Vendredi 23 mai 2014 à 7:47

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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    Certains aveugles arrivent à se promener sans jamais heurter un obstacle et ils arrivent à décrire leur environnement dans une pièce par exemple.
    Comment font il
s ?
    lls émettent de petits claquements de langue dont les sons se réverbèrent sur les objets environnants et leur reviennent, leur cerveau analysant ces informations sur la position, la vitesse et la forme des objets environnants.
    Leur cerveau travaille en quelque sorte comme un sonar.

    Lorsque Thaler et ses collègues de l'Université de l'0ntario au Canada' ont étudié les performances de deux non-voyants, lls ont constaté que le premier, aveugle depuis l’âfge de 13 mois, pouvait effectivement repérer un objet avec une précision parfaite dans son environnement, en décrire la forme et en mesurer la vitesse, uniquement avec des claquements de langue.Le second, devenu aveugle plus tard, à 14 ans, présenteait des performance similaires mais moins bonnes.

    Les investigations faites en imagerie cérébrale (IRM), ont montré que lorsqu’ils émettaient des claquements de langue et en observaient les sons, ils activaient la zone du cerveau normalement dévolue à l’interprétation de la vision, à l’arrière du crâne.
    Les milliards de neurones de leur cortex visuel, n'étant plus utilisés pour traiter les signaux lumineux ont été reconvertis pour participer à l’élaboration de cartes mentales en 3D. Les informations utilisées pour la constitution de ces cartes ne sont plus de nature visuelle mais sonore. 
    Les performances supérieures du premier aveugle s'exptiquent par le fait que les connexions entre l’oreille, le centre de traitement des sons et le cortex visuel ont pu se mettre en place plus tôt et, par conséquent avec plus de précision, le nombre de connexions étant vraisemblablement plus important.
    Chez ces aveugles, l'adaptation a eu lieu en quelques années ; grâce à la plasticité cérébrale, les aires visuelles inutilisées ont été reconverties pour traiter les sons de repérage, permettant l’élaboration d’une sorte d’image de l’environnement analogue à celle que nous obtenons habituellement grâce à notre vue.

    Certains animaux, comme les chauves souris, les dauphins, les orques ou les musaraignes utilisent des techniques analogues, l’émission des ons étant faite par un organe spécialisé.

Samedi 19 avril 2014 à 8:41

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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    Deux de mes correspondants qui s’intéressent à mes articles sur le cerveau me demande « ce qu’est le coma, et comment on en sort en retrouvant peu à peu ses esprits ».
    C’est assez compliqué et je vais essayer de vous l’expliquer le plus simplement possible.


    On compare souvent le coma au sommeil, parce que la personne n’est pas « éveillée », et semble endormie, mais en fait il s’agit d’état très différents.
    Le coma est un état de perte de conscience, dans lequel la personne répond de façon très limitée à son environnement. Le coma peut avoir différentes causes, la plupart du temps accidentelles, affectant les neurones du cerveau, certaines étant réversibles, d’autres non.
    Le cerveau est très actif durant le sommeil, alors que chez la personne dans le coma, il est beaucoup moins actif qu’à la normale et consomme moins d’énergie, se contentant de conserver simplement les fonctionnements inconscients nécessaire à la vie végétative (circulation, respiration, synthèses chimiques …), la personne devant être alimentée artificiellement.
    Par contre c’est une absence presque complète des de la vie de la vie relationnelle, (conscience, motilité, sensibilité), et le patient, inconscient, est couché sans bouger et ne sent rien.
    L'examen neurologique complet (motilité, sensibilité, réflexes, tonus, pupilles, contrôle sphinctérien), l'évaluation des fonctions végétatives (respiration, pouls, tension artérielle, température) permettent de distinguer plusieurs stades et j’emprunte les lignes qui suivent à un cours de médecine :
        - coma stade 1 ou conscience minimale : La possibilité de communication avec le malade est réduite: le patient grogne lorsque le médecin lui pose des questions. Les stimulus douloureux provoquent une réponse correcte : le patient repousse plus ou moins bien la main du médecin qui le pince. L'électroencéphalogramme montre un rythme alpha ralenti avec quelques ondes téta ou delta analogues à celles du sommeil
        - Coma stade 2 : c'est le stade de la disparition de la capacité d'éveil du sujet. Il n'y a pas de contact possible avec le malade. La réaction au stimulus douloureux est toujours présente mais plus ou moins inappropriée. L'électroencéphalogramme montre des ondes lentes diffuses avec réactivité aux stimuli extérieurs réduite.
        - Coma stade 3 : c'est le coma profond. Il n'y a plus aucune réaction aux stimuli douloureux. Les troubles oculaires et végétatifs sont apparus, par exemple respiratoires avec encombrement pulmonaire. L'électroencéphalogramme montre des ondes delta diffuses sans réactivité aux stimuli extérieurs.
        - Coma stade 4 ou coma dépassé : la vie n'est maintenue que par des moyens artificiels. L'électroencéphalogramme montre un rythme plus ou moins ralenti. Au pire, il est plat. C'est un élément primordial pour la surveillance d'un coma prolongé.

    L'évolution est imprévisible et dépend surtout de la cause. Les comas dus à une intoxication médicamenteuse sont généralement de bons pronostics. L'évolution de ceux ayant une origine traumatique dépend de la nature des dégâts des centres cérébraux et de l'âge (les personnes les plus jeunes ont de plus grandes chances de voir leur état s'améliorer). Il est possible de voir des personnes rester dans un coma profond pendant plusieurs années, sous réserve qu’il n’y ait pas de dommages cérébraux.
    Le coma peut parfois être maintenu artificiellement dans certains cas en utilisant des molécules sédatives.

    En dehors des examens neurologiques, comme les électroencéphalogrammes ou les IRM, il n’est pas possible de faire facilement un diagnostic et dans le langage de neuro-réanimation « sortir du coma » ne signifie pas que l'on peut communiquer avec l'entourage. Le patient doit franchir deux étapes: sortir de l'état végétatif (stade 2), puis de l'état de conscience minimale (stade 1).
    Un patient en état végétatif est éveillé, mais n'a conscience ni de soi ni de son environnement; il peut avoir un cycle veille-sommeil et peut même ouvrir les yeux de manière spontanée, mais il n'obéit à aucun ordre verbal.
    Par contre, un patient en état de conscience minimale est éveillé et présente des signes de conscience.
    Il est difficile d’évaluer quel est l’état de la conscience de l'environnement. Celle-ci est généralement fluctuante, et peut varier dans ses manifestations. Il faudrait des échanges répétés avec le malade pour se rendre compte qu'il a des moments de conscience véritable.
    La conscience de soi est encore plus difficile à évaluer pour un observateur extérieur. Pour que les neurologues considèrent qu’ile lae malade a émergé de l’état de conscience minimale, il faudrait qu'il soit capable de communiquer de façon régulière et de manipuler des objets.
    De manière classique, les médecins établissent le niveau de conscience en évaluant la capacité d'un patient à répondre à des sollicitations externes, par exemple en lui demandant d'ouvrir les yeux ou de presser la main qui les tient.
Cette méthode est très limitée, car l'absence de réponse ne veut pas dire que le patient n'est pas conscient mais signifie, soit qu'il est insensible aux stimulus extérieurs, soit qu'il est incapable de bouger ou qu'il ne comprend plus ce qu'on lui demande.
    Les Américains utilisent une nouvelle technique pour évaluer le niveau de conscience de quelqu’un qui ne communique pas encore : un dispositif magnétique externe envoie de fortes stimulations dans le cerveau et un électroencéphalogramme enregistre en direct la manière dont les neurones y réagissent. En fonction du type de réaction observée, un ordinateur calcule un «score» qui permet d'évaluer si le patient est conscient ou non.

    Les causes de coma sont multiples :
    Première cause de mortalité chez les 15-25 ans et première cause de handicap sévère avant 45 ans, les traumatismes crâniens touchent 120.000 personnes par an en France, dont 10.000 seraient sévèrement atteintes. Les accidents de la voie publique sont les principaux responsables, mais plus de 4000 personnes seraient victimes d'un traumatisme crânien sur les pistes de ski.
    Une autre cause importante est le coma éthylique ou l’overdose de drogue.
    Les déficits ou séquelles qui suivent éventuellement le traumatisme varient énormément selon le type d'atteinte cérébrale. Le cerveau, qui baigne dans le liquide céphalo-rachidien, peut, lors d'un choc, bouger à l'intérieur de la boîte crânienne. Accélération, décélération ou rotation du cerveau entraînent alors l'étirement ou le cisaillement des dendrites et surtout des axones, qui transmettent les signaux électriques d'un neurone à l'autre.    
    Par ailleurs, le choc du cerveau contre les os du crâne peut entraîner des lésions, des contusions cérébrales, souvent accompagnées d'un œdème, c'est-à-dire l'accumulation de liquide dans les tissus, qui par la pression exercée, paralyse, voire détruit les neurones..

Lundi 3 février 2014 à 8:04

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

    Nos perceptions sont une réalité. Elles nous donnent une image de ce qu’est le monde extérieur. Ensuite évidemment nous pouvons faire des erreurs de jugement dans leur interprétation.
    L’hallucination est donc un phénomène très particulier, puisque la perception est remplacée par une réaction du cerveau voisine de la perception, mais qui nous fait voir le monde différemment de ce qu’il est réellement.
    Nous avons dans les cas de perceptions normales et d’hallucinations, des « représentations mentales » analogues, mais vraies dans un cas et fausses dans l’autre. Mais fausses au sens où elles ne représentent pas le monde perçu par nos sens, mais en fait c’est plutôt un phénomène d’interprétation différente par nos organes sensoriels, car dans  la plupart des cas, ils sont en fonctionnement comme ils le sont dans la perception réelle ou dans le rêve.
    Il est donc assez difficile de différencier la perception réelle, de l’imagination, du rêve, de l’illusion et des hallucinations.
    C’est donc dans le fonctionnement du cerveau qu’il faut rechercher l’explication des hallucinations.
    Des neuropsychologues pensent en particulier, que dans le fonctionnement courant du cerveau, les centres responsables de l’interprétation des stimuli de perception, sont en permanence sollicités, soit pour interpréter de véritables perceptions, mais qui restent inconscientes car le thalamus, les jugeant sans intérêt, ne les transmet pas au cortex frontal (et elles restent donc inconscientes), soit pour préparer des décisions, ou pour participer à des processus mentaux inconscients (comme l’attention, la motivation, blocages, dialogue intérieur).
    Les hallucinations pourraient être une manifestation désordonnée au niveau de la conscience d’une partie de ces processus (comme le rêve qui se produit au moment où l’on se réveille), une sorte de rêve éveillé qui se sert de façon désordonnée de fonctionnement inconscients de nos organes d’interprétation des sens.

    L’étude de ces phénomènes est difficile car les hallucinations ne se produisent pas spontanément sur commande et les étudier sur des personnes atteintes de maladies mentales (schizophrénie notamment), n’est pas suffisant car l’extrapolation à des sujets en bonne santé n’est pas certaine.
    Les études ont été en général faites par imagerie RMN, ou par détection de particules issues d’un marqueur radioactif, sur des volontaires ayant absorbé des substances hallucinogènes.
    Il a d’abord été montré que au niveau moléculaire, les actions correspondantes se faisaient au niveau des récepteurs des neurotransmetteurs et surtout au niveau d’un récepteur particulier de la sérotonine, (car si on bloque son fonctionnement, l’action des hallucinogènes est presque complètement supprimé), et à une surproduction de glutamate dans le cortex frontal notamment. 
  
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/cerveauhallucinations.jpg    Au niveau des neurones, on a constaté que les centres les plus perturbés étaient le striatum, le cortex cingulaire, le thalamus et le cortex préfrontal et frontal. (voir schéma ci dessous). Ce sont aussi les centres les plus sollicités par l’état de conscience et la recherche sur les hallucinations est une contribution à la compréhension des phénomènes de conscience.
    Dans le cas des hallucinations, des blocages qui interviennent dans le fonctionnement normal, pour orienter les signaux vers les centres pertinents, n'interviennent plus, les communications normales entre ces centes se mélangent et ils sont submergés par le flot des informations, qui ne peuvent plus être interprétées correctement et se bousculent.
   
    Le problème le plus étudié est celui des hallucinations verbales, car c’est le plus évolué. C’est aussi, au plan médical, un problème beaucoup plus dérangeant que d’entendre parler et de s’apercevoir que c’est quelqu’un qui, à coté de vous, utilise son téléphone portable.
    Pour comprendre la suite, je vous rappelle quels sont les cinq centres impliqués dans la compréhension et la génération du langage (voir mes articles sur ce sujet) :
     - le centre d’interprétation auditive et
 le centre de Wernicke qui “comprend le langage”. L'oreille transmets les sons à l'aire auditive qui les décrypte et, lorsqu'il s'agit de mots (ou de sons apparentés), les signaux sont transmis à l'aire de Wernicke qui va les analyser, reconnaître s'il s'agit de langage et le décrypter en partie. Elle se met en relation avec l'aire de Geschwind pour en comprendre la signification.
       - les centres de Geschwind qui “mémorisent le sens des mots”.
      
       - le centre de Broca qui “exprime le langage, va utiliser grammaire et syntaxe et mettre les mots en phrases, puis il va commander les muscles de la parole ou de l'écriture, par l'intermédiaire du cortex moteur primaire.
     - une aire “moteur primaire” commandant les mouvements de la glotte, des lèvres et des autres parties associées à la production physique des sons de la parole ou les muscles des mains lors de l’écriture ou de la frappe.
    Maintenant faites un petit exercice :
       
    Pensez au prochain article, ou à une lettre que vous allez écrire à une amie, ou à ce que vous allez raconter de votre journée à vos parents et essayez de faire mentalement un brouillon.
 Vous allez vous rendre compte alors que vous utilisez des mots : la pensée de l’homme se fait essentiellement en utilisant le langage.
       
    Mais ces mots vous ne les entendez pas, vous les comprenez directement sans les entendre et vous savez que c’est vous qui en êtes l’auteur.
 En outre vous les associez à des émotions et des images qui viennent de l’hémisphère droit par le canal du “corps calleux”, ce gros faisceau qui contient des millions de fibres nerveuses et transmet les informations d’un hémisphère à l’autre.
     Lorsque vous parlez le cortex frontal, Wernicke et Geschwind conçoivent les idées avec des mots et ils envoient ce “brouillon” à Broca qui va utiliser syntaxe et grammaire pour en faire une phrase compréhensible et correcte. Puis Broca va actionner les organes de la parole. Votre attention est concentrée sur la conception et l’expression de ce que vous allez dire et donc est “en avance” de quelques secondes et  de quelques mots sur ce que transmets et fait dire Broca à vos lèvres. 
       
     Certes vous entendez ce que vous dites et Wernicke traduit cette audition, mais juste pour vérifier que c’est conforme à ce que l’on voulait dire et repérer des “lapsus”. En fait le centre de Broca, quand vous parlez, inhibe toute transmission interne en retour vers le centre de Wernicke, de telle sorte qu’il ne traite pas votre propre parole avec la même attention que si c’était quelqu’un d’autre qui parlait.
    Lorsque nous pensons ce “blocage” est plus important; non seulement les centres moteurs de la parole ne sont pas activés, mais la transmission vers le centre de Wernicke est totalement bloquée, car il n’a aucune de vos propres paroles à écouter, puisque vous pensez “intérieurement”, et ne parlez pas.
    C’est ce que montre le premier schéma ci-dessous, à gauche.
   

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     Chez certaines personnes, cette inhibition n’existe plus ou est temporairement perturbée, comme le montre le deuxième schéma à droite.
 On n’en connaît pas la raison exacte car il n’est évidemment pas possible d’expérimenter sur le cerveau humain d’une personne vivante, et l’expérimentation animale est exclue, puisque les animaux ne savent pas parler.
     Donc dans ce cas anormal, le centre de Broca renvoie dans le cerveau même, les informations non seulement vers le cortex, mais aussi vers le centre de Wernicke et donc aussi celui de Gechwind. Ceux ci se comportent alors comme s’ils recevaient ces information du centre de traitement auditif et croient qu’il s’agit de personnes extérieures qui vous parlent.
       
    Ceci n’a rien d’une démence : c’est une simple anomalie dans les connexions (peut être des connexions en trop qui ne se sont pas éliminées?).
       
    Les personnes en cause croient alors “entendre des voix” d’autres individus qui leur disent en fait ce qu’elles pensent elles-mêmes, ce qu’elles étaient en train d’élaborer comme pensées. Ces voix semblent réelles entendues par l’oreille droite ou même les deux oreilles et alors localisées.

Dimanche 2 février 2014 à 8:12

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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    J’ai défini hier ce qu’étaient des hallucinations en général; aujourd'hui je vais détailler un peu quelles en sont les manifestations :

Les hallucinations visuelles :


    J’emprunte cette description à des articles d’Alexandre Lehmann, chercheur en sciences cognitives au Collège de France.
    Les hallucinations visuelles peuvent dans certains cas être assez complexes et mêlées à des sensations autres que visuelles : animaux, paysages, scènes humaines, paroles, chants, sensation de main qui nous agrippe, odeurs…. Ces scènes ont en général lieu lorsque les yeux sont fermés.
    Mais le plus souvent, elles restent élémentaires : éclairs de lumière et couleurs, figures géométriques plus ou moins organisées, points, quadrillages, cercles, bruits indéfinis, grondements, vibrations, sensations de picotement.
    Elles se produisent aussi bien les yeux ouverts que les yeux fermes. Lorsque les yeux sont ouverts, des motifs élémentaires peuvent être combinés avec des éléments de la scène environnante. La forme, la taille, la perspective, la brillance et les couleurs des éléments présents dans le champ visuel sont déformées. Les objets semblent parfois animés d’un mouvement de pulsation périodique.
Dans certains cas rares, les hallucinations visuelles peuvent être si intenses que la personne ne voit plus du tout la scène environnante, bien que ses yeux soient ouverts.
     Les différents éléments du contenu et leur disposition spatio-temporelle, peuvent être, comme dans un rêve, plus ou moins incohérents. La fréquence d'apparition et Ia durée d'une hallucination peuvent varier notablement : intermittente et brève, ou chronique et persistante. La personne est en général capable de distinguer I'hallucination et la scène perçue, mais, dans certains rares cas, il peut confondre hallucination et perception.

Les hallucinations auditives :

    Il s’agit de sons simples (bourdonnements, grondements, frottements, chocs, sifflements, bruits mécaniques), mais aussi de sons complexes (eau qui coule, cloches, claquement de porte, bruits de casse d’objets, chuchotements, gémissements, bruits de pas, musique, voix). Elles peuvent être localisées dans I'espace ou sembler provenir de I'intérieur du corps.
    Dans des cas plus rares les sons de voix, connues ou inconnues peuvent devenir des paroles cohérentes, ou du moins ayant un sens. Dans certaines maladies mentales, les personnes croient entendre des voix, amicales ou hostiles, qui leur dictent leur conduite, ou leur font compliments et reproches.
    Les hallucinations verbales sont souvent associées à un « syndrome d’influence » :
Ia personne a I'impression que ses gestes et pensées sont contrôlés par une force extérieure.

Hallucinations olfactives et de goût :

    Ces deux phénomènes sont le plus souvent liés, I’odorat jouant un rôle primordial dans l'appréciation gustative.
    Les témoignages parlent odeurs de putréfaction et de décomposition, de pneus brûlés, des odeurs de rose, de cannelle, et même d’odeur « sainteté » (je pense que ce sont des personnes naïves qui croient sentir de l’encens ou des odeurs de cierges). Quant aux hallucinations gustatives, sont mentionnés les goûts d'huîtres, d'oignons, de métal ou encore des sensations stomacales, qui s’apparentent plus aux sensations tactiles.

Hallucinations tactiles et kinesthésiques :

    Elles peuvent être « externes » et « superficielles », (sensations thermiques, de viscosité, picotements, impression d'être piqué par des aiguilles, d’être touché, fourmillements…), et les hallucinations qui semblent venir de l’intérieur du corps et notamment viscérales (douleurs, lourdeurs, expansion ou contraction des organes, palpitations).
    La kinesthésie est le sens sens qui nous renseigne sur la position du corps,
la posture, la position et l’état de contraction de nos muscles et de nos membres, I’équilibre et les mouvements.
    Les capteurs de gravitation sont dans l’oreille interne et les centres de contrôles se trouvent sur le dessus arrière du crâne. (voir schéma ci contre).
    Une hallucination kinesthésique se manifeste par une simple sensation de tremblement, par l’impression d'être situé sur un disque rotatif, la sensation de s'enfoncer dans le sol ou de s'élever dans les airs. Egalement la sensation de distorsion et d'élongation des membres, de membres surnuméraires ou manquants. Une des illusions les plus communes de ce type d'hallucination est celle des membres fantômes que ressentent certaines personnes amputées, qui ont l'impression d’avoir encore la jambe ou le bras perdu.
    Certaines hallucinations combinant tactile, olfactif et auditif est la sensation de présence de quelqu'un près de soi, dans laquelle les personnes décrivent une présence, ressentent le souffle de sa respiration, l'entendent se déplacer, sentent son odeur ou ont la conviction d'une présence. Cette « personne fictive » semble souvent imiter les mouvements et postures du sujet. Ce type d'hallucination est lié au problème du « double, miroir du sens de soi ».
    Une autre hallucination complexe est c elle où le sujet a la sensation d'être sorti de son corps, (ce qui correspond à une hallucination kinesthésique) et de s'observer lui-même depuis une position spatiale élevée (hallucination visuelle).

    Demain j’essaierai d’expliquer ce qui se passe dans le cerveau pour certaines de ces hallucinations.

Samedi 1er février 2014 à 8:04

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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     As tu vu des éléphants roses.? Mais pourquoi pas bleus pour les garçons ?       
     Combien de fois avez vous dit cette phrase en se moquant de nos camarades.? Soit parce qu’ils étaient un peu partis pour avoir bu de l’alcool ou fumé du cannabis; quelquefois aussi, parce que stressés ils tenaient des propos pas très logiques.
    Mais on parle aussi, pour des personnes malades mentalement d’hallucination, et on en prête même à des gens très sensées, qui, si on croit la légende, ont entendu « des voix ».
    Je vais donc refaire plusieurs articles sur les hallucinations, mais j’en avais déjà écrit les 8, 10, 12 et13 février 2009 et vous pouvez aussi vous y reporter.

    Si vous consultez un dictionnaire, vous trouverez qu’une hallucination c’est “une perception sans objet”, c’est à dire sans objet réel à percevoir par nos sens et donc sans stimulation extérieure de l’organe sensoriel associé à l’hallucination.  (en latin hallucinatio signifie égarement, erreur, tromperie).
    En fait ce n’est pas vrai car l’organe sensoriel est en général sollicité, mais le cerveau ne donne pas alors la sensation correspondant au stimuli extérieur, car il l’interprète de façon erronée.
    Les neurobiologistes n’aiment pas cette définition et disent plutôt que c’est “un état mental dont le contenu est conscient, involontaire, et sous certains aspects semblable à la perception ou au rêve”.
    C’est donc un phénomène qu’on croit réellement avoir vécu (contrairement au rêve), et qui a touché un ou plusieurs de nos sens.

    Les hallucinations touchent tous les sens : les hallucinations visuelles, bien sûr, mais aussi auditives, verbales (entendre des voix), gustatives ou encore de l'équilibre et de I'orientation. Certaines mélangent même les sensations.
    Le phénomène est complexe sur le plan physiologique et psychologique, mais même en matière de nature : que sont ces hallucinations :une réalité qui n'en est pas une, une fausse perception, une illusion ?
    On est proche de la philosophie de terminale : peut on toucher, voir ou entendre ce qui n’existe pas.? Ce qui existe est il forcément perceptible par nos sens? Est ce qu’un rêve, une douleur, une pensée, voire même les couleurs existent ?
    Et fait ce sont des phénomènes qui interviennent dans notre cerveau, et cela on peut le mesurer (au moins partiellement). Mais ensuite nous avons conceptualisé, utilisé notre langage pour rendre abstraits ces phénomènes.

    Et  comment étudier les hallucinations, alors qu'elles sont fugaces et imprévisibles ? En étudiant le cerveau de personnes schizophrènes, mais des personnes normales peuvent aussi avoir des hallucinations. Sont elles les mêmes?
    Une autre façon de les étudier consiste à suivre I'effet, sur des volontaires, de substances hallucinogènes.
    Dans les deux cas, on peut enregistrer par imagerie les perturbations neurobiologiques que déclenchent ces hallucinations dans le cerveau.

    On s’imagine que ce sont surtout les gens atteints de maladies mentales ou ceux qui ont consommé alcool ou drogues, qui sont sujets à ces manifestations.
    En fait c’est beaucoup plus courant chez des personnes tout à fait en bonne santé physiologique et psychologique : 50% des hallucinations se produisent dans un état de semi-conscience transitoire entre l’éveil et l’endormissement, 37% survenant quand on s’endort et 13% au réveil.
     Le manque de sommeil, le manque d’oxygène, le manque de nourriture favorisent leur apparition. De même une sous-utilisation ou une surcharge d’un de nos sens. Egalement des conditions extrèmes physiques ou psychiques peuvent les déclencher (exploit sportif, accident, décès d’une personne aimée, fatigue ou douleur intenses, dépression, voire euphorie).
    Les phénomènes hallucinatoires sont très complexes et la manifestation sensorielle ou la confusion des sens ne représente qu'une facette. Une hallucination combine souvent des composantes sensorielles, psychiques et émotionnelles (souvent angoisse ou euphorie).

    Dans le prochain article de demain, je détaillerai ce que sont les hallucinations de nos sens notamment visuelles, auditives et olfactives, voire tactiles et de l’équilibre, car c’est trop long pour tenir dans cet article.

    Par contre quelques mots sur des hallucinations psychiques, sans rapport avec nos sens et où seules les pensées du sujet entrent en jeu.
    Elles peuvent avoir une incidence sur les états mentaux, cognitifs et émotionnels et peuvent bouleverser le sens du temps et de l’espace, l'attention ou encore les notions d'individualité et de contrôle conscient.
    De façon plus générales, elles perturbent la notion du « moi », de la distinction entre soi-même et d’autres personnes réelles ou imaginaires, ou entre son corps, soi-même et son environnement (par exemple entre la personne et l’objet qu’elle voit).
    Il peut y avoir confusion entre le visible et l’invisible, mais aussi mélange entre le conscient et l’inconscient.

    Certaines personnes ont des hallucinations, mais s’en rendent compte et les différencient de la réalité, mais dans la majorité des cas les personnes hallucinées croient avoir vécu leur ressenti, contrairement à ce qui se passe dans les rêves.

Vendredi 3 janvier 2014 à 7:59

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

 Après l’article d’hier, vous vous demandez, sans doute, quelles sont, dans notre cerveau,  ces aires d’interprétation de la vision.
    Il faudrait une dizaine d’articles pour vous les décrire et je me contenterai donc d'une énumération et des schémas ci dessous,
 empruntés à l’université McGill et légèrement complétés, ou au contraire simplifiés.


http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/corpsgenouille.jpg    Les fibres du nef optique ont un premier relais dans le thalamus, qui coordonne nos sensations, dans ce qu’on appelle le « corps genouillé », qui comporte six couches qui sont comme des crêpes superposées repliées sur elles même en forme comme l’articulation du genou.
    L’oeil droit est relié à la partie gauche et l’oeil gauche, à la partie droite.

    Des fibres relient ces diverses couches à celles des neurones de l’aire V1, du centre d'interprétation de la vue, à l’arrière du cerveau, dans le lobe occipital,  mais ceci dans les deux sens, cette aire d’interprétation agissant en rétroaction sur les neurones du corps genouillé. On pense que le choix de la cible d’interprétation et le basculement dont on a parlé dans l'article d'hier, seraient dus à cette rétroaction. le centre d'interprétation hésitant entre deux images, demanderait au thalamus, de filtrer les perceptions et de lui envoyer alternativement les information des deux sortes.

    Les signaux de chaque neurone de la rétine arrivent dans cette aire V1, sur des groupes spécifiques de neurones, de telle sorte que, si on analyse par exemple sur le cerveau d’un singe, les signaux de ces neurones, on s’aperçoit qu’ils repréentent exactement une image de ce que nos yeux voient; (voir en fin d'article el schéma du singe).
    C’est pourquoi l’aire V1 est appelée l’aire « primaire » de la vison qui nous fournit une image « brute » de ce que nous voyons, avec des nuances d’intensité, mais, en quelque sorte, en niveau de gris pour comparer à votre imprimante.
    Ce traitement au niveau de l’aire V1 est assez grossier, alors que nous avons parfois besoin de voir des détails et de préciser des formes : l’aire V1, envoie de nombreuse connections vers une aire secondaire V2, qui analyse les détails dont nous avons besoin. (sur le schéma V1 et V2 œwoil droit et gauche)

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/airesvision.jpg

    L’analyse des stimuli visuels amorcée dans V1 et V2 se poursuit ensuite à travers deux grands systèmes corticaux de traitement de l’information visuelle. La première est une voie dite « ventrale »qui s’étend vers le lobe temporal et serait impliquée dans la reconnaissance des objets. La seconde est une « voie dorsale » qui se projette vers le lobe pariétal et serait essentielle à la localisation des objets (et de notre position dans l’espace) et cela dans trois nouvelles aires V3, V4 V5, qui se dédouble entre ces deux voies; (voir schéma).
    L’aire V3 se sert des données de V1 et V2 pour analyser les formes et va donc nous permettre ensuite une reconnaissance des objets et de leur environnement, mais en participant à l’analyse de leur mouvement  (en repérant des positions successuioves fournies par l’aire V5.
    Cette aire V5 par des balayages successifs, repère les positions des sensations identiques à des instants différents et donc analyse les mouvements, et notamment les vitesses de déplacement. Ses neurones partes des données des aires V1 et V2 qui concernent chaque point de l’image, mais ensuite l’aire V5 est aidée par l’aire V3 pour reconstituer le mouvement d’un objet complet, l’aire V3 aidant à assembler les points qui le constituent.
    L’aire V4 est reliée surtout aux informations des cônes de la rétine et sert donc à l’interprétation des couleurs. 
    Notons que finalement la « couleur » n’existe pas en elle même : c’est un simple signal énergétique associé aux photos renvoyés par l’objet, analysés par les connes qui sont sensibles de façon différente à ces impacts énergétiques, et qui transmettent donc un pourcentage de trois composantes ((rouge, vert, bleu), et ces sensations, lorsque nous sommes enfants, nous apprenons à les associer à un nom de couleur et à des nuances.

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    Enfin deux aires plus évoluées sont l’aboutissement de ce traitement : ce sont les aires 6 et 7 mais que je préfère appeler le « quoi » et le « où ».
    Les aires « Quoi », sur la voie ventrale, dans les lobes temporaux, rassemblent les renseignements sur l’objet et donc permettent de l’identifier et elles sont en liaison avec les aires du vocabulaire (Geschwind), pour donner un nom à l’objet reconnu, et avec l’hippocampe pour mettre en mémoire d’éventuelles données.
    Les aires « Où » sur la voie dorsale et dans les lobes pariétaux localisent les objets et leur mouvement, établissent une carte qui nous permet de nous orienter, de nous déplacer et d’agir.
    Ces données du Quoi et du Où, sont évidemment transmises au cortex préfrontal, le chef d’orchestre du cerveau, qui prend les décisions d’action réfléchies, et oriente éventuellement les yeux (et les autres sens), pour obtenir des informations supplémentaires.

    On voit que ce traitement des informations visuelles est extrêmement complexe. Il fait l’objet de très nombreuses études. SI vous tapez « cortex visuel » sur Wikipédia, vous trouverez des articles assez complets, mais difficiles à lire, qui vous donneront un aperçu plus complet et détaillé.
    Le cortex visuel est l’un des éléments les plus volumineux du cerveau : il compte environ 5 milliards de neurones.

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Un singe regarde l'image projetée à droite sur le tableau blanc.

On observe l'activité de ses neurones de la couche V1 (rond rouge dans le cerveau droit, qui interprète l'image de l'œil gauche;) et l'IRM montre la figure en bas du schéma, qui reproduit en formes et proportions l'image vue sur le tableau. Il y a dans la V1 de gauche une image analogue de ce que voit l'œil droit.

Jeudi 2 janvier 2014 à 8:15

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

   Il m’est souvent arrivé de lire de petits articles qui présentaient des illusions d’optique, ou des dessins originaux que l’on pouvait interpréter de façons diverses.
     Je vous montre ci dessous une photo, sur laquelle, vous pouvez voir, tantôt un vase ancien couleur crème, tantôt deux silhouettes noires de visages de profil, de personnes qui se regardent.

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    Cette perception incertaine nous trouble toujours.
    J’ai lu récemment une explication qui m’a intéressée, et j’ai pensé que certains d’entre vous aimeraient peut être la connaître.

    En fait si vous faites plusieurs fois l’essai de cette vision, en regardant l'image une vingtaine de secondes, vous vous apercevrez que spontanément, vous voyez alternativement ces deux types de figures et que chaque image persiste quelques secondes (entre 5 et 7), mais que une fois que vous avez compris le processus, vous pouvez accélérer le passage de l’une à l’autre, mais dans de faibles proportions seulement
    Cette alternance des perceptions résulte d'un basculement de l'activité des neurones lors de la première étape de traitement des informations visuelles, en provenance de l’oeil et transportée par le nerf optique, dans I’aire visuelle primaire, nommée V1 du cortex cérébral d’interprétation de la vision, situé à l’arrière de notre crâne.

    Lauri Parkkonnen et ses collègues de l’université d’Helsinki ont éclairé les pixels des deux parties de l’image à des fréquences d’illumination différentes, les visages à 15 hertz et le vase à 12 hertz, ce qui ne change pas la perception précédemment décrite.
    Ils ont alors fait regarder ces images par des personnes dans un scanner d’imagerie cérébrale permettante de suivre la fréquence d’activation des neurones du cerveau. Ils ont alors constaté que les neurones du cortex visuel primaire s'activaient à 12 hertz pendant environ cinq secondes, signe que Ie cortex traitait les informations en provenance du vase, puis à 15 hertz pendant cinq secondes à nouveau, ce qui indiquait qu'il traitait les signaux correspondant aux deux visages.
    Selon les auteurs de cette étude, le cortex visuel primaire change d’activité périodiquement sous I'influence d’autres zones de traitement des informations visuelles dites aires secondaires, lesquelles empêchent ainsi la perception de rester bloquée sur un mode unique d’interprétation.

    Cette modularité est essentielle pour explorer les différentes possibilités de I’environnement visuel, et pour pouvoir communiquer avec ses semblables : que se passerait-il en effet, si notre cortex visuel était incapable d'alterner entre deux types de
perception ? Les uns verraient seulement le vase, les autres seulement les visages, et nous serions incapables de communiquer à autrui une même réalité.

    Demain je vous donnerai une idée de ce que sont ces centres de notre cerveau qui interprètent les perceptions issues des rétines de nos yeux.

Mardi 17 décembre 2013 à 8:49

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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    Quand on vieillit, même si on essaie de conserver le maximum d’exercice intellectuel, les capacités du cerveau diminuent, parce que nombre de neurones ont peu à peu disparu, dans tous les centres et notamment l’hippocampe, qui est le chef d’orchestre de la mémoire.
    je m’en aperçois tous les jours.
    Quand je rédige un article, je ne veux pas utiliser le même mot dans deux lignes successives et d’habitude j’écrivais le mot homonyme sans même m’en préoccuper, et maintenant, parfois je reste une ou deux secondes avant qu’il ne revienne en mémoire : c’est agaçant !!
    Mais ce qui me frappe le plus, c’est la baisse de capacité des centres tampon de mémoire immédiate, qui stockent des données de façon provisoire, pour quelques instants où elles sont nécessaires. Par semple je bricole et je poseur outil sur une table, et deux minutes après j’en ai besoin et « où diable ai je posé cet outil ? »; je mets dix secondes à me rappeler où il est. Et il m’arrive parfois pour retrouver mon téléphone portable dont je me sers très peu, de l’appeler à partir de mon téléphone fixe, pour que sa sonnerie m’indique où il est. Enervant n’est ce pas.
    un autre désagrément est la baisse de capacités discriminatoires auditives, due à la fois à une moindre perception des différences de fréquences par l’oreille, et une baisse de performance des centres d’interprétation cérébraux.
    Autrefois j’arrivais autour d’une table à suivre deux conversations c’est à dire ce que disaient deux entre elles deux groupes de personnes, s’ils n’étaient pas trop éloignés. Maintenant il faut que je choisisse : l’un ou l’autre, mais pas les deux à la fois. Et si quelqu'un parlait à coté ou écoutait la radio ou la télé et que je réfléchissait, cela ne me gênait pas; j’arrivais à m’abstraire. Maintenant c’est plus difficile : entendre d’autres paroles ralentit ma mémoire et ma réflexion.
    Il faut bien admettre qu’on vieillit, mais cela m’a incité à voir comment le cerveau s’accommodait des bruits environnants.

    Le bruit environnant n’est pas une pollution moderne. Je me rappelle que dans les versions latines de mon enfance, on se plaignait déjà du bruit dans les rues de Rome.
De nombreux auteurs que nous étudions en littérature se plaignaient d’être gênés par les voix, la musique, le bruit des carrosses et chevaux …
    Maintenant on nous sussure (mais parfois trop fort) de la musique, dans les magasins, dans les centres commerciaux, au restaurant.
    Cela nous empêche de communiquer, mais les chercheurs ont montré que cela amène en plus une certaine tension émotionnelle. Nos centres amygdaliens réagissent et font augmenter notre tension artérielle.
    Mais ils ont aussi montré que ile bruit ambiant perturbe la mémoire et notamment, la mémoire tampon immédiate. (donc je ne suis pas anormal ! lol).
    Il existe dans notre cerveau une « boucle phonologique ». les mots que l’on entend, mais aussi ceux que l’on « prononce virtuellement sans parler » dans notre cerveau, sont enregistrés pour quelques dizaines de secondes voire une minute ou deux. Il y a d’ailleurs aussi une « boucle visuelle » qui enregistre les images (là où j’avais posé mon outil).
    Supposez que l’on vous donne un numéro de téléphone que vous voulez notre, pendant que vous cherchez crayons et papier, ou votre carnet d’adresse sur votre ordinateur ou téléphone, ce centre se répète en boucle ce numéro, pour ne pas l’oublier, jusqu’à ce que vous l’ayez noté. Parfois vous le faites même consciemment.
    En se servant d’exercices analogues, les chercheurs ont montré que le brouhaha environnant s’il était nettement perceptible (entre 40 et 70 décibels),  perturbait le fonctionnement de ces centres, qui mémorisaient alors moins longtemps, mal ou pas du tout et que ce n’était pas dû au système auditif, mais au fonctionnement du cerveau.
    Ce phénomène était davantage perçu s’il s’agissait de paroles ayant un sens (l’attention étant alors focalisée inconsciemment sur leur compréhension) et que, s’il s’agissait de musique, le phénomène était plus important s’il s’agissait de séquences de sons rapides ou de fréquences très différentes, alors qu’une mélodie lente, douce, et harmonieuse, apportait moins de perturbations. (n’écoutez pas du rock en travaillant intellectuellement !!)
    On comprend ce qu’ont constaté les entreprises : les bureaux collectifs panoramiques, sans cloisons, diminuent le rendement en raison du bruit amblant et il est plus difficile de lire dans le métro que dans le calme de son bureau.
    Il est difficile pour les enfants qui vivent dans un logement trop exigu, de faire leurs devoirs dans une pièce où d’autre dont du bruit, et les élèves des premiers rangs de la classe suivent mieux le cours que ceux du fond de la classe (peut être est ce pour cela que la rumeur dit que les cancres sont au fond de la classe ! lol).
    Une autre explication est que si l’on est environné de bruits parasite, le cerveau agit comme un filtre en isolant le signal utile des parasites, et cela mobilise des ressources importantes. Celles ci ne sont plus disponibles pour la réflexion et la mémorisation.

    Deux conséquences :
        - il faut essayer, lorsque l’on a du travail à faire, de s’isoler du bruit ambiant, et surtout des conversations d’autrui. Et si l’on écoute de la musique, ce qui isole un peu des bruits autres, il faut écouter une musique douce, lente et pas trop forte.
        - il faudrait que les pièces où l’on doit communiquer et travailler soient aménagées en mettant des absorbants sur les murs, les plafonds et au besoin entre les tables dans une cantine ou un restaurant.
    L’un des effets les plus perturbateurs est la durée de persistance des réflexions d’un son par les parois, qui est de plusieurs secondes dans une église, et de moins d’un dixième de seconde dans une salle d’enregistrement de disques.
Les murs des restaurants ou des classes devraient être aménagés pour que le temps de réverbération soit de l’ordre de 0,5 secondes.
    C’est notamment important dans les classes primaires car les jeunes enfants ont plus de difficultés à comprendre le sens de paroles dans un environnement bruyant.
    La technique progresse, avions et automobiles sont moins bruyantes et même nos appareils ménagers, mais pas nos chaînes stéréo !!

Vendredi 30 août 2013 à 8:43

Notre cerveau; nos sens; système nerveux

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            J'ai lu un article très morbide, mais néanmoins intéressant par son coté insolite.
            Cela montre encore une fois, combien nous connaissons mal à quoi correspond la conscience (pas au sens moral du terme, mais "être conscient de ").
 
            Un meurtrier, condamné à mort, a été guillotiné le 28 juin 1905.
            Le docteur qui l'assistait, alors que la tête venait de rouler sur le sol, l'appela par son nom. La tête rouvrit les yeux et fixa intensément le docteur avant de fermer à nouveau ses yeux à jamais. Le docteur a consigné les faits dans les Archives d'Anthropologie criminelle.
 
            Le chimiste bien connu Lavoisier, qui le premier a énoncé la loi de conservation de la matière, a été guillotiné sous la révolution. Ses découvertes chimiques sont en partie conditionnées par le fait qu'après avoir servi à l'administration des Poudres, il était fermier général (les collecteurs d'impôts du royaume), et que son service possédait la balance la plus précise d'Europe, (pour peser l'or), qui lui a permis de faire des pesées moléculaire de gaz et d'énoncer la loi de Lavoisier (une mole de gaz pèse, à zéro degré, 22,4 litres).
            Mais ce poste de fermier général lui valut d'être guillotiné à Paris lors de la terreur, le 8 mai1794, à l'âge de 50 ans, ainsi que l'ensemble de ses collègues.
            Son assistant étant guillotiné juste avant lui, il lui demanda avant de mourir, qu'il cligne des yeux s'il l'entendait prononcer son nom, juste après que le couperet soit tombé. Il semble que la tête séparée du corps ait réussi à le faire, quelques secondes après.
 
            Les biologistes se sont évidemment posés des questions sur ces problèmes de conscience après la mort.
            On sait que le corps et la colonne vertébrale gardent des possibilités de réaction : des canards et des poules auxquels on a coupé le cou dans une ferme, s'envolent chez le voisin.
            Mais on n'avait pas de connaissance sur ce qu'il se passait au niveau du cerveau.
            Des essais sur des rats montrent que l'activité cérébrale est caractérisée par des ondes de 13 à 100 hertz, qui reflètent son état de conscience.
            On constate, lorsqu'on décapite un tel rat, que ces ondes restent actives pendant 4 secondes, puis diminuent et disparaissent complètement au bout de 17 secondes.
            Cela est probablement lié à l'activité des neurones qui jouent à l'intérieur du cerveau, le rôle de métronomes, étant en quelque sorte des oscillateurs électriques à des fréquences données. Ils ne sont pas immédiatement privés d'oxygène et continuent donc à envoyer leurs signaux.
            Ce qui se passe dans le cerveau, on ne le sait pas, mais il est probable que la conscience reste possible, de même que les perceptions dans ce délai de 4 secondes.
            Ensuite il est probable que la conscience décline et le relevé des encéphalogrammes suggère que le rat tombe progressivement dans les 17 secondes, dans une torpeur analogue au sommeil.
            Puis on constate qu'au bout d'environ 50 secondes, se produit une intense onde de basse fréquence, vraisemblablement due à la dépolarisation de l'ensemble des neurones du cerveau, qui, privés d'oxygène, cessent de fonctionner et basculent donc dans la mort.
            Il est probable que les phénomènes sont voisins pour le cerveau humain, à quelques secondes près.
            Le problème est évidemment différent lors d'une mort naturelle de maladie par exemple, car le cerveau n'est pas brutalement privé d'oxygène, mais peut l'être partiellement, ou que certaines liaisons ne sont plus possible, ce qui peut par exemple entraîner un coma, sans qu'il y ait mort immédiate.
 
            Même si les neurobiologistes avancent sur la connaissance des problèmes de conscience, cela reste un phénomène mal connu, car il concerne l'ensemble du fonctionnement du cerveau, et des liaisons internes, notamment entre le cerveau émotionnel et le cortex préfrontal.

WANTED

Je profite de cet article pour dire que je recherche une correspondante dont le pseudo est Charlotte7777, qui m'a écrit un commentaire auquel j'aurais voulu répondre, mais je n'ai pas trouvé de blog correspondant à ce pseudo (une fois de plus, l'annuaire de Cow est très mal fait).
Peut elle me donner un moyen de la joindre sur mon blog "contacter l'auteur" ? Merci.

                       
http://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/Unknown-copie-2.jpg             Mon article d'hier essayait de résumer les théories d'Erik Erikson sur le développement de l'enfant et de l'homme sous l'influence de l'environnement social.
            Je voudrais revenir ici sur les travaux de Milton Erickson, cités par  mon correspondant dans son commentaire.
            C'est un psychiatre américain (1901/1985), qui a fait de nombreux travaux sur l'hypnose et qui a appliqué ses méthodes thérapeutiques sur lui même car il a été par deux fois atteint de poliomyélite qui l'avait partiellement paralysé, et il souffrait pas ailleurs de nombreuses allergies.
Il était également dyslexique et daltonien. Il a travaillé avec des chercheurs et professeurs connus, a lui même enseigné et a été directeur de recherche psychiatrique dans de grands hôpitaux. Sa seconde femme, psychologue l'a assisté dans ses travaux.
 
            Une des caractéristiques d'Erickson est qu'il considère que les méthodes psychiatriques sont souvent inefficaces car on a trop recours à des théories générales, alors que chaque homme a un cerveau particulier, et il pense que les traitements doivent être individualisés et adaptés à chaque personne. Le thérapeute doit comprendre ce qui convient au patient au moment particulier de sa maladie.
            C'est le premier psychiatre à considérer que le patient est unique.

            Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation.
            Erickson a pour l'époque une conception de l'inconscient beaucoup plus moderne que Freud et qui se rapproche de la conception actuelle des neurobiologistes. Pour lui l'inconscient n'est pas un perturbateur psychologique, par les pulsions et refoulements notamment sexuels qu'il engendre, mais une partie utile de notre psyché, qui peut être une ressource pour le patient, si on lui apprend à l'utiliser pour trouver des solutions à ses problèmes, en changeant ses comportements.
 
Jusqu'à Erickson l'hypnose consistait à plonger le patient dans un pseudo sommeil profond. Il a mis au point une méthode d'hypnose brève et "éveillée", fondée sur la relation patient-thérapeute et à mettre au point l'autohypnose, en utilisant utiliser une technique «sur mesure» : autosuggestion par des images, de la musique, contrôle de la respiration, focalisation sur une zone du corps.....
.
            Erickson considère que lorsque notre esprit quitte la réalité, notre attention et notre cerveau étant monopolisé par un phénomène, une lecture, une idée et que l'on fait abstraction de l'environnement, on se trouve dans des états proches de l'hypnose brève.
            Il a mis au point des méthodes permettant de créer un état de conscience modifié, sorte de rêverie, qui permet d'accéder à certaines idées inconscientes, qui peuvent induire des solutions nouvelles aux problèmes.
            En parallèle, le cerveau produit des endorphines, hormones qui diminuent la douleur, qui vont lever des inhibitions, et permettre un traitement sans stress.

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