100 milliards de neurones du cerveau, il faudra néanmoins encore améliorer par un facteur 20 la résolution afin d'atteindre le micron (0,001 mm). Le volume de données correspondant sera alors beaucoup plus important 20 millions de Gigaoctets.
    On a donc des progrès substanciels à faire en matière de microtome, d’IRM et de capacité de disque dur pour arriver à ce résultat.

    Un projet plus ambitieux est le « Human Brain Project » est un projet scientifique d'envergure qui vise d'ici environ 2024 à simuler le fonctionnement du cerveau humain grâce à un superordinateur, et dont les résultats obtenus ont pour but de développer de nouvelles thérapies médicales plus efficaces sur les maladies neurologiques.
    Mais ce projet est très contesté car d’une part, on n’est pas sûr de pouvoir simuler par des algorithmes, ce fonctionnement, à la fois électrique et chimique, auquel participent neurones et cellules gliales, et d’autre part, il faudrait un ordinateur superpuissant, capable de réaliser 10 puissance 18, opérations par seconde, ce qu’on ne sait pas encore faire.
    Le projet, qui a débuté en 2013, coûte 1,2 milliards d’euros par an (dont 500 millions de fonds européens).
    Pour le moment on essaie de simuler le fonctionnement du cerveau d’une souris.
    Le projet est assez critiqué car il mobilise une grande partie des fonds de recherche des neurosciences, ce qui fragilise certains laboratoires de recherche.

Dimanche 31 août 2014 à 9:05

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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    Autre curiosité de nos sens : les perceptions subliminales.

    Nous sommes conscients d’un certain nombre de perception de notre vue ou de notre ouïe. Nos perceptions traversent le thalamus, puis vont dans des centres spécifiques d’interprétation. Le thalamus les rassemble ensuite de façon régulière et en transmet certaines au cortex préfrontal, le chef d’orchestre du cerveau. Il arrive aussi que celui-ci, qui pense, réfléchit et prévoit, demande qu’on lui transmette certaines informations.
    Lorsque le cortex frontal reçoit ces informations, nous en sommes alors conscients et nous savons en quoi elles consistent.
    Mais pour que cela puisse se faire, il faut que le stimulus de la perception soit supérieur à un certain seuil au dessous duquel le cortex frontal ne les prendra pas en compte.
    Cependant les organes d’interprétation des sensations les reçoivent quand même et ces informations restent alors inconscientes on les appelle des « sensations subliminales » (au dessous du seuil). En matière de vision, ce seuil est variable selon les personne, mais on considère que le seuil de perception minimal est de l’ordre de 20ms., et qu’au dessous de ce temps de passage de l’image, on ne la perçoit plus consciemment.

    Mais il ne faut pas croire que toutes les informations au dessus du seuil soient conscientes, bien que perçues et interprétées. On parle alors de « perception implicite », c’est à dire d’une perception au dessus du seuil, mais qui reste inconsciente.
     Par exemple, quand vous êtes en voiture, vous surveillez de nombreuses choses : le tableau de bord, le bruit du moteur, le paysage environnant et notamment les obstacles éventuels. Vous avez conscience d’une partie de ce que vous voyez ou entendez, mais pas de tout : vous ne voyez pas forcément consciemment les affiches le long des rues, ou du moins leur contenu, le bruit normal du moteur, le bitume de la route à courte distance…
    Il m’est même arrivé un jour de congé, de me retrouver sur le chemin de mon travail, parce que je parlais à mon passager et que je ne faisais pas assez attention.

    Donc au dessous d’un autre seuil minimal, plus bas, l’environnement ne peut plus être perçu du tout par nos sens, mais au dessus de ce seuil minimal  et en dessous du seuil de perception consciente, nos sens perçoivent l’information, mais de façon inconsciente, et on parle de « perception subliminale ».
    Et ces informations qu’elles soient implicites ou subliminales, sont touttes stockées provisoirement en mémoire, dans la mémoire de travail d’abord et pour une partie d’entre elle, dans la mémoire épisodique, pour une journée environ, jusqu’à ce que la plupart d’entre elles soient éliminées au cours du sommeil.
    Le problème est de savoir dans quelle mesure le cerveau la traite quand même et donc si une telle perception subliminale peut néanmoins nous influenc
er.

    Différentes équipes ont montré que l'on perçoit de façon subliminale des objets, des images, des lettres et des nombres. Concernant les mots, il a été établi que le cerveau perçoit leur structure de façon inconsciente, mais on n'était pas certain qu'il déchiffre leur sens.
    Récemment, les neurobiologistes Lionel Naccache et Raphaël Gaillard de l'Hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris (unité INSERM 562), ont montré que l'on est également sensible au sens émotionnel d'un mot montré de façon subliminale, et que par conséquent, on en avait compris le sens.
    D’autre chercheurs ont également montré que les perceptions subliminales pouvaient servir de déclencheur pour faire remonter en mémoire d’autres souvenirs ou pour aider un raisonnement.
    Par exemple, on posait des questions à deux groupes munis d’écouteurs, et l’on avait suggéré aux membres de l’un d’entre eux, de façon subliminale, des éléments voisins des solutions aux questions. Ce groupe avait un taux de bonnes réponse très supérieur au groupe auquel on n’avait rien communiqué. 
            
    Diverses expériences ont été faites avec l’inclusion d’images subliminales dans des films ou dans des projections de diapositives, images en général incitatives.
    Elles montrent que l’on peut influencer quelqu’un sur des questions sur lesquelles on n’a pas d’idée préconçue, mais qu’on ne modifie guère le opinions que l’on a déjà.
    On constate aussi que l’influence dépend de notre situation mentale et physiologique du moment : par exemple des images de boissons subliminales peuvent influencer notre choix, si nous sommes assoiffés alors qu’elles ne le feraient pas en temps normal.
    En France comme aux USA, l’utilisation d’images subliminales en publicité est interdit.

    Mais dans la vie de tous les jours des images subliminales ou implicites sont utilisées couramment par notre cerveau : par exemple nous nous faisons une idée de ce que ressentent nos interlocuteurs, par un examen inconscient de leur visage et de leurs mimiques.

Samedi 30 août 2014 à 9:05

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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    Avant hier, je vous ai parlé des « hallucinations sur commande », aptitude de personnes à voir volontairement des couleurs, là ou il n’y en a pas ou une autre couleur que la sienne d’un objet etles neurologues ont vérifié qu’elle voyait réellement cette couleur puisque les centres du cerveau correspondants étaient activés.
    Mais il existe bien d’autres sortes d’hallucinations.
    Les hallucinations touchent tous les sens : les hallucinations visuelles, bien sûr, mais aussi auditives, verbales (entendre des voix), gustatives ou encore de l'équilibre et de I'orientation. Certaines mélangent même plusieurs types de sensations.
    Les neurobiologistes disent que c’est « un état mental dont le contenu est conscient, involontaire, et sous certains aspects semblable à la perception ou au rêve ».
    On s’imagine que ce sont surtout les gens atteints de maladies mentales ou ceux qui ont consommé alcool ou drogues, qui sont sujets à ces manifestations.
    En fait c’est beaucoup plus courant chez des personnes tout à fait en bonne santé physiologique et psychologique : 50% des hallucinations se produisent dans un état de semi-conscience transitoire entre l’éveil et l’endormissement, 37% survenant quand on s’endort et 13% au réveil.
     Le manque de sommeil, le manque d’oxygène, le manque de nourriture favorisent leur apparition. De même une sous-utilisation ou une surcharge d’un de nos sens. Egalement des conditions extrèmes physiques ou psychiques peuvent les déclencher (exploit sportif, accident, décès d’une personne aimée, fatigue ou douleur intenses, dépression, voire euphorie).
    Certaines personnes ont des hallucinations, mais s’en rendent compte et les différencient de la réalité, mais dans la majorité des cas les personnes hallucinées croient avoir vécu leur ressenti, contrairement à ce qui se passe dans les rêves.

    J’ai déjà fait un article le 2 février 2014sur les diverses hallucinations; je le résume ici :
        - Les hallucinations visuelles restent le plus souvent élémentaires : éclairs de lumière et couleurs, figures géométriques plus ou moins organisées, points, quadrillages, cercles, bruits indéfinis, grondements, vibrations, sensations de picotement.
    Elles se produisent aussi bien les yeux ouverts que les yeux fermes. Lorsque les yeux sont ouverts, des motifs élémentaires peuvent être combinés avec des éléments de la scène environnante. La forme, la taille, la perspective, la brillance et les couleurs des éléments présents dans le champ visuel sont déformées. Les objets semblent parfois animés d’un mouvement de pulsation périodique.
    Dans certains cas rares, les hallucinations visuelles peuvent être si intenses que la personne ne voit plus du tout la scène environnante, bien que ses yeux soient ouverts.
    Les hallucinations visuelles peuvent aussi, dans certains cas, être assez complexes et mêlées à des sensations autres que visuelles : animaux, paysages, scènes humaines, paroles, chants, sensation de main qui nous agrippe, odeurs…. Ces scènes ont en général lieu lorsque les yeux sont fermés.

        - Les hallucinations auditives sont, le plus souvent, des sons simples (bourdonnements, grondements, frottements, chocs, sifflements, bruits mécaniques), mais aussi de sons complexes (eau qui coule, cloches, claquement de porte, bruits de casse d’objets, chuchotements, gémissements, bruits de pas, musique, voix). Elles peuvent être localisées dans I'espace ou sembler provenir de I'intérieur du corps.
    Dans des cas plus rares des sons de voix, connues ou inconnues peuvent devenir des paroles cohérentes, ou du moins ayant un sens. Dans certaines maladies mentales, les personnes croient entendre des voix, amicales ou hostiles, qui leur dictent leur conduite, ou leur font compliments et reproches.

        - Les hallucinations tactiles et kinesthésiques peuvent être « externes » et « superficielles », (sensations thermiques, de viscosité, picotements, impression d'être piqué par des aiguilles, d’être touché, fourmillements…), ou semblent venir de l’intérieur du corps et notamment viscérales (douleurs, lourdeurs, expansion ou contraction des organes, palpitations).
    Une hallucination kinesthésique se manifeste par une simple sensation de tremblement, par l’impression d'être situé sur un disque rotatif, la sensation de s'enfoncer dans le sol ou de s'élever dans les airs. Egalement la sensation de distorsion et d'élongation des membres, de membres surnuméraires ou manquants.

        - Les hallucinations olfactives et de goût sont le plus souvent liés, I’odorat jouant un rôle primordial dans l'appréciation gustative.
    Les témoignages parlent odeurs de putréfaction et de décomposition, de pneus brûlés, des odeurs de rose, de cannelle, et même d’odeur « sainteté » (je pense que ce sont des personnes naïves qui croient sentir de l’encens ou des odeurs de cierges). Quant aux hallucinations gustatives, sont mentionnés les goûts d'huîtres, d'oignons, de métal ou encore des sensations stomacales, qui s’apparentent plus aux sensations tactiles.

    Pour une explication des hallucinations au niveau du cerveau, je vous renvoie à mon article du 3/2/2014. Je vous donne juste ci après une explication générale des hallucinations auditives :
    Lorsque nous écoutons quelqu’un la parole est déchiffré par le centre de Wernicke.
    Quand nous pensons, nous utilisons aussi des mots mais seul notre cerveau travaille et il n’y a rien à entendre. Le cerveau bloque donc l’activité du centre de Wernicke.
    Mais chez certaines personnes, ce blocage ne se produit pas toujours complètement. Elles entendent alors leurs propres pensées, et croient qu’il s’agit de paroles venant de l’extérieur : elles entendent des voix et il s’agit de leur propres idées, conscientes ou inconscientes.

    Quelques mots enfin sur des hallucinations psychiques, sans rapport avec nos sens et où seules les pensées du sujet entrent en jeu.
    Elles peuvent avoir une incidence sur les états mentaux, cognitifs et émotionnels et peuvent bouleverser le sens du temps et de l’espace, l'attention ou encore les notions d'individualité et de contrôle conscient.
    De façon plus générales, elles perturbent la notion du « moi », de la distinction entre soi-même et d’autres personnes réelles ou imaginaires, ou entre son corps, soi-même et son environnement (par exemple entre la personne et l’objet qu’elle voit).
    Il peut y avoir confusion entre le visible et l’invisible, mais aussi mélange entre le conscient et l’inconscient.

Mercredi 27 août 2014 à 8:53

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

  Vous allez voir ici un éléphant rose !http://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/ess12p076081Page1Image0001w1.jpg

    Nous avons vu hier à quoi correspondait la sensation de « couleur ».
    Ce sont des sensations produites par l’activité de certains neurones de nos centres d’interprétation de la vue, nous les appelons « couleur » et nous donnons un nom particulier à chacune de ces sensations.

    Dans ces centres cérébraux, nous trouvons des neurones particulièrement sensibles aux photons correspondants aux couleurs que nous nommons bleu, vert et rouge, et les objets que nous voyons réfléchissent en des proportions caractéristiques les photons correspondant à ces trois couleurs et le mélange des trois sensations correspondante caractérise une couleur à laquelle nous donnons un nom.
    Et plus une personne s'exerce à affiner la mémorisation des diverses proportions RVB (rouge-vert-bleu) de ses sensations, plus elle affine sa perception des couleurs. C'est le cas d'un peintre ou d'un infographiste.
    Ma fille, qui a fait une école de métier d'art, puis de la décoration et de la peinture, voit des différences de nuances de couleurs que je distingue à peine !

    Mais il y a bien plus curieux :
    William McGeown et ses collègues, de l'Université de Hull, au Rogaume-Uni, ont montré qu' il suffit que le cerveau se déconnecte de ses entrées sensorielles, pour que les perceptions changent.
     Ainsi, une personne hypnotisée dont les sensations sont déconnectées de la conscience et de la réflexion, peut parfaitement voir une tomate mûre verte, l'herbe rouge et la neige violette. Si leur hypnotiseur leur suggère, elles pourront voir un même objet, successivement de couleurs différentes.
    Ces chercheurs ont même montré que certaines personnes très suggestibles n'ont même pas besoin d'hypnose pour imaginer des couleurs. ll suffit qu'elles décident de voir des taches de couleur sur un écran gris, pour les voir pour de bon, et sur instruction de l'expérimentateur, elles voyaient sur l'écran gris, des taches jaunes, vertes, bleues ou rouges et modifiaient donc volontairement les sensations de leurs centres d’interprétation de la vision..
    Mac Geown a montré que, lorsque de tels individus se persuadent qu'un écran est rouge alors qu'il est gris, l'activité des neurones « rouges » des zones visuelles situées à l'arrière de leur cerveau et recevant habituellement les informations "rouge" en provenance des yeux, devient importante, et dépasse même très nettement celle d'autres personnes "normales" placées devant un écran coloré en rouge.
    Sous l'effet de la volonté, les zones de perception semblent ainsi capables de produire "sur commande" ce que la personne, à la sensibilité particulière, désire voir.
    De telles personnes sont très suggestibles et influençables et elles peuvent aussi entrer très rapidement dans un état de transe hypnotique après quelques instructions de l’hypnotiseur.
    Cela montre que leurs centres d’interprétation des sensations peuvent plus facilement se déconnecter des orgenes de nos sens et obéir alors à des impulsions provenant d’autres centres du cerveau, soit par leur propre volonté, soit à la suggestion d’une tierce personne.
    Les neurologues appellent cela des « hallucinations sur commande ».

    Notre cerveau peut donc confondre ses propres constructions intérieures et les messages issus de la "réalité" et don nous faire croire à une réalité autre, soit imaginée par nous mêmes, soit suggérée par d’autres.
    Au cours de l'histoire humaine, des individus ont prétendu voir des apparitions, des signes célestes, ou des soucoupes volantes. Le cerveau d'une personne très suggestible, lorsqu'il se persuade intensément d'une chose, a le pouvoir de lui donner un caractère de "réalité perceptible" qu'il devient difficile de distinguer de la "réalité vraie".

      
     J'avais écrit, il y a quelques années, un article, qui m’avait valu quelques mails d’étonnement et d’autres de protestation, article dans lequel je montrais que la notion de couleur est une création de notre cerveau.
    Je vais reprendre ce sujet en plusieurs articles, car je voudrais ajouter d’autres notions sur les constructions de nos sens.
    Comme je vous l’avais dit «  les couleurs, cela n'existe pas » !!!

    Ce qui correspond à la sensation d’une « couleur », c'est l'arrivée sur notre rétine d'une particule sans masse, le photon, qui possède une certaine énergie déterminée et selon la valeur de cette énergie, nous avons une sensation différente.
    La réalité de départ c’est donc le photon qui, pour régir sur l’oeil, doit avoir une énergie caractéristique très faible comprise entre 2,5 et 5 10-19 joules.
    Heureusement la lumière que nous recevons contient beaucoup de photons.
    Donc sur notre rétine arrivent des photons, sur des cellules nerveuses en forme de bâtonnets et de cônes. Ces cellules contiennent des protéines, qui réagissent sous l'effet de l'énergie laissée par les photons et déclenchent un influx nerveux dans les axones des cellules rétiniennes.
    Les bâtonnets sont sensibles à des luminosités très faibles et permettent une vison très précise alors que certains cônes ont une réaction électrique maximale quand ils sont éclairés avec des radiations dites « bleues », d’énergie 4,2 10-19 joules, d'autres ont une sensibilité  maximale avec des radiations dites « vertes », d’énergie 3,7 10-19 joules et une troisième catégorie qui présente une réponse maximale pour les radiations dites « rouges » d’énergie 3 10-19 joules.
    Des photons correspondant au bleu n'excitent donc que les cônes “bleus”, ceux correspondant au vert les cônes “verts”  et ceux correspondant au rouge les cônes “rouges”. S'il s'agit d'une couleur intermédiaire, l'excitation est transmise aux trois sortes de cônes dans des proportions qui dépendent de l'énergie du photon incident.
    C'est un peu comme votre imprimante qui ne “tape” que des points bleus verts ou rouge, mais par leur mélange en proportions différentes reproduit des millions de couleurs différentes.
    Ces signaux de la rétine sont envoyés sur des neurones spécialisés de notre cerveau, dans les centres d’interprétation de la vue, (à l'arrière du crâne au dessus de la nuque) qui vont “mesurer” la proportion de signal provenant des cônes bleus, verts et rouges et donner ainsi une caractéristique de la lumière reçue.
    Nous mémorisons cette perception et ce sont nos parents (et frères soeurs, nounous, professeurs...) qui nous disent : cette sensation s'appelle « bleu », celle ci « rouge », celle là « verte », cette autre « jaune », « orange » ou « marron ».
    Bref la couleur cela n’existe pas, c’est un codage des sensations de notre cerveau par le langage. Le réel c'est le flux de photons et notre sensation nerveuse mémorisée correspondante.

    C'est un peu plus compliqué car nous ne regardons pas des photons, mais des objets.
    Pourquoi un « poisson rouge »  est il rouge ? : parce que sa nature en surface (ses écailles), est telle qu'il réfléchit tous les photons « rouges » et absorbe les photons des autres longueurs d’onde, donc couleurs.
     En fait nous ne savons pas ce que voit réellement notre “professeur” qui nous a dit que c'était un poisson rouge. Peut être son influx nerveux est il légèrement différent du nôtre, mais c'était le même poisson rouge. Donc nous avons appelé rouge la sensation produite par ce poisson quel que soit le flux nerveux individuel que nous ayons ressenti l'un et l'autre. C'est le principal : reconnaître la couleur de l'objet caractérisée par ce code “rouge”, c'est à dire sa capacité à réfléchir les photons d'énergie « rouge ».

http://lancien.cowblog.fr/images/Sciences2/couleur.jpg

     Quand les photons réfléchis par l'objet correspondent à un mélange de photons d'énergie différentes, la proportion d'influx provenant des cônes bleus, verts et rouges est caractéristique de cette propriété de réflexion de l'objet.
        Cette caractéristique de réflexion des photons est la “couleur “de l'objet.    

    Nous mémorisons cette sensation et on nous apprend ensuite que c'est du violet, de l'indigo, de l'orange, du bleu de Prusse…
    Là encore la réalité, c’est l’objet et les photons qu’il absorbe et réfléchit, et la sensation dans notre cerveau après que les photons réfléchis par l’objet, aient atteints notre rétine. Ensuite nous codons en mémoire cette sensation par un mot de notre langage, et l’ensemble des mots correspondant à ces sensations est dénommé « couleur ».

    Mais la réalité est encore plus bizarre : demain je parlerai de suggestion de couleurs et de ce que les psychiatres appellent des « hallucinations sur commande »

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lancien

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