Lundi 14 décembre 2015 à 10:12

Notre cerveau : intelligence; langage

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     Beaucoup de jeunes avec lesquels je corresponds se plaignent d’avoir beaucoup de mal à fixer leur attention sur un sujet qu’ils doivent traiter et me demandent comment faire pour cela, et également comment leur cerveau peut « faire attention à ».
    Je vais essayer de répondre en deux articles.

    Voyons d’abord comment le cerveau réagit pour fixer notre attention sur un objet.

    Les yeux captent en permanence des images de l’environnement qui sont transmises via le thalamus, aux centres d’interprétation de la vision en arrière du crâne.
    Mais ces images interprétées ont une durée très courte si elles n’ont rien de particulier, et elles s’effacent d’elles mêmes.
    Deux cas particuliers peuvent se produire :
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        - pour des raisons diverses, nous voulons volontairement faire attention à un objet, dont par exemple nous ne connaissons pas la nature. Notre cerveau doit alors prolonger le temps pendant lequel l’image interprétée peut être « observée ».
    Notre cortex préfrontal amplifie alors l’activité des neurones du centre d’interprétation concernés par cet objet, et il met en connexion avec un autre centre du gyrus fusiforme (voir schéma ci-contre), qui va pouvoir conserver un peu plus longtemps la perception correspondante. Ce centre identifie les objets : c’est le « quoi » dont j’ai parlé dans certains articles sur la vision.

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        - quelque chose d’inquiétant arrive, qui pourrait menacer votre sécurité. Or les images sont toujours transmises en parallèle avec le thalamus, aux centres amygdaliens. Si ceux ci décèlent une anomalie, ils alertent alors aussitôt le cortex préfrontal, en même temps qu’ils obligent la vision et son interprétation à se concentrer sur cet objet ou phénomène insolite, en agissant notamment sur les centres moteurs qui orientent l’œil (voir 2 et 3 sur le schéma). Le cortex préfrontal prend ensuite la direction des opérations (1 sur le schéma).
    Quand l’attention est ainsi focalisée, les yeux et l’interprétation de ce qu’ils voient est fixée sur la tâche en cours et peuvent ne pas remarquer d’autres événement : ainsi le psychologue américain D Simons, avait demandé à des jouers de baskett de compter pendant quelques minutes en jouant, le nombre de rebond et de passe de chacun, et il avait fait traverser le terrain par une personne déguisée en gorille. Aucun jouer ne l’a remarquée !
    L’attention peut être ainsi focalisée sur un sujet imposé volontairement par le cortex préfrontal, ou bien attirée tout à coup par un phénomène insolite.


     C’est en général une perception anormale : image, couleur, son, odeur…. Si le gorille dont on vient de parler avait été rouge, ou avait rugi bruyamment, peut être les joueurs l’auraient ils vus.
    Ce qui est certain c’est qu’il faut que la perception soit nettement perçue. On verra mieux des objets aux formes précises, de couleur vive…. et il faut en outre que ce ne soient pas des perceptions qui arrivent souvent, auxquelles notre cerveau est habitué.
    Par contre, dans ce domaine, il peut y avoir des perceptions particulières auxquelles est attachée une alerte : par exemple lorsque vous conduisez un feux qui passe du vert à l’orange ou au rouge.
    L’attention est donc en permanence sous le contrôle de ce qui se passe autour de nous et notre système de perception peut ainsi être concentré sur les phénomènes qui peuvent interagir avec nous.
    Lorsque le cortex préfrontal veut imposer de faire attention à une tâche donné, il force les perceptions à s’orienter volontairement vers les objets concernés, en mobilisant les aires d’interprétation, le dialogue avec le thalamus et les centres amygdaliens, lea commande des mouvements des yeux, et l’hippocampe et notre mémoire, qui nous lient aux connaissances passées. Ainsi, si nous cherchons un  livre dans notre bibliothèque, le regard va s’orienter vers les étagères, la mémoire va essayer de se rappeler où était le livre, le cortex préfrontal va ordonner à la vue de se concentrer sur les titres et aux centres du langage de les lire et de reconnaître le titre recherché.

    En fait il y a un équilibre permanent entre l’attention volontaire commandée par le cortex préfrontal et celle d’alerte déclenchée principalement par les centres amygdaliens, avec dans les deux cas le soutien de la mémoire.
    Ainsi, si vous avez perdu un bracelet sur la plage, vous examinerez attentivement le sable dans un  périmètre donné, mais si tout à coup, un crabe sort du sable, votre attention se portera un instant sur lui, jusqu’à ce que vous compreniez que c’est un événement ans importance et sans rapport avec votre recherche.
    Dans le quotidien de nos actions, nous avons ainsi des tâches à accomplir volontairement, mais elles sont aussi sous l’influence de facteurs extérieurs qui les perturbent
    C’est ce que je développerai dans le prochain article.
Par laquirou le Mercredi 20 janvier 2016 à 18:14
Merci pour cet article trés interessant je vais de ce pas en parler à mes enfants !
 

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