Mercredi 22 octobre 2008 à 8:45

Tristesse, désespoir



     Je voudrais parler aujourdh'ui d'une constatattion peu connue, sur  laquelle on ne trouve guère d'articles : les dangers psychologiques de la musique, d'une certaine musique et de sa répétition.

    J'ai souvent dit dans mes articles que de petites causes ajoutées les unes aux autres, pouvaient engendrer la même détresse qu'un malheur important, et qu'il était plus difficile de remonter la pente, car il fallait d'abord arriver à comprendre et accepter les causes de ce mal-être.
    Face à cette situation je rencontre souvent plusieurs types de réactions néfastes dont l'une concerne la musique.
    La mode est actuellement aux chansons, aux histoires et aux films tristes, qui décrivent toutes les horreurs de notre planête, prônent la souffrance, le sang, la mort. 
Il est certain que quelqu'un qui est déjà dans la tristesse, se sent dans un monde familier, et privilégie d'autant plus ces publications qu'elles sont dans le vent.

    Seulement à force de ne consommer que ce type d'information, on se retrouve plongé dans un univers où il n'y a plus que de la tristesse et du désespoir et dans une prison dont on ne touve plus la porte.
    Lorsque l'on n'a plus confiance en soi, on n'aime pas se mesurer aux autres, car on craint d'être perdant. Donc il ne faut pas ressembler aux autres pour que la comparaison ne soit pas possible. Il faut donc cultiver l'originalité.
    On va donc essayer de se créer une image propre, indépendemment de sa propre personnalité (et quelquefois même en contradiction avec elle), pourvu qu'elle nous démarque des autres et cela par nos comportements, nos propos, notre habillement, nos goûts artistiques ou littéraires, ou parfois par une attitude provocatrice ou distante.
    Le problème, c'est qu'en faisant cela, on s'éloigne des autres, on s'attire leur hostilité et l'on se fait mettre encore un peu plus à l'écart.
    C'est un cercle vicieux puisqu'on augmente ainsi sa solitude.
   
    Ce que je constate souvent chez mes correspondantes, c'est qu'elles aiment s'isoler dans de la musique triste, des CD  de chanson qui racontent tous les malheurs de la terre et les horreurs de la vie, violences, agressions, drogue, chagrins d'amour, enfance malheureuse; horreurs de la guerre et de la pauvreté.
    Certes je comprends qu'il faille parfois dénoncer ces problèmes, mais n'écouter que cela à longueur de journée, comment voulez vous ensuite penser à des choses heureuses !

    Cela s'explique très bien sur le plan du cerveau.
    Je vous l'ai souvent dit dans ce blog, notre cerveau comporte trois couches successives :
     - la couche supérieure, le cortex , interprète toutes nos sensations, règle notre motricité et surtout est le siège de la logique et de la pensée et permet la communication par le langage
     - le centre du cerveau règle tous les mécanismes fondamentaux de notre vie.
     - la couche médiane gère nos sentiments et une zone particulière, appelée “centres amygdaliens” est à l'origine de nos peurs, de nos colères, de notre violence, de la résistance ou de la fuite devant le danger. Ce centre reçoit en priorité tous les signaux venus de nos cinq sens et engendre aussitôt une réaction émotionnelle. Devant un événement angoissant, il peut nous faire voir la vie “en noir”.

         Habituellement, notre cerveau se “remonte le moral” tout seul ! La vue d'une scène pénible entraîne des “mini dépressions”, mélancolies passagères que l'on parvient généralement à chasser en “pensant à autre chose”. Pour que ce mécanisme de consolation fonctionne, les “pensées positives” actionnent un centre du cortex qui par l'intermédiaire d'un produit chimique neuromédiateur (la sérotonine), va “calmer” le centre amygdalien et transformer la “vie en noir” en “vie en rose” (sauf si on a vraiment de très gros ennuis).

         Mais quand vous vous mettez en permanence dans une ambiance triste, ce centre du cortex est débordé. Il n'arrive plus à envoyer suffisamment de sérotonine aux amygdales (rien à voir avec celles du même nom que vous avez au fond de la gorge!), et celles-ci ne vous abreuvent plus qu'avec des idées noires, et au moindre tracas qui amplifie le phénomène, vous allez vers la souffrance, la peur, le désespoir et si tout s'enraye, c'est la dépression.

    Mais on peut aller plus loin. J'ai lu une étude américaine qui montrait que écouter en boucle toute la journée la même musique conduisait peu à peu à un état dépressif.
    Certes c'était une étude statistique, avec peu d'explications rationnelles, mais on peut penser que ce fond sonore permanent et monotone endort peu à peu les réactions du cortex  et met en sommeil les centres relais qui transmettent les informations du cerveau émotionnel, pour vérification de leur cohérence et de leurs vraisemblance.
    Alors le cerveau émotionnel est livré à lui même et les émotions y circulent “en rond” (on appelle cela le circuit de Papez), et activent à chaque passage les centres amygdaliens qui augmentent le stress.

    Il faut donc se méfier de l'écoute de la musique si elle aggrave votre isolement et votre solitude.

    Votre chambre vient d'être repeinte et il y règne une forte odeur de peinture. Votre petit ami vous a offert un bouquet de roses qui sent adorablement bon. Allez vous le mettre dans un vase dans votre chambre? Certainement pas, vous ne pourrez jamais profiter de son parfum !!! L'odeur de la peinture trop lancinate et forte, masque celle des fleurs qui vous ferait plaisir.
         De la même façon, pour que vous puissiez vous remettre de votre peine, il ne faut pas que vous soyez dans un environnement en permanence triste.

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