Jeudi 1er décembre 2011 à 8:09

Violence

 
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        Dans mon précédent article j’ai parlé des victimes d’une agression et aujourd’hui je voudrais poser la question : que faire dans un tel cas ?


        Contrairement à ce que croient la plupart des gens, je pense qu’il faut essayer d’en parler avec la victime, si on la connait suffisamment, si on a sa confiance et qu’il ne faut surtout pas lui recommander le mutisme, même si c’est pénible de parler de l’agression..
        Il serait le plus souvent souhaitable qu’elle porte plainte, afin d’éviter à d’autres de subir le même sort, et pour que l’auteur soit puni.
        Mais il est certain qu’il faut beaucoup de courage pour affronter les questions et les formalités d’une enquête de police.
       J’ai eu autrefois à aider une jeune qui assistait au procès de son violeur et j’ai le souvenir de moments très pénibles.
    
        Je vais donc me contenter de chercher ce qui pourrait être fait pour aider la victime.
    Il faut d’abord essayer qu’elle ne garde pas son secret car rien n’est plus traumatisant que de laisser l’inconscient conserver ces images et ces sensations pour lui tout seul. Cela risque de créer d’énormes blocages par la suite, et même de créer au bout de quelques mois ou de quelques années, un état obsessionnel qui peut mener à la dépression et aux pensées morbides.
    Certes c’est difficile de parler de choses aussi intimes. 
    Si la victime n’a pas d’amie assez proche pour en parler, elle peut aller se confier à l’infirmière de son lycée qui l’écoutera sûrement avec en outre, des connaissances médicales et qui est liée par le secret professionnel.
    Les parents devraient pouvoir l’aider, mais je sais que les relations parents-ados sont extrêmement variables et l’attitude des parents dans de tels cas peut être très bénéfique, mais aussi parfois assez nocive.
    J’ai connu des cas où les parents se sont “débarrassés” de leur enfant sur le psychiatre ou lui ont même reproché sa conduite, en oubliant qu’il était une victime très traumatisée et non une coupable. Certains aussi n’ont pas su que faire et les jeunes qui m’ont raconté leurs malheurs, se sont souvent plaintes de ce manque de compréhension et d’aide, qui apparaissait à leurs yeux comme un manque d’amour !

    La personne qui a subi un tel choc, a en effet avant tout besoin de tendresse, de quelqu’un de patient, qui ne la juge pas, qui l’écoute et comprenne sa détresse. Le psy est souvent trop distant, trop professionnel.
    Sa confiance en elle a été en partie détruite et il faut essayer de la réconforter, de lui redonner goût en elle même et en la vie.
    Ce sentiment de honte et de dégoût, cette impression d’être salie, il faut arriver à les atténuer, la persuader qu’elle a subi avant tout une agression, et que c’est un traumatisme analogue à une blessure, à un coup de couteau, mais qu’elle n’y est pour rien et qu’il n’y a aucune honte à cela et que cela cicatrise et ne condamne pas sa vie future.
    Finalement la haine de l’agresseur est sans soute préférable, car elle occupe l’esprit “plus positivement” si j’ose dire. Elle diminue ce sentiment absurde mais réel, de culpabilité alors que l’on est victime.

    Puis il faudrait reconstruire peu à peu, redonner envie de sortir sans avoir peur (pas n’importe où, et accompagnée), de voir des amies, puis même d’oser parler à des garçons. Remonter la pente est long et je crois que seules les personnes qui arriveront à apporter une amitié et inspireront confiance, pourront vraiment réussir
    Le moment crucial sera un jour où un garçon aimera cette jeune et essaiera de se faire accepter. Il lui fauidra beaucoup de patience, de compréhension, de doigté, mais s’il y arrive, c’est cette acceptation du “petit ami” qui sera le signe et le révélateur d’un retour à la vie et à la joie.

    Ce n’est pas facile d’aider ainsi quelqu’un victime d’une agression. 
        Sur internet le début est plus simple, parce que c’est plus facile de se confier à quelqu’un qui ne vous voit pas, qui n’est pas en face de vous, pourvu qu’il vous écoute avec bienveillance et qu’il ne vous juge pas.
    Redonner confiance est une chose que l’on sait faire à la longue, même avec un simple rapport virtuel.
    Parler de ces problèmes intimes et délicats, avec l’habitude, on peut le faire sans choquer.
    Mais faire complètement remonter la pente est difficile, car ce contact reste virtuel, sans assez de présence et de tendresse,  et on n’arrive pas toujours à accompagner jusqu’en haut de la pente et l’on se quitte en chemin, en espérant que l’ascension se poursuivra et qu’un petit ami aidera à la terminer.

    Peut être certaines d’entre vous ont elles eu l’expérience d’une telle aide, à apporter à une jeune ado qui se trouve ainsi dans le malheur, et leur témoignage sera le bienvenu.
Par autresrimes le Jeudi 1er décembre 2011 à 10:21
bonjour jean-pierre
eh oui pour les victimes de viols ou autres agressions, le fait de trouver les mots,d'en parler, peut apaiser,libèrer les maux interieurs

A+ du troubadour Emmanuel
Par virtual-story le Jeudi 1er décembre 2011 à 22:43
c'est terrible d'en parler mais libératoire.. souvent on se tourne vers des personnes qui ont subi la même chose.. car malheureusement les autorités ne sont pas compétentes quand il s'agit de viols ou de violences.. les victimes sont pratiquement obligées de prouver qu'elles n'ont pas poussé l'auteur de ces crimes à passer à l'acte..
on arrive à trouver la force en nous pour se battre contre ces souvenirs destructeurs.. mais ce n'est pas tous les jours faciles et il faut se battre sans arrêt contre sa peur..
 

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