Vendredi 17 août 2007 à 16:00

Drogue, alcool, addictions

    Puisque dans mes derniers articles on comparait tabac, cannabis et alcool, parlons de ce dernier.

    C'est la période des vacances et on cherche à se distraire,
c'est normal, on s'amuse davantage avec ses copains et copines.
Certaines de mes correspondantes me racontent un peu ce qu'elles font et je suis parfois étonné de certains comportements.
   
    J'ai toujours compris que quelqu'un de très triste, qui a un gros problème, cherche parfois la fuite dans l'alcool ou le cannabis. Cela calme la douleur pendant un moment. Certes c'est un peu une illusion, et on risque de s'habituer à cet échappatoire, mais la douleur est parfois trop forte pour résister seule à cela.

    Par contre j'avoue ne pas comprendre comment on peut se réunir uniquement pour s'amuser et boire par plaisir au point d'être tous (ou presque) ivres ou bien fumer suffisamment du cannabis, pour ne plus se rendre compte de ce que l'on fait.
    Je comprends qu'on ait plaisir à boire un peu de vin ou d'alcool, mais je n'arrive pas à saisir quelle peut être la joie de l'ivresse (d'autant plus que la plupart d'entre vous semblent avoir l'ivresse triste).
    Que l'on se fasse prendre une fois parce qu'on n'a pas l'habitude de l'alcool, je le comprends, c'est normal, mais pas lorsque cela se renouvelle régulièrement.
    Ce qui m'étonne surtout c'est que vous n'ayez pas conscience du danger d'une telle situation.
   
    Je me souviens lorsque j'étais étudiant, avoir eu des camarades qui s'étaient ainsi enivrés et l'un deux, inconscient du danger et pourtant pas très stable, se promenait sur la corniche de l'immeuble au quatrième étage, et nous avons eu beaucoup de mal à le ramener, intact, dans nos chambres.
    Je me souviens aussi d'avoir vu un camarade ivre, la tête enfoncée dans la cuvette des wc, se tirer la chasse d'eau pour se “rafarichir les idées”.!!!
    J'ai vraiment eu l'impression dans ces moments de ne plus avoir en face de moi des hommes, mais des animaux qui satisfaisaient leur instinct.
    Sans compter tous ceux qui sont ensuite malades de cette absorption anormale, que souvent l'organisme ne supporte pas.
    L'abus de cannabis entraîne les mêmes problèmes.

    Par ailleurs certaines fois cela peut conduire à la catastrophe.
    J'ai dû aider plusieurs de mes correspondantes à surmonter leur douleur, car ayant ainsi trop bu dans une soirée, leurs camarades garçons probablement aussi ivres qu'elles, avaient profité de la situation et, bien que, sur le moment, elles ne se sont pas rendu compte de grand chose et qu'il n'y ait pas eu d'agression, le traumatisme qu'elles ont eu ensuite était tout à fait comparable à celui d'un viol, et presque aussi difficile à surmonter.

    Certes je suis un vieux grand-père et donc me direz vous, les moeurs ont changé par rapport au temps où j'étais jeune.
    Mais pouvez vous alors m'expliquer l'intérêt d'être dans un état où l'on ne sait plus ce qu'on fait, où l'on risque de se tuer en voiture ou de traumatiser une camarade parce qu'on aura cédé à une pulsion incontrolée ?


Jeudi 16 août 2007 à 10:29

Drogue, alcool, addictions

    J'ai reçu plusieurs mails qui me donnent des avis divers sur la comparaison alccol - tabac - cannabis. Il serait trop long de les citer tous (de plus selon mon habitude, je devrais demander à leurs auteurs l'autorisation de les publier.
    Mais deux commentaires, qui peuvent être vus de tout le monde, résument bien la plupart des avis : les voici :

    “...Les plus dangereux selon moi sont l'alcool et le tabac . Et ce pour plusieurs raisons . La première est que la plupart du temps chaque personne débute par l'un des deux et le traine jusqu'a la fin de sa vie . La deuxième est que ses deux substances s'achètent facilement , étant donné que c'ets légal . Tout le monde ne consomme .. sans trop se soucier des conséqunces ...
En fait , tout dépend de la quantité consommée par chaque induividu . Et la question est ausi de savoir si l'individu en est dépendant . Un joint de temps en temps te fera beaucoup moins de mal qu'un paquet de clope par jour , ou qu'une bouteille d'alcool par jour... “ (commentaire de “un-peu-de-lecture).
    “ ... conduire une voiture apres avoir fumé, je suis totalement d'accord que c'est une betise... Seulement, je reste intimement persuadé que les accidents de la route sont du (au moins pour les 2/3) a l'absorbtion d'alcool...Le cannabis est dangereux au plus tard 36heures apres l'avoir fumé!
Un homme ayant fumé un joint il y a 2 semaines se verra retirer des points alors que quelqu'un d'autre ayant bu 5 whisky il y a 5jours n'aura aucun risque... pourtant la lucidité des 2 sera identique
probleme de loi? tout cela est une autre histoire et nécessite un débat de plusieurs heures!... (commentaire de mon amateur de carambar)

    Je suis d'accord sur ce que vous dites là.
    Mais lorsque l'on fait de la recherche, ou lorsque l'on cherche la solution d'un problème, et en particulier quand on veut comparer des situations, il y a quelques règles à respecter absolument si on ne veut pas dire n'importe quoi (règles que malheureusement négligent beaucoup de médias) et notamment :
    Il ne faut faire varier qu'un seul paramètre à la fois, et donc lister les paramètres et regarder l'influence de chacun d'entre eux.
    Certains peuvent faire l'objet d'une étude chiffrée, d'autres sont plus subjectifs
    Lorsque l'on établit une corrélation mathématique statistiques entre deux phénomène, il n'est pas du tout certain que l'un soit la conséquence de l'autre.
(il peut y avoir simplement des causes communes).
    Par exemple on peut établir une corrélation entre la consommation de combustibles de chauffage et la mortalité des vieilllards, mais il ne faut pas y voir une relation de cause à effet car alors on devrait conclure que pour que les vieillards ne meurent pas, il ne faut pas les chauffer !! LooL

    Dans le cas de notre comparaison tabac, cannabis, alcool,  on peut d'abord étudier les effets biologiques sur l'organisme.
    On peut en déduire dans la limite de nos connaissances actuelles, les effets à cout terme et à long terme, certains étant des effets somatiques, c'est à dire qui rendent malade à court terme en agissant sur certains organes, et des effets à long terme dont certains sont somatiques (comme le cancer), d'autres étant génétiques, car ils provoquent des modifications au niveau de l'ADN, des chromosomes et des gamètes.
    On peut séparer comme je l'avais fait  les dépendances physiologiques, psychologiques et sociales.
    Les études quantifiées doivent tenir compte du facteur temps et des quantités absorbées (les doses”) et il est évident que les effets sont très différents pour celui qui fume une fois de temps en temps ou qui fume un paquet de cigarettes ou plusieurs joints par jour.
    C'est vrai aussi que es effets de l”alcool comme celui du cannabis peuvent mettre plusieurs heures voire 24 heures pour s'atténuer, mais que la teneur en alcool dans le sang disparait en général en 48 heures au plus, alors qu'on peut trouver des traces de cannabis au bout de 4 jours.

    Il faut ensuite examiner, mais ce n'est plus une étude scientifique, les possibilités et facicilités d'approvisdionnement et l'incidence du coût; les chaînes d'approvisionnement et à qui rapporte ce commerce.
    On peut alors aussi étudier les conséquences de la législation qui j'en conviens n'est pas toujours bien faite et est lente à s'adapter.
    il est aussi intéressant de se poser des questions sur l'aspect social et notamment le rôle des médias.

    Mais comme je l'ai dit plus haut, il ne faut en aucun cas mélanger les divers paramètres et la conclusion sur la comparaison entre les produit est souvent différente selon les aspects examinés.
    C'est la raison pour laquelle mes articles sont parfois longs ou “en plusieurs fois”, pour essayer d'avoir le maximum d'objectivité.
    Malheureusement les médias, qui veulent être lues et donc doivent “faire”court” et cherchent par ailleurs le “sensationnel qui frappe”, préfèrent souvent les conclusions lapidaires, mais parfaitement subjectives et inexactes, parce qu'incomplètes ou mélangeant tous les paramètre ou privilégiant l'un d'eux sans le dire.

Lundi 13 août 2007 à 19:04

Drogue, alcool, addictions

    J'ai trouvé sur un de mes anciens articles, concernant le mode d'action et les dangers du cannabis, un commentaire intéressant de “ska-rambar” qui mérite une réponse. J'ai pensé que plutôt que de faire une réponse individuelle, celle ci pouvait intéresser aussi mes autres lecteurs.
    Au passage son pseudo m'a rajeuni d'une trentraine d'années quand mes enfants se battaient pour des carambars, certainement moins nocifs que le cannabis. J'espère que mon correspondant les aime aussi.!! LooL

    Voici le commentaire :

“..Apres une longue hesitation, je me décide a laisser un commentaire, car tous ces articles sur le cannabis ne m'ont pas l'aissé indifferent :
    Tout d'abord le terme de "drogue douce" utilisé dans cet article...
si c'est une drogue elle ne peut pas etre douce, et si elle est douce, ce n'est pas une drogue comme disait l'autre
    Ensuite, au niveau de la dépendance. je me suis renseigné sur le sujet et j'ai vu une etude scientifique mené en 2000 qui comparait le cannabis au tabac et a l'alcool.
elle se resumait ne 4 points :
    - la dépendance physique
    - la dépendance psychique
    - la toxicité générale
    - la dangeurositée sociale
    A l'issue de cette étude, on constate que le cannabis est beaucoup moins dangereux que le tabac et surtout l'alcool.
    Cependant, ces 2 derniers produits sont autorisés en france, avec des barrieres fictive! : je me revois acheter mon premier paquet de tabac a 13 ans ! ...”

    Les termes de “drogue douce” et “drogue dure” sont couramment utilisés par les chercheurs et les médecins : ils désignent des produits en général psychotropes (d'où le terme de drogue) à forte dépendance physiologique (les drogues dures) ou à faible dépendance, celle ci étant plutôt psychique (drogue douce), ce terme méritant d'ailleurs certaines précisions.
    Les études des années 1990 sur le cannabis étaient très incomplètes et des études plus récentes (2005 -2006), utilisant les moyens d'investigations actuels sur le cerveau, sont plus complètes et plus pessimistes.
    Par ailleurs on ne peut comparer "en bloc" un “danger” qui a des facettes multiples.
   
    Si on compare la dépendance physiologique cannabis, alcool et tabac, effectivement la dépendance physiologique au cannabis est moindre.
    Il faut des “doses” de “tétrahydrocarbinol” (ou THC, le principe actif du cannabis) très importantes pour induire une dépendance physiologique, ce qui implique de fumer plusieurs joints tous les jours.
    Au contraire la nicotine entraîne une dépendance plus ou moins importante selon les personnes et la façon dont elles fument. L'arrêt de l'usage du tabac peut entraîner un véritable “manque”, sans compter l'effet sur la prise de poids.
    L'alcool entraîne également une dépendance assez variable suivant les individus, car elle dépend, évidemment des quantités régulièrement absorbées, mais aussi de la réaction de l'organisme qui a une capacité plus ou moins importante de destruction de l'alcool absorbé.

    Par contre la dépendance psychologique du cannabis est au moins aussi importante que pour l'alcool ou le tabac. Il s'agit d'une réaction de nos “centres d'apprentissage”  qui sont aussi les “centres du plaisir” comme les appellent les journalistes. Je ferai peut être un article prochainement sur ce mécanisme, mais cela ressemblera encore à un cours de SVT.
    Il s'agit de l'incitation à refaire à nouveau (ou corriger), une action qui nous a apporté un bénéfice, une amélioration de notre condition, un plaisir...
    C'est par la répétition et la sélection des résultats par ces centres d'apprentissage, que nous apprenons chez le bébé à prendre des objets, à marcher, chez l'enfant à lire, écrire et le comportement de tous les jours et chez l'adulte de nombreux mécanismes et une certaine expérience.           
    Mais ce sont aussi ces centres qui nous incitent aussi à refaire une action qui nous a apporté du plaisir à court terme, sans se soucier des conséquences à moyen et long terme.

    L'usage régulier du cannabis entraîne une telle dépendance au moins aussi importante que pour l'alcool et plus importante que pour le tabac, l'addiction (l'habitude pour être plus simple), résultant pour le tabac, plus du manque de nicotine, de la peur de grossir ou de la manipulation de la cigarette par les doigts.

    En ce qui concerne la dépendance “sociale”, l'usage du cannabis et du tabac résultent en partie d'un besoin de faire “comme les autres” ou pour un ado “comme les adultes”.
    C'est moins le cas de l'alcool.
    Par contre, alors que fumer du tabac est plutôt une action individuelle, fumer du cannabis ou boire de l'alcool est souvent une “occupation de groupe”.

    En ce qui concerne les dangers, il faut voir divers aspects.
    Le plus gros danger du cannabis actuellement est la conduite d'un véhicule après avoir fumé.
    Dans ce domaine le tabac n'a pratiquement aucun effet.
    On connaît les effets de l'alcool et 30% des accidents environ sont dûs à ces effets.

    Mais ce qui est moins connu c'est que dans ce domaine, fumer du cannabis est encore plus dangereux. Le cannabis modifie les perceptions et notamment l'interprétation de la vision par le cerveau; il diminue l'évaluation du danger, et donne une confiance exagérée. Fumer plusieurs joints augmente de façon importante le risque d'accident, la personne sous-évaluant les limites dangereuses des manoeuvres.
   
    En ce qui concerne les effets à court terme autres que les effets sur la perception et l'attention, le cannabis entraîne des troubles de la mémoire, et une incapacité à réfléchir et travailler par perte d'attention, mais il semble que pour la plupart des fumeurs, ces phénomènes soient passagèrs et le trouble disparaît si on arrête de fumer.
    Toutefois de récentes études semblent montrer que pour les très gros fumeurs une atteinte permanente de la mémoire est possible et on n'a pas assez de recul pour connaître les effets à long terme, mais une ceraine suspicion règne car l'atteinte de l'hippocampe (le “professeur” de la mémoire), est toujours inquiétante (c'est cette atteinte qui est à la base de la maladie d'Alzeimer).
    A long terme on connaît les effets du tabac sur l'appareil respiratoire et de l'alcool sur l'appareil digestif et le foie.

    Enfin on connaît aussi les effets cancérigènes de l'alcool et surtout du tabac. Ce qui est mal connu et non encore quantifié de façon certaine, c'est l'effet du cannabis, car il faut un recul de plusieurs dizaines d'années pour se prononcer.
    Toutefois on peut mesurer les quantités de goudrons cancérigènes absorbées et on sait que fumer deux joints équivaut dans ce domaine à environ un paquet de tabac avec filtres.

    Les effets du cannabis sont encore mal connus. Mais les études récentes semblent montrer qu'il est plus dangereux que l'alcool en ce qui concerne la conduite de véhicules et que les effets à long terme qu'il est susceptible d'entraîner ,sont probablement plus nocifs que ceux du tabac.
    A faible dose, il entraîne des effets à court terme gênants, notamment sur la mémoire et la volonté, mais qui seraient, semble t'il, réversibles.




Mercredi 17 janvier 2007 à 9:34

Drogue, alcool, addictions

   
   
    Que fait le cannabis sur votre cerveau.?    

     C'est son principe actif, le “tétrahydrocarbinol” (ou THC), qui agit sur la transmission de l'influx nerveux de certains neurones (les cellules nerveuses), particuliers : ceux qui sont sensibles à des produits voisins du THC, et que les neurones du cerveau synthétisent naturellement : “les endocannabinoïdes” qui sont des “neuromédiateurs” particuliers.
     J'expliquerai dans l'article suivant ce qu'est un neuromédiateur et quelle est l'action du THC au niveau d'un neurone. Dans le présent article, je me contenterai d'examiner son action au niveau de l'ensemble du cerveau.

     Sur la figure ci dessous
les régions particulières du cerveau sur lesquelles le THC agit, sont indiquées et nous allons les passer en revue.
     Le THC agit particulièrement sur ces centres nerveux car ils contiennent beaucoup de neurones utilisant “les endocannabinoïdes” comme “neuromédiateurs” .

     Le cervelet est “l'annexe” du cerveau qui contrôle tous nos automatismes appris : l'équilibre, la marche, faire de la bicyclette, de la planche à voile, ou conduire une automobile, jouer du piano ou taper sur le clavier de l'ordinateur... C'est donc un organe qui coordonne nos mouvements qui, après apprentissage, sont passés au stade de l'automatisme.
     Le cannabis ralentit le fonctionnement du cervelet et diminue donc toutes nos facultés d'automatisme et notamment celles de conduite d'engins (voiture, moto, cycle) ou de machines (notamment des machines industrielles qui peuvent être dangereuses).

     Les noyaux centraux (on les appele aussi “ganglions de base” dans les documents anglo-saxons), sont un ensemble de centres nerveux qui notamment contrôlent la coordination de nos mouvements et le déclenchement et l'arrêt des actions, sous l'impulsion de notre cortex qui réfléchit, organise et commande.
     Le cannabis perturbe donc la cordination de nos mouvements et actions et comme il en perturbe l'initiation et l'arrêt, il conduit à une certaine apathie, un manque d'initiative et de motivation.

     L'hippocampe est un organe essentiel pour la mémoire. L'hippocampe est en quelque sorte le professeur de la mémoire, car c'est lui qui trie les informations, les fait mémoriser de façon immédiate et provisoire, avant qu'on autre processus pérennise certaines de ces information par un phénomène de consolidation de la connexion des neurones qui ont enregistré les éléments de cette information.
 La maladie d'Azeimer des personnes âgées est due essentiellement à une dégénérescence des neurones de l'hippocampe.
     Le cannabis perturbe le fonctionnement de l'hippocampe et donc celui de l'alimentation de la mémoire immédiate.
     Ce phénomène est accentué par la perturbation “des mémoires tampons” du précortex frontal.
     Ces centres nerveux stockent des informations, qui transitent venant des centres de perceptions ou les centres d'analyse de celles-ci, certaines provenant aussi du cerveau émotionnel, avant de les acheminer vers les centres du cortex qui pensent ,réfléchissent, coordonnent et ordonnent les actions.
 Certaines de ces mémoires de stockage sont plus spécialisées dans les informations ayant les idées et le langage comme support, et d'autres traitent les images, les schémas, les scènes globales.
     Elles ne peuvent stocker en général qu'elles mémorisent aussi les “adresses” des connexions à mettre en oeuvre pour retrouver une partie des informations stockées à moyen terme dans divers endroits du cerveau, le temps nécessaire pour l'exploitation en vue d'une action donnée (par exemple se rappeler où j'ai garé ma voiture dans le parking du supermarché, jusqu'à ce que j'ai fini mes courses !).
     Le cannabis diminue donc notre capacité de traiter des problèmes, car il perturbe la remontée et la méorisation des informations nécessaires.

     Certains neurones du cortex sont également sensibles au THC et nos facultés de prévision de l'avenir, de prévoyance des conséquences de nos actes, et donc des risques et du danger, sont perturbées.

     Le complexe amygdalien est également perturbé. Je vous ai souvent parlé de ces centres qui contrôlent nos peurs, nos colères, nos émotions violentes, et les actions de défense contre les dangers.
     D'une part le cannabis réduit sur le moment notre anxiété et nos peurs, mais il nous rend aussi en partie inconscient du danger.
     A terme, lorsque son action diminue, nous avons au contraire l'impression, lorsque ce complexe amigdalien retrouve son fonctionnement normal, que notre anxiété augmente de façon importante.

     Enfin le cannabis agit aussi sur l'hypothalamus et sur le tronc cérébral, qui régulent tous mos mécanismes automatiques de vie : respiration, rythme cardiaque et tension artérielle, température, système hormonal par l'intermédiaire d'une glande voisine de l'hypothalamus et sous son contrôle : l'hypophyse....
     Ils contrôlent la faim, la soif, des réflexes tels que les vomissements, notre comportement sexuel, et les mécanismes de perception de la douleur....
     Dans certains cas le cannabis peut donc intervenir sur ces actions fondamentales de régulation de l'organisme (on les appelle l'homéostasie).

     Le cerveau est un organe extrèmement complexe qui est protégé contre les produits chimique par “la barrière hémato-encéphalique”, formée de cellules qui empêchent le passage de certaines substances du sang vers les neurones et autres tissus cérébraux. Mais les substances qui peuvent être dissoutes par les graisses, peuvent passer cette barrière et c'est le cas du THC.
     C'est la raison pour laquelle le cannabis agit sur tous les centres du cerveau qui utilisent partiellement des neurones sensibles aux endocannabinoïdes, neurotransmetteurs produits par le cerveau, qui régulent le  fonctionnement de ces neurones
 . Le THC, se substituant à ces neurotransmetteurs, perturbe donc le fonctionnement normal du cerveau.

Mercredi 17 janvier 2007 à 9:23

Drogue, alcool, addictions



     Examinons maintenant les dangers d'une absorption régulière de THC par quelqu'un qui fume souvent des joints.

     Une telle personne perd peu à peu le sens des réalités, n'a plus de bon sens et devient apathique. Elle perd sa capacité de se projeter dans l'avenir, son élan vital, et se désintéresse de tout.
 Ses capacités intellectuelles et de communication diminuent. La pensée reste cohérente et l'individu se rend compte de son manque de motivation.
     Cet état de passivité est en général réversible à l'arrêt de la prise de drogue.
     Les difficultés se manifestent en général dans le monde du travail ou à l'école, le risque à terme étant une désinsertion sociale progressive.
     
     Ces effets sont d'autant plus sensibles que les personnes qui fument beaucoup de cannabis sont souvent déjà dans un état psychologique fragile.

     En cas d'usage important de drogue pendant une longue période, les neurobiologistes constatent une perte de la mémoire à court terme, probablement par une action nocive sur l'hippocampe (qui est le “professeur” de la mémoire), et sur les mémoires tampons qui se trouvent dans le cortex intermédiaire et nous permettent de stocker et de traiter provisoirement des informations. On ne sait pas si ces dégats sont réversibles;
     Les effets sont beaucoup plus importants chez de jeunes adolescents, dont le cerveau n'est pas encore arrivé à matûrité.
     On constate également des anomalies respiratoires, immunologiques et hormonales. L'administration régulière de THC à des rats provoque une diminution du taux de testostérone et une atrophie des testicules.

     Comme pour la nicotine les effets cancérigènes pulmonaires sont indéniables et plus importants que dans le cas du tabac (davantage de produits tels que les benzopyrènes et les benzanthracènes). Une revue affirmait que fumer 3 joints par jour présentait un risque cancérigène supérieur à celui d'un paquet de tabac par jour. Cette conclusion résulte toutefois d'extrapolations statistiques dont certaines hypothèses ne sont pas sûres.
     Il a été constaté que chez les personnes prédisposées à la schyzophrénie, l'abus de cannabis favorisait l'apparition de la maladie.
     Enfin fumer du cannabis lors d'une grossesse est dangereux pour le foetus dont le cerveau est en pleine formation et des anomalies peuvent être constatées; le THC franchit en effet la barrière placentaire, de la même façon qu'il franchit la barrière hémato-encéphalique qui protège le cerveau.
     J'essaierai d'expliquer son action dans les prochains articles.

     Enfin il existe une dépendance physiologique (phénomène de récompense à l'apprentissage dans le cerveau central) et psychologique (attrait d'une chose agréable, qui semble diminuer les soucis) qui incitent les gens qui fument régulièrement non seulement à continuer, mais même à augmenter les doses.
     Toutefois cette dépendance est moins importante que pour les drogues dures.

     En définitive, si l'usage régulier de cannabis n'entraîne pas de maladie spectaculaire et mortelle, il est néanmoins nocif pour le cerveau, et cela d'autant plus que l'individu est jeune, il entraîne des anomalies de la mémoire, un manque de capacités de réflexion, de motivation et d'efficacité.
     Il favorise l'échec scolaire et la désinsertion sociale.
     C'est donc pour protéger les individus et notamment les jeunes que la consommation du cannabis est interdite en France, au même titre que celle des autres drogues.
     Mais le meilleur moyen d'éviter une telle consommation est d'informer sur les dangers qu'elle présente.

Lundi 15 janvier 2007 à 9:15

Drogue, alcool, addictions



 
   J'essaierai de décrire d'abord ce qui se passe, lorsque quelqu'un fume du cannabis de façon occasionnelle, c'est à dire très peu souvent.
    Toutefois ces symptômes varient selon les individus et surtout la quantité de THC absorbée et donc la nature du cannabis fumé et la façon dont on le fume.
    Ceux qui ont déjà fumé trouveront sans doute que je décris mal les phénomènes : c'est vrai, je n'en ai pas l'expérience, je ne les ai pas ressentis moi-même. Je tiens trop à l'intégrité de mon cerveau et de ma pensée pour fumer une drogue quelle qu'elle soit.
Je décrirai donc des observations de chercheurs neurologues.

    En général l'absorption de THC se traduit d'abord par ce qu'on appelle un “effet planant”, pendant lequel on se trouve “bien”, un peu “hors de la réalité” suivi d'une phase de torpeur et de somnolence.

    Dans la première phase, la perçeption du monde est modifiée, la personne n'existe plus que dans l'immédiat et peut perdre une partie de ses facultés de raisonner et de se référer au passé ou à l'avenir. On observe différents effets, tels que satisfaction, sensation de bien-être, euphorie, discours et rire faciles.
    Cette modification de l'humeur et du comportement s'accompagne d'une certaine stimulation intellectuelle (apparente car on raisonne moins bien), d'une impression de calme et de relaxation, mais aussi une certaine insouciance et une incapacité accrue à ne pas imaginer les conséquences de ses actes.(et c'est cela qui est dangereux).
    On peut aussi éprouver une certaine distorsion de l'image de soi, une augmentation de la confiance en soi (qui rassure et c'est une des raisons de l'attrait de cette drogue), Mais aussi une perception temporelle altérée, avec une sensation d'allongement du temps présent.
    Il y a souvent une altération de la mémoire à court terme (les mémoires de travail notamment, entre le cerveau profond, le cerveau émotionnel d'une part et le cerveau frontal d'autre part, qui pense et réfléchit), et donc des difficultés à fixer son attention, à raisonner, à travailler.
    Si la prise de drogue est importante les sujets peuvent avoir des difficultés à se souvenir des mots, des images, des histoires et des sons auxquelq ils ont été confrontés pendant qu'ils étaient sous l'emprise du produit.

    Mais quelle que soit la dose prise, il y a une altération des perceptions sensorielles, une diminution des réflexes, un allongement des temps de réaction, une réduction de l'habileté à accomplir des tâches complexes, telles de la conduite de véhicules ou de machines.

    Parmi les manifestations physiologiques on note une augmentation du rythme cardiaque de 20 à 50 %, qui peut durer plusieurs heures en s'atténuant.
    On ne note pas de manifestation clinique chez les personnes en bonne santé.
    Exceptionnellement cette modification cardiaque peut entraîner tachycardie, crises d'engoisse ou de panique. On observe aussi des effets broncho-pulmonaires avec dilatation des bronches, souvent une sécheresse buccale et une irritation des yeux, souvent un relachement du tonus musculaire et une stimulation de l'appétit et parfois des maux de tête, troubles digestifs : nausées douleurs abdominales, troubles du transit intestinal.

    On peut donc dire qu'une prise occasionnelle de cannabis pour quelqu'un en bonne santé, qui n'est pas particulièrement sensible ou allergique à ce produit, est relativement sans danger important, à condition de s'abstenir absolument de conduire un véhicule ou de se servir d'une machine dangereuse.
    Toutefois si lors d'un usage occasionnel, on absorbe une quantité trop importante, on peut devenir aussi irresponsable de ses actes que lors d'une prise très importante d'alcool, voire être victime d'une overdose.

    L'usage occasionnel de cannabis est devenu fréquent chez les jeunes et malheureusement beaucoup croient que fumer du cannabis n'est pas plus nocif que de fumer du tabac.
    Cela n'est vrai que dans la mesure où on ne conduit pas ensuite une voiture ou un véhicule à deux roues.
    Il faut savoir que la conduite d'un véhicule après absorption de THC est encore plus dangereuse qu'après une forte absorption d'alcool, car on se rend beaucoup moins compte de la diminution de ses capacités, que dans le cas de l'ivresse alcoolique.
    Actuellement on constate que le nombre d'accidents de la route à la suite d'usage de cannabis, est devenu aussi important que celui dû à l'absorption d'alcool.


    Donc une règle absolue : ne jamais conduire un véhicule après avoir fumé un joint !

Dimanche 14 janvier 2007 à 10:46

Drogue, alcool, addictions

  Le cannabis déclenche actuellement bien des discussions. Est ce une drogue douce? Est ce le premier pas vers l'usage des autres drogues. ? Est ce plus dangereux que le tabac?

    Le cannabis est une plante dotée d'une très belle feuille, que vous voyez sur cette photo.
    “L'herbe” ou “marijuana” est préparée à partir des fleurs, des feuilles supérieures et des graines, séchées et hachées, et elle est fumée dans des cigarettes que l'on roule comme on le faisait autrefois pour le tabac : ce sont les “joints”, mais aussi en pipe ou en narghilé.
    Le “haschisch” est de la “résine” recueillie sur les fleurs et mélangée à divers produits tels que la paraffine, de la colle, du henné, du cirage ou même des excréments d'animaux ! Elle se présente sous forme de barettes de couleur en général brune, (parfois vertes ou jaunes), que l'on réduit en poudre pour la fumer sous forme de joints.
    L'huile est obtenue par distillation de feuilles ou de résine et est ensuite déposée sur du tabac pour être fumée.

    Toutes ces formes de drogue issues de cette plante ont un principe actif commun, le tétrahydrocannabinol ou THC; c'est ce produit qui agit sur notre cerveau selon un mécanisme que je décrirai dans un autre article.
    La concentration en THC est de 2 à 8 % dans l'herbe, 5 à 20 % dans la résine et plus de 30 % dans l'huile.

    L'enquête européenne ESPAD de 2003 montre que chez les 16/17 ans, 50% des garçons et 41% des filles disent avoir “expérimenté” du cannabis, ce qui n'est pas grave (sauf s'ils conduisent un véhicule dans les heures qui suivent), mais que près de 15% des garçons de 18 ans ont consommé plus de 40 fois du cannabis, ce qui n'est pas sans danger.
    La France est malheureusement en tête des pays consommateurs en Europe.
    Il semblerait par ailleurs que, en Europe comme aux USA, environ 10% des consommateurs soient devenus “dépendants” de cette drogue.

    Les chercheurs épidémiologistes considèrent en général les stades suivants :
    - usage occasionnel : consommation  < 10 fois par an;
    - usage répété :  consommation  < 10 fois par mois;
    - usage régulier : plus de une fois par jour;
    - usage excessif : à partir de 3 joints par jour,
    - usage chronique au dessus de 5 à 6 joints par jour (1,2 grammes)

    Je rappelle par ailleurs que la consommation de cette drogue est en France, interdite par la loi, au même titre que sa vente.

    Rien n'indique que l'usage du cannabis soit le premier stade de l'usage d'autres drogues. Par contre beaucoup des fumeurs pensent que sa nocivité n'est pas plus grande que celle du tabac ce qui est une grave erreur.

    Dans les trois prochains article je décrirai :
    - les effets immédiatset les dangers lorsque l'on fume un joint.
    - les dangers d'une consimmation régulière de cannabis
    - le mécanisme d'action du THC sur le cerveau.

Samedi 13 janvier 2007 à 18:21

Drogue, alcool, addictions


 
   Certain(e)s d'entre vous ont dû avoir des réveillons pas très sages où ils ont fumé, (ou ont vu fumer), du cannabis.

    Alors ils ou elles, me demandent quel est le danger.
    Ce n'est pas si facile à expliquer.

    Dans les jours qui viennent je vais donc faire 4 ou 5 articles sur le cannabis pour essayer de tirer cela au clair.

    Rassurez vous, si vous avez peu fumé, et à titre exceptionnel, et que vous n'avez pas conduit de véhicule ensuite, ce n'est pas dangereux.
   
    Mais comme le dit mon chat, ce n'est pas recommandé non plus, et il vaut mieux ne pas fumer de "pétard".

Jeudi 28 décembre 2006 à 17:27

Drogue, alcool, addictions



    A la veille du réveillon du nouvel an, je voudrais mettre en garde mes correspondantes et mes correspondants contre les dangers possibles de ces soirées :

    Bien sûr vous pouvez avoir une indigestion ou mal au foie, mais cela ne serait pas bien grave;
    Ce dont je veux vous parler, ce sont  l'alcool et le cannabis.
    Dans ces soirées on a envie de faire la fête, on fume éventuellement pour faire comme les autres, on boit de l'alcool et souvent on ne se rend pas compte des quantités que l'on absorbe.

    L'alcool est souvent mélangé à des jus de fruits sans d'ailleurs que cela améliore beaucoup le goût de la boisson, mais c'est une “tradition” , et comme on a l'impression de boire un simple jus de fruit, la quantité d'alcool ingurgitée peut largement dépasser celle qui vous rendrait ivre.
   
    Vous connaissez, car on en parle souvent dans les médias, le danger de prendre le volant dans ces conditions.
    En temps normal plus de 30% des accidents de voiture sont dus à l'alcool et le jour du réveillon les 50% doivent être dépassés.
    Ce que l'on sait moins, c'est que fumer deux “joints” rend euphorique et diminue le sens du danger, mais aussi annihile les réflexes, trouble le cerveau dans son interprétation de ce que nous voyons, et notamment fausse les impressions de vitesse. Conduire une voiture dans ces conditions est voisin d'une conduite en état d'ivresse.

    Mais je voudrais vous parler aussi d'un autre danger.
    En début d'année 2006, les premiers jours de janvier trois jeunes ados m'ont appelé à l'aide, parce qu'elles étaient très éprouvées et ne savaient pas à qui se confier.
    Les deux premières avaient bu, au point de ne plus savoir exactement ce qu'elles faisaient. Les garçons de la soirée aussi sans doute, je ne sais pas.
Mais ce qui est certain, même si elles ne pouvaient se rappeler de façon très précise ce qui s'était passé, c'est qu'ils avaient abusé d'elles et que quoiqu'ils pensent, elles n'étaient pas consentantes, et le lendemain, elles avaient l'impression d'avoir été violées !
    C'est un énorme traumatisme, et malheureusement peu de garçons de nos jours, s'en rendent compte, et il a fallu plusieurs mois pour que leur souffrance s'atténue. Et cela aurait été encore pire si elles avaient gardé cela pour elle; elles auraient alors traîné leur peine pendant de très longs mois.

    Pour la troisième, c'était moins grave, mais c'était une très mauvaise plaisanterie de ses copines qui l'a aussi profondément traumatisée pendant plusieurs jours.
    Comme ayant trop bu, elle était à peu près inconsciente, ses copines (pour la punir, ce qui est idiot), l'ont à moitié deshabillée et l'on couché sur un lit dans une chambre, et lui ont fait croire le lendemain qu'elle y était restée avec des garçons, de telle sorte que ma jeune ” guenon” se demandait ce qu'elle avait bien pu faire et subir.
    Finalement, en discutant avec elle, le doute s'est vite installé et ses camarades ont avoué la supercherie.
    J'avais d'ailleurs fait un article sur   http://sortir.tchatcheblog.com  car  j'avais trouvé cette blague vraiment ignoble et indigne de copines intelligentes.

    Quant aux garçons, la seule chose que je puisse leur conseiller s'ils sont ivres, c'est de s'allonger et de dormir, mais de ne pas conduire, car ils risquent leur vie et celle de leurs passagers, et de ne pas essayer de faire alors la conquête d'une fille, car ils ne se rendent plus bien compte de ce qu'ils font, et risquent de traumatiser leur camarade de façon telle, que cela peut la pousser au désespoir, voire au suicide.

    Ce n'est pas parce qu'on est encore encore ado qu'il ne faut pas être responsable de ses actes.! Mais ce que je dis, est vrai aussi malheureusement pour certains adultes.

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lancien

sortir de la tristesse

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