Mercredi 1er août 2007 à 15:26

Scarification, suicide

    Dans un tel moment la personne a besoin d'affectivité de se sentir aidée, épaulée, d'avoir confiance en vous. Il faut donc d'abord essayer de la rassurer sur le plan affectif, lui dire qu'on est là, qu'elle peut s'appuyer sur vous, que l'on va essayer de comprendre et de partager sa souffrance, de l'aider à la surmonter, que son état actuel est passager, que cela va aller mieux maintenant que vous êtes là, près d'elle.
    Il faut essayer de faire rentrer dans la pensée de la personne que l'on peut s'en sortir, que d'autres l'ont déjà fait et qu'elle n'est plus seule pour le faire.
    Et ne croyez pas que parler du suicide avec quelqu'un qui a envie de se suicider augmente cette envie : votre interlocutrice a, au contraire, besoin d'en parler, de “vider son sac”, de partager sa douleur. C'est pour cela qu'elle vous appelé(e).

    Une chose très importante est de savoir alors si la personne raisonne encore et si des arguments logiques peuvent encore la toucher, ou si elle est en plein délire sentimental, si elle est submergée par sa tristesse et dans ce cas, les arguments raisonnables et logiques n'ont plus de poids.
    Cela vous le verrez à la façon dont elle vous fera part de sa souffrance et des raisons, si son discours est raisonnable et sensé ou au contraire, si il n'est fait que de sensations affectives, de plaintes, de désespoir.
    Car là il va falloir décider de la façon dont vous allez essayer de la convaincre.

    Si elle est  encore en état de raisonner, vous pourrez faire appel à son intelligence, à la logique, à des arguments ratiuonnels. Mais sachez que ces arguments, s'ils sont efficaces avec des personnes qui ont simplement des idées morbides, par contre si la personne est au bord du gouffre, elle ne raisonne plus, et ils sont inefficaces.
    Ces arguments raisonnables, je les développerai dans un autre article, car une de mes correspondantes m'a suggéré d'en faire un pour celles qui auraient des idées mortifères, mais sans être encore dans le désespoir et proches du suicide et donc qui peuvent encore réfléchir logiquement.

    Alors que faire avec quelqu'un qui, désespérée a perdu tous ses repères rationnels?
    On ne peut plus agir qu'au niveau des sentiments et le but immédiat c'est de forcer le cerveau de la personne à oublier quelques secondes son désespoir pour revenir à la raison : rétablir le contact entre le cerveau émotionnel et le cortex. Et là il faut improviser en fonction de ce qu'elle vous dit.

    L'une de mes correspondante m'a montré qu'elle avait très peur de la mort et j'ai essayé d'augmenter cette peur à tel point que son cerveau tout à coup a réagi “n'en rajoute plus”, est revenu dans le rationnel et on a pu discuter.
    Je connaissais bien une autre de mes interlocutrices depuis quelques mois et elle m'avait confié ses espoir, ses projets futurs qui lui tenaient à coeur et on en avait beaucoup discuté.  Je le lui ai rappelé ces projets que je l'avais aidée à construire, et je lui ai dit qu'elle ne pouvait abandonner, faire cela ni à elle, ni à moi. Et on s'est remis à parler de ces projets, de façon affective d'abord, rationnelle ensuite et l'envie d'un avenir est revenue.

    Il n'y a pas de recette, il faut faire au mieux, et si l'on a trop peur de ne pas réussir, appeler quelqu'un d'autre à l'aide

Mardi 31 juillet 2007 à 11:04

Scarification, suicide

        Certaines de mes correspondantes ont eu le malheur d'avoir parmi leur proches qu'elles aimaient, quelqu'un qui s'est suicidé.
        Elles culpabilisent alors de ne pas avoir assez aidé cette personne, de ne pas avoir su empêcher son acte.

        Je voudrais d'abord remarquer que ce n'est pas spécifique du suicide.
    Quand nous avons perdu une personne que nous aimions beaucoup, et même si nous ne pouvions avoir aucune action sur sa maladie ou sur l'accident qui l'a emportée, nous nous reprochons toujours de ne pas avoir su faire plus, de ne pas avoir été là au bon moment, alors que le destin en a décidé autrement.
        Même si ce n'est pas logique et rationnel, c'est un regret courant et naturel. Aider ceux qu'on aime est heureusement quelque chose d'instinctif chez l'homme.
   
         Le problème essentiel n'est pas que nous n'ayons pas ce regret, mais qu'il ne dure pas trop longtemps, car il peut alors fortement perturber notre vie et c'est ce que je constate chez certaines de mes correspondantes.

        Ce sentiment de culpabilité est donc naturel, mais il faut que vous essayez de lutter contre.
        Si votre ami(e) vous avait appelé(e) à l'aide lorsqu'elle a eu des intentions suicidaires, et que vous n'ayez pas pu l'en empêcher, je comprends que ce soit très difficile à accepter. Cependant même dans ce cas, vous ne devez pas vous faire de reproches. C'est extrèmement difficile de trouver les paroles efficaces et de l'empêcher de passer à l'acte, si on n'est pas près de la personne géographiquement et physiquement, le seul moyen vraiment efficace étant alors de l'empêcher matériellement d'agir.
        A distance on n'a que la parole et ce que l'on dit, provient de son propre mode de réflexion ou de sentiments, ou de ceux qui résultent des conversations que l'on avait habituellement avec la personne.
        Seulement la personne n'est pas dans son état normal : comme je vous l'ai expliqué, elle ne raisonne plus normalement. Alors que vous n'ayez pas su trouver les mots qu'il fallait dire, n'est pas une faute de votre part.
        Il aurait fallu que vous raisonniez comme celui ou celle que vous vouliez empêcher d'agir et cette personne était dans un instant de folie, et vous ne partagiez pas cette folie !
        De plus, c'était pour vous la première fois où cela arrivait et quand on n'a pas l'expérience d'une telle situation, on a tendance à s'affoler soi même et à ne pas savoir que faire d'efficace.

        Mais dans les cas que je connais, la personne qui voulait disparaître n'a pas appelé et elle est passé à l'acte seule, sans essayer de se raccrocher aux gens qu'elle aimait. C'est injuste, inhumain, mais il ne faut pas lui en vouloir, elle ne savait plus ce qu'elle faisait, son cerveau tournait à vide; elle se sentait seule, désespérée, inutile, et ne voulait pas, ne pouvait plus se souvenir de ceux qui vivaient, de ceux qu'elle aimait, sinon elle ne se serait pas suicidée.

        Il arrive parfois que ce soit en réalité un accident, une overdose non voulue, une potentialisation de médicaments entre eux ou de somnifères par l'alcool. Vous n'y êtes pour rien et la personne non plus, sinon elle se serait abstenue.
        Souvent c'est une personne sous l'effet de la boisson de la drogue, ou de médicaments qui a alors fait un geste désespéré. Dans ce cas, vous ne pouviez rien faire. Même sur place, le seul moyen d'arrêter une personne complètement inconsciente de ses actes, c'est de l'attacher ou de l'assomer.
        Même lorsque la personne n'était pas sous une telle emprise, le désespoir, comme je vous l'ai décrit dans mon précédent article, associé à la fatigue, à l'isolement de la nuit, aboutit à un état dépressif tel, que la personne est presque aussi inconsciente de ses actes et surtout de leurs conséquences, que si elle était sous l'emprise d'un stupéfiant. Le personne oublie ses espoirs, ses liens, ceux qu'elle aime, et n'a plus qu'une idée en tête, mettre fin à son tourment, et la mort lui apparaît comme la seule issue possible, même si cette issue est en réalité fallacieuse.
        Comme je vous l'ai dit, ces “overdoses de tristesse” sont comme des coup de folie : comme l'on dit vulgairement, la personne “pête un cable”, en fait, tous ses cables qui la retiennent à la vie.

        Vous me direz que vous auriez dû prévoir cela et aider la personne avant qu'elle n'en arrive là, que vous n'avez pas vu la gravité de la situation.
        C'est encore un raisonnement fallacieux.
        Si c'était possible de prévoir ainsi, mais on arriverait presque toujours à intervenir à temps et il n'y aurait pas ou très peu de suicides.
        En fait un “coup de folie”, cela ne se prévoit pas. Il est probablement dû à des modification de concentration dans le sang, des neurotransmetteurs dans le cerveau, et cela ne se voit pas tant c'est brutal.
        Une personne qui se suicide n'est évidemment pas joyeuse et sans problème avant son acte, mais elle paraît, la plupart du temps, dans un état normal, ou en tout cas, pas plus alarmant qu'en temps normal.
        Rien en général ne laisse prévoir son geste, sauf si elle veut faire cette tentative pour attirer l'attention des autres, toutefois, dans ce cas, elle ne veut pas en général mettre fin à ses jours, mais seulement faire peur en tentant de le faire.

        Alors je m'adresse à celles qui ont ainsi le remord lancinant de ne pas avoir pu aider un être cher.
        Je ne vous demande pas d'oublier cette personne que vous aimiez, je sais que c'est impossible.
        Mais essayez plutôt de vous rappeler les instants heureux passés avec elle, ceux où elle était joyeuse et où vous avez passé de bons moments ensemble.
        Dites vous qu'elle vous aimait comme vous l'aimiez, que si elle était encore en vie, elle souhaiterait que vous soyez heureuse et que vous oubliiez son acte
        Dites vous qu'elle souhaiterait que vous continuiez à vivre, que vous n'ayez pas ces regrets et ces remords, qu'elle ne soit pas pour vous une source de culpabilité.
        Vous devez pouvoir vivre sans elle, puisque cette personne ne peut plus revenir près de vous, et elle serait très fachée de vous empoisonner ainsi la vie.
        Il faut prendre sur vous, non pas de l'oublier, mais de tourner la page.



Dimanche 29 juillet 2007 à 22:04

Scarification, suicide

     J'ai reçu plusieurs mails à la suite de mon dernier article, dans lesquels vous me posez des questions sur le suicide. Je vais donc essayer de vous répondre.
     J'ai été plusieurs fois appelé à l'aide par des jeunes qiu avaient l'intention de se suicider.  Je ne crois pas qu'elles l'auraient fait, mais évidemment, comme on n'en est pas certain, on ne prend jamais de risque dans ce domaine et on cherche avant tout à les aider.

    Mais je reste persuadé qu'une personne qui raisonne encore correctement ne se suicidera pas !  Parce qu'elle tient instinctivement à la vie et que son cortex lui donne encore quelques bonnes raisons de ne pas le faire : la peur et l'incertitude de la mort, la peur de souffrir, la peine que l'on fera aux parents et amis ou petit(e) ami(e), les projets que l'on avait faits et les espoirs que l'on a, malgré son désespoir.

    Alors pourquoi y a t'il tout de même des suicides ?
    Je vois plusieurs circonstances possibles :

        - Il y a d'abord des tentatives qui sont des appels à l'aide comme la scarification en est aussi un : on veut attirer l'attention sur soi, sur sa souffrance et on pense que ceux ou celui (celle) dont on veut attirer l'attention, sera impressionné, ému(e) par cet acte et fera désormais attention à vous, qu'il vous considèrera (à nouveau) comme le personnage principal de son entourage.
    Alors on pense à cet acte spectaculaire, à faire celui (ou celle), dégouté(e) de la vie et qui est fort(e), qui n'a pas peur de mourir....., mais on calcule vraiment son geste (le plus souvent la nature et la quantité du médicament qu'on avale), pour que l'on ne meure pas et même on fait en sorte de prévenir, pour être sûr que l'on vous sorte de là.

        - mais il peut y avoir l'accident : on a mal calculé la dose, certains médicaments se renforcent l'un l'autre, on est plus sensible à l'un d'entre eux.
    Le pire est qu'on peut ainsi rester paralysé(e) toute sa vie !
    L'un des accidents qui ne découle même pas forcément d'une envie de disparaître est l'over-dose de drogue, mais qui résulte seulement du fait que la personne, sous les premiers effets de la drogue, ne se rend plus compte des quantités qu'elle s'administre.

        - on a là, le premier exemple des conséquences de la neutralisation du cortex, et donc de l'absence de réaction rationnelle et raisonnable.
    La personne qui est en proie au désespoir et qui s'enivre ou se drogue, même au cannabis, ne se rend absolument plus compte de ce qu'elle fait et, quelle que soit la peur de la mort qu'elle aurait en temps normal, ou l'amour qu'elle peut avoir pour ses proches, elle pourra se suicider de diverses façons, sans qu'il soit possible, ni de prévenir son geste, ni de l'aider ou de l'en empêcher.

        - et, à mon sens, cette absence de raison, même si elle n'est pas dûe à l'alcool ou à la drogue est la principale raison des suicides.
    J'ai recueilli plusieurs témoignages que je ne publierai pas pour des raisons de confidentialité, mais qui me montrent tous que, à un moment donné de grande tristesse, mais aussi de grande fatigue, on n'en peut plus et les émotions, le sentiment de désespoir, de “ras le bol”, se mettent à tourner dans votre cerveau émotionnel. Vous ne vous rendez peu à peu, plus compte de ce que vous faites, votre cortex décroche, il n'est plus là pour raisonner, pour vous garder logique, pour vous garder en vie.
    Alors votre cerveau émotionnel vous souffle “ pourquoi pas ?...”
    On va jusque l'armoire à pharmacie en faisant attention à ne réveiller personne, puis on revient dans la chambre avec des médicaments, les larmes coulent ...On revoit le visage des gens que l'on a aimé et qui sont morts, ce qui donne envie d'aller les rejoindre, cela fait tellement longtemps que on ne les a pas revus ...
Alors on avale le premier cachet ... puis le deuxième , puis tous les autres.Les larmes sont encore plus grosses, il n'y a plus personne pour vous sauver  et on attend dans la souffrance au moins morale.
    J'appelle cela une “overdose” de tristesse et là, la personne qui ne raisonne plus du tout, peut effectivement se suicider.

        - je dois aussi parler d'un cas particulier : celui des “couples” (d'amants ou d'amis) qui se suicident. Là aussi les deux personnes ne raisonnnent  plus normalement, entraînées par le désespoir, mais elles peuvent encore garder en partie des idées rationnelles. Cependant leur envie commune de mourir, leur excitation sentimentale, leur amour ou leur amitié mutuelle, font qu'il y a une certaine surdité vis à vis du raisonnable, une certaine émulaton, un crainte de décevoir l'autre si on n'est pas capable depasser à l'acte. Cela  fait l'objet de plusieurs films et de faits divers soit d'un garçon et d'une fille qui s'aiment sans espoir d'avenir, soit de deux amies qui désespèrent ensemble..

    A quoi bon, me direz vous une telle analyse, si on ne peut rien faire ?
    
    Alors dans les prochains articles je voudrais d'abord m'adresser à celles et à ceux qui, ayant malheureusement été témoin d'un suicide d'une personne qu'ils aimaient, se reprochent de n'avoir pas su l'en empêcher et conservent un regret dont ils ne se défont pas.

    Je voudrais ensuite réfléchir à ce qu'on peut faire vis à vis de quelqu'un qui manifeste l'intention de se suicider, pour arriver à le détourner de ses intentions.

    Je pense aussi à ceux ou celles qui ont eu l'intention et n'ont pas donné suite, ou ont fait une tentative. Comment s'en sortir ensuite ?

    

Samedi 5 mai 2007 à 18:42

Scarification, suicide



        Pour terminer ces articles sur la scarification, je voudrais aborder le problème des réactions de vos proches : parents, amis, petit ami.
        Beaucoup d'entre vous qui se scarifient ont peur du regard des autres. Il faut dire que ce regard est souvent, soit un jugement sévère, soit une compassion humiliante.

    
        Voici le témoignage d'une jeune sur ce problème :

“ ....Lorsque je me mutilais, je crois que mes amis me prenaient pour une folle. C'etait alors un cercle vicieux. Mon petit ami de l'époque faisait comme si mes marques étaient invisibles. Peur de sa part, d'affronter le problème ou tout simplement pas envie de le faire? je me suis toujours posé la question.
     Comment réagissent les amis ? Ils désapprouvent, mais ils ont appris à se taire, je connais leur point de vue, je préfère qu'ils ferment les yeux.
     Aujourd'hui l'envie est toujours là, mais j'essaie de ne plus y répondre, de ne pas suivre cette envie. Les marques laissées ne sont pas graves en soi, c'est l'état d'esprit qui peut être inquiétant que l'on se mutile ou pas. Elles font tout simplement peur et posent des problèmes dans le quotidien; elles donnent l'impression que vous n'êtes pas fréquentable alors qu'au fond, vous êtes simplement plus sensible que les autres et vous avez des problèmes .... “

         Les parents ne comprennent pas, ils sont à la fois scandalisés et affolés : “comment peux tu faire cela, toi !”. Ils vous prennet souvent pour une enfant difficile en train de couver une folie ou une dépression et parlent tout de suite d'hôpital.
         En fait ce qu'il faudrait c'est qu'ils essaient de comprendre quel est le problème sous-jacent.

         Le petit ami, soit ignore le problème comme le dit ma correspondante, soit ne cesse de dire à son amie qu'elle doit cesser cela immédiatement sinon il ne l'aimera plus, chantage bien inutile, qui montre bien l'incompréhension.
         Là encore son amour devrait lui dicter d'essayer de comprendre, de provoquer des confidences. Mais sans doute est il trop jeune !
        Ce qui est sûr, la scarification n'est pas le bon moyen d'attirer l'attention d'un garçon : cela le fait au contraire fuir.

         Quant aux copines, certaines essaient de comprendre, d'aider, mais ce n'est pas facile. On essaie de persuader, on jette cutters et compas, on essaie de faire peur ou honte. Là encore, ce n'est pas efficace ou cela culpabilise encore plus. Ou alors on ignore et on se tait ce qui n'est pas mieux.

         Et celui qui se scarifie, comment voit il cela ?  Voici encore un témoignage :

 “...Comment vivez vous le regard des autres ? Je n'en ai rien à foutre. Enfin presque!!...
 Les gens n'ont pas intérêt à poser la question, la réponse ne leur plaira pas, qu'elle soit sincère ou pas.
 Quand les gens demandent, je me vante plus qu'autre chose,.
 Si je suis d'une humeur de dogue, j'enverrai la personne au diable, en disant : ce n'est rien, et si je suis triste, j'aurai tendance à cacher. Récemment, j'ai vu quelqu'un se pencher vers ma table de cours, je ne sais pas pourquoi, puis en baissant les yeux, j'ai vu mon bras exposé à la lumière. Et je l'ai caché, avec un sentiment, de «  j'aurai préféré que tu n'aies pas vu cela »....”

         Quels que soient les problèmes, même si la scarification est un appel au secours, ceux qui la pratiquent n'aiment pas que les autres voient les cicatrices, comme s'ils avaient honte, ou par peur de faire de la peine aux proches et de choquer ceux que l'on ne connaît pas.
         Se vanter, c'est pour se faire croire à soi-même que l'on est courageuse, c'est pour ne pas perdre la face. mais au fond de soi c'est l'inquiétude, la peur, même si sur le moment cela soulage.

         Alors finalement,  se scarifier, est ce grave?

       Ce qui est grave, ce n'est pas le geste en tant que tel. Ce qui est grave, c'est d'avoir à le faire, c'est de ne plus pouvoir se contrôler.
         Ce qui est grave, c'est d'y avoir pensé une première fois.
         C'est la première erreur de toute personne qui s'automutile.
         La deuxieme est sans aucun doute d'avoir apprecié le geste et de ne pas résister a l'envie de recommencer.
         Et plus le temps passe sans résistance, plus il devient difficile de cesser.

  Voici encore un  témoignage :

“.... Le fait est que l'auto mutilation n'est pas un choix que l'on fait délibérement.
  Je crois qu'elle représente plusieurs choses. dans mon esprit le fait de me mutiler me déculpabilisais, je me punissais. Je me sentais en securité ... ces marques, javais l'impression d'exister; ma souffrance s'en allait l'espace d'un instant.
     Parfois, quand je ne me sens pas bien, regettée de tous, énnervée, ou triste, je me scarifie, avec nimporte quoi (du moment que c'est pointu et que ça coupe...).
     Je sais ce n'est pas bien, car je cors de gros risques en faisant cela...
 Mais j'ai besoin de le faire. Quand ça ne vas pas, quelquefois, j'essaye de me retenir, mais Le  C'est pour moi un manque!....”

      C'est le même phénomène qu'avec par exemple le cannabis : il existe dans le cerveau un mécanisme que l'on appelle “le mécanisme de récompense”, qui se déclenche quand une action nous satisfait et qui entraîne à la répéter de plus en plus.
      Des rats soumis à une tentation, actionnent sans arrêt la pédale qui dans leur cage, leur prodigue cette action agréable.
      Alors voulez vous être ces rats?



Vendredi 4 mai 2007 à 9:09

Scarification, suicide

         Peut on arrêter de se scarifier?

          C'est certainement très difficile et il faut beaucoup de volonté, comme pour arrêter de fumer.

          D'abord il faut une motivation :  tenir une promesse envers des amis, celui qu'on aime, des parents ....Etre vainqueur de soi même et de ses mauvaises habitudes... Ne pas prendre le “train pour le suicide”... Quelquefois aussi par honte des traces que cela laisse.
        Le mieux ce serait par esprit logique et raisonnable parce que finalement cela vous nuit plus que cela ne vous rapporte, mais cette motivation est rarement acceptée.


          Si vous cherchez à oublier votre douleur morale en vous imposant une douleur physique, cela sera difficile d'arrêter si votre peine morale n'a pas diminué. Vous risquez fortement de replonger.
          C'est aux causes de votre désespoir qu'il faut s'attaquer ! Si celui ci s'atténue fortement, vous n'aurez plus aucune raison de faire couler votre sang.
          Mais si vous trouvez des méthodes qui fassent baisser la pression de votre peine, écrire des poèmes, vous confier à un ami, ce sera peut être un moyen efficace, à la fois pour diminuer votre douleur et abandonner cette pratique.

          Si en fait, comme c'est le cas le plus souvent, votre geste a pour but de vous exprimer, d'attirer l'attention, si c'est un appel au secours, il faut rechercher un autre moyen d'expression efficace.
  Avez vous quelqu'un qui vous aime à qui vous confier?
  Faites votre blog et faites le lire à ceux qui peuvent vous comprendre et vous aider.

          Il est difficile de vous donner beaucoup de conseils, car tout dépend de la nature et des causes de votre tristesse.
  Mais tous les témoignages que j'ai recueillis me montrent que ceux ou celles qui se scarifient ne le font pas par gaité de coeur, qu'à terme cela est nuisible pour eux, et que la plupart souhaiteraient vivement s'arrêter, mais ont du mal, parce que c'est devenu une “drogue” et qu'ils n'ont pu agir sur l'intensité de leur peine.
          Si vous n'y arrivez pas seul(e), il faut vous faire aider.

          Pour ceux qui ont parmi leurs ami(e)s quelqu'un qui se scarifie, surtout ne lui faites pas honte de son geste, n'essayez pas de le (ou la) forcer à s'arrêter, ne cherchez pas si de nouvelles cicatrices sont apparues.
  Il faut avant tout l'aimer et c'e sont sa peine et ses causes qu'il faut soigner. Cette peine est plus importante encore que la scarification qui n'en est que la conséquence, la partie visible de l'ice-berg.

          J'ai malheureusement constaté aussi l'incompréhension des parents, qui voient dans cet acte, soit une simulation, soit une provocation, soit un acte de quasi-démence et  parlent immédiatement de l'intervention d'un psy ou d'un séjour en hôpital psychiatrique.
          J'avoue ne pas comprendre. Il me semble que l'attitude normale de personnes qui aiment leur enfant, serait d'abord de savoir quelle est la cause de ce geste, de chercher à le comprendre et à évaluer sa peine, et à l'aider à la surmonter, au lieu de se débarrasser de ce fardeau sur un spécialiste extérieur, qui est peut être nécessaire, mais pas à priori.
         Mais à ce sujet j'ai trouvé sur un blog ce passage de conseils qui m'a paru bien pertinent et pourtant il a été écrit par une jeune qui a moins de 20 ans. :

     “S'il y a des parents qui lisent ce message ( parce qu'on en voit des proches affolés !) je leur dirai juste ceci :
 N'accusez pas ni votre enfant ni vous. Même si indirectement cela pourrait être de votre faute. Soyez patient. Montrer sans vous facher à votre enfant que vous avez vu qu'il se mutile, et attendez qu'il fasse le premier pas, s'il a envie de vous parler. Ne le brusquez pas ne le traitez pas de fou, ne chercher pas à le soigner. Ca marche pas comme cela.
 A votre place, si j'étais parent, j'irais en pharmacie, chercher de la pommade cicatrisante, et des conseils de médecins, peut être des articles sur internet. Et je les donnerai à mon enfant en lui disant « quand tu seras près » et je lui dirai qu'en attendant même si je ne comprends pas, j'accepte et je vais l'aider à ne pas trop s'abimer pour le futur qu'il ne voit pas encore."

      Enfin je ne peux que constater qu'il y a vingt ans, on n'aurait pas songé à cette pratique.
      Je crains que la mode, l'abondance dans les blogs d'images de sang, n'aient malheureusement amenés les âmes en peine à pratiquer ce geste


       Et si certain(e)s d'entre vous ne savent pas à qui s'adresser, ils ou elles peuvent m'écrire, je leur répondrai.

Lundi 30 avril 2007 à 15:18

Scarification, suicide

    Dans mes précédents articles, j'évoquais diverses raisons qui pouvaient pousser à s'automutiler.. Mais je n'ai pas évoqué la liaison - quand il y en a une -, entre l'automutilaiton et les pensées ou intentions morbides.
     C'est le sujet que je voudrais aborder aujourd'hui.

     Pour certain(e)s d'entre vous, qui n'ont pas de grandes peines, se scarifier est un moyen de se faire peur, ou de faire peur aux autres, du cinéma quoi; oui comme aller voir un film d'horreur; on a peur, on tremble, on ressent une certaine exhaltation, une émotion.
  Et puis on se donne l'impression d'être courageux
     Une jeune ado m'a dit qu'elle faisait cela parce que ses parents avaient refusé qu'elle “saute à l'élastique” .
     J'ai moi aussi joué la comédie, quand j'étais ado, mais dans un théatre; c'était plus amusant et moins dangereux.

          Certaines personnes vont plus loin, et pensent à la mort. Pour elles, qui en ont peur, se scarifier, c'est comme prendre des médicaments, mais pas assez pour mourir, ni même se rendre malade. C'est un essai, pour voir si on est courageux, pour s'habituer, pour voir si on a peur ou non, et si un jour, on ira jusqu'à la veine..
      L'ennui c'est que dans les deux cas, une erreur peut être fatale et vous amener au coma et à la paralysie.

      Certains ou certaines d'entre vous m'ont expliqué divers procédés qu'ils utilisaient pour “voir s'ils avaient peur de la mort”.
      - S'approcher très près d'un veine, lorsqu'ils se coupaient.
      - Se mettre à l'étage sur le bord de la fenêtre, jambes pendantes dehors.
      - Prendre des médicaments, une dose pas trop forte.
      - Se mettre longtemps sous l'eau dans sa baignoire.
      - Se serrer le cou assez longtemps ou se mettre la tête dans un sac.

      Ces pratiques sont en fait très dangereuses et vous n'en mesurez pas le danger.
  Il suffirait d'un rien pour que cela se passe mal : toucher réellement la veine, faire un faux mouvement et tomber, être allergique au médicament et tomber dans le coma, s'évanouir dans l'eau, ou priver le cerveau d'oxygénation.
  Non seulement vous risquez la mort, mais pire, la paralysie à vie.
    
      Je crois que tout cela n'est en fait qu'un leurre.
      Notre inconscient nous dit très rarement la vérité. Il a au contraire l'habitude de nous fournir des fausses pistes, pour nous cacher les vraies raisons, que nous ne voulons pas voir, que nous avons “refoulées”.

      Je suis persuadé que cette recherche d'un courage vis à vis de la mort n'est qu'une excuse que vous fournit votre inconscient pour vous donner une raison qui vous satisfasse, mais qu'en réalité de tels actes sont la conséquence d'un malaise certain, d'une peine profonde, que vous ne voulez pas vous avouer, encore moins la montrer aux autres.
  Et cependant votre inconscient se croit obligé de vous forcer à vous exprimer, à attirer l'attention des autres, parce qu'il craint que cette peine ne se transforme un jour en désespoir, et que vos tentatives volontairement avortées, se transforment en un véritable acte de mort.

      Vous qui avez ainsi testé votre courage, soyez conscient qu'il y autre chose à faire : trouver la vraie raison de votre peine et lutter contre elle;
  Dans beaucoup de cas vous aurez besoin d'aide.
      Je sais que la plupart d'entre vous n'ont pas confiance en leurs parents. Ils ont peur d'être envoyés chez le psy.
      Vos amis peuvent vous aider, mais ils sont le plus souvent jeunes et sans expérience.
      L'infirmière du collège ou lycée, un médecin généraliste sont de bon conseillers et ils sont tenus par le secret médical. Trouver une aide auprès d'eux est une bonne solution.
      Si vraiment vous n'avez personne, je n'ai jamais refusé mon aide à ceux qui m'écrivaient.

      Mais ne persistez pas dans ces pratiques dangereuses.

Dimanche 29 avril 2007 à 13:03

Scarification, suicide


    A la suite de mes derniers articcles, j'ai reçu plusieurs mails me demandant quels étaient les cas d'automutilation, (et notamment de scarification), que je rencontrais, ce que j'en pensais, d'où venait cette habitude, quelles en étaient les causes, et comment je traitais ce problème auprès de mes correspondant(e)s.

    Je ne peux pas vous donner des exemples trop précis car je considère comme secret ce que me disent mes correspondantes de leurs problèmes.

     Aujourd'hui je vais juste traiter quatre idées qui vont vous étonner et probablement vous laisser perplexes, voire vous indisposer, mais j'assume !!.

     D'abord je ne considère pas ces pratiques comme alarmantes et je ne m'empresse pas de les traiter et de dire à celles qui se scarifient que c'est mal et qu'elles devraient arrêter le plus rapidement possible.

     Cela ne veux pas dire que j'approuve ces pratiques.
     Je considère qu'elles sont relativement nocives :
         - d'une part parce que le risque n'est pas nul : on peut se couper une veine ou une artère si on s'y prend mal. On peut aussi mal désinfecter la plaie et celle-ci peut donc s'infecter, ce qui peut avoir des conséquences graves. Par ailleurs les cicatrices sont vilaines, longues à disparaître et si on insiste trop, peuvent devenir indélébiles.
         - d'autre part parce que la scarification procure souvent, sur le moment, un soulagement à ses souffrances (probablement en substituant la douleur physique à la douleur morale et en libérant des "endorphines"), mais après une courte période de soulagement, le stress augmente et la souffrance est au contraire accrue.
          - surtout, enfin, parce qu'elles finissent par devenir une habitude, un besoin, une dépendance (on utilise aussi l'affreux anglicisme “addiction”).
     On s'habitue à l'acte et la scarification ne fait “même plus mal” et lorsque l'on en est à ce stade, on est amené à multiplier les actes pour arriver à ressentir un soulagement ou à aggraver la dangerosité de l'acte par des entailles plus profondes (histoire bêtement de voir si on est "capable" de le faire, et on finit par éprouver un “manque” comme pour une drogue.

     Mais essayer d'emblée de persuader d'arrêter ces pratiques est une illusion, car elles découlent d'un malaise psychique important et donc il est illusoire de vouloir empêcher quelqu'un de se mutiler si on n'a pas diminué au préalable son malaise psychologique, son stress, voire son désespoir
 Il faut donc au départ rechercher les causes et essayer de les éliminer ou du moins, d'en diminuer l'influence.

     Les ados s'insurgent lorsque l'on croit que se scarifier est un phénomène de mode. C'est pourtant vrai : du temps de ma jeunesse ou de celle de mes enfants, on était aussi parfois malheureux, mais personne ne se scarifiait. Ce sont les médias et les gens qui voulaient vendre bouquins, CD, films de sang et d'horreur qui ont lancé cette mode.
     C'est un phénomène de mimétisme d'une part et de conditionnement par ailleurs.
     Mimétisme car beaucoup de celles qui m'ont parlé de leurs problèmes, m'ont dit qu'elles avaient commencé parce qu'une de leurs camarade le faisait et qu'elles ont voulu voir “ce que cela faisait”  (comme on fume une première cigarette, par curiosité et / ou pour avoir l'air “comme tout le monde”).
     Beaucoup d'entre vous ont aussi voulu faire comme une amie qui disait “être soulagée”  par cette pratique et l'on donc ‘imitée”.
     Conditionnement, car à force de voir des images de sang, on n'y fait plus attention  on surmonte la répulsion naturelle qui fait partie de notre patrimoine génétique instinctif, et à force de voir des images de peau scarifiée, on finit par considérer cela comme un phénomène normal de la vie de tous les jours.
     Pire on finit par vouloir essayer l'acte, comme on essaye un produit si l'on est sensible aux publicités.
     Il suffit pour se convaincre de voir comment les “intérêts mercantiles”  (images, chanson, films, livres, BD, vêtements, bijoux, télé, internet, et médias de tourtes sortes ....) utilisent toutes les modes naissantes et dénaturent des tendances comme par exemple le téléphone portable, les blogs, le gothisme.... pour conditionner les esprits et vendre à grand renfort de publicité des objets la plupart du temps peu utilies et de mauvaise qualité.
     Si tous les médias et pubs ne nous montraient pas en permannece des images de sang, soit de scarification, soit d'atrocités dans le monde, ce ne serait pas devenu un phénomène banal et la scarification n'existerait pas, mais une autre manifestation existerait sûrement pour appeler à l'aide lorsque l'on est dans l'angoisse.

     Dernière idée enfin, on dit souvent que la scarification est le prélude au suicide. Je pense que c'est faux.
     Bien entendu il peut y avoir des scarifications qui tournent mal, comme il y a des overdoses involontaires de drogue qui tuent.
     Il y a aussi des tentatives de suicide qui sont “calculées” par leur auteur pour ne pas mettre sa vie en danger et qui ne sont que des appels au secours, comme certaines scarifications.
     Mais une scarification est très différente d'une tentative réelle de suicide qui n'a lieu que dans des conditions de dépression beaucoup plus graves ou alors dans un état d'irresponsabilité dû à la drogue ou a l'alcool.
     C'est une action de tous les jours mais qui résulte plutôt d'une envie de vivre.
     Mais elle témoigne d'un mal-être important et si ce mal-être augmente, la dépression peut venir et avec elle les pensées morbides.
    J'en parlerai dans mon prochain article.
    
     La scarification n'est donc pas un signe anodin. C'est une alerte qu'il ne faut jamais négliger.
     Il ne faut surtout pas juger la personne qui le fait. Il faut l'écouter, essayer de la comprendre, de savoir ce qui la ronge psychologiquement et c'est cela qu'il faut essayer de traiter d'abord.
    

Vendredi 27 avril 2007 à 10:31

Scarification, suicide



         Dans l'article précédent j'ai évoqué les circonstances qui peuvent amener un(e) ado à se scarifier. Je voudris 'revenir sur la principale d'entre elles.

        La première motivation  de nombreux ados est de lancer une avertissement, un appel au secours à leur entourage. C'est vouloir avant tout attirer l'attention sur soi, sur sa peine que les autres ne voient pas ou ignorent volontairement.
        C'est en quelque sorte un moyen de s'exprimer lorsque personne ne vous entend.

        Plutôt que vous faire un grand discours, je préfère vous citer un témoignage
 d'une de mes correspondantes, adolescente qui m'a autorisé à publier son texte, qu'elle écrivait pour aider tous ceux qui se scarifient :.

  "....Je ne vous connais pas, et vous ne me connaissez pas.
      Aujourd'hui, j'en aurais besoin. Mais je puise les dernières parcelles de force qui survivent en moi pour m'en empêcher et j'espère vous aider à diminuer ou à arrêter en écrivant ceci, autant pour vous que pour moi.

      Qui suis-je?
      Personne en fait. Enfin, pour vous, je ne suis personne d'autre que quelqu'un comme vous, aussi mal et aussi seule, et munie d'un outil de communication de derniere ressource. J'ai envie de dire quelque chose sur ce que je vis depuis quelques années et je suis convaincue que je ne suis pas la seule à vouloir comprendre ce que je dis mais je ne trouve RIEN.

  Alors voici...

 L'automutilation n'est pas une maladie.
  L'automutilation n'est pas un acte positif.
  L'automutilation n'est pas quelque chose de constructif.
  L'automutilation n'est rien de justifié.

  Parfois j'en viens a me demander ce qui me pousse à faire cela, ce qui pourrait bien justifier le mal que je m'inflige et que j'inflige à ceux à qui je ne réussis pas à le cacher. Parfois, j'en viens a me demander pourquoi je blesse autant, sans raison apparente.

  MAIS IL Y A UNE RAISON.

  Parfois, j'en viens a me sentir tellement coupable de faire ça, sans pouvoir me justifier, que je DOIS continuer, que je DOIS me punir, que je DOIS me détruire et faire couler jusqu'à la dernière goutte de mon sang.

  MAIS IL Y A UNE RAISON.

  Je cesse de me le répéter, et je réussis tant bien que mal à m'empêcher d'agir et à me calmer.

  J'AI BESOIN DE M'EXPRIMER !!!!!!!!!

  ...et c'est le seul moyen que j'ai trouvè.

  J'ai besoin simplement de me débarasser de l'angoisse qui vit au fond de moi. J'ai besoin de me vider. J'ai besoin pouvoir respirer sans ressentir le poids de ma vie sur mes èpaules.

 Et le seul moyen que j'ai trouvé est de me couper.

  Qu'est-ce que ça me donne réellement?
  Je me sens bien, quelques minutes, et ensuite je dois ABSOLUMENT tout cacher.
  Et après, je me sens tellement coupable...............
  Après, je me sens nulle, inutile, nuisante....
  Mieux? Vraiment?
  Non...

  Seulement, quand j'ai vraiment besoin de m'exprimer, je le fais. Je ne me gêne pas. Ou enfin, ce qui reste de lucide en moi ne se gêne pas. Généralement, quand je le fais, il ne reste a peu près rien de lucide en moi. Il reste a peu près rien du contrôle de mon cerveau.
  Mais au moins, j'ai exprime quelque chose.
  Etait-ce vraiment nécessaire d'employer ce moyen?
  Je crois que oui.
  Je crois que rendu a un certain point, il est inutile de contrôler ses pulsions ou ses réflexes. Je crois que si je m'étais retenue, ça aurait été beaucoup plus grave qu'une petite étendue de peau coupée.
  Ce qui est grave, ce n'est pas le geste en tant que tel. Ce qui est grave, c'est d'avoir à le faire, c'est de ne plus pouvoir se contrôler.
  Ce qui est grave, c'est d'y avoir pensé une première fois.
  C'est la première erreur de toute personne qui s'automutile.
  La deuxieme est sans aucun doute d'avoir apprecié le geste et de ne pas résister a l'envie de recommencer.
  Et plus le temps passe sans résistance, plus il devient difficile de cesser.

  MAIS C'EST POSSIBLE !!!!!!!!!
  MAIS C'EST POSSIBLE !!!!!!!!!
  MAIS C'EST POSSIBLE !!!!!!!!!

  Depuis presque 3 mois, je n'ai rien fait. Ni couteau, ni ceinture, ni feu, ni RIEN.
  Je suis fière de moi, je suis encouragée.
  Chaque fois que j'y pense, je me repète que je ne dois pas briser mes efforts.
  Je sais que je ne suis pas "guérie". Je sais que tant que j'en aurai envie, je ne le serai pas.
  Mais je cherche de nouveaux moyens de m'exprimer.
  Je cherche comment vivre une vie saine, et sincèrement, sans me blesser, les méthodes semblent beaucoup plus évidentes.
  J'ai tellement perdu a cause de cela. J'ai tellement détruit. J'ai brisé des amities de longue date, j'ai perdu mes convictions et mes espérances.

  L'automutilation me détruisait beaucoup plus que seulement la peau...
  Je me sens deja beaucoup mieux, juste d'avoir écrit ceci.
  Je me suis exprimée.
  J'espère vous avoir aidé aussi mais je ne m'en demande pas tant..."

        Et je peux vous rassurer, cette jeune a remonté la pente et s'en est sortie finalement.

   

















Mardi 24 avril 2007 à 15:33

Scarification, suicide


  
 Certaines de mes correspondantes se scarifient ou se sont scarifiées et cette habitude, qui les apaise sur le moment, accroit ensuite leur malaise et leur stress.
    J'ai pensé qu'il serait peut être intéressant de discuter de divers aspects de la scarification.

    Je commencerai par recenser certaines des raisons que j'ai rencontrées, de recourir à cette pratique.
    Se scarifier pourquoi?

    Quand je vous pose la question, rares sont ceux ou celles qui le savent de façon précise.
    Parce que vous êtes tristes, c'est ce que vous me dites le plus souvent.
    C'est vrai un joyeux luron n'aura pas envie de se faire souffrir.
    Mais encore?

     La première raison, c'est d'attirer l'attention sur votre souffrance, pour que l'on vous écoute, que l'on vous aide, c'est s'exprimer parce qu'on n'a pas trouvé d'autre moyen de le faire. Je reviendrai sur cela dans mon prochain article.
     Cela n'est pas forcément conscient. J'ai connu plusieurs d'entre-vous qui étaient trop fières, trop indépendantes, pour demander de l'aide et prétendaient la refuser au départ. Mais leur inconscient n'était pas d'accord et peu à peu elles m'ont raconté leurs ennuis et on a pu ensemble, les cerner, les expliquer, et y remédier en partie.
     D'ailleurs au fond, je ne les “aidaient” pas. On faisait une recherche commune de compréhension de leur personnalité et de ses problèmes, de ses souhaits et de ses souffrances, un peu comme lorsque l'on fait de la recherche scientifique.
    
      Mais il y en a parmi vous, qui souffrent tellement qu'elles ne peuvent plus supporter leur désespoir, leur souffrance morale. Alors si l'on s'inflige une douleur physique plus forte que la douleur morale, on oubliera celle ci.
      On se scarifie pour oublier sa peine, pour la conjurer, pour se calmer.
     Voici un témoignage de l'une d'entre vous :

 “....me scarifier. ça calme, ça apaise, on se sent "mieux" dans notre mal etre, on se venge sur notre corps, parce qu'on ne sait pas sur quoi se venger, on arrive pas a trouver des solutions, alors on fait ca. parce que la rage part, un certain moment...
     Mais, apres avoir fait cela, .c'est tres dur d'arrêter, parce que meme quand on est heureux, ou moins triste, on le fait quand meme. Quelque part, je me sens "vivre" quand je le fais, les cicatrices montrent que je vis. ...”

     Le problème est que si sur le moment, cela calme, ensuite les problèmes restent, la tristesse ou le désespoir aussi, et quand on sort de “l'apaisement”, c'est pire encore et on recommence pour diminuer à nouveau son angoisse.
     Mais il faut des “doses” de plus en plus grandes pour se calmer.
     On finira même par oublier que se scarifier fait mal, et là on est  vraiment dans la dépendance, “l'addiction” des psys.

     Il n'y a donc pas vraiment des raisons spécifiques de la scarification; il y a des raisons de son mal-être et ce sont elles finalement, les raisons de l'automutilation.
 
    Celles -ci peuvent être multiples :

     D'abord la peine de coeur, le petit ami :

 “...La scarification est un moyen simple et rapide pour essayer d'oublier quand quelqu'un qu'on aime nous fait du mal. ... Je l'ai fait à deux periodes de mon adolescence, parce que la personne que j'aimais plus que tout m'avait fait du mal et que c'etait pour moi une manière de me dire que j'etais plus forte que lui, en m'infligeant une plus grande souffrance moi-même, que celle qu'il m'avait infligée!!
     Certes, ça ne sert a rien, mais sur le moment ça soulage..”

     Dans un domaine voisin, certaines ont souffert de la mort d'un proche qu'elles aimaient et qui les aimait, ce qui tout à coup, leur laisse l'impression de solitude inexorable.   
     De même la jalousie au sein d'une famille pour un petit frère ou une petite soeur, qui nait et prend tout à coup votre place et une partie de l'intérêt des parents.

     L'indifférence ou l'impression de ne pas être aimée par les parents, voire les heurts avec eux ou entre eux, le sentiment d'être abandonnée :
    
 “... Leurs querelles incessantes finissaient par me rendre folle. je ne supportais plus qu'ils ne pensent plus qu'à s'entre-déchirer, qu'ils ne m'aiment plus, qu'ils ne fassent plus attention à moi, leur fille. J'étais abandonnée et seule avec ma peine, ignorée de tous....
     Alors me scarifier, c'était mon défouloir, pour pleurer dans mon coin, pour réussir à dormir, pour souffrir, et pour savourer la douleur...."

     Et puis cette étonnante, mais très exacte réflexion sur le manque de tendresse.

 “.... sachez aussi que les mutilations surviennent quand la seule envie qui vous reste c'est le besoin de sentir des bras autour de vous....
 C'est assez bizarre que lorsque l'on veut de la tendresse, ce genre de protection, la seule chose qu'on ait trouvée, ce soitt de se planter une lame dans la peau. Non ? J'ai pas encore résolu le problème, mais c'est pourtant bien réel, et pas que pour moi.....”

     Un autre domaine est le dégoût de son corps; parce qu'on n'est pas aussi jolie qu'on le souhaiterait, que l'on est trop maigre ou trop grosse, ou simplement parce que les proches critiquent sans relâche votre physique.
     Bien plus traumatisant les viols et agressions analogues qui donnent l'impression d'avoir été salie.
     Souvent ce dégoût du corps entraîne aussi anorexie ou boulimie, qui finalement sont, sur le plan psychique, dans ces cas là, voisines de la scarification.   

     Et puis il y a celles qui sont plongées dans la tristesse jusqu'au cou, dans leur monde irréel, dans leur “prison de verre” et qui ne savent même pas pourquoi.
     En général elles ont des raisons multiples et bénignes, puis se sont plongées, car c'est à la mode, dans un univers de tristesse, de sang, de mort, qui a la longue, vous conditionne et devient obsessionnel.

     Je n'ai sûrement pas passé en revue toutes les causes de scarification, mais ce sont celles que j'ai rencontrées le plus souvent

     Je voudrais terminer par un cas particulier que j'ai rencontré deux fois sur une cinquantaine de cas.
     Il s'agit de jeunes qui ont à la fois un bon potentiel, une grande curiosité intellectuelle, un souci de comprendre et de se comprendre, mais aussi ce qui est paradoxal, (mais assez normal chez une jeune), à la fois une forte personnalité et un grand manque de confiance en elles. Elles ont tendance à douter de tout et à stresser par peur de rater ce qu'elles entreprennent.
     Alors la scarification est une façon pour elle de se montrer qu'elles sont capables de se faire cet acte difficile, de le supporter, qu'elles ont le courage, le culot de le faire, réussir un défi, une gageure.
 Leur inconscient refuse d'ailleurs d'admettre cela et elles ont du mal à reconnaître cette motivation (qui n'est pas la seule, car elles ont aussi quelques autres problèmes évidemment,), car c'est effectivement assez absurde et fallacieux que de tenter de se redonner ainsi confiance en soi, en se lançant le défi d'arriver à se faire du mal !!.
     Chez ces deux jeunes, ce n'était pas leur seul acte dans ce sens. Elles se donnaient de très nombreux défis, souvent dans des domaines où paradoxalement, elles ne brillaient pas, uniquement pour se prouver à elles mêmes qu'elles avaient la volonté et le courage d'y arriver.
     C'est dommage qu'elles n'aient pas consacré toute cette ardeur à leur travail scolaire, car elles auraient eu sûrement des résultats extraordinaires
     J'ai d'ailleurs un troisième exemple d'une jeune qui, après une période de grandes épreuves, a réussi à se concentrer ainsi sur son travail et a obtenu, en même temps qu'une certaine sérénité et une grande maturité, des résultats plus qu'excellents.
 
    Dans mon prochain article je poserai la question de savoir si la scarification est un appel au secours et dans le suivant,
l'association d'automutilations avec des idées morbides.


Samedi 18 novembre 2006 à 19:15

Scarification, suicide



    Puisque j'ai commencé à parler du suicide, je voudrais vous livrer des réflexions qui s'adressent à ceux ou celles qui ont fait une tentative de suicide et aussi aux camarades de ceux ou celles qui ont fait cett acte ou même simplement émis l'idée quils ou elles pourraient le faire un jour.

 
    J'ai connu une quinzaines d'ados, souvent toutes jeunes, qui ont essayé de mourir, d'en finir avec leurs idées noires qu'elles ne supportaient plus, ou par désespoir d'un amour déçu ou fini. Mais elles se sont ratées ou on les a sauvées.
    Alors elles se sentent coupables, elles ont honte d'avoir causé de la peine à leur famille, d'avoir créé la panique, peut-être aussi d'avoir été lâches devant l'adversité ou devant une situation qui, après tout, n'était pas si affreuse.
    Il ne faut pas se rabaisser ainsi.
    Ce n'était qu'un instant d'égarement et, à 13 ou 15 ans, on est encore presque en enfance, on n'a pas la résistance d'un adulte. Il ne faut donc pas culpabiliser
    Il faut en tirer les cotés positifs, voir ce que vous avez appris, pourquoi vous ne recommencerez pas. Vous avez fait un grand pas, certes très pénible, vers la maturité.
    L'expérience, c'est la somme des bêtises qu'on a faites dans sa vie. Il ne faut pas les regretter.

    Les plaintes de certaines de ces ados  m'ont beaucoup ému.
    Elles se sentent exclue par leurs amies depuis qu'elles avaient parlée de suicide, ou encore plus si elles avaient fait une tentative, comme si elles étaient pestiférée, démoniaques.
    C'est pourtant à ce moment qu'elles auraient le plus besoin d'aide. Un ado l'attend d'abord de ses amis avant même ses parents, car il croit qu'étant de son âge, ils le comprendront mieux.
    Personne n'est pestiféré : la dépression est due à un mauvais fonctionnement chimique du cerveau, pas à des microbes. Quand aux personnages démoniaques, cela n'existe que au cinéma, à la télé ou dans les romans.
    Si vous vous sentez dépassés par le désespoir de votre ami(e), de grâce, ne l'abandonnez pas, ne l'excluez pas de votre goupe.
Allez chercher des adultes, l'infirmière de votre collège ou lycée, des parents, ou appelez moi !

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lancien

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