Samedi 7 février 2009 à 8:21

Notre cerveau : émotions

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        Dans mes derniers articles, j’ai parlé de la peur, de la tristesse, de l’anxiété de l’angoisse et de la panique, qui impliquent surtout les centres amygdaliens.Ce sont en effet les émotions les mieux connues, sur lesquelles il y a eu beaucoup d’études. ainsi que sur les centres amygdaliens.
   
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La stimulation de certaines régions des amygdales comme le noyau central provoque des réponses physiologiques typiquement associées à la peur.
    Mais ce n’est pas la seule fonction des amygdales : la stimulation d'autres noyaux qui produisent dans certains cas une sensation de "chaleur humaine" ou d'apaisement, et dans d'autres cas de l’aversion ou     une crise de rage et de colère.
    Bref les centres amygdaliens sont impliqués dans toutes les émotions “élémentaires” de Plutchik, mais ils ne sont pas les seuls à intervenir


    Ces centres ont en outre,  une autre fonction importante : aider le cortex frontal à prendre des décisions.
    Lorsqu’on sollicite une réflexion en vue d’une décision à prendre le cortex préfrontal examine les possibilités futures et les conséquences possibles de nos actes, sous forme de scénarii succincts, en dialoguant bien sûr avec l’hippocampe qui le met en relation avec nos souvenirs, notre expérience de situations analogues. Lui, cortex, raisonne sur le plan de la logique.
    Mais il “envoie” ses scénarii à l’amygdale et plus généralement vers le cerveau émotionnel et il recueille les émotions provoquées par cet envoi. En particulier les amygdales lui donnent une idée des réactions négatives et le circuit de la récompense l’impression de satisfaction.
    Il tient compte ainsi de notre expérience non plus logique, mais émotionnelle.
   
    D’autres éléments du cerveau émotionnels participent aux émotions, voire jouent un rôle primordial, mais souvent en liason avec l’hypothalamus qui contrôle via l’hypophyse, nous réactions hormonales.
    On a mis en évidence une zône du cortex cingulaire, à proximité et sous le centre de Broca et les centres de commande motrice de la parole, qui intervient dans nos rapports sociaux et notamment contrôle le langage de communication avec autrui. Une destruction de cette zone (lors d’une rupture d’anévrisme par exemple), a pour conséquence un contrôle très amoindri de l’impact psychologique des mots employés à bon ou mauvais escient  et des comportements parfois aberrants au plan social.
    Des zones du cortex cingulaire sont fortement impliquées également dans le domaine de l’altruisme et de l’attachement et notamment de l’amour maternel.
En ce qui concerne l’amour maternel, deux hormones, l'ocytocine et la prolactine sont impliquées dans ces comportements : l'oxytocine est l'hormone de l'altruisme et la prolactine celle du maternage.   
    L'oxytocine, est impliquée dans les comportements d'amour. Cette hormone est impliquée dans toutes les facettes de l'amour, depuis l'acte sexuel jusqu'au partage d'un repas entre amis. Une sécrétion soudaine d'oxytocine induit une impulsion d'altruisme qui sera dirigée de façon différente suivant le contexte hormonal. Par exemple, en présence d'un taux élevé de prolactine, cette impulsion sera dirigée vers le bébé.
    Après la naissance le taux d’endorphines (qui induisent la production de dopamine par les centres de récompense) est très élevé chez la mère et le bébé, afin de créer un état de « dépendance » et favoriser deux des composantes principales nécessaires à l'attachement mère-enfant : la proximité et le toucher.
    Certains auteurs estiment que les battements du coeur de la mère, perçus par l'enfant, ont un impact sur le coeur de l'enfant et sur son cerveau, ainsi que sur le cerveau de la mère, par le biais d'une hormone, l'ANF, produite par le coeur. Au contraire, une très forte carence en contacts physique induit la sécrétion d'hormones de stress, qui pourront
endommager définitivement certaines structures cérébrales, et induire dépression, violence, toxicomanie, anomalies du système immunitaire.
Il faut se rappeler (voir précédent article) que pendant les mois qui suivent la naissance, les neurones du cerveau du bébé forment un nombre considérable de connections ; le nombre de synapses culmine aux alentours de 2 ans.
    Par ailleurs des études récentes (Hélène Fisher  notamment) semblent montrer que l'amour romantique n'est pas qu'une idéalisation dérivée du désir sexuel. On peut aimer une personne sans forcément ne penser qu'indirectement au sexe, tout comme on peut désirer sexuellement une personne sans l'aimer.
 montent. Le cerveau émotionnel (cingulaire et ATV du circuit de récompense) serait impliqué dans l’amour sentiment, alors que l’hypothamus et le septum seraient à l’origine des pulsions sexuelles. Ces zônes du sentiment amoureux agiraient en outre sur les centres amygdaliens pour diminuer l’anxiété et augmenter les chances de durée de la relation, alors que les pulsions et la passion ont tendance à solliciter l’amygdale dans le domaine de la jalousie et de l’irritabilité.
    
    Enfin un dernier point : le cerveau émotionnel n’est pas l’unique interlocuteur en matière d’émotions : la lésion du cortex orbito-frontal, situé juste au-dessus des orbites et qui appartient au cortex préfrontal, entraîne une série de modifications comportementales parmi lesquelles on relève l’apparition de traits caractéristiques de la personnalité antisociale : impulsivité, irresponsabilité, absence de conscience sociale, manque d’empathie, investissement excessif dans la recherche des plaisirs, expressions émotionnelles déconnectées du contexte social, des émotions perturbées telles que euphorie, irritabilité, exubérance, sensibilité excessive. Si les lésions s’installent à l’enfance, elles peuvent produire de redoutables psychopathes susceptibles de transgresser toutes les règles, sans culpabilité et sans empathie pour leurs victimes.

    On constate donc que les émotions ne sont pas produites dans le cerveau à des endroits uniques que l'on pourrait appeler le "centre de cette émotion" mais dépendent plutôt de plusieurs régions cérébrales interconnectées que l'on appelle des “systèmes”. Chaque fonction possède son système propre, chaque émotion correspond a une unité cérébrale fonctionnelle distincte, résultat d’une longue sélection au cours de l’évolution.
    Ces diverses unités cérébrales, selon la place qu’elles occupent dans un système donné, fournissent différentes contributions au fonctionnement de ce dernier, et ne sont donc pas interchangeables.    
    Deux émotions simples – la peur et le plaisir – ont fait l‘objet de nombreuses études car elles sont partagées à la fois par l’homme et de nombreuses espèces animales. Plusieurs circuits ont pu être reconnus et je vous les ai décrits brièvement.
    Certaines structures telles que les centres amygdaliens, le circuit de récompense (ATV et noyau accumbens), et le cortex cingulaire  semblent essentiels sous le contrôle du cortex préfrontal et en liaison notamment avec l’hippocampe qui gère en partie la mémoire et l’hypothalamus qui reçoit les informations concernant les constantes corporelles et agit sur le système sympathique et  sur nos hormones.


    C’est donc le dernier article de cette série sur le cerveau émotionnel et les émotions. Ce que je cherchais c’est à vous expliquer surtout certaines de vos réactions, notamment tristesse, anxiété et angoisse, et vous montrer que le salut ne pouvait venir que de votre cortex, c’est à dire du raisonnement, pour essayer de voir la situation avec objectivité, au lieu de se laisser emporter par des idées noires qui tournent en rond dans notre cerveau émotionnel.

Par Amadeo le Samedi 7 février 2009 à 14:16
Je suis vraiment étonné par tout l'intérêt que tu m'accorde !
(Je tutoie, finalement, pas par manque de respect mais parce que je ne fais pas grand cas des différences d'âge et encore moins sur internet)
Pour te répondre, je suis schizophrène ça je peux le dire sans hésitation, si j'avais le moindre doute je ne crois pas que je le dirais catégoriquement comme je l'ai fait.
Mais bon pour que tu me crois il te faudrait sûrement des preuves et je ne me vois pas tellement raconter ma vie...
Même sur mon blog je reste imprécis par pudeur.
A propos de Freud, tu as écrit "Malheureusement ses thèses servent à la formation des psys de façon exagérées en France" et je suis parfaitement d'accord.
Tu m'as demandé ce que je faisais comme étude, eh bien rien à voir avec la décoration à vrai dire.
Je suis étudiant en psychologie et anthropologie.
Donc je trouve justement que presque tous nos cours sont basés sur les théories de Freud et à l'excès.
Ah et pour le texte sur l'ombre, il traite en fait du deuil.
L'ombre est une métaphore du chagrin et l'homme essaye de vivre avec.
Mais c'est vrai que hors-contexte ça peut paraitre bizarre...
Je ne suis pas en deuil mais c'est l'idée d'essayer de vivre malgré une ombre pesante comme la tristesse qui m'a touché.
Mon dieu mon commentaire s'éternise... désolé.
"Demande toi ce que tu aimerais faire et vivre et essaie de construire des projets là dessus et de te donner les moyens d'en atteindre une partie."
Le problème, sans vouloir me lamenter, c'est que je ne veux rien faire, aucun projet, rien ne m'intéresse.
Je me fiche de tout et je laisse tout trainer.
Mélange d'absence de motivation et de désintérêt.
Alors ça fait maintenant 4 ans que je ne vis pas vraiment.
Enfin bref, j'arrête là mon speech.
Merci pour tes commentaires qui m'ont vraiment fait plaisir et du temps accordé.
Par Olivier le Mardi 21 août 2012 à 15:25
Je voudrais vous signaler une approche qui donne des résultats très intéressants et rapide sur les états dépressifs et les émotions indésirables (phobies, angoisses, inhibition, agressivité).
Vous pouvez visiter le site www.tipi.fr et/ou assister à une conférence sur ce thème : http://www.tipi.fr/tipi.conference/tipi.conference.html

Je me tiens à votre disposition pour tout renseignement complémentaire dont vous pourriez avoir besoin.
Bien cordialement

Olivier
 

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