Jeudi 13 novembre 2008 à 9:44

Tristesse, désespoir

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs1/P8100296.jpg

    Beaucoup de mes correspondantes qui discutent avec moi de leurs problèmes ont une préférence cérébrale “pessimiste” très marquée. Cela semble être aujourd’hui une orientation fréquente chez les jeunes.
    Elles ont tendance à voir plutôt le “verre à motié vide” que le “verre à moitié plein” et donc à voir plutôt le mauvais côté des choses plutôt que les avantages de la situation.
    Elles amplifient tous les ennuis au dela de leur portée réelle raisonnable, et sont donc soucieuses et stressées, au lieu d’essayer d’être gaies et sereines.   
    Elles sont tournées vers le passé, ayant beaucoup de regrets de ce qu’elles n’ont pas su faire et de remords de ce qu’elles ont fait insuffisamment bien à leurs yeux.
    Lorsqu’elles traversent une crise, le retour à la normale et au rationnel est lent et difficile.
    Bref elles n’ont pas confiance en elles et sont perpétuellement inquiètes.

    Il faut savoir que c’est d’abord une orientation innée, qui vient du fonctionnement de son cerveau.
    Entre le cerveau émotionnel et le cortex qui réfléchit et anticipe les événements, existent deux circuits de transfert des émotions.
    Un réseau “positif”, qui relie le cortex préfrontal (qui entre autres prévoit et évalue les conséquences de nos actes et intervient rationnellement dans la régulation de notre psychisme) et un petit “centre du plaisir”, le noyau accumbens, qui suscite de “bonnes sensations”
    Un réseau négatif qui relie également le cortex préfrontal , mais aux centres amygdaliens qui interviennent dans la peur, l’angoisse, la colère...
    Devant des images, des écrits ou paroles,des événements, des sensations choquantes ou angoissantes, l’information passe par les deux circuits, mais l’un d’entre eux est davantage activé : le réseau positif pour les optimistes, le réseau négatif pour les pessimistes.
    Donc on nait plutôt optimiste ou pessimiste.

    Mais notre éducation et notre instruction influent fortement sur cette orientation originelle.
    L’éducation et le comportement des parents d’abord.
    Un enfant a besoin d’être aimé, consolé, encouragé, aidé quand il a des problèmes. Des parents qui ont une éducation purement répressive, critiquant sans cesse et punissant leur enfant à la moindre péccadille, vont détruire sa confiance en lui et lui donner un stress permanent qui risque de faire progresser fortement le réseau négatif.
    Le parcours scolaire et supérieur ensuite.
    Apprendre à maîtriser ses émotions passe d’une part par une connaissance et une appréciation de celles-ci, que la communication avec autrui et la lecture (ou le spectacle) d’épisodes de vie enseigne peu à peu, à coté de son expérience personnelle.
    Cette maîtrise passe aussi par le contrôle du cortex frontal qui réfléchit et anticipe sur le cerveau émotionnel, qui lui, reste très subjectif. En particulier, je vous l’ai déjà dit dans d'autres articles, les pensées tristes ont tendance à “tourner en rond” dans le cerveau émotionnel et “à chaque tour”, les centres amygdaliens rajoutent leur réaction négative (on appelle cela le circuit de Papez).
    Une instruction qui développe le rationnel et la logique, (scientifique en particulier), augmente donc les capacités du cortex à réagir dans une analyse objective des situations et des émotions.
    J’ai remarqué que les élèves de S et surtout de prépas scientifiques, réagissent souvent de façon plus optimiste que ceux des classes de L et de prépas littéraires. Cela dit ma statistique n’est pas assez nombreuse.

    Mais on peut diminuer un optimisme trop exagéré qui nous masque les difficultés et surtout un pessimisme qui empoisonne notre vie, par l’angoisse qu’il engendre.
    Pour lutter contre le pessimisme, il faut essayer de privilégier le circuit “positif” et d’empêcher les pensées tristes de tourner en rond dans notre cerveau émotionnel, sans communication avec le cortex.
    Ce n’est pas facile certes, même pour ceux de préférence cérébrale de décision “logique L” et à fortiori pour ceux qui font leurs choix de façon subjective en fonction de leurs valeurs et de leurs goûts (préférence “valeur V”).
    La première chose c’est de ne pas se laisser aller dans ces pensées tristes et négatives, mais de forcer le cortex à intervenir, en essayant d’analyser logiquement rationnellement, objectivement situations et émotions, en se forçant à recenser les bons cotés, les avantages présents et futurs.
    Peu à peu l’exercice va activer davantage le circuit positif et il faudra l’exercer en se forçant à voir “le verre à moitié plein”.
    Il faut ensuite se forcer à ne plus penser au passé et changer de sujet de pensée, chaque fois que l’on pense à un regret ou un remord. Il faut tirer les leçons du passé mais tourner ensuite la page. Il faut se forcer à se tourner vers l’avenir et vers l’espoir.
    Enfin comme je vous l’ai déjà dit souvent, il faut bannir tout environnement triste : écrits, images, lectures, l’apologie de la violence, du sang et de la mort.

   
Un très fort pessimiste ne deviendra pas un grand optimiste, mais il pourra dompter la plupart de ses tristesses et de ses angoisses. Il faut qu’il sache que le bonheur est fait d’une part de l’absence de gros soucis et d’autre part de toutes les petites joies de tous les jours; on en a tous, mais encore faut il les voir, les reconnaître, et les apprécier.

Mercredi 22 octobre 2008 à 8:45

Tristesse, désespoir



     Je voudrais parler aujourdh'ui d'une constatattion peu connue, sur  laquelle on ne trouve guère d'articles : les dangers psychologiques de la musique, d'une certaine musique et de sa répétition.

    J'ai souvent dit dans mes articles que de petites causes ajoutées les unes aux autres, pouvaient engendrer la même détresse qu'un malheur important, et qu'il était plus difficile de remonter la pente, car il fallait d'abord arriver à comprendre et accepter les causes de ce mal-être.
    Face à cette situation je rencontre souvent plusieurs types de réactions néfastes dont l'une concerne la musique.
    La mode est actuellement aux chansons, aux histoires et aux films tristes, qui décrivent toutes les horreurs de notre planête, prônent la souffrance, le sang, la mort. 
Il est certain que quelqu'un qui est déjà dans la tristesse, se sent dans un monde familier, et privilégie d'autant plus ces publications qu'elles sont dans le vent.

    Seulement à force de ne consommer que ce type d'information, on se retrouve plongé dans un univers où il n'y a plus que de la tristesse et du désespoir et dans une prison dont on ne touve plus la porte.
    Lorsque l'on n'a plus confiance en soi, on n'aime pas se mesurer aux autres, car on craint d'être perdant. Donc il ne faut pas ressembler aux autres pour que la comparaison ne soit pas possible. Il faut donc cultiver l'originalité.
    On va donc essayer de se créer une image propre, indépendemment de sa propre personnalité (et quelquefois même en contradiction avec elle), pourvu qu'elle nous démarque des autres et cela par nos comportements, nos propos, notre habillement, nos goûts artistiques ou littéraires, ou parfois par une attitude provocatrice ou distante.
    Le problème, c'est qu'en faisant cela, on s'éloigne des autres, on s'attire leur hostilité et l'on se fait mettre encore un peu plus à l'écart.
    C'est un cercle vicieux puisqu'on augmente ainsi sa solitude.
   
    Ce que je constate souvent chez mes correspondantes, c'est qu'elles aiment s'isoler dans de la musique triste, des CD  de chanson qui racontent tous les malheurs de la terre et les horreurs de la vie, violences, agressions, drogue, chagrins d'amour, enfance malheureuse; horreurs de la guerre et de la pauvreté.
    Certes je comprends qu'il faille parfois dénoncer ces problèmes, mais n'écouter que cela à longueur de journée, comment voulez vous ensuite penser à des choses heureuses !

    Cela s'explique très bien sur le plan du cerveau.
    Je vous l'ai souvent dit dans ce blog, notre cerveau comporte trois couches successives :
     - la couche supérieure, le cortex , interprète toutes nos sensations, règle notre motricité et surtout est le siège de la logique et de la pensée et permet la communication par le langage
     - le centre du cerveau règle tous les mécanismes fondamentaux de notre vie.
     - la couche médiane gère nos sentiments et une zone particulière, appelée “centres amygdaliens” est à l'origine de nos peurs, de nos colères, de notre violence, de la résistance ou de la fuite devant le danger. Ce centre reçoit en priorité tous les signaux venus de nos cinq sens et engendre aussitôt une réaction émotionnelle. Devant un événement angoissant, il peut nous faire voir la vie “en noir”.

         Habituellement, notre cerveau se “remonte le moral” tout seul ! La vue d'une scène pénible entraîne des “mini dépressions”, mélancolies passagères que l'on parvient généralement à chasser en “pensant à autre chose”. Pour que ce mécanisme de consolation fonctionne, les “pensées positives” actionnent un centre du cortex qui par l'intermédiaire d'un produit chimique neuromédiateur (la sérotonine), va “calmer” le centre amygdalien et transformer la “vie en noir” en “vie en rose” (sauf si on a vraiment de très gros ennuis).

         Mais quand vous vous mettez en permanence dans une ambiance triste, ce centre du cortex est débordé. Il n'arrive plus à envoyer suffisamment de sérotonine aux amygdales (rien à voir avec celles du même nom que vous avez au fond de la gorge!), et celles-ci ne vous abreuvent plus qu'avec des idées noires, et au moindre tracas qui amplifie le phénomène, vous allez vers la souffrance, la peur, le désespoir et si tout s'enraye, c'est la dépression.

    Mais on peut aller plus loin. J'ai lu une étude américaine qui montrait que écouter en boucle toute la journée la même musique conduisait peu à peu à un état dépressif.
    Certes c'était une étude statistique, avec peu d'explications rationnelles, mais on peut penser que ce fond sonore permanent et monotone endort peu à peu les réactions du cortex  et met en sommeil les centres relais qui transmettent les informations du cerveau émotionnel, pour vérification de leur cohérence et de leurs vraisemblance.
    Alors le cerveau émotionnel est livré à lui même et les émotions y circulent “en rond” (on appelle cela le circuit de Papez), et activent à chaque passage les centres amygdaliens qui augmentent le stress.

    Il faut donc se méfier de l'écoute de la musique si elle aggrave votre isolement et votre solitude.

    Votre chambre vient d'être repeinte et il y règne une forte odeur de peinture. Votre petit ami vous a offert un bouquet de roses qui sent adorablement bon. Allez vous le mettre dans un vase dans votre chambre? Certainement pas, vous ne pourrez jamais profiter de son parfum !!! L'odeur de la peinture trop lancinate et forte, masque celle des fleurs qui vous ferait plaisir.
         De la même façon, pour que vous puissiez vous remettre de votre peine, il ne faut pas que vous soyez dans un environnement en permanence triste.

Vendredi 19 septembre 2008 à 8:50

Tristesse, désespoir



    Plusieurs d'entre vous m'ont demandé pourquoi des ados tristes, bien qu'ils ne soient pas dépressifs, vivent dans un monde irréel et ne peuvent en sortir.
    Par le passé l'une d'entre vous m'avait dit : “...je suis dans une cage de verre dont j'ai perdu la clé.”

    Ce n'est pas facile de répondre à cette question car chacun est un cas particulier : son environnement familial, ses camarades, sa propre personnalité influent sur ses comportements et il faut donc étudier chaque cas.
   Je peux cependant essayer de donner quelques idées générales sur ce sujet.
    Mais cela repose sur une notion un peu difficile : le différence entre l'imagination et le fantasme. Alors pour mieux vous faire comprendre je vais vous donner deux exemples.

    D'abord, étant petit(e), il vous est sans doute arrivé d'avoir un “doudou”, une poupée ou un ours en peluche. A quoi vous servait il.?
    Au début de son développement, l'enfant ne fait pas la différence entre le ..nonde extérieur et son monde à lui, intérieur.
    Il est dans une « phase d'omnipotence » où il a l'illusion que ses moindres pensées et désirs façonnent le monde extérieur. S'il pleure, sa mère accourt et lui donne à manger: ses moindres envies se réalisent. La frontière entre le monde de ses désirs et celui de leur réalisation n'existe pas pour lui.
    Progressivement. toutefois. cet enfant découvre que la réalité n'obéit pas toujours aux règles de son monde intérieur : sa maman n'accourt pas toujours immédiatement pour satisfaire ses désirs : il se rend compte que sa mère a son existence propre, distincte de la sienne.
    Cette découverte est stressante et l'enfant recourt à un objet le doudou , le nounours, la poupée, pour apprivoiser cette nouvelle réalité et pour calmer son angoisse face au monde qui ne lui obéit plus. Cet objet est doté d'une charge affective, et peut encore être contrôlé par l'enfant qui va « modéliser » sa relation avec sa mère ou avec d'autres personnes.    
    L'enfant par exemple, va battre son doudou s'il est fâché à cause d'une décision sévère de sa mère, ou jouer au docteur avec lui s'il a été malade.
    Cet objet est alors bénéfique et l'enfant utilise son imagination pour le mettre en scène dans des situations qui ressemblent à celles de la réalité.
    Mais l'enfant peut aussi se réfugier entièrement dans son attachement au doudou qu'il ne peut plus quitter un instant et qui est alors son monde à lui, distinct de la réalité à vivre des histoires détachée de la vie réelle. C'est alors un fantasme.

    Deuxième exemple celui d'un ado qui joue sur son ordinateur à un jeu de rôle.
    Certes il n'est pas dans un monde réel mais les aventures qu'il va avoir ressemblent à celles de la réalité et il va essayer de résoudre les problèmes qu'elles posent en faisant preuve d'imagination. C'est une activité mentale de réflexion et d'organisation qui pourra ensuite réagir sur des situations de la vie réelle (comme un apprentissage par la simulation).
    Supposons maintenant que l'adolescent ne prenne plus cela pour un jeu mais ne se sente bien qu'immergé dans ce monde quelles que soient les situations, qu'il ne cherche pas vraiment à vivre, à imaginer. Il passe sa vie dans ce monde virtuel d'ordinateur.
    C'est devenu un fantasme qui ne mène plus à l'imagination et à l'action : ce n'est plus qu'un exutoire. L'ado fuit le monde réel pour se réfugier dans son monde artificiel.

    Ce n'est pas forcément un monde virtuel. Ce peut être un monde philosophique,
l'identification à un personnage de manga ou de série télévisée, un monde d'apparence vis à vis des autres (j'ai connu quand j'étais jeune des “zazous” aux vêtements , à la coiffure, aux bijoux et aux fards plutôt originaux, qui vivaient cette situation comme une philosophie ou une religion, complètement coupés de leurs camarades qui n'avaient pas les mêmes “convictions”),....
    Ce monde irréel devient pour l'ado la cage de verre dont il a perdu la clé.

   
    En fait cette fuite dans un monde irréel a une raison générale : le refus d'abandonner son “fantasme d'omnipotence” comme l'appellent les psys.'
    Ce “sentiment d'omnipotence” c'est effectivement ce que ressentait l'enfant au début de sa vie, comme nous l'avons dit plus haut.
    Pour l'ado, c'est quelque chose de plus précis, des raisons multiples qui font qu'il ne peut plus satisfaire rapidement tous ses désirs comme il le voudrait (pour des raisons diverses : un des parents qui ne s'occupe plus de lui, pas assez de tendresse, pas de “reconnaissance” des camarades, problèmes avec les professeurs, enfant trop gâté....). Chaque cas est particulier.
    Mais l'ado se réfugie alors dans son monde imaginaire, son fantasme, où ses désirs peuvent théoriquement être satisfaits, puisque ce n'est pas un monde réel, mais un monde de rêve.
Il croit par exemple dans ce monde où il se donne une apparence originale qu'il se fait remarquer et a l'estime qui lui manque, sans s'apercevoir que cette attention ne touche guère que ceux qui ont le même fantasme que lui, et en fait au lieu de s'intégrer dans la vie, il s'isole dans un monde de plus en plus étroit et loin des réalités.

    C'est finalement une “dépendance”, et il est difficile pour cet ado  de revenir aux contraintes matérielles de la vie réelle de tous les jours.
On ne peut pas être dans la vie un personnage de manga, beau, intelligent, spirituel, fort, qui a du succès auprès des autres ou en amour.
    Alors l'ado refuse d'abandonner son “pouvoir d'omnipotence” et il retourne dans son monde imaginaire où il peut satisfaire ses désirs, (du moins il le croit), ce qui va entretenir le cercle vicieu de la dépendance.
    Il faut dire que la société de consommation aide cette fiction maléfique : voyez les nombreux jeux d'ordinateur, les films tels que “Matrix”, les mondes virtuels tels que “second life” ou la multitude de gadgets, vêtements, cd, livres... hors de prix pour se constituer une réputation de “soi-disant gothique”, analogue aux zazous que j'ai connus dans ma jeunesse.    

     Ce ne serait pas grave, si cela ne gâchait pas la vie de nombreux jeunes.


Mardi 16 septembre 2008 à 8:46

Tristesse, désespoir



     J'ai reçu ces commentaires d'Elodie et de  oh-oh-okay , dont j'ai cherché sans succès  les blogs, pour leur répondre.

     Je fais donc un article sur ce sujet.

Commentaires d'oh-oh-okay : (en gras)

" Les chercheurs en neurologie ont montré que quelqu'un qui est plongé en permanence dans un univers triste et déprimant, morbide, qui glorifie des actes désespérés comme le suicide, finira par être submergé par cette tristesse, et si c'est un être sensible et un peu stressé, par aller jusqu'à la dépression, voire même au suicide "

A mon avis, mais ça n'engage que moi, quelqu'un qui est plongé dans un univers triste et déprimant est déjà deprimé. Certes se renfermer accentue la depression, mais on ne s'enferme pas sans raison.

"Vous ne sortirez pas de votre tristesse si vous ne vous entourez pas de choses gaies."

Encore une fois, j'étale mon avis, mais je ne pense pas que l'on puisse faire quelque chose pour sortir de sa depression. On est heureux où on l'est pas. On peut être malheureux et avoir un declic. Mais le bonheur, ne se construit pas. C'est juste un état d'esprit. Tout! est intérieur, alors s'entourer de choses gaies, n'aidera pas forcement, et dans certains cas peut même aggraver le sentiment de tristesse.

                    Et voici ma réponse :

    J'ai connu de nombreux cas où la personne qui correspondait avec moi avait eu une dépression mais avait été soignée par un médecin et sa dépression était terminée depuis quelques mois(voire plus d'un an).
    Mais elle avait pris l'habitude de faire un blog triste avec des images de sang et de mort, d'écrire ou de publier des poèmes morbides, de lire des livres ou de voir des films d'horreurs et d'écouter des CD de chansons démoralisante.
    Sa chambre était ornée d'images sombres et hallucinantes.
    Cet environnement continuait à lui plaire et elle continuait à être triste et angoissée, mais modérément, loin d'une dépression.
    Mais elle n'était pas heureuse.   
    Parmi une vingtaine de personnes dans des cas voisins, la plupart de celles qui, à force de discuter, ont été convaincues de sortir de cette ambiance triste et de se forcer à recréer une ambiance plus gaie, sont sorties de leur peine, et toutes celles qui n'ont pas été convaincues ou n'ont pas eu le courage de le faire, sont restées tristes et angoissées.
    Certes ce n'est pas cette atmosphère triste qui était la raison de leur angoisse, mais elle les empêchait de la surmonter, alors que l'effort fait pour revenir à la joie aidait avoir la force de surmonter ses ennuis et résoudre ses problèmes


"La difficulté pour moi, dans ces cas, c'est qu'il est difficle d'évaluer l'importance de la détresse et ses causes réelles et la part due à cet environnement morbide"

Autre commentaire de oh-oh-okay

On n'évalue pas l'importance d'une detresse. Mais hum... Pourquoi écris-tu sur la souffrance des autres?

                 
   Et ma réponse :

    J'écris sur la souffrance des autres parce que depuis 4 ans que je corresponds avec des jeunes dans un blog précédent et dans celui ci, de nombreux jeunes (plus de 200 à 90 % des filles et à 60% pour des peines de coeur), m'ont demandé de les aider à sortir de leur tristesse, et à résoudre leur problèmes, en les analysant ensemble, en leur apportant la logique objective d'un ingénieur et mes connaissances sur le fonctionnement du cerveau, ainsi que mon expérience de la vie acquise au contact de mes collègues de travail et de ma famille.

    On peut évaluer l'importance d'une détresse et de ses causes (quand on arrive à les connaître, mais c'est la plupart du temps le cas au bout d'un certain nombre d'échanges). Bien sûr ce n'est pas une évaluation chiffrée.
    Mais il faut arriver à distinguer la personne qui est au bord de la crise (scarification, dépression, idées très morbides), celle qui a une crise violente mais qui peut décroître rapidement, celle au contraire qui a une tristesse moyenne, mais tenace, celle dont l'angoisse est due à un malentendu ou à des idées erronées, celle dont le traumatisme est démesuré par rapport aux causes et qui n'a pas assez réfléchi sur la question, et à la limite celle qui est triste parce que c'est à la mode et que cela attire l'attention sur soi.
    C'est indispensable pour trouver la voie qui permettra de combattre le malaise en cause.

Commentaire de *Elodie* :

...”Je ne crois pas qu'il faille minimiser ou mépriser ce dont ces jeunes se plaignent. Mais effectivement, essayer d'attirer leur attention sur d'autres sources de bonheur et les inciter à la réflexion ne peut être que bénéfique.
     Par ailleurs, concernant le mal-être dont l'origine est moins simple qu'un problème de possession ou de "liberté" (au sens accordée par les parents), c'est autre chose. Car insaisissable. C'est vrai qu'il est malsain de l'entretenir en le parant de poésie et images sombres. Mais malheureusement, il ne suffit pas de quelques fleurs pour le faire passer, croyez-moi. Se sentir opressé, sans envie, sans énergie, envie de pleurer sans que ca parvienne à sortir, envie de se faire du mal, et surtout sans même savoir pourquoi, c'est difficile de garder la tête haute tous les jours. Sans compter la honte de se sentir mal, alors qu'on a apparemment "tout pour être heureux"...

                    Et ma réponse :

    S'entourer d'une atmosphère gaie ne suffit pas évidemment, mais c'est je crois un effort indispensable à faire pour se motiver et soutenir sa volonté de guérir.
    Je pense que si on ne le fait pas les chances de retour à la normale sont plus faibles.

    Mais c'est très vrai que c'est parfois difficile de trouver les raisons quand la personne ne sait pas elle même ce qui la torture, mais c'est rare. En fait la plupart du temps, c'est alors parce qu'elle refuse d'en admettre ces raisons et le problème est alors d'arriver par le dialogue et l'examen de son environnement, à trouver les racines du mal et à la convaincre de les accepter.
    Si la jeune ado a confiance, n'a pas peur de votre jugement et se confie ( il faut effectivement commencer par enlever cette honte et cette angoisse analogue à celle de la maladie, et redonner confiance), alorson arrive à dialoguer en faisant des hypothèses qu'elle corrige et modifie, et on finit par avancer vers les causes de la situation qu'on cerne peu à peu, qu'il faut préciser ensemble ensuite (natures exactes, importances relatives) et qu'il faut faire accepter.
    Si on a la chance d'arriver à ce stade et que la jeune ado a vraiment la volonté de sortir du trou noir, alors elle se prend en main et elle retrouve une attitude presque normale, coupée parfois de petites rechutes, et c'est là qu'il faut continuer à l'aider sporadiquement dans les mauvaises passes.

    Bien entendu il ne faut pas généraliser mes propos - je n'ai pas un nombre de cas suffisant) et d'autre part je parle de personnes déjà sorties de la dépression
    La période de vraie dépression est comme une maladie temporaire du cerveau; il faut qu'un médecin vous soigne. Mais ensuite il y a encore un long chemin à faire et c'est de lui que je parlais.

Dimanche 14 septembre 2008 à 8:52

Tristesse, désespoir




     L'article que j'ai publié sur la jeune ado consdérée comme pestiférée m' a valu plusieurs mails dans lesquels on me demande quoi faire, car souvent un jeune est pris au dépourvu par une telle souffrance et ne sait pas quelle attitude adopter.


    Certains d'abord doutent qu'on puisse ainsi “laisser tomber quelqu'un qui souffre.
    Là je peux vous assurer du contraire et je vais juste vous citer quelques phrases dont je me souviens, trouvées dans les mails de ceux ou celles qui ressentaient cette souffrance :
    “....J'ai l'impression de ne servir plus à rien., de ne rien faire de bien, de ne plus me sentir bien avec mes amis.... Aucun espoir ne se manifeste..." 
     "....On en arrive là comment et pourquoi?  L'égoïsme de ceux qui, ne pensant qu'à eux, oublient le malheur des autres...."

    ” ...Je suis oubliée, je cherche l'amitié, mais comme je touche le fond, personne ne me répond. Bien que j'aie dit ma souffrance à mes amis, bien qu'ils me dissuadent de passer à l'acte, j'attends toujours une aide qui pourra me montrer que la mort n'est pas la solution.”  
    “...Le monde est dangereux à vivre, non à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.

    Cette sensation d'isolement, d'abandon peut être effectivement la conséquence de l'égoïsme des humains. Mais l'égoïsme n'est pas la seule cause. Tous les ados ne sont pas égoïstes.
    Mais quand ils voient une camarade déprimer, ils sont pris au dépourvu, ils ne savent pas quoi faire, ils n'ont pas assez l'expérience de la vie. Ils ne savent pas quoi conseiller et comment. Parfois ils ont peur (peut être pour eux mêmes et c'est effectivement un peu être égoïste, mais pas volontairement).        
Si vous voyez un SDF dans la rue par ces grands froids vous ne pouvez pas le sauver tout seul. Il faut faire le 112 pour alerter les secours. Là c'est pareil!

    Je dirai même que ce n'est pas prudent pour un ado d'être un saint Bernard solitaire (et sans tonneau de rhum !)
    Je connais une jeune fille qui passe son temps à essayer de soutenir ses amies, à les conseiller, à crier leur peine, pour essayer d'attirer l'attention sur ces souffrances. Mais elle finit par douter, par être submergée par tant de désespoir, et par se laisser contaminer elle même; elle n'a que 17 ans, la mâturité et le courage d'un adulte, mais pas sa résistance et c'est pourtant une fille formidable.
    Quand la situation est grave ainsi, il faut aller chercher les adultes!
    Bien sûr il y a des adultes égoïstes, mais l'infirmière de votre collège se dévoue pour les autres, elle saura quoi faire et elle est tenue au secret médical. Il y a vos parents; ils vous aiment et seraient malheureux que vous soyez dans cet état. Alors allez les voir, ils sauront quoi faire vis à vis des parents de votre camarade, qui n'ont peut être rien soupçonné de la détresse de leur enfant.

    Et vous qui souffrez ne croyez pas que cela se voit forcément.        
     Vos parents, vos grands parents vos frères et soeurs vous aiment, ils n'ont rien vu, sinon, ils seraient déjà à vos cotés. Alors allez les voir, allez vous confier. Ne soyez pas honteuse, quelqu'un qui aime beaucoup ne juge pas.

    Le seul moyen d'en sortir, c'est qu'on vous aime, que l'on vous écoute, que l'on cherche à comprendre vos angoisses, et à vous aider à en éliminer les raisons.
    Certes l'adolescence, c'est le moment ou on est en rebellion contre ses parents, contre le monde entier. Je l'ai été aussi; mais c'est une situation passagère et on s'aperçoit plus tard, quand on est devenu adulte, que cette révolte n'a finalement pas servi à grand chose : c'est la nymphe qui veut faire éclater le cocon. Mais dans le malheur, il faut oublier ces querelles, il faut se serrer les coudes : l'union fait la force et redonne confiance.
    Et si cela va trop mal, les médecins sont aussi là pour vous soigner, mais aussi pour vous comprendre. Si votre mal est sérieux, ne restez pas dans votre coin.
    Il ne suffit pas de crier au secours, on ne sait pas si on sera entendu. Il faut aller chercher de l'aide.


Samedi 13 septembre 2008 à 10:23

Tristesse, désespoir



    A la suite de mon dernier article, j'ai eu quelques mails de certaines correspondantes qui ont cru que je ne croyais pas à leur peine.
    D'une part je n'avais pas une personne particulière en tête, je parlais de façon générale, et d'autre part elles m'ont mal compris ou je me suis mal expliqué.
    Je suis consceient que vous avez une souffrance certaine, que je reconnais, ressens et ne conteste en aucune façon, mais dont les causes ne me paraissent pas suffisantes pour entraîner de tels effets, une telle tristesse.

    Les ados d'aujourd'hui sont plus gâtés qu'autrefois et nous sommes dans un beau pays, où, malgré chômage, misère et violence, on est quand même en moyenne privilégiés. Alors évidemment, comme toute personne qui a satisfait beaucoup de ses envies, la moindre privation est plus sensible.    
    Les ados ont aujourd'hui plus d'occasions d'être stressés. Vous connaissez l'amour beaucoup plus tôt avec ses joies mais aussi ses tourments et cela d'autant plus que vous n'avez pas encore un jugement sûr, ni une expérience suffisante de la vie, qui vous permette de choisir sans risque d'erreur (c'est déjà vrai pour les adultes, voir tous les divorces!).
    Vous avez des responsabilités collectives associatives, syndicales, (représentant de classe..), ce qui n'est pas facile pour des adultes, mais encore moins pour des jeunes car ceux que vous représentez ont la critique facile, voire méchante et l'incapacité intellectuelle de se mettre à votre place; (cela ne s'apprend que plus tard).
    Vous avez souvent trop d'activités et des contraintes de transport, qui vous soumettent à la même vie trépidante que les adultes.
    Bien sûr le collège ou le lycée apportent leur cortège de soucis et de craintes.
    Enfin vos parents ont tendance à vous traiter comme des adultes, ce qui met un peu plus de responsabilités et de choix sur vos épaules, d'autant plus que vous aimez cela et ne voulez pas paraitre dépassés par les événements...    
    Alors bien que vous fabriquiez du “cortisol” (c'est l'hormone anti-stress), vous avez souvent de grosses angoisses, voire une tristesse presque permanente.
   
    Je ne vais pas lister tous vos petits ennuis, j'y serais encore demain, Mais certains qui me paraissent anodins, ont pour quelques unes d'entre vous des conséquences plus néfastes que pour d'autres.
    Chacun a sa sensibilité. Je constate cependant que ceux qui sont “extravertis” et qui tirent leur motivation, non pas d'eux mêmes, mais du monde extérieur, sont beaucoup plus sensibles aux critiques d'autrui, et que d'autre part, vous accordez une importance démesurée à l'opinion de vos copines et à celle des médias, sans en mesurer, ni l'exagération des propos, ni parfois la rouerie, quelquefois la méchanceté.
    Enfin je voudrais vous mettre en garde contre l'influence de l'environnement que vous créez. Les chercheurs en neurologie ont montré que quelqu'un qui est plongé en permanence dans un univers triste et déprimant, morbide, qui glorifie des actes désespérés comme le suicide, finira par être submergé par cette tristesse, et si c'est un être sensible et un peu stressé, par aller jusqu'à la dépression, voire même au suicide
    C'est à la fois de l'autosuggestion et un mécanisme “d'overdose psychologique”.
    Les centres du cerveau qui commandent la volonté, les pensées heureuses sont mis en veilleuse au profit de ceux qui véhiculent les pensées tristes et les sentiments violents.
    Cela a une conséquence en apparence heureuse : cela stimule la créativité notamment poétique. Mais on a tendance à tout amplifier, notamment sa peine, à s'enfermer dans un monde imaginaire terrifiant, à abandonner la réalité et à tourner le dos au monde vivant et à l'action.
    Ces chercheurs ont montré que même simplement passer en boucle le même morceau de musique peu joyeux toute la journée entraînait un ralentissement de nos facultés, pouvant conduire à la tristesse.
    Vous ne sortirez pas de votre tristesse si vous ne vous entourez pas de choses gaies.

     La difficulté pour moi, dans ces cas, c'est qu'il est difficle d'évaluer ll'importance de la détresse et ses causes réelles et la part due à cet environnement morbide. Il faudrait commencer par vous sortir de cette prison de verre pour le faire, et ce n'est pas facile d'en trouver la porte et ensuite la clé..



Vendredi 2 novembre 2007 à 14:35

Tristesse, désespoir




    Ces derniers jours j'ai profité de ce que j'avais un peu moins de mails à cause des vacances et moins de rendez-vous à l'extérieur pour faire un peu de rangement dans mon ordinateur, mettre en archives et vérifier mes sauvegardes.

    J'ai retrouvé un poème d'une de mes correspondantes un peu philosophe, avec laquelle je discutais souvent, mais que j'ai perdue de vue depuis qu'elle est en fac.

    Son article traitait des gens malheureux et montrait que pour remonter la pente la volonté de s'en sortir était indispensable, ce que j'ai bien souvent vérifié.

    Et son poème m'avait paru remarquable (elle avait seize ans quand elle l'a écrit) et c'est pour cela que je l'avais gardé. Le voici :


N'abandonne surtout pas
Lorsque dans la vie rien ne va plus,
que les problèmes tourmentent ton esprit
et que l'argent te cause tant de soucis...
Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout pas.

Lorsque trop d'erreurs ont été commises,
que tout ton univers menace de s'écrouler
et que, fatigué, tu sens la confiance t'abandonner...
Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout pas.

Tu sais, la vie est parfois étrange, avec son lot de surprises et d'imprévus,
et il ne nous est pas donné de savoir à l'avance combien d'étapes nous devrons franchir,
ni combien d'obstacles nous devront surmonter
avant d'atteindre le bonheur et la réussite.

Combien de gens ont malheureusement cessé de lutter
alors qu'il n'aurait peut-être fallu qu'un petit pas de plus
pour transformer un échec en réussite ?
Et, pourtant, un pas à la fois n'est jamais trop difficile.

Tu dois donc avoir le courage et la ténacité nécessaire
pour faire ce petit pas de plus,
en affirmant que la vie est une grande et puissante amie
qui se tient toujours à tes côtés, prête à te porter secours.

Tu verras alors que cette attitude appelleras,
du plus profond de toi-même,
des forces de vie que tu ne soupçonnais même pas
et qui t'aideront à réaliser ce que tu entreprendras.

Mais surtout et avant tout, rappelle-toi bien:
Quand dans ta vie, des moments difficiles viendront...
Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout pas.

Vendredi 2 novembre 2007 à 9:38

Tristesse, désespoir



    J'ai une "concurrente", une petite singesse de 17 ans qui passe son temps à écouter ses camarades, à les consoler, à leur expliquer les motifs de leur chagrin et à les aider à s'en sortir;

    Mais elle est toute jeune et n'a pas toujours la résistance d'un vieux singe de 75 ans qui s'est frotté à beaucoup de situations critiques.
    Alors parfois elle aussi est un peu triste et découragée, et j'essaie à mon tour, de lui faire revoir le ciel bleu.

    Elle m'a un jour décrit certaines de ses correspondantes de façon très abrupte, et m'a envoyé à ce sujet un court poème, mais qui, en y réfléchissant, est très vrai et je crois que j'aimerais voir vos réactions sur cette description qu'elle m'a autorisé à publier, mais anonymement bien sûr.

    “...On a trop tendance à se montrer égoïste et à oublier le malheur des autres, mais très vite, quand vous les écoutez, ils viennent très nombreux vous expliquer leurs problèmes et on est effaré de leur diversité, mais aussi de leur manque de combativité. A les écouter ils se croient (liste que j'ai trouvée dans un blog)  :

        Victime de la société
        Victime de pêchés
        Victime de la souffrance
        Victime du silence
        Victime de l'amour
        Victime des tristes jours
        Victime du chagrin
        Victime des assassins
        Victime de ma lame
        Victime de leur âme
        Victime du sang
        Victime de maman
        Victime de toi
        Victime de moi
        Victime de vous
        Victime de tous!  “

    C'est un peu caricatural, mais ne croyez vous pas que beaucoup d'entre nous pensent parfois ainsi, partiellement bien sûr !

    Pour moi, ce que j'en retiens, c'est que l'on a tort de se poser en victime car on s'enfonce et on se complaît dans la tristesse. alors qu'il faudrait avoir la volonté de s'en sortir et tout faire pour cela.

Dimanche 19 août 2007 à 15:52

Tristesse, désespoir

    Pendant l'été, les correspondantes qui viennent me confier leurs peines sont en général celles que leur petit ami, copain de classe, a laissées tomber, la coupure des vacance ayant été fatale à leur amour de jeunesse.
    J'ai aussi quelques jeunes qui ont eu des peines plus graves : mort d'un être aimé, agression, divorce difficile des parents...L'été leur apporte en général un certain apaisement et les distrait un peu de leur peine.
   
    Mais parmi mes correspondantes certaines n'ont pas de raison essentielle d'être malheureuses, mais sont cependant angoissées et je les classerai en deux catégories.

    Celles qui ont la hantise de leur passé, le remord des erreurs qu'elles ont faites et/ou le regret de ce qu'elles n'ont pas su ou osé faire.
    J'ai écrit plusieurs articles sur ce problème et je reprendrai bientôt ce sujet.
    Je répète encore une fois cette réflexion : on ne peut changer le passé; Il est ce qu'il est. Alors à quoi bon regretter puisqu'on ne peut plus rien y changer. C'est du temps perdu qui, en outre, vous rend malheureux.
    Alors essayons d'analyser les raisons des échecs ou de ce qui s'est mal déroulé, tirons en les leçons et prenons des résolutions pour que cela ne recommence pas.

    Celles qui ont une peur systématique de l'avenir, soit parce qu'elles ont peur de ne pas être à la hauteur et de ne pas réussir, soit parce qu'elles ont une hantise systématique des dangers et des catastrophes.
    Je pense que le défaut de ces dernières est d'être trop manichéennes (ne connaitre que le noir et le blanc alors que tout est gris), et de trop écouter les médias.
    Certes il y a un danger dans tout. C'est vrai, car rien n'est jamais sûr à 100 %, mais quelle est la probabilité de ce danger.?
    Quand on voit les médias monter en épingle les dangers cancérigènes de certains produits et qu'on regarde les probabilités des études correspondantes et les quantités qu'on mange, on a une chance sur quelques millions d'être malade, quand ce n'est pas quelques chances sur un millliard. Alors ne nous affolons pas!
    La probabilité d'avoir un accident d'avion au km parcouru est très faible et pourtant beaucoup en ont peur, alors que celle d'avoir un accident de voiture est beaucoup plus forte, mais cela n'empêche pas les mêmes personnes de conduire et de ne pas vouloir faire 100 mètres à pied.  Est ce logique ?
Cela dit, malgré cette probabilité d'accident pas négligeable, j'ai fait en cinquante cinq ans, plus d'un millions de km en voiture et je n'ai jamais eu d'accident. Juste une fois une dame qui est rentré dans l'arrière de ma voiture parce qu'elle regardait les vitrines et cela m'a tordu mon pare choc !
    Alors il faut cesser de voir des dangers partout : leur probabilité d'arriver est le plus souvent très faible, ce qui ne vaut pas dire qu'il ne faut pas prendre certaines précautions (assurance auto, mettre sa ceinture, bien regarder la route, ne pas conduire n'importe comment, ne pas boire ou fumer du cannabis, prévoir le comportement des autres ....)
    Quant à la peur de ne pas réussir, elle est naturelle, mais il faut alors s'efforcer d'examiner calmement ses qualités et défauts, et on s'aperçoit en général que l'on est tout à fait capable de réussir, à condition de ne pas s'enliser dans la peur et l'inaction, mais de relever le défi, de réfléchir aux actions à prendre pour réussir et de se mettre courageusement à la tâche.

    Pour terminer je citerai cette phrase que j'ai trouvée dans le blog d'une de mes lectrices (http://auclairdeplume.cowblog.fr/) :

 ".....Ne pleurez pas votre passé,car il s'est enfuit à jamais. Et ne craignez pas votre avenir, car il n'existe pas encore.
Vivez dans le présent et tachez de le rendre aussi beau que vous vous en souviendrez toujours... "
Ida scott Taylor

    “Carpe diem” disaient les Romains.



Dimanche 15 juillet 2007 à 18:28

Tristesse, désespoir

    Dans l'article précédent je disais que pour lutter contre la tristesse, contre nos idées noires qui tournent en rond dans notre cerveau émotionnel, et retrouver l'équilibre, il fallait arriver à faire intervenir à nouveau notre cortex, la partie de notre cerveau qui réfléchit et analyse logiquement les situations.

    Puisqu'on ne peut s'empêcher de penser à nos problèmes, d'accord, mais pensons y autrement.
    Au lieu de nous lamenter sur leurs conséquences néfastes, de s'angoisser à se demander quelle catastrophe pourrait nous tomber dessus, essayons d'examiner la situation de façon logique, en raisonnant.
    Essayons de décortiquer nos problèmes, d'examiner leur environnement, de rechercher leur causes.
    Sont ils si terribles que cela, n'ont ils que des conséquences nuisibles, n'ont ils pas quelques aspects positifs? Notre situation n'a sûrement pas que des cotés négatifs.
    Si nous avons réussi à décortiquer ainsi problèmes et tristesse en leurs éléments élémentaires, peut on rechercher des solutions pour atténuer leur coté néfaste, ou pour supprimer leurs causes ?

    Bien sûr c'est plus facile à dire qu'à faire.
    Ceux dont les préférences de décison et de comportement sont L (la logique) et J (agir sur les événements) , y arriveront plus facilement que ceux dont les préférences sont V (valeurs et goüts) et P ( s'adapter aux événements).
    Si vous n'arrivez pas à remettre en selle votre cortex faites vous aider.

    Et si nous voulons aider quelqu'un dans ce cette situation que faire ?

    Dans ces cas là, je cherche d'abord à comprendre ce qui se passe et donc je vais écouter la personne qui est plongée dans ses idées noires, essayer de comprendre ce qui lui arrive, ce qui la tourmente, et quel est son environnement, notamment familial ou amical, et sur quoi ou qui, elle peut s'appuyer.
    Mais en essayant de comprendre, je pose des questions plutôt logiques que sentimentales, j'essaie de pousser la personne à faire une analyse objective de ses problèmes, bref de l'obliger à refaire fonctionner son cortex.
    Cela ne veut pas dire que ses problèmes sont résolus et qu'elle peut les oublier, mais en général on arrive ensemble à empêcher les idées noires de continuer à tourner en rond dans le cerveau émotionnel et d'aggraver ainsi le stress ou l'angoisse.
    Une autre méthode complémentaire est de solliciter son cortex préfrontal, en essayant de tourner le dos au passé et de penser uniquement à l'avenir, à ce que l'on va faire, à des projets, à des objectifs que l'on va se donner.

   Il faut aussi se rappeler que l'ennui et l'oisiveté sont sources de tristesse car on pense alors trop aux cotés négatifs de notre vie.
    Au contraire une vie très active que ce soit dans sa famille ou avec des amis, ou même des occupations solitaires telles que lire écrire, écouter de la musique (mais pas de la musique triste et pas toujours la même en boucle !!), travailler, ranger sa chambre, bricoler, faire un travail artistique, toutes ces activités permettent de ne pas se complaire dans sa tristesse et d'obliger cortex et cerveau émotionnel à penser à autre chose.

    Enfin certaines d'entre vous me disent qu'elles ont du mal à s'endormir, car c'est à ce moment qu'elles pensent à tous leurs problèmes, à leurs malheurs passés, aux événements néfastes qui sont arrivés ou qui pourraient survenir.
    Le remède est analogue : il faut arriver à ce que ces pensées obsédantes ne tournent plus en rond dans notre cerveau émotionnel et que notre cortex nous aide à rester objectif et à penser à autre chose.
    Une bonne recette n'est pas de compter ses moutons LooL, mais de lire un ou deux chapîtres d'un livre intéressant, de faire un mot croisé, de résoudre un sudoku, bref d'avoir une occupation deconnectée de nos problèmes, puis, une fois cette occupation terminée, d'essayer de faire le vide dans son esprit.
    En général, on arrive alors à s'endormir.

    Quant aux cauchemars, il ne faut pas y attacher d'importance.
    Mon prochain article sera justement consacré aux rêves.

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