Jeudi 15 janvier 2009 à 10:18

Drogue, alcool, addictions

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    J’avais prévu de faire aujourd’hui un article simple et succinct sur l’action des drogues sur le cerveau et notamment le circuit de récompense, afin d'expliquer l’addiction à par exemple une drogue “dure” comme la cocaïne.
    D’habitude je reçois.quelques mails de demande d’explication sur mes articles après leur mise en ligne. sur mon blog
    Mais j’avais annoncé cet article et là, exceptionnellement avant sa parution, j’ai reçu une vingtaine de mails qui me posent des questions.
    J’ai donc dû revoir mon intention et certaines questions n’étant pas faciles à expliquer simplement, je suis en train de relire une partie de ma doc.

    Je m’aperçois aussi que, vu la diversité des questions posées, et l’obligation de ne pas faire des articles trop long pour ne pas vous rebuter, le temps aussi pour les rédiger, il va falloir que je fasse 5 ou 6 articles, entrecoupés d’articles moins sérieux pour vous reposer et divertir ceux qui ne s’intéressent pas à ce sujet.

    Je vais donc commencer aujourd’hui par de simples généralités, puis j’expliquerai le mécanisme d’addiction et j’aborderai les actions des diverses drogues (y compris acool et tabac) et on m’a demandé aussi de dire un mot des psychotropes et autres anxiolytiques.
    Par contre je parlerai moins du canabis car j’ai déjà écrit plusieurs articles que vous pouvez lire dans ce blog.
    Puis je suppose que j’aurai d’autres questions auxquelles il me faudra répondre IOI

    Il n’y a jamais eu de sociétés sans drogues. La consommation de ces substances qui créent des dépendances est universelle et partagée par toutes les cultures depuis le début de l'humanité.
    Utilisés pour soigner et guérir, ces produits étaient aussi employés dans des cérémonies religieuses ou festives rituelles afin de modifier l'état de conscience et de renforcer les relations entre les personnes.
    Dans nos sociétés modernes, nous consommons trop souvent des substances produites en quantités industrielles, d'une puissance psychotrope exagérée, vendues mélangées à d'autres substances de coupage souvent toxiques, et utilisées pour soulager le plus souvent une misère morale, affective ou économique.
    Plusieurs “drogues légales” comme l'alcool, le tabac ou le café peuvent aussi créer de fortes dépendances qui peuvent devenir très nocives à la longue ou être responsable d'agressions et accidents.
    De plus, notre société rend maintenant accessible d’autres activités qui peuvent causer des dépendances
    Selon les cultures, certaines drogues sont prohibées, (comme l'alcool dans l'Islam) ou encore le cannabis, la cocaïne et les substances opiacée en occident. Mais le degré de dangerosité n'a rien à voir avec le fait qu'elle est licite ou illicite.
Chaque drogue dispose donc d’un cadre légal propre à une époque et à un pays donné, qui va de l’illégalité totale à la vente libre
    Les médicaments psychoactifs servant à traiter l’anxiété, l’insomnie ou la dépression sont légaux mais prescrits par un médecin et leur usage est strictement contrôlé. Cela n’empêche cependant pas leur abus d’être fréquent.
    Enfin, l'alcool et le tabac sont des produits licites consommés librement. Leur vente est contrôlée et leur usage réglementé, ce qui n’empêche pas non plus leur surconsommation par un grand nombre d’individus, laquelle engendre maladies ou accidents et agressions meurtriers.

    En définitive, dans notre société de consommation régie par l’argent et le pouvoir sur les autres hommes, ainsi que par l'emprise des médias et de la publicité,  le trafic des drogues illicites demeure un facteur malheureusement prépondérant de cette consommation de drogues et des dégâts qu’elle entraîne. J’ai lu (mais je n’ai pas la possibilité de vérifier l’information) que le marché du trafic de la drogue représenterait environ la moitié des flux monétaires de la planète et que la prohibition des drogues “dures” amène en prison tous les ans près de deux millions de personnes dans le monde dont un million aux USA.  Mais les mesures actuelles n’ont jamais réussi à éliminer, ni la culture des matières premières, ni le démantèlement des réseaux internationaux.
    A notre niveau modeste d’homme isolé, la seule action que nous puissions faire est d’informer sur les dangers des drogues, d’essayer de soutenir moralement  et de mettre en contact ceux qui en usent avec des personnes qui pourront les aider réellement.

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Nota : les deux photos n’ont rien à voir avec la drogue, bien que l'on appelle parfois "neige" la cocaïne !
    Ce sont des vestiges des jeux de mes petits enfants dans la neige, en train de fondre doucement avec le dégel.

Mercredi 31 décembre 2008 à 10:06

Drogue, alcool, addictions


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     Quelles sont les motivations des jeunes qui se font faire percings et tatouages permanents.
     Ces motivations sont souvent les mêmes pour celles qui se font des tatouages en décalcomanies. Elles sont seulement plus sages, ayant conscience que leurs motivations peuvent changer, ou bien n’ont pas eu l’autorisation des parents, ou ne veulent pas dépenser de l’argent sur une telle acquisition.

    Pour beaucoup d’abord, céder à la mode et faire comme les autres jeunes qui sont autour d’eux.
    C‘est finalement une conséquence supplémentaiores de la société de consommation .
    Les médias poussent à faire telle ou telle chose par la pub notamment ou les films, chansons, bandes dessinées, certains le font, puis cela gagne les autres. Ma copine possède telle chose, je dois en avoir autant, si possible, plus moderne, plus intéressante, plus performante ou plus jolie (ou parfois plus chère!).
    Certes c’est un esprit moutonnier mais il en est souvent ainsi et percing et tatouages n’échappent pas à l’air du temps.

    Pour certains assez rares, il s’agit seulement de mettre une parure, quelque chose de beau sur leur corps “pour faire joli”.
    C’est surtout vrai pour des boucles d‘oreilles, mais c’est aussi valable pour d’autres percing car les “goûts et les couleurs” sont propres à chacun, comme dit le proverbe. Personnellement je ne trouve pas jolis les piercings dans les lèvres, mais j’admets qu’on ne soit pas de mon avis.
    Par contre les percings dans la langue sont dangereux pour l’élocution.
    J’ai connu un jeune qui faisait des études de dessin et de peinture et qui avait sur sa peau, de véritables tableaux !

    Une des motivations les plus courante est la volonté identitaire : c’est donner à son corps un aspect original qui vous est propre. Le percing ou le tatouage devient alors un emblème, un drapeau, un signe de reconnaissance.
    La première manifestation que je trouve souvent chez mes correspondantes est le tatouage de son animal préféré ou d’un personnage de BD ou de manga
    Pour certains ce sont des initiales comme les tags sur les murs.
    Pour les adeptes de certaines mouvances, c’est un signe d’appartenance : cela a été le cas à l’origine des percing pour les Puks, et c’est vrai plus récemment pour  certains gothiques. Pour le groupe, le tatouage, c’est un tag sur la peau.
   
    Pour certains il semble que ces pratiques dénotent un certain problème psychologique.
    Je n’ai personnellement pas remarqué beaucoup ce phénomène, mais la “crise identitaire” dénote effectivement un certain manque de confiance en soi et l’incertitude de l’adolescent, encore à la fois enfant et adulte.
    Je sais que certains psys freudiens faisaient de l’interprétation des tatouages, comme ils le feraient de tags ou de tableaux d’un peintre. Cela m’a toujours paru assez farfelu et les conclusions que je connais dans certains cas réels me paraissent des plus hasardeuses.
    Mais je veux bien croire qu’un tatouage ou un percing apporte un certain plaisir - comme un cadeau - et donc est bénéfique dans certains cas.
    Par contre je pense que quelqu’un qui a une image de son corps qui ne lui plaît pas peut essayer de la changer par des pratiques de modifications corporelles. Mais ce phénomène me paraît beaucoup moins important que dans le cas des déviances alimentaires.
    Un tatouage fait rarement -malheureusement - paraître plus maigre.

    Addiction ou pas pour ceux qui ont énormement de percings ou tatouages.?
    Pour moi ce n’est pas une addiction, car celle ci doit être très répétitive, l’objet étant tellement nécessaire qu’il devient désiré en permanence.
    Or on ne se fait pas un percing tous les jours. Alors je parlerai plus d’une “manie de collectionneur” que d’une addiction.
    Par ailleurs je ne crois guère à la souffrance du fait de la “gêne “ du percing., raison que j’ai lue pour expliquer l’envie de certain. C’est vrai pour les scarifications, mais je crois qu’il s’agit d’un tout autre problème dont j’ai d’ailleurs parlé longuement dans mes articles.
    Certes les scarifications sont associées rituellement à des percing et tatiuages dans certaines tribus, mais cela n’a aucun rapport avec nos jeunes.

    Cela dit, dans cet article, je vous ai surtout donné mon opinion personnelle. En fait je n’ai pas trouvé de compte rendu de recherches sérieux sur l’interprétation psychologique des percings et tatouages. Peut être ai-je mal cherché.
    J’ai trouvé sur internet, bien sûr beaucoup de pub, des articles sur les dangers des percings, et une étude cependant intéressante sur http://www.swiss-paediatrics.org/paediatrica/vol14/n4/pdf/33-37.pdf.
    Vous trouverez quelques articles en mettant les mots clés : percing ou tatouage, psychologie, motivation.

Lundi 29 décembre 2008 à 10:14

Drogue, alcool, addictions

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    A la suite de mes articles sur les addictions, plusieurs correspondantes me demandent de parler des tatouages et piercings et des problèmes psychologiques correspondants.
    “Tokiodécadence” en particulier m’écrit :
“..Une petite question pour toi, que penses-tu des personnes qui se tatouent/percent? Je ne parle pas des occasionnels (un petit bijou au nez), je parle des fans de bods mods, ceux qui commencent à les collectionner... Pour toi, est-ce une déviance? une addiction? une forme d'exprimer sa souffrance? une manière de s'approprier son corps? ou une simple forme d'art?...”.

    Je n’aime pas parler d’une question que je connais peu. Bien sûr je sais ce que sont piercing et tatouages, mais je n'avais pas lu grand chose sur les aspects psychologiques, si ce n'est l'image" que nous avons de notre corps, qui est un sujet connu en psy ! Alors je n’ai pas traité tout de suite ce sujet pour me donner le temps de me documenter un peu et de voir ce que j’avais dans les articles et livres en ma possession ou sur internet.

    Ayant vu lors de voyages en Egypte, que les pharaons et notables pratiquaient déjà des modifications corporelles, j’ai cherché d’abord à faire un peu d’historique sur le sujet, ce qui sera l’objet de ce premier article.
 
    Le piercing, le tatouage, les scarifications et les implantations sont des pratiques ancestrales.
    On a constaté l'utilisation de tatouages dès la préhistoire néolithique en Europe. A la même période, en Afrique, des petites pierres (des labrets) étaient insérées au niveau de la lèvre inférieure ou dans les lobes des oreilles.
    En Égypte, le corps tatoué et scarifié de la momie de la prêtresse Amunet et des boucles d'oreilles en or sur des corps masculins datent de plus de 4000 ans.
    Plus tard, en Afrique, les scarifications ont supplanté les tatouages, car ils sont plus visibles sur les peaux sombres.
    Les Indiens mayas avaient des anneaux dans la langue, les Papous des osselets dans les narines, les Massaïs se perçaient les oreilles et les légionnaires romains le sein.
    On trouve des traces de piercing sur des images peintes et dans des textes des XIV, XV et XVIème siècles. Sur les visages et sur les corps, des anneaux, des pendeloques et des chaînes traversant la chair montrent que le piercing contemporain est issu d'une longue tradition.
    Puis le tatouage apparaît d'abord en marge de la société, dès le XVIIème siècle, chez les matelots, les soldats et les bagnards.

    Quant au piercing occidental moderne, il serait né avec le mouvement Punk dans les années 1970. Il était associé, il y a quelques années encore à la musique techno, mais il s'est aujourd'hui élargi à la notion de bijou, beau et original.
    Imposé autrefois comme une marque d'infamie que l’on cachait, le piercing ou le tatouage sont aujourd'hui des actes volontaires et revendicatifs. La marque est devenue démarque : une originalité pour de faire remarquer.
    Je parlerai peu des implants qui relèvent d’une opération chirurgicale et sont donc peu répandus. Peu pratiqués en France, ils se sont surtout développés aux États-Unis et en Grande-Bretagne,
    En définitive, l'image du corps est modifiable, par l'imagination, mais aussi par toutes les techniques corporelles (gymnastique, danse, méditation, piercing, mutilations) et par les vêtements (qui font aussi partie de l'image du corps).

    Quelles sont les personnes qui se font tatouer, percer, implanter?
    Le piercing attire une clientèle variée plutôt jeune de toutes conditions sociales. La peau ou certaines muqueuses sont percées à l'aide d'une aiguille, et le bijou est implanté. Les localisations les plus prisées sont le nez, les oreilles et le nombril.
    En France, on ne dispose pas d'enquête officielle fiable sur le piercing et le tatouage, mais il en existe une réalisée en 2001, au Canada.
    On y apprend que 23% des adolescents âgés de 12 à 19 ans avaient un piercing et 8% un tatouage, et que près d'un adolescent sur quatre souhaitait en avoir un tatouage.
    Les filles ont plus de piercings que les garçons (69 %) et plus de tatouages (61%). Celles qui souhaitent avoir un piercing (29 %) sont plus nombreuses que les garçons (13 %). Les filles qui désirent se faire tatouer sont aussi nombreuses que les garçons (21 %).   
    Ces pratiques commencent à 13 ans, progressent vers 15 ans et surtout vers 18 ans (majorité) pour presque cesser à l’âge adulte.
    On estime à environ 100 000 le nombre d'actes réalisés chaque année en France, et à environ deux millions le nombre total de personnes ayant un piercing.
   
    Se faire faire un piercing, voire un tatouage, (je ne parle pas de ceux par décalcomanie), présente un certain danger.
    En 1980, on comptait quatre boutiques de tatouage en France; il y en avait près de 50 en 1990, il y en a aujourd'hui plusieurs centaines (entre 800 et 1500). Aucune qualification spéciale, aucune condition n'est requise pour exercer.
    Les conditions techniques de sécurité nécessaires à un piercing « sécurisé » sont exigeantes : locaux et matériel médical adapté (pince, aiguille, cathéter, stérilisateur, gants), asepsie du site de piercing, procédures du geste analogue à celles d’un médecin.
    Face aux risques de contamination par les virus de l'hépatite, du sida ou de l'herpès notamment, une réglementation sanitaire a été mise en place en 2004: elle concerne les mesures d'hygiène à respecter en cas d'effraction cutanée et de perçage.
    Mais le contrôle des tatoueurs et perceurs est loin d’être efficient.
    Il faut donc être très prudent sur le choix de l’intervenant.

    Le piercing est aussi une agression du corps qui fait éprouver sinon du plaisir ou de la douleur, du moins une sensation particulière. Mais surtout, lors d’un piercing ou d’un tatouage inséré dans la peau et donc indélébile, le corps est marqué par le bijou ou le “tableau” et, aux yeux du “porteur”, son corps décidera s'il accepte ou s'il rejette cet objet qui transperce la peau. S'il n'est pas rejeté, le bijou ou le tatouage s'intègre produisant des modifications physiologiques et psychologiques chez le sujet qui le porte.

    Ce sera l’objet de mon prochain article.

Vendredi 19 décembre 2008 à 8:21

Drogue, alcool, addictions

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    Je voudrais aujourd’hui terminer mes articles sur l’anorexie en parlant de celles de mes correspondantes qui ne sont pas vraiment anorexiques, mais qui, lorsqu’elles sont stressées cessent de manger ou bien suivent des régimes parce qu’elles se trouvent trop grosses alors que ce n’est pas le cas.
    En fait ce ne sont pas de vraies anorexiques, mais elles risquent de le devenir. En effet, l’anorexie survient fréquemment à la suite d’un régime amaigrissant.

    Le culte excessif de la minceur conduit les jeunes filles à se préoccuper de plus en plus de leur poids. Elles ont tendance, poussées par les articles des médias qui nous montrent des mannequins longilignes et squelettiques, à mal apprécier leur réelle image corporelle : elles se trouvent toujours trop grosses et ont peur de prendre du poids,  alors qu'elles sont déjà minces ou même maigres. .
La maigreur se définit par un indice de masse corporelle (rapport du poids sur la taille au carré) inférieur à 18. Ainsi, si l’on mesure 1,65 m, on est maigre au dessous de 50 kg. Et on n’est pas vraiment grosse au dessus de ce poids.!
    Quand j’ai affaire à des jeunes qui ont simplement envie de suivre un régime de façon ainsi erronée, j’ai du mal à les raisonner car elles considèrent vraiment qu'elles sont trop grosses. Cette vision de leur corps est une réalité, qu'elles ne mettent pas doute ; les bonnes paroles leur affirmant le contraire sont donc sans effet. La prise d'aliments est vécue comme une agression, alors que le jeûne qu'elles s'imposent est souvent vécu comme du plaisir.
    Je n’ai pas d’autre solution que de leur expliquer d’abord ce qu’elles risquent : leur tendance peut mener à l’addiction.  L’anorexie est à craindre lorsque le trouble devient chronique et porte sur un grand nombre de repas. Elle risquent également des troubles hormonaux importants.
    Comme elles ont un peu peur, elles acceptent de parler de ce problème, d’autant plus que pour ces adolescentes qui n’acceptent pas leur corps, internet permet de parler sans affronter le regard des autres, et on discute sur une de leurs photos : je leur demande de m’expliquer ce qu’elles trouvent de désagréable dans leur image et on discute de ces avis et le plus souvent je peux leur démontrer qu’ils sont faux. Alors s’il n’y a pas de problème caché, tout renrtre dans l’ordre au bout d’un certain temps.
    Une solution qu’a trouvée une de mes correspondante astucieuse, et qui d’ailleurs est utilisée parfois en psychothérapie comportementale, est d’apprendre à faire de bon petits plats, apprendre à apprécier le goût des aliments parce qu’on les a créés, qu’on leur a donné le goût qu’on souhaitait.
Ma correspondante me disait qu’elle était fière de réussir ainsi ces plats et qu’elle avait alors envie de les manger.

    Toutefois, je constate souvent que ce souci de prendre du poids traduit une souffrance psychologique, ignorée par l’entourage, qui résulte en général d’un manque de confiance en soi et d’autonomie.
    Lorsque l’on ressent un manque affectif, se priver de nourriture, comme se scarifier, permet d’attirer l’attention.
    Les psychologues disent que ce trouble intervient souvent peu après la puberté, lors de profonds bouleversements : il constitue un "compromis" lorsque poussée de croissance, maturation sexuelle, et passage vers le statut d’adulte sont mentalement ingérables. Le comportement est alors souvent lié à une hyper-activité, physique et intellectuelle, un hyper-investissement scolaire, une pauvreté relationnelle, une humeur dépressive.
    L’adolescente chercherait, par des privations alimentaires, à atteindre son autonomie : elle tenterait ainsi de transférer sa dépendance vis-à-vis de ses proches (parents, amis…) vers la nourriture. L’abstinence serait alors une marque d’autonomie.
    L’anorexie, (ou la scarification),par sa nature autodestructrice, permettrait à l’adolescente de prouver le contrôle qu’elle a de son corps.
    Cette interprétation des psys me paraîit souvent assez juste même si elle n'explique pas tous les cas que j'ai rencontrés.              
    Heureusement si l’on arrive à résoudre les problèmes psychologiques, les troubles alimentaires disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus. L’anorexie est à craindre lorsque le trouble devient chronique et porte sur un grand nombre de repas.

.     Alors me demandez vous, comment agir dans ce cas.?
    Je n’ai pas de recette miracle. Chaque cas est particulier, dépend de la personnalité de ma correspondante et de son environnement.
    Déjà le fait que l’on s’intéresse à elle, à sa vie, à ses études à ses goûts, à ses pensées est positif. Un moyen de ne pas se renfermer sur soi-même, de reprendre un contact social… et de s’en sortir   
    Ensuite il faut surtout lutter contre le manque de confiance en soi ou une tendance à la dévalorisation. On peut examiner qualités et défauts et on s’aperçoit que chacun d’entre nous a des qualités qu’il n’exploite pas assez et des défauts qu’il peut corriger et que finalement il a des nombreuses capacités et peut agir sur sa vie beaucoup plus positivement qu’il ne le croit.
     Souvent les jeunes voudraient éviter les relations difficiles et les conflits, surtout au sein de la famille, mais ils ne savent pas comment faire. Il y a des conseils simples et relativement efficaces dans ce cas.
    Et puis parfois on rencontre des problèmes plus graves et là, le travail pour les résoudre est beaucoup plus long, mais je n’ai encore jamais dans ma vie, rencontré de cas désespéré.

    Vous me demandiez dans vos mails, des conseils pour agir sur une amie à tendance anorexique, voilà ce que je pouvais vous dire, mais le plus important c’est sûrement l’amitié que vous pouvez lui apporter car il y a fort à parier qu’elle soit en déficit de tendresse.

Mercredi 17 décembre 2008 à 15:16

Drogue, alcool, addictions

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     Je voulais vous parler aujourd’hui de ce que je sais des traitements de l’anorexie ou de ce que j’en pense.
    Mais je suis étonné du nombre de mails que j’ai reçus et souvent de correspondants que je ne connaissais pas.
    Alors je vais faire cela en deux fois.
Je voudrais d’abord faire quelques mises au point.

    Comme je l’ai dit j’ai connu un certain nombre de cas d’anorexie, mais un seul cas de boulimie chronique, et les personnes que j’ai connues faisant de la boulimie n’avait ce problème que par crises, alors que le reste du temps, elles étaient anorexiques ou suivaient un régime amaigrissant.

    Deuxième point, parmi mes correspondantes actuelles, je n’ai pas d’anorexique chronique au stade de l’addiction, mais plutôt des jeunes qui n’aiment pas leur image et du coup, se trouvent trop grosses et veulent maigrir, ou certaines qui n’ont “pas faim”  quand elles sont stressées. C’est donc surtout pour ces jeunes qu’au départ je faisais mes articles.

    “Qui-suis-je” me dit que je ne me rends pas compte de la souffrance endurée par une anorexique"; je suis d’accord avec elle, on ne peut jamais se rendre compte de ce que ressent une autre personne que soi-même; mais cependant mes “guenons” ou des collègues de travail m’ont expliqué et je pense donc avoir un peu approché leur souffrance.

    Certains ont été choqués que je parle en termes de physiologie du fonctionnement du cerveau.
    C’est pourtant la démarche normale de la science et de la médecine. Savoir “comment cela fonctionne”
Tous les progrès faits en matière de chirurgie du cerveau sont issus de cette recherche et tous les médicaments utilisés en médecine sont en général en grande partie issus de la compréhension des maladies qu’ils sont sensés soigner.
    Du fait que l’homme “pense”, il a tendance à se croire très au dessus des animaux et croire que sa pensée est une création totale et spirituelle, ex nihilo.
    C’est une erreur : il faut séparer le contenu de la pensée de son mécanisme d’élaboration qui lui, est lié au fonctionnement du cerveau. Les idées nouvelles viennent d’associations originales dues à des connexions particulières voulues ou non, de neurones de notre mémoire et de notre cortex frontal. Cela n’enlève rien au contenu nouveau et méritoire de la création. De même pour "l'intuition".
    Et sans le langage nous n’aurions guère d’idées et le mécanisme cérébral du langage est relativement bien connu.
    C’est vrai que l’on se rend mal compte des progrès de la neuropsychologie, car l’essentiel date des 20 dernières années depuis qu’on a des moyens d’investigation, encore très élémentaires et imparfaits. De même que les progrès des connaissances sur le génome datent des cinq dernières années.
    Et l’on reste souvent sur les vieilles idées de Freud sur le refoulement de nos désirs sexuels notamment dans l’enfance, ce que la neuropsychologie considère aujourd’hui comme totalement inexact.
    Cela n’enlève rien à la valeur d’études de psychologie et de la personnalité, mais de plus en plus elles essaient de s’appuyer sur les différences de fonctionnement du cerveau d’un individu à l’autre. (et notamment sur les mécanismes de formation du cerveau et d’apprentissage de l’enfant).
    On ne sait pas encore comme interpréter au plan du cerveau, des théories comme les "préférences cérébrales" ou le "big-five", mais je pense que dans 20 ou 50 ans, on saura le faire en grande partie.

    Du fait que j’ai exposé certains résultats de recherches, certains croient qu’on a une “pilule miracle” contre l’anorexie (ou lla boulimie).
    Il n’en est rien.
Ce que je vous ai exposé sont des recherches récentes qui en sont à leur début. On ne sait pas encore explorer le cerveau (sur un homme vivant), notamment au plan chimique. Les analyses globales de taux de neuromédiateurs ne signifient rien, car leur action est très localisée et ponctuelle.
    Bourrer quelqu’un de neuro-médiateurs serait très dangereux car on ne connait pas les conséquences.
    Déjà les neuroleptiques utilisés en cas de dépression ou maladie mentale, dont on connaît le mécanisme d'action, sont cependant mal connus quant aux conséquences à long terme.
    Néanmoins des pistes s’ouvrent dans le traitement médicamenteux de l’anorexie et de le boulimie, comme l’usage de la “leptine” une quasi hormone produite par les tissus adipeux et qui semble réguler auprès de l’hypothalamus le mécanisme de la faim. Mais c'est encore en expérimentation.
    De même les traitements hormonaux ont permis de soulager ou de guérir des jeunes filles qui à la puberté, avaient des anomalies dans ce domaine qui engendraient un début d’anorexie.

    Je pense donc qu’actuellement le seul traitement plus ou moins efficace des cas graves est la psychothérapie, en particulier comportementale.

    Mais presque toutes les jeunes parmi mes correspondantes n’en sont pas à ce stade. Elles en sont au stade du régime amaigrissant, pas à celui de l’addiction.

    Mon propos était surtout d’essayer d’éviter qu’elles n’en arrivent à l'addiction et c’est de cela dont je voudrais parler demain.

Mardi 16 décembre 2008 à 8:43

Drogue, alcool, addictions

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    Aujourd’hui repos pour vos méninges et journée de travail à l’extérieur pour moi.
    Je ne traiterai que demain le problème : “comment faire face à l’anorexie”

    Dans cet article, je voudrais seulement répondre au commentaire d’Elodie et à quelques mails.
   
    On me demande, dans les articles que j’écris sur des sujets de psychologie ou de biologie, quelle est la part de mon point de vue et celle de mes lectures.
    C’est simple : je ne suis pas un chercheur, ni en neurobiologie, ni en psychologie, ni un médecin. Je suis simplement un ingénieur, qui s’intéresse aux sciences, lit des livres revues et articles, et essaie de creuser un peu certains sujets qui l’intéressent  (disons par curiosité, pour essayer de comprendre, comme disait ma grand-mère, “comment ça marche, ce truc ?”).
    Alors tous les aspects scientifiques ne sont pas des points de vue personnels, mais le résultat de lectures. Mon seul apport c’est d’avoir essayé de comprendre des articles parfois complexes et d’en faire des synthèses les plus simples possibles, sans toutefois dénaturer les résultats de ces recherches.
    Le seul sujet sur lequel j’ai apporté quelques innovations par mon expérience propre, ce sont les “préférences cérébrales”.

    Quand je donne un avis personnel, en général je le dis, et il résulte dans ces domaines, de tous les problèmes que m’ont confiés des camarades et collaborateurs lorsque je travaillais, ou mes “guenons et babouins” ces dernières années et des discussions que j’ai pu avoir pour essayer d’aider à les résoudre.
    Les notions que j’ai décrites dans les derniers articles résultent donc plutôt de mes lectures, et par contre l’article de demain sera beaucoup plus “personnel”.

    Elodie et d’autres correspondants me demandent pourquoi j’ai traité seulement l’anorexie. Il y a plusieurs raisons.

    D’abord je traite souvent des sujets pour lesquels certains correspondant(e)s m’ont posé des questions et celles ci étaient relatives à l’anorexie.
   
    Par ailleurs j’évite de parler de sujets inconnus ou auxquels je n’ai pas été assez confronté, car, lorsqu’on n’a pas l’expérience d’une question, on risque encore plus de dire des bêtises.
    Parmi les jeunes qui se sont confiées à moi, j’ai eu de nombreux cas d’anorexie (pas très prononcés pour la plupart heureusement), ou de scarification, mais très peu de boulimie, ou d’autre déviance marquée, et pas un seul d’alexithymie, (dont parlait “Qui suis-je” dans un commentaire - c’est en simplifiant l’incapacité à exprimer ses sentiments par des mots).
    C’est la raison pour laquelle je me suis limité à l’anorexie et je n’ai pas traité ce sujet parce que c’est la mode et qu’on en parle plus.
    Par contre je suis d’accord avec Kaa quand il dit que si on en parlait moins, il y aurait sans doute moins de “cas”. Quand j’étais jeune par exemple, la scarification n’existait pas et on n’en parlait pas, (mais on ne sait pas bien l’influence de l’un sur l’autre : c’est comme la poule et l’oeuf !!).
 
   J’ai moins de documentation sur ces sujets. Il semble que l’aspect “addiction” soit également vrai pour la plupart des troubles alimentaires, mais que les raisons psychologiques ne soient pas les mêmes (la boulimie n’est pas liée à l’envie d’être grosse, mais à l’envie de manger). Les raisons chimiques et génétiques doivent sans doute être différentes, encore que des “quasi hormones” comme la “leptine”, produite par les cellules adipeuses semble, selon son taux, inciter à la boulimie ou au contraire à l’anorexie.

    Bien sûr je suis intéressé par toute information ou témoignage sur les sujets que je traite et je remercie ceux qui m’en fournissent ou qui, à l’inverse, me posent des questions, et m’incitent donc tous à traiter de nouveaux sujets ou à approfondir ceux que j’ai partiellement traités.
Merci de vos coms et de vos mails.

Lundi 15 décembre 2008 à 8:12

Drogue, alcool, addictions

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    Je voudrais d’abord répondre à une question qu’on m’a posée plusieurs fois depuis hier, par com ou par mail.
    Les études que j’ai mentionnées ont été faites par des chercheurs sur des personnes qui étaient des anorexiquesavérées, qui cherchaient systématiquement à ne pas manger depuis plusieurs mois, afin que les constatations soient significatives et nettes.
    Il est certain que le plupart des jeunes que je connais n’en sont pas là et ont simplement peu envie de manger quand elles sont stressées. Les conséquences sont donc moins graves mais le danger d’addiction est présent, si elles persistent dans leur comportement.
    Des études ont été faites aussi sur des personnes qui n’étaient pas encore au véritable stade de l’anorexie. Elles manifestaient aussi des comportements faisant penser que leur système de récompense ne fonctionnait plus correctement, mais les phénomènes étaient moins nets.
    Les conséquences sur le cerveau de la faim, chez des personnes qui ont jeûné longtemps sont connues et totalement différentes : c’est une excitation de centres de l’hypothalamus, qui ont tendance à provoquer au contraire une sorte de boulimie passagère. Chez des souris on peut bloquer cette boulimie en déclenchant une capture de la sérotonine par les centres d’apprentissage au moyen de produits chimiques qui “débloquent” le récepteur correspondant.

    Je vous ai donné hier une idée du mécanisme de l’anorexie dans le cerveau mais cela n’en indique pas les causes initiales. c’est ce dont je voudrais parler aujourd’hui. Ceci devrait aussi répondre à certaines questions posées.

    Les chercheurs ont souvent examiné la piste génétique en pensant à des variantes de gènes qui prédisposeraient telle ou telle personne à devenir anorexique.

    Des gènes ayant une grande variété d'effets sur le cerveau sont actuellement pressentis. On suspecte par exemple certains gènes responsables de la production d'un récepteur de la sérotonine, ou d'un récepteur de la dopamine, ou encore d'une protéine qui joue un rôle global dans la croissance des jeunes neurones et dans « l'entretien » des neurones adultes.
    Des études sont faites aussi sur des vrais et faux jumeaux anorexiques et laissent penser que certains gênes prédisposeraient à l’anorexie, sans que cette prédisposition ait pour conséquence certaine le “maladie”.
    Certains cehercheurs s’intéressent aussi aux gênes impliqués dans l’anxiété et les obsessions.   
    Pour que l’anorexie se manifeste chez les personnes prédisposées, il faudrait d’abord que les gênes en cause “s’expriment” (c’est à dire donnent lieu à des transformations chimiques : il faudra qu’un jour je vous explique ce qu’est l’expression d’un gène.).
    Ces recherches en sont à leur début.
   
    D’autres investigations ont mis en lumière que les filles étaient dix fois plus sujettes à l’anorexie que les garçons, jamais avant la puberté et surtout que le déclenchement des premiers symptômes avaient souvent lieu entre 15 et 19 ans.
 Une étude faite sur 772 jumelles de 12 à 18 ans aux USA, a montré que les changements hormonaux jouaient un rôle certain dans l’apparition des tendances anorexiques et qu’il y avait probablement concommitance entre ces changements hormonaux et l’expression des gênes de prédisposition à l’anorexie (on ne sait pas ici quelles sont les relations de cause à effet).
    L’étude a montré également que l’effet était plus prononcé chez les jeunes filles porteuses de gênes prédisposant à l’anxiété, au perfectionnisme et au caractère obsessionnel.

    Ce qu’ont également montré ces recherches, c’est qu’il y avait presque toujours un point de départ dans la tendance anorexique, qui était une détresse émotionnelle.
    Les chercheurs pensent qu’un ou des traumatismes psychologiques peuvent déclencher l’expression des gênes de l’anorexie ou d’autre gênes liés comme ceux qui président à la captation de la sérotonine par les centres de récompense.
    Une exception toutefois pour quelques personnes telles que mannequins ou sportifs qui veulent maigrir pour des raisons professionnelles et ensuite se sont retrouvées anorexiques parce que prises au piège de l’addiction.
    Des études de la personnalité d’anorexiques ont montré que 80 à 90 pour cent des anorexiques décrivent des problèmes d'anxiété avant même le déclenchement de la maladie, un certain perfectionnisme, marqué par un besoin d'éviter les comportements ayant des conséquences négatives (une prise de poids, par exemple), et une focalisation sur des buts bien précis à atteindre.
    Les anorexiques sont angoissés par le fait de prendre du poids, ils s'imposent des exigences draconiennes pour répondre aux contraintes, par exemple le standard de minceur affiché dans les médias ou le monde de la mode, et se fixent des buts en conséquence, qu'il s'agit de poursuivre sans relâche.
    Leurs centres de récompense leur font rechercher une forme anormale de plaisir. Il s'agit surtout d'éviter certaines émotions négatives, telle une anxiété intense ou une souffrance associée au sentiment d'être critiqué ou mal perçu.
De ce point de vue, l'anorexie n'est pas tant un problème de régime qu'une question de « gestion affective » : il s'agit, pour la personne de faire face à une forme de détresse émotionnelle, un sentiment d'imperfection ou d'infériorité dont elle va tenter de se guérir en se rendant irréprochable, plus maigre encore que ce que préconisent les canons sociaux ambiants.

    J’ai eu et j’ai encore des jeunes correspondantes qui ont des tendances anorexiques et je dois dire que, pour aucune de ces personnes, la vie n'est gratifiante et j’ai retrouvé chez elles beaucoup des caractéristiques psychologiques que citent ces études.

    Dans le prochain article, mercerdi, j’essaierai d’examiner que faire face à l’anorexie.
    Mais compte tenu de nos connaissances trop récentes sur le fonctionnement du cerveau et la génétique, le moyen le plus important sera, on le verra , la lutte contre les traumatismes émotionnels qui ont déclenché cette tendance.


Dimanche 14 décembre 2008 à 8:46

Drogue, alcool, addictions


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    Je vous ai parlé  hier de l’anorexie, en général.
Aujourd’hui je voudrais vous donner quelques informations sur l’origine physioloique de ce dérèglement, et notamment sur les études faites sur les anomalies au niveau du cerveau.


     Récemment, les recherches sur l'anorexie se sont intéressées plus particulièrement au cerveau et à la façon dont il se modifie chez les personnes qui deviennent de plus en plus anorexiques.
    Je vous ai souvent parlé (et il faudra qu’un jour je fasse un article spécifique de ce sujet), d’un ensemble de structures cérébrales qui font ressentir du plaisir quand on s'adonne à une activité qui augmente les chances de survie : manger, boire, se reproduire, mais qui ont aussi pour but de permettre les divers apprentissages notamment chez l’enfant.
 Il se mobilise également lorsque nous faisons une action qui nous satisfait.
    . Ce circuit de la récompense produit habituellement une sensation de bien-être quand on se livre à ces activités, mais il peut aussi être stimulé de façon artificielle par des drogues (notamment le cannabis, la cocaïne ou la nicotine...), auquel cas son activité ne reflète plus une démarche « positive » pour l'organisme, mais une dépendance. C’est lui qui intervient ainsi de façon “déviante” dans toutes les addictions même non chimiques, comme par exemple la cleptomanie, la manie du jeu ou des jeux vidéos...
    Dans le cadre de l'anorexie, les modifications du système de récompense agissent non seulement sur la privation de nourriture, mais pourraient entraîner une incapacité générale à éprouver le contentement lié aux plaisirs simples de la vie, qu'il s'agisse de nourriture, de sexe ou de réussite à un jeu ou une épreuve sportive ou autre.....
    En ce sens, cette maladie présenterait certains traits communs avec les dépendances aux drogues, à  une différence près, cependant: la personne malade ne serait pas dépendante d'une substance chimique mais de la sensation de faim ou de privation.

    Presque toutes les drogues agissent sur les circuits cérébraux de la récompense - et en particulier sur le centre du plaisir, (le noyau accumbens), en augmentant la concentration d'un neuromédiateur chimique, la dopamine.
    La libération de dopamine déclenche des sentiments de bien-être et est également responsable du sentiment de planer déclenché par la prise de nombreuses drogues. Certaines, dont l'ecstasy, coupent également l'appétit, ce qui laisse penser que le refus de s'alimenter pourrait, d'une manière ou d'une autre, découler d'une activité anormale du circuit cérébral de la récompense.
    En octobre 2007, des chercheurs américains ont injecté de l'ecstasy dans le noyau accumbens de souris, ils ont observé que ces dernières ont commencé à se comporter « comme des anorexiques.
    Les neurobiologistes ont montré que l'ecstasy supprime l'appétit des souris en stimulant un récepteur de la sérotonine, autre neuromédiateur important dans le cerveau sur certains neurones particulier du noyau accumbens , lequel en liaison avec l’hypothalamus, qui règle notre vie végétative, supprimait alors le désir de manger.
    On peut donc penser que si une anomalie de la sécrétion de sérotonine se produit chez une personne(du fait de son stresspar exemple) et que son centre du plaisir, alors excité produit un supplément de dopamine, cette personne peut très bien en arriver à associer la privation alimentaire à un sentiment de plaisir, ce qui permet l'entrée dans une dépendance à la faim, comme d'autres personnes sont dépendantes à la cigarette, à l'alcool ou à l'héroine.
    C’est actuellement l’exlpication que retiennet le plus souvent les neurobiologistes.


    D'autres recherches confirment que l'addiction à la faim rend les anorexiques, tout comme les toxicomanes, insensibles au plaisir de manger, et peut-être aussi à d'autres satisfactions.
    Elles ont montré que les anorexiques perdaient la sensation de ce qui était “agréable au goût” d’autres personnes.
    Mais elles ont aussi montré que l'indifférence des anorexiques à l'égard des stimulations plaisantes ne se limite pas à la nourriture.
    Des chercheurs ont testé notamment sur des anorexiques (et un groupe témoin de non anorexiques) des jeux qui procuraient un gain d’argent en cas de succès.
    Les femmes n'ayant pas de passé anorexique ont réagi comme on pouvait s'y attendre : lors- qu'elles fournissaient une bonne réponse, elles gagnaient de l'argent et exprimaient leur satisfaction d'avoir gagné. Dans le cas inverse, elles montraient des signes de dépit. En outre, ces réactions se traduisaient par des activités cérébrales cohérentes : les gains activaient une zone du cerveau nommée striatum ventral antérieur, qui contribue aussi au traitement des récompenses immédiates. Naturellement, cette zone ne s'activait pas en situation de perte financière.
    Les femmes anorexiques ne donnaient aucun signe de satisfaction en situation de gain, ni de déception en cas de perte. Leur cerveau lui-même restait indifféren; le striatum ventral antérieur s'activait de la même façon quel que soit le résultat financier de l'opération...
    Les circuits de leur cerveau qui font ressen-tir du plaisir en relation avec un événement positif immédiat ne fonctionnent pas correctement chez un anorexique.

    Malgré tout, au cours du jeu, leur activité cérébrale augmentait dans une autre zone du cerveau émotionnel, nommée noyau caudé, quand elles gagnaient. Cette région cérébrale fait partie d'un autre circuit qui permet de planifier des actions à long terme et d'en évaluer les conséquences. C'est elle qui pourrait, à long terme, associer la privation alimentaire à l'activation du système de récompense et donc au plaisir dans le cerveau des anorexiques.
    Ce résultat est cohérent avec la tendance des anorexiques à envisager l'essentiel de leurs actes dans une dimension temporelle très structurée, planifier tous les détails de leur quotidien, anticipant l'avenir sans réellement vivre le présent. Ceci est caractéristique de leurs difficultés à vivre « ici et maintenant ».

   
Vous avez donc une idée du “mécanisme cérébral”  de l’anorexie.
    C’est donc une anomalie probable de la sécrétion d’un neurotransmetteur (sérotonine), associée à un fonctionnement anormal des “circuits de la récompense” (noyau accumbens et striatum); lesquels produisent un autre neurotransmetteur qui fait ressentir une certaine satisfaction et donc transforme la faim de l’anorexique de besoin en plaisir.
    De plus ces fonctionnement anormaux non seulement enlèvent les sensations agréables du goüt, mais privent l’anorexique des sensations agréables d’un certains nombre de plaisir comme la réussite d’un jeu ou d’une épreuve.
   
   
Je m’arrêterais là pour ne pas trop vous fatiguer et demain nous essaierons d’expliquer les causes à l’origine de ces anomalies, et donc de l’anorexie.

Samedi 13 décembre 2008 à 12:01

Drogue, alcool, addictions

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    Quelques unes de mes correspondantes souffrent d’anorexie, cette habitude de ne pas vouloir manger pour maigrir.
    D’autres n’ont pas vraiment encore cette addiction, mais ont l’appétit coupé par leur stress.
    Quelques unes enfin voudraient faire un régime pour maigrir parce qu’elles se trouvent trop grosses, alors que leur médecin les trouve normales.
    Toutes se demandent ce qui leur arrive et d’autres qui mangent normalement ne comprennent pas non plus et traitent ces tendances de manies et les fustigent.
     
Je voudrais donc vous parler de l’anorexie.

    Mais ce n’est pas si facile que cela à faire.
    J’ai lu beaucoup d’articles scientifiques à ce sujet, quelques erticles de psys également. Certains ne sont pas simples à comprendre et cela m’avait obligé à me replonger un peu dans la chimie du cerveau.
    Ils ne sont pas tous cohérents entre eux car heureusement on a fait des progrès ces derniers temps.
    Alors je vais être obligé de résumer, de simplifier le plus possible, pour ne pas vous ennuyer, mais pas trop, pour ne pas être inexact.
    Cela vous semblera peut être un peu trop “un cours de SVT”.
    Je vais donc le faire en trois ou quatre articles.

    Aujourd’hui je vous dirai ce qu’est l’anorexie, au plan général.
    Demain je vous parlerai de ce qu’on sait sur ce sujet , sur les causes de cette addiction.
    Les recherches portent en effet sur deux domaines essentiels :
        - l’explication du mécanisme d’anorexie dans le cerveau : essentiellement un problème de neurotransmetteurs.
        - la recherche des causes de ces anomalies, en particulier au plan génétique.

    Enfin je ferai un autre article sur les remèdes possibles :
        - la lutte directe contre l’anorexie
        - la lutte indirecte contre le stress qui l’engendre.

    J’espère que j’arriverai à ne pas être trop obscur et compliqué.
    Vous pourrez évidemment me poser par com ou par mail, toutes les explications que vous souhaitez.

    Qu’est ce donc que l’anorexie.?
    Cela peut aller de l’état d’esprit à la véritable addiction.


    Parmi celles avec lesquelles je corresponds, peu sont véritablement anorexiques, mais elles pourraient le devenir.
     Elles me disent qu’elles n’aiment pas leur silhouette, qu’elles se trouvent trop grosses,  et qu’elles font “un régime”. c’est à dire qu’elles ne mangent pas à leur faim.
    Mais elles m’avouent en même temps que le médecin n’est pas de cet avis et si on fait les petits calculs habituels, on s’aperçoit qu’elles n’ont rien de personnes “grasses” et que parfois elles sont même un peu “maigres” (conséquence de leur régime).
    En fait ces jeunes ne se sentent pas bien dans leur peau, elles ne “s’aiment pas”. Il y a donc derrière cette tendance un problème psychologique.
Pourquoi ce manque de confiance en elles ?

    C’est cela qu’il faut chercher et c’est cela qu’il faut essayer d’éliminer.
La faim et l’insouciance reviendront alors.

    Ce qui est grave dans le problèmequ’elles rencontrent, c’est que si elles continuent dans cette voie elles risquent de devenir vraiment anorexiques.
    L’anorexie c’est en effet une addiction,
comme l’alcool, comme la drogue, comme la manie du jeu au casino ou sur ordinateur, ou la cleptomanie. C’est aussi comparable à la mutilation, la scarification.
    C’est une habitude qu’on a prise et dont on ne peut plus se passer et qui, pis encore, augmente avec le temps, car les niveaux qui vous satisfont aujourd’hui ne le feront plus demain.
    L’anorexie se termine en général par la mort si elle n’est pas soignée, et une mort pas agréable, dans la souffrance et l’incapacité.

    Les services de surveillance de la santé estiment que aux USA  l’anorexie toucherait entre 0,5 et 3,7 %des femmes américaines et en France entre 1 et 1,5 %, les hommes étant dix fois moins touchés et beaucoup de ces personnes étant des jeunes filles après la puberté.
    On estime que l’anorexie représente la cause de 20% des décès des femmes atteintes de maladies mentales.

    Il ne faut pas croire en effet que les anorexiques ne mangent pas “par plaisir”. Ils souffrent et ils ont faim.
    La plupart des gens ont horreur des régimes. Mais lorsqu'une personne anorexique est au régime, elle se sent effectivement mieux, plus alerte et plus énergique, lorsqu'elle a faim. Ne nous leurrons pas : les anorexiques souffrent de tiraillements de l'estomac provoqués par la faim ; toutefois, elles trouvent simplement des moyens de les dépasser.
    Pour ces personnes, parvenir à s'imposer la privation malgré la douleur est alors vécu comme une réussite, et procure la satisfaction associée à tout succès, à toute victoire remportée sur la difficulté. C'est ce sentiment que certains “accros aux régimes” en viennent à désirer intensément cette privation et risquent donc de devenir anorexiques.
    Des recherches ont également montré que les anorexiques deviennent insensibles au plaisir de manger.
    Enfin, il faut citer une certaine anorexie particulière qui est à la fois une boulimie car on mange beaucoup, mais on va ensuite se forcer à vomir la nourriture qu’on a avalée. C’est le fait souvent de jeunes qui ne veulent pas que leur entourage s’aperçoive de leur addiction.

    Dans mes prochains articles j’essaierai de vous montrer les mécanismes de l’anorexie au niveau du cerveau, et je vous exposerai également les résultats des recherches génétiques, puis je vous parlerai des moyens de lutter contre l’anorexie.

Dimanche 13 juillet 2008 à 12:23

Drogue, alcool, addictions

    Je regarde en général une fois par jour le journal télévisé, et quand je susi en vacances, le journal régional qui le précède.
    Le week-end dernier, les gendarmes ont fait en Bretagne de nombreuyx contrôles d'alcoolémie et de drogue à la sortie des discothèque.
    Ces contrôles avaient été déclenchés par la mort de trois jeunes, dont la voiture avait percuté un arbre, le conducteur ayant fumé du cannabis.

    J'ai fait l'an dernier des articles sur les dangers du cannabis. En fait pour un conducteur de véhicule ou de machine, le cannabis est plus dangereux que l'alcool, car il a les mêmes effets sur les réflexes et en agissant sur le cerveau préfrontal, il empêche de mesurer les conséquences de ses actes. En plus son action est plus insidieuse car on ne se rend pas compte que ses facultés sont fortement diminuées.

    Lors de ces contrôles, les gendarmes ont arrêté un couple anglais qui prenait la route en circulant sur la gauche. Ils étaient tellement ivres qu'ils ne se rappelaient même plus qu'ils étaient venus en France.
    Les gendarmes leur ont sans doute sauvé la vie ainsi qu'à ceux qu'ils auraient percutés de front sur la route !

    Quand vous conduisez une voiture, une moto, un vélo, ne buvez pas d'alcool et ne fumez pas de cannabis !!.



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lancien

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