Samedi 15 mars 2014 à 7:54

Drogue, alcool, addictions

Voyons d’abord les mécanismes de dépendance chronique du tabac, acquise peu à peu par un fumeur qui va consommer de plus en plus de cigarettes.

    Comme je l’ai montré hier, des récepteurs nicotiniques sont présents sur les neurones de l’aire tegmentale ventrale qui projettent leurs terminaisons dans le noyau accumbens, lequel est le principal centre de récompense entraînant la libération de dopamine et la sensation de plaisir.
     La prise de nicotine libère donc de la dopamine et fumer semble donc agréable !.

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    Les stimulations nicotiniques répétées chez les fumeurs, augmentent donc la libération de dopamine dans le noyau accumbens et le plaisir correspondant.
    De plus le nombre de récepteurs dans les neurones augmente, ce qui augmente cette libération et le plaisir ressenti, donc l’envie de fumer.
    Mais le fumeur chronique maintient, entre chaque cigarette, une concentration de nicotine suffisante pour désactiver les récepteurs et pour ralentir leur renouvellement. D’où peu à peu une certaine désensibilisation du récepteur et la réduction du plaisir ressenti.
Progressivement  les neurones réagissent de moins en moins à la nicotine, puisque les récepteurs nicotiniques perdent en partie leur capacité de s'activer en réponse à la nicotine.
    Le fumeur doit alors fumer un nombre croissant de cigarettes pour obtenir le même effet.


    Après une brève période d’abstinence (une nuit de sommeil par exemple), la concentration de nicotine redescend et permet à une partie des récepteurs de retrouver leur sensibilité. Le retour de tous ces récepteurs à un état fonctionnel normal, augmente la neurotransmission cholinergique à un niveau anormal affectant l’ensemble des voies cholinergiques du cerveau, voies qui commandent notamment nos muscles. Le fumeur éprouve alors de l’agitation et de l’inconfort (le phénomène de manque), qui le conduit à fumer une nouvelle cigarette.
    Dans cette théorie, la dépendance provoque le manque.

     Il semble  par ailleurs, que la nicotine et la dopamine ne provoqueraient pas la dépendance tabagique à elles seules. Au début des années 1990, l'équipe d'Ivan Berlin, a I'Hópital de la Pitié-Salpetriere, a Paris. a montré que des molécules, autres que la nicotine, présentes dans le tabac, modifieraient le fonctionnement du système nerveux central, affectant d'autres neuromédiateurs, notamment la noradrénaline et la sérotonine.

    Mais cette théorie, qui suppose une certaine saturation permanente du cerveau en nicotine, si elle montre bien la dépendance chronique, ne peut expliquer les dépendances rapides dès les premières cigarettes, même si leur nombre est faible.
    En effet la désensibilisation des récepteurs après une seule cigarette est faible; la réduction du plaisir n’intervient pas, et la sensation de manque correspondant au retour à la normale de ces récepteurs, non plus. Une cigarette de temps en temps suffit donc, mais cette utilisation répétée développera peu à peu la tolérance et la diminution de l’impact de chaque cigarette, mais cela pourra mettre plusieurs mois ou plusieurs années, au fur et à mesure de l’augmentation de la consommation. Elle n’est donc pas une explication de l’augmentation rapide de celle ci chez beaucoup de jeunes. Il faut trouver une autre explication.

    Les chercheurs pensent, qu’au début de la consommation de cigarettes, ce n’est pas le plaisir qui incite à fumer à nouveau, mais un certain manque créé au niveau des équilibres homéostatiques. Ce serait donc alors le manque qui créerait la dépendance; (je rappelle que l’homéostasie est la capacité que peut avoir notre organisme à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes extérieures qui lui sont imposées par l’environnement : fréquence cardiaque, tension, respiration, constantes physicochimiques du sang ou dans les cellules…).

    Comment va apparaître ce manque qui va inciter le jeune à fumer ?
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    Chez les non-fumeurs, le système cérébral produisant le besoin de fumer et le système inhibant ce besoin, sont en équilibre.
    C'est le même genre d’équilibre qui contrôle la faim : quand on a faim, le système déclenchant active Ie comportement de prise de nourriture que le système inhibiteur interrompt lorsque l'individu est rassasié, à la fin du repas.







    A la première cigarette, la nicotine stimule le système d'inhibition du besoin jusqu'à
ce que son activité l’emporte sur celle du système déclenchant le besoin, et le fumeur n’allume pas une nouvelle cigarette.
    Le cerveau tente ensuite, de rétablir l'équilibre en développant rapidement des adaptations biologiques qui renforcent l'activité du système activateur stimulant le besoin.
Ces modifications n’entraînent pas d’effet immédiat, puisque l’on tend vers l’équilibre.







    Lorsque les effets de la nicotine disparaissent, le système d'inhibition du besoin n'est plus stimulé et retrouve un niveau d’activité inférieur de l’inhibition. Mais le système déclenchant le besoin, a été au contraire, renforcé par les adaptations précédentes et on se retrouve de nouveau face à un déséquilibre, déséquilibre qui crée alors un désir intense pour la seule chose qui puisse inhiber le besoin : une cigarette.
    C’est donc ce manque homéostatique qui incite à refumer.

Nota : les schémas ci contre sont tirés d'un article du docteur Di Franza.


    L’usage du tabac est une calamité, dont les plaisirs procurés ne compensent pas malheureusement les inconvénients : coût élevé, sujétion permanente, situations de manque éventuelles, cancers du poumon et infarctus qui limitent l’espérance de vie au dessous de 80 ans.
    Quand on voit la rapidité avec laquelle on prend cette habitude, la réaction de toute personne sensée est de faire le maximum pour ne jamais commencer à fumer et d’inciter les autres, notamment ses enfants et petits enfants à ne jamais commencer.

Vendredi 14 mars 2014 à 8:27

Drogue, alcool, addictions

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      Je croyais que l’on fumait avant tout par plaisir et que l’on devenait psychologiquement dépendant de ce plaisir. Personnellement je n’ai pratiquement jamais fumé parce que les quelques essais que j’ai faits, étant jeune, m’enlevaient toute sensation de goût de la nourriture et ne m’apportaient aucun plaisir, et je pensais que c’était la raison qui m’avait épargné cette calamité, ce grâce à quoi je suis encore en bonne santé, alors que tous les camarades de mon âge qui fumaient plus de 10 cigarettes par jours ne sont plus de ce monde.
      La croyance médicale d’il y a quelques années était que l’absorption de la nicotine inciterait à fumer plus fréquemment, et, partir d'une consommation régulière de cinq cigarettes par jour, et au bout de quelques années de tabagisme, la dépendance physique s'installerait, caractérisée par les symptômes du manque de nicotine : agitation, irritabilité, incapacité de se concentrer, etc. Le point faible de cette conception, est que ceux qui fument moins de cinq cigarettes par jour, ne deviendraient jamais dépendants, ce qui ne semble pas exact.

     Depuis quelques années cette conception semble avoir beaucoup évoluer et je viens de lire un article très clair du docteur Di Franza, professeur de médecine générale au centre médical de l’université du Massachusetts à Worcester, qui explique qu’au contraire, on risque de devenir accro au tabac dès les premières cigarettes, surtout chez les adolescents.
     Une étude faite par ce médecin de 2005 à 2008 auprès de lycéens américains, a montré que apparition rapide de la dépendance était très fréquente, le plus souvent durant les premières semaines après la première cigarette et que les envies impérieuses de fumer et les échecs des tentatives d’arrêt peuvent apparaître chez les adolescents, dès les premières semaines de consommation, avec moins de 2 cigarettes par semaine.

      Un neuromédiateur est particulièrement important dans notre système nerveux : l’acétylcholine. Il intervient dans la commande de tous les mouvements et la contraction des muscles  Mais il est aussi impliqué dans la mémoire et l'attention, le sommeil et la veille, la douleur et l’anxiété. Ses récepteurs sont présents dans le cerveau, dans tous les muscles, mais aussi dans les systèmes nerveux autonome et végétatif.
       En ce qui concerne la commande musculaire, l’influx nerveux arrivant aux muscles, libère l’acétylcholine, qui se fixe sur des récepteurs, lesquels laissent passer des ions Na+, K+ et Ca ++, lesquels font contracter le muscle (voir le processus dans mon article du 17/09/2013). Puis, pour que le muscle cesse d’être contracté, une enzyme, l’acétylcholinestérase, vient hydroliser l’acétylcholine en choline et acide acétique.
     En fait les récepteurs de l’acétylcholine sont de deux sortes :
        - des récepteurs dits « muscariniques, car ce toxique (celui des champignons mortels amanites), peut aussi se fixer sur eux et les bloque.
        - des récepteurs dits « nicotinique », car la nicotine peut aussi se fixer sur eux et ne s'y détruit que lentement.
     Les études menées par plusieurs laboratoires on montré que 3 bouffées de fumée de cigarette saturaient la moitié des récepteurs nicotiniques et qu’une cigarette provoquait l’occupation de 88% d’entre eux.
     Lorsque le canal ionique est activé par la nicotine, le temps d’action est un peu plus long que pour l’acétylcholine qui est détruite très rapidement, laissant entrer davantage d’ions, et en outre l’excitation du neurone entraîne la libération de dopamine par ces centres de récompense, ce qui procure un certain plaisir. (voir les deux schémas ci dessous, acétylcholine à gauche et nicotine à droite).
        En effet des récepteurs nicotiniques sont présents sur les neurones de l’aire tegmentale ventrale qui projettent leurs terminaisons dans le noyau accumbens, lequel est le principal centre de récompense entraînant la libération de dopamine et la sensation de plaisir. Fumer semble donc agréable !.

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    Bien que l'on ignore encore le rôle que joue l'augmentation du nombre des récepteurs dans Ia dépendance, ces études indiquent qu il est physiologiquement plausible que des adolescents puissent avoir des symptômes de manque deux jours
seulement après leur première cigarette.

    Reste à savoir pourquoi les adolescents sont plus rapidement sensibles que les adultes.
    Des études d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle ont montré que le besoin de nicotine, d'alcool, de cocaïne, d'opiacés et de chocolat, déclenché par des éléments de l'environnement, se caractérise par l'augmentation de l'activité métabolique dans le cortex cingulaire antérieur et dans diverses régions du cortex préfrontal.     Il existe au niveau de ces centres, un système stimulateur du besoin, notamment sous l’effet de la dopamine libérée, mais aussi un système de frein inconscient mais sur lequel on peut en partie agir, qui tend à rétablir l’équilibre et freiner ce besoin
    J’en parlerai demain.
    Or chez les adolescent le cortex préfrontal n’est pas arrivé à maturité. Il est donc plus sensible et plus fragile et la nicotine perturbe davantage ces systèmes d’équilibre.
    De plus le cortex préfrontal des adolescent est très peu performant en matière de prévision des conséquences de leurs actes et donc, la lutte volontaire contre toute drogue ne suscite pas la motivation et la volonté nécessaires.

    Demain je vous expliquerai les mécanismes de dépendance chronique à la nicotine, et pourquoi on peut avoir une dépendance très rapide, le mécanisme étant alors un peu différent.

Samedi 22 février 2014 à 8:27

Drogue, alcool, addictions

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Certaines personnes sont complètement inconscientes !


       Déjà fumer du tabac n'est pas intelligent. J'ai déjà fait plusieurs articles à ce sujet.
       Il tue, en France, près de 70 000 personnes tous les ans. Nous avions fait le compte parmi les camarades de promotion de notre école, tous ceux qui fumaient plus de 10 cigarettes par jour sont morts - sauf un - d'un cancer du poumon ou d'un infarctus.!
    De plus cela coûte très cher : non seulement je ne susi pas mort, mais ne pas fumer m'a fait économiser des milliers d'euros !
       En plus des décès, la cigarette est également responsable du déclenchement des bronchites chroniques, une maladie qui touche 3,5 millions de personnes en France, dont 100.000 ayant besoin d'une assistance respiratoire à domicile.
      Et on commence à s'apercevoir que la nicotine et les produits annexes sont mauvais pour le cerveau, chez les jeunes qui fument avant 20 ans, le cortex préfrontal n'ayant pas achevé sa maturation, et les dégâts provoqués par le tabac sur les poumons sont d'autant plus importants que l'on commence à fumer jeune..
      Pourtant aujourd'hui, près de 20 % des élèves de 15 ans et 32 % des jeunes de 17 ans fument quotidiennement.
      Et les femmes fument maintenant presque autant que les hommes, du moins chez les jeunes. Conséquence : les courbes de mortalité par cancer du sein et par cancer du poumon sont sur le point de se croiser. En 2012, il y a eu 11.886 décès par cancer du sein (en baisse) et 8700 par cancer du poumon (en hausse). En vingt ans, la mortalité par cancer du sein a diminué de 6 % quand dans le même temps elle augmentait de 8 % pour le cancer du poumon.

    Fumer du cannabis est tout aussi idiot. Là aussi vous trouverez des articles sur mon blog.
     Le cannabis est cinq fois plus cancérigène que le tabac. On ne s’en rend pas compte parce que cette mauvaise habitude est récente et les délais d’apparition du cancer du poumon est souvent de plus de 20 ans, mais dans une trentaine d’année on risque de voir une véritable hécatombe.
    De plus il attaque dans le cerveau, l’hippocampe le professeur de notre mémoire.
Fumer régulièrement du cannabis provoque des troubles de mémoire, d’attention et de motivation. Déjà qu’avec les médias actuels, les jeunes ne sont pas très doués sur ces points.
    De plus des études récentes de 2012 ont montré que le cannabis perturbait le cortex préfrontal, siège de la pensée, chez ceux qui avaient commencé à fumer avant 17 ans. Les chercheurs ont constaté une diminution de QI de près de 8 points.

    Mais ce qui me sidère ce sont les vols d’hortensia dont la télévision s’est fait l’écho, ceci dans le but de faire sécher les pétales et les feuilles et de les fumer, mélangées à du tabac, car elles auraient des des effets hallucinogènes et euphorisants.
    Il n’y a pas encore d’étude sur les effets à long terme de cette pratique, mais les premières investigations montrent que les effets à court terme peuvent être catastrophiques.
        Kurt Hostettmann, professeur de pharmacologie constate des troubles gastro-intestinaux, des problèmes respiratoires, une accélération du rythme cardiaque et des étourdissements. À haute dose, les substances de la plante se transforment en acide cyanhydrique, (CNH), ce gaz mortel utilisé par les allemands dans les chambres des camps de la mort et par les russes et par l’Irak contre les Kurdes, entant que gaz de guerre. (L'acide cyanhydrique bloque l'hémoglobine du sang, de telle sorte qu'elle ne peut plus alimenter les cellules en oxygène, et lorsque le cerveau est atteint, on meurt).

    Et ce qui me navre, c’est que les ados français sont les plus drogués d’Europe.
    Les consommateurs français de drogue âgés de 15 à 16 ans sont toujours parmi les premiers d’Europe pour chaque drogue. Et notamment de cannabis. Alors que près de 15% des jeunes européens ont déjà fumé au cours de l’année, les Français, eux, sont 22%. Près de 41.5% des 17 ans ont déjà fumé du cannabis dans leur vie et 6% en font une consommation régulière.
    Environ 4% des 15-16 ans ont déjà pris de la cocaïne et des amphétamines, 3% de l’ecstasy. Si l’âge moyen pour prendre son premier « snif » est de 22 ans en Europe, près de 3% des jeunes français de 17 ans en ont déjà pris. Soit trois fois plus qu’il y a dix ans.

    En allant un jour sur un forum qui parlait de drogue, j’ai trouvé ce poème dont l’auteur a pour pseudo Miss Tazia, et qui me paraît bien résumer le problème :

Sans cesse tu te drogues
Comme un con tu t'obstines tel un Bulldog
A vouloir toujours trop prendre des rails de rêve
Qui chaque jour t'enfoncent sans une simple trêve
Tu crois planer peu-être mais c'est éphémère
Tout les jours un peu plus tu vas faire la misère
Sans même te rendre compte des gens qui t'aiment

J'aimerais tant être un ange pour te sevrer
Vivre toujours près de toi, sans aucun danger
Pour enfin être comme avant, juste amoureux
Que je puisse simplement te rendre heureux
Remplacer ta drogue par de simples baisers
Que tu n'aies besoin juste de moi pour rêver
Qu'on puisse vivre ensemble sans aucun problème 
 


Lundi 21 octobre 2013 à 7:53

Drogue, alcool, addictions

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      Pour finir provisoirement avec les addictions et les drogues, je voudrais parler d’un autre phénomène que je comprends mal :  celle du «binge drinking»  (certains l’appellent la «biture express», qui consiste à boire des quantités énormes d’alcool en peu de temps, qui vous laissent souvent ivre mort et causent parfois des comas éthyliques). Ces excès ne sont pas pris en compte dans la statistique sur l’alcoolisme et ne sont pas une véritable addiction, mais plutôt un phénomène de société.
   
    J’avoue que c’est un comportement que je n’arrive pas à comprendre.
    Je ne vois pas l’intérêt, ni le plaisir, qu’apporte le fait d’être complètement ivre, et ceci en groupe : pour moi c’est un comportement  moutonnier et immature.
    Je comprends que quelqu’un qui a de gros chagrins se saoule pour oublier. Toutefois, cela ne résout rien car une fois le phénomène passé, la raison du chagrin est toujours là, le chagrin aussi et en plus les conséquences physique de la biture sont désagréables.
    Je comprends que quelqu’un d’inexpérimenté se laisse entraîner un jour pour faire comme tout le monde et soit ivre car il n’a pas su maîtriser à temps la quantité d’alcool.
    Mais se saouler ainsi sans raison, uniquement par jeu et par bravade devant les copains me paraît vraiment comme une absence de réflexion et d’intelligence. Une sorte d’acceptation de l’esclavage vis à vis de l’opinion des copains, et une sorte de harcèlement moral.   
    Cette coutume serait uniquement le fait de gens grossiers ou peu intelligents, j’y trouverais au moins une cause, mais j’ai vu des gens très intelligents s’adonner à ce jeu idiot.

    J’ai l’impression que certains jeunes ne seront jamais adultes et restent des ados irresponsables.
    Je ne comprends pas comment un être intelligent peut accepter d’être ramené ainsi à l’état de bête, de légume, sans intelligence, sans volonté et à la merci de n’importe quoi.
Certains ont l’air d’en être fiers, moi j’en serais mort de honte, de me montrer aussi dégradé et je me sentirais coupable vis à vis de moi même, de ma qualité d’humain.
    Mais c’est vrai qu’on ne cultive plus la mémoire, et qu’ils ne se souviennent de rien après leur beuverie.
    Quelle fierté éprouver à se montrer ainsi minable ?
    Je me souviens d’un camarade, élève d’une grande école et supposé intelligent, qui avait trop bu dans une soirée, mais était encore très conscient et, pour se remettre en forme, plongeait la tête dans la cuvette des wc et se tirait la chasse d’eau pour se rafraichir les idées. L’image de cette personne pour laquelle j’avais beaucoup d’estime, se montrant ainsi dans un état pitoyable d’impuissance, m’a profondément marqué et m’a protégé toute ma vie, contre tout excès d’alcool même léger.
    Une autre image plus récente : celle d’une voiture qui, à la sorite d’une boite de nuit, est allée s’écraser contre un arbre, et les quatre jeunes occupants, qui avaient dû trop boire, étaient dans un état affreux, et deux d’entre eux ne sont jamais revenus à la vie, et un troisième est paralysé.

    Je n’ai pas trouvé dans les revues ou dans les compte rendus d’études que je lis, d’explication concernant la motivation de ces jeunes. Donc je reste sur ma soif de comprendre.
    Par contre j’ai trouvé de nombreux articles sur les inconvénients de cette pratique.
    Le plus courant est certainement les accidents de la circulation avec un conducteur en état d’ivresse.  Les bagarres, paris idiots et accidents qui peuvent en résulter.
    Pour ceux qui ont vraiment trop abusé, le coma éthylique qui peut entraîner la mort.
    Mais des études récentes mettent en lumière des effets à moyen terme, surtout quand cette pratique touche des adolescents.
    Des modifications de la substance grise (les neurones) et de la substance blanche (les axones entourés de myéline) ont été perçus par IRM.

    L’usage répété de ces pratiques semble réduire le fonctionnement de l’hippocampe d’une part, qui est l’intermédiaire presque obligé de la mémoire, tant à l’acquisition qu’à la restitution du souvenir, ainsi que du cortex préfrontal, à la base de toute prévision, réflexion et organisation.
    Il semble que des perturbations soit produites dans la communication entrele cortex et le cerveau émotionnel, ainsi que dans le fonctionnement du système de récompense.
    Le «binge drinking» serait ainsi un élément déclencheur possible de l’expression des gênes prédisposant à l’addiction à l’alcool et favoriserait ainsi l’apparition de cette addiction.

    Je crains que le développement à outrance des médias et l’attirance des réseaux sociaux n’ai développé tellement la volonté d’appartenance à un groupe, et la peur d’en être exclu, que certains sont devenus totalement inconscients des dangers qu’ils courent et de l’impression de déchéance que l’on ressent quand on n’est plus maître de sa volonté et de ses actions.
    Je pense que je comprends mal leurs raisons, car j’avais moi même ce sentiment d’appartenance à un groupe (d’étudiants, d’une école d’ingénieurs par exemple) ou à une équipe (dans le travail), mais que ce sentiment ressemblait plus à celui d’appartenance à une famille et obligeait à garder un comportement qui donne une bonne image, à soi même comme aux autres, de soi-même et du groupe.

Dimanche 20 octobre 2013 à 8:35

Drogue, alcool, addictions

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     Avec les drogues, il faut bien séparer deux choses : l’addiction qui est un trouble psycho-physiologique, qui nous empêche de ne pas succomber à un désir donné, et la dépendance qui est le trouble physiologique (et parfois le stress psychique) qui survient quand nous manquons d’une substance, correspondant à cette addiction.

    L’addiction est une perte de contrôle du fonctionnement de notre cerveau et principalement du système de récompense que nous avons décrit avant hier.

    L’addiction peut concerner des substances (drogues diverses), ou des comportement : le jeux, le sexe, l’usage extrême d’internet  ou du téléphone portable.
    Je connais même quelques personnes qui ont presque une addiction à la nutella, mais je pense qu’on peut plus facilement en guérir lol.
    A la limite, l’anorexie et la boulimie sont des phénomènes addictifs, car le système de récompense est aussi en cause, mais il existe en général des causes psychologiques plus profondes.

    Nous ne sommes pas tous égaux devant les addictions, car l’hérédité et l’environnement d’éducation interviennent beaucoup. L’âge auquel on commence à succomber à l’addiction est très important dans le cas de substances chimiques, car le cerveau d’adolescent est beaucoup plus sensible, le cortex frontal notamment n’est pas totalement mature, et de jeunes adolescents qui ont pris l’habitude de fumer du tabac ou du cannabis, risquent fort d’avoir ensuite des séquelles et d’avoir par la suite, une addiction beaucoup plus sévère.

    On n’a pas isolé des «gênes des addictions», même si pour celle à l’alcool, on connait de nombreux gènes en cause.
    Mais il est incontestable que une prédisposition génétique existe et l’on peut constater que la difficulté à surmonter ses désirs et bloquer ses pulsions, se retrouve d’un parent à certains de ses enfants. Il est probable que c’est un phénomène épigénétique, des gènes prédisposant au phénomène, mais ceux-ci ne se manifestant qu’à la suite de phénomènes environnementaux.
    On peut d’ailleurs expliquer en partie la différence entre individus plus ou moins prédisposés aux addictions : c’est une question de plasticité du cerveau.
    Des chercheurs l’ont montré en étudiant les récepteurs du noyau accumbens au glutamate, un neurotransmetteur particulier. On a vu avant hier le rôle du noyau accumbens dans le circuit de récompense, où il entraînait la présence de dopamine. L’action du glutamate peut provoquer cette réaction dopaminergique.
    Ces chercheurs ont montré que le glutamate (en vert sur le schéma), agissait sur deux types de récepteurs, dénommés AMPA en vert et NMDA en bleu. (ces initiales sont celles des produits chimiques auxquels sont sensibles ces récepteurs, je vous fais grâce de ces appellations barbares; les curieux pourront les trouver sur internet.)

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    Les deux schémas ci-dessous montrent les réactions d’un consommateur sans addiction et celui qui est soumis à l’addiction;
La première image montre les molécules de glutamate agissant sur le récepteur AMPA.
Si la synapse subit une certaine stimulation «LTD», le glutamate est aussi absorbé par les récepteurs NMDA et cette absorption entraîne un recul vers l’intérieur des récepteurs AMPA, de telle sorte que la synapse devient moins sensible au glutamate.
    Au contraire, chez le rat qui est en addiction, cette stimulation LTD est inefficace et si le niveau de glutamate augmente, il n’y a pas régulation de la stimulation qui augmente aussi.
    Les synapses de la personne en addiction ont perdu de leur plasticité et de leur pouvoir de régulation.

    On pense que face à une drogue, une personne non prédisposée génétiquement a une réaction du premier type ci dessus et la drogue entraîne une régulation de ses propres effets. La personne a moins de chances de devenir addicte.
    Au contraire, chez une personne prédisposée, la réaction est du deuxième type : les synapse peu plastiques n’ont pas suffisamment de pouvoir de régulation. La personne  a donc des réactions plus importantes et s’habitue à la production de dopamine qui lui procure une certaine satisfaction. Mais il lui faut peu à peu davantage de produit et davantage de dopamine pour produire la même satisfaction et l’addiction s’installe.

    Finalement l’addiction s’installe quand le sujet ne peut s’empêcher de recourir à l’action correspondante, que la consommation devient régulière, et que l’organisation et le déroulement de la vie du sujet finit par dépendre de cette consommation, qui également, éloigne le sujet des occupations qui l’intéressaient et des désirs correspondants.
    A ce stade, il y a dérèglement (physiologique) du système de récompense et une certaine dépendance psychologique (s’abstenir est stressant, donc on ne s’abstient pas).
    Ce stress peut entraîner des réaction physiologiques, mais ce n’est pas une dépendance physique.
    Certains produits comme l’alcool, la nicotine du tabac, les opiacés (opium, héroïne), mais aussi les barbituriques et des tranquillisants comme les benzodiazépines, provoquent une dépendance physique qui s’ajoute à la dépendance psychologique : en l’absence du produit, des manifestation physiques de manque apparaissent, parfois très violentes. Ces manifestations proviennet en général du fait que la présence presque permanent d’une certaine concentration de produit actif, perturbe la production de produits régulateurs que notre corps sécrète naturellement. (par exemple les endorphines ou la sérotonine). Lors qu’on arrête la drogue, ces produits régulateurs ne sont plus produits et il faut plusieurs jours pour les voir réapparaître. D’où des réactions violentes physiologiques.

    On parle souvent de drogue douce et dure. Une drogue ne pourrait être «douce» que si elle ne produisait qu’une faible dépendance psychique, qu’elle ne produise pas de dépendance physique et qu’elle ne soit pas toxique physiologiquement, ni à court terme (overdose), ni à long terme (mais là un problème, cela dépend du niveau de consommation).
    En fait toute addiction est nuisible : le cannabis, même à faible dose unique sans avoir d’addiction entraîne des accidents de conduite de machine, l’addiction au jeu est catastrophique financièrement, l’addiction à internet fait négliger les études ...
    Physiologiquement le cannabis a peu d’action nuisible sur le corps à faible dose, mais en addiction, il peut avoir des effets sur la mémoire et l’attention, voire sur le cortex frontal des adolescents. Il est plus cancérigène que le tabac
    La cocaïne et l’ecstasy, qui entraînent peu de dépendance et d’addiction, ont des effets toxiques important à long terme par destruction de neurones.
    Le tabac, les opiacés (héroÏne), l’alcool et divers produits entraînent une forte dépendance physiologique et sont toxiques.
    La plupart des produits sont des drogues «dures» et les drogues dites «douces» (comme le cannabis) ne le sont qu’à très faible consommation.

    La majorité des usagers ne se droguent pas pour se détruire, mais pour éprouver du plaisir et stimuler leur système de récompense.
    On peut commencer à prendre des drogues par curiosité ou par ennui, pour éprouver des sensations fortes, transgresser un interdit, frimer auprès des copains ou ne pas s’exclure en refusant un rituel, fréquenter des milieux marginaux, et le plus souvent échapper aux problèmes de l'existence, ou même pour être à la mode.
    Ce n'est que dans un deuxième temps, que vont apparaître les conséquences négatives de l'usage. Loin d'être une expérience limitée à des groupes particuliers, l'usage de drogues se répand dans toute la société, et les images d'exclusion et d'autodestruction,
associées quand j’étais jeune, à l'usage de drogue, cèdent peu à peu la place à une
image d'inclusion, qui associe drogue et culte de la performance  :être en forme, travailler,
vivre vite, jouir de l'existence....
    Il en résulte une consommation importante de cannabis d’anxiolytiques, considérés comme inoffensifs, alors qu’ils sont très dangereux si on en consomme beaucoup et longtemps et ce d’autant plus que l’on est jeune.

Vendredi 18 octobre 2013 à 9:02

Drogue, alcool, addictions

  Toute addiction est une perte de contrôle de notre cerveau, car les drogues le dérèglent, notamment ce que l’on appelle le «circuit de récompense», qui est également le circuit qui nous permet tout apprentissage.

    Je rappelle ce qu’est ce circuit, qui fait partie du cerveau émotionnel.
(nota : les schémas sont tirés de la revue "la Recherche" et réalisés par l'infographiste Sylvie Dessert)
    Notre cerveau reçoit des stimuli associés à des satisfactions, notamment physiologiques, ces stimuli qui sont en provenance soit de nos sens, via le thalamus et l’amygdale, soit de notre corps lui même via l’hypothalamus.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/circuitrecompense.jpg    © Sylvie Dessert

     Un petit centre, l’aire tegmentale ventrale (ATV, voir schéma ci-dessous), va envoyer des influx nerveux, au travers de synapses fonctionnant avec un neurotransmetteur particulier (en bleu) : la dopamine, notamment à trois autres centres.
    - d’abord le «noyau accumbens», qui va évaluer la motivation de l’action et la valeur du plaisir qu’elle a apporté.
    - l’amygdale (ou centres amygdaliens), qui va évaluer le caractère hédonique ou non de l’action et les risques qui en découlent. SI elle considère que c’est une action qui apporte du plaisir sans risque exagéré, l’amygdale laissera faire, mais si elle pense le contraire,elle enverra au noyau accumbens, un influx nerveux inhibiteur (neurotransmetteur le GABA), qui paralysera son action.
    - le cortex préfrontal, le «patron»qui peut aussi prendre une décision réfléchie.
    - s’il a reçu le feu vert, le noyau accumbens diffuse alors un influx nerveux de «récompense» dans les neurones du cerveau qui sont liés à des synapses à dopamine.
    - le cortex préfrontal, s’il le juge nécessaire peut ensuite modérer cette action, grâce à l’émission d’influx nerveux utilisant un autre neurotransmetteur : le glutamate (en violet). J’en expliquerai l’action dans un prochain article, pour essayer de comprendre pourquoi certaines personnes succombent à des addictions.
    - le noyau accumbens peut de son coté, modérer les remontées des informations en provenance de l’hypothalamus en le bloquant partiellement grâce au GABA. (en vert).

    Les diverses drogues vont dérégler le mécanisme de ce circuit de récompense, en agissant à divers niveaux (voir schéma ci-dessous) :

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/drogues.jpg© Sylvie Dessert


    La nicotine agit directement sur les neurones à dopamine du noyau accumbens, sans passer par l’ATV. Elle se fixe que des récepteur à acétylcholine de ces neurones et excite donc la production de dopamine directement.

    L’opium et l’héroïne inhibent les neurones utilisant le GABA qui sont chargés de limiter l’action de ceux du noyau accumbens. Ceux ci émettent donc davantage de dopamine, puisque leur action n’est plus freinée.

    La cocaîne agit autrement en bloquant l’élimination et le recyclage de la dopamine, qui, alors s’accumule dans les synapses, faisant un effet beaucoup plus important.

    Le cannabis contient un agent actif, le tétrahydrocannabinol. (THC) dont l’action n’est pas limitée au système de récompense.
    L'organisme humain produit lui même des cannabinoïdes utiles qui agissent en activant un récepteur porté par les neurones (récepteur CB1) du cerveau; (il existe aussi des récepteurs CB2 qui sont présents sur les cellules immunitaires); ces récepteurs CB1 peuvent ensuite agir sur les neurones dopaminergiques. Cette interaction des deux systèmes explique en partie les propriétés euphorisantes du cannabis
    Les récepteurs CB1 sont présents en quantité très importante dans différentes structures du système limbique et jouent ainsi un rôle majeur dans la régulation des émotions et le cannabis diminue l'attention (action sur le cortex cingulaire).
    Les troubles de la mémoire et cognitifs, qui se produisent après consommation chronique de cannabis pourraient être liés à la présence de récepteurs CB1 dans le cortex et surtout dans l'hippocampe, structure cérébrale essentielle dans les processus de mémorisation. La présence de récepteur dans le thalamus, relais des informations sensorielles, est probablement en rapport avec la modification des perceptions sensorielles qu’éprouvent les usagers de cannabis. On trouve également beaucoup de récepteurs CB1 dans le cervelet, structure jouant un rôle important dans le comportement moteur et l’équilibre.


    L’action de l’alcool est encore autre (voir schéma ci-dessous) :
    En l’absence d’alcool l’ATV envoie au noyau accumbens des influx nerveux utilisant le GABA comme neurotransmetteur, influx qui apportent une inhibition et empêche une utilisation intempestive de dopamine.
    En présence d’alcool, celui ci agit sur des neurones qui entraînet la production au niveau des synapses d’endorphines, qui inhibent les neurones gabaergiques et donc n’empêchent plus la production dans les synapses de dopamine.


http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau2/alcool.jpg© Sylvie Dessert


    Donc, toutes ces drogues (mais aussi d’autres addictions comme celle aux jeux), entraînent une production accrue de dopamine dans les synapses du système de récompense, et cette production entraîne un sentiment de plaisir.
    Mais si cette action se répète trop souvent et que l’individu est relativement prédisposé, le système de récompense pourra alors se dérégler et exigera de plus en plus la production de davantage de dopamine pour éprouver le même plaisir. C’est le phénomène d’addiction dont nous parlerons après demain.

Jeudi 17 octobre 2013 à 8:09

Drogue, alcool, addictions

  Mes articles des 8 et 9 octobre, sur les adolescents, ont été beaucoup lus et m’ont valu beaucoup de mails qui me demandent d’autres articles sur l’adolescence et aussi, sur les addictions fréquentes chez les adolescents (mais qui hélas, sont aussi le propre d’adultes).
    Je vais essayer de répondre à ces demandes, mais peu à peu, d’une part parce que je ne veux pas saturer mes lecteurs avec un sujet unique s’étendant sur beaucoup d’articles (tous ne s’y intéressent peut être pas), et d’autre part parce que je veux vérifier certaines de mes données et au besoin en trouver d’autres, et cela prend du temps, d’autant plus que j’ai, en ce moment, pas mal d’occupations.
    Aujourd’hui je vous donnerai simplement des informations statistiques sur les addictions et leurs dangers, tirées du baromètre sante et de diverses enquêtes et publiées par la revue «La Recherche».

http://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/1169596.jpghttp://lancien.cowblog.fr/images/SanteBiologie-1/consodrogues.jpg
















    En France, les substances ayant des effets néfastes sur notre cerveau et notre santé, sont le tabac, l’alcool et le cannabis.
    La figure ci dessus, à gauche, représente les variation de la consommation par les français de 18 à 64 ans, entre 2005 et 2010. Les critères étaient les suivants : fumer quotidiennement, boire au moins trois verres d’alcool par semaine, et fumer du cannabis au moins 10 fois par mois.
    Il est étonnant de constater que malgré la loi Evin et l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés,la proportion de fumeurs augmente. Il semble que les nouvelles recrues soient surtout des femmes et des jeunes.
    La baisse de la consommation d’alcool est trompeuse car elle dépend du critère choisi. Chez les jeunes en particulier une mode absurde est apparue : celle du «binge drinking»  (certains l’appellent la «biture express», qui consiste à boire des quantités énormes d’alcool en peu de temps, qui vous laissent souvent ivre mort et causent parfois des comas éthyliques). Ces excès ne sont pas pris en compte dans la statistique.
    La consommation de cannabis semble stable, mais la statistique n’inclut pas les jeunes de 14 à 18 ans. Une enquête semble montrer que chez les jeunes de 14/15 ans le pourcentage de fumeurs de cannabis soit passé de 4 à 8 % entre 2000 et 2011
    Le graphique ci dessus à droite, montre malheureusement que la France est l’un des pays les plus touchés par ce fléau.


    Si l’on s’intéresse plus particulièrement aux jeunes, une statistique de 2011 (Escapad OFTD) concerne les jeunes français de 17 ans. On constate une progression de l’alcool et du tabac, mais une légère baisse du cannabis.

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    Enfin une étude Bourgain a essayé en 2012 de quantifié la dangerosité des drogues, en évaluant les coûts d’achats et sanitaires, la dépendance, les dommages physiologiques et sociaux. C’est le graphique ci dessous.
    L’alcool est en tête, puis les drogues dures, et tabac et cannabis à égalité.
    Mais les jeux d’argents ont été aussi introduits parce que développés par internet.

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    En fait l’addiction est une perte de contrôle de notre cerveau, car les drogues le dérèglent.
    J’avais fait plusieurs articles sur ce que l’on appelle le «circuit de récompense» de notre cerveau, dont le dérèglement est à l’origine des addictions, mais je referai demain un article sur ce sujet, en le présentant différemment, et en me servant cette fois des schémas publiés sur le journal «La Recherche»


Dimanche 6 octobre 2013 à 8:17

Drogue, alcool, addictions

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    Je reviens sur les méfaits du cannabis, car j’ai lu, sur le Courrier International, un article intéressant sur la libéralisation éventuelle de la consommation de cette drogue.

    L'année dernière,les électeurs du Colorado ont adopté l'amendement 64, qui légalise la consommation de marijuana à des fins récréatives. Dès janvier 2014, toute personne de plus de 21 ans pourra entrer chez un revendeur, pour y acheter jusqu’à 30 grammes d'herbe.
    Ces échoppes proposeront également bonbons, gâteaux, biscuits et sodas à Ia
marijuana, et même de l'huile de cannabis produite par extraction au butane, qui peut atteindre une concentration en tétrahydrocannabinol [THC], principe actif contenu dans le cannabis] de 8o %. Gare aux conséquences !!
    A Denver, la plus grande ville du Colorado, dans la zone industrielle de Platte River Valley, d'immenses entrepôts anonymes abritent plus de 250 producteurs de cannabis, "la plus forte concentration de marijuana de la planète". Gaia Plant-Based Medicine, un producteur possède un entrepôt de plus de 3 700 mètres carrés, situé juste en face d'un poste de police, une quinzaine de jardiniers s'affairent dans une véritable jungle de plants de cannabis, que la société revend dans ses trois dispensaires de marijuana médicale.
    Avant de diriger cette entreprise, le patron, Philipp Hague faisait de la production de cannabis pour les trafiquants colombiens.
    Sa société a même un gros budget de recherche pour sélectionner et créer de nouvelles variétés de plantes de cannabis, car celles cultivées actuellement sont presque toutes issues de plants mis au point aux Pays Bas.
    Business is business !!
    La loi a été votée grâce à la promesse d’un taux d’imposition de 25, dont le produit sera consacré à la construction d’écoles (qui peut être vanteront les louanges du cannabis bienfaiteur ! ?)
    D’autres états vont libéraliser la vente de marijuana médicale. Si l’on s’en tient à ce que v-cela peut réellement soigner, les quantités ne seront pas énormes, mais je pense que son usage ne se limitera pas à ces soins !
    Dans certains états, la production sera limitée en tonnage et en surface de culture, et des normes seront édictées quant à la composition chimique et aux emballages.
    Le 30 mai, Vincente Fox, qui a représenté Coca Cola en Amérique latine et James Shively, ancien dirigeant de Microsoft, tenaient une conférence de presse sur leur projet de créer la première marque commerciale de marijuana aux USA.
    Que ne ferait on pas pour beaucoup de fric !!

    Le problème est de savoir si cette libération fera baisser la consommation de cannabis, ou celle d’autres drogues, et la criminalité associée à la drogue.
    Personnellement je suis très sceptique.
    Il suffit pour cela de regarder la consommation de tabac à la nicotine, , qui, si les pouvoirs publics n’avaient pas pris des mesures draconiennes, serait en constante augmentation en raison des intérêts et de la pub des marchands de cigarette, qui incitent les jeunes à fumer en leur faisant croire qu’ainsi ils passent pour des cracks auprès des copains et se prennent pour des adultes.
    Tout au plus fera t’on diminuer le nombre de dealers, mais ceux-ci se reconvertiront vers les drogues dure.
    Malheureusement le France est parmi les plus gros consommateurs de cannabis et c’est toute notre jeunesse qui en subit principalement les conséquences.

    J'entends souvent des gens dire que le cannabis est inoffensif et que donc son usage devrait être aussi libre que celui du tabac.
    C'est vrai que le tabac est très physiologiquement nocif et que l'accoutumance physiologique à la nicotine est grande alors que celle à la THC est faible, mais par contre il y a une addiction psychique au cannabis et celui ci perturbe sur le moment les réflexes et la notion de danger, de telle sorte qu'il est encore plus dangereux que l'alcool en matière de conduite de machines.
    Mais ce n'est pas une raison parce que la vente du tabac est libre pour autoriser celle du cannabis. Il faut restreindre au contraire peu à peu celle du tabac et c'est ce qui est fait actuellement.
    Quant à l'innocuité du cannabis, c'est un rêve invoqué par les fumeurs. Certes si vous fumez un joint par semaine et que vous ne conduisez pas ensuite, vous ne risquez rien. Mais l'expérience montre que le plaisir diminue vite et fait augmenter les doses et qu'on arrive rapidement à plusieurs joints par jour et à ce stade, on commencera à avoir des pertes d'attention et de mémorisation. Ce n'est pas une addiction physiologique comme la nicotine, mais c'est une addiction psychologique, et elle est due à la même cause : une non maîtrise des centres du cerveau qui régulent le plaisir et les pulsions.
    Et des études faites en 2012 sur des centaines de cas suivis pendant plus de 20 ans, montrent que à des doses plus fortes, on peut avoir des effets non réversibles et même la mort de neurones dans l'hippocampe (le "professeur de la mémoire",  qui est en cause dans la maladie d'Alzeimer).
    Alors ne nous voilons pas la face : le cannabis est nocif pour la santé, comme le tabac; il est même au moins trois fois plus cancérigène que lui.

Lundi 17 juin 2013 à 8:06

Drogue, alcool, addictions

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                   J’ai déjà publié plusieurs articles sur les effets de l’alcool sur le corps humain (30 et 31 juillet 2012), ou sur l’alcool et les jeunes (28 juillet 2012).
   Un article récent sur ce sujet m’a paru intéressant :
 
                Certaines études récentes montrent que l’abus d'alcool pendant l'adolescence pourrait provoquer des changements durables du comportement, jusque dans l'âge adulte, du fait notamment de la non-maturité du cortex frontal de notre cerveau, qui n’arrive à maturité qu’entre 20 et 25 ans.
                On savait déjà que les personnes ayant un passé de consommation d'alcool, étaient handicapées dans les situations de prise de décision complexe, comme si leur cerveau n'arrivait plus à évaluer correctement les risques, mais on ignorait si la consommation d'alcool était la cause de ces déficits, ou la conséquence.
               Des expériences récemment menées à l'Université de Seattle montrent que des rats à qui l'on donne de l'alcool régulièrement durant l'adolescence sont ensuite handicapés à l'âge adulte, même après une longue période d'abstinence, quand il leur faut évaluer la probabilité d'événements plus ou moins gratifiants.
                Lorsque l’on a habitué les rats à diverses situations de distribution de nourriture, où l’attribution d’une grande quantité s’accompagne d’un risque élevé de punition (une décharge électrique par exemple), on constate que ces rats choisissent une situation moyenne, avec un risque faible, mais u se satisfaisant d’une quantité de nourriture plus faible.
           Les rats normaux tiennent donc compte à la fois de la taille d'une récompense, et de la probabilité de la recevoir, ce qui les conduit à choisir des situations présentant des gratifications moyennes, mais plus probables, un choix qui se traduit, à terme, par plus de nourriture.
Au contraire, les rats ayant été exposées jeunes à l’alcool, préfèrent choisir la possibilité de gagner une importante quantité de nourriture, mais avec une probabilité très faible. Leur perception et leur raisonnement sontt donc biaisés en direction des perspectives alléchantes, mais irréalistes.
 
               Cette étude suggère que la corrélation entre alcool et perturbation à terme de l’esprit de décision, dans les recherches sur l'être humain va bien dans le sens d'une causalité, l'alcoolisme de l’adolescent hypothéquant durablement les capacités de décision de l'adulte, notamment dans les domaines de la vie courante, où il faut savoir peser les bénéfices et les inconvénients des décisions, dans un contexte de probabilité.
 
             Cette étude va dans le même sens que celles effectuées sur la consommation de cannabis chez les jeunes mineurs, qui montre un effet à long terme, par diminution de la capacité de décision, probablement due à une inhibition partielle de la maturation du cortex frontal.
 
                 Il reste à étudier comment cet effet intervient au plan de la neuro-chimie.

Lundi 13 mai 2013 à 8:01

Drogue, alcool, addictions


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                 J’ai fait plusieurs articles sur le cannabis et sur ses effets.
             J’ai notamment décrit le processus d’action sur le cerveau et les effets ponctuels immédiats : diminution importante des réflexes, euphorie, non-évaluation du danger, ces effets cumulés conduisant à rendre très dangereuse, tout usage de machine, que ce soit une automobile, un vélo, un appareil électrique dangereux comme une scie…
               Par ailleurs, si on fume de façon régulière, on connaît les effets à court terme : perte d’efficacité de la mémoire de travail, qui nous sert dans toutes les tâches intellectuelles, notamment pour garder à l'esprit des informations pour former des raisonnements, ou prendre des décisions.
 
               Mais j’ai lu récemment une nouvelle étude de neuroscientifiques britanniques, qui ont évalué la consommation de cannabis et les performances cognitives de 1 032 personnes âgées de 18 à 38 ans, ont constaté l'existence d'effets à long terme, chez une personne qui en consomme régulièrement.
 Ces conséquences interviennent dans le domaine de la mémoire de travail, des fonctions exécutives, de la flexibilité mentale, du contrôle cognitif, de la mémoire verbale et de l'intelligence générale.
 Ainsi, le quotient intellectuel d'une personne qui a commencé à fumer du cannabis avant l'âge de 18 ans diminue d'environ dix points à l'âge de 3B ans si cette personne a fumé tous les
jours, et de six points si elle a fumé en moyenne une fois par mois (ce qui est très peu). Les personnes ayant commencé plus tard (après 25 ans) ne subissent des effets que dans le cas où leur consommation est quotidienne.
              Cette étude montre que l'usage du cannabis avant l'âge de 18 ans altère durablement le développement du cerveau. Chez l'adolescent, certaines zones cérébrales sont en pleine maturation (le cortex préfrontal notamment, dont le rôle est important en matière de coordination, de mémoire et de prévision, bref d’intelligence); les neurones gagnent en rapidité d'échange d'informations, et certaines classes de molécules voient leur expression augmenter. semble que le cannabis modifie les équilibres biochimiques et entraîne une neurotoxicité qui perturbe de façon importante l'organisation du cerveau du futur adulte.
 
L’étude britannique montre que même l'arrêt définitif du cannabis ne suffit pas à restaurer entièrement les capacités cognitives perdues. Ceci est fort inquiétant quand on pense au nombre de jeunes qui actuellement fument du cannabis, sna d’ailleurs d’autre raison que d’imiter les copains et d’avoir l’air d’un adulte…. Inintelligent.
 
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