Mercredi 30 mai 2012 à 8:36

Notre personnalité

            Nous avons vu dans l'article d'hier que le manque de confiance en soi était dû en partie à nos préférences cérébrales, au départ innées, mais modifiées ensuite par l'apprentissage, c'est à dire notre éducation et notre instruction.
            Mais le vécu exerce aussi son influence sur ces préférences et sur notre confiance en nous.
            L'adolescent et même le jeune plus âgé est en général à un tournant de sa vie où il cherche peu à peu son autonomie, en sortant du cocon de la famille, en prenant ses responsabilités et en devenant progressivement adulte.
            En général le manque de confiance en soi résulte d’expériences négatives qui incitent l’adolescent à douter de ses capacités qu’il est en train d’acquérir peu à peu, et de penser qu’il ne peut être autonome et responsable.
            Le réflexe habituel de l'extraverti timide et plutôt pessimiste et influençable, est de rester uniquement sur les sensations d'anxiété ou de gêne qu'il a ressenties, et non pas de mémoriser les éléments positifs des expériences (même s’il a fait l'effort d'en tirer les leçons, et de communiquer avec des personnes qui avaient l'air sympathiques).
 
http://lancien.cowblog.fr/images/Caricatures3/manquedeconfianceensoi.jpg            J’ai souvent aidé des jeunes qui étaient pessimistes et n’avaient aucune confiance en elles mêmes
    Elles décrivent souvent en noir foncé leur environnement, leur réalité, leur vie et s'accablent de mille défauts.   
    “Je ne vaux rien; je suis toujours en retard, désorganisée;  je ne travaille pas efficacement. Je suis nulle en communication et personne ne me prend au sérieux et ne m’aime; je suis une incapable, je n'ai aucun succès en amour, je n’entreprends rien, je rêve de choses impossible; je ne réussirai rien de ma vie.....
            Il faut donc demander aux personnes qui n'ont pas confiance en elles, d’analyser le coté positif des situations qu'elles ont rencontrées En se forçant ainsi à analyser tous les aspects positifs et négatifs des situations rencontrées, elles peuvent ainsi remettre en cause - voire modifier - leurs à-priori.
            Personnellement lorsque j’aide quelqu’un qui n’a pas confiance en soi, je lui demande de lister et d’analyser toutes ses qualités, les actions qu’il a réussies, les personnes qui l’apprécient, les compliments qu’il a reçus ...
 
            Je suis toujours étonné de voir combien mes correspondantes, d’une part ont souvent une mauvaise opinion d’elles mêmes et donc une confiance très limitée en elles, et d’autre part, attachent surtout une importance exagérée à l’opinion des autres, de leurs camarades mais aussi de personnes qu’elles ne connaissent pas.
            Il en résulte souvent que leur comportement et l’image qu’elles veulent donner d’elles, ne sont pas conformes à la réalité, mais au personnage qu’elles voudraient que les autres voient en elle. C’est ce que C.G. Jung appelait la “Persona”.
 
            Lorsqu’une personne qui n'a pas confiance en elle, est laissée face à ses peurs, les évitements lui permettent de fuir les situations angoissantes, mais la maintiennent  dans l'idée fausse qu'elle ne peut les affronter, et peu à peu elle s'isole dans son coin, psychiquement et même physiquement à l'écart. Cela peut aller jusqu'à lagoraphobie.
                Il faut donc lui apprendre à s'exposer à des niveaux croissants d'anxiété, en provoquant des situations faiblement, puis plus fortement anxiogènes (aborder des inconnus, se faire remarquer dans un lieu public, prendre la parole dans une réunion, etc.). Elle peut alors constater que son angoisse peut être forte « a l'intérieur» sans que cela soit perçu par les autres, ce qui n'a pas de conséquences sur le plan de l'opinion d'autrui, que craint énormément une personne qui n'a pas confiance en elle même..
 
                Bien sûr, il existe une certaine correspondance entre l’opinion que nous croyons que les autres ont de nous et ce qu’ils pensent réellement de nous, mais nous nous trompons parfois complètement à ce sujet, et l'opinion des autres sur nous mêmes n'est pas le plus souvent conforme à l'idée que nous nous en faisons. Souvent la manière dont nous nous présentons aux autres dans nos relations dépend directement de la perception que nous croyons que les autres ont de nous.
                Il en résulte que notre “Persona”, le rôle que nous jouons en société, correspond peut être à ce que nous voudrions que les autres voient et pensent de nous, mais pas forcément à ce qu’ils voient et pensent réellement.
                J’ai remarqué que souvent mes correspondantes se trompent quant à l’opinion des autres et c’est en partie ce qui nuit à leur estime de soi !
                Elles croient en général que les autres les jugent mal et que les autres ne les aiment pas, ce qui a une influence négative sur leur vision d’elles-mêmes. Et plus nous croyons que les autres ne peuvent pas s’intéresser à nous, plus nous paralysons notre comportement de manière à susciter le moins de réactions (négatives) possibles de la part des autres.
                A l'inverse, une personne qui croirait que les autres l’apprécient, alors que ce n'est pas vrai, risque de se plonger dans une situation humiliante.           
Retrouver une confiance en soi, demande que l'on analyse sa "Persona", ce que le sociologue Erving Goffman appelle la “présentation de soi” en comparant la vie humaine à un théâtre : nous y jouons tous différents rôles, nous suivons des règles et sommes évalués par les autres selon nos performances.
            Mais nous adoptons surtout un comportement différent lorsque nous sommes seuls ou devant un auditoire. Nous possédons plusieurs “nous-mêmes” que nous présentons à différentes occasions en société selon nos intentions et selon les situations.
            Décrypter ces comportements et les situations correspondantes, devrait permettre d'être davantage nous même, de nous affirmer et de moins craindre l'opinion des autres.
 
            Je suis toujours un peu embarrassé quand je suis face à quelqu’un qui a une mauvaise image d’elle même parce qu’elle attache trop d’importance à l’opinion des autres. Il n’y a pas de recettes universelles dans ce domaine et chaque cas est particulier.
                J’essaie de montrer à mes correspondantes qu’on ne devrait jamais être obnubilé par le regard des autres, ni se fier à l'opinion des autres pour avancer dans la vie. Une opinion est un ensemble d'idées que l'on se fait sur quelque chose ou sur quelqu'un - un jugement donc - et une opinion peut être influencée par le milieu social, les médias et les préjugés...
                Alors, pourquoi se fier sur les idées ou les préjugés de certains pour s'empêcher de vivre librement sa vie ? Et je me souviens d’une dissertation que j’avais faite en philosophie, il y a plus de 60 ans :
“Le jugement d'autrui ne peut-il pas constituer une entrave à ma liberté ?”
 
            Je pense enfin que pour retrouver confiance en soi, il faut regarder l'avenir et donner un sens à sa vie : “Qu’est ce qui est important pour moi? Ma vie vaut elle d’être vécue ? Pourquoi?”
                La réponse à la quête du sens de sa vie peut être très différente d'une personne à l'autre, voire chez la même personne à des moments différents de sa vie.
    Cependant, les recherches de psychologie menées sur le sujet montrent que l'être humain donne du sens essentiellement à travers trois dimensions:
        - une dimension affective et relationnelle : l'amour, l'amitié et la famille ;
        - une dimension cognitive : les pensées, convictions, valeurs et choix philosophiques, appréciation de l'art ou connaissances scientifiques ;
        -  l'engagement dans une activité, professionnelle (y compris bien sûr les études) ou autre.
    Chacun donne du sens à sa vie au travers de son cœur, de son cerveau et de ses mains.
    Pour approcher ce que donner du sens à sa vie peut signifier, il faut donc examiner ces trois dimensions : les relations affectives, les convictions personnelles et l'action.

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Par aristine le Jeudi 31 mai 2012 à 12:36
Très bon article! (Tu vois je suis toujours ton blog même si je suis invisible ^^) Je crois que je devrais réfléchir à ton sujet de dissertation, ça me permettrait d'appréhender les choses avec plus d'objectivité et de rationalité peut-être ;)
Par Demoiselle-Coquelicote le Lundi 4 juin 2012 à 10:49
Deux articles très intéressants qui peuvent permettre de relativiser !
Par LostSoulsLair le Lundi 11 juin 2012 à 13:24
C'est fascinant à quel point notre personnalité peut être déterminé par tous ces composants complexes! En tout cas c'est très bien expliqué et très intéressant. Merci!

Concernant le manque de confiance en soi des adolescents, peut-être peut-il être actuellement également expliqué par le contexte actuel. Les médias qui rabâchent sans cesse la crise, le chômage, les secteurs bouchés, l'inutilité des diplômes, il y a de quoi devenir pessimiste pour un jeune, même si ces informations sont perçues de façon plus ou moins conscientes. Il y a de quoi être inquiet pour son avenir et perdre sa confiance en soi si la société elle-même proclame que les jeunes vont avoir du mal à trouver du boulot et à vivre convenablement...

Le fait que beaucoup de jeunes filles aient un manque de confiance en elle peut avoir une autre explication sociale: le rôle de la femme aujourd'hui est très exigeant. On attend du'elle soit parfaite en permanence. qu'elle réponde à des normes de beauté (passant par le poids notamment) d'intelligence et d'efficacité. Elle doit non seulement toujours être bien sur elle, mais tout faire parfaitement. Etre une parfaite employée, une parfaite maman, une parfaite épouse, une parfaite ménagère, une parfaite cuisinière... c'est épuisant. (et franchement il y a peu d'évolution...) Les adolescentes peuvent être un peu découragées de constater tout ce qu'on attend d'elle. Et il est normal qu'elles se sentent épiées, car même si elles prennent le parti de ne pas s'inquiéter du regard que l'on a sur elles, la société le leur rappellera durement. Par des réflexions permanentes, on s'y fait, mais lorsque cela concerne les domaines professionnels, il est difficile de ne pas s'y plier...
Avec la concurrence pour trouver du travail, il est malheureusement nécessaire de se plier à certaines convenances et d'être soucieux du regard d'autrui.
 

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