Vendredi 20 mars 2009 à 10:01

Tristesse, désespoir


    Je suis toujours frappé par le nombre de correspondantes qui sont stressées notamment par les regrets de ce qu’elles n’ont pas osé faire, ou les remords de ce qu’elles ont fait et qui n’a pas réussi.
    Je sais que c’est une caractéristique des caractères pessimistes, mais je pense qu’il faut cependant attirer l’attention sur ce problème.

     Quand enfant, j’étais soucieux, ma grand-mère me disait “tu n’as pas fini de ruminer comme une grosse vache !”
     Elle n’avait pas tort, c’est mauvais pour le moral !


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    J’ai lu récemment l’article d’un psychiatre de l’hôpital Ste Anne, Christophe André, sur les “états d’âme” et il utilise le mot “rumination”.
    Les anglo-saxons emploient “brooding”, qui représente l’action de couver.
    C’est vrai, ruminer, c'est  se focaliser, de façon répétée et stérile, sur les causes, les significations et les conséquences de ses problèmes, de sa situation, de son état , c'est s'enliser dans des “ pourquoi ? “ flous et sans fin...
    Dans la “rumination”, on reste inactif, assis sur ses problèmes que l'on garde bien au chaud, enfermés sous soi, en les laissant se développer.
   
    Quand je vous vois ainsi ruminer et m’expliquer vous problèmes et vos angoisses, je constate que ce que vous m’expliquez ce sont des pensées inachevées, des bribes mises bout à bout en longue énumération, qui ne s'accomplissent pas, ne vont pas jusqu'à leur terme, car elles s'arrêtent à la porte de toute décision éventuelle.
    Vous vous répétez que vous n'auriez pas dû agir comme ceci ou comme cela, au lieu de prendre des décisions pour changer le cours de votre vie; ou encore, vous doutez de vous au moment de passer à l'action, et vous vous rappelez toutes les fois où vous avez échoué pour des raisons mal identifiées, mais qui empêchent l'action et la réflexion présentes.

    La “rumination” est sans objectif précis : elle n'a donc pas de fin. Les états d'âme y sont perpétuellement recyclés, n'évoluent pas et reviennent sans arrêt au même point de départ. C’est ce que je vous ai plusieurs fois expliqué : les pensées tournent en rond dans notre cerveau émotionnel (le cyle de Papez) sans communication avec notre cortex frontal et la réflexion est donc purement “sentimentale” et émotionnelle.
    Un des éléments qui expliquent la difficulté à mettre fin à cette ronde des pensées tristes, c'est qu'en l'absence de but précis et conscient (qui pourrait être “ trouver une solution, mais ne pas trop m’épuiser ni me faire de mal avec ce problème “), efles ont tendance à prendre l'état émotionnel comme un démonstration de l'existence d'un problème et d’inverser ainsi le causes et les effets : “ Si j'ai peur, c'est qu’il y a un danger; si je suis triste, c'est qu’il y a un malheur; si je suis inquiet, c'est qu'il y a des ennuis qui arrivent... !”
    Vos états d'âme négatifs deviennent ainsi chroniques, et leur dimension émotionnelle persiste longtemps après la disparition des éventuels problèmes, si tant est qu’ils aient jamais existé. D'où l'aggravation des éventuels ennuis, qui pourra ensuite justifier quevous vous disiez ensuite : “ Je sentais bien que j'avais raison de me faire du souci “ !   
    Si vous n’y prenez pas garde, vous serez piégées et prisonniers de votre ronde des pensées obsédantes jusqu’à ce que l'épuisement, un événement plus important inattendu ou l'usure du temps vous en arrache...
    Il faut vous empêcher de perdre un temps long et précieux à ruminer sur les causes éventuelles de vos ennuis au lieu de chercher des remèdes. Quand je vous vois ainsi, j’essaie de corriger vous “erreurs d’aiguillage” et de vous empêcher de vous focaliser sur un problème et ses conséquences, mais plutôt sur les solutions possibles à imaginer et à mettre en œuvre.

    Cela dit, il ne s’agit pas de supprimer ces états d’âme, mais d'en limiter les dérapages. Ne pas avoir d'états d'âme reviendrait à mettre sa vie, son existence spirituelle entre parenthèses.
    D'ailleurs, c'est impossible.Tout juste peut-on les réprimer, les dissimuler, les refuser, mais en se privant de ce qu'ils nous apportent peut- être de meilleur : la connaissance de notre moi profond et d’un peu de notre inconscient.
    Ces grandes tristesses qui ont traversé le plus profond de nous-même changent beaucoup de choses en nous,et nous transforment profondément.

    Nos efforts vers davantage d'équilibre intérieur nécessitent donc l’acceptation de nos états d'âme négatifs, mais aussi attention et efforts envers les positifs
    Les études des psychologues et des sociologues sur le sentiment d'avoir une vie heureuse montrent que ce sentiment est lié à une fréquence et à une répétition de petits états d'âme agréables, à des bouffées de “petits bonheurs “, plutôt qu'à de grands mouvements émotionnels, qu’aux forts moments de succès ou d'accomplissement.
   
C'est, comme je vous le dis souvent dans mes articles sur le bonheur, ce sont nos instants de bonne humeur qui composent l’essentiel de notre bonheur : moment passé avec notre famille, nos amis, balade dans un bel endroit, lecture agréable ou qui nous intéresse, musique qui nous touche...

Jeudi 19 mars 2009 à 9:23

Tristesse, désespoir

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    Je discute souvent avec mes correspondantes de leurs problèmes, de leurs causes et des solutions possibles, et certaines pratiques que vous mettez en pratique en croyant bien faire pour oublier votre peine - comme la scarification ou le recours à des calmants voire des drogues douces ou l’alcool, - me paraissent dangereuses pour votre équilibre psychique et votre santé
    Mais vous me dites dans vos mails, combien il est difficile de ne plus recourir à une habitude que l’on a prise pour tenter de lutter contre sa peine et sa souffrance, et la quasi impossibilité de surmonter celles-ci.
        Vous me paraîssez résignées, sans volonté, sans forces, comme l’autruche qui met sa tête sous l’aile pour ne pas voir le danger.
        Je comprendrais cette attitude de quelqu’un en dépression, dont le cerveau ne peut plus réagir et qui doit attendre d’aller mieux pour raisonner à nouveau normalement..
        Mais, sauf dans quelques cas particuliers graves, les raisons de vos souffrances, que vous me donnez, ne me paraissent pas correspondre à un tel désarroi et je suis étonné de cette contradiction et de cette apathie.

        Je connais pourtant une jeune ado, qui a des problèmes bien plus graves et plus éprouvants que ceux que vous évoquez, mais qui a la volonté de s’en sortir et cherche à se comprendre et à comprendre les raisons de sa souffrance, à réfléchir aux moyens qu’elle pourra utiliser et ensuite, à les réunir, à apprendre à s’en servir.
        Elle me fait penser à une véliplanchiste dans une mer houleuse, qui se bat sur sa planche contre les élements. Elle dessale parfois, mais ses amis lui tendent la main, et l’aident à remonter, et elle repart courageusement, et peu à peu son équilibre se fera plus sûr et elle atteindra le rivage salvateur.

    Je ne crois pas que se complaire dans sa souffrance, dans les images rouges et noires de sang et de mort, soit une solution. Il faut reprendre en main votre destinée, vous faire aider si vous ne vous sentez pas capables de vous en sortir seules, mais rester là à contempler sa peine, à se plaindre  et à se faire plaindre, n’est certainement pas la solution pour s’en sortir.

    On a souvent l’impression en lisant vos blogs et en discutant avec vous qu’une suite d’événements mineurs ont déclenché un processus, qui vous a fait peu à peu vous isoler dans un monde imaginaire qui vous mine progressivement : je l’appelle “la prison de verre dont on a perdu la clé”.
    Mais aussi que vous avez cédé à l’entraînement de ceux avec qui vous êtes en contact, à la mode, aux marchands d'accessoires et de CD dont les objectifs sont mercantiles, et que ce monde imaginaire est le plus souvent un monde de tristesse, de sang, de superstitions et de mort, totalement déconnecté du réel.
    Cela m’inquiète, parce qu’en restant ainsi dans vos idées, vous vous isolez complètement de votre environnement, vous restez enfermé avec votre tristesse, vous ne réagissez plus et votre mal vous ronge peu à peu.
Deconnectés ainsi du réel, vous avez parfois des réactions vis à vis de votre entourage qui sont exagérées, et augmentent votre malaise.
    Vous vivez dans le monde qui vous environne comme si vous étiez dans votre monde imaginaire, et vos actions semblent alors peu sincères, comme si vous jouiez la comédie et votre entourage ne vous prends pas au sérieux, vous accuse d’en faire trop et ce, d’autant plus que votre inconscient vous pousse à attirer l’attention sur votre état et donc à faire un peu de “cinéma”.
    Je ne suis pas sûr que vous ayez conscience de ce décalage et pourtant, si vous voulez vous sortir de votre tristesse, il faut quitter votre monde utopique et vos chimères, il faut revenir dans notre monde, celui de la vie et du raisonnement rationnel, celui où vous étiez avant.

    Une autre raison de votre tristesse c’est la trop grande propension au regerts et aux remords qu’ont la plupart d’entre vous.
    Ce sera l’objet de mon article de demain.


Vendredi 26 décembre 2008 à 8:16

Tristesse, désespoir

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    Mes articles sur Tante Hannah continuent de me valoir des mails.

    Vous me demandez comment j’ai connu ce livre. C’est il y a bien longtemps.
    J’ai fait sept ans d’allemand en première langue de la 6ème à la terminale et à cette époque, on n’apprenait pas la langue mais la littérature.
    J’ai apprécié des grands auteurs et poètes comme Goethe, Schiller ou Heine. Mais nous traduisions aussi des écrivains moins célèbre et parfois un peu casse-pieds. C’est ainsi que j’ai traduit des pages de Tante Hannah et notre professeur nous avait fait lire une traduction en français de l’ouvrage.

    J’ai eu évidemment beaucoup de réflexions sur le terme de “gosses de riches” qu’avait employé ma correspondante et qui a choqué.
    Il n’y a dans ses propos effectivement aucune nuance et  les personnes qu’elle rencontre ne lui ont  permis d’avoir qu'une image incomplète de la société et des humains.
    Il y avait cependant une partie de vrai dans ses propos, et je pense que cela vaut la peine d’y revenir, mais je les exprimerai d’une autre façon qu’elle.

    Ne parlons pas de “riches” ou de pauvres” , car c’est trop réducteur et ambigu. Disons simplement que parmi mes correspondant(e)s, puisque nous passons par internet, la plupart ont , quelle que soit la situation financière de leur famille, en général ordinateur, télé et téléphone portable.
    Ce n’est pas vrai de tou(te)s et pour certains c’est un luxe et ils ont bien du mal financièrement à garder ce contact avec les autres. Cependant ils ne sont pas forcément malheureux, mais les difficultés qu’ils rencontrent leur causent cependant bien des soucis.

    Mais là je voudrais parler de ceux ou celles qui ont la chance d’avoir dans leur famille un certain confort.
    Comme je l’ai dit, cela n’empêche pas de trouver parmi eux des gens malheureux qui ont des tas de problème et qui ressentent tristesse et souffrance. Tante Hannah n’a pas compris que l’argent aide à pouvoir être heureux mais ne suffit pas pour apporter le bonheur.
    J’ai même eu des correspondantes dont les parents étaient très aisés mais passaient leur temps à travailler pour gagner de l’argent (et une certaine position sociale) et n’avaient pas le temps de s’occuper de leurs enfants qui se sentaient mal aimés. Certains parents les maltraitaient même !
    Le bonheur demande une certaine quiétude psychologique sans laquelle il ne se développe pas.

    Cependant il serait parfois possible de réduire son malheur en voyant les choses autrement.
    J’ai remarqué que la plupart des jeunes qui ne se sentent pas bien et qui ont cependant la chance d’avoir le confort dont je parlais, sont des pessimistes par nature, de façon innée. C’est une de leurs préférences cérébrales.
    Ils voient le “verre à moitié vide” et ne savent pas poser leur regard sur le “verre à moitié plein” qui est pourtant le même verre.
    Ce n’est pas seulement vrai pour les contingences matérielles, mais aussi pour l’affection qui les entoure, pour l’opinion et et la confiance qu’ils ont en eux mêmes.
    Or cette attitude est une grande source de fragilité et il faut arriver à la combattre, à essayer de minimiser ce trait de caractère.
    Je ne pense pas qu’un pessimiste puisse devenir optimiste, mais il peut modérer sont obsession de la catastrophe, du mal-vécu.
   

    Quand je discute avec une personne dans ce cas, j’essaie de l’inciter à mettre en oeuvre certaines réactions :
         - quand elle pense à des choses préoccupantes et stressantes, ne pas laisser tourner ces pensées dans son cerveau émotionnel. Mobiliser son cortex frontal pour le raisonnement. Se demader si ce que l’on trouve préoccupant l’est autant que cela. Essayer de ramener les conséquences à de justes proportions.
    Cela revient à se dire “suis-je aussi malheureux que cela? Est ce justifié?
         - le deuxième réflexe est d’essayer d’oublier un peu tout ce qui ne va pas et de penser à tout ce qui va bien. Regarder ses qualités au lieu d'examiner ses défauts; voir ceux qui vous aiment au lieu de ceux qui vous détestent; penser à tout ce à quoi vous rêvez et qui peut réellement vous arriver.
         - et puis se donner le maximum d’activités pour ne pas s’ennuyer, pour avoir le temps de penser à autre chose. Et évidemment choisir les activités que l’on aime, celles qui vous valorisent et vous apporte de la joie.
         - et s’occuper un peu des autres. C’est un dérivatif qui vous empêche de penser uniquement égoïstement à ses propres ennuis !

   
Une des grandes sources d’apaisement c’est de s’accepter enfin tel que l’on est et non tel que l’on rêverait d’être !

Mercredi 24 décembre 2008 à 8:12

Tristesse, désespoir

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    Une de mes correspondantes m’a parlé de  la méthode EMDR et j’avais lu, il y a quelques mois deux  articles sur cette méthode très surprenante.
Je voudrais donc vous en parler.
    EMDR signifie “Eye mouvement Desenzitisation and Reprocessing”, c’est à dire “Mouvements oculaires de désensibilisation et de retraitement de l’information”.


    J’ai lu deux articles, l’un du neuro-psychanaliste français très connu David Servan-Schreiber (le fils de l’homme politique) écrit cette année et l’autre de ‘l’inventeur “ de la méthode madame F Shapiro, écrit en 2005
     Cette thérapie originale est utilisée aux USA depuis 3 ans et depuis peu en France sur des personne ayant eu un traumatisme important, (agression, accident, attentat, mort d’un proche..), qui a touché profondément la personne sur le plan psychologique, laquelle est souvent assaillie de stress et d’angoisses, au rappel des souvenirs précis du drame, qui souvent ne remontent que très partiellement à la conscience, comme s’ils étaient “bloqués”.
    Souvent ces souvenirs sont rappelés par des détails de la vie, personnes, environnement ou événements, qui rappellent les circonstances du drame.
    La vie de telles personnes est infernale car elles ont l’impression qu’elles ne se débarasseront jamais de ces réminiscences et la plutpart des thérapies sont malheureusement sans effet sur ce type de souffrance.   

    En quoi consiste cette thérapie?
    A demander au patient de faire remonter à sa conscience les souvenirs pénibles, pendant que le thérapeute lui demande de suivre sa main qu'il déplace de gauche à droite, et de droite à gauche devant ses yeux. (comme chez un orthoptiste). Pour une raison longtemps restée inexpliquée, cette intervention des mouvements oculaires semble diminuer l'impact traumatisant des souvenirs.

    Madame Shapiro, clinicienne en Californie, a découvert par hasard cette méthode sur elle même et l’a ensuite expérimentée avec succès sur des patients, et notamment sur des groupes et des groupes témoins non soumis à la thérapie, avant de la proposer sur le plan international.
    En quelques années cette thérapie a fait la preuve de son efficacité dans le traitement du syndrome de stress post-traumatique, mais elle semble avoir été parfois utilisée avec succès dans le traitement de certaines douleurs, de diverses formes de dépendance, de phobies, de troubles des conduites alimentaires, d'attaques de panique, de trac, de deuil, de gestion du stress. Les seules contre-indications formelles sont les pathologies psychotiques en évolution et les patients qui présentent un risque suicidaire.

    Comment cela fonctionne ?
    C’est très surprenant comme résultat et on aimerait bien une explication, mais on n’a que des hypothèses assez vagues pour le moment.
    On sait que chaque seconde notre cerveau emmagasine (dont la plupart inconsciemment), des centaines de sensations : images (dont la lecture), sons (dont la parole), odeurs, toucher, goüt.
Elles sont stockées dans des mémoires tampons intermédiaires et la presque totalité est effacée au bout de quelques secondes.
    Certaines informations sont gardées quelques minutes ou quelques heures selon l’utilité (où ai-je garé ma voiture ?). D’autres plus importantes ne sont éliminées que pendant le sommeil. Enfin quelques rares perceptions vont rester en mémoire, plus ou moins complètes d’ailleurs et  si nous ne nous en servons pas souvent, vont peu à peu passer dans l’oubli .
Lorsque nous reconstituons un souvenir du passé, il est fait de nos sensations réélles qui sont restées en mémoire, mais aussi de ce qu’on nous en a dit, des photos que l’on a vues....
    On sait que les souvenirs qui nous touchent émotionnellement qu’ils soient heureux, malheureux ou traumatisants sont mémorisés de façon plus durable que les autres, mais pas toujours de façon consciente pour les souvenirs traumatisants.   
    Et ces souvenirs peuvent resurgir périodiquement de façon obsessionnelle et entraîner stress et angoisse.
    C’est notre cerveau émotionnel qui intervient dans le processus de mémorisation et dans ces résurgences des souvenirs émouvants.

    L'évocation du souvenir traumatique déclenche deux réactions simultanées : une activation de la région de l'amygdale cérébrale - (je vous ai souvent parlé de ces centres qui sont à l’origine de la peur, de la colère, du stress...) - et une inactivation du cortex préfrontal où se trouvent les centres tampons qui transmettent l’information à notre cortex frontal qui réfléchit et pense.Est également inactivée, l'aire de Broca, siège de la parole. (voir mes articles au sujet du langage).
    Submergé par les réactions émotionnelles, la personne  ne parvient pas à transmettre l’information au cortex frontal dans des conditions normales, d’où son angoisse. Pour qu’elle soit transmise dans de bonnes conditions, l'intensité des réactions émotionnelles doit être abaissée. C'est précisément le rôle des mouvements oculaires, qui provoquent une relaxation suffisante pour que le cortex reçoive et traite l'information traumatisante.
   
    En outre, les chercheurs ont établi un parallèle entre les mouvements oculaires préconisés en EMDR et ceux qui se produisent lors du rêve. Il existerait un rapport entre, d'une part, l'activité onirique et les mouvements oculaires qui y sont associés et, d'autre part, les capacités d'apprentissage de l'être humain.
     Les mouvements oculaires utilisés en EMDR activeraient le système de traitement de l'information, le même qui intervient lors du sommeil et des rêves. Comment?
Sans doute par l'association de plusieurs éléments. En premier lieu, la stimulation oculaire déclenche un relâchement physique du patient, ensuite, l'attention demandée au patient est multifocale, portée à la fois sur son corps et sur son esprit. Cet ensemble d'éléments semble suffisant pour déclencher le retraitement d'une information bloquée parfois depuis longtemps.

    Le processus mis en œuvre est totalement naturel (aucun médicament) : c'est un système physiologique commun à toutes les personnes, qui permet d'éli- miner des émotions négatives dues à des traumatismes et les angoisses correspondantes.
    Bien sûr les souvenirs des événements traumatisants ne sont pas éliminés, mais leurs conséquences psychiques sont considérablement diminuées.
    Je serais curieux de connaître des personnes qui ont suivi ce genre de thérapeutique et les suites bénéfiques qu’elles en ont tirées.   

  
  Finalement je dis souvent à celles qui sont tristes et dont les soucis tournent en rond dans leur cerveau émotionnel, que pour en sortir, il faut rétablir le contact avec le cortex frontal qui réfléchit et pense objecticvement.
    Ce que fait faire l’EMDR, par un biais original physique de mouvement des yeux, c’est un peu cela.

Mercredi 10 décembre 2008 à 8:36

Tristesse, désespoir



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    Mon dernier article sur la tristesse a amené quelques commentaires contradictoires et j’ai reçu plusieurs mails qui parlaient davantage des commentaires que de l’article lui-même.
    Mes correspondant(e)s se posent finalement la question sur “l’échelle des tristesses et des souffrances psychiques”, en reliant celles ci aux événements qui les ont provoquées et d’autres me demandent si une tristesse permanente est une maladie.
    Ce sont ces questions, qui ont fait un peu polémique, que je voudrais discuter aujourd’hui, car je ne suis pas certain que ce soit le vrai problème et je pense qu’il faudrait voir ceci autrement.
   
    Je crois d’abord que la tristesse chronique n’est pas une maladie, mais qu’une maladie qu’elle soit physique ou psychique (dépression notamment), peut engendrer une tristesse presque permanente.
    A cela près cependant que si on est au bord du désespoir et qu’on ne réagit pas pour remonter la pente, on peut alors aller vers la dépression qui est une maladie temporaire.

    Il faut ensuite être conscient que, face à un même événement, les réactions des personnes peuvent être très différentes et donc le niveau de leur souffrance également.
    Il ne faut jamais évaluer la souffrance des autres d’après ce que serait sa propre réaction personnelle dans des circonstances analogues.
   
Je ne parlerai pas de ceux ou celles qui simulent la douleur, ou l’exagèrent volontairement pour appeler l’attention sur eux (ou elles), mais des personnes qui souffrent véritablement. Certes leurs paroles ou leurs écrits peuvent être inconsciemment éxagérés par rapport à cette souffrance, mais c’est alors une façon de se soulager en l’évacuant et en essayant de la définir.
    Raconter à quelqu’un ou à un cahier, un blog, ses problèmes et leurs conséquence est une façon efficace de diminuer leur emprise sur notre cerveau émotionnel, à condition de ne pas faire que cela car, dans ce cas, cela tourne à l’obsession.

    Donc, contrairement à ce que pensent certains de mes correspondantes, je ne crois pas qu’on puisse évaluer le niveau de souffrance à partir de l’importance du traumatisme subi.

    Certes il existe des événements graves qui entraînent toujours des traumatismes importants : agressions, viols, attentats, accidents, parte d’un être très cher, maladies...

    Mais selon les circonstances de l’événement et surtout en fonction de la personnalité de la personne qui l’a vécu, ainsi que de l’environnement humain autour d’elle (familial, amoureux et amical notamment), les conséquences psychologiques peuvent être relativement différentes en nature, en intensité et surtout en durée.
    L’oubli est rare, mais la pénibilité des souvenirs s’atténue plus vite par exemple, chez un optimiste que chez un pessimiste, et si la personne est entourée d’affection et d’attentions de gens qu’elle aime et qui l’écoutent et l’aident.
    Je sais donc quand une correspondante me parle d’un tel traumatisme, que la première chose à faire est de l’écouter pour évaluer l’ampleur des dommages, ainsi que sa volonté de remonter la pente et ce qui va l’y aider ou la freiner, mais je sais aussi qu’elle ne pourra pas sortir du gouffre et remonter la pente en quelques semaines. Mais ce pourra être plus ou moins difficile et long.

    J’ai souvent dit que les jeunes qui m’écrivaient avaient surtout des chagrins d’amour.
Souvent certaines avaient plutôt une attirance qu’un grand amour, d’autres se sont révoltées devant la méchanceté de leur ex-ami et leur amour s’est transformé en indifférence, voire en hostilité.
    La souffrance peut être vive sur le moment, mais elle disparaît assez vite.
    D’autres par contre ressentent une grande douleur et restent longtemps inconsolables, car leur amour était bien plus grand, bien que souvent, à mon avis, leur petit ami ne valait pas un tel attachement.
    Certaines même, sont au bord du suicide ou ont fait des TSA.
    Comme je l’ai dit plus haut, les capacités de réagir dépendent beaucoup de la personnalité de la personne en cause et de son environnement immédiat. Une famille attentive pourra apaiser sa douleur, alors qu'un manque d'attention et de tendresse la rendra plus sensible et la prolongera dans le temps.
    Les remords de ce qu’on a fait, les regrets de ce qu’on n’a pas su faire, tracassent de façon très différente un pessimiste  et un optimiste, qui saura tourner la page après avoir tiré les leçons des problèmes rencontrés et des erreurs commises.   

    L'âge aussi est un facteur important. 
Un ado supporte beaucoup plus mal la perte d'un être cher qu'un adulte; ce dernier a sans doute autant de peine, mais il sait mieux la dominer, trouver des dérivatifs, raisonner ses émotions, faire face à un destin auquel il ne peut rien.

    La peine, le stress les plus difficiles à évaluer sont ceux de ceux qui ne savent pas les raisons de leur
souffrance, ou qui n'en n'ont qu'une idée très floue. Souvent d'ailleurs ce handicap est très variable dans le temps, pouvant passer sans raison évidente, d'une certaine joie à une crise majeure de détresse.

    Pour en revenir aux questions soulevées dans les commentaires et les mails, je ne pense pas qu’il faille faire une classification de la gravité des malheurs que l’on a subis. Il n'y a pas d'échelle graduée dans ce domaine ! Chaque cas est un cas particulier, car aucun d’entre nous n’est identique à son voisin et son environnement est différent.
    Il ne faut donc jamais juger quelqu’un qui souffre. Il faut examiner si sa souffrance est simulée ou réelle, au moins en partie, et dès lors l’écouter pour savoir ce que la personne ressent face à ses problèmes, avant de les analyser avec elle et d’essayer de trouver des solutions et d’atténuer ainsi cette souffrance.

Dimanche 7 décembre 2008 à 8:25

Tristesse, désespoir

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  Commentaires et mails sont venus nombreux à la suite de mes derniers articles. Beaucoup d’entre eux font preuve de l’envie de s’en sortir, mais pas tous. Dans un commentaires de l’article d’hier j’ai essayé de répondre à une lectrice qui me disait : “Pour s'en "sortir" il faudrait déjà savoir pourquoi le faire ...”.

    Mais la plupart de vos mail disent : "Ce n’est pas si facile que cela de s’en sortir, même si on en a envie...."
    Cela je le sais, et c’est pour cela que je viens parfois aider certains ou certaines d’entre vous pendant un temps.
    Mais quelques recettes générales sont utiles :


    Esayez de ne pas penser tout le temps à votre détresse, à vos problèmes,
de vous apitoyer sur votre sort. Cela ne fait que vous ramener à votre tristesse
    Pensez au contraire au verre à moitié plein, à ce qu’il y a de bien autour de vous, à ceux qui vous aiment, à ce que vous avez, à ce que vous pourriez faire d’intéressant et de joyeux, à tous les petits instants de bonheur.
    Il ne tient qu’à nous de ne pas nous faire un univers tout noir. Quand il pleut nous pouvons toujours imaginer le soleil et l’été. Ils sont déjà arrivés et ils reviendront.

    Détachez vous du passé. Chassez remords et regrets. Le passé ne se refait pas, à quoi bon tout le temps revenir dessus. Il faut en tirer les leçons pour ne pas tomber dans la même ornière et tourner la page, ou sinon ne penser qu’aux bons souvenirs du passé.

    Pensez au contraire à l’avenir. Au départ, faites des rêves, mais ne restez pas trop longtemps dans ce monde irréel. Essayez de voir quelle part des rêves peut être proche d’une réalité possible et transformez la en projets, en buts réalisables avec de la volonté, de la tenacité, du travail et un  peu de chance. Et puis tâchez de vous donner les moyens pour réaliser ces projets.
    La vie n’est belle que si on a de l’espoir et ce sont les projets qui le matérialisent.

    Essayez d’augmenter la confiance que vous avez (ou n’avez pas) en vous. Dites vous qu’il ne faut pas céder aux impulsions émotionnelles mais essayer de raisonner pour surmonter son pessimisme et avoir davantage confiance en soi.
    Faites le bilan de vos défauts et de vos qualités. Vous verrez que vos défauts peuvent être en partie corrigés et que vos qualités ne sont pas négligeables et peuvent être cultivées.
    Pour une fois pensez au passé et voyez tout ce que vous avez déjà réussi et pensez à toute la vie que vous avez devant vous pour réussir bien plus.
    Et puis vous êtes jeune donc vous manquez encore d’expérienece, mais dites vous qu’elle augmente tous les jours et que donc la confiance en vous va venir.

    Je constate souvent que vous vous ennuyez et que cet ennui vous amène à penser à vos problèmes. Alors occupez vous le plus possible et surtout variez vos activités. Lisez, écrivez, écoutez de la musique, voyez des films, la télévision, mais pas des choses tristes et horribles, mais au contraire de l’humour, de la gaité, de la poésie, du bonheur.
    Ayez des activités sportives, cela soigne à la fois le corps et l’esprit.     Essayez de mieux faire votre travail de classe. Vous finirez par être fière de vos résultats sportifs et intellectuelles
    Occupez vous des autres, de votre famille, de vos camarades, de vos amis. Penser aux autres évite de s’apitoyer sur soi.

    Et lorsque vous n’allez pas bien, surtout le soir avant de s’endormir, ne laissez pas vos pensées tristes tourner en rond dans votre cerveau émotionnel. Essayez de raisonner, de revenir au contöle du cortex frontal, de celui qui réfléchit objectivement. Et si vous n’y arrivez pas essayez de faire quelque chose de logique : pas un devoir de maths bien sûr, mais un mot croisé, un sudoku, un jeu de réflexion ou lire un livre qui fait réfléchir pour résoudre des énigmes.

    Et surtout si vous n’arrivez as à vous en tirer seul(e), n’hésitez pas à appeler à l’aide. N’essayez pas de gommer votre souffrance par pudeur, ou parce que vous êtes très introvertie et que vous n’aimez pas vous confier.
    Le vieux singe est aussi introverti et pourtant il arrive à discuter avec ses guenons et ses babouins, et cela ne le choque pas du tout qu’on lui raconte ses malheurs. C’est d’abord une source de décompression, puis on réfléchit ensuite ensemble.
    La discussion apporte toujours quelque chose à condition d’en rester aux constatations, à l’analyse des situations, des faits et des  personnalités,à la recherche des solutions mais en s’abstenant de tout jugement de valeurs vis à vis des personnes.

Samedi 6 décembre 2008 à 8:29

Tristesse, désespoir

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    Dans mon précédent article je disais que de petites causes ajoutées les unes aux autres, pouvaient engendrer la même détresse qu’un malheur important, et qu’aider ainsi mes “chiens perdus sans collier” était plus difficile, car il fallait d'abord arriver à comprendre avec eux les causes de leur désespoir. ou de leur mal-être.
    Mais je disais aussi que l’attitude que l’on pouvait avoir, face à l’adversité, était un facteur important de ce processus.
    
    Les jeunes qui ont ainsi un mal-être important présentent presque toutes, deux caractéristiques : elles n’ont pas confiance en elles et se sentent relativement isolées. Cet isolement peut d’ailleurs ne pas être évident, car souvent elles s’efforcent de paraître joyeuses avec ceux qui les entourent, arrivent à donner le change et leur solitude est en fait morale, sentimentale et “interieure”.

    Face à cette situation je rencontre souvent plusieurs types de réactions néfastes.


    Certaines vont, de la même façon qu’autrefois on écrivait son “journal intime” sur un cahier, confier leurs malheurs à un blog.
Ecrire ainsi soulage en général leur douleur. Mais ce blog, contrairement aux cahiers d’autrefois, est lu par les amis, et donc, on enjolive, on en rajoute, on joue un peu à la romancière.
    Le blog devient plus triste que la réalité, les malheurs que l’on raconte sont de plus en plus poignants, et se prenant au jeu, on finit par y croire. Bref c’est la boule de neige; on rajoute de la tristesse irréelle, mais qui augmente sa tristesse réelle et on glisse ainsi peu à peu vers le désespoir.

    Ce que peut faire l’écriture, la littérature et l’audiovisuel en sont capables : la mode est actuellement aux chansons, aux histoires et aux films tristes, qui décrivent toutes les horreurs de notre planête, prônent la souffrance, le sang, la mort.
    Il est certain que quelqu’un qui est déjà dans la tristesse, se sent dans un monde familier, et privilégie d’autant plus ces publications qu’elles sont dans le vent.
    Seulement à force de ne consommer que ce type d’information, on se retrouve plongé dans un univers où il n’y a plus que de la tristesse et du désespoir et dans une prison dont on ne touve plus la porte.

    Lorsque l’on n’a plus confiance en soi, on n’aime pas se mesurer aux autres, car on craint d’être perdant. Donc il ne faut pas ressembler aux autres pour que la comparaison ne soit pas possible. Il faut donc cultiver l’originalité.
    On va donc essayer de se créer une image propre, indépendemment de sa propre personnalité (et quelquefois même en contradiction avec elle), pourvu qu’elle nous démarque des autres et cela par nos comportements, nos propos, notre habillement, nos goûts artistiques ou littéraires, ou parfois par une attitude provocatrice ou distante.
    Le problème, c’est qu’en faisant cela, on s’éloigne des autres, on s’attire leur hostilité et l’on se fait mettre encore un peu plus à l’écart.
    C’est un cercle vicieux puisqu’on augmente ainsi sa solitude.

    Des attitudes telles que celles que je viens de décrire ont pour conséquence de vous isoler des autres, de vous plonger dans un monde irréel, dans lequel vous avez l’illusion d’être maître de votre destinée, de faire ce que vous voulez et donc d’y trouver cette confiance en vous, qui vous manque dans le monde réel.
    Le problème c’est que ce monde n’est plus la réalité où nous vivons, et que donc nous n’avons plus alors les “pieds sur terre”.

    
    Et comme le disait une de mes jeunes amies philosophe :
“ on l’aime bien notre petite dépression, qu’est-ce qu’on ferait sans ? Et puis la vie c’est plein de doutes, de peurs, de moments de tristesse, de dangers. On est si bien finalement dans notre petit cocon protecteur. “
   
    Alors on est loin de la réalité et on se sent perdu. Comme le décrivait de façon à la fois poétique, réaliste et imagée une de mes correspondantes :
“ Je suis dans une prison de verre dont j’ai perdu la clé !”

    Alors il faut en sortir un jour et ce n’est pas facile : je redonne la parole à ma jeune philosophe :

 “ ...Sauf que tout ça c’est du pipeau. Et un jour, faut bien s’en rendre compte. Ce jour-là, il faut se prendre en main et décider une bonne fois pour toutes que la souffrance, c’est fini. Alors il faut se faire confiance, et il faut s’insérer à nouveau dans la vie, faire du sport, sortir, voir ses amis, retrouver sa confiance en soi, se pardonner nos nos erreurs et, tel le phénix, renaître de nos cendres...”

Vendredi 5 décembre 2008 à 9:19

Tristesse, désespoir

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   Mon article “qui me tendra la main” a soulevé quelques remarques inattendues, (deux commentaires et une dizaine de mails), de lecteurs qui ont été choqués par le fait que je stigmatisais l’égoïsme et l’indifférence de ceux qui sont témoins du malheur des autres.
    Certains trouvent cette attitude normale, mais regrettent qu’il en soit ainsi. D’autres considèrent que l’on a suffisamment de problèmes soi-même sans s’occuper de ceux des autres.
    Enfin certains d’entre vous minimisent ces problèmes.
    Ils admettent qu’il y ait quelques cas sérieux (agression, accident...), mais qu’en dehors de cela on ne devrait pas être stressé.
    Ils considèrent que “...si on ne voulait pas avoir de chagrin d’amour il n’y avait qu’à ne pas s’amouracher de n’importe qui...”, qu’un “chagrin d’amourette n’était pas bien grave et que cela ne valait pas la peine d’en faire tout un cirque...”.
    Et surtout ils pensent que la plupart des jeunes qui sont tristes et malheureux, soit simulent cette douleur pour se rendre intéressant et parce que c’est à la mode, soit sont masochistes et manquent de volonté, car ils n’ont aucune raison valable d’être ainsi désespérés.


    Certes j’ai souvent déploré que mes “guenons” se sentent attirées trop facilement par un garçpn sans le connaître, et en croyant au grand amour. Mais le chagrin est cependant très présent lors de la rupture.
    J’ai dit aussi que j’étais parfois face à des cas sérieux où le traumatisme était tel que la pente set difficile à remonter, ce qui ne veut pas dire qu’on n’y arrive pas avec de la volonté et du temps.
    Mais aujourd’hui je voudrais revenir sur la troisième catégorie qui “n’a aucune raison d’être triste”. et qui l’est cependant.
    Je voudrais parler de celles qui sont vraiment tristes, qui ont parfois une souffrance telle qu’elles pensent à la mort ou se scarifient, mais ne savent pas bien pourquoi elles sont ainsi, car elles n’ont pas un problème majeur grave.


    Celles qui se sont adressées à moi ne simulaient pas, elles souffraient réellement, mais au départ ne savaient pas bien pourquoi, et cela les préoccupe encore plus, car comment lutter contre quelque chose de mystérieux qu’on ne comprend pas.

    Alors je vais essayer de trouver avec elles ces raisons, mais pas à la manière d’un psy (dont je n’ai pas les connaissances), qui essaie de faire parler son patient, explique souvent peu, et se réfère à ses théories sur les complexes, l'enfance ou la libido, (plus ou moins vraies d’ailleurs), lesquelles traitent rarement de toutes ces causes qui sont petites et terre à terre, mais bien réelles.
    Je ne suis qu’un ingénieur de formation scientifique, et, à partir de ce que me disent mes “chiens perdus sans collier”, je vais essayer de comprendre leurs problèmes simplement, de façon logique avec du bon sens, de leur expliquer ce que je crois et de voir avec elles si ces hypothèses sont vraisemblables.
    On peut ainsi avancer peu à peu et souvent identifier certains des problèmes, et ensuite essayer d’y remédier.

    Il n’y a pas des raisons “importantes” à cette tristesse (peines de coeur, agression, mésentente avec les parents ...).
    Pour mes “chiens perdus sans collier”, c’est en général une multitude de raisons qui interviennent, raisons en apparence peu importantes, (et c’est pour cela qu’on les connait mal), mais qui, toutes ensemble, représentent un poids certain et peuvent engendrer une réelle souffrance, que l’on a trop tendance à négliger.


    Les confidences de mes correspondantes leur appartenant, je ne peux donner d’exemple détaillé et je m’en tiendrai à des généralités :

        D’abord les problèmes de tout jeune avec la contradiction entre l’envie d’être plus indépendant, et notamment de sortir du cocon familial, et la peur de ne plus être protégé, de ne pas s’en sortit seul, l’envie de rester encore enfant.

    Contradiction entre le besoin d’être aimé, protégé, encouragé, aidé et la non acceptation des contraintes correspondantes, notamment familiales (manque de liberté, surveillance et autorité des parents).
    Il en résulte des conflits divers avec les parents, (surtout si l’un des deux n’est pas le vrai père ou la vraie mère dans une famille recomposée) ou avec les frères et soeurs (et surtout les demi-frères et demi-soeurs).

    Ensuite il y a souvent ce que j’appelle des mini-peines de coeur. L’adolescence est un âge où l’on attache beaucoup d’importance aux copains, aux amourettes et des ruptures, dans lesquelles quelqu’un auquel on se croit attaché vous quitte ou vous ignore, sans que ce soit un véritable chagrin d’amour, peut affecter la sérénité de la vie d’un jeune au point de le déstabiliser. Pas forcément des peines d’amour, ce peut être un ou une amie qu s’éloigne de vous.
    Parmi ces camarades, il y a évidemment les copains et copines de classe.

    Une raison qui peut aussi miner un jeune, ce sont les difficultés scolaires, quand le jeune ne rencontre pas une aide suffisante pour s’en tirer et souffre des critiques de ses parents et de ses profs et de l’opinion de ses camarades de lycée ou collège.

    Un des gros problèmes très général chez beaucoup de jeunes, c’est le manque de confiance en soi, qui empêche de croire qu’on va y arriver, qui enlève la motivation.
    Dans de nombreux cas, il a suffit que après d’assez longues discussions, ma correspndante reprenne confiance en elle pour que tout soit peu à peu réglé, parec qu’ensuite, elle a le courage et la motivation pour s’en sortir.
    Pour être bien il faut croire en soi et que les autres croient aussi en vous.

       Enfin une des plaies de notre monde actuel, notamment chez les jeunes, c’est l’importance exagérée qu’on accorde à l’opinion d’autrui et notamment  pour toutes sortes de choses souvent peu importantes.
     Il en résulte une certaine “jalousie” de tout ce que possède le copain ou la copine, et que l’on n’a pas, que ce soit des vêtements, des bijoux, des moyens audiovisuels, des livres, les vacances etc......
    Ceci n’existait pas dans ma jeunesse car au lendemain de la guerre, on n’avait rien et finalement on était paradoxalement plus heureux !!

    Tout cela n’est pas exhaustif; chaque cas est un cas particulier en raison de la personnalité des gens et de la spécificité de leur environnement.
    Mais, contrairement à ce que me disaient mes lecteurs, je constate que souvent l’accumulation de ces causes assez peu importantes, peut engendrer une préoccupation considérable qui peut mener jusqu’à la dépression.
   
    En fait ces causes ne sont pas les seules responsables. Le comportement du jeune face à cette adversité est également très important et j’aborderai cela dans mon prochain article.
   

Mercredi 3 décembre 2008 à 8:29

Tristesse, désespoir

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     J’ai parmi mes correspondant(e)s des jeunes qui sont tristes et parfois au bord de l’abîme, cela pour des raisons diverses : mort ou abandon d’un être aimé, gros problèmes familiaux, agression, causes diverses qui ont mené à une quasi-dépression..;;
    Je lis souvent dans vos mails i des phrases telles celles ci:
“...J’ai l'impression de ne plus servir à rien... Je ne fais rien de bien... Je ne me sens plus heureuse même avec mes amis... Je suis complètement morte de l'intérieur... Aucun espoir ne se manisfeste...  Qui viendra à mon secours et me tendra enfin la main ?...”

    On en arrive là comment et pourquoi?

    Toujours le même problème: l'égoïsme de ceux qui, ne pensant qu'à eux, oublient le malheur des autres. Voici encore une plainte d’une des “guenons” du vieux singe que je suis :
    ” Petite fille oubliée, je cherche l'amitié, mais comme je touche le fond, personne ne me répond. J'ai dit ma souffrance à mes amis, bien qu'ils me dissuadent de passer à l'acte, j'attends toujours une aide qui pourra me montrer que la mort n'est pas la solution. ...”
   

     Le monde est dangereux à vivre, non seulement à cause de ceux qui font le mal, mais aussi à cause de ceux qui regardent et laissent faire.
    Dans les mails et les blogs les plus sombres, cette sensation d’isolement, d’abandon est générale et elle peut être effectivement la conséquence de l’égoïsme des humains.
    Cependant l’égoïsme n’est pas la seule cause. Tous les ados ne sont pas égoïstes. Mais quand ils voient une camarade déprimer, ils sont pris au dépourvu, ils ne savent pas quoi faire, ils n’ont pas assez l’expérience de la vie. Ils ne savent pas que conseiller et comment.
    Parfois ils ont peur (peut être pour eux mêmes et c’est effectivement un peu être égoïste, mais pas volontairement). Si vous voyez un SDF dans la rue par ces grands froids, vous ne pouvez pas le sauver tout seul. Il faut alerter les secours. Là c’est pareil!
    Je connais une jeune fille qui passe son temps à essayer de soutenir ses amies, à les conseiller, à crier leur peine, pour essayer d’attirer l’attention sur ces souffrances. Mais elle finit par douter, par être submergée par tant de désespoir, et par se laisser contaminer elle même; elle n’a que 17 ans, la maturité et le courage d’un adulte, mais pas sa résistance et c’est pourtant une fille formidable.
    Quand la situation est grave ainsi, il faut aller chercher les adultes!
    Bien sûr il y a des adultes égoïstes, mais l’infirmière de votre collège ou de votre lycée se dévoue pour les autres, elle saura quoi faire et elle est tenue au secret médical.
    Il y a vos parents; ils vous aiment et seraient malheureux que vous soyez vous même dans cet état. Alors allez les voir, ils sauront que faire vis à vis des parents de votre camarade, qui n’ont peut être rien soupçonné de la détresse de leur enfant.

    Et vous qui souffrez ne croyez pas que cela se voit forcément. Vos parents, vos grands parents vos frères et soeurs vous aiment, ils n’ont rien vu, sinon, ils seraient déjà à vos cotés. Alors allez les voir, allez vous confier.
    Ne soyez pas honteuse, quelqu’un qui aime beaucoup ne juge pas. Le seul moyen d’en sortir, c’est qu’on vous aime, que l’on vous écoute, que l’on cherche à comprendre vos angoisses, et à vous aider à en éliminer les raisons.    
    L’adolescence, c’est le moment ou on est en rebellion contre ses parents, contre le monde entier. Je l’ai été aussi; mais c’est une situation passagère et on s’aperçoit plus tard, quand on est devenu adulte, que cette révolte n’a finalement pas servi à grand chose : c’est la nymphe qui veut faire éclater le cocon.
    Mais dans le malheur, il faut oublier ces querelles, il faut se serrer les coudes : l’union fait la force et redonne confiance.
    Et si cela va trop mal, les médecins sont aussi là pour vous soigner, mais aussi pour vous comprendre.

   
Si votre mal est sérieux, ne restez pas dans votre coin. Il ne suffit pas de  crier au secours, on ne sait pas si on sera entendu. Il faut aller chercher de l’aide.

Lundi 1er décembre 2008 à 8:13

Tristesse, désespoir

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   Mon article sur les rumeurs m’ont valu commentaires et mails.
    D'abord, une remarque très juste de “mademoiselle Pi” :
“...Parfois je me demande pourquoi quand on est gosse, ou ado  on en fait toute une histoire d'une rumeur! Et donc pourquoi faut il rétablir à tout prix la vérité, pourquoi faut il faire taire les rumeurs même les pires soient-elles...Est ce parce qu'il y a une once de vérité ?
    Bien sur tout dépend du degré de la rumeur! Avec des amies on s'est souvenue de l'époque où chacun a eu le droit à sa rumeur, blessante pour certaines et devastatrice pour d'autre ...
    J'en ai connu de ces rumeurs bien pires que ce qu'on peut imaginer, qui ont détruit plus qu'elles n'ont juste embétées!
    Et là je cherche...je cherche l'intérêt de propager et surtout l'intérêt de la créer! ....”

    C’est vrai cela peut devenir de vrais tortures.!
    Mes correspondantes se plaignent des problèmes qu’elles ont rencontrés en classe avec leurs camarades qui racontent souvent des inepties sur elles, voire les prennent pour souffre-douleurs.
    Elles me demandent comment éviter cela, comment réagir contre ce qui est pour elles, un vrai calvaire.


    Evidemment on ne s’attaque qu’aux faibles. “INC” me faisait remarquer que quand on lance une rumeur, généralement, "on choisit bien la personne visée, comme pour la victimisation" et que l’on ne s’en prenait jamais à une personne qui avait la réputation de réagir violemment à toute attaque, même si ce n’était pas vraiment une personne violente.
    J’ai connu autrefois au lycée une jeune ado fort gentille et jolie, qui avait dans la doublure de sa robe une aiguille à broder bien pointue de 15 cm de long et s’en était servie une fois sur un garçon qui avait eu la main baladeuse. Par la suite les garçons gardaient leurs mains dans leurs poches et ne l’ennuyaient plus.

    Mais si vous n’avez pas ce courage, il y a une autre solution plus calme, efficace? mais qui demande de la volonté.
    Il faut essayer de penser à autre chose, surmonter sa peur, surmonter sa tristesse et l’envie de pleurer.
     Il faudrait juste réussir à prouver au monde qu'on ne se sent pas atteint par ça, c'est là tout le problème car ce n’est pas facile et la rumeur fera toujours des dégâts
    Mais ceux qui trouvaient un malin plaisir à vous torturer abandonneront s’ils ont l’impression que cela ne vous touche pas.


    Comme je l’avais dit dans mon précédent article il ne faut  jamais simplement démentir, la rumeur car cela la renforce.
    D’une part vous la faites connaître à ceux qui ne la connaissaient pas, d’autre part les gens se disent que vous la prenez au sérieux, que cela vous a touché et donc qu’il “n’y a pas de fumée sans feu !”.
    Souvent les paroles que vous utiliserz dans ce démenti seront mal interprétées, donneront lieu à quiproquo, à malentendus et amplifieront le dégat.
    Vous voudrez rétablir la vérité, mais celle ci n’est jamais absolue, sans faille et la moindre incertitude dans votre démonstration amplifiera la crédibilité des gens en cette rumeur.

    On peut lutter contre des rumeurs en lançant d’autres rumeurs, mais c’est un jeu dangereux si on n’est pas habitué à pratiquer ce genre de sport.   
    Deux solutions : ces “contre-rumeurs mettent en cause vos tortionnaires. C’est en quelque sorte une réponse par violence verbale. Ce peut être assez désagréable pour les arrêter dans leur jeu, mais cela peut aussi mener à l’escalade !
    Ou bien vous lancez des rumeurs voisines de celles qui courent sur votre compte, mais suffisamment absurdes pour qu’elles soient invraisemblables. Cela pourra atteindre la crédibilité de celles qu’on faisait courir précédemment, mais ce n’est pas certain (vous misez sur l’intelligence et l’esprit critique des autres. Ont ils tous ces qualités ?).

    Enfin une autre solution : vous cherchez de l’aide auprès des parents, des amis, de ceux que vous connaissez, éventuellement d’un professeur (plus difficile car cela a l’air d’une délation), de l'infirmière du lycée ou de l'assistante sociale.
    Cela m’est arrivé d’aider ainsi une guenon dans la peine, et une correspondance un peu agitée avec ses tortionnaires, très surpris de mon intervention un peu musclée avec quelques menaces sous-entendues, a très vite arrêté les actions désagréables.
    Dans la peine et le désarroi, il est toujours plus facile de lutter à plusieurs.

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