Samedi 17 octobre 2009 à 8:40

Drogue, alcool, addictions

    http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/cannabis.jpg


   J’avais dit que je ferai un article sur l’usage médicamenteux du cannabis, mais qu’il me fallait un peu de temps libre pour le rédiger.
    Mais je me suis vite rendu compte que je ne pourrai pas vous expliquer cela clairement dans un seul article car si je me contente de vous citer des emplois de médicaments, je sais que j’aurai beaucoup de mails qui me demanderont des explications diverses : j’ai la chance d’avoir des lecteurs et lectrices à l’esprit curieux.
    Donc il faut que je vous explique un peu plus
    Je vais donc faire plusieurs articles :

    - d’abord vous expliquer succinctement à nouveau le fonctionnement d’une synapse. Je vous parlerai d’un récepteur particulier des produits dits cannabinoïdes, dont le THC (tétrahydrocannabinol) cannabinoïde spécifique du cannabis.

    - puis vous dire quelques mots sur des produits qui existent dans notre corps et y ont un rôle important  et qui ont des actions chimiques voisines de celles du cannabis, car ces substances activent les mêmes récepteurs chimiques sur les synapses : les endo-cannabinoïdes (endo parce qu’ils sont dans notre corps).
    Ces endocannabinoïdes sont impliqués dans nombreuses fonctions
accomplies par le cerveau comme la mémoire, la perception de la douleur,
l'activité motrice et la régulation du poids corporel.
    L'effet des endocannabinoïdes est cependant sans comparaison avec celui du cannabis. En effet, les endocannabinoïdes sont libérés en très petites quantités dans des endroits bien définis, et sont rapidement éliminés. A l'inverse, la consommation de cannabis induit une concentration massive de THC,  et même si le THC se fixe sur les mêmes récepteurs, sa concentration ne permet pas une élimination rapide et ses effets sont très notablement plus importants.

    - je vous parlerai ensuite des médicaments à base de cannabinoïdes et de leur emploi en médecine.

    - enfin je rappellerai et j’expliquerai les actions du cannabis en tant que drogue.

    Pour ne pas trop vous fatiguer, je publierai quelques articles moins sérieux au milieu de ces articles plus “SVT”.

  
 

http://lancien.cowblog.fr/images/Chats1/chat-copie-1.jpg





Et pour ne pas vous laisser sur cette impression trop sérieuse et scolaire, je vous montre une photo de la couverture d'un opuscule publié par le "Courrier International" : le "chat mamamouchi" :

Mercredi 14 octobre 2009 à 8:29

Drogue, alcool, addictions

http://lancien.cowblog.fr/images/Chats1/2752025-copie-1.png
     J’ai entendu samedi au journal télévisé une information qui m’a fait bondir : l’état de Californie aux USA, qui est presque en dépôt de bilan financier, envisage de renflouer ses finances, en faisant la culture de la marijuana (le cannabis).
    J’ai lu aussi sur le “Courrier International” que dans cet état, la loi permet d’ouvrir une officine (sans être pharmacien) pour vendre du cannabis théoriquement à des malades comme médicament, mais on ne demande aucune ordonnance. Certains de ces magasins ont été fermés parce qu’ils vendaient d’autres drogues et on y a trouvé des armes (ce qui n’est guère étonnant aux USA).

    Cela m’agace car beaucoup de gens sont assez naïfs pour croire que parce que c’est aussi un médicament, un produit chimique est sans danger, et des gens mal intentionnés en profitent pour faire croire que le cannabis est inoffensif.
En fait aucun produit n’est sans danger !! C'est une question de quantité !


    Au moyen âge, on torturait et tuait des prisonniers en leur faisant ingurgiter 40 litres d’eau !
    Si vous avalez beaucoup de comprimés d’aspirine, vous aurez une grave hémorragie, la digitaline, la morphine sont des médicaments très utiles, mais qui peuvent tuer (les auteurs de romans policiers s’en donnent à coeur joie !).
    Tous les médicaments sont nocifs, tout dépend de la dose et de l’effet concerné.
    Le cannabis a un avantage par rapport aux drogues dures, c’est que la dose mortelle est 1000 fois la dose utilisable comme médicament alors que pour les drogues dites dures elle sest de l’ordre de 10.
    Mais ce n’est pas parce qu’on ne risque pas d’overdose que le cannabis est sans danger, et c’est justement dans une utilisation à des fins thérapeutiques que l’on a montré ses effets nocifs sur la mémoire. L’emploi d’autres médicaments psychotropes de façon prolongée peut d’ailleurs créer des effets analogues.
    Et si le cannabis crée peu de dépendance physiologique (moins que le tabac), il crée par contre chez les gens stressés ou mal dans leur peau, une dépendance psychologique et par ailleurs un “joint” est dix fois plus cancérigène qu’une cigarette de tabac.
    Il est beaucoup plus dangereux que l’alcool au volant, car non seulement il trouble nos sens et diminue nos réflexes et il diminue notre sens du danger, mais il a une action excitante et euphorisante et on se rend beaucoup moins compte que nos capacités de conduite sont fortement diminuées, alors qu’au contraire on prend plus de risques. Actuellement le nombre d’accidents dû au cannabis est presque aussi important que celui dû à l’alcool.

    J’avais fait quelques articles sur les effets du cannabis et je ne vais pas les réécrire (voir drogue, alcool), mais je vais revenir cependant dans de prochains articles sur son utilisation comme médicament, et sur son action sur le cerveau.

    L’utilisation comme médicament est une fausse raison pour la libéralisation de la vente du cannabis. Un médicament est vendu en pharmacie sur ordonnance et ceux utilisant les dérivés du cannabis peuvent l’être de la même façon après agrément.
    Un argument plus sérieux est de dire que cela supprimerait le trafic et les dealers. Je crains que ceux-ci ne se reconvertissent guère et se mettent à vendre davantage de drogues dures.
    Quant au débouché qu’auraient des pays comme le Maroc l’Afghanistan ou la Colombie vers un usage médicamenteux, c’est une illusion car d’une part les quantités nécessaires sont très faibles et d’autre part les produits utilisés sont des dérivés du THC qui peuvent être synthétisés chimiquement.

Mardi 6 octobre 2009 à 14:12

Drogue, alcool, addictions

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/cannabis-copie-1.jpg

    La consommation très fréquente de cannabis entraîne des troubles de la mémoire épisodique (celle qui enregistre nos perceptions et le déroulement de notre vie dans le temps) que l'on attribue généralement au fait que le tétrahydrocannabinol, ((THC), la substance active du cannabis, se fixe sur des récepteurs neuronaux situés dans une zone du cerveau cruciale pour la mémo- risation : l'hippocampe (dont je vous ai souvent parlé).
    Je viens de lire un article de chercheurs de l'Université de  Bordeaux qui ont montré que l'activation des récepteurs cannabinoïdes par le THC dans les synapses entraîne une cascade de réactions biochimiques dans les neurones de l'hippocampe, aboutissant à un dérèglement de la synthèse des protéines qui conditionnent la mémorisation.

    Je vous ai expliqué dans des articles antérieurs, que la mémoire est répartie dans de nombreux endroits du cerveau dont les “groupes de neurones représentent chaque fois un “concept” : une idée, une propriété, un nom, un objet ... et que le rappel d’une information mémorisée était  la mise en connection de différents groupes de neurones (par exemple si vous pensez à “rouge-gorge”, mot mémorisé dans le centre de Geschwind avec d’autres noms d’oiseaux (polis bien sûr), la communication devarit s’établir avec le centre de la vison “quoi” où sont les images de rouge-gorge, avec l’endroit où sont stockées les sensations de couleurs, les centres de sensations auditives où vous avez mémorisé le tuit-tuit du chant de cet oiseau ....)
    Ces communications s’établissent car  la mémorisation de l’évocation “rouge-gorge” a renforcé certaines connexions en les rendant plus probables, privilégiées et a affaibli au contraire des blocages de connexions de synapses utilisant le GABA (acide gamma amino butyrique) comme neuromédiateur.
    Le mécanisme de la mémoire c’est finalement comme un central téléphonique qui utiliserait un ordinateur fonctionnant à la fois par des mécanismes électriques et chimiques.
    J’avais montré aussi que les mécanismes au niveau des synapses dépendent de protéines qui constituent des “canaux ioniques” laissant passer certains ions, protéines activées par des neuromédiateurs, mais qui peuvent aussi être activées par d’autres produits chimiques : médicaments,  alcool et drogues notamment.
    Le THC du cannabis perturbe la synthèse de certaines de ces protéines, notamment celles qui agissent sur l’action du GABA, par l’intermédiaire de l’action surune molécule particulière
     La perturbation de cet équilibre expliquerait que le cannabis empêche la formation de souvenirs fiables.

    Certes fumer de temps à autre un joint ne vous enlèvera pas votre mémoire, mais l’usage régulier du cannabis la perturbe et j’ai déjà eu l’occasion de le constater chez des jeunes qui fumaient régulièrement et se plaiganient de difficultés dans leurs études, poour se concentrer et retenir leurs cours.
    Surtout j'ai connu plusieurs cas où des jeunes, pas particulièrement méchants ni idiots, ont commis une agression qui les a menés en prison, ou causé un accident d'auto qui a entrâiné des graves blessures, simplement parce qu'ils avaient trop fumé ce soir là.
    Le cannabis comme l'alcool ramène l'homme (ou la femme) à l'état d'animal inconscient qui n'écoute que ses instincts.



Vendredi 23 janvier 2009 à 9:17

Drogue, alcool, addictions

   
      Je ne voulais pas parler des drogues très dangereuses sans faire un article sur l'ecstasie. Esuite j'abandonnerai ce sujet des drogues pendant quelques temps pour reparler d'autre choses mais je reviendrai un jour sur les problèmes de l'alcool et du tabac.

            Les amphétamines :

    Les amphétamines sont des drogues utilisées pour lutter contre la fatigue.
Ce sont des produits de synthèse, apparus à la fin du 19ème siècle et connus à l’époque sous le nom d’éphédrine (qui était extraite d’une plante) puis de  “benzédrine” (synthétique)
    A l’origine elles étaient destinées à remplacer comme médicament l’adrénaline qui ne peut être ingérée par voie orale.
Puis elles furent utilisées pendant la guerre par les combattants (pour rester éveillés)  puis par des étudiants qui appréciaient de pouvoir se passer de sommeil en période d'examens (le célèbre maxiton) ou comme produit de dopage par des sportifs (donc certains ont trouvé la mort !).
    Puis elles ont été utilisées comme substances psychotropes pour leurs effets hallucinogènes et stimulants.
    Généralement, elles sont ingérées, mais aussi injectées par voie intraveineuse, sniffées ou fumées (parfois mélangées à un autre produit, voire un stupéfiant).
    L’Ecstasy, produit très utilisé en mileiu festif, est un dérivé des amphétamines, particulièrement efficace et dangereux.

    Elles entraînent  assez rapidement (une heure) :
    • la diminution, et parfois la suppression totale de la fatigue et de l'envie de dormir ;
    • la disparition de la faim ;
    • l'euphorie, la confiance en soi exagérée qui conduit à largement surestimer ses capacités et sous-estimer les obstacles ;
    • une impression de capacités intellectuelles accrues : jugement plus sûr, mémoire meilleure, compréhension plus rapide. En fait, ces sensations sont simplement un effet de l'euphorie : on ne doute plus de sa mémoire, on s'arrête au premier degré de compréhension.

    Mais par la suite les effets inverses apparaissent dûs au manque : l'euphorie est remplacée par le découragement, la sensation que tout effort de réflexion est démesuré, et la lassitude face à toute activité, ce qui incite à une nouvelle prise.

    A terme, on voit apparaître hypertension, palpitation et fièvre, d’où migraines tremblements, crampes, troubles digestifs et insomnies, et incapacité à se concentrer, voire dépression.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/amphetamines1.jpg    L’ecstasy (appelée aussi MDMA) est  utilisée surtout lors de fêtes par les jeunes, et elle donne les mêmes sensations que les amphétamines, plus une grande impression d’empathie qui facilite les relations et la communication (“tout le monde m’aime” d’où son nom de “pilule d’amour”).
    C’est une des amphétamines les plus dangereuses qui peut entraîner la mort à partir de 150 mg, (4 décès par an environ), et conduit à l’anxiété, la dépendance, la dépression et à des troubles de la personnalité
     C’est donune drogue à part entière.
    Voyons maintenant leur mode d’action sur le cerveau :
    Comme la cocaïne, les amphétamines augmentent la concentration de dopamine dans les synapses mais par un mécanisme différent.
    Les amphétamines, (grâce à leur structure qui ressemble à celle de la dopamine), entrent dans le bouton pré-synaptique par des protéines appelées “transporteurs de dopamine”  ainsi qu’en diffusant directement à travers la membrane.
    Une fois à l’intérieur du neurone pré-synaptique, les amphétamines chassent les molécules de dopamine hors de leurs vésicules de stockage, et les expulsent dans la fente synaptique en faisant fonctionner en sens inverse les transporteurs de dopamine. Le taux de dopamine présente dans la synapse est ainsi fortement augmenté.

    Les amphétamines agissent aussi par plusieurs autres mécanismes. http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/amphetamines2.jpg
    Par exemple, elles dimnuent la recapture de la dopamine qui permet aux molécules de dopamine, de regagner les capsules de stockage après avoir fait leur effet sur les récepteurs du neurone cible.et avoir ainsi déclenché son influx nerveux.
    Les amphétamines peuvent aussi exciter les neurones dopaminergiques par l’entremise des neurones utilisant comme neurotransmetteur le glutamate. Les amphétamines lèvent  un effet inhibiteur dû aux récepteurs du glutamate et en enlevant ainsi ce frein naturel, les amphétamines rendent ainsi les neurones dopaminergiques plus facilement excitables.


http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/ecstasy1.jpg    L’effet à la fois stimulant et hallucinogène de l’ecstasy provient de sa structure moléculaire proche des amphétamines et du LSD.
    Comme les amphétamines ou la cocaïne, l’ecstasy bloque les protéines de recapture de certains neurotransmetteurs, augmentant ainsi leur présence dans la fente synaptique et leur effet sur les récepteurs des neurones post-synaptiques.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/ecstasy2.jpg    L’ecstasy augmente donc les effets de la dopamine ce qui donne l’impression de bien être, mais également ceux de la noradrénaline comme d’autres drogues psychostimulants
   
     Elle se distingue de ces drogues par sa forte affinité avec les transporteurs de la sérotonine, un autre neurotransmetteur chimique, entraînant une libération accrue de sérotonine par les neurones sérotoninergiques. L’individu peut alors ressentir un regain d’énergie, une euphorie et la suppression de certains blocages ou interdits dans les relations avec les autres.
    Quelques heures après, on assiste à une diminution de la sérotonine qui est amplifiée par la baisse d'activité d’un enzyme responsable de la synthèse de sérotonine, réduction qui peut être beaucoup plus prolongée que celle de l’augmentation initiale de sérotonine.
    Comme très souvent dans les effets des drogues, on constate que l’augmentation artificielle d’un neurotransmetteur exerce une rétroaction négative sur l’enzyme chargée de le fabriquer :quand cesse l’apport extérieur de la drogue, l’excès se transforme en manque.

    La toxicité de l’ecstasy est en partie due à une destruction sélective des terminaisons sérotoninergiques.

   
Ce que je voudrais que vous reteniez c’est que l’ecstasy, qui a trop souvent la réputation d’un excitant anodin est en fait presque aussi dangereuse que les drogues dures comme l’héroïne ou la cocaïne.

Jeudi 22 janvier 2009 à 8:54

Drogue, alcool, addictions

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs1S/Fleurs4/1000758.jpg

    Cédric m’a posé la question  “La morphine, notamment sous forme de médicament, peut elle provoquer une addiction ?”.

    La morphine a des effets moins nocifs que l’héroïne qui est une morphine particulière (diacétal-morphine). Ses effets sont moindres et elle réagit par contre au niveau des synapses de la moelle épinière comme les endorphines, doù son efficacité contre la douleur, en bloquant la remontée vers le cerveau des signaux nerveux correspondants.

    Elle a cependant des effets analogues à l’héroîne et quelqu’un qui utiliserait la morphine médicamenteuse en prises importantes espacées aurait les mêmes sensations, les mêmes inconvénients et manifestations nocives, la même sensation de manque après baisse du taux dans le cerveau, et la même réaction importante du système de récompense donc une addiction progressive.
    La morphine administrée de façon sporadique sans contrôle médical est donc presque aussi dangereuse que l’héroïne et entraîne l’addiction.

    Dans le cas de l’utilisation contre la douleur, dans un cadre médical, le problème est diféfrent.
    D’abord on va donner des doses minimales, juste assez efficaces pour traiter la douleur. Comme les sensibilités des personnes sont très différentes, on commence par “étalonner”  cette sensibilité en donnant des doses très diluées, puis plus fortes jusqu’à efficacité dans le cadre de la lutte contre la douleur.
    Par la suite l’administration se fera en surveillant en permanence un certain nombre de paramètres biologiques du malade.
    Ceci étant fait, on va répartir les doses en petites quantités pour une administration très fréquente. La morphine injectée sert alors surtout à la lutte contre la douleur, objectif recherché, et sollicite peu le circuit de la récompense.
Il y a donc peu de réaction d’augmentation importante du taux de dopamine et peu de réflexe de récompense, d’autant plus que l’on maintient un certain taux en permanence et qu’il y a donc très peu de phénomène de manque et donc pas de renforcement du besoin. (sauf si la douleur augmente).
    En définitive, il y a une certaine “habituation” de l’organisme à un taux de morphine permanent, mais pas une véritable addiction.
    Si lorsque la douleur diminue ou a disparu, on prend la précaution de continuer à administrer de la morphine en diminuant les doses progressivement, on évite la phénomène de manque et il n’y a donc pas addiction mais retour à la normale.
    La morphine administrée sous contrôle médical dans le cadre de la lutte contre la douleur n’aboutit en général pas à une addiction. Elle n’est pas sans inconvénients, mais est sans danger, si on respecte le contrôle des doses.

    On connaît quelques cas d’addiction, mais rares et le plus souvent, dans des phases terminales de maladies avec grandes souffrances, les doses ayant alors été élevées et l’addiction malheureusement sans importance, la personne étant finalement décédée de sa maladie.

Mardi 20 janvier 2009 à 13:53

Drogue, alcool, addictions

Les opiacés (héroïne, morphine)

    L'héroïne ou diacétylmorphine est obtenue par acétylation de la morphine, le principal alcaloïde issu du latex du pavot (l’opium).
    L'héroïne pure est de couleur blanche, mais la drogue produite dans les laboratoires clandestins est de couleur plus ou moins brunâtre selon le degré de pureté. Les pays producteurs sont essentiellement l’Asie (notamment Afganistan, Pakistan et Inde) et le Mexique
    Dans l'organisme, elle est métabolisée en monoacétylmorphine puis en morphine par le foie.
    L'héroïne se présente sous forme de poudre brune, grise rarement blanche. Elle est coupée de manière variable (souvent 90 à 95%1) parfois avec d'autres produits psychoactifs (cocaïne par exemple) ou non, voire toxiques (caféine  paracétamol). La composition comme le degré de pureté sont trés variables.
    L'héroïne peut se consommer par :injection intraveineuse, l'effet apparaît en moins d'une minute et s'estompe au bout de 3 à 5 heuresou par inhalation (fumée ou prisée), entraînant un effet analgésique, puis un effet apaisant.

    Les effets psychologiques recherchés par ceux qui consomment cette drogue sont la relaxation, l’apaisement, une certaine euphorie voire une extase, effets suivis d'un état de somnolence.

    A l’inverse de la cocaïne, les éffects physiologiques des opiacées à court termesont un ralentissement deu rythme cardiaque et de la respiration, une hypothermie et une contraction de la pupille, mais aussi des problèmes gastro-intestinaux  et des démangeaisons, des nausées et des vertiges.
    A terme on constate des insomnies, des perturbations hormonales, des carences alimentaires dues à une perte d’appétit, des infections dues à un affaiblissement général, des problèmes cutanés, et sur le plan psychique, une apathie générale, des troubles de l’humeur et des angoisses.
 

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/opiacees.jpg   Notre organisme utilise naturellement des substances similaires aux opiacés comme neurotransmetteurs. Il s’agit des endorphines, des enképhalines et de la dynorpine, que l’on désigne souvent sous l’appellation d’opioïdes endogènes. Ces molécules modulent les réactions aux stimuli douloureux, régulent les fonctions vitales comme la faim ou la soif, interviennent dans le contrôle de l’humeur, de la réponse immunitaire, etc.

Les effets très puissants des opiacés comme l’héroïne ou la morphine s’expliquent par le fait que ces substances exogènes vont se fixer , dans les synapses nerveuxes, sur les mêmes récepteurs que nos opioïdes endogènes.

    Les opiacées prennent la place des dynorphines sur les récepteurs et empêchent donc le blocage ou le ralentissement du noyau accumbens par l’hypothalamus.
    Nous avons vu aussi que la diffusion à partir d’inter-neurones spécialisés d’un neuromédiateur, le GABA qui ouvre des canaux ioniques dans la synapse réceptrice permettant à des ions négatifs Chlore de pénétrer dans la dendrite et de bloquer ou diminuer l’action du neurone.
    En se fixant sur leurs récepteurs, les opioïdes exogènes provoquent une diminution de la quantité de GABA relâché, leuel était chargé de diminuer normalement la quantité de dopamine relâchée dans l’ATV et le noyau accumbens qui sont donc sont moins ralentis dans leur action ce qui produit un renforcement du processus de satisfaction.

    En inhibant un inhibiteur, les opiacés augmentent donc en bout de ligne la production de dopamine et la sensation de plaisir ressenti.
    L’addiction est rapide (quelques semaines) au bout desquelles les sensations agréables diminuent et obligent à augmenter les doses. De plus s’installent rapidement l’anorexie et l’insomnie, entraînant une fatigue générale croissante.

    Le niveau d'expérimentation (usage au moins une fois dans la vie) de l'héroïne en population générale en France est faible. Il ne dépasse pas les 1 % . En 2005, parmi les jeunes âgés de 17 ans, l’expérimentation de l’héroïne s'élève à 0,6 % chez les filles et à 0,8 % chez les garçons.
Ces chiffres apparaissent stables. (Observatoire français des drogues et des toxicomanies),
    Il s’agit soit de jeunes dans un cadre festif, soit de personnes en situation précaire ou en situation familiale difficile.

    Comme nous le savons tous, la morphine est utilisée comme médicament, sous contrôle médical pour lutter contre la douleur. Elle a une action analogue à celle des endorphines, que nous avons décrite dans un article précédent.


    Les traitements des drogués aux opiacés consistent à leur donner un "substitut", moins nocif et moins addictifs (comme la méthadone), qui a une action analogue à celle de la morphine, mais moindre, qui évite les sensations trop importantes de manque, et à diminuer peu à peu les doses jusqu'à désensibilisation. Bien entendu, cela n'est possible que sous surveillance médicale.

Lundi 19 janvier 2009 à 8:15

Drogue, alcool, addictions

    Je vais maintenant consacrer quelques articles aux effets de certaines drogues en particulier en commençant par les plus dangereuses : cocaïne et opiacées (morphine et héroïne).
    Pour les dangers biologiques j’ai résumé les articles médicaux des sites “Doctissimo”

    La cocaïne :


    La coca est une plante d'Amérique du Sud qui joue un rôle important dans la culture locale et ancestrale, à travers ses utilisations rituelles ou médicinales.
    La cocaïne est extraite de ses feuilles. C’est un alcaloïde classé en occident comme stupéfiant.
     Environ 1 000 tonnes de cocaïne sont produites chaque année. La Colombie est le premier pays producteur
    La cocaïne se présente le plus souvent sous la forme d'une poudre blanche et floconneuse, plus rarement sous forme de cristaux. La cocaïne (ou chlorhydrate de cocaïne de son nom scientifique) qui alimente le trafic clandestin est la plupart du temps coupée - « allongée » - dans le but d'en augmenter le volume, avec des substances diverses telles que le bicarbonate de soude, le sucre, le lactose ou divers autres produits pharmaceutiques.
   
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/cocaine.jpg    La dépendance à la cocaïne est intimement lié à son action sur les neurones du circuit de la récompense.
    La cocaïne agit en bloquant la recapture de certains neurotransmetteurs comme la dopamine, la noradrénaline et la sérotonine. En se fixant sur les transporteurs chargés d’éliminer l’excès de ces neurotransmetteurs de la fente synaptique, la cocaïne empêche ceux-ci d’être recaptés par le neurone émetteur et fait ainsi augmenter leur concentration dans la synapse
     Ceci va donc amplifier l’effet naturel notamment de la dopamine sur le neurone post-synaptique.

    L’ensemble des neurones ainsi modifiés produit l’euphorie (dopamine), le sentiment de confiance (sérotonine) et d’énergie (noradrénaline) typiques de la prise de cocaïne.
    Avec la prise chronique de cocaïne, le cerveau va compter sur à cette drogue exogène pour maintenir un niveau élevé de plaisir associé à l’élévation artificiel du taux de dopamine dans ses circuits de la récompense.
    La membrane post-synaptique va même aller jusqu’à s’adapter à ce haut taux de dopamine en synthétisant de nouveaux récepteurs de dopamine dans la partie synaptique des neurones récepteurs..
    Cette sensibilité accrue provoquera la dépression et le sentiment de manque quand cessera l’apport extérieur de la cocaïne et le retour à la normale du taux de dopamine.

    Au plan physiologique, la prise de cocaÎne provoque sur le moment une sécheresse de la bouche et de la gorge, une augmentation du rythme cardiaque et de la pression sanguine, de la fièvre, des spasmes, crampes, tremblements, et éventuellement des hémorragies, notamment des saignements de nez et des troubles de l’odorat, des insomnies, une perte d’appétit..
    Au plan psychologique, elle engendre une forte euphorie, un sentiment de puissance intellectuelle (illusion de tout comprendre et d'avoir une intelligence inconcevable) et physique (voire sexuelle) qui provoque une désinhibition, une indifférence à la douleur, à la fatigue et à la faim, éventuellement des difficultés à respirer..
    Ces effets vont laisser place ensuite à un état dépressif et à une anxiété que certains apaiseront par une prise d'héroïne ou d’anxiolytiques.
    La levée des inhibitions peut provoquer une perte de jugement entrainant parfois des actes inconsidérés, tels que la violence, des comportement très agressifs, accidents voire crimes ou viols.

    A long terme la consommation régulière de cocaïne, outre la dépendance, nécrose les vaisseaux sanguins, dérègle le rythme cardiaque et la tension artérielle et peut donc provoquer accidents vasculaires et cardiaques, ainsi que des insomnies et amnésies, des difficultés de concentration et des tics nerveux.
    Un usage intensif de la cocaïne par voie nasale, provoque la gerçure des narines par la suite une atrophie de la cloison nasale avec perte d'olfaction, pouvant mener à une perforation de la paroi séparant les narines.
    Au plan psychique, elle entraîne des troubles chroniques de l'humeur : irritabilité, nervosité, panique, anxiété, sentiments de persécution, actes violents crises de paranoïa et hallucinations.
    Un dosage trop élevé peut entraîner la mort par overdose, notamment quand on consomme d’autres substances (alcool, tabac, amphétamines....), qui en aggravent les effets
    S'ils sont partagés entre plusieurs usagers, les matériels utilisés pour "sniffer" peuvent transmettre les virus des hépatites A, B et C, et le matériel d'injection, le virus du sida.

    La baisse du prix de la cocaîne (environ 30 € le gramme) a banalisé son utilisation et on cite (Observatoire français des drogues et des toxicomanies), un chiffre annuel d’usagers en France de l’ordre de 200 000et le nombre d’”expériences “ (2 à 3 %) des jeunes est en forte augmentation
    L’usage de stupéfiants étant une cause de plus en plus grande d’accidents, un contrôle pour détecter d'éventuelles traces de drogues, est tout à fait légal sur la route.


Dimanche 18 janvier 2009 à 8:29

Drogue, alcool, addictions

http://lancien.cowblog.fr/images/Chats1/chatcreve.jpg     Alors voilà, aujourd’hui je suis fatigué comme ce petit chat et je vais me distraire un peu, mais ne vous y méprenez pas, ce que je raconterai est exact au plan chimique.
    Je vais vous parler de la “drogue chocolat”  !


    Près de 15 % des hommes et de 30 % des femmes avouent avoir des envies compulsives de chocolat. La proportion est double chez les ados et je crois que pour mes “guenons” c’est encore pire !

    On connaît plus de 300 substances qui composent le chocolat. Parmi celles-ci, on en a effectivement identifié certaines qui pourraient provoquer des effets de dépendance comme la caféine et la théobromine, un autre stimulant un peu moins puissant. Mais ces substances se retrouveraient en trop faible quantité dans le chocolat pour avoir vraiment un effet.

    Même chose pour la présence de phényléthylamine, une substance reliée à une famille de stimulants : les amphétamines. A titre d'exemple, le chocolat contient moins de phényléthylamine que le fromage de chèvre.! (attention à ceux qui vont sur “face bouc”).

    Enfin, récemment, un neurotransmetteur naturellement produit par le cerveau, l'anandamide, a été isolé dans le chocolat. Les récepteurs neuronaux à l’anandamide sont aussi ceux auxquels se fixe le THC, le principe actif du cannabis. L’anandamide du chocolat pourrait donc peut-être contribuer au sentiment de bien-être rapporté par les personnes accrocs au chocolat (bien que plus de 30 kilos de chocolat devraient être ingurgités pour avoir des effets comparables à une dose de cannabis ! Je suis certain que cela est au delà des capacités de mes guenons et donc cela ne m’alarme pas IOI).

    Quoiqu'il en soit, plusieurs scientifiques s'accordent pour dire que la dépendance au chocolat pourrait être simplement due à son bon goût qui entraîne une sensation de plaisir intense qu'on veut renouveler.

    Vous voyez, encore la faute du circuit de la récompense ! On le trouve partout, celui là , avec sa dopamine de petite amie !
    Tiens si j’étais en âge d’avoir encore une fille, je l’appellerais “Dopamine”, c’est mignon ! IOI  Après tout, j’ai connu des filles qui s’appelaient Annie-Line.

    Mais soyez rassurées, le chocolat noir, qui contient peu de sucre et seulement du beurre de cacao (et pas les graisses que nous retrouvons dans maints aliments) ne fait pas grossir. C’est une légende inventée par les grand-mères pour éviter une indigestion à leurs petits enfants.
    Bien plus il contient divers éléments bénéfiques, et notamment du magnésium et il est excellent pour notre équilibre neurologique.
    Alors quand vous êtes un peu anxieuses, remplacez les anxiolytiques par du chocolat, vous vous porterez mieux à terme.

 http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/clavierchocolat.jpg 

    Moi pour me remonter le moral et me défatiguer, le clavier de mon macintosh est en chocolat ! Miam ! ^ ^ ^
    Faut que j’en rachète un par semaine, mais mon moral est bon grâce à cela !!! IOI

Samedi 17 janvier 2009 à 9:02

Drogue, alcool, addictions

http://lancien.cowblog.fr/images/Fleurs1S/Fleurs4/1000749.jpg

    Je vous ai donné une explication sur ce qu’était le système de récompense, qui notamment nous permettait l’apprentissage de la plupart de nos actions grâce à la satisfaction engendrée par une libération de dopamine, qui associait ainsi et renforçait peu à peu la liaison entre d’une part les neurones liées à l’action en cause, et d’autre part le sentiment de satisfaction suite à sa réussite.
    C’est ce système qui va aussi  être en quelque sorte dévié de son but initial, et nous habituer à consommer des drogues.

    Les drogues agissent donc sur les maillons centraux du circuit de la récompense, l’aire tegmentale ventrale (ATV) et le noyau accumbens qui sont à l’origine des circuits de neurones dopaminergiques.
    Mais en fait l’action des drogues est beaucoup plus complexe, car d’autres centres  et d’autres neurotransmetteurs sont aussi concernés, plus ou moins spécifiques de chaque drogue.   
    Comme je l’ai dit dans les précédents articles ce sont principalement l’hypothalamus qui règle les mécanismes de notre organisme, le cortex préfrontal qui focalise notre attention et réfléchit aux ordres à donner., les amygdales qui gèrent notre humeur, le thalamus qui contrôle nos sensations, l’hippocampe professeur de la mémoire, le septum autre centre du plaisir, le striatum qui contrôle nos mouvements.
    A ceux ci se rajoutent pour les drogues divers centres de notre cerveau émotionnel , d’où une action sur notre mental, et les drogues peuvent agir également sur certains paramètres de fonctionnement de notre corps. et notamment l’interprétation des perceptions de nos sens.
    Au niveau de notre cortex frontal, elles diminuent nos capacités de pensée et de réflexion, perturbant notamment la capacité de prévision de nos actes dans le cerveau préfrontal.
    Cette action tient au fait que, produits chimiques, elles diffusent par la circulation sanguine dans tout le cerveau et perturbent l’action des neurotransmetteurs, qui sont à l’origine du mécanisme de liaison entre les neurones (et donc de la mémoire consciente et inconsciente et de toute action psychique ou physique).

    Toutes les drogues ne provoquent pas de la même façon que lors d’un simple apprentissage, l’élévation du taux de dopamine dans le cerveau :
    • certaines substances imitent les neuromédiateurs naturels et donc se substituent à eux dans les récepteurs ; la morphine, par exemple, s'installe dans les récepteurs à endorphine (une "morphine" naturelle produite par le cerveau), et la nicotine, dans les récepteurs à acétylcholine );
    • certaines substances augmentent la sécrétion d'un neuromédiateur naturel ; la cocaïne, par exemple, augmente surtout la présence de dopamine dans les synapses, et l'ecstasy surtout celle de la sérotonine ;
    • certaines substances bloquent un neuromédiateur naturel ; par exemple, l'alcool bloque des récepteurs nommés NMDA.
    Je détaillerai un peu , dans les prochains articles ces actions des diverses drogues en cause.

     Dernier point : l’addiction et le renforcement de celle ci.
    Toutes les drogues, par des actions diverses, augmentent le niveau des signaux de récompense dopaminergiques. La satisfaction et le plaisir ressenti incitent donc à recommencer l’expérience, exactement par le même processus que je vous ai décrit dans l’apprentissage du bébé ou de la conduite automobile.

http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/droguescircuitrecompense-copie-1.jpg       Dans le précédent article je vous ai montré que lorsque le circuit  de récompense avait déclenché l’envoi de dopamine dans les synapses entre neurones du circuit, l’hypothalamus, averti de cette récompense, la limitait dans le temps, en bloquant cette émission au niveau de l’ATV et du noyau accumbens.(ce que l'on appelle une "rétroaction")
    Dans certains cas les drogues vont diminuer l’action de l’hypothalamus pour arrêter le processus dopaminergique et dès lors, l’ATV et le noyau accumbens sont moins ralentis dans leur action ce qui produit un renforcement deu processus de satisfaction.

    Quand la drogue vient à manquer dans le cerveau, elle ne produit plus ce renforcement dopaminergique et le niveau de dopamine va donc diminuer très fortement.  L’individu va ressentir un déplaisir, un manque, et cela d’autant plus que les drogues ont des actions physiologiques sur d’autres parties du cerveau qui réagissent sur notre organisme, ou des actions psychologiques au niveau de notre cerveau émotionnel, provoquant ainsi des malaises physiologiques et psychologiques. Les amygdales vont en particulier avoir alors des réactions très négatives sur notre humeur.
    C’est ce processus qui peut mener à une dépendance.

    Pire, certaines drogues vont perturber le processus d’évaluation de la satisfaction des besoins par les organismes régulateurs, principalement l’hypothalamus, qui s’habitue à un environnement avec un taux de dopamine plus élevé et donc n’émettra les signaux de blocage que pour un niveau supérieur de dopamine.
Il faudra donc des doses de drogues plus importantes pour produire la même réaction de satisfaction, et au cours du temps non seulement l’addiction s’installera, mais des doses de plus en plus fortes de drogue seront nécessaires pour obtenir la même satisfaction et éviter les phénomènes éprouvants physiologiquement et psychologiquement de manque.
    C’est le renforcement de la dépendance.


   
Dans les prochains articles, je passerai en revue rapidement les actions des diverses drogues :
    • dures : morphine, héroïne, cocaïne, ecstasy.
    • moins éprouvantes mais aussi nocives : cannabis, alcool, amphétamines, nocotine du tabac.
     • et je dirai quelques mots des anxiolytiques courants que sont les benzodiazépines, du café et puis pour m’amuser un peu, du chocolat !
    Rassurez vous je n’irai quand même pas jusqu’à l’addiction à la nutella.!

Vendredi 16 janvier 2009 à 17:51

Drogue, alcool, addictions

Pour pouvoir vous décrire ensuite l’action des drogues, je dois d’abord voud familiariser avec quelques notions de physique et de chimie des neurones.
    Rassurez vous, ce sera simple et sans formules !!

http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Cerveau1/influxnerveux.jpg

    Vous vous rappelez peut être certains articles de mon blog : un neurone reçoit l’information d’autres neurones par des dendrites dont le nombre peut aller jusqu’à 100 000, chacune étant reliée à l’axone d’un autre neurone par une synapse. Il reçoit ainsi des signaux électriques positifs et négatifs, fait la somme de ces signaux et si le potentiel résultant dépasse un certain seuil, alors ce neurone va lui même émettre un signal électique le long d’un axone, vers une synapse qui le relie à un autre neurone.
    Si le signal négatif est suffisant, on bloque donc ce neurone et l’influx nerveux n’est pas transmis.



http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Cerveau1/synapse.jpg    Dans l’extrémité d’un axone, près d’une synapse, des “capsules” contiennent des neurotransmetteurs, grosses molécules synthétisées à partir d’acides aminés, qui vont être libérées à l’arrivée de l’influx nerveux. (dans d’autres cas des protéines-transporteuses vont véhiculer le neurotransmetteur le long de l’axone jusqu’à la synapse).
    De l’autre coté de la synapse sur la dendrite du neurone post-synaptique, des récepteurs spécifiques du neurotransmetteur sont de grosses protéines enroulées en spirale, qui constituent un cylindre traversant la paroi synaptique.
    Quand le neurotransmetteur se fixe sur son récepteur, la protéine qui le constitue, change de structure et forme un cylindre creux qui va laisser passer des ions sodium et potassium,
(voire calcium), et les charges positives qu’ils amènent dans la dendrite vont déclencher un signal électrique, influx nerveux qui va se propager dans la dendrite, vers le neurone suivant.

http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Cerveau1/synapseCl.jpg




   La membrane post-synaptique peut comporter des récepteurs de plusieurs neurotransmetteurs.
    Elle peut en particulier comporter des récepteurs d’un neurotransmetteur particulier le GABA, qui laisseront passer des ions chlore. Comme ils sont chargés négativement, ils pourront au contraire bloquer la transmission de l’influx nerveux par le neurone suivant.










http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Cerveau1/circuitrecompense-copie-1.jpg


    Sur ce schéma j’ai représenté un résumé du circuit de la récompense, qui à la suite des renseignements (flèches vertes), fournis par l’hypothalamus pour les processus vitaux, par le cortex et le thalamus pour les “expériences volontaristes, lorsqu’il y a satisfaction, émet de la dopamine (flèches bleues), dans un circuit de neurones, cette émission étant ressentie et mémorisée comme une récompense.
    Mais l’hypothalamus est aussi informé de cette récompense, et il émet alors un signal vers l’ATV mettant en jeu du GABA et vers le noyau accumbens au moyen de dynorphines, pour diminuer l’émission de dopamine et revenir à un état normal.

http://lancien.cowblog.fr/images/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Photoscaricaturesimages1/Cerveau1/douleur.jpg
    Dernière notion qui nous servira, lorsque nous ressentons une douleur, des neurones spécifiques sur la peau ou les muqueuses et muscles, envoient un signal vers un relais synaptique au niveau de la moelle épinière, le neurone suivant le transmettant au thalamus.
    Celui ci réagit en faisant émettre un influx nerveux à des neurones du bulbe, qui sécrètent au niveau de la synapse relais, des endorphines, lesquelels bloquent en partie le signal montant, diminuant la douleur.
    On peut aussi bloquer la douleur avec des médicaments, tel le paracétamol, mais si on en abuse en en consommant au moindre petit mal, le bulbe perdra l’habitude de sécréter des endorphines et il nous faudra des doses de plus en plus fortes de médicament pour nous soulager.

    Enfin lorsque nous avons des malaises, ou que nous sommes stressés, des neurones envoient dans des synapses un neurotransmetteur particulier, la noradrénaline, qui d’une part donne la sensation de malaise, mais aussi nous excite et nous empêche de dormir. C’est le même neurotransmetteur, mis en jeu par les neurones des amygdales, qui va préparer l’organisme au combat ou à la fuite.

    Ces diverses connaissances sommaires vont nous permettre dans les prochains articles, de comprendre les mécanismes d’action des drogues.









<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast