Mardi 17 février 2009 à 8:17

Scarification, suicide

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    Certaines d’entre vous m’écrivent  une phrase telle que celle-ci
“... Je comprend qu’une personne très malade ou dans une situation désespérée comme lors des guerres en Afrique, se suicide. Mais je ne comprends pas qu’on se suicide pour un chagrin d’amour ou des problèmes qui ne sont pas cruciaux. La vie c’est ce que nous avons de plus précieux !....”
    Alors aujourd’hui, je voudrais vous parler de “l’overdose de tristesse”.

    Ce n’est pas une notion “offiicelle” ni chez les neurobiologistes, ni chez les psys, c’est moi qui l’appelle ainsi, mais j’ai plusieurs fois constaté ce phénomène.
    Une jeune peut avoir des problèmes, nombreux mais assez bénins et être active, joyeuse, pleine de vie. Personne ne s’attend à quoi que ce soit.
    Et puis un jour cela va moins bien, elle est fatiguée, elle a eu des ennuis : mauvaise note en classe, copines qui lui font la tête, reproche des parents ...
    Alors la tristesse la gagne et le soir, avant de dormir, elle rumine sa peine.
    Ses sentiments négatifs tournent en rond dans son cerveau émotionnel, (le circuit de Papez), et à chaque ”tour” les centres amygdaliens rajoutent un zeste de stress et cela s’accumule.
    Elle se sent malheureuse, les larmes viennent, la tristesse augmente, elle ne raisonne plus et les pensées morbides apparaissent tout à coup ! Le contact entre le cerveau émotionnel et le cortex frontal est coupé et celui ci ne peut plus prévoir les conséquences possibles des actes qu’on va commettre.
    Elle est là au bord du gouffre, sur le chemin du suicide.

    Cet engrenage m’a été très bien décrit par une de mes correspondantes, il y a plus de 4 ans et  elle ne vient pas sur Cowblog et est en parfaite santé : donc vous ne pouvez l’identifier et je peux la citer, en coupant les aspects trop personnels :

    “.....parce que on en a marre de vivre, on se dit que si c'est comme ça toute la vie , il vaut mieux abandonner tout de suite.
    parce qu'on est lâche et qu'on préfère la facilité plutôt que de se battre .
    parce que les choses tristes se reflètent en nous comme dans un labyrinthe de miroirs et sont décuplées et nous font plus mal qu'elles ne devraient.
    parce que on renonce à chercher le bien et l'on ne pense plus qu'au mauvais
    parce qu'on se dit que ça ne changera jamais quoi qu'on puisse faire
    parce que c'est rapide, simple, qu'on se dit qu'on ne fera plus de mal
    parce qu'on a l'impression que personne ne nous pleurera
voilà c'est tout ce que je trouve pour l'instant ...

    .....c'est complètement idiot... il suffit d'une amie qui ne va pas bien, qui t'explique ses problèmes, enfin, ce qui ne va pas, pourquoi elle est triste.
    .. puis elle te dit que elle est complètement folle, que ses parents vont la faire enfermer , et que pour ça il n’y a qu'un moyen de se délivrer
    ... alors t'essaies de lui expliquer que c'est pas vrai, que c'est quelqu'un de géniale, que tu l'adores plus que tout, mais elle te croit pas...
    ....et ça continue...
    ....et c'est comme ça que t'as envie de mourir, parce que tes amis, ce sont des gens auxquels tu tiens énormément, et rien que d'imaginer une semaine sans eux, c'est dur, mais une vie c'est impossible, alors tu te dis que si t'arrives à ne rien faire pour les aider, autant partir avec eux, tu ne manqueras rien ...
alors tu sens les larmes couler sur tes joues ... depuis déjà plusieurs longues minutes...
    ....il n'y  a plus personne avec toi, personne sur msn .; te voilà toute seule ... face à ce couteau de randonnée qu’on t’a offert, il y a quelques mois ...et là, tu te demandes si tu seras assez courageuse pour l'enfoncer ... mais non , tu n'y arrives pas .. tu as trop peur de souffrir ...
    ....alors tu retournes dans l'armoire à pharmacie celle que tu as évitée depuis quelques mois, mais là ... ça recommence ...
tu prends des plaques de médicaments ...
et tu réfléchis ...à tout ce qui se passe de bien et de pas bien; tu sais que tu as plein de belles choses dans ta vie, mais voir des gens aimés souffrir, ça me fais énormément mal
     ...alors tu te dis pourquoi pas ...
tu vas jusque la salle de bain avec le verre qui te sert depuis plusieurs années tous les soirs , tu fais attention à ne réveiller personne surtout; tu reviens dans ta chambre, tu te mets bien confortablement dans le lit , les larmes continuent à tomber ... tu éteins ton réveil ... les larmes sont encore plus grosses, il n'y a plus personne pour te sauver ..
    ....et là, tu revois le visage des gens qui sont morts, ce qui te donne envie d'aller les rejoindre, cela fait tellement longtemps que tu ne les a pas revus ...
alors tu avales le premier cachet ... puis le deuxième , puis tu es prête à avaler tous les autres, et à attendre ton heure venir ..
 
    Si tu veux savoir ce que j'en pense là dans l'instant ... je pleure, je tremble comme quand je dois réciter au prof de maths la liste des intégrales usuelles que j'ai apprise la veille ....
 et je veux aller visiter un autre pays.......sauf si tu m’en empêches, vite, vite.... “


    Peut être avez vous compris maintenant, ce qu’est une “overdose de tristesse”, alors que finalement les raisons de désespoir n’étaient pas si importantes que cela.
    Dans ces cas là il faut effectivement intervenir, vite !

Lundi 16 février 2009 à 10:48

Scarification, suicide

Les premières fleurs sur ma terrasse après la neige et le froid : des crocus bleus, blancs, mauves et jaunes.

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Il y a des périodes dans l’année où les jeunes qui m’écrivent me posent surtout des questions générales ou scientifiques et où je fais donc des articles  un peu “scolaires” sur mon blog;
    Et puis à d’autres moments et sans que je puisse en connaître la cause, des jeunes- surtout des filles, celles que j’appelle les “guenons du vieux singe” que je suis, - viennent me raconter leurs malheurs.
    Depuis 15 jours je suis face à une recrudescence de jeunes qui me parlent de suicide, idées morbides passées ou présentes. Est ce parce que la radio et la télé en ont parlé de même que certains articles sur internet, des “journées du suicide”
    Je voudrais donc revenir sur ce sujet, que j’ai certes déjà traité, mais je ne pense pas que vous alliez fouiller dans mon blog où  il y a plus de 700 articles.
    Je vais donc consacrer à nouveau plusieurs articles au suicide des jeunes et à mes idées personnelles sur la question.

    On m’a parlé récemment de plusieurs ados qui se scarifiaient et qui ont fini par tenter un suicide en s’ouvrant les veines.
    Pourquoi cette obsession du sang et de la mort?
    Le suicide ne résout rien. La plupart du temps on se rate, et on peut rester infirme et le regretter toute sa vie. On plonge les siens dans la tristesse et l'angoisse de la possible récidive.
    Et ce n'est pas pour cela que la terre s'arrêtera de tourner et que le monde sera plus heureux. Alors à quoi cela sert il?
    Dans la mort le sang est figé à jamais. Le sang c'est au contraire la vie. Il sauve les malades, les blessés. Plutôt que de le répandre par terre, inutile, allez donner votre sang pour sauver des vies d'autres jeunes comme vous. Le remerciement de leur regard sera une consolation à vos pensées sinistres!

    Toi qui a envie de te suicider, tu vas me dire “Je souffre trop, c’est le seul moyen de m’en sortir”.
    Quand on en est là, c’est vrai que l’on est au bord du gouffre !

    La personne a l’air bien et soudain le cafard la submerge; elle ne sait pas bien pouquoi, elle ne raisonne plus, les pensées tristes tournent en rond dans son cerveau émotionnel (le circuit de Papez dont je vous ai parlé); des substances chimiques empêchent de bien fonctionner les centres de votre cerveau qui ne sait plus voir les choses agréables, ni produire raisonnement logique et volonté.
    Dans un prochain article je décrirai ce que j’appelle “une overdose de tristesse”
    A ce stade, on ne peut plus s’en sortir seul, il faut appeler à l’aide le plus vite possible.


    Mais, avant d’en arriver là on peut se prendre en main et réfléchir tant qu’on le peut encore : mes problèmes sont ils à la hauteur de ma souffrance?        
    Rien de plus naturel que la détresse d’un handicapé ou de quelqu’un qui a une maladie très longue ou incurable : il est normal qu’alors la vie soit parfois un fardeau.
    C’est aussi normal que la souffrance soit très forte, dans le cas d’un grave accident, d’un viol, du décès de quelqu’un qu’on aimait beaucoup, des enfants battus dont j’ai parlé hier. Là il faut aussi se faire aider pour en sortir.
    Pour un ado, c’est une épreuve difficile que des parents qui se séparent ou se font du mal; mais il faut se dire que c’est surtout eux qui souffrent, qu’ils ont besoin de l’aide et de l’amour de leurs enfants. Vous vous n’êtes que, pour un temps avec eux, et vous serez un jour indépendant (vous y aspirez et cela a ses avantages, mais cela a aussi ses inconvénients!). Et même s’ils se séparent vous continuerez à les voir et à être leur enfant.
    Un petit ami vous a laissée tomber : bien sûr, il y a de quoi vous rendre malheureuse. Mais pensiez vous vraiment à 15 ans trouver l’amour de toute votre vie? Dans quelques années vous auriez changé d’avis.
    Votre vocabulaire est d’ailleurs symptomatique : un véritable ami est un “grand” ami, alors que votre amoureux n’est que le “petit” ami !! Paradoxal !!
    Alors pleure un bon coup et dis toi que, quelque part dans ce monde, quelqu'un dont tu ignores l'existence, t'aimera un jour. Un (e) de perdu (e) dix de retrouvé (e)s (mais pas tout de suite, évidemment et il faut le chercher et il vaut mieux bien le connaître avant de l'aimer!).

    A part ces gros chagrins, vous avez un ordinateur, probablement l’ADSl, une chaîne pour écouter vos CD, un téléphone portable; vous pouvez regarder télévision et DVD. Vous ne devez pas être SDF.!
     Vos parents (dites vous), sont sévères, ne vous comprennent pas (c’est vrai pour tous les ados!) et ne vous aiment pas (ce n’est sûrement pas vrai).
    Vous vous sentez seul(e)? Qu’avez vous fait pour l’éviter, est-ce vraiment la faute des autres? Il faut souvent faire le premier pas.
    Vous vous sentez nulle ? Faites donc le tour de vos défauts et de vos qualités : vous verrez que celles ci existent et prenez des résolutions pour combattre et diminuer vos défauts.
    Rien ne vous réussit, il y a trop d’obstacles : écoutez le conseil d’une camarade de 15 ans qui m’écrivait un jour : “Tu sais, la vie est parfois étrange, avec son lot de surprises et d'imprévus, et il ne nous est pas donné de savoir à l'avance combien d'étapes nous devrons franchir, ni combien d'obstacles nous devrons surmonter avant d'atteindre le bonheur et la réussite. On peut se reposer quand on est trop las, mais il ne faut surtout pas abandonner.! ”
    Peut être avez vous au contraire trop de choses, êtes vous trop gâté(e) et passez vous à coté du bonheur.?
     Pendant la guerre nous n’avions rien, il n’y avait ni téléphone, ni télé, ni CD, ni ordinateur, on mangeait à peine à notre faim, et pourtant je me demande parfois si, enfant, je n’étais pas plus heureux que mes petits enfants qui ont tout ce qu’ils pourraient désirer.
    Je crois que vous vous êtes peu à peu laissé(e) submerger par la facilité et que vous vous êtes complue dans la souffrance. Cela ne vaut pas la peine de vous rendre ainsi malheureuse.
    Il faut bouger, agir, s’amuser, ne pas avoir le temps de s’ennuyer et reconstituer autour de soi un univers plus joyeux de rire et de beauté (sports, poésie, photos, musique, peintures.....).
    Et pensez que vous pourriez sans doute bien réussir dans vos études si vous vous y mettiez, si vous travailliez beaucoup.
    D’une part cela vous occuperait tellement que vous ne penseriez plus à vos problèmes, mais pensez aussi à la fierté de vos parents et à votre satisfaction d’avoir réussi !

    Pour la plupart de celles qui m’écrivent, je crois qu’un saine réflexion logique et objective sur leur sort, devrait permettre de diminuer fortement le niveau de ces idées tristes et de cette souffrance que vous vous imposez à vous mêmes, souvent de façon exagérée et cela vous éviterait d’aller trop loin, de dépasser un stade pour lequel le retour en arrière devient difficile et éprouvant..

Jeudi 9 octobre 2008 à 8:12

Scarification, suicide



    Je voulais faire un sujet sur les remèdes contre l'impulsivité, mais j'ai eu un commentaire hier d'une jeune inconnue, qui n'a pas de blog et me demande :

“... Je dois faire un exposé sur l'euthanasie, les pour et les contres et des exemples publics pouvez vous non pas me faire l'exposé intégralement ^^' mais me faire quelques pistes à mettre dans mon exposé?  ...”
    Cela m'arrive assez souvent que l'on me demande de l'aide pour un devoir de maths, physique ou philo et je ne la refuse pas. Mais je préfère discuter avec la personne. Et là pas de blog, pas d'adresse électronique, (il aurait mieux valu m'en donner une sur “lui écrire”) alors je ne peux que faire cet article sur mon blog.
    Après tout pourquoi pas ?
    L'impulsivité ce sera pour demain.

    Euthanasie est un mot inventé par le philosophe anglais Francis Bacon au 16ème siècle, qui vient du grec : eu, préfixe signifiant bon et thanatos  la mort.
L'euthanasie c'est donc la mort dans de bonnes conditions.
    Si l'on se réfère à une définition plus moderne de “ma petite amie La Rousse”, c'est une pratique visant à provoquer la mort d'un individu atteint d'une maladie incurable qui lui inflige des souffrances morales et/ou physiques intolérables, particulièrement par un médecin ou sous son contrôle.
    Francis Bacon écrivait déjà en 1605 :
« L'office du médecin n'est pas seulement de rétablir la santé, mais aussi d'adoucir les douleurs et souffrances attachées aux maladies ; et cela non pas seulement en tant que cet adoucissement de la douleur, considérée comme un symptôme périlleux, contribue et conduit à la convalescence, mais encore afin de procurer au malade, lorsqu'il n'y a plus d'espérance, une mort douce et paisible ; car ce n'est pas la moindre partie du bonheur que cette euthanasie..."

    Discuter sur l'euthanasie n'est pas facile car on touche un sujet délicat aux facettes multiples :
    - le problème “technique” du médecin confronté au diagnostic et aux moyens d'adoucir la fin d'un malade.
    - sa propre déontologie vis à vie de son serment d'Hypocrate qui en fait peut lui poser des problèmes contradictoires :
“ ...Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions.....J'informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences....Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.....”
    - les aspects juridiques car donner la mort à autrui est considéré comme un crime, et l'euthanasie pourrait dabns certains cas être considérée comme un prétexte pour donner satisfaction à des fins personnelles.
    - mais surtout on touche un sujet qui relève de la morale de chacun et plus difficile encore des convictions religieuses.
    - enfin, conséquence de cet aspect moral et religieux, le fait que nous appartenions à une civilisation, que nous ayons des us et coutumes de France et d'une région, une éducation familiale enfin, nous avons donc au départ des archétypes, des préjugés, des tabous, bref une opinion préfabriquée par notre origine.
    Je vais donc essayer de donner mon opinion sur ce sujet brûlant, mais en essayant d'être objectif et de ne pas trop me laisser entraîner par mes propres convictions. Je ne donnerai pas d'exemple; les médias s'en sont chargés abondamment et parfois avec un voyeurisme qui m'a déplu.

    Quel est d'abord le problème pour le médecin.?
    L'intime conviction du médecin sur la maladie de son patient est aujourd'hui aidée par des connaissances accrues, et par tous les moyens d'examen. Certes il y a parfois des guérisons inattendues, mais c'est rare et surtout cela intervient assez tôt dans la maladie.
    Certes on ne peut prévoir avec certitude le jour de la mort de quelqu'un atteint d'une maladie incurable, mais lorsqu'elle approche, le médecin sait avec certitude que son malade est condamné. Par ailleurs il sait interpr^éter les signes de souffrance de son patient.
    On connait maintenant le mécanisme de la souffrance physique et comment l'atténuer chez un malade, mais il est difficile de l'éliminer complètement et surtout on peut difficilement agir sur sa soffrance morale, les traitements anxiolytiques étant relativement aléatoires et d'éfficacité variable selon les individus.
    Enfin on sait comment provoquer “une mort douce”.
    Je pense donc que le médecin a actuellement les moyens techniques pour avoir des éléments de décision, mais que le problème pour lui est finalement celui de la relation avec son patient et de l'évaluation de sa souffrance psychique.
    A mon avis le problème du médecin est déontologique : il est face à une contradiction dans son serment d'hypocrate entre ne pas donner la mort volontairement et faire tout pour adoucir la souffrance de son patient. Il a de plus ses propres convictions morales et religieuses. Donc tout dépend pour lui de l'importance respective de ces facteurs.

    Quel est le problème pour la famille. ?
Il est le même que pour le médecin sauf sur deux points
    - en général, la famille n'a pas les connaissances médicales pour avoir les éléments de décision et est obligée de faire confiance au médecin.
    - en générale la famille aime le malade et donc est davantage sensible à sa souffrance. Mais évidemment elle est moins objective.
    - évidemment dans des cas rares mais possibles, la famille bénéficiaire de l'héritage, ou ayant de la haine pour le malade, peut agir de façon criminelle.

    Lorsque l'on “abrège de façon volontaire la vie d'un malade, qui souffre et est incurable, il y a des distinctions importantes à faire :

    L'euthanasie dite passive, consiste à arrêter les soins d'un malade maintenu en vie par des médicaments ou par des instruments. On sait diagnostiquer la “mort d'un cerveau” et la fin proche d'un malade incurable.
    Le serment d'hypocrate prescrit au médecin de ne pas faire d'acharnement thérapeutique.
    Le seul problème est en général l'avis de la famille qui voudrait garder encore espoir.
    On ne devrait pas appeler cela euthanasie.

    L'aide au suicide dans le cas où une personne veut mettre fin à sa vie et peut le faire lui même si on lui en donne les moyens. C'est en quelque sorte lui donner les gélules qui lui permettront d'accomplir consciemment ce geste.
    Evidemment il faut être sûr qu'il a exprimé ce souhait et que quelqu'un n'a pas fait le geste à sa place.
    Mais cela vérifié, je ne vois pas pourquoi on lui refuserait de prendre cette décision le concernant et la justice ne condamne pas les personnes qui lui ont fourni les moyens de cette mort, dans la mesure où l'on peut prouver ces conditions.

    L'euthanasie volontaire : lorsqu'un individu a la capacité mentale et physique de demander de l'aide pour mourir et qu'il le demande. C'est pratiquement un cas très voisin du précédent, saudf que le malade ne peut pas physiquement prendre ses gélules et que c'est une tierce personne qui les lui administre.
    Beaucoup de pays autorisent ce type d'euthanasie. La France ne l'admet pas officiellement mais les tribunaux ont récemment, sous l apression de l'opinion certes jugés les auteurs mais sans les condamner.
    Dans la mesure où les preuves sont fournies, je ne vois pas pourquoi ce cas diffèrerait du précédent.

    L'euthanasie non volontaire, lorsqu'un individu n'a plus la capacité mentale et physique de demander de l'aide pour mourir mais a précédemment exprimé une telle volonté.
    A mon avis le problème n'est pas différent sur le plan théorique du précédent, mais évidemment la preuve à fournir doit être sûre et convaincante, et elle est plus facile à contrefaire.
    La justice est donc très réticente dans ce cas.

    Reste les deux derniers cas où l'euthanasie me paraît plus difficilement acceptable :
        - lorsqu'un individu n'a plus la capacité mentale et physique de demander de l'aide pour mourir ou de s'y opposer et qu'on ignore quelle aurait été sa volonté.
        - lorsqu'elle est effectuée contre le gré d'un individu, celui-ci étant conscient et s'opposant formellement à cette décision.
    A mon avis personnel, le premier cas est compréhensible par compassion pour le malade, mais l'accepter juridiquement est une pote ouverte sur des abus.
    Le second cas par contre est proche, à mon sens, d'un assassinat.

    Au plan juridique, en France,  l'euthanasie est considérée comme un assassinat qui peut être puni de la réclusion à permétuité, mais en 19998 et 2005, des textes ont élargi les possibilités de cessation de l'acharnement thérapeutique et étendu les droits du malade « à une fin digne »; et dans la pratique judiciaire, la plupart des affaires ressortant de l'euthanasir volontairele plus souvent lieu, depuis le début de la décennie 2000, à des non-lieux ou à des peines symboliques.
    Il est certain que une loi autorisant l'euthanasie devrait définir de façon rigoureuse les conditions dans lesquelles elle serait légale, pour éviter d'une part des actions individuelles criminelles, les pressions sur le malade (dans un sens ou dans l'autre) pour des raisons financières ou morales, les confusions entre la souffrance du malade et celle de ses proches, et également pour permettre au malade d'être parfaitement informé et de changer éventuellement d'avis.
    Il y a un risque plus improbable, mais possible d'eugénisme, (sélection des individus par rapport à une certaine conception de la vie). Les romans d'anticipation “le meilleur des mondes” d'Huxley et “un bonheur insoutenable” d'Ira Lewin posent bien ce problème.

    Les religions catholiques et musulmane interdisent l'euthanasie, car pour elles la vie est un don de Dieu et même celui qui est mourant doit souffrir mais ne peut en disposer. La prière est son seul recours.
    Le bouddhisme est plus tolérant et admet l'euthanasie sur demande du malade, tout en déconseillant le suicide.
    Je respecte les croyances de toute eprsonne et je pense que chaque patient a ses convictions auxquelles il se conforme, mais il me semble que le médecin  et la famille ne devraient pas se substituer au malade et lui imposer leurs convictions propres.


    J'espère que cet article sera utile à ma correspondante; elle pourra trouver sur internet des cas précis en tapant ces noms sur Google
    - l'affaire Diane Pretty au Royaume-Uni en 2002,
    - en 2003, l'affaire Vincent Humbert, en France et le cas de madame Druais
    - en 2005, le cas de Christine Malèvre, infirmière française et Terri Schjavio aux USA (qui a été “débranchée”.ce qui a suscité une polémique religieuse).
    - en 2006, en Italie le cas Piergiorgio Welby
    - en 2008, en France, le cas de Chantal Sébire.
    Il y a également un site que je consulte souvent “doctissimo” qui a publié un article sur les soins palliatifs et l'euthanasie à l'adresse suivante : http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2003/sem02/mag0926/sa_7085_euthanasie_debat_relance.htm

Jeudi 11 septembre 2008 à 10:46

Scarification, suicide



    Comme chaque rentrée j'ai plusieurs correspondantes qui ont eu des problèmes pendant les vacances et qui “broient du noir”. Alors on appelle Papynet au secours !

    C'est un petit ami qui a rompu, un probléme avec ou entre les parents, bref un ennui sérieux et là, il me faut quelques temps pour arriver à vous consoler un peu, à vous remettre sur les rails du rationnel.

    Mais je constate aussi assez souvent que, bien que vous paraissiez désespérée, vos problèmes ne sont pas si catastrophiques que cela.
    Certes ce n'est pas agréable et cela mériterait quelques larmes, mais vous vous sentez malheureuses, vous vous persuadez que votre souffrance est insupportable; vous voyez autour de vous le monde de violence de la télé et du ciné, vous dites que la terre est moche; puis vous remplacez “la terre” par “la vie”, puis “la vie” par “ma vie”;puis vous vous dites que la mort sera la seule solution pour se débarasser de cette souffrance.

    Tout de même c'est un pas difficile à franchir! Alors vous vous posez la question “pourquoi la mort?”. Et comme vous ne voyez pas comment répondre, bien sûr Papynet hérite de la question !! LoL
    Je ne crois pas que ce soit la bonne question. Je vous propose aujourd'hui “pourquoi la vie?” et “mes problèmes valent ils la peine que je me rende aussi malheureuse?”

    Pourquoi la vie?
    Il y a tant de choses passionnantes à faire que je ne pourrais pas faire si je n'étais pas en vie : les copains; l'amitié de mes ami(e)s,  l'amour d'un petit ami présent ou futur; écrire mes poèmes, écouter de la musique, chanter dans une chorale, danser, faire des photographies, de la peinture, du modèlisme, jouer la comédie, profiter des vacances, (si vous avez la chance de connaître la mer, la montagne ou la campagne, il y a tant de choses à faire et à voir), faire mes sports favoris, se promener, (je n'ose pas dire “creuser ce qui m'intéresse dans mes études”, certains sujets m'ont passionné quand j'avais 15 ans!); aller au ciné, voir les musées, la télé, aller chez les copains, faire de bons plats et les manger, bricoler, s'occuper d'un petit enfant ou d'un animal; vous avez la chance d'avoir un ordinateur : il y a tant de choses que l'on peut apprendre à faire avec, sans compter des recherches ou des voyages que l'on peut faire sur internet.

    Bougez, dépensez de l'énergie; à votre âge, on en a à revendre. Amusez vous, choisissez des copains avec qui vous puissiez rire.
    Si vous êtes trop occupé(e), vous n'aurez pas le temps de penser à vos malheurs! Essayez de vous surpasser : croyez vous qu'Hélène Mac Arthur n'ait pas des problèmes et ne souffre pas? Pourtant, j'ai rarement vu une fille aussi riante et heureuse de vivre!.
    Essayer de partager avec ceux qui vous aiment : parents, grands parents, frères et soeurs, cousins... “Ma vie n'est pas inutile pour tous ceux que j'aime ni pour ceux que je rencontre. Comment leur parler avec mon coeur si celui-ci est en train de pourrir dans mon cercueil.

    Je n'ai que 15, 17 ou 19 ans; cela fait quoi ?: 5 à 9 ans de véritable expérience, alors que sais-je de la vie, de ce qu'elle me réserve : uniquement ce que les médias me mettent dans le crâne de stéréotypes préfabriqués. Ils ne parlent que du sensationnel, donc de l'affreux : “les gens heureux n'ont pas d'histoire” dit le proverbe, alors on ne les montre pas.
    Dans quelques années, je verrai la vie autrement.
    J'aurai d'autres problèmes certes, mais je serai plus forte pour les résoudre et résister à leur emprise. Je serai autonome et libre, mais aussi responsable”.
   
    En attendant faites des souhaits d'avenir, donnez vous des buts, des objectifs à atteindre. Si le monde est trop moche à vos yeux, vous pouvez être infirmière, assistante sociale, médecin du monde, juge, avocat, psy, ou chercheur.     Cela sera plus utile que de rester à vous morfondre.
    Mettez dans votre chambre des photos de fleurs, de bébés, d'animaux, de beaux paysages, du soleil. Voyez la vie en couleurs, pas en noir et blanc.
    Tant qu'on est lucide, logique, rationnel, que l'on n'est pas en dépression, on peut en sortir avec de la volonté et de l'action.
    Avec du travail et de la volonté on arrive à réussir à peu près les 3/4 de ce que lon entreprend dans sa vie et parfois plus.

Mercredi 10 septembre 2008 à 8:22

Scarification, suicide



    Pendant ces vacances j'ai été amené à correspondre avec une jeune ado  qui avait fait une tentative de suicide, à la suite d'une très grande peine.
    Cela allait beaucoup mieux, mais elle est à nouveau angoissée, car elle vient de rentrer, comme beaucoup d'entre vous, au lycée et quelqu'un avait de façon bien indiscrète révélé son malheur.
    Et depuis huit jours ma jeune ado se sent exclue par ses amies , comme si elle était pestiférée, démoniaque.

    Cela me scandalise.
    D'abord que l'on révèle ainsi des secrets qui ne vous appartiennent pas.
    Ensuite que l'on exclue ainsi une amie parce qu'elle est triste et a été suicidaire; ce n'est pourtant ni honteux, ni une maladie contagieuse, ni une action répréhensible.
    Personne n'est pestiféré : la dépression est due à un mauvais fonctionnement chimique du cerveau, pas à des microbes. Quand aux personnages démoniaques, cela n'existe qu'au cinéma, à la télé ou dans les romans.
   
    C'est pourtant actuellement qu'elle aurait le plus besoin d'aide.
    Une ado attend d'abord cette aide de ses amis avant même ses parents, car elle croit qu'étant de son âge ils la comprendront mieux.    
    Est on vraiment l'ami de quelqu'un que l'on n'est pas capable de l'aider en lui montrant son affection.?
    Si vous vous sentez dépassées par le désespoir de votre amie, de grâce, ne l'abandonnez pas. Montrez lui que vous l'aimez et allez chercher des adultes pour l'aider.



Dimanche 23 mars 2008 à 8:32

Scarification, suicide




    Cinq de mes correspondantes me demandent dans un mail, ce que je pense du problème de l'euthanasie, à la suite du cas de cette institutrice atteinte d'un cancer de la face incurable et en phase terminale, qui souffrait énormément et qui avait demandé à la justice le droit de mourir.


    Habituellement sur les sujets que je traite,  je fais plutôt des réflexions qui ont souvent des allures de conseils.
    Dans un cas comme celui-ci, je ne peux qu'exprimer mon opinion, et je conçois parfaitement qu'on ne la partage pas.
    La suite n'est donc que l'opinion personnelle du “vieux ouistiti” de 76 ans que je suis.

    Deux d'entre vous s'indignent d'abord que la justice ne lui ait pas accordé ce droit.
    Personnellement je pense que la justice ne pouvait pas faire autrement, même si le juge, à titre personnel pensait qu'elle avait raison de demander cette issue à sa maladie et à sa vie.
    En effet la justice doit juger selon “la loi en vigueur en France” à l'intant donné où elle rend son verdict.
    Si elle faisait autrement vous n'auriez aucune confiance en la justice.
    Or la loi française autorise seulement l'arrêt du maintien en vie par des moyens artificiels et par contre interdit l'euthanasie

    En fait c'est au législateur qu'il appartient de changer les lois et cette dame aurait du saisir les députés et sénateurs, car c'est à eux de modifier les règles juridiques.

    Quelle est mon opinion sur cette question d'euthanasie.?

    Je pense que chacun doit être maître de sa vie et doit pouvoir en disposer, à condition de ne pas nuire à celles des autres
    Donc je ne vois pas pourquoi une loi interdirait l'euthanasie, mais par contre elle doit éviter qu'elle serve de couverture à la mort (ou l'assassinat) de personnes non consentantes.
    Je ne suis pas juriste et je me garderai donc de dire comment devrait être faite cette loi, mais j'admets parfaitement qu'il faille des conditions (telles que maladie incurable et souffrance) et qu'il soit nécessaire d'avoir le témoignage de plusieurs personnes (dont certaines étrangères aux familles et appartenant au corps médical), pour constater la volonté de celui ou celle qui a demandé de mourir et éviter des abus, voire des crimes.
    Aucune loi n'interdit le suicide et l'euthanasie c'est fianalement une aide au suicide que demande une personne qui n'a plus les moyens physiques de perpétrer son acte.

    Certaines guenons vont me dire : ma morale ou ma religion m'interdit de tels actes.
    Je respecte parfaitement cette opinion, mais elle n'est valable que pour vous même et il ne faut pas tomber dans le travers de l'imposer aux autres.
    Je n'ai jamais dicté ma conduite aux autres et je n'aimerais pas qu'on me dicte la mienne; par contre toutes les opinions m'intéressent pour comprendre celles des autres.

    D'autres me diront, “mais tu as empêché certaines d'entre nous de se suicider”.
    D'abord je n'ai fait que répondre à leur appel et je ne suis pas persuadé qu'elles seraient passées à l'acte.
    Mais elles n'avaient en aucun cas une maladie incurable et leur souffrance était certes forte, mais passagère. C'est d'ailleurs ce que j'essayais de leur montrer, par exemple que le petit ami qu'elles aimaient n'était pas unique, qu'elles étaient toutes jeunes et avaient la vie devant elles, et qu'elles retrouveraient bientôt un autre amour, et que cela ne valait pas la peine de commettre un acte irrémédiable et sans retour possible en arrière.
    Et puis que leur acte allait plonger leur famille et leurs amis dans la douleur.
    J'ai connu des cas plus difficiles de jeunes qui avaient été violées, mais là aussi avec le temps, une rémission intervient et le bonheur reviendra.

    Mais c'est vrai qu'il est très difficile de se mettre à la place d'autrui, tant de sa personnalité que de son environnement et des circonstances qu'il traverse, et c'est pour cela qu'il ne faut pas juger les autres et qu'il faut respecter leurs opinions, tant qu'elles ne nuisent pas à leur entourage et qu'ils ne veulent pas les imposer aux autres.
    Par contre certaines opinions ne respectent pas les autres hommes et c'est pour cela que je ne suis pas d'accord avec les racistes, les homophobes ou les intégristes, de quelque religion qu'ils soient..

Samedi 8 décembre 2007 à 8:33

Scarification, suicide

La vie, c'est beau pourtant !



    Il m'arrive parfois d'être confronté à des situations difficiles.

    J'ai demandé l'autorisation à ma correspondante d'évoquer son cas, parce que je crois que cela peut concerner certaines d'entre vous. (et éventuellement certains garçons mais ils ne m'en parlent pas).
    Voici donc l'une de ces situations.

    J'ai une correspondante que je connais depuis un an et qui est très altruiste, et essaie d'aider, comme je le fais moi même, ses camarades qui sont dans la peine.
    Elle a elle même quelques petits problèmes passagers , comme tous les jeunes, avec sa santé, ses parents, son lycée et le souci de réussir le bac en juin prochain. Mais ce sont des problèmes sans gravité.
    Cependant elle est parfois très affectée quand elle n'arrive pas à aider comme elle le souhaiterait ses amies, et lorsqu'elle n'y arrive plus elle m'appelle au secours et je prends le relais : j'ai eu ainsi quelques guenons de plus !

    Et puis à ma grande surprise je reçois dimanche il y a quinze jours, un mail affolé de ma jeune correspondante, qui se sent tout à coup désespérée, complètement dépassée par l'aide qu'elle n'arrive plus à apporter efficacement, et qui pense à tous les membres de sa famille qui sont morts - notamment ses grands parents et une petite soeur, - et elle a tout à couip envie de les rejoindre, mais est effrayée de cette envie et a peur de la mort.
    Alors elle a eu le bon réflexe : appeler au secours.
    On a discuté tout l'après midi et le lendemain soir et tout est rentré dans l'ordre, même s'il reste encore aujourd'hui un fond de tristesse.

    Que penser de cela ?

    D'abord se rendre compte que si on se laisse envahir par la tristesse, on n'est pas à l'abri de ce que j'appelle une “overdose de désespoir”.

    Je suis persuadé que nous tenons tous à la vie, jeunes ou vieux, et que un véritable souhait d'y mettre fin n'intervient que dans des cas de maladie et de souffrances extrèmes.
    Nous avons tous également peur, si ce n'est de la mort, au moins de la souffrance avant de mourir.
    Mais cela n'est vrai que tant que nous raisonnons sainement.
    Si nous nous laissons envahir par la tristesse, notre cerveau émotionnel coupe en partie la communication avec le cortex frontal qui raisonne. Les idées noires tournent en rond dans notre cerveau émotionnel, renforcées par les centres amygdaliens, et peu à peu nous perdons toute objectivité.
    La tristesse devient du désespoir, celui ci grandit et nous arrivons à un stade que j'appelle  une “overdose de désespoir”, état dans lequel nous ne nous contrôlons guère plus que si nous étions ivres ou drogués.
    Là tout peut arriver y compris l'acte suicidaire.

    Ensuite savoir que c'est très bien et louable de vouloir aider ses amies, mais qu'il y a surtout à votre âge un certain risque. Vous n'avez pas encore ni la résistance au stress, ni l'expérience d'un adulte et le fait que vous ayez plein d'enthousiasme et d'altruisme, fait que vous ne vous rendez pas compte de votre propre état.
    La tristesse des autres peut vous contaminer et pour peu que vous n'arriviez pas à améliorer leur état, leur désespoir devient peu à peu vôtre et vous pouvez être encore plus atteinte que ceux que vous aider.
    Il faut donc absolument que vous vous surveilliez vous même et que dès que vous ressentez ces symtômes, vous appeliez à l'aide un adulte.

    Cela fait plusieurs fois que l'on m'appelle dans de telles circonstances et j'ai tojours une certaine angoisse de ces cas, ayant peur de ne pas être assez convaincant et de ne pas ramener ma correspondante à la raison.
    C'est pourquoi, bien que j'ai déjà écrit des articles à ce sujet,  je tiens à vous mettre en garde une fois encore.
    N'attendez pas trop tard pour appeler à l'aide !

Jeudi 2 août 2007 à 19:05

Scarification, suicide

    Une de mes correspondantes m'a suggéré d'écrire des articles destinés à celles d'entre vous qui avez parfois des idées morbides, tout en n'étant pas encore dépassées par vos sentiments et votre tristesse, et donc conservent encore une certaine capacité de logique et de raisonnement.

    Je m'adresserai aujourd'hui à celles qui ont envie de passer à l'acte, mais sans avoir l'intention de mourir, uniquement à titre “d'avertissement” pour attirer l'attention de quelqu'un sur soi.
    Il peut s'agir des parents, mais les cas que j'ai recontrés le plus souvent sont des chagrins d'amour, soit qu'un petit ami vous ait quittée, soit que vous vous morfondiez d'amour pour un garçon qui ne fait guère attention à vous.
    Alors, dans ce cas, vous essayez d'attirer son attention par cet acte désespéré, vous voulez aussi lui montrer de quoi vous êtes capable pour ses beaux yeux, et puis même comme vous lui en voulez un peu (ou beaucoup), ce geste est également destiné à le culpabiliser et donc à vous venger un peu de lui.
    Mais bien entendu, il ne faut pas que le risque soit trop grand et alors vous utilisez plutôt des médicaments, judicieusement choisis ainsi que leur dose, pour que vous soyez un peu malade (faut quand même que ce soit vraisemblable !), mais pas trop. D'ailleurs, pour que cela ne dégénère pas, vous avertissez vite quelqu'un de votre geste, pour qu'on n'oublie pas de venir à votre secours. (le docteur ou l'infirmière, c'est encore mieux, pour qu'on vous soigne vite !).

    Je vous le dis tout de suite, un tel acte est absurde, tant sur le plan du risque que de l'efficacité.

    Le risque, malgré vos précautions, n'est pas anodin.
    Vous connaissez mal les médicaments et même si un “vidal des familles” existe dans la bibliothèque, les doses indiquées, ainsi que leurs effets, sont des moyennes, et même si vous avez calculé sans vous tromper celle relative à votre poids, il faut savoir que les sensibilités individuelles peuvent être assez variables, notamment en fonction de votre état de santé ou de réactions par exemple allergiques, ou de potentialisation entre deux médicaments (ou par l'alcool que vous auriez pris pour vous donner du courage).
    Il y a eu des cas où l'ado est tombée dans le coma, et où elle risque, si les cellules du cerveau sont mal irriguées, des paralysies ou autres séquelles graves.

    L'efficacité de votre geste est très incertaine.
    D'abord un garçon, surtout s'il est jeune, a horreur de ciulpabiliser. Alors votre geste va plutôt l'éloigner encore plus de vous.
    Si c'est un garçon sérieux et qu'il a de l'affection pour vous, certes il s'occupera de vous, essaiera de vous aider sur le moment, mais ce n'est pas cela qui le fera changer d'avis s'il n'a pas, ou plus envie de vous aimer.
    Au contraire, il trouvera que vous êtes une fille à problèmes, et que cela risque de lui en attirer d'autres s'il continue ou devient votre petit ami.
    Et ne croyez pas qu'il admirera votre courage. Il considèrera au contraire que vous n'avez pas pensé à vos parents, à vos amis à qui vous allez faire beaucoup de peine. Vous n'avez pas pensé à son chagrin à lui et donc vous n'avez pas tellement d'attachement pour lui.
    Bref il verra beaucoup plus l'aspect “faiblesse” de votre acte que l'aspect “courage” et vous n'en sortirez pas grandie, au contraire.
    Le pire c'est si vous avez fait du chantage : “si tu ne m'aimes pas, je me tue”. Je n'ai pas encore rencontré de garçon aujourd'hui qui supporte cela (peut être en était il autrement au temps des romantiques du 19ème siècle !.)
  
    Bref  les exemples que j'ai pu voir, ont toujours été plutôt négatifs, par rapport au but recherché.
   
    Par contre vous allez perturber grandement votre vie familiale, semer le désarroi et la peur dans votre famille, et souvent augmenter votre propre peine et vous déstabiliser un peu plus, parce qu'un tel geste est beaucoup plus stressant qu'on ne croit, pour celui qui le tente.
   
    Si certaines d'entre vous qui lisent cet article, avaient des intentions de ce type, venez m'en parler avant, pour qu'on en discute. On trouvera sûrement ensemble des solutions ayant un meilleur rapport risque / efficacité, qui ne vous ramèneront peut être pas votre ami, car sa décision est peut être irrévocable, mais qui du moins, ne vous feront courir aucun danger et n'apporteront pas de catastrophe dans votre famille.
    Même sans être Cyrano de Bergerac, je peux vous aider dans une telle démarche.

Jeudi 2 août 2007 à 19:02

Scarification, suicide

        Cet article est destiné à celles qui sont vraiment très tristes au point de penser parfois que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue, mais qui ne pensent pas donner un sens à leur geste (j'ai traité cela dans mon dernier article), mais simplement ont cette idée par lassitude de leur état de souffrance.

        D'abord je sais que vous ne simulez pas, que vous souffrez réellement et que l'envie de mourir que vous avez parfois n'est pas feinte.    
Mais je sais aussi que la plupart d'entre vous ne souhaiteraient pas vraiment mourir et que vous voulez seulement échapper à une situation qui vous parait insupportable et sans issue, et que vous n'avez pas encore trouvé d'autre solution.

   
        Mon propos aujourd'hui, sera donc d'essayer de vous persuader, tant que vous raisonnez encore, que le suicide n''est p)as la bonne solution.
        En aucun cas je ne vous jugerai, et pour moi, il ne faut ni être courageux, ni lâche, pour penser au suicide, mais simplement ne pas avoir trouvé la clé de la porte de sa souffrance, qui conduit au bout du tunnel.

        Dites vous d'abord que tant que vous resterez en état de raisonner, que vous penserez logiquement, vous avez des chances de vous en sortir.
        Voltaire écrivait : “Ce n'est pas que le suicide soit toujours de la folie. Mais en général, ce n'est pas dans un accès de raison que l'on se tue”.
        Il y a des milliers de gens qui souffrent plus que vous, qui sont dans des situations bien plus difficiles et qui s'en sortent, qui s'en sont sortis.
        Il y a aussi ceux qui sont au bord de la mort dans des situations désespérées, et qui luttent pour vivre. Pensez à cette petite fille, atteinte d'un cancer, qui disait à une de mes jeunes correspondantes : “Je voudrais être comme toi... parce que tu vas vivre longtemps...”

    Ceux qui veulent vraiment s'en sortir y arrivent alors pourquoi pas vous ? Réfléchissez y !

    Ma deuxième réflexon que j'ai déjà faite souvent, c'est que vous voulez mourir pour ne plus souffrir, pour être soulagée de cette souffrance.
    Mais la souffrance comme le soulagement sont des sensations que notre cerveau ne peut ressentir que si nous sommes vivants.  Donc vous ne ressentirez pas le soulagement que vous cherchez, si vous êtes mort. La seule façon de le sentir, est de vivre et de remonter la pente.

    Par ailleurs mourir est au contraire une source d'angoisse et de souffrance.   
    Des personnes qui ont fait une tentative, m'ont raconté combien le suicide est pénible. Moi non plus je ne le savais pas.
    D'abord on a peur avant, et on est très angoissé, on hésite et c'est une véritable torture de l'esprit. Puis juste après, on panique parce qu'on ne peut plus revenir en arrière, que l'on ait pris des médicaments ou que l'on se soit ouvert les veines
    On se sent partir, on a peur, on ne veut plus, on veut revenir à la vie, on crie au secours, aidez moi, soignez moi et personne n'entend. On panique et c'est une souffrance horrible, celle de tout le corps, qui n'est rien à coté de la souffrance uniquement psychologique d'avant sa tentative.
    En plus quand on se rate, si le cerveau est privé trop longtemps d'oxygène on peut restre paralysé toute sa vie.
    La mort sans souffrance, ce n'est qu'un rêve, un rêve absurde et sans espoir.

    Le suicide n'est pas une fin en soi. C'est la fin de soi
    Quand vous serez morte, vous ne pourrez plus regretter votre geste, vous ne pourrez plus revenir en arrière, vous ne ressentirez plus rien, ni joie, ni souffrance.
    Alors que vous apportera cette issue autre que le néant ?
    Aucune situation, aucun chagrin, aucune personne qui vous a trahie ne vaut la peine que l'on quitte cette vie.
    Ce sont des situations passagères qui nous font certes souffrir, mais elles ne dureront pas éternellement et le bonheur revinedra, alors que la mort est, elle, définitive et tout espoir sera perdu à jamais.

    Françoise Sagan disait “Quand on se tue, c'est pour infliger sa mort aux autres.”.  Sans aller jusque là, avez vous pensé à ceux que vous laissez derrière vous, à vos parents, à vos amis, qui seront  désespérés de votre mort et qui culpabiliseront de ne pas avoir pu vous en empêcher.
    Pouvez vous vous sentir responsable de leur peines futures, pouvez vous leur infliger cela, alors qu'il suffirait que vous décidiez de vivre pour leur épargner ce désespoir ?

    Enfin ne culpabilisez pas de vous sentir suicidaire. Vous n'êtes ni folle, ni forte, ni faible, ni incapable, ni idiote. Cela ne veut même pas dire que vous vouliez vraiment mourir, mais que vous avez plus de souffrances que vous n'avez de volonté et de ressources, pour pouvoir être plus forte que cette douleur et la dominer
    Le poids de cette douleur est trop fort pour vos épaules, et il risque de vous mettre à terre.    
    Il faut donc réagir avant et appeler à l'aide pour que quelqu'un vous soutienne momentanément, vous prête son épaule pour que vous puissiez vous y appuyer, et vous soulage ainsi d'une partie du poids de votre souffrance.

Mercredi 1er août 2007 à 15:30

Scarification, suicide

    Il m'est arrivé plusieurs fois de me trouver sur internet, face à une jeune qui m'avait appelé à l'aide, parce qu'elle voulait prendre des médicaments pour quitter la vie et qui tout à coup avait eu peur de son geste.
    Je crois qu'en définitive, si elle m'avait appelé c'est qu'elle ne voulait pas mourir, mais on n'est jamais certain de cela, on n'est pas rassuré, on a peur de ne pas savoir trouver les mots qu'il faut, et on a peur de ne pas réussir.
    Et une fois je crois que ma “guenon” (le vieux singe que je suis ne trouve pas d'autre mot d'amitié) avait vraiment envie de passer à l'acte et j'avais l'impression de ne pas y arriver et j'avais très peur.
    Alors peut être puis-je faire quelques remarques, pour le cas où vous vous trouveriez un jour embarqué(e)s dans une telle galère, mais je ne suis pas psy, ce ne sont donc que des observations personnelles.
    Pour faciliter mon texte, je l'écrirai au féminin, mais rien ne changerait si c'était un garçon qui vous demandait de l'aide.

    Tout d'abord, comment dialoguer ?
    Les mails sont lents; il faut attendre la réponse de l'autre et pendant qu'il écrit, il peut se passer bien des choses dans sa tête..Il faut essayer de faire de tout petits mails pour qu'il y ait un échange rapide analogue à MSN.
    MSN c'est mieux, parce que cela va plus vite; il y a un contact immédiat on peut réagir. Mais il est commode d'écrire sur un traitement de texte un “projet de réponse” pendant que l'autre tape son texte pour ne pas perdre de temps et faire ensuite des copier-coller sur la fenêtre MSN. On arrive ainsi à faire presque une “conversation”.
    Ecrire est bénéfique pour celle qui a des intentions de suicide, cela l'oblige à réfléchir, mais en sera t'elle capable, car écrire demande un bon fonctionnement du cortex ?.
    Le téléphone portable, c'est finalement la meilleure solution, car c'est rapide et on écoute non seulement les paroles, mais aussi les intonations de la voix. Seulement attention, on peut corriger avant d'envoyer un texte, mais on ne corrige pas la parole, alors il faut réfléchir avant de parler!! Ne pas dire de bêtises !!

    D'abord essayez vous même de rester calme, de ne pas paraître effrayé(e), oubliez surtout vos convictions, votre propre peur de la mort, vos préoccupations à vous.
Ce n'est pas de vos problèmes, de vos pensées qu'il s'agit, mais de celles de la personne qui est en face de vous et qui vous a appelé(e) et a donc confiance en vous..
    On ne vous demande pas votre avis : on vous demande d'aider celle qui vous appelle.
    Bien sûr il faut arriver à la convaincre, mais on n'est, ni en train de faire un devoir de philo, ni dans une réunion politique, ni en train de discuter avec des copains.  A priori vous ne savez pas comment vous y arriverez, et il va falloir que vous trouviez comment vous allez vous y prendre.

    Une recommandation importante, ne la jugez pas, ne lui dites surtout pas que c'est mal ce qu'elle veut faire. Vous n'êtes pas là pour faire de la morale, mais pour essayer de diminuer une souffrance.
Ne vous laissez surtout pas embarquer dans une discussion pour savoir si se suicider est lâche ou courageux, si c'est bien ou mal au plan moral ou religieux. Quelle importance ? Croyez vous que cela diminuera sa souffrance ?

    Et quoiqu'elle vous dise, même si vous trouvez idiotes et exagérées les raisons qu'elle vous donne de son envie de mourir, ne doutez pas de sa souffrance. Cette souffrance est peut être démesurée par rapport à ses causes, mais elle est réelle, et pour en arriver à désirer mourir, son désespoir sur le moment est grand. Certes il n'est peut être que passager, il passerait peut être rapidement, mais si elle est passée à l'acte avant, ce sera trop tard.

    La première chose à faire, même si vous la connaissez déjà, c'est de l'écouter, même si son langage est un peu incohérent (et plus il l'est plus la situation est critique).
Il faut arriver à savoir ce qui lui arrive, à écouter sa souffrance pour la comprendre et la mesurer.
Quand vous ne comprenez pas, essayez de poser des questions, doucement, clairement, sans s'énerver, sans l'énerver aussi. Essayez surtout de lui montrer que son histoire vous intéresse, que vous êtes son ami(e), que sa souffrance, vous la faites vôtre.
    Ce n'est que lorsqu'on a bien compris cette souffrance, ses causes et leur importance relative, que l'on pourra vraiment faire quelque chose.

(suite dans l'article ci après)

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