Mercredi 31 mai 2017 à 9:36

Drogue, alcool, addictions

 
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      Aujourd’hui pas d’intermède. Ce sera pour le prochain article.

Un correspondant dont je n’ai pu retrouver, ni le blog ni l’adresse, m’a laissé un commentaire sur les drogues et je ne peux donc lui répondre.

Je ferai donc quelques remarques ci-après.

 

Je ne fais pas d’étude moi même dans le domaine de l’effet et la dangerosité des drogues et donc je ne peux que citer des études diverses, mais ce sont toujours des études scientifiques et je cite mes sources.

En l’occurence il s’agissait de divers organismes officiels connus et du journal La Recherche ainsi que Nature américain, qui sont on ne peut plus sérieux.

Evidemment il s’agit de vieux chiffres datant de 2005 à 2012 (mon article en cause est de 2013).

Mon correspondant critique surtout un graphique sur la « dangerosité » des drogues.

Certes ce terme de dangerosité est ambigu mais le graphique est clair : il chiffre les divers coûts : dommages aigus, dommages chroniques, dépendance, coûts sanitaires (hôpitaux-médecins-pharmacie), coûts légaux (police et justice) et coûts collatéraux sociaux, ceci sur un délai court et non sur la somme depuis l’origine , ce qui est très différent car les diverses drogues ne sont pas en usage depuis le même délai. Certes on peut critiquer le recours à la monnaie, mais c’est au moins une manière de quantifier, sinon comment comparer sur un graphique résumé les effets sociaux?

Bien sûr il existe ensuite une comparaison par des études neurobiologiques et médicale, mais ce ne peut être résumé facilement. J’ai d’ailleurs fait plusieurs articles à ce sujet.

Le graphique de WIkipédia que cite mon correspondant comme modèle, est encore moins clair, car il n’indique pas quels sont les critères utilisés, ni la façon d’établir le score.

Le rapport dont il est censé provenir (Quantifying the RR of harm to self and others from substance misuse: results from a survey of clinical experts across Scotland par Mark Taylor, Kirsty Mackay, Jen Murphy, Andrew McIntosh, Claire McIntosh, Seonaid Anderson et Killian Welch), comporte en fait des graphiques différents, dont il explicite un peu plus les origines. Mais ils sont beaucoup plus subjectifs.

 

En fait il est difficile de comparer facilement entre elles les drogues aussi différentes que l’alcool, le tabac, le cannabis, les diverses drogues dures et l’addiction aux jeux (on pourrait rajouter aujourd’hui, celle aux smartphones et aux réseaux sociaux).

Mais je constate que toutes les personnes qui fument du cannabis veulent minimiser la dangerosité de ce produit et ses conséquences sociales et donc critiquent toute statistique et sont faussement persuadées que leur dada n’est pas dangereux, sous prétexte qu’il n’y a pas d’overdose de cannabis.  En fait elles se trompent grandement et ne se rendent pas compte de ce qu’elles risquent et il est un moment où on ne peut revenir en arrière et on subit les effets.

J’ai lu de nombreuses études sur le cannabis et je connais des personnes qui en fument régulièrement et j’ai une opinion très arrêtée sur le problème.

 

Il y a un  premier problème qui concerne tous les accidents qui peuvent intervenir aux consommateurs et à leurs victimes, par perte totale des réflexe et du contrôle du cortex préfrontal, notamment lors de la conduite d’engin.. Dans ce domaine alcool et cannabis viennent en tête, actuellement à peu près à égalité. Le tabac n’est pas en cause et les drogues dures moins dangereuses car on les consomme moins et elles ont un effet plus annihilant, ce qui empêche de conduire le plus souvent.

 

Vient ensuite la maladie : les dégâts de l’alcool et du tabac sont plus importants car ils sont utilisés depuis beaucoup plus longtemps et on a donc des effets à long terme nombreux, cancer principalement pour le tabac, mais aussi effet sur la mémoire, foie, système nerveux et vieillissement pour l’alcool.

Contrairement à ce que prétend mon commentateur, de nombreuses études font état d’effets cancérigènes pour le cannabis. Mais vu les délais de latence, on n’a pas un recul nécessaire et le nombre de cas n’est pas encore très important. D’ailleurs tout dépend la façon dont on fume et dont on filtre la fumée, car ce ne sont pas la nicotine et le THC qui sont cancérigènes, mais les goudrons et particules inhalées.

Par contre si le cannabis a peu d’effets immédiats physiologiques, on a mis en lumière le mécanisme par lequel il est néfaste pour la mémoire et des études sur des fumeurs de longue date ont même mis en lumière des diminutions systématiques de QI.

Mais j’ai pu moi-même constater les effets néfastes sur l’aspect psychologique : irritabilité, stress, diminution de la volonté, de l’attention et de la concentration, effets catastrophique sur les études (Cela dit j’ai constaté des résultats aussi mauvais dans l’addiction aux téléphones portables et réseaux sociaux).

L’alcool a des résultats pires encore, mais ceux du tabac sont bien moindres (ce qui n’est pas une excuse pour les fumeurs de tabac qui risquent leur vie à long terme).

 

Pour moi le classement des diverses drogues et addictions m’importe peu; je considère qu’elles ont toutes des actions catastrophiques.

Certes, en raison de leur « ancienneté » le nombre de morts dus à l’alcool et au tabac est de loin, le plus élevé (des millions), mais je suis persuadé que si on continue à fumer du cannabis comme actuellement, il en sera de même dans une centaine d’années et je suis tout aussi inquiet pour une personne quand je la vois fumer du tabac ou du cannabis; on connaît les méfaits du tabac à long terme, mais à court terme le cannabis est beaucoup plus dangereux et à long terme il n’est pas sûr qu’il soit moins nocif que le tabac.

Dimanche 3 juillet 2016 à 10:11

Drogue, alcool, addictions

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     J’ai lu dans une revue médicale une information intéressante au plan de la lutte contre la drogue, du moins les opiacés.
    Ces drogues sont des produits obtenus à partir de l’opium, extrait à partir des cultures de pavots, faite surtout en Afghanistan et à moindre titre par la Colombie, qui fabrique surtout de la cocaïne à partir des feuilles de coca.
Ce sont surtout la morphine et l’héroïne, la codéïne utilisée surtout comme médicament sédatif (méthyl-morphine) et des produits de substitution, utilisés pour désintoxication, tels la méthadone et le subutex (buprénorphine).

L’héroïne est le plus souvent utilisée en injections intraveineuses, mais elle peut être sniffée ou respirée sous forme de vapeurs.
Elle provoque l'apaisement, l'euphorie et une sensation d'extase. Cet effet de plaisir intense est suivi d'une sensation de somnolence accompagnée parfois de nausées, de vertiges et d'un ralentissement du rythme cardiaque.
Mais elle provoque assez vite une addiction : la tolérance au produit s’installe; le plaisir apporté par une dose devient de moins en moins important, l'absence de consommation provoque un état de manque de plus en plus intense. Le consommateur cherche alors à augmenter la fréquence et les doses pour combler cet état de manque et retrouver les sensations ressenties lors des premières prises.
    L'absorption d'une dose trop importante d'héroïne (ou d’autres opiacé) provoque une dépression respiratoire souvent mortelle. Le risque est encore accru lorsque la consommation de cette substance est associée à la prise d'alcool ou de tranquillisants, genre benzodiazépines
.La consommation par voie injectable expose à des abcès et à des risques de contamination par les virus du sida ou de l’hépatite.

La méthadone et le subutex sont utilisés comme produit de substitution, qui sont administrés sous forme de comprimés et permettent aux personnes dépendantes aux opiacés illicites de stopper leur consommation sans ressentir les signes du manque et de réduire les risques liés à leur consommation.
    Cela permet à ces personnes de recevoir l’aide médicale, psychologique et sociale dont ils ont besoin, et améliore leur qualité de vie et leurs chances de réinsertion. Mais utilisées en doses excessives ou trop fréquentes, ils peuvent devenir aussi des drogues, ou au contraire, être inefficaces si la dose prescrite n’est pas prise régulièrement, ce qui augment le risque de retour à la drogue dure.
   
    L’information que j’ai lue est l’autorisation donnée aux USA de l’usage d’un implant de subutex, sous forme d’un bâtonnet inséré sous la peau.
    Il ne sera utilisé que sur des patients ayant subi un prétraitement au cours duquel le subutex est administré par voie orale pour déterminer la dose de stabilisation, qui est propre à chaque patient.
    L’implant de subutexe présente de grands avantages, comparativement aux formes orales. Il assure, la régularité du traitement : impossible d'oublier ou de perdre son traitement,; il empêche par ailleurs d’en prendre trop, ou de revendre du produit comme drogue.
C’est aussi un moyen pour le malade de s'affranchir de son traitement, sans avoir besoin de se rendre à la pharmacie pour avoir ses médicaments.
    Aux USA, l'innocuité et l'efficacité de l'implant ont été démontrées dans un essai clinique chez des adultes considérés comme stables, et qui répondaient aux critères cliniques de la dépendance aux opiacés. 63% des patients implantés n'ont pas utilisé d'opiacés tout au long des six mois de traitement. Un chiffre tout à fait similaire à celui obtenu en cas de traitement par comprimés.

    Mais comme le traitement par comprimé, ce médicament ne guérit pas de la dépendance; il aide le traitement psychologique, et la volonté du patient, comme le plâtre aide l’os à se ressouder en immobilisant le membre.

Samedi 19 mars 2016 à 8:49

Drogue, alcool, addictions

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     Certains de mes correspondants ont entendu parler de drogues que prendraient les terroristes avant leurs actions et me demandent ce que j’en pense.
    Je pense que c’est effectivement une chose probable
    Dans les opérations au Mali, les soldats français avaient déjà constaté que certains des djihadistes étaient drogués pour leur donner du courage, les rendre en partie euphoriques, inconscients de leurs actes et insensibles à la douleur. Le produit était alors principalement la « kétamine ».
    Depuis les média font surtout état du « captagon ».

    La kétamine est une amine organique utilisée en médecine d’une part comme anesthésique, d’autre part comme analgésique. On l’a également un peu utilisé comme antidépresseur. C’est considéré comme un stupéfiant et son usage hors médical, est interdit. Son usage comme antidépresseur est limité car il semble qu’elle peut pousser au suicide.
    C’est un inhibiteur d’un neurotransmetteur, le glutamate, et elle agit notamment au niveau du cortex préfrontal (le chef d’orchestre du cerveau) et de l’hippocampe (le professeur de la mémoire). Elle peut produire des effets hallucinogènes et des états de dissociation entre le corps et l’esprit.
    Elle empêche aussi la recapture de la dopamine et produit donc un effet euphorique.
    A dose élevée, ou renforcée par une prise d’alcool, elle provoque nausées et vomissements, et éventuellement des altérations de la respiration, des troubles du rythme cardiaque, voire  le coma et la mort. A long terme, elle peut provoquer des troubles de la mémoire et une dépendance psychique.
    C’est donc un stupéfiant dangereux, d’autant plus que ses effets sont très variables selon les individus et donc peu prévisibles.
    Si vous voulez en savoir plus sur l’usage en France comme drogue, un site très bien fait de l’observatoire des drogues est le suivant : http://www.ofdt.fr/BDD/publications/docs/epfxcrk6.pdf , mais il est difficile à lire.

    Le captagon est une amphétamine, comme l’ecstasy (cette dernière est appelée aussi MDMA).
c’est un stimulant qui, à dose modérée favorise la production de dopamine et de noradrénaline au niveau des neurones, et est donc euphorisant, et favorise la concentration, donne une résistance plus grande à la fatigue.
    Il favorise aussi la libération de glucose et donc l’effort
    Il a été utilisé comme médicament contre l’hyperactivité et comme dopant cycliste illégal, mais a été abandonné et interdit en 1993 en raison de lésions cardiaques consécutives à son utilisation.
    A plus forte dose, il altère le jugement et diminue fortement la prévision des conséquences possibles de ses actes.
    Ces effets sont provisoires et le corps, pour redevenir normal va devoir synthétiser à nouveau dopamine et noradrénaline, ce qui nécessite repos et sommeil.
    En l’absence de ce repos rapide, l’individu ressent une psychose, avec alternance d’euphorie et de dépression, comme s’il avait passé plusieurs nuits sans sommeil.
Ses facultés mentales sont alors altérées et il ne ressent ni peur, ni douleur, ni réticence devant les conséquences de ses actes pour lui ou autrui.
    Le captagon est actuellement peu utilisé dans la population qui préfère l’ecstasy, drogue tout aussi dangereuse.
    Si vous voulez connaître les dangers de l’ecstasy, (déshydratation, passages à vide, changements d'humeur, dommages cérébraux), je vous conseille le document :
http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2001/mag0216/dossier/sa_4300_ecstasy_niv2.htm

    On voit bien pourquoi ces deux produits peuvent être utilisés par les terroristes pour permettre plus facilement de commettre des attentats.

Jeudi 4 février 2016 à 14:29

Drogue, alcool, addictions

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    On parle beaucoup de la responsabilité de la vitesse dans les accidents de la route, mais plus de 50% des accidents sont dûs à l’alcool et aux drogues, principalement du cannabis. effectivement la vitesse est responsable, mais provoquée par l’inconscience du danger provoquée par ce que l’on a bu ou fumé.

    La France est malheureusement le pays d’Europe qui fume le plus, entre tabac et cannabis et beaucoup de jeunes utilisent le mélange le plus nocif : tabac et résine de cannabis.
    D’une part ce mélange est de loin, à long terme,  le plus cancérigène, mais surtout il induit une dépendance.
    Fumé seul le cannabis est dangereux, mais la dépendance n’est que psychologique : il n’y a pas de manque. La nicotine du tabac elle, induit un manque physique important. Le mélange induit donc le même manque et entraîne donc une addiction plus grande au cannabis, comme au tabac.
    De plus la résine est beaucoup plus toxique que les feuilles de marijuana, mais elle est plus facile à mettre en vente et donc à se procurer.

    Le cannabis fait actuellement des ravages parmi nos jeunes qui en fait l’utilisent comme un anxiolytique, un remède contre le stress, un moyen d’oublier les petits ennuis.
Malheureusement c’est un leurre, car si les problèmes paraissent atténués sur le moment, ils surgissent de façon encore plus pressante et stressante lorsque l’effet de la drogue est passée. Il y a alors une phase dépressive par décompensation psychotique, qui aggrave la situation psychique.
`    Et il est bien connu que l’usage régulier du cannabis enlève volonté, motivation, et affecte mémoire attention et concentration, d’où des conséquences catastrophiques au niveau des études.

    De même que l’on croit que le tabac a des bienfaits comme de faciliter la digestion après un bon repas, ce qui est complètement faux, car cela congestionne l’estomac et augmente le risque de remontées acides, de même on croit que le cannabis n’est pas nuisible pour la santé.
    Outre un effet cancérigène pour les poumons, beaucoup plus élevé encore que le tabac, le risque d'infarctus du myocarde est multiplié par cinq dans l'heure qui suit la prise, et des accidents vasculaires cérébraux peuvent survenir chez des personnes jeunes, quoique le mécanisme soit encore mal expliqué.

    Quant aux usages thérapeutiques du cannabis que l’on met en avant pour promouvoir une libéralisation de la vente de cette substance, c’est en fait un leurre.
Certes le THC a des actions thérapeutiques, parfois démontrées, par exemple contre la douleur, les nausées, les contractures, mais on a des médicaments bien plus actifs et dépourvus de nocivité pour traiter ces problèmes.
    Et l’accident survenu lors d’essais de médicaments destinés à augmenter la synthèse de cannabinoïdes naturels par l’organisme, qui a entraîné la mort cérébrale d’un patient et des séquelles pour plusieurs autres, nous montre que ces produits représentent des dangers que nous ignorons encore, et que fumer du cannabis est malheureusement un facteur de mise en danger de son organisme.

Dimanche 2 août 2015 à 9:19

Drogue, alcool, addictions

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     J’ai déjà souvent fait des articles sur le cannabis et ses dangers, mais je viens de lire de nouvelles études qui précisent peu à peu certains points et, peu à peu il apparaît comme une véritable drogue (le tabac aussi d’ailleurs).
    On savait que le cannabis comme le tabac est fortement cancérigène et à moindre titre, peut provoquer des problèmes cardiaques, si on est fumeur chronique.
    On a récemment montré que le risque d'infarctus du myocarde est multiplié par cinq dans l'heure qui suit la prise, et des accidents vasculaires cérébraux peuvent survenir chez des personnes jeunes, quoique le mécanisme soit encore mal expliqué.
    On savait aussi qu’il entraînait une baisse considérable de performances de la mémoire, mais celles si redevenaient normales au bout de 3 mois environ, si on arrêtait de fumer. Toutefois de études ont montré que, pour des jeunes qui avaient commencé à fumer à environ 15 ans et que l’on avait suivi pendant une dizaine d’années, jusque vers 25 ans, âge auquel le cortex préfrontal arrive à maturité, on pouvait avoir un impact non réversible qui se traduisait par une baisse de QI de plusieurs points.
    Les effets ravageurs sur la motivation et l’attention sont aussi bien connus et à l’origine de bien des échecs scolaires.
    Par contre on pensait que le cannabis n’entraînait pas d’addiction. En fait si celle-ci est moins physiologique qu’avec la nicotine ou d’autres drogues, par contre il provoque une véritable addiction psychologique, le drogué devant prendre de plus en plus de produit pour avoir le même effet et surtout ne pouvant plus, peu à peu, s’en passer.
    De plus les fumeurs l’utilisent surtout pour oublier leurs problèmes, or s’il n’y pensent plus pendant un temps court, ceux ci ne sont pas supprimés pour autant et ressurgissent dès que l’action du THC est terminée, ce qui incite à fumer à nouveau.
    Une décompensation psychotique est possible, en particulier s'il y a une fragilité psychologique préexistante. Les études montrent aussi que le risque s'accroît avec les doses consommées. Au-delà des effets agréables recherchés, même une personne qui est parfaitement équilibrée sur le plan psychologique, peut présenter une désorientation, des hallucinations, des idées paranoïaques, une crise de panique ou des angoisses profondes.
    Enfin, le risque d'accident grave ou mortel est fortement augmenté lorsqu'un conducteur est sous l'emprise du cannabis, avec une plus grande probabilité qu’avec l’alcool, car on se rend moins compte de son état, qui d’une part vous enlève la conscience du danger et l’attention nécessaire et d’autre part diminue considérablement vos réflexes. Il semble qu’actuellement près de 27% des accidents seraient dus à l’usage du cannabis par un conducteur d’auto ou de vélo, et même par des piétons.
    Quant aux usages thérapeutiques du cannabis que l’on met en avant pour promouvoir une libéralisation de la vente de cette substance, c’est en fait un leurre.
Certes le THC a des actions thérapeutiques, parfois démontrées, par exemple contre la douleur, les nausées, les contractures, mais on a des médicaments bien plus actifs et dépourvus de nocivité pour traiter ces problèmes.
    Le cannabis est donc un faux médicament et une véritable drogue.

    De plus en plus d’articles et de témoignages montrent que les réseaux de dealers sévissent dans les lycées et que nombre d’élèves de 15 à 18 ans, (surtout des garçons) sont en train de saboter leurs études par l’usage répété de cette drogue.
    Tous milieux sociaux confondus, la consommation s'intensifie fortement au cours des «années lycée». La moitié des lycéens a déjà fumé du cannabis au cours de sa vie. Si les premières expérimentations sont observées dès la quatrième, on constate un doublement en troisième (24 %) et encore en seconde (41 %).
    Le coût du cannabis a en effet été divisé par 4 en dix ans, ce qui le rend plus abordable.
    Face à l'ampleur du phénomène, qui entraîne aussi d'autres délinquances dans les écoles ou à leurs portes, les directeurs d'établissement n'hésitent plus à saisir les services de ­police. La surveillance et les sanctions vont devenir plus sévères, mais n’est ce pas trop tard ?
    Le députe UMP des Alpes-Maritimes Éric Ciotti vient de déposer sur le bureau de l'Assemblée nationale, un projet de loi pour rendre obligatoire le dépistage de la consommation de drogue chez les lycéens au sein même des établissements scolaires,et financer la mesure par une taxe sur le tabac.
    Le texte comprendrait la mesure suivante : « Dans les lycées, tous les élèves sont obligatoirement soumis, périodiquement, et au moins une fois par an, à un examen médical de dépistage de produits stupéfiants ».
    Cela dit, comme on ne dit pas ensuite quelles seront les suites pour un élève découvert positif, je ne pense pas que cette mesure soit une vraie dissuasion.
    Mais il est certain que l’on constate une forte hausse de consommation chez les jeunes du tabac, du cannabis et de l’alcool, et il serait temps de lutter plus efficacement contre ce fléau qui met en danger la santé et l’instruction d’une génération.

Mardi 28 juillet 2015 à 8:50

Drogue, alcool, addictions

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    Beaucoup de produits utilisés à des fins médicales, peuvent aussi être utilisées comme drogues et, à dose plus élevées être mortels.
    Les produits les plus connus du public sont la morphine et le THC contenu dans le cannabis.
    Un produit moins connu est le fentanyl. C’est un opioïde, analgésique, utilisées médecine comme anesthésique et surtout pour traiter des douleurs chroniques intenses ou postopératoires.
    Il agit sur les récepteurs de la morphine dans le cerveau et la moelle épinière ou dans les muscles lisses et bloque la douleur.
    Le fentanyl possède un effet analgésique environ 100 fois plus puissant que celui de la morphine.
    Il a été aussi utilisé par les russes lors de la prise d’otages au théâtre de Moscou en octobre 2002, par un commando de tchetchennes. Les forces spéciales ont vaporisé ce produit dans les conduits de ventilation, espérant endormir les assaillants.
    Mais il est très difficile d’avoir dans ces conditions une concentration homogène dans les pièces et des différences très importantes peuvent avoir lieu localement entraînant soit inefficacité, soit danger mortel.
    Des moyens médicaux d’urgence n’avaient pas été suffisamment prévu et sur les 646 otages, 118 ont trouvé la mort et 45 touchés gravement.

    Les pouvoirs publics de nombreux pays sont inquiets de voir apparaître, en 2014, de nouvelles drogues dont certaines sont dérivées du fentanyl : le méthylfentantl et le carfentanyl. Des jeunes les utilisent à la place de cannabis, car ils sont hallucinogènes et euphorisants et d’autre part car ils sont moins chers, car il en faut très peu pour agir.
    A titre d’exemple, alors qu'il faut respectivement 200 et 750 grammes pour fabriquer 10 000 doses équivalentes de cocaïne ou d'ecstasy, 2,5  grammes suffisent pour le méthylfentanyl et 0,1 gramme pour le carfentanyl !.
    Mais cette grande activité les rend très dangereux, et  la toxicité de ces cannabinoïdes de synthèse est beaucoup plus importante que celle du cannabis, avec un plus grand nombre d'effets secondaires toxiques: hypertension artérielle, vertiges, hallucinations et tachycardie, qui peuvent mener à l’overdose et à la mort.
    Par ailleurs il y a une accoutumance plus forte qu’au cannabis.
    Sans parler des effets à long terme, que l’on commence seulement à déceler pour le cannabis, et que l’on ne connaît pas pour ces produits, utilisés depuis trop peu de temps.
    Ces produits sont mélangés à des plantes et ils ont finalement un aspect voisin de celui du cannabis, ce qui facilite son usage par les jeunes.
   
    Ces produits ne sont pas les seuls à transformer le marché. De nouveaux produits de synthèse, efficace à faible dose et donc très dangereux, sont fabriqués par des chimistes de haut vol en Chine, en Inde ou dans certains pays de l'Est comme la Pologne, distribuées à échelle industrielle via Internet, ils sont censés imiter les effets «euphorisants» de la marijuana, de la cocaïne, des amphétamines ou encore de l'ecstasy et représentent un énorme danger auprès d'un public inconscient, prêt à jouer aux apprentis sorciers pour expérimenter de nouvelles sensations et malheureusement en subir ensuite les graves conséquences.

    Un autre danger nous vient de Syrie et des pays du moyen orient, très consommateurs d’un produit interdit en Europe, la phénétylline.
    Ce médicament (le Captagon), était utilisé pour soigner les enfants hyperactifs, ou les personnes souffrant de troubles chroniques du sommeil. Mais devant certains effets secondaires psychotropes, et le danger de doses plus fortes, il a été interdit en 1986, dans presque tous les états du monde.
    Ce psychostimulant, à faible dose, dissipe les sensations de fatigue et de faim, induit une euphorie et un sentiment d'hyperconcentration. Mais à fortes doses, ces produits sont dépersonnalisants, induisant des troubles de la personnalité, et l’individu perd tout jugement, toute notion de bien et de mal, et de conséquence de ses actes.
    Les terroristes les utilisent pour droguer les personnes qu’ils envoient commettre un attentat et notamment les kamikazes.
    La Syrie est devenu un principal producteur de ce produit, ainsi que d’amphétamines moins chères, et transitent par la Jordanie avant d'être envoyés dans tout le sous-continent, l'Arabie saoudite étant le principal destinataire.
    Leur commerce illégal rapporterait des centaines de millions de dollars chaque année à la Syrie. Les terroristes de Daesh en Syrie en consomment une partie mais l'exportent aussi dans les pays du Golfe. Les gains leur permettent de financer l'achat de leurs armes et les opérations terroristes.
    Un autre produit utilisé par les islamistes est la kétamine : c’est à l’origine un anesthésiant utilisé en médecine humaine et vétérinaire. C’est un inhibiteur d’un neurotransmetteur, le glutamate.
    Le produit a en effet des effets psychotropes et hallucinogènes.
    A doses moyenne, comme le produit précédent, il peut atténuer les sensations de fatigue et de faim, induit une euphorie et la non conscience du danger et des conséquences de ses actes, voire des dédoublements de la personnalité.
    Les soldats français au Mali on constaté que de nombreux combattants islamistes étaient drogués à la kétamine, pour leur donner le courage de se battre (par l’inconscience), notamment les jeunes qu’ils recrutaient dans la population.
    A plus forte dose, le produit a des effets hallucinogènes et l'usager perd la sensation de lui-même (sensation de se « détacher de son corps »).
    À fortes doses, elle provoque des altérations de la respiration et peut aussi induire une perte de connaissance voire le coma.
    En cas d'usage prolongé la kétamine détruit les protections de l'appareil urinaire contre les micros organismes. Conséquences, infections urinaires, sang dans les urines et destruction des reins.

    L’usage du tabac et du cannabis sont déjà très dangereux et induisent en France, des dizaines de milliers de morts, notamment par cancer ou maladies cardiovasculaires, l’ecstasy provoque des overdoses fatales, mais les nouvelles drogues qui apparaissent sont encore plus dangereuses et risquent de faire des ravages , surtout chez les jeunes.
    Une information et une mise en garde serait indispensable.

Vendredi 3 octobre 2014 à 9:12

Drogue, alcool, addictions

     Une correspondante constate que la France est un des pays où l’on consomme le plus de tranquillisants, qu’on en donne aux jeunes quand ils sont anxieux, qu’on en donne aux adultes quand ils sont stressés et pour les faire dormir, et qu’on en bourre les personnes âgées pour qu’elles se sentent moins oppressées étaient moins peur de la vieillesse et de la mort.
    Elle me demande ce que j’en pense et si je prends des benzodiazépines.

    Je la rassure tout de suite, j’ai la chance d’être en bonne santé et je ne connais guère comme médicament que l’aspirine, du paracétamol, et du sérum physiologique dans le nez avec un petit désinfectant (du prorhinel, quand j’ai le nez bouché).`
    Cela m’étonnerait beaucoup que je prenne un jour une benzodiazépine, car je n’apprécie pas ce type de médicament et je préfère être très optimiste pour éviter le stress.

    Regardons d’abord comment agissent les benzodiazépines, qui sont essentiellement des tranquillisants.

    Rappelons d’abord que les neurones peuvent envoyer dans leur axone un influx nerveux positif ou négatif, qu’ils communiquent (à travers une synapse par l’intermédiaire d’un neurotransmetteur chimique), aux dendrites des neurones avec lesquels ils sont en contact. Ces neurones font la somme de tous les influx qu’ils reçoivent et ils ne déclenchent eux mêmes un influx nerveux que si cette somme atteint un  certain niveau.
    Un influx positif est déclenché lorsque le neurotransmetteur entraîne une libération d’ions positif, en général, calcium Ca++ dans la dendrite du neurone suivant et un influx négatif lorsqu’il s’agit de la libération d’ions chlore Cl- (article du 24/10/2006)
    La plupart des neurotransmetteur entraînent la libération de Calcium et le principal neurotransmetteur qui entraîne celle de chlore est le GABA (l’acide gamma-amino butyrique) : on l’appelle donc un neurotransmetteur inhibiteur, puisqu’il diminue ou supprime l’émission d’un influx positif, du fait de son apport négatif.

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    L’action du GABA est très importante car il modère l’action des autres neurotransmetteurs, notamment le glutamate, qui sont des excitateurs positifs.
    Le GABA empêche donc une surexcitation du cerveau dans la mesure où un équilibre existe entre son action et celle des autres neurotransmetteurs.

    L’effet des benzodiazépine est schématisé sur les deux schémas ci dessous, qui représentent un canal ionique, protéine laissant passer des ions à travers la membrane cellulaire, sous l’effet des neurotransmetteurs qui se fixent sur des récepteurs latéraux
    ici le récepteur est sensible au GABA :

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    Sur celui de gauche, le Gaba s’est fixé sur son récepteur, il active l’ouverture du canal et des ions chlore traversent la membrane.
    Sur celui de droite la benzodiazépine vient aussi se fixer sur le récepteur de Gaba, car elle a cette possibilité chimique. Le canal ionique est davantage ouvert et la quantité d’ions chlore franchissant la membrane est plus importante.
    En définitive, la benzodiazépine augmente l’effet inhibiteur du GABA, qui compte des récepteurs un peu partout dans le cerveau. Donc elle ralentit le fonctionnement du cerveau.
    Si la personne qui prend des benzodiazépine était quelqu’un ayant des troubles importants d’anxiété, et cela par manque de GABA, alors le traitement est normal, à condition d’agir par ailleurs pour que la personne finisse par maîtriser son angoisse, car il est recommandé de ne pas prolonger ce type de traitement au delà de trois mois si possible.
    Mais on prescrit souvent des benzodiazépines à des personnes qui n’ont pas des troubles importants et ce traitement est alors dangereux.
    En effet ces médicaments agissent sur les centres de récompense. La personne se sent bien et donc apprécie ce « confort ». Mais les centres de récompense s’habituent et il leur faut davantage de médicament pour produire le même effet (libération de dopamine).
Il y a donc création d’une addiction.
    Les personnes souhaitant ce confort prennet donc davantage de médicament et cela en permanence, bien au delà des 3 mois. Il y a alors un ralentissement permanent du cerveau. La personne est moins attentive, moins active, moins motivée et surtout l’action au niveau de l’hippocampe, ralentit les performances de mémoire.
    Les chercheurs ont appelé l’attention sur le risque accru de maladie d’Alzeimer, et l’aggravation des pertes de mémoire, notamment chez les personnes âgées, traitées aux benzodiazépines.
    De plus les benzodiazépines ne sont pas des somnifères. Certes elles peuvent améliorer le sommeil en empêchant en partie de penser à ses préoccupations, mais l’action est très différente d’une personne à l’autre, et dans beaucoup de cas elles ont très peu d’effet sur le sommeil
    De plus ces produits ont un effet analogue au cas où vous prendriez trop de paracétamol, pour atténuer la douleur au moindre bobo. En fait l’organisme lutte naturellement contre la douleur grâce à la production d’endorphines. Le fait de prendre trop souvent du paracétamol diminue cette production et il vous faudra de plus en plus de paracétamol, à effet équivalent.
    De même le corps lutte contre une insuffisance de GABA et donc des anomalies émotionnelles, en produisant des neurostéroïdes. Ceux ci se fixent aussi sur les récepteurs du GABA, augmentant ainsi son action. L’utilisation trop fréquente de benzodiazépines va friner la production de ces neurostéroïdes, qui luttent naturellement contre nos peurs et nos angoisses.

    Certes les produits psychotropes, et notamment les benzodiazépines sont utiles lorsqu’il y a vraiment dépression ou maladie psychiatrique. Mais par contre, leur utilisation abusive comme médicament de confort est dangereux, et les médecins ne devraient pas céder aux demandes de leurs patient, dans les cas où ce traitement n’est pas indispensable..

Lundi 30 juin 2014 à 8:19

Drogue, alcool, addictions

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/2900.jpg    Les documents de l’observatoire européen des drogues et toxicomanies (EMCDDA) et son homologue français (OFDT) sont toujours intéressants à lire.
On y trouve des articles sur les effets biologiques des drogues, mais aussi des statistiques quant à leur utilisation et les dégâts constatés, et l’apparition de nouvelles drogues ou de nouveaux types de réseaux.
   
    Les constatations sont inquiétantes :

    Plus de 80 millions d'Européens, soit un quart de la population adulte de l'Union européenne, ont consommé une drogue illicite à un moment de leur vie; 1,3 million d'Européens sont des consommateurs d'opiacés à problème, et 700.000 usagers ont reçu un traitement de substitution en 2012.
    Les opiacés représentent les trois quarts des surdoses mortelles, soit 2,6% des décès des 15-35 ans, avec 6100 morts par surdoses toutes drogues confondues, (mais cependant 1000 de moins qu'en 2009).
    Environ 74 millions de 15-64 ans (22% de la population) ont déclaré avoir expérimenté le cannabis, qui reste la drogue la plus consommée en Europe. Quatorze millions des Européens entre 15 et 34 ans en ont pris dans l'année.
    Les Français sont 32% à avoir testé le cannabis, mais surtout à 18% à en avoir consommé lors des 12 derniers mois, ce qui fait de la France le plus gros consommateur européen, avec le Danemark.
    Toutefois la drogue la plus mortelle n’est pas recensée : c’est la nicotine. La France est le mauvais élève avec 28,3 % de fumeurs quotidiens (26,4 % Dans l’UE), et 5,9 % de fumeurs occasionnels.
    On estime qu’en France le tabac est responsable de 200 morts par jour.
    Nous examinions il y a quelques mois, les décès intervenus dans ma promotion de l’X, la plupart étaient des fumeurs et sont morts de crise cardiaque d’AVC ou de cancer du poumon.

    Pour ceux qui ne le savent pas, je rappelle que les opiacés sont une famille de produits obtenus à partir de l’opium, produit sédatif provenant de cultures de pavot.
    La morphine, l’héroïne, la codéine, la méthadone et la buprénorphine sont, entre autres, des opiacés. Une de leurs caractéristiques majeures est leur capacité à induire une dépendance psychique et physique. L’héroïne est l’opiacé le plus recherché en tant que drogue; ses propriétés pharmacologiques de l’héroïne, substance sédative et antidouleur, sont comparables à celles de la morphine mais elle agit plus vite, plus intensément et plus brièvement; elle reste la drogue la plus addictive, celle qui cause le plus de décès, de maladies et de patients en traitement.
    En termes de consommation, la cocaïne arrive en deuxième position, avec 14 millions de personnes (4,2%) qui en ont déjà consommé, dont plus de 3 millions (0,9%) dans l'année. On la retrouve principalement dans l'ouest de l'Europe, et la France ne fait pas exception, avec une plus faible proportion de la population ayant testé la cocaïne au moins une fois (3,7%) par rapport à la moyenne européenne, mais davantage de consommateurs dans l'année (1,9%).
    La consommation d'ecstasy et d'amphétamines est stable ou en baisse chez les jeunes adultes., mais leur dosage dans les produits vendus, comme dans celui du cannabis, a augmenté, les rendant plus dangereuses.
    Par ailleurs on voit apparaître de nouvelles drogues de synthèses, en général plus dangereuses, des circuits de distribution plus difficiles à détecter sur internet, sans parler de coutumes dangereuses comme fumer de l’hortensia.

    Une mention toute particulière doit être faite pour la métamphétamine, qui était très marginale jusqu’à présent, mais devient de plus en plus courante, car les organisation terroristes utilisent sa vente pour financer leurs actions.
    Il faut d’ailleurs savoir que les terroristes, par exemple au Mali, ou lors d’attentats suicides sont souvent drogués grâce à ce produit, qui donne de l’énergie de l’assurance, rend agressif, fait oublier fatigue et danger, et même la douleur est amoindrie en cas de blessure.
    Mais elle a été utilisée par les pilotes alliés à plus faible dose, pendant la dernière guerre sous l’appellation de  Méthédrine, par les allemands , appelée pervitine, par les japonais sous le nom de Philopon et par les russes, bien qu’ils aient toujours prétendu préférer la vodka!.
    Les pilotes américains utilisaient en Afghanistan de la Ritaline, produit destiné à les maintenir en éveil, mais qui a provoqué un grave inciden,ts quand ils ont tué des soldats canadiens en les prenant poour des talibans.

    Je me demande quand les hommes se rendront compte que les drogues, y compris le tabac, sont des produits très dangereux.
    Quand on est vieux comme moi, on se félicite de n’en avoir jamais pris, car cela me permettra de vivre quelques années de plus.

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Samedi 15 mars 2014 à 7:54

Drogue, alcool, addictions

Voyons d’abord les mécanismes de dépendance chronique du tabac, acquise peu à peu par un fumeur qui va consommer de plus en plus de cigarettes.

    Comme je l’ai montré hier, des récepteurs nicotiniques sont présents sur les neurones de l’aire tegmentale ventrale qui projettent leurs terminaisons dans le noyau accumbens, lequel est le principal centre de récompense entraînant la libération de dopamine et la sensation de plaisir.
     La prise de nicotine libère donc de la dopamine et fumer semble donc agréable !.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/fumeur.jpg
    Les stimulations nicotiniques répétées chez les fumeurs, augmentent donc la libération de dopamine dans le noyau accumbens et le plaisir correspondant.
    De plus le nombre de récepteurs dans les neurones augmente, ce qui augmente cette libération et le plaisir ressenti, donc l’envie de fumer.
    Mais le fumeur chronique maintient, entre chaque cigarette, une concentration de nicotine suffisante pour désactiver les récepteurs et pour ralentir leur renouvellement. D’où peu à peu une certaine désensibilisation du récepteur et la réduction du plaisir ressenti.
Progressivement  les neurones réagissent de moins en moins à la nicotine, puisque les récepteurs nicotiniques perdent en partie leur capacité de s'activer en réponse à la nicotine.
    Le fumeur doit alors fumer un nombre croissant de cigarettes pour obtenir le même effet.


    Après une brève période d’abstinence (une nuit de sommeil par exemple), la concentration de nicotine redescend et permet à une partie des récepteurs de retrouver leur sensibilité. Le retour de tous ces récepteurs à un état fonctionnel normal, augmente la neurotransmission cholinergique à un niveau anormal affectant l’ensemble des voies cholinergiques du cerveau, voies qui commandent notamment nos muscles. Le fumeur éprouve alors de l’agitation et de l’inconfort (le phénomène de manque), qui le conduit à fumer une nouvelle cigarette.
    Dans cette théorie, la dépendance provoque le manque.

     Il semble  par ailleurs, que la nicotine et la dopamine ne provoqueraient pas la dépendance tabagique à elles seules. Au début des années 1990, l'équipe d'Ivan Berlin, a I'Hópital de la Pitié-Salpetriere, a Paris. a montré que des molécules, autres que la nicotine, présentes dans le tabac, modifieraient le fonctionnement du système nerveux central, affectant d'autres neuromédiateurs, notamment la noradrénaline et la sérotonine.

    Mais cette théorie, qui suppose une certaine saturation permanente du cerveau en nicotine, si elle montre bien la dépendance chronique, ne peut expliquer les dépendances rapides dès les premières cigarettes, même si leur nombre est faible.
    En effet la désensibilisation des récepteurs après une seule cigarette est faible; la réduction du plaisir n’intervient pas, et la sensation de manque correspondant au retour à la normale de ces récepteurs, non plus. Une cigarette de temps en temps suffit donc, mais cette utilisation répétée développera peu à peu la tolérance et la diminution de l’impact de chaque cigarette, mais cela pourra mettre plusieurs mois ou plusieurs années, au fur et à mesure de l’augmentation de la consommation. Elle n’est donc pas une explication de l’augmentation rapide de celle ci chez beaucoup de jeunes. Il faut trouver une autre explication.

    Les chercheurs pensent, qu’au début de la consommation de cigarettes, ce n’est pas le plaisir qui incite à fumer à nouveau, mais un certain manque créé au niveau des équilibres homéostatiques. Ce serait donc alors le manque qui créerait la dépendance; (je rappelle que l’homéostasie est la capacité que peut avoir notre organisme à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes extérieures qui lui sont imposées par l’environnement : fréquence cardiaque, tension, respiration, constantes physicochimiques du sang ou dans les cellules…).

    Comment va apparaître ce manque qui va inciter le jeune à fumer ?
http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/manquecigarette.jpg


    Chez les non-fumeurs, le système cérébral produisant le besoin de fumer et le système inhibant ce besoin, sont en équilibre.
    C'est le même genre d’équilibre qui contrôle la faim : quand on a faim, le système déclenchant active Ie comportement de prise de nourriture que le système inhibiteur interrompt lorsque l'individu est rassasié, à la fin du repas.







    A la première cigarette, la nicotine stimule le système d'inhibition du besoin jusqu'à
ce que son activité l’emporte sur celle du système déclenchant le besoin, et le fumeur n’allume pas une nouvelle cigarette.
    Le cerveau tente ensuite, de rétablir l'équilibre en développant rapidement des adaptations biologiques qui renforcent l'activité du système activateur stimulant le besoin.
Ces modifications n’entraînent pas d’effet immédiat, puisque l’on tend vers l’équilibre.







    Lorsque les effets de la nicotine disparaissent, le système d'inhibition du besoin n'est plus stimulé et retrouve un niveau d’activité inférieur de l’inhibition. Mais le système déclenchant le besoin, a été au contraire, renforcé par les adaptations précédentes et on se retrouve de nouveau face à un déséquilibre, déséquilibre qui crée alors un désir intense pour la seule chose qui puisse inhiber le besoin : une cigarette.
    C’est donc ce manque homéostatique qui incite à refumer.

Nota : les schémas ci contre sont tirés d'un article du docteur Di Franza.


    L’usage du tabac est une calamité, dont les plaisirs procurés ne compensent pas malheureusement les inconvénients : coût élevé, sujétion permanente, situations de manque éventuelles, cancers du poumon et infarctus qui limitent l’espérance de vie au dessous de 80 ans.
    Quand on voit la rapidité avec laquelle on prend cette habitude, la réaction de toute personne sensée est de faire le maximum pour ne jamais commencer à fumer et d’inciter les autres, notamment ses enfants et petits enfants à ne jamais commencer.

Vendredi 14 mars 2014 à 8:27

Drogue, alcool, addictions

http://lancien.cowblog.fr/images/Images2-1/images-copie-6.jpg

      Je croyais que l’on fumait avant tout par plaisir et que l’on devenait psychologiquement dépendant de ce plaisir. Personnellement je n’ai pratiquement jamais fumé parce que les quelques essais que j’ai faits, étant jeune, m’enlevaient toute sensation de goût de la nourriture et ne m’apportaient aucun plaisir, et je pensais que c’était la raison qui m’avait épargné cette calamité, ce grâce à quoi je suis encore en bonne santé, alors que tous les camarades de mon âge qui fumaient plus de 10 cigarettes par jours ne sont plus de ce monde.
      La croyance médicale d’il y a quelques années était que l’absorption de la nicotine inciterait à fumer plus fréquemment, et, partir d'une consommation régulière de cinq cigarettes par jour, et au bout de quelques années de tabagisme, la dépendance physique s'installerait, caractérisée par les symptômes du manque de nicotine : agitation, irritabilité, incapacité de se concentrer, etc. Le point faible de cette conception, est que ceux qui fument moins de cinq cigarettes par jour, ne deviendraient jamais dépendants, ce qui ne semble pas exact.

     Depuis quelques années cette conception semble avoir beaucoup évoluer et je viens de lire un article très clair du docteur Di Franza, professeur de médecine générale au centre médical de l’université du Massachusetts à Worcester, qui explique qu’au contraire, on risque de devenir accro au tabac dès les premières cigarettes, surtout chez les adolescents.
     Une étude faite par ce médecin de 2005 à 2008 auprès de lycéens américains, a montré que apparition rapide de la dépendance était très fréquente, le plus souvent durant les premières semaines après la première cigarette et que les envies impérieuses de fumer et les échecs des tentatives d’arrêt peuvent apparaître chez les adolescents, dès les premières semaines de consommation, avec moins de 2 cigarettes par semaine.

      Un neuromédiateur est particulièrement important dans notre système nerveux : l’acétylcholine. Il intervient dans la commande de tous les mouvements et la contraction des muscles  Mais il est aussi impliqué dans la mémoire et l'attention, le sommeil et la veille, la douleur et l’anxiété. Ses récepteurs sont présents dans le cerveau, dans tous les muscles, mais aussi dans les systèmes nerveux autonome et végétatif.
       En ce qui concerne la commande musculaire, l’influx nerveux arrivant aux muscles, libère l’acétylcholine, qui se fixe sur des récepteurs, lesquels laissent passer des ions Na+, K+ et Ca ++, lesquels font contracter le muscle (voir le processus dans mon article du 17/09/2013). Puis, pour que le muscle cesse d’être contracté, une enzyme, l’acétylcholinestérase, vient hydroliser l’acétylcholine en choline et acide acétique.
     En fait les récepteurs de l’acétylcholine sont de deux sortes :
        - des récepteurs dits « muscariniques, car ce toxique (celui des champignons mortels amanites), peut aussi se fixer sur eux et les bloque.
        - des récepteurs dits « nicotinique », car la nicotine peut aussi se fixer sur eux et ne s'y détruit que lentement.
     Les études menées par plusieurs laboratoires on montré que 3 bouffées de fumée de cigarette saturaient la moitié des récepteurs nicotiniques et qu’une cigarette provoquait l’occupation de 88% d’entre eux.
     Lorsque le canal ionique est activé par la nicotine, le temps d’action est un peu plus long que pour l’acétylcholine qui est détruite très rapidement, laissant entrer davantage d’ions, et en outre l’excitation du neurone entraîne la libération de dopamine par ces centres de récompense, ce qui procure un certain plaisir. (voir les deux schémas ci dessous, acétylcholine à gauche et nicotine à droite).
        En effet des récepteurs nicotiniques sont présents sur les neurones de l’aire tegmentale ventrale qui projettent leurs terminaisons dans le noyau accumbens, lequel est le principal centre de récompense entraînant la libération de dopamine et la sensation de plaisir. Fumer semble donc agréable !.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/acetyl.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/nicotine.jpg





















    Bien que l'on ignore encore le rôle que joue l'augmentation du nombre des récepteurs dans Ia dépendance, ces études indiquent qu il est physiologiquement plausible que des adolescents puissent avoir des symptômes de manque deux jours
seulement après leur première cigarette.

    Reste à savoir pourquoi les adolescents sont plus rapidement sensibles que les adultes.
    Des études d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle ont montré que le besoin de nicotine, d'alcool, de cocaïne, d'opiacés et de chocolat, déclenché par des éléments de l'environnement, se caractérise par l'augmentation de l'activité métabolique dans le cortex cingulaire antérieur et dans diverses régions du cortex préfrontal.     Il existe au niveau de ces centres, un système stimulateur du besoin, notamment sous l’effet de la dopamine libérée, mais aussi un système de frein inconscient mais sur lequel on peut en partie agir, qui tend à rétablir l’équilibre et freiner ce besoin
    J’en parlerai demain.
    Or chez les adolescent le cortex préfrontal n’est pas arrivé à maturité. Il est donc plus sensible et plus fragile et la nicotine perturbe davantage ces systèmes d’équilibre.
    De plus le cortex préfrontal des adolescent est très peu performant en matière de prévision des conséquences de leurs actes et donc, la lutte volontaire contre toute drogue ne suscite pas la motivation et la volonté nécessaires.

    Demain je vous expliquerai les mécanismes de dépendance chronique à la nicotine, et pourquoi on peut avoir une dépendance très rapide, le mécanisme étant alors un peu différent.

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