Jeudi 2 juin 2011 à 8:03

Tristesse, désespoir

 http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs3/1002689.jpg

    
Mes correspondant(e)s me posent souvent la question : Comment lutter contre la tristesse et le stress ?


    La meilleure solution serait évidemment de faire disparaître la cause de cette tristesse ou de ce stress !
    Mais ce n’est pas facile ni même toujours possible : 

    Si votre petit ami vous a quitté, il est peu probable que vous le récupériez, si vous ne réussissez pas bien dans vos études ou que vous ayez un examen à passer, celui ci sera toujours d’actualité jusqu’au jour J, si vous avez des difficultés avec vos parents ou avec des camarades, ces problèmes ne disparaîtront pas comme cela subitement.
    
    Cependant la première résolution à prendre est de lutter le mieux possible pour atténuer les causes à l’origine de votre état actuel. Il faut donc d’abord les cerner objectivement et réfléchir à la meilleure façon d’avoir une action sur elles.
    Lorsque vous m’appelez à l’aide, c’est ce que j’essaie toujours de faire avec vous!

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/50554421231305653917849n.jpg

    Face à une situation donnée, certains parmi nous, voient systématiquement le “verre à moitié plein” et d’autres, le “verre à moitié vide”
C’est inné et dans certains cas, une éducation mal adaptée a pu renforcer en vous cette tendance.

   
http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/7065.jpg






     Il est certain que si, au moindre ennui, vous sous imaginez une catastrophe, rien d’étonnant à ce que, si vous avez plusieurs petits “pépins”, vous paniquiez et vous vous trouviez dépassé(e) par les événements !

    Que faire pour prévenir cela?



    Il faut arrêter de voir tout en noir, se forcer à rechercher tous les cotés positifs de la situation présente (et elle en a toujours, il suffit de vouloir les trouver !), de minimiser ceux qui sont négatifs.


    Si mon petit ami m’a quittée, c’est que nous n’étions pas faits l’un pour l’autre, qu’il ne m’aimait pas assez (voire même, ce n’était pas un garçon sérieux), et il vaut mieux s’en apercevoir maintenant que lorsque nous aurions été plus engagés et que j’aurais été encore plus malheureuse, ou pire, que nous soyons restés toute notre vie ensemble, alors que j’aurais pu avoir un compagnon bien mieux adapté à ma personnalité.
Et puis je suis jeune, des garçons il y en a bien et il y en aura bien un, un jour pour m’aimer et qui soit celui que je souhaiterais avoir comme amoureux et comme compagnon. Il faut être parient(e)!

    Si mes parents ne sont pas avec moi, comme je le souhaiterais, ai je bien compris leur personnalité, leur motivation. ?
Ils m’aiment sûrement, mais à leur façon.  Leur ai-je montré assez moi même que je les aimais, ai je fait un effort suffisant vers eux, est ce que je ne me conduis pas, trop souvent, en enfant gâtée et trop exigeante ?. N’ont ils pas leur propres soucis?

    Je jalouse mes camarades d’avoir des parents aussi parfaits, mais n’ai-je pas fortement embelli leurs dires, n’ont elles pas paré leurs parents, dans leurs récits,  de toutes les qualités dont elles rêvaient?
    Après tout, il y a bien plus malheureux que moi, ceux qui sont orphelins à la DASS, ceux qui sont pauvres et ont juste de quoi manger, ou dont les parents sont au chômage, ceux qui sont obligés de travailler tout jeunes et ne peuvent pas avoir le métier qu’ils souhaiteraient, ou tout simplement ceux dont les parents ne s’aiment plus, se disputent et divorcent. 
    Une grande partie de mes désirs ne sont ils pas satisfaits et est ce vraiment raisonnable de ne pas être content(e) et de me plaindre ainsi.
    On ne peut pas tout avoir, tout ne peut être permis en ce monde, et bien des “misères” que me font mes parents, ne sont que les conditions nécessaires pour me protéger contre des catastrophes, m’habituer à voir la valeur des choses, à être patient (e) et à ne pas tout exiger bêtement.

    Si j’ai des problèmes en classe, j’ai peut être eu un peu de malchance, et je n’ai peut être pas assez travaillé. Si je m’y mets, si je vais voir mon prof pour lui demander honnêtement ce que je dois faire, si je fais cet effort, si un de mes camarades m’aide, je finirai bien par y arriver. J’ai pris du bon temps, c’était bien agréable, cette flemme, mais cela ne peut durer éternellement.

    Une des clés du bonheur c’est de toujours regarder ce que l’on a la chance d’avoir, plutôt que ce que l’on a pas, tous les avantages d’une situation, plutôt que ses inconvénients et d’imaginer les choses agréables qui vont arriver, plutôt que les catastrophes.
    C’est une habitude à prendre. C’est difficile au début, puis de moins en moins au fur et à mesure qu’on sait réagir ainsi.

Vendredi 6 mai 2011 à 8:14

Tristesse, désespoir

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/depression.jpg
    Parmi celles qui m’écrivent, certaines ont des moments parfois difficiles et se sentent inutiles, vides et sans énergie et aimeraient retrouver plus d'enthousiasme, croire en soi et faire de nouveaux projets.
    D’habitude j’essaie de leur remonter le moral en leur faisant voir qu’elles ont plus de qualités que de défauts. Je cherche avec elles pourquoi elle se sentent ainsi inutiles, et nous regardons leur activité et on s’aperçoit c-vite qu’elles ne regardent que leurs échecs, mas pas leurs réussites.
    Finalement ce n’est pas la réalité qui les rends malheureuses, mais leur état d’esprit : c’est une forme de pessimisme.

    Je viens de lire une étude de Emile Pronin, de l'Université de Princeton, et Daniel Wegner, de l'Université de Harvard, qui prônent dans ce cas une méthode assez curieuse, qui me laisse un peu perplexe et j’avoue que j’attendrai que certaines de mes correspondantes l’utilisent avec succès pour y croire.
    Mais ce n’est pas absurde non plus.
Mais avant d’en parler il faut que je précise un point de psychologie :  qu’appelle t’on “maniaque” ? Qu'est-ce que la pensée maniaque ?

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/definitionmaladiebipolair.jpg

    Les manioco - dépressifs alternent les phases de dépression (repli sur soi, manque de motivation, baisse d'estime de soi, perte de créativité et de plaisir, idées suicidaires dans certains cas) et des phases d’excitation (dites de “monie”), où  les pensées deviennent très rapides (trop rapides), la personne se sent créative, elle ressent une impression de grande puissance, ne s’ennuie plus et aime alors vivre à cent à l’heure.
    C’est cette activité débordante qui est l’aspect “maniaque”
    Il ne faut donc pas confondre l’état maniaque avec des traits obsessionnels (obsession de la propreté par exemple), acception pourtant retenue dans le langage courant.
    Je n’ai pas l’intention ici de développer les données sur ce type de maladie, on trouve de bons articles pour cela sur le web..

    Revenons à la méthode prônée par E. Pronin et D. Wegner : ils ont considéré que, la rapidité des pensées étant l'un des aspects de la pensée maniaque, il serait possible de susciter les caractéristiques de ce comportement en exerçant la rapidité et donc de sortir d’un état un peu dépressif pour passer à un état d’activité plus heureuse et d’augmenter les sentiments de puissance, de confiance en soi, de créativité et de bien-être.

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/lamanie.jpg

    Les exercices proposés par les psychologues sont simples: il s'agit de lire une succession de phrases exprimant différentes idées, et ce le plus vite possible. Cette tâche accélère le rythme de la pensée. Il en résulte une “pensée rapide”, qui constitue l'un des aspects de Io pensée maniaque.
    Effectivement, les personnes testées se sont senties plus heureuses, débordantes d'énergie, davantage créatives et « grandioses» pour exprimer leur sensation de flotter au-dessus des difficultés de Io vie.
  
  Alors si vous vous sentez tristes et déprimées, pourquoi ne pas ajouter un peu de « pensée maniaque » dans vos comportements ?

Samedi 29 janvier 2011 à 8:34

Tristesse, désespoir

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/740desespoir.jpg


    Aujourd’hui j’écrirai peu et je cèderai la parole à une de mes très anciennes correspondantes, qui avait eu de très grands malheurs et qui dans une période de découragement avait écrit ceci :


"Quand plus rien n’a d’importance, quand plus rien ne vaut le coup. On se sent emmêlé, prisonnier dans un monde de souffrance qu’on ne comprend ni ne contrôle plus. La réalité se détache, on se sent vide, seul, inutile. C’est ça le plus dur, ce sentiment de vide existentiel, ce sentiment enfoui de douleur indescriptible. Qu’on croit indestructible. On se dit ‘à quoi bon ?’ et on tente d’oublier par tous les moyens. Mine de rien on appelle à l’aide comme on peut, sans s’en rendre vraiment compte. Mais on a toujours l’impression qu’il est trop tard. Trop tard pour s’en sortir, trop tard pour s’en remettre. On reste coincé au milieu d’une intersection. Deux chemins qui se séparent et un choix qui nous accapare. Et les deux routes semblent imprenables. Toujours au bord du désespoir, à la limite de l’horreur, on attend parce qu’on a plus aucun courage, plus aucune force pour lutter.”


    Mais elle a lutté, remonté peu à peu la pente et l’espoir est revenu, et elle écrivait alors :
 
“ Et puis un jour on réfléchit, des heures et des heures, on réfléchit et on se dit qu’il serait temps de commencer à vivre. Vivre en étant heureux. Le bonheur, c’est un état d’esprit. Quand on se sent pris au piège dans la souffrance, on croit toujours qu’on trouvera jamais la porte de sortie. Sauf qu’on croit que c’est parce qu’elle n'existe pas, alors que c’est parce qu’on ne regarde pas bien. La porte de sortie, elle a toujours été là, et on a jamais su/pu la voir, parce qu’on lui tournait le dos. Et si au lieu de fixer les murs de ta prison, tu te mettais à tâtonner pour la trouver cette porte ?
 Parce qu’en vrai, quand on arrête de s’attacher à notre douleur, on peut enfin s’en libérer. Ca semble trop simple mais c’est difficile, en réalité. Parce qu’on l’aime bien notre petite dépression, qu’est-ce qu’on ferait sans ? Et puis la vie c’est plein de doutes, de peurs, de moments de tristesse, de dangers. On est s’y bien finalement dans notre petit cocon protecteur. Sauf que tout ça c’est du pipo. Et un jour, faut bien s’en rendre compte.
Ce jour-là, il faut se prendre en main et décider une bonne fois pour toutes que la souffrance, c’est fini. Il faut s’insérer à nouveau dans la vie, faire du sport, sortir, voir ses amis, être plus confiant, plus ouvert,… Plein de petits trucs qui nous permettent de faire renaître un sourire au coin des lèvres, jusqu’à ce que ce soit des rires qui éclatent définitivement l’ancien supplice."


    Et je terminerai par ces mots trouvés sur le blog d’une autre correspondante :

“...chanter ... danser .... apprendre une langue étrangère ... se plonger dans une histoire inconnue ... dévorer la bibliographie de son auteur préféré ... peindre une toile ... voyager à travers le monde ... écrire un roman ... monter à cheval ... GRANDIR !!! aimer ... sourire ... observer ... connaitre ... travailler .... recevoir ... donner .... embrasser ... câliner .... serrer dans ses bras .... s'éclater .....
    La vie est un coffre rempli de trésors et qui n'a pas de fond !!!!   Il est inépuisable !!! à nous de les trouver !!!!..”


Alors vous qui désespérez, réfléchissez à ces paroles !

Mardi 18 janvier 2011 à 8:55

Tristesse, désespoir

http://lancien.cowblog.fr/images/images/6.jpg

Alyane m’a envoyé, sous forme codée (voir mon précédent article), cette parabole qui m’a séduit :

“....J'étais sur la plage et je regardais deux petites filles jouant dans le sable. Elles construisaient un château de sable, avec tours, passages secrets et pont-levis. Alors qu'elles terminaient, une vague est arrivée et a tout détruit, réduisant le château en un tas de sable et d'écume.
    J'ai cru qu'après tant d'efforts, les fillettes commençeraient à pleurer, mais au contraire elles courrurent sur la plage, riant et jouant et commencèrent à construire un autre château.
    J'ai compris que je venais d'apprendre une grande leçon. Nous passons une grande partie de notre vie à construire des choses, mais lorsque, plus tard, une vague les démolit, les seules choses qui restent sont l'amitié, l'amour et l'affection et les gens qui sont capables de nous faire sourire. “


    C’est un message que j’essaie souvent de faire passer auprès des jeunes qui m’écrivent et qui traversent un mauvais passage dans leur vie, parce quelque chose ou quelqu’un auquel ils tenaient beaucoup vient de sortir de leur existence.
    Il faut alors s’occuper pour penser à autre chose, travailler le mieux possible : reconstruire un autre château de sable.
    Et puis il faut s’appuyer sur les amis, sur la famille, pour faire des choses ensemble, se changer l’esprit, rire à nouveau.`   
    Bien sûr on a envie de pleurer, mais il faut surmonter cette envie. Rester dans son coin à le faire ne sert à rien, si ce n’est à faire tourner les pensées tristes dans votre cerveau et à stresser encore plus.
    Certes c’est dur de tourner la page, d’oublier le passé, de ne pas se reprocher ses erreurs, mais cela sert à quoi de ressasser tout cela sinon à être encore plus mal.
    Il faut changer de registre, rêver à nouveau, refaire des projets réalistes à partir de ses rêves, et se donner les moyens de les réaliser avec motivation et volonté.
    A deux reprises, dans ma jeunesse,”la mer a détruit mon château de sable” et je vous assure que le seul moyen d’en sortir c’est d’avaler ses larmes, de serrer les dents et de repasser à l’action, d’essayer de le reconstruire, avec l’aide de la famille et des amis.
    Et parfois on trouve aussi, à la fin, un nouvel amour.

    Et vous m'avez adressé hier des commentaires et mails sur le décodage des deux messages.
Certains l'ont fait plus facilement, d'autres plus difficilement que moi, mais vous y arrivez tous et toutes sans problème;
    Sur le second, comme pour moi , c'est plus lent, plus difficile, surtout au début, puis le cerveau s'habitue.
    Comme moi, vous ne cherchez pas à remplacer les chiffres par des lettres, mais à décoder directement, mais inconsciemment vous devez quand même mémoriser cette correspondance car cela explique que ce soit plus facile in fine.
    Merci à ceux qui m'ont écrit ou commenté.

Jeudi 26 novembre 2009 à 9:18

Tristesse, désespoir

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs1/P4180048.jpg

    C’est la suite de mon article d’hier sur des réflexions pour sortir de la tristesse. Je vais parler maintenant de votre environnement humain.

    Mettre de l’ordre dans ce qui vous entoure tous les jours et dans vos activités pour éliminer l’environnement triste,demande certes un effort important de volonté, mais a déjà une certaine efficacité. Mais bien sûr cela ne suffit pas.
    Il faut aussi remplacer votre environnement humain par un autre plus gai et qui surtout vous apporte de la tendresse à la place de l’inquiétude et du désespoir.

    Vous avez besoin d’être aimé(e), consolé(e), encouragé(e). Chaque fois que cela est possible, le mileu familial, les parents, les grands-parents, les frères et soeurs, la famille plus éloignée, sont l’environnement qui devrait vous apporter la sécurité et l’amour qui vous manque.
    Ayez aussi des amis, qui puissent vous apporter leur affection, vous faire penser à autre chose, discuter et se divertir avec vous. Mais ils doivent être gais, et ne pas véhiculer les mêmes idées moroses, voire lugubres qui sont, ou ont été les vôtres.
    
    Parlons de vos amis.
    En général on se lie plus facilement avec des personnes qui ont les mêmes goûts que vous, mais aussi avec des personnes que l’on a eu l’occasion de se rencontrer : élèves du même lycée, camarades de sports ou d’activités extra-scolaires, ados connus sur MSN ou dans les blogs, enfants d’amis des parents,          
    Beaucoup des jeunes en difficulté qui m’écrivent, ont pour copains ou amis des ados qui sont tristes comme eux, et qui baignent dans la même atmosphère lugubre. En fait, par vos échanges, vous vous entretenez mutuellement dans le désespoir et vous n’arrivez pas à vous en sortir, de même qu’il est très difficile, dans un couple, d’arrêter de fumer, si on ne le fait pas tous deux en même temps, car si l’un persiste, l’autre est entraîné à continuer.
    Je ne vous dis pas de changer d’amis, mais de leur dire “on change de conversations”. De ne plus échanger avec eux de mails qui montent en épingle toutes vos souffrances, des images de sang et de mort, de ne plus parler de mutilation et de suicide, de ne plus se complaire dans cet univers artificiel et surréaliste de tristesse de mort et de surnaturel.
    A ces amis il faut leur dire “on change ensemble, (comme le couple qui veut arrêter de fumer), sinon on poursuit nos routes séparément”
    Si ces camarades tiennent réellement à vous, ils accepteront l’expérience, sinon il vaut mieux pour vous qu’ils ne soient plus vos amis.
    Vous pouvez parler de votre tristesse , de vos problèmes à vos amis, mais à condition qu'ils vous soutiennet qu'ils essaient de vous remonter le moral, de vous aider à y voir plus clair.
   
    Il y a aussi souvent un autre écueil : vous vivez dans un monde imaginaire, où vous vous sentez bien, ou vous vous sentez le maître (fallacieusement puisque’il n’y a rien à diriger, rien à gagner et rien à perdre, si ce n’est la vie et cela n’est pas rejouable!).
    C’est vrai, c’est plus difficile d’affronter la réalité, le quotidien.
    Là, le seul moyen est d’essayer de ne pas faire confiance à vos sentiments, à vos goûts, à vos impulsions; d’essayer de raisonner d’être logique, de discuter chaque chose en spectateur en essayant d’être objectif. Je sais que c'est très difficile quand on est "juge et partie"; alors faites vous aider par quelqu'un qui tiendra le rôle de "miroir objectif".!
    Vous verrez alors qu’affronter la réalité, cela demande un effort, mais ce n’est pas si terrible que cela, et on est ensuite tellement fier(e), tellement  content(e) d’avoir surmonté les problèmes et vaincu l’adversité.
    Ne me dites pas que vous voulez rester dans cette atmosphère parce qu’elle vous plait, qu’elle est faite pour vous : c’est faux; ce n’est qu’une impression, un leurre; la preuve, c’est qu’elle vous rend désespéremment malade !!
    Ce sera dur pour vous, car on se complait plus facilement dans l’irréel et l’imaginaire plutôt que d’affronter la réalité; il est plus facile de briller auprès de ses copains en racontant ses peines qu’en leur parlant des petites joies de la vie;  il est plus facile d’écrire des poèmes tristes et désespérés que de beaux poèmes gais ou qui montrent l’espoir; c’est plus facile de se faire plaindre que d’être courageux et d’essayer de s’en sortir; c’est à la mode de parler de violence, de sang et de mort : on se croit, de façon absurde, plus courageux, plus adulte pour avoir tenu de tels discours, alors qu’en fait c’est l’inverse, c’est qu’on n’a pas une maîtrise suffisante de soi..
    Si vous réfléchissez, si vous allez au fond de vous même, vous n’avez pas confiance en vous, vous avez l’impression d’être inutile.
    Alors tout cet environnement, c’est d’abord parce que, dans ce monde irréel, loin des problèmes quotidiens, vous vous sentez plus confiant, plus à l’aise, et c’est ensuite parce qu’il est plus facile d’attirer ainsi l’attention des autres, de briller à leurs yeux, de se faire plaindre, et que l’on s’occupe de vous.
Et tout cela ce n'est qu'un leurre !

Mercredi 25 novembre 2009 à 8:48

Tristesse, désespoir

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs1/P4180043.jpg

  J’ai actuellement deux correspondantes qui sont très tristes et j’essaie de leur remonter le moral, mais ce n’est pas toujours facile. Il faut qu’elles m’aident et qu’elles soient motivées.
    Alors à ceux et celles que je ne connais pas, je voudrais donner quelques conseils que je regrouperai en deux articles, l’un sur l’environnement matériel, l’autre sur l’environnement humain.


    Rester dans une atmosphère triste, ne penser qu’à cela, aux catastrophes, au sang, à la mort, cela traumatise peu à peu notre cerveau et nous mène à la dépression.
    Pour remonter la pente, il faut d’abord sortir de cett engrenage. Comment faire?

    Une première chose à faire, un peu pénible, mais pas trop difficile quand même, c’est  faire le ménage autour de soi, rendre moins triste ce qui vous entoure, éliminer tout ce qui respire la tristesse.
    Faites un nouveau blog, avec un fond blanc, des images gaies ou drôles, racontez les anecdotes amusantes de votre vie, des histoires humoristiques, montrez les endroits que vous avez visités, les amis qui vous sont chers...
Les blogs les plus amusants que j’ai lus étaient faits par des jeunes qui étaient très malheureux, mais essayaient de s’en sortir.
    Refaite la décoration de votre chambre, enlevez les images de sang, les posters de chanteurs tristes, mettez des couleurs et des posters gais, des images de vie
    Changez de musiques et de lectures. Ne lisez plus de livres terrifiants, mais des livres amusants et gais, qui vous fassent rire; écoutez des musiques cools, dont les paroles ne critiquent pas en permanence l’existence (c’est trop facile), ne prônent pas la violence et la mort, mais qui soient gaies, amusantes, ou sentimentales.
    En matière de musique, on ne peut pas travailler efficacement si on écoute des chansons avec des paroles (on fait attention, même inconsciemment, aux paroles et pas à son travail), et la concentration nécessaire n’est pas là, si la musique qui vous entoure est trop bruyante. Si vous voulez travailler en musique, écoutez des “musiques douces” dont les airs ne vous détournent pas de votre tâche (moi, j’écoute de la musique classique mais il faut aimer cela!).
     Changez aussi de look; c’est quelquefois agréable, mettez des vêtements plus gais, coiffez vous et fardez vous autrement, de façon jeune et dynamique, donnez vous une allure joyeuse, essayez de sourire. Vous verrez que vos amis iront plus facilement vers vous.
    Enfin essayez de bouger. Quand vous n’avez pas besoin de travailler ne restez pas à rêver, à penser à vos malheurs, sortez, allez vous promener, faites du sport, fatiguez vous et pensez à autre chose, ayez des activités artistiques, amusez vous, occupez vous des autres, par exemple essayez d’être le délégué(e) des élèves ou d’avoir un rôle dans une association, dans un groupe.
    Ayez confiance en vous; parmi ces activités vous allez en réussir certaines : vous n’êtes pas moins doué(e) que les autres et vous n’êtes pas inutile.

    Mais surtout dites vous qu’il faut la motivation pour s’en sortir.
    Confier à un blog vos peines n’est pas mauvais, car cela les fait sortir de vous, vous oblige à les préciser à réfléchir. Mais y penser sans cesse n’est pas bon. Il faut vouloir tourner la page et “se bouger” comme dirait une de mes correspondantes.
    Essayez de vous donner des buts, des objectifs pour l’avenir, pour vos activités. Avoir un but à atteindre, regarder l’avenir, ce n’est jamais triste.
    Et puis si vous écoutez les autres voyez que, au fur et à mesure que vous progressez dans le bon sens, ils vous admirent, vous estiment : “celui ou celle-là, il ou elle, a eu la volonté, le courage de s’en sortir, de ne pas rester à se morfondre, d’aller de l’avant, d’agir !”
    Et si vous êtes plus gai(e), les amis vont revenir vers vous plus nombreux et cela fera boule de neige, pour vous en sortir plus vite.
    S’en sortir, c’est une affaire de courage et de volonté, de travail aussi , de réflexion et de logique, pour vaincre les pulsions, le laisser aller et la facilité.
    Mais bien sûr un coup de main d’une autre personne peut parfois vous aider, en particulier à comprendre vos problèmes et à trouver les solutions pour les résoudre.

Vendredi 15 mai 2009 à 12:22

Tristesse, désespoir

 http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs3/P4050259.jpg

       Dans les derniers articles je vous disais qu’une partie de votre peine était due à des regrets ou des remords. Peut on maîtriser notre tendance à regretter ?

        Nous regrettons souvent les conséquences néfastes ou non désirées de nos actes ou des événements de notre passé : ce sont nos remords.
        D'où un premier" conseil, de lucidité: face aux événements, “n'oubliez jamais d'imaginer tout ce qui aurait pu se passer, y compris ce qui aurai pu être pire et pas seulement ce qui aurait pu être mieux!”.
    Pensez à ceux qui sont dans des situations bien plus difficile que vous et relativisez donc les inconvénients de votre situation. Et voyez aussi que celle-ci a certes des inconvénients mais aussi des avantages. Alors pensez aussi à ces cotés positifs.
    Et puis si vous aviez fait différemment, vous ne savez pas ce qui se serait passé. La vie ne se vit qu’une fois ! Alors les résultats du “si j’avais su...” sont toujours hypothétiques.

        Les sujets perfectionnistes, cherchant toujours à atteindre le meilleur résultat et à faire les meilleurs choix possibles, sont globalement moins satisfaits de leur existence, car ils sont plus exposés aux remords et regrets que ceux qui se contentent d'un « choix acceptable ».
         D'où un deuxième conseil, de sagesse : “apprenez, dans divers domaines de votre quotidien, à renoncer à l'idéal, et à apprécier des résultats même modestes.”
        Cette attitude n'est pas une acceptation de la médiocrité, mais une recherche du juste milieu et du meilleur rapport entre coûts et bénéfices dans les actes quotidiens.
    Certaines de mes guenons en perpétuelle recherche du bonheur, rêvent toujours de situations et d’êtres parfaits et du coup, sont toujours déçues. Ce ne sont ni leurs actes ni leurs conséquences qui font leur malheur, mais l’impossible attente d’une solution idéale qu’elles avaient imaginée et qui ne peut arriver.

        Certaines personnes ont tendance à tout reporter au lendemain, et l’habitude de subir les événements, voire pire, de renoncer à agir. C’est une préférence de notre cerveau, qui poussée à l’extrème, nous incite à rassembler toujours plus d’information, sans passer à la décision et à l’action.
        Puisque les regrets liés à l’inaction sont les plus graves, et que l’inaction entraîne une encore plus grande hésitation à agir, , on pourrait conseiller “dans le doute il faut toujours agir”
        Un tel conseil doit cependant être adapté : chez les personnes qui ont l’action facile, les regrets sont moins importants en cas d’échec lié à une action que si l’échec est lié à une inaction, mais c’est l’inverse chez les personnes hésitantes et inhibées, pour lesquelles les échecs liés à l’action sont plus douloureux.
        D’où l’utilité de connaître sa propre personnalité.
        Et puis évidemment, agir ne veut pas dire: faire n’importe quoi.

        En fait il est impossible de ne rien regretter car chaque choix se fait au détriment d’un autre.
        Plutôt que de viser la maîtrise totale des meilleurs choix (impossible) ou l'évitement total du moindre choix (inefficace), la meilleure option semble être d'apprendre à gérer intelligemment ses regrets.
        Il faut apprendre à faire le  bilan de nos actes, et à en tirer des leçons pour l'avenir. Pour se libérer de la peur de l'échec et des regrets anticipés, le plus efficace n'est pas de renoncer à agir, mais d'augmenter sa tolérance à l'échec, et surtout d'apprendre à en tirer les enseignements, afin de transformer les occasions de regretter en occasions d'apprendre
         « Si vous perdez, ne perdez pas la leçon.»


“Surtout ne te retourne pas, ne reste pas dans le passé, tire la leçon de tes erreurs, essaie de bien définir ce qu’il ne faut pas recommencer dans une telle situation et tourne la page. Ne garde que les bons souvenir du passé et tourne toi résolument vers l’avenir, vers les projets et les décisions que tu dois prendre, vers les actions que tu dois mener sans rechercher l'impossible ni la perfection.”

    C’est ce que me disaient mes grands parents quand j’étais ado.

Mercredi 25 mars 2009 à 8:51

Tristesse, désespoir

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs3/P1010118.jpg

    Deux de mes correspondantes qui s’intéressent à la psychologie m’ont posé une colle “... Tu parles d’états d’âme; qu’est ce par rapport aux émotions?... “
    Bien sûr je ne parlais pas philosophie et de l’âme de la théologie, mais du sens courant et populaire d’états d’âme. Cela dit, ce n’est pas si facile que cela à définir.  !!

    Nos états d’âme, c’est ce dont nous prenons conscience quand nous sortons de la routine et de l’activité quotidienne et que nous observons ce qui se passe en nous : c’est l’écho de ce que nous sommes en train de vivre.
    C'est aussi tout ce qui continue de tourner dans notre tête après que nous nous sommes dit: « C'est bon, stop, arrête, n'y pense plus. »
    Les scientifiques qui font des recherches en psychologie les appellent d’un autre nom : les « sentiments d'arrière-plan », mais je trouve que le terme d'états d'âme est plus parlant pour le commun des mortels...
    Retournons cependant chez les psychologues, qui les définissent ainsi :
“ ce sont des contenus mentaux, conscients ou inconscients, mêlant états du corps, émotions subtiles et pensées automatiques, et qui vont influencer la plupart de nos attitudes”.
Exemples d'états d'âme souvent cités : le spleen, cet abattement peu intense, mais tenace ; la sérénité, qui est plus qu'un simple calme, car elle contient aussi une dimension de confiance en l'avenir...

    Nos états d'âme sont le résultat d'un mélange compliqué d'émotions et de pensées, de corps et d'esprit, de dehors et de dedans, de présent et de passé.     
    Les états d'âme ne sont pas seulement un empilement d'idées, d'émotions ou de sensations, mais aussi une construction originale, synthèse que nous effectuons automatiquement, entre l'intérieur (état du corps)  et l'extérieur (vision du monde, réaction aux événements). Ils relient passé, présent et futur, et s'invitent dans chacune de nos activités.
    Ainsi quand vous remplissez les formulaires d’inscription en fac, par exemple, non seulement vous avez un certain agacement de perdre du temps avec ces paperasseries, mais vous êtes inquiète à l'idée de faire des erreurs, vous avez envie d'être ailleurs, peut-être même avez vous un  peu peur du changement du lycée à la fac. Ce sont vos états d’âme.
    Contrairement aux émotions franches, ils peuvent contenir à la fois des éléments affectifs agréables et d'autres désagréables (par exemple, douceur et douleur dans la nostalgie). Ils présentent aussi une rémanence, c'est-à-dire qu'ils persistent plus ou moins longtemps après la disparition de leur cause et durent au delà des situations qui les ont provoqués; ils sont tout ce qui reste en nous après que nous ayons vécu une tranche de notre vie.

    Les émotions sont toujours au centre des états d'âme, mais le plus souvent, elles sont atténuées et ne poussent pas à l’action, comme le font les émotions primaires : par exemple, lorsqu'on est en colère (émotion forte), on crie et l'on en veut à l'autre (sans forcément s'en rendre compte) et on risque de le prendre à partie, mais lorsqu'on est simplement irrité ou agacé (état d’âme), on a plutôt envie de s'écarter de qui nous irrite, parce qu’on sent que cela vaut mieux pour ne pas envenimer le conflit. La colère nous met « hors de nous », alors que nous pouvons contrôler et masquer notre agacement.            

   
Nos états d’âme sont ainsi un produit de notre évolution et de notre civilisation, alors que les émotions sont plus anciennes et brutes de forme. Ce sont des émotions complexes et subtiles par rapport aux grandes émotions primaires (voir mon article sur les émotions selon Plutchik).

Mardi 24 mars 2009 à 10:00

Tristesse, désespoir


 http://lancien.cowblog.fr/images/ZFleurs2/P1010117.jpg

     Sur mon article « Et si chacun faisait effort pour se comprendre !. », j’ai trouvé ce commentaire sur lequel il me paraît nécessaire de m’arrêter :
“...Il y a une chose qui me choque, c'est lorsque tu dis que certains ont la conscience de l'univers où ils vont vivre, ou bien alors, restent dans l'irréel. Je ne sais pas si c'est moi, ou si tu dis qu'on ne peut pas évoluer et changer en fonction de notre maturité. Je m'exprime mal, ce serait comme si on disait à un enfant pauvre "tu resteras pauvre". L'avenir n'est pas tracé et c'est en grandissant qu'on le trace....”
    En fait je suis à peu de chose près, d’accord, avec ce que tu dis. J’ai relu mon article et je pense que dans le paragraphe qui a inspiré cette réflexion, je n’ai pas été assez explicite.
    Je n’ai pas voulu dire que l’on ne pouvait évoluer en grandissant, au contraire, je disais qu'il fallait évoluer, et que pour vivre sa vie d’adulte qui se passe dans le monde réel, il fallait y revenir et ne pas rester dans le nid douillet d’un monde illusoire, car un jour le choc avec ce monde réel serait pire.


    Je pense aussi qu’il y a peut être un malentendu sur ce que j’entendais par “refus du monde réel” et “par monde irréel”. Il ne s’agissait pas pour moi de refuser les horreurs ou les injustices du monde actuel, cela c’est une réaction raisonnable, même si souvent on ne peut changer le monde tout seul. Mais j’entendais par monde irréel, un monde souvent morbide, dans lequel on s’isole et qui n’a plus aucun rapport avec la vie et l’environnement.

    Le mieux serait que je prenne un exemple, celui d’un jeune garçon qui n’est pas sur cowblog, avec lequel j’ai longtemps entretenu une correspondance et à qui j’avais demandé l’autorisation de pouvoir citer son cas, de façon anonyme bien sûr
    A l’époque il avait 15 ans et  avait souffert du divorce de ses parents et pensait que ceux -ci , très occupés, ne l’aimaient pas et lui préféraient ses soeurs, ce qui ne m’a jamais paru vrai.
    Benjamin (je l’appellerai ainsi), s’était réfugié dans son univers assez triste et morbide.
    Il lisait uniquement des romans policiers et des livres fantastiques, mais des romans particulier où l’on décrivait les souffrances, le sang, l’agonie, la mort. les horreurs. Il avait été un moment obnubilé par les “camps de la mort”, certes en condamnant les  horreurs nazies, mais on sentait dans ses écrits, son intérêt pour la description des calvaires et de la souffrance humaine, presque un certain sadisme.
    Il écoutait des chansons qui traitaient de violence, d’agressions, de catastrophes et de souffrance et les films qu’il aimait étaient tirés des festivals d’horreur.
    Il s’était surtout passionné pour des jeux sur ordinateur, mais des jeux violents dans lesquels on tue tout ce qui bouge et on se prend pour un grand héros invincible. De toutes façons on ne risque rien à ce jeu, on a “plusieurs vies”.
    Il y passait beaucoup de temps, mais heureusement pour lui, Benjamin était bon élève; très doué, il avait suivi facilement jusqu’en seconde, était rentré en première S et écrivait un français remarquable, clair, bien construit, sans faute. Les poèmes de son blog étaient de qualité, mais sombres et décourageants.
    Il avait même une certaine curiosité intellectuelle, mais là aussi un peu morbide et sa motivation de travail, c’était de devenir médecin légiste et il travaillait pour cet objectif.
    Au demeurant, si on le connaissait peu, un garçon renfermé certes, mais sympa et avec un certain humour noir, et on n’aurait pas deviné ses souffrances profondes.   
    Et peu à peu il s’est isolé dans son monde de jeu, dans ce monde irréel où il pouvait se prendre pour un héros de bande dessinée, immortel et imbattable, au milieu de quelques copains qui avaient la même mentalité, les mêmes hobbies..
    Ses parents alarmés l’ont envoyé voir des psys, mais Benjamin leur racontait des histoires, consultant les bouquins de psychologie et y trouvant des idées. Les psys l’ont soupçonné d’être schizophrène, puis bipolaire, puis borderline ! ... pour finalement ne pas trouver de maladie, mais cependant le mettre sous médicaments pendant plus d’un an pour “être tranquilles”.
    A un moment il s’était scarifié, il commençait même à être accro, mais  c’était pour se montrer à lui même qu’il pouvait endurer la souffrance. Je lui avais montré que les personnes auxquelles il racontait cela le plaignaient de souffrir ainsi et il avait alors décrété que la pitié des autres n’était pas digne du héros de jeu vidéo qu’il était, et il avait arrêté net. (ce qui montre au passage que quand il voulait, il pouvait !).
    Et  puis il s’est mis à faire des imprudences ne mesurant pas le danger de ses actes : cela avait commencé par des essais simplement destinés à donner des poussées d’adrénaline, (saut en parapente ou à l’élastique...) mais il a essayé le cannabis, puis ses parents lui ont acheté une moto (grosse erreur ! ), et il la conduisait dangereusement.
    Cannabis + conduite trop rapide , c’est l’accident en début de grande vacances. Nombreux traumatismes, deux vertèbres fêlées, trois mois d’hôpital dans un corset de cuir, sans internet, sans ses bouquins et CD morbides et surtout sans son ordinateur et ses jeux. Il quitte totalement son monde imaginaire.
    Est ce le choc de son accident, est ce cette “cure de désintoxication” ? Il reprend son lycée fin octobre, rattrape le temps perdu et réussit son bac sans problème.
    L’année dernière il a réussi largement le concours de la première année de médecine ( je vous assure que P1, ce n'est pas facile : il y a 300 places pour 2500 candidats) et est cette année en P2.
    Maintenant il est dans le monde réel de la vie et est presque devenu adulte.



Dimanche 22 mars 2009 à 11:22

Tristesse, désespoir

http://lancien.cowblog.fr/images/ZFleurs2/P1010113.jpg

    Mon article sur la “rumination” m’a valu plusieurs commentaires et mails intéressants et j’ai sélectionné quelques questions qui montrent que, ne voulant pas faire un article trop long, je n’avais pas été assez clair et j’avais éludé certains points importants.
Voici donc ces questions ou avis :

“...Je n'ai pas tout à fait compris le passage qui explique que les pensées ont tendance à prendre l'état émotionnel comme démonstration de l'existence d'un problème. Parce que l'état émotionnel est bien là, du fait d'un affect extérieur (exemple : il pleut, je suis morose). Et alors du fait, la rumination tendrait à expliquer cette morosité par un problème qui n'en était pas un ? ...”

    Je n’ai pas assez précisé au début de mon article que ce que je vise, ce n’est pas de penser à ses problèmes, et d’y réfléchir, ce qui est normal et bénéfique, mais c’est lorsque cela devient obsessionnel et que l’on y pense sans cesse en ne pensant qu’au coté négatif sans réfléchir au moyen d’en sortir, aux solutions. C’est cela que Christophe André appelle “rumination”.

    Dans ce processus où les pensées tournent en rond dans le cerveau émotionnel, le cortex frontal qui réfléchit est presque écarté du processus et on ne réfléchit plus assez. On confond donc causes et effets : on croit que si on a peur c’est parce qu’il y a un danger même s’il n’y en a pas et que l’on a peur d’autre chose; on croit que si on est triste c’est que l’on nage dans le malheur, sans chercher la raison précise de sa tristesse.
    L’exemple que tu donnes est de nature un peu différente, mais il est bon : la pluie peut faire que tu t’ennuie ou aggraver la morosité si tu étais très triste, mais jamais la pluie ne causera une grande tristesse permanent, une “rumination”.
C’est cette tristesse obsessionnelle qui fera croire que la pluie en est la cause au lieu de réfléchir aux vraies causes et aux moyens de s’en sortir.
    Est ce plus clair ainsi?

Suite de la question :

“ ... La question que je me pose c'est si c'est si bien que ça de lutter contre la rumination. Car si les pensées tournent en rond, et étant donné le besoin inné de l'Homme de donner des causes à tout, la rumination n'est-elle pas un moyen de lutter contre une submergence d'émotions troublantes qui n'auraient plus aucun sens, et ne pourraient plus être gérées ? Finalement, la rumination serait un mécanisme de défense, et comme tout ce ne serait vraiment que dans l'excès pathologique qu'elle serait vraiment néfaste...”

    Ce que tu dis est sensé mais il y a un problème de vocabulaire que j’avais insuffisamment précisé et que j’ai reformulé ci-dessus en gras.
    La “rumination” où l’on ressasse l’aspect néfaste des problèmes sans penser aux solutions, mais en s’enfonçant dans la tristese est nuisible et il faut lutter contre mais par contre c’est tout aussi nuisible de se cacher ses problèmes et de s’enfermer dans un univers iréel où ils n’existent plus.
    En agissant ainsi, nous ne faisons que fuir nos états d'âme au lieu de les accueillir et de les examiner.

    Je pense que tu as raison, la “rumination” ce n’est que l’excès et le mécanisme de sauvegarde, de défense est plus raisonnable.
    C’est se poser les questions : “Que se passe-t-fl en moi? Qu'est-ce qui ne va pas ? Pourquoi cet inconfort ? Que dois-je accepter et que puis-je changer ? “
    Puis nous verrions si les états d'âme désagréables reviennent, car peut-être le travail d'introspection et de réflexion reste-t-fl à approfondir.
    Il faut prendre le temps d'y réfléchir vraiment, maintenant ou plus tard, avec l'esprit clair.

    Les thérapeutes recommandent d'ailleurs de prendre l'habitude de se poser ces questions plusieurs fois dans la journée, de prendre la température de ses propres états d'âme aussi régulièrement que possible.
    Sans cette « gymnastique douce de l'esprit », comme certains l’appellent, nous risquons de naviguer en permanence entre deux écueils: nous noyer dans nos états d'âme (la rumination) ou refuser de nous y pencher (la fuite, qui est ici une fuite de soi).
    Comme toujours, la voie à suivre est celle du milieu: une introspection tranquille, mais consciente de ses limites.

    Dans les prochains jours il faudra que je revienne sur d’autres questions concernant le monde irréel dans lequel certains s’enferment.

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast