Pour la première fois sur Cowblog, pendant les vacances de la Toussaint j'ai été “appelé d'urgence” et hier une correspondante de Tchatcheblog m'a également appelé : deux dans le mois, cela fait beaucoup. Cela faisait plusieurs mois que cela ne m'était pas arrivé.

        Des “guenons désespérées”, (ce n'esyt malheureusement pas le feuilleton américain !), qui m'appelaient par mail parce qu'elles avaient envie de prendre des médicaments et qu'elles avaient peur de le faire (heureusement!).
        J'ai été discuter sur MSN puis au téléphone. On a échangé ensuite des mails et tout est rentré dans l'ordre provisoirement. On va continuer à s'écrire.
        Je devrais être habitué car j'ai plusieurs fois par an une jeune qui appelle parce qu'elle a envie de se suicider, mais à chaque fois j'ai peur d'arriver trop tard, de ne pas savoir convaincre. Jusqu'à présent cela s'est bien terminé, mais une fois j'ai eu vraiment l'angoisse parce q'après avoir discuté, je suis resté huit jours sans nouvelle de l'ado; mais elle est rentrée saine et sauve de chez ses grands parents.
   
        Les raisons de ces envies morbides : quelquefois un trop plein de tristesse, sans vraie raison importante, des échecs scolaires, des disputes avec les copains, mais ces raisons seules sont rarement suffisantes. Elles se combinent à d'autres.
        Différents avec les pernts, instance de divorce de ceux-ci, mais les cas que j'ai recontrés le plus souvent sont des chagrins d'amour, soit qu'un petit ami vous ait quittée, soit que vous vous morfondiez d'amour pour un garçon qui ne fait guère attention à vous.

       Alors, dans ce cas, vous essayez d'attirer son attention par cet acte désespéré, vous voulez aussi lui montrer de quoi vous êtes capable pour ses beaux yeux, et puis même comme vous lui en voulez un peu (ou beaucoup), ce geste est également destiné à le culpabiliser et donc à vous venger un peu de lui.

     Je vous le dis tout de suite, un tel acte est absurde, tant sur le plan du risque que de l'efficacité.

            SI vous voulez réellement mourir pour ne plus souffrir, c'est raté !
    D'une part si vous mourrez vraiment le résultat est absurde puisque souffrir est une perçeption physique et psychologique et que votre système nerveux et votre cerveau étant détruits à jamais, vous n'aurez plus aucune perception.
    Par contre je peux vous assurer que vos derniers moments seront affreux.        
    On ne sait pas avant, combien le suicide est pénible. Moi non plus je ne le savais pas, mais depuis, j'ai les témoignages de certain(e)s d'entre vous qui ont fait une tentative et ne recommenceront pas.
    D'abord on a peur avant et on est très angoissé, on hésite et c'est une véritable torture de l'esprit. Puis juste après on panique parce qu'on ne peut plus revenir en arrière, que l'on ait pris des médicaments ou que l'on se soit ouvert les veines.

    On se sent partir, on a peur, on ne veut plus, on veut revenir à la vie, on crie au secours, aidez moi, soignez moi et personne n'entend. On panique et c'est une souffrance horrible, celle de tout le corps, qui n'est rien à coté de la souffrance uniquement psychologique d'avant sa tentative....

         Le risque, même si vous ne vouliez pas vraiment mourir, n'est pas anodin.
     Vous connaissez mal les médicaments et même si un “vidal des familles” existe dans la bibliothèque, les doses indiquées, ainsi que leurs effets, sont des moyennes, et même si vous avez calculé sans vous tromper celle relative à votre poids, il faut savoir que les sensibilités individuelles peuvent être assez variables, notamment en fonction de votre état de santé ou de réactions par exemple allergiques, ou de potentialisation entre deux médicaments (ou par l'alcool que vous auriez pris pour vous donner du courage).
     Il y a eu des cas où l'ado est tombée dans le coma, et où elle risque, si les cellules du cerveau sont mal irriguées, des paralysies ou autres séquelles graves.

       L'efficacité de votre geste est très incertaine.
     D'abord un garçon, surtout s'il est jeune, a horreur de ciulpabiliser. Alors votre geste va plutôt l'éloigner encore plus de vous.
     Si c'est un garçon sérieux et qu'il a de l'affection pour vous, certes il s'occupera de vous, essaiera de vous aider sur le moment, mais ce n'est pas cela qui le fera changer d'avis s'il n'a pas, ou plus envie de vous aimer.
     Au contraire, il trouvera que vous êtes une fille à problèmes, et que cela risque de lui en attirer d'autres s'il continue ou devient votre petit ami.
     Et ne croyez pas qu'il admirera votre courage. Il considèrera au contraire que vous n'avez pas pensé à vos parents, à vos amis à qui vous allez faire beaucoup de peine. Vous n'avez pas pensé à son chagrin à lui et donc vous n'avez pas tellement d'attachement pour lui.
     Bref il verra beaucoup plus l'aspect “faiblesse” de votre acte que l'aspect “courage” et vous n'en sortirez pas grandie, au contraire.
     Le pire c'est si vous avez fait du chantage : “si tu ne m'aimes pas, je me tue”. Je n'ai pas encore rencontré de garçon aujourd'hui qui supporte cela (peut être en était il autrement au temps des romantiques du 19ème siècle !.)
     Bref  les exemples que j'ai pu voir, ont toujours été plutôt négatifs, par rapport au but recherché.
     
         Par contre vous allez perturber grandement votre vie familiale, semer le désarroi et la peur dans votre famille, et souvent augmenter votre propre peine et vous déstabiliser un peu plus, parce qu'un tel geste est beaucoup plus stressant qu'on ne croit, pour celui qui le tente.
     
     Si certaines d'entre vous qui lisent cet article, avaient des intentions de ce type, venez m'en parler avant, pour qu'on en discute. On trouvera sûrement ensemble des solutions ayant un meilleur rapport risque / efficacité, qui ne vous ramèneront peut être pas votre ami, car sa décision est peut être irrévocable, mais qui du moins, ne vous feront courir aucun danger et n'apporteront pas de catastrophe dans votre famille.
    On peut toujours s'en sortir, d'autres l'ont déjà fait; il y a toujours une solution et vous ne serez plus seule pour la trouver : on vous y aidera..