Mardi 23 mars 2010 à 8:00

Anecdotes

    J’ai entrepris une série d’articles sur les préférences cérébrales, mais ce sont des articles difficiles et je crains de rebuter certain(e)s d’entre vous, même si ces préférences permettent de connaître notre personnalité et celle des personnes qui nous entourent.
    Alors entre ces articles, je glisse des photos humoristiques ou des articles sur des sujets autres, par exemple d’actualité.
    Aujourd’hui le sujet sera très différent : ce sera le début d’une nouvelle écrite par une de mes correspondantes.
    Parmi celles ci, la majorité ont entre 17 et 20 ans, mais j’ai aussi quelques “vieilles” ( 23 ou 24 ans IooI) et puis aussi quelques jeunes de 14 à 16 ans.
    L’une de ces dernières me tient particulièrement à coeur. A la fois ado et personne très mure pour son âge, elle aime discuter de choses sérieuses, voire de philosophie.
    Elle aime à la fois la musique classique et joue de la basse dans un orchestre de rock.
    Elle n’a pas encore 15 ans, est en seconde, travaille relativement bien, et est d’une grande curiosité.
    Mais surtout elle a un humour féroce, et ses remarques ironiques et quelquefois un peu irrévérencieuses m’amusent beaucoup.
   
    Elle m’a envoyé une petite nouvelle qu’elle a écrite, qui est une parodie de la genèse, qui certes n’est pas un grand morceau de littérature, mais il y a dans ce texte, beaucoup d’humour, beau coup d’imagination et parfois de la poésie, parfois une peinture désabusée de notre humanité.
    Alors comme elle n’osait pas le publier sur son blog, je me suis dit que j’allais le faire en trois épisodes.
    J’avoue que je trouve ce texte bien plus amusant que la vieille légende d’Adam et Eve, chère aux “créationnistes” malgré Darwin et toutes les études de paléontologie et de préhistoire.
    En voici le tout début.

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    Dans un univers plat et vide, sans un signe de vie, une forme en relief est apparue, suite à la collision de trois météorites qui venaient des trois coins de l'univers (qui est un triangle isocèle, comme tout le monde le sait). Cette forme vous est familière, elle vous ressemble, elle me ressemble aussi, en réalité c'est la représentation de l'idéal physique de notre société. Nous en avons même des petites statuettes que nous en donnons aux jeunes générations. En effet, la première forme qui apparut est une Barbie. C'était la Barbie Sacrée.

    Ce choc de météorites avait alors créé un bouleversement dans l'univers, une bulle s'était formée, personne ne s'en étonna, car il n'y avait alors aucun être vivant ici. Comment puis-je le savoir alors, moi, simple mortel, me demanderez vous.? Je vous raconterais cette histoire bien plus tard si vous m'accordez votre confiance jusqu'à ce passage. J'ai réellement besoin que vous me croyez jusqu'au moment propice pour vous le révéler.

    L'Histoire peut alors commencer, je dis « l'Histoire » avec un grand 'H' car je ne vous raconte pas une histoire mais l'Histoire de notre monde. Cette Histoire commence donc au moment de l'apparition de la Barbie Sacrée. La collision qui précède l'Histoire (donc la préhistoire) créa une sorte de bulle dans l'univers bidimensionnel où nous nous trouvions. Le paradis de la Barbie vit ainsi le jour. La bulle était gigantesque et la Barbie s'y sentait extrêmement seule, c'est alors qu'elle donna naissance à la première race de cet univers : les ornithorynques.

    Les ornithorynques du paradis barbesque ressemblent trait pour trait à ceux que l'on peut trouver en Nouvelle-Zélande. Ils étaient juste à peu près deux fois plus grand, ils mesuraient entre un mètre quarante et un mètre soixante. Comme les ornithorynques que nous connaissons ils disposent d'un bec plat, tel un canard, même si en réalité c'est le canard qui a imité le bec de l'ornithorynque et pas l'inverse. Il a aussi une longue queue , comme celle d'un castor, qui peut parfois atteindre un demi mètre. Mais contrairement aux ornithorynques que nous connaissons, ils ont deux petites cornes dorées qui pointaient sur leur tête et qui leur donnait le pouvoir de la télépathie.

    Ainsi par la force de sa pensé, dans une folie génialement créatrice, la Barbie sacrée fit apparaître des milliards de spécimens de cette espèce, et créa les ornithorynques divins.

    Aucune parole n'était prononcée dans la bulle, tous communiquaient par la pensée. Mais un jour, un évènement changea les deux faces de l'univers. C'était un mardi, ou peut être un jeudi, certains disent que c'était un lundi et d'autres un mercredi, on a aussi entendu dire que c'était un dimanche et beaucoup on affirmé que c'était un vendredi, une minorité a aussi donné des preuves que c'était un samedi. En tout cas il est interdit de trop travailler ce jour de la semaine, mais comme on a un doute sur le jour précis, il est conseillé de ne pas faire trop d'efforts tous les jours cités ci-dessus.

    Pendant deux siècles après la création des ornithorynques, il ne se passa pas grand chose, puis un jour fameux, se produisit l'incident qui bouleversa le monde de la bulle : un ornithorynque parmi les autres se fit remarquer. En effet, il était plus grand que ses congénères et avait un pelage bleuté comme une nuit d'été, avec quelques taches blanches, comme de pâles étoiles dans ce ciel sombre. C'est en toute logique qu'on l'appela le grand ornithorynque bleu, mais comme c'était assez long à dire on lui donna le surnom de ''Gob''.
    Gob était né deux siècles plus tôt, comme tout les autres, et avait vite exploré tous les recoins du paradis, si bien qu'il ne trouvait plus aucun intérêt à y vivre. Il voulait découvrir un nouveau monde. Il alla alors se présenter devant la Barbie Sacrée, pour lui faire une requête : il lui demanda de l'envoyer autre part.
    Au début la Barbie ne comprenait pas : il y avait tout ici, pourquoi quelqu'un voudrait il partir, ce n'était pas logique. Mais il insistait, la Barbie lui fit comprendre qu'elle n'avait rien à faire de ses envies de découvertes, mais à ce moment il fit une chose que personne n'avait jamais osé faire avant, il brisa une règle établie par la Barbie Sacrée.
    En effet il ne voyait qu'un moyen de se faire comprendre par ses contemporains, et ce jour restera gravé dans toutes les mémoires immortelles des spectateurs. A la stupéfaction générale, tous le virent ouvrir son bec plat et pour la première fois un son raisonna dans le paradis de la Barbie. C'était même mieux qu'un son, une voix, une mélodie, un chant, une mélopée, une vibration dans l'air qui pris la forme d'une symphonie fantastique.

    La voix vibrait sans former de suite logique dans ses paroles, il disait juste des mots qu'il aimait entendre dans sa tête. Malgré l'absence de sens dans son apophtegme, les plus sensibles de son auditoire comprirent à quel point c'était beau de créer, ils comprirent que ce qui est nouveau n'est pas forcément mauvais, une centaine d'ornithorynques parmi les milliards qui se trouvaient dans cette bulle créèrent l'évolution. La voix raisonna plusieurs minutes, il tapait du pied pour s'accompagner et certains de ses auditeurs se joignirent à lui en laissant échapper des sons, pas même des mots, juste des sons, graves, aigus, rythmés, mélodiques mais tous s'accordaient parfaitement dans cette symphonie.
    Lorsque lentement, dans un decrescendo à peine perceptible la voix et les instruments corporels qui s'étaient ajoutés s'arrêtèrent, pendant quelques secondes, pas une pensée ne circula, puis une pensée suivie par tous les esprits: « Il a créé quelque chose! »
    Ensuite un flot de milliards d'avis déferlèrent. Presque tous pensèrent qu'il fallait l'enfermer, le disséquer, le tuer, ou pire, l'isoler. Seule une centaine d'individu parmi cette foule en furie l'approuvait. D'ailleurs les autres étaient ils seulement des individus? Ils ne faisaient après tout que suivre un unique courant de pensée, aucun n'avait de personnalité réelle, ils se contentaient d'adhérer à l'idéologie rudimentaire de la Barbie sacrée, sans jamais espérer un changement infime, sans jamais différer des autres.


Qu'allait il donc advenir ? , nous le saurons dans le prochain épisode de demain







Par monochrome.dream le Mardi 23 mars 2010 à 17:53
C'est sympa comme tout, à lire ! Avec des accès de franche lucidité...
Par contre ce qui concerne les canards, ils n'ont pas copié touuut leur bec sur les ornithorynques : c'est pas exactement le même modèle de bec plat, parce que celui des canards s'ouvre à la verticale, alors que celui des ornithorynques s'ouvre à l'horizontale (les deux parties du bec glissent contre l'autre, l'une à droite, l'autre à gauche).
Bref, on attend la suite.
Félicite la jeune auteure pour moi :)
Par MaxenceM le Mardi 23 mars 2010 à 19:45
En effet, c'est assez drôle. Ca peut être une bonne idée d'alterner les épisodes de cette histoire avec les articles sur les préférences cérébrales, qui restent néanmoins intéressants.
 

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