Mercredi 26 janvier 2011 à 8:08

Vivre sa vie

http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures1/regrets.jpg
     Une de mes jeunes lectrices m’écrit :
“....Tu as de la chance, tu étais heureux quand tu étais petit, tu ne risquais pas ta vie dans le métro tous les jours à avoir peur des attentats et des pédophiles, craindre de manger des aliments cancérigènes et des OGM ou de respirer des pesticides, de te faire écraser sur un passage clouté ou de mourir dans un accident d’avion au dessus de la mer....”

    C’est vrai que la vie était toute autre.
    Certes on sortait de la guerre où on avait vu des personnes, à coté de nous, mourir dans les bombardements et les fusillades, on avait eu peu de choses à manger pendant cinq ans, mais on avait quand même une enfance joyeuse et sûre, sans gros problème.

    Les murs des maisons aux couleurs vives, étaient couverts de peinture à base de plomb.
    Rien ne nous empêchait d'enfoncer une fourchette métallique dans une prise électrique. 
    Il n'y avait pas de couvercles ou de bouchons de sécurité sur les bouteilles de médicaments, ni de serrures sur les portes des armoires à pharmacie.
    Lorsque nous nous promenions à bicyclette, nous ne portions jamais de casque. Lorsqu’enfin on a pu à nouveau avoir de l’essence, nous roulions avec nos parents dans une auto sans ceinture de sécurité, sans air-bags. et faire une balade, assis à l'arrière, sur le plancher d'une fourgonnette pendant une chaude journée d'été, c'était "normal".
    Nous buvions l'eau directement au tuyau d'arrosage du jardin, ou au goulot d’une bouteille à plusieurs, l'un après l'autre. Nous mangions des gâteaux, du vrai pain, du beurre, et des boissons gazeuses avec du vrai sucre, mais nous n'étions pas obèses parce que nous passions tout notre temps à jouer dehors.
    Nous passions des heures à bâtir des "caisses à savon" avec des chutes de bois et des roues récupérées, puis nous descendions une grande côte pour nous apercevoir, rendus en bas, que nous avions oublié d'installer les freins.
    Pendant les vacances et que les parents étaient au travail, nous sortions de la maison, le matin, et jouions toute la journée dehors. Nous n'étions parfois de retour que peu avant la nuit. Personne ne pouvait nous joindre de toute la journée, car il n'y avait ni portables, ni bracelet-télé-alarme , mais souvent des claques pour ponctuer une rentrée trop tardive.
    Nous ne connaissions pas les Playstations, Nitendo, WI, et autres jeux vidéo, il n'y avait pas 400 canaux sur le câble, pas de CD ou DVD, pas de téléphone fixe dans la plupart des maisons, pas d'ordinateur ou de "chat" Internet. Seulement un juxe-box, un baby-foot et un billard électrique au café du coin : le luxe et c’était payant.!

    Nous avions plein de copains : il nous suffisait d'aller dehors pour les retrouver, ou nous allions chez eux sans leur téléphoner au préalable.  Nous frappions à la porte et entrions simplement dans leur maison pour jouer avec eux.
    Nous montions sur le dos des vaches et de gros cochons, en nous tenant à leurs oreilles et qui couraient vers la mare pour se débarrasser de leur cavalier, nous tombions des arbres, nous nous blessions aux mains ou au visage, nous nous brisions un os et ou une dent et pourtant, personne n'était poursuivi pour tout cela.  C'étaient seulement des accidents. Personne n'était à blâmer, sauf nous-même.
    Nous nous battions à coups de poings. Nous en récoltions des yeux au beurre noir et nous apprenions à passer ensemble au travers de nos disputes. Nous mangions des vers de terre et malgré les avertissements des parents, aucun poil supplémentaire n'a poussé sur notre visage et les vers de terre ne sont pas restés dans notre estomac pour toujours.
 
    Mais toute la semaine, nous bossions en classe et le soir il y avait plusieurs heures de devoirs et leçons et pas de MSN, de Facebook ou de télé.
    Nos instituteurs et nos profs étaient des personnes formidables, qui savaient nous intéresser, mais nous les respections et leur obéissions, et le chahut était très rare et de courte durée.
    Quelques élèves n'étaient pas aussi doués que les autres;  alors, ils ne réussissaient pas leur année et devaient la recommencer. Et les meilleurs élèves aidaient ceux moins favorisés.

    Nos actions étaient les nôtres et nous en assumions toutes les conséquences.  Nous avions la liberté, les succès, les échecs, la responsabilité et nous avons appris à vivre avec tout ça.
 
    Quant aux avions, j'ai fait quelques centaines de milliers de kilomètres dans ces engins et je pourrais vous raconter des tas de péripéties : foudre, tempête de sable, ouragan, panne, moteur en feu, train d'atterrissage cassé, vache sur la piste et cette dernière est toujours vivante et nous aussi !

    Mais finalement, c’est peut être un miracle d’être encore en vie.
    Oui, mais à l’époque, il n’y avait pas de chômage, ni d’économie mondiale, et les entreprises étaient dirigées par des ingénieurs et non par des financiers. Le respect de l’homme existait encore en France.!
Par Ebeth le Mercredi 26 janvier 2011 à 11:27
Les pédophiles et violeurs ont toujours existait, sauf que ça se disait encore moins qu'aujourd'hui.
Et puis aujourd'hui on meurt peut-être d'un cancer (qu'on peut soigner voir guérir) mais à l'époque c'était la tuberculose etc.

Aujourd'hui on est des gros flemmard assis sur notre cul grassouiller à quémander encore et encore comme si c'était dû et à s'angoisser pour tout et n'importe quoi.
Par Ebeth le Mercredi 26 janvier 2011 à 11:59
Existé* flemmards* grassouillés*
Je ne suis réveiller il faut croire!
Par maud96 le Mercredi 26 janvier 2011 à 13:12
J'adore cet article et son humour.... sauf qu'il "exagère" un tantinet : depuis, la vache qui traînait sur la piste d'aviation a dû mourir, de vieillesse ou de "manducation" : l'espérance de vie des vaches si on ne les mène pas à l'abattoir serait de 15-20 ans environ (10-15 ans pour les chèvres !)
Mon père a avalé à 13 ans une grosse limace rouge crue pour se protéger de la grippe, influencé par des copains ruraux de son âge, qui pratiquaient cette médecine de campagne .. et mon grand-père devait "séparer" dans son assiette de pâtes les asticots des pâtes pendant la guerre à Paris (faute de pouvoir les séparer dans le sachet de "nouilles", on versait tout ensemble dans la casserole d'eau bouillante, asticots et pâtes !)
A Haîti, il y a 6 ans, j'ai vu les enfants de mon âge dans la rue, lors des pluies de mousson l'après-midi se mettre immédiatement tout nus pour laver leur maillot, short et slip dans l'eau des rigoles, et, avec mon père, nous avons dû aller de Port-au-Prince à notre hôtel en traversant l'eau des égouts qui nous mouillait jusqu'aux genoux...
Je me dis (utopiquement !) qu'on devrait inventer une semaine mondiale de la misère où l'on supprimerait pendant 7 jours les améliorations de vie qu'a amené le progrès, électricité, frigo, voitures, tout serait interdit.... Ce serait aussi une excellente préparation en cas de guerre...
Par jazz le Mercredi 26 janvier 2011 à 15:46
bonjour Jean-pierre
très sympa cet article.un coucou musical en passant
A+ d' Emmanuel
Par Flotte le Jeudi 27 janvier 2011 à 0:32
A chaque époque ses dangers, et à chaque vie ses difficultés. :)

L'insouciance de mon enfance me manque. (Parce que oui, je n'ai beau pas être vieille, j'ai l'impression d'avoir vécu ce genre d'enfance moi aussi. Moins la peinture de plomb, et plus les fusées faites de bouteille d'eau pressurisée grâce à une pompe à vélo.)

La Vie est un miracle en lui-même, mais on l'oublie souvent.
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://lancien.cowblog.fr/trackback/3081395

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

lancien

sortir de la tristesse

Créer un podcast