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    Hier je vous parlais de la mémoire et de l’oubli.
    Souvent mes correspondantes me disent qu’elles voudraient avoir une meilleure mémoire et me demandent ce que je pense d’exercices qu’on leur a recommandés. Malheureusement beaucoup de ceux qu’elles me citent de leur apporteront pas grand chose, si ce n’est du travail pour très peu de résultat.
    Ces exercices, en effet, ne tiennent pas compte de la façon dont le cerveau mémorise, car on ne peut pas obtenir d'amélioration de Ia mémorisation au sens large, par des exercices spécifiques.
    En effet, la mémoire se compose de modules plus ou moins interconnectés : des modules sensori-moteurs comportant les mémoires sensorielles et motrices (pour mémoriser une couleur, un son), des modules symboliques qui fabriquent les mots (c'est ce qu'on nomme la mémoire lexicale) et les images (mémoire imagée), et enfin Ie niveau le plus abstrait, conceptuel, constitué de la mémoire du sens des mots, ou mémoire sémantique.    La relative imperméabilité de ces modules permet d'expliquer le peu de résultats des méthodes trop spécifiques qui ne font travailler que l’un d’entre eux.

    Première catégorie d’exercices inutiles : s’exercer à mémoriser des images.
    D’abord, les mémoires visuelles, souvent utilisées dans les jeux ou programmes de stimulation, sont en réalité très diverses, par exemple une mémoire iconique, ortho-
graphique, visuelle, imagée, visuo-spatiale, des visages, et probablement y en a-t-il d’autres encore (pictogrammes, idéogrammes…).
    Et si vous vous entraînez sur des formes visuelles (mémoire visuelle des formes), vous ne serez pas meilleur pour apprendre des poésies ou des noms propres (mémoire lexicale). Et vous aurez tout au plus une meilleure mémoire des formes, mais pas de celle des couleurs ou des visages.

    Autres exercices inutiles : retenir des syllabes sans signification. Cela ne vous aidera pas à retenir des textes.
    Des études ont été faites en entraînant pendant deux semaines un groupe de sujets à retenir des suites de syllabes sans signification, tandis qu’un groupe témoin ne faisait aucun entraînement. Puis on leur a demande de mémoriser des phrases en prose et en poésie, ou de nouveaux mots, ainsi que certaines phrases en latin.
    Aucune amélioration n’a été constatée à la suite des exercices, et la mémorisation du latin était même moins bonne.
    Seule la mémorisation des suites de mots sans signification était meilleure chez ceux ayant subi l’entraînement correspondant.
    Sachant, par d’autres expériences, que pour apprendre des syllabes sans signification, il faut utiliser des stratégies d’organisation (rattacher une syllabe à un mot connu, par exemple), on peut supposer que l'entraînement a permis aux
étudiants d'élaborer des stratégies pour les formes visuelles sans signification (notamment, les rattacher à des images, des dessins ou des mots familiers).
    On constate aussi chez tous ceux qui tentent une telle mémorisation, une amélioration des scores rapide en début d’entraînement, que l’on constate aussi quand on joue à un jeu vidéo :  le résultat est souvent désastreux sur une épreuve, car on n'a pas
compris ce qu'il fallait faire. En revanche, dès le deuxième ou le troisième essai, les progrès sont considérables.
    C'est aussi un manque de familiarisation avec I’environnement complet. En effet, jouer avec n'importe quel jeu permet de savoir comment démarrer le jeu, d'acquérir une dextérité dans le maniement de la souris ou des touches de jeu stylet. Apprendre à se servir de la console est en soi un exercice de mémoire, et c'est aussi dans cet exercice que le sujet progresse.

    La mémoire dans toutes ses formes contribue beaucoup à l’intelligence et celle ci ne s’éduque pas avec des jeux simplistes : on n'éduque pas f intelligence avec un gadget.
    Les petits exercices proposés par les consoles, ou il s'agit de faire quelques opérations de calcul mental, ou de relier des lettres à des numéros,sont supposés développer I'agilité mentale et améliorer les capacités de raisonnement.
    Les résultats sont, là encore, faibles : l’entraînement au raisonnement par des exercices simples, n’agit pas plus sur l’intelligence que sur la mémoire.
    Si l’on veut augmenter l’intelligence, ce ne peut être que par une longue éducation progressive comme celle de nos études. Il faut entraîner la mémoire pour mieux retenir, mémoriser de nombreuses données sous des formes très diverses et complémentaires, pour pouvoir s’y référer ensuite, il faut une bonne compréhension de la langue orale et écrite, c’est à dire du sens d’un texte, s’habituer à l’analyse et à la synthèse, assimiler la méthodologie que l’on apprend par les sciences et techniques et la philosophie, et apprendre le raisonnement objectif et rigoureux grâce aux mathématiques et aus sciences.
    Enfin il ne faut pas oublier qu’à coté de l’intelligence que l’on rattache au QI, existe aussi une intelligence sociale, qui nous permet d’écouter et de comprendre autrui et de discuter avec lui, de négocier et de convaincre, et d’avoir un certain charisme.
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