Mercredi 27 décembre 2006 à 8:47

Sexualité, Homosexualité

     J'ai essayé de vous montrer très brièvement comment fonctionnait notre cerveau.
Nous allons maintenant essayer de nous servir en pratique de ces connaissances :
    

     J'ai eu parfois quelques mails qui m'ont posé la question “et les homosexuels ?”
     Question un peu délicate, mais pourquoi ne pas répondre.
     Bien entendu je me placerai sur un plan strictement scientifique, neurobiologie ou psycho, je ne veux en aucun cas créer de polémique.


     Les livres de neurobiologie et de nombreux compte-rendus d'études (américains notamment), traitent des centres du cerveau qui interviennent dans le comportement sexuel des hommes et des femmes, dans une relation sexuelle normale. On connait donc des mécanismes cérébraux et nerveux relatifs au désir et à l'acte lui même.
 Deux zones du cerveau central sont principalement concernées dans ces rapports, l'hypothalamus et le septum, ainsi que des nerfs qui commendent les muscles pelviens.
     Les mécanismes hormonaux sont évidemment très importants.
     Ces mécanismes “physiologiques moteurs” sont assez différents chez l'homme et chez la femme, mais ils restent  vrais pour chaque sexe, quelque soit la nature du partenaire.
     En fait une étude de l'homosexualité n'est pas une étude de l'acte, mais de l'orientation préalable du désir vers une personne du même sexe, ce qui est très différent et beaucoup plus complexe, parce que c'est beaucoup moins factuel et plus abstrait.

     On ne trouve pas facilement des études sur ce problème, elles sont surtout américaines. C'est vrai que c'est très difficile à étudier car l'expérimenattion animale n'est pas possible sur un tel sujet , et on ne peut expérimenter (heureusement !) sur l'homme comme sur un animal.
     D'une part le nombre d'homosexuels sur lesquels on peut faire une étude est très limité et d'autre part il faut attendre leur mort pour pouvoir examiner leur cerveau (et que la famille l'autorise!).
     Enfin ces études sont faites sur des personnes adultes et souvent âgées (lors de l'autopsie) alors que la formation du cerveau dans ce domaine intervient dans l'adolescence. Les explications sont donc délicates. Cela dit certains circuit nerveux se modifient la vie durant et surtout la production d'hormaones est éminemment variable.
    
     En ce qui concerne les adultes, j'ai trouvé trois explications générales de tendances homosexuelles, mais rien n'indique qu'on ait ainsi fait le tour du problème.

     Chez les femmes, on a noté une activité relativement très supérieure à la normale des glandes surrénales, induisant des taux anormalement élevés d'hormones androgènes.
     Ces femmes présentent dans leur enfance des comportements de “garçon manqué” et devenues adultes, ont souvent tendance à nouer des relations homosexuelles.
     Par analogie avec des études menées sur des rongeurs, il est possible que ces niveaux élevés d'androgènes circulants, aient “orienté” les circuits cérébraux à l'origine dimorphes (notamment au niveau de l'hypothalamus), dans un sens masculin plutôt que féminin, avec pour conséquence, des jeux plus aggressifs et finalement, le choix d'un partenaire sexuel féminin.

     Chez les hommes, des chercheurs (notamment LeVay aux USA) sont arrivés à la conclusion que certains noyaux de l'hypothalamus pouvaient être en relation avec l'orientation sexuelle.
     Ils ont montré notamment qu'un noyau de l'hypothalamus (appelé dans leur jargon NIHA3) était deux fois plus gros chez les hommes hétérosexuels que chez les homosexuels et que, au contraire, un autre noyau (dit suprachiasmatique car il est localisé dans l'hypothalamus juste au dessus du chiasma optique, le croisement à l'entrée du cerveau des nerfs optiques droit et gauche), était deux fois plus gros chez les hommes homosexuels que chez les hommes hétérosexuels et les femmes.
     Je n'ai pas trouvé dans la littérature d'explication valable de ces constatations. Les hypothèses sur le dévéloppement de ces noyaux sous l'effect des hormones androgènes sur les gênes sont assez contradictoires.

     Des psychologues ont également mis en lumière l'influence de l'éducation sur l'orientation sexuelle.
 Ils ont montré qu'un certain nombre d'homosexuels avaient été élevés par leurs parents comme un enfant de sexe opposé, (parce qu'ils désiraient un enfants de ce sexe opposé à celui qu'ils avaient eu).
     Cependant ils n'ont jamais pu montrer la relation de cause à effet entre les deux faits, relation qui reste une hypothèse.

     Nous n'avons pas de certitude d'explication physiologique ou psychologique de l'homosexualité, mais ce qui est certain, c'est qu'il est aussi absurde de reprocher à quelqu'un cette orientation, (pire encore de la considérer  comme immorale et de l'exclure de la société), que si on excluait ainsi un gaucher par rapport aux droitiers, ou quelqu'un qui souhaitait être scientifique, auquel on aurait donné une instruction littéraire (ou inversement).

     Enfin un dernier point que je traiterai dans un prochain article : beaucoup d'adolescents à l'éveil de leur sexualité, croient avoir des tendances homosexuelles (ou bisexuelles). Il s'agit d'un phénomène naturel très explicable, et malheureusement, certains parents, non avertis ont quelquefois déclenché des réaction très regrettables,  par des interventions bien innoportunes dans ce domaine.




Par Le-Chat-De-Chester le Mercredi 27 décembre 2006 à 13:49
Assez interessant! Quoique je pense qu'il ne faut peut être pas toujours chercher une explication scientifique? Je suis peut être bien trop romantique au final, mais je pense tout de même que les bisexuelles ont une chance inouïe! Etre capable d'aimer au delà des apparences...waah! Ca fait rêver!
Par AMEnites le Lundi 15 janvier 2007 à 19:21
On sait aussi qu’il n y a pas de gène de l’homosexualité dans le sens où notre ADN ne détermine pas notre orientation sexuelle comme il détermine la couleur de nos yeux. Cependant, j'ai lu qu'une étude suédoise sur la relation entre l’homosexualité et la biologie avait été faite. Selon cette dernière, le cerveau des homosexuels se comporterait de la même manière que celui des femmes.
Dans cette étude, pour savoir si l’activation induite par EST et AND correspondait à une orientation sexuelle plutôt qu’à un genre biologique (masculin ou féminin), les chercheurs ont comparé l’activité du cerveau d’hommes homosexuels avec celui d’hommes et de femmes hétérosexuels. A ces fins, ils ont fait sentir hormones féminines et masculines ainsi que des odeurs ordinaires telles que la lavande à chaque groupe de douze sujets.
Ces essais leur ont permis d’observer que les hormones mâles activaient l’hypothalamus chez les hommes homos et chez les femmes hétéros, mais pas chez les hommes hétéros. A l’inverse, les hormones féminines activaient l’hypothalamus chez les seuls hommes hétéros. Alors que les trois groupes répondaient aux odeurs ordinaires de la même manière.
Mais lors d’une précédente étude, des auteurs suédois avaient démontré que dans le cerveau masculin la région de l’hypothalamus s’activait en présence d’un stéroïde trouvé dans les urines féminines, de la même composition que les oestrogènes (EST). Par ailleurs ces scientifiques avaient vu que dans le cerveau féminin cette même zone de l’hypothalamus s’activait en présence d’androgènes, les hormones masculines (AND). Mais que l’inverse n’était pas possible.



Par AMEnites le Lundi 15 janvier 2007 à 19:38
Les recherches scientifiques tentent de trouver des causes biologiques aux conditions de l’homosexualité (voire de la transexualité).
Mais aucune n'est un moyen de lutter contre les propos des psychanalystes et des psychiatres qui ont fait de leur condition une pathologie, voire une perversion (Freud qui pensait que l’homosexualité est comme une perversion dûe à un «complexe d’Œdipe inversé») puisque que beaucoup essayent d'y apporter une explication scientifique comme si l'homosexualité est une maladie cérébrale/génétique ou autre.

Reprenons l'exemple suivant, celui avec les odeurs hormonales et ordinaires. La différence de réponse entre les cerveaux des hommes homos ou hétérosexuels ne prouve pas en soi que l'homosexualité soit innée; après tout, les comportements acquis doivent résider quelque part dans le cerveau tout autant que ceux qui sont innés.

Est-ce que la cause principale pourrai-être biologique en n'étant pas directement génétique, comme des différences dans les hormones et les anticorps qui affecteraient le foetus pendant sa croissance ?

De plus, si on trouvait et cela avec certitude, que l'homosexualité serait génétique/biologique; cela n'amménerait-il pas plus d'homophobie en qualifiant cette orientation sexuelle d' "erreur biologique"; de "maladie génétique" ? Cela pourrait stigmatiser les homos comme des anormaux et faire que des futurs parents choisiraient l'avortement d'un enfant qui aurait des "gènes homosexuels" même si cela montrerait que personne ne choisit son orientation sexuelle ?

Que penser finalement ?
Et que dire des personnes bisexuelles ?
La sexualité est-elle innée ou acquise ?
L'orientation sexuelle tient-elle aux gènes, aux hormones, à l'éducation ou tout simplement aux goûts de la personne ?

Ce qui est sûr; pour moi, ce que font en privé des adultes consentants n'est du ressort de personne d'autre qu'eux-mêmes.
Par ankou le Mercredi 17 janvier 2007 à 17:21
Très intéressant... (désolé, je manque de temps pour faire un commentaire plus évolué)
Par welcometomymind le Jeudi 18 janvier 2007 à 12:41
Dans dix leçons sur la psychanalise de ce chèr Sigmund, si mes souvenirs sont bons, il dit que la sexualité est d'abord homosexuelle (et ne dit pas du tout que c'est anormal) il explique ainsi que les jeunes garçons aiment la bagarre : façon comm une autre d'avoir du contact. Ca m'avait d'ailleurs profondément choqué vu mon jeune âge (l'ouverture d'esprit m'a pris du temps) d'imaginer une sexualité chz de très jeunes enfats voir chez le nourisson.

Après je ne peux m'empecher d'avouer que je trouve cet article et certains commentaires quelques peu dérangeants... On étudie l'homosexualité comme la trisomie ou le diabète alors que ça ne viendrait à l'esprit de personne d'étudier les zones du cerveau d'un gaucher en comparaison d'un droitier parce que après tout : on s'en fout, non? Et puis en plus j'ai entendu parler il y a quelques mois de pingouins homosexuels dans un zoo, on leur a fourni plus de femelles mais il n'en voulait pas, on a voulu les forcer à la reproduction mais évidemment les associations homoseuxelles se sont révolter :p (j'ai trouvé ça amusant) et dans la catégorie animaux : il y a des singes qui présentent des tendances homosexuelles ( ça c'était pour tordre le cou à l'argument " c'est pas dans la nature".
Pour finir (j'essaie de me limiter), et je pense qu'Ankou sera d'accord avec moi sur ce point, autant au niveau du cerveau que des hormones, je pense qu'il y a autant de comportement cérébraux ( aucun homme, ou le cerveau d'aucun homme, ne réagit de la même façon aux formes, couleurs, chiffres, lettres, activité physique...) hétérosexuel différent qu'homoseuxel.
Si ces études peuvent être intéressantes j'ai peur qu'elles soient dangeureuses... on a vu par le passé que comparer les gens biologiquement( allemand - juif, européen-africain) amène souvent à la conclusion d'infériorité et de mépris pour un des deux "peuples".
A-t-on l'ouverture d'esprit pour se dire : différent et alors?
Par ankou le Mardi 23 janvier 2007 à 20:57
Pour m'être pas mal documentée à ce sujet sur internet (voir mon article : http://ankou.cowblog.fr/article-708997.html" onclick="window.open(this.href); return false;">http://ankou.cowblog.fr/article-708997.html) , je vais répondre à votre article. En me plaçant également sur le plan purement scientifique, bien entendu.

Pour "étudier" ceci (je ne rajouterait rien au commentaire de welcometomymind sur l'intérêt et l'utilité d'étudier l'homosexualité, comme si elle était une maladie qui en plus n'est même pas remboursée par la sécu), il faut se placer sur deux plans, le plan génétique et le plan épigénétique.

Au niveau génétique, c'est simple : Pas de gène (trouvé) de l'homosexualité. L'inverse signifierait une homosexualité 100% innée, héréditaire, transmissible à la descendance, un caractère banal au même titre que la couleur des yeux. Y'a pas.

Au niveau épigénétique, il y a d'un côté les influences "hormonales" et "environnementales" sur le développement.
Hormonales, comme le montrent certaines études, surl'exposition in utéro à la testostérone qui serait plus forte chez les lesbiennes que les femmes hétéros. D'une ces études n'étaient pas représentatives (trop peu de volontaires), de deux, cela ne peut expliquer le fait que certaines femmes très féminines soient homosexuelles. Et quid des hommes homos dans cela ?
Encore une fois, à ce niveau, cela signifierait une homosexualité innée (mais non déterminée par le code génétique)

Seulement voila, c'est cette question d'innée et d'aquis qui se pose souvent. On parle d'enfant élevé comme le sexe opposé, qu'il tend à ressembler (les filles garçon manqué), de climat de vie (une fille ou un garçon élevé dans un milieu composé que de filles, que de garçons, etc...) seulement parfois ça vient comme ça, sans différence d'éducation... Mais ce genre de comportement durant l'enfance, et les facteurs environnementaux de ce types sont beaucoup plus fréquents chez la femme (élevés comme des mecs, désirs d'être des hommes par facilité, rejet de leur corps, viol...)
Par ankou le Mardi 23 janvier 2007 à 21:00
Et puis autre chose, inexpliquable par la science, l'attirance ! Pourquoi des filles (je parle de filles car je les connais bien mieux que les garçons), 100% hétéros, flashent un jour sur une nana et naît de cela une passion sans précédent ?

Enfdin, votre remarque sur l'expérimentation animale est infondée. Sachez que plus de 150 espèces animales et de nombreux mammifères (félins, primates..) pratiquent occasionnellement ou plus souvent des rapports homosexuels...

Un débat qui reste ouvert, même si la recherche continuelle à ce sujet devient lourd.
 

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