Mercredi 3 mars 2010 à 8:09

Préférences cérébrales

Notre cerveau tire son énergie psychique du monde extérieur et du contact des autres (nous sommes extraverti) ou du monde intérieur de nos idées (nous sommes introvertis).
      Mais il est aussi influencé par les événement et l'environnement extérieur, qui nous préoccupent plus ou moins et auxquels nous réagissons favorablement (et nous éprouvons de la satisfaction, de la joie) ou défavorablement (et nous éprouvons de la peine et de la tristesse).
      Ces réactions nous stressent plus ou moins, voire nous angoissent ou nous traumatisent en causant une souffrance réelle.
      Les préférences correspondantes sont importantes car elles modifient de façon consciente et inconsciente les données d'entrées des événements et donc les réactions de notre cerveau, rationnelles et surtout émotionnelles.
      Comme pour toutes les préférence nous examinerons deux modes antagonistes « optimiste » et «  pessimiste », qui peuvent se diviser en sous préférences :

http://lancien.cowblog.fr/images/Prefcerebrales/Schemastresssouspref.png

      La première caractéristique est la vison de la vie que l'on voit avec optimisme ou pessimisme :
      Toute chose, tout événement a des conséquences favorables et d'autres défavorables, d'une part de manière générale et d'autre part par rapport à notre propre situation particulière.
      L'optimiste voit le plus souvent le bon coté des choses, ce qui lui est favorable et il minimise les inconvénients : il voit « le verre à moitié plein ».
      Le pessimiste voit le plus souvent le mauvais coté des choses, ce qui lui est défavorable et il est en partie aveugle vis à vis des conséquences heureuses: il voit « le verre à moitié vide ».
      Dans les cas extrêmes, l'optimiste néglige complètement les inconvénients et difficultés éventuelles (il risque d'être imprudent), et le pessimiste les exagère considérablement au point de ne jamais voir de satisfaction dans les situations mêmes relativement bonnes (et il se rend ainsi malheureux).

      La deuxième caractéristique est la réaction qui en résulte : l'optimiste sera serein et gai et exprimera sa joie, alors que le pessimiste sera soucieux et triste et exprimera son mécontentement ou sa souffrance.
      Quelqu'un de préférence modérée sera tantôt gai, tantôt triste, comme nous le sommes tous, quelle que soit notre préférence.
      Mais une personne de sous-préférence très marquée sera si elle est optimiste, toujours sereine, la plupart du temps joyeuse, entrainant les autres dans sa joie et « prenant la vie du bon coté » et au contraire si elle est pessimiste, les soucis l'emporteront et elle sera anxieuse, voire souffrira de véritables angoisses, dès qu'un événement ou même une simple possibilité lui apparaîtra comme défavorable, car elle en négligera les bons cotés.
      Les personnes à tendance dépressives sont en général pessimistes.

      La troisième caractéristique est la tendance de comportement vis à vis du passé.
      L'optimiste tourne la page et le pessimiste est assailli de remords pour ce qu'il a fait et de regrets pour ce qu'il n'a pas su ou osé faire.
      L'optimiste regrette sur le moment ses fautes, et face à un malheur il souffre tout autant. Mais son optimisme reprend le dessus, l'oblige à vivre et en général, il réfléchit aux causes et aux erreurs,  il tire les leçons du passé et sans l'oublier totalement, il tourne néanmoins la page pour aller de l'avant, en essayant de ne pas refaire les mêmes erreurs, et de regarder l'avenir pour essayer de l'optimiser.
      Par contre il donne parfois l'impression à son entourage d'être peu sensible et d'oublier facilement.
      Le pessimiste ressasse au contraire son passé, est assailli constamment de remords et de regrets, et ces remords et ces regrets lui empoisonnent la vie. Il culpabilise sans cesse. il a le culte du souvenir mais a du mal à tirer les leçons du passé et à tourner la page.

      Il résulte de ces attitudes que l'optimiste, après un problème qui l'a atteint émotionnellement revient assez vite à une vision plus rationnelle et objective, alors que pour le pessimiste, les émotions et pensées tristes tournent en rond dans son cerveau émotionnel, sans que son cortex frontal vienne y mettre de la raison.
      Le pessimiste va donc ressasser ses problèmes, ses ennuis, ses défaites et cela risque d'accroître son stress, de l'angoisser, de le mener à l'extrême à la dépression. Ses pensées tournent en rond dans le cerveau émotionnel (ce que l'on appelle le « circuit de Papez », qui est toutefois un schéma très simplifié).
      L'optimiste au contraire aura une période de tristesse et de préoccupation, mais il fera remonter ses préoccupations au cortex frontal, qui les examinera rationnellement et qui essaiera de tempérer ses réactions émotionnelles défavorables.

    Du fait de ces deux attitudes le comportement est différent vis à vis du futur. L'optimiste a une certaine confiance en lui et une certaine assurance, ou du moins une certaine confiance en l'avenir et en la vie, alors que le pessimiste est inquiet et craintif du lendemain.

      Le pessimiste est par nature beaucoup plus stressé que l'optimiste.
      Les effets de ce stress peuvent être différents en fonction d'une autre de nos préférences cérébrales, qui a été étudiée notamment par le psychologue américain d'origine russe, Plutchik : la “perception émotionnelle immédiate”, que j'examinerai par la suite.
La préférence de décision influencera aussi le degré d'optimisme ou de pessimisme, car elle entrainera une réaction soit logique et objective de la pensée soit sentimentale et subjective.

          
Réfléchissez êtes vous optimiste ou pessimiste ?
Par Maddi le Mercredi 3 mars 2010 à 8:22
sans aucunes hésitations.. pessimiste...
Par alyane le Mercredi 3 mars 2010 à 8:26
Pour répondre à votre comm de lundi, les tendances intro ou extraverties sont-elles liées, à ce qu'on appelle, à une dominante du cerveau gauche ou droit. Serait-ce aussi le cas du pessismisme ou de l'optimisme?
Les deux traits de caractères décrits ci-dessus correspondraient aussi l'un à l'introverti et l'autre à l'extraverti?
Par MaxenceM le Mercredi 3 mars 2010 à 11:35
Je me demandais aussi s'il n'y avait pas un lien entre l'optimisme et l'extraversion d'une part et le pessimisme et l'introversion d'une autre part. Il serait logique de penser que quelqu'un qui maximise les pertes se replie sur sa vie intérieure et, inversement, que quelqu'un qui maximise les gains cherche à profiter pleinement du monde extérieur. Ou dans l'autre sens, quelqu'un qui préfère sa vie intérieure ne pourra peut-être pas pleinement apprécier ce que lui apporte le monde extérieur et sera aussi plus susceptible de remanier le passé et d'avoir des regrets que quelqu'un qui se place plutôt dans l'action.
Par maud96 le Mercredi 3 mars 2010 à 12:45
... et souvent, entre les deux, le réaliste (qui est un optimiste par choix utopique et trouve que les pessimistes ont sans doute souvent raison, mais sont décidément infréquentables !)
L'optimiste béat comme le pessimiste de nature subissent leur propre jugement de valeur sur la vie et les événements... L'optimiste n'en souffre pas, mais le pessimiste oui. La rétention du jugement me semble une condition nécessaire à un sage entredeux. Le tigre mange les chevrettes : je le sais, ne le juge pas, car la vie l'a fait ainsi, mais j'évite de me mettre à sa portée.
Par imparfaiite le Mercredi 3 mars 2010 à 14:01
le réaliste (qui est un optimiste par choix utopique et trouve que les pessimistes ont sans doute souvent raison, mais sont décidément infréquentables !)
J'aime beaucoup cet entre-deux proposé par maud :)
Par Neckandra le Jeudi 4 mars 2010 à 18:14
Je me reconnais vraiment très bien dans le pessimisme, il n'y a pas de doute =/

"le pessimiste est assailli de remords pour ce qu'il a fait et de regrets pour ce qu'il n'a pas su ou osé faire
" Le pessimiste va donc ressasser ses problèmes, ses ennuis, ses défaites et cela risque d'accroître son stress, de l'angoisser, de le mener à l'extrême à la dépression"

Toutes ces phrases sont tellement vraies, mais je me pose une question, peut-on changer cela, le fait de ressasser toujours ses problèmes ?
Par douee.pour.le.silence le Vendredi 5 mars 2010 à 22:04
Y'a pas à tergiverser, du coté des pessimistes, des perdants je me rangerais... mais je me demande si on est programmés biologiquement à être de l'un ou l'autre des camps, où est ce que l'on acquiert cela avec l'experience, notre histoire... Et est ce qu'on peut y changer quelque chose? Chassez le naturel, il revient au galop comme on dit...
 

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