Samedi 17 décembre 2011 à 8:12

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

J’ai déjà fait plusieurs articles sur notre mémoire (voir catégorie cerveau- mémoire de mon blog).
    Mais je reçois toujours des questions sur ce sujet ainsi que sur l’évolution de nos souvenirs.
    Je vais donc refaire quelques articles dans lesquels j’essaierai d’expliquer les choses autrement.

    Aujourd’hui je vous présenterai un schéma de principe de nos mémoires, qui a été élaboré en 2001 par  E Tulving, et qui est maintenant admis par tous les neurobiologistes.

    Notre cerveau possède trois grandes sortes de mémoires :
        - une mémoire à long terme où nous conservons de très nombreuses informations de toutes nature, pour les rappeler ensuite et nous en servir à des fins diverses
        - une mémoire procédurale où nous stockons des modes opératoires que nous appliquons ensuite, souvent de façon presqu’automatique.
        - une mémoire à court terme qui permet de garder présent à l’esprit pendant de courts instants des données que nous allons ensuite traiter.
    L’ensemble de ces mémoires est dirigé par un administrateur central qui oriente la recherche d’information, leur destination et leur stockage éventuel..
    Nous allons maintenant détailler ces mémoires. (voir schéma ci-dessous).
   
http://lancien.cowblog.fr/images/Cerveau1/schemememoires.jpg

    La mémoire à long terme se subdivise en mémoire perceptive, mémoire épisodique et mémoire sémantique, qui stockent des informations sur des durées prolongées.

    La mémoire perceptive est la mémoire des perceptions avant même qu'elles aient une signification.

Dans la perception visuelle, on perçoit parfois une forme avant de l'identifier. Déja à ce stade, le cerveau garde une première trace de ce qu'il a perçu. En voyant le fragment d'un motif visuel, le cerveau réactive la trace mnésique de la forme  et l’identification n’intervient qu’ultérieurement.
    La mémoire perceptive retient donc les formes, les couleurs, la situation dans l’espace, le mouvement et tout ce qui est lié à la vue. Elle retient également ce qui a trait aux sons, leur intensité, leur hauteur, les consonnances. Elle analyse les impressions du toucher, mais elle mémorise également l’état et les sensations liées à nos muscles, à nos viscères.... Enfin elle classe les sensations de l’odorat et du goût, qui sont en partie liées.

    La mémoire épisodique est celle qui classe et retient les scènes bien localisées dans le temps et dans l’espace, faites de perceptions, mais aussi de liens avec des événements, des sentiments. Bref c’est la mémoire des souvenirs des moments successifs de notre vie.
    Mais en fait, elle comporte deux sortes différentes : une mémoire à long terme des souvenirs qui sont relativement ancrés en nous, même s’ils sont sujet à l’oubli et se déforment. Et une mémoire à moyen terme, qui retient des souvenirs utiles un temps qui s’effaceront ensuite (ou ai-je garé ma voiture ?), car il n’y aura pas pour eux, de mécanisme de consolidation.

    La mémoire sémantique est celle de nos connaissances générales que nous accumulons. C’est ce que nous avons appris lors de nos études, dans notre métier, dans nos lectures, mais aussi la mémoire de notre expérience acquise peu à peu.
    Elle est liée surtout au langage, bien que les perceptions soient aussi à l’origine de sa construction (on apprend en percevant). Elle contient néanmoins des perceptions comme par exemple la forme la couleur, le champ d’un oiseau et éventuellement le goût si nous l’avons mangé cuit....    
    Elle est organisée en items, regroupés en thèmes et liés entre eux, logiquement.
    Ses données assez éparses chez l’enfant, se réorganisent lorsque l’enfant apprend à parler, des liens se créant entre les données appartenant à une catégorie, à un phénomène, à une chose, à une personne ou un animal donnés....
    Elle est hiérarchique car elle regroupe ces données en catégories plus générales (comme en botanique ou zoologie) et de ce fait résulte d’une certaine logique.
    Elle peut se détacher de la perception dans des concepts abstraits.
    C’est elle qui est la base de nos actions et de nos raisonnements.

    La mémoire de travail est à l'oeuvre à tout instant de notre vie consciente. C'est elle qui maintient présentes à l'esprit les informations dont nous avons besoin en temps réel pour parler, imaginer, réfléchir, calculer.....
    C’est d’abord une mémoire tampon qui retient un court instant nos perceptions, dans la mesure où nous en avons besoin (par exemple pour reconnaître une personne, identifier un son...)
    Mais c’est surtout une mémoire de transit d’informations appelées par notre cortex frontal lorsqu’il raisonne, pour stocker les données dont il a besoin.
    On distingue en elle, la “boucle phonologique” qui permet de retenir provisoirement des mots, des chiffres, des idées, et le “calepin visuo-spatial” qui stocke de façon intermédiaire des images et des positions dans l’espace et qui permet ensuite de les représenter mentalement (par exemple pour reconnaître un animal, un itinéraire, assembler un meuble d’après un plan ...)
   
    La mémoire procédurale concerne l’apprentissage et le stockage de procédures, de modes opératoires, comme apprendre à marcher, à skier, à faire du vélo, à nager, à taper sur un clavier d’ordinateur ou de piano.....
    Au départ ces procédures nécessitent des apports de nos sens et de la mémoire épisodique et de nos savoirs de la mémoire sémantique.
    Mais peu à peu, l’automatisme se crée et la mémoire procédurale devient indépendante et fonctionne en autonomie, presque inconsciemment.
    On la décompose en général en une mémoire des gestes moteurs (apprendre à conduire une auto), une mémoire des procédures verbales (apprendre par coeur un poème ou la table de multiplication), et une mémoire de procédures cognitives, comme calculer au moyen des 4 opérations, résoudre un système d’équations...).
    L’exécution de tâches qui font appel à la mémoire procédurale est partiellement inconsciente.

    Demain je montrerai comment ces mémoires réagissent entre elles.
et par la suite, je parlerai de leur localisation dans le cerveau. Puis je reviendrai sur la consolidation des souvenirs et l’influence des émotions, ainsi que de i de l’évolution et de la transformation de nos souvenirs.
Par jazz le Samedi 17 décembre 2011 à 10:39
bonjour jean-pierre
un coucou musical
bon w end et A+ du troubadour Emmanuel
 

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