Lundi 24 février 2014 à 7:53

Eveil, sommeil, rêves

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              Il ne se passe pas de mois sans qu’un mail me demande ce qu’il faut penser de l’interprétation des rêves et beaucoup de blogs sur Cow posent la question.
              Cela me rappelle que, quand j’étais gosse, j’avais traduit un passage de Suétone, historien latin, qui relatais un songe de Jules César.
              Celui-ci Il rêve qu'il viole sa mère, et gêné par ce rêve, il va interroger un prêtre qui donne son interprétation : César violera Rome, sa mère-patrie, en lui imposant sa volonté malgré les résistances de la cité. Suétone pense même qu’il deviendra le maître du monde, la Terre, notre mère à tous.
              Peut être que ce rêve a incité César à prendre Rome !
              Mais malgré cette brillante interprétation, tous les scientifiques - et même Freud - s’accordent à dire que les rêves n’ont aucune valeur prédictive.

    Comment se forment les rêves ?
             Le cerveau remonte de la mémoire toutes les images, les sensations de la journée, plus certaines correspondant aux dernières pensées que nous avons eu avant de dormir, ainsi que d'autres relatives à nos principales préoccupations.
            Ces sensations sont récupérées dans la mémoire par nos centres habituels d'interprétation des sensations : visuel, auditif, olfactif, sensitif ou gustatif.
            Au plan physiologique, tout se passe comme si arrivaient dans ces centres, des images réelles venues des yeux, des sons en provenance de nos oreilles etc...
            La différence est d'une part que ces sensations lorsqu'elles viennent de nos sens éveillés, représentent la réalité et sont donc cohérentes, alors que, dans le sommeil, elles viennent de façon totalement aléatoire, sans suite logique et sont donc peu cohérentes. D'autre part, alors que nous sommes conscients d'une partie des sensations lorsque nous sommes éveillés, par contre nous n'avons aucune conscience du phénomène lorsque nous dormons.
            Le cerveau, dans ce mécanisme de remémorisation, va faire du tri : il va éliminer tous les souvenirs conscients ou inconscients de la journée (ou des jours précédents) qui ne servent plus à rien (plus de 99%), puis il essaiera d'éliminer certains des souvenirs néfastes qui remontent, pour essayer de nous protéger : (mais il n'y arrivera pas toujours), puis au contraire, il renforcera les souvenirs qui paraissent utiles (y compris les connaissances et informations que nous avons mémorisées volontairement).
            Le cerveau remet donc de l'ordre dans la mémoire et rend en particulier de nombreux neurones à nouveau disponibles pour la journée suivante.
            Le sommeil est donc indispensable à la santé et aux performances de notre cerveau. Quelqu'un privé de sommeil pendant plusieurs jours, finit par avoir un fonctionnement cérébral et une conduite incohérents, presque analogues à ceux d'une personne ayant une maladie mentale grave.
    Cela c’est l’activité du cerveau pendant toute la nuit, mais ce ne sont pas des rêves, car nous ne rêvons….. que quand nous sommes éveillés.
    En effet, supposons que nous nous réveillions, ne serait ce que quelques secondes, et même si nous nous endormons ensuite. Alors ces sensations (images sons etc...) vont être transmises au cortex frontal, qui sera donc conscient d'une suite de sensations peu cohérente et d'autant plus difficile à interpréter que son fonctionnement à l'état éveillé n'est pas entièrement revenu à la normale.
            Le cortex préfrontal, encore à moitié réveillé, essaie d'interpréter comme il peut ce qu'il reçoit et le renvoie en mémoire avec les explications. Après notre sommeil, nous aurons alors le souvenir d'un rêve, avec une certaine cohérence car le cortex frontal a essayé d'arranger les sensations de façon logique, mais aussi des aspects incohérents et farfelus, car il a fait au mieux, mais avec un ensemble de sensations qui était peu logique à l’origine et alors que lui même n’était pas au mieux de sa forme.

    A la lumière de ces données comment, non pas donner une interprétation, mais expliquer l'origine de nos rêves, et quelles informations peut on en tirer ?
            La remémoration de sensations inutiles de journées passées ne nous sert à rien et ajoute seulement à l'incohérence, vu leur mélange aléatoire.
            Ce qui peut être intéressant, c'est ce qui correspond à nos préoccupations et ce à quoi nous avons pensé avant de nous endormir (ce qui correspond aussi souvent à des problèmes conscients), ainsi qu’à nos émotions.
            Nous pouvons aussi parfois remonter des informations relatives à des blocages, que le cerveau voudrait éliminer, dont l'origine est souvent traumatique (accident, violence, maladie, etc...), et là ce blocage devient en partie conscient.
            Les rêves ne peuvent donc être "interprétés", mais ils peuvent fournir des renseignements sur les préoccupations que vous avez, souvent à l'origine de stress, voire même sur des blocages inconscients du cerveau émotionnel et sur les conséquences de nos émotions profondes..
            Ils peuvent donc apporter une aide, mais dénuée de toute symbolique, dans la recherche de nos préoccupations, leur connaissance, et donc la recherche de solutions à nos problèmes.

    Les médecins et les scientifiques ont évidemment étudié les cauchemars et pensent que ces rêves sont empreints d'une charge émotionnelle très forte pouvant aller jusqu'à la terreur nocturne, avec un retour à la réalité difficile, notamment pour les enfants.
    Beaucoup d’entre eux se produisent pendant le sommeil profond, et pour ceux du sommeil paradoxal, des liens de cause à effet ont été identifiés. Une personne stressée ou névrosée va revoir régulièrement dans ses rêves, des ­situations de mal-être angoissantes et notamment si elle a subi un traumatisme psychologique profond, comme un bombardement, une agression, un viol, une mise en danger de mort ou perçue comme telle. Dès qu'elle s'endort, le cauchemar revient, comme si le cerveau ­répétait inlassablement le traumatisme.
    On peut agir sur les cauchemars.
    Des psychiatres américains, pendant la deuxième guerre mondiale, distribuaient des barbituriques à des soldats traumatisés jusqu'à ce que leur cauchemar débouche sur un «rêve se finissant bien». Forcé de ­dormir, le pilote d'un bombardier s'étant écrasé en entraînant la mort de tous ses ­camarades, a ainsi fini par rêver qu'il posait son avion sur un lac et qu'il retrouvait ses camarades autour d'un verre au mess de la base.
    Il a pu au moins dormir, mais cela ne lui a pas enlevé son traumatisme.
Par MissPa le Lundi 3 mars 2014 à 15:42
La fin de ce post me fait penser à ma stratégie "anti-cauchemars": quand je fais un rêve où quelqu'un veut me tuer (fréquemment depuis que je suis petite, je suis poursuivie dans mes cauchemars par des monstres, assassins, aliens...etc. ^^; ) je ferme les yeux, et j'essaie de me rendormir en gardant le contrôle pour modifier la fin du rêve (en général ça barde pour mon agresseur). A défaut de me rendormir, quand je n'en ai pas le temps, je me contente de fermer les yeux et de me visualiser en train de tuer l'assassin.
Je me demande aussi si parfois, dans mes cauchemars, une partie de moi ne jouerait pas un peu à se faire peur...
 

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