Mercredi 27 mai 2009 à 8:28

Biologie, santé.


    Vous avez maintenant une idée des propriétés des bactéries et des virus.
Aujourd’hui je vous parlerai donc des problèmes de contagion.
    Mais chaque maladie est particulière et chaque personne est plus ou moins sensible. Il faut donc que je simplifie mon article.
    Je prendrai donc deux exemples de maladies que vous connaissez :
    - la peste qui a fait de grands ravages il y a quelques centaines d’années et notamment au moyen âge et qui est due à une bactérie  “Yersinia pestis”.
    - la grippe, dont on connaît les pandémies du siècle dernier  et d’ont le vecteur est un virus “Myxovirus influenzae”.


    J’ai pris la peste comme exemple en raison de sa funeste notoriété, mais aussi parce que la maladie a deux aspects et sa propagation initiale est particulière.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/ratpuce.jpg    La peste est en effet une maladie véhiculée par les rats. Les morsures de rats peuvent être infectantes, mais elles sont rares et ce sont essentiellement les puces de ces animaux qui la véhiculent en piquant les hommes.
    Il y a encore des cas de peste aujourd’hui, environ 10 000 cas en dix ans et 10% de décès, principalement en Afrique.
    Toutefois les écureuils sont aussi une source contaminante aux Etats Unis et les animaux domestiques peuvent acueillir des puces de rats.
    Une puce peut être infectieuse pendant des mois.


    Les bactéries se multiplient au point d’inoculation et  après une dizaine de jours d’incubation, une pustule infectée apparait le “bubon”. Les bactéries de disséminent par coie sanguine et lymphatique et des bubons apparaissent et fur et à mesure de l’envahissement, notamment au voisinage de ganglions lymphatiques.
    En outre les bactéries détruites par les défenses immunitaires libèrent une toxine..
    On appelle donc cette maladie la “peste bubonique”.
    Au moyen âge où l’on ne connaissait aucun traitement, la mort survenait  dans environ 70% des cas, au bout d’une semaine environ, en raison  de deshydratation et de problèmes neurologiques, également dans certains cas de septicémie.

    La bactérie lorsqu’elle atteint les poumons se multiplie de façon importante et les expectorations des personnes malades contiendront alors de nombreuses bactéries.
    Une deuxième forme de contamination apparaît alors par voie respiratoire, par contamination par les goutelettes respirées.
L’incubation est alors de quelques heures seulement et sans soins la mort intervient en quelques jours, pratiquement sur la totalité des gens atteint par oedème pulmonaire et insuffisance respiratoire.
    C’est la “peste pulmonaire”.
    Il suffit d’un nombre faible de bactéries par voie respiratoire (quelques centaines) pour contracter la maladie.
    En outre si l’on touche des objets contaminée la bactérie peut être introduite quand on se touche la bouche, le nez, les yeux, par les muqueuses correspondantes.
    La résistance dans l’environnement de la bactérie est de l’ordre d’une heure dans l’air, plusieurs heures voire plusieurs jours sur des surfaces contaminées, des semaines à des mois dans le sol ou sur des cadavres (c’est la raison pour laquelle au moyen âge, les cadavres étaient brûlés).
    La peste pulmonaire donnait donc lieu à des épidémies épouvantables, car très contagieuse, mortelle et la bactérie était difficile à détruire.
    On sait actuellement soigner la peste par des antibiotiques, mais ils doivent être administrés très tôt, surtout dans le cas de la peste pulmonaire, relativement résistante aux antibiotiques..
    Mais on sait (en raison des bubons) que quelqu’un est contagieux et donc on peut procéder à un isolement  sérieux.

    Il existe des maladies virales propagées par des piqûres principalement de moustiques; je vous ai dit quelques mots des arbovirus, et vous vous souvenez sans doute d’un épidémie récente de chikungunya.

http://lancien.cowblog.fr/images/ClimatEnergie/portesentrees.jpg    Par contre la grippe se propage essentiellement par les voies respiratoires par respiration de gouttelettes contenant des virus, expectorées par les malades (ou les porteurs sains) et par absorption des virus lorsque les gouttelettes se déposent sur des surfaces (ou y sont déposées par des objets contaminés, les mains en particulier), que nous touchons ces surfaces avec nos mains que nous portons ensuite à la bouche, au nez ou aux yeux. Les virus passent alors par les muqueuses de ces organes.


    Ces dépôts de gouttelettes infectées sur des surfaces où elles sèchent et qu’elles contaminent avec des bactéries ou des virus ont reçu un nom bizarre et peu connu : des “fomites”.
    Pour votre culture générale wikipédia indique que “fomite était le nom autrefois donné aux éclats de bois se détachant des arbres lorsqu'on les abattait à la hache et désignait également les étincelles du silex ou que le marteau fait surgir lorsqu'il frappe le fer chauffé au rouge sur l'enclume.”.
    Le virus peut également se transmettre par la salive et donc une contamination des lèvres et des mains du malade.

    Le problème de la grippe, c’est qu’on est  contagieux avant la phase symptomatique de la maladie, de telle sorte que l’isolement intervient trop tardivement. On est contagieux au bout de 2 à 3 jours, un ou deux jours avant le début de la maladie,  et on considère que le taux moyen de contamination  est de l’ordre de 3, de telle sorte que le nombre de malade peut croître comme 3n et donc très rapidement si des mesures ne sont pas prises. On reste contagieux durant toute la maladie
    Dans l’air les virus de grippe dans leur gouttelette ne résistent guère plus d’une heure. Par contre les surfaces peuvent rester contaminées un à deux jours.
    Les virus influenza A sont relativement fragiles, réputés sensibles à la chaleur et aux UV qui les inactivent, mais des épidémies sévissent néanmoins l'hiver dans les pays tempérés et dans certains pays chauds même en saison chaude.
Ils semblent en grande partie détruits dans le tube digestif et donc se diffusent peu par cette voie.

    L’autre problème que pose le virus de grippe est qu’il est facilement sujet à des mutations et qu’il change donc fréquemment, son patrimoine  d’ARN étant modifié au cours de réplications. La plupart des virus grippaux, suite à une mutation, peuvent potentiellement devenir hautement pathogènes, notamment parce que nous n'avons pas développé de défenses immunitaires, et sont pour cette raison suivis par l'OMS.
    Notons qu’on ne meure que très rarement d’une grippe, mais surtout des complications et notamment des maladies respiratoires causées par des bactéries , l’infection étant plus facile sur un malade affaibli par le virus grippal.

   
En définitive on voit que, en dehors des piqûres par des arthropodes, la contamination par les virus et bactéries se fait surtout par voie aérienne par respiration pulmonaire de goutelettes, et par contamination des muqueuses de la bouche du nez et des yeux par nos mains ayant touché des surfaces contaminées.
    Ce sont de ces deux phénomènes et de leur prévention dont je vous parlerai demain.

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