Lundi 8 février 2010 à 9:09

Contraception, condition féminine

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    J’ai commencé hier des articles sur la contraception et l’IVG et cela m’a valu déjà plus d’une dizaine de mails. Je n’y répondrai pas tout de suite, je vais finir mes articles et attendre d’autres éventuels mails ou commentaires à leur sujet.

    Je disais d’abord que je trouvais que les connaissances sur la physiologie sexuelle et hormonale et sur la contraception étaient relativement sommaires.
    J’ai l’impression que les cours qui devaient être faits au collège et au lycée sont souvent tombés en désuétude.
Ce n'est pas général, mais c'est assez fréquent.
    Le pire c’est que lorsqu’on discute avec les parents, ils n’ont pas l’air beaucoup plus calés que leurs enfants. Pas étonnant qu’ils n’en fassent pas l’éducation.
    Je ne vais pas recommencer un article à ce sujet et je renvoie aux trois articles que j’ai faits en juillet 2008 dans la catégorie “contraception”.
    Simplement quelques remarques :
    - on peut expliquer très simplement la physiologie et les réactions hormonales; cela n’a rien de gênant ni de honteux, pas plus que d’expliquer le processus de digestion : c’est du SVT et je ne vois pas pourquoi cela choque certains parents. Ce n'est pas parce que ces cours auront lieu que vos enfants "sauteront plus vite le pas" et par contre votre fille risquera moins de tomber enceinte.
    L'attitude qui consiste à dire qu'il faut rester chaste est arrièrée. Lorsque les moeurs ont évolué, il faut s'y adapter en essayant que cela se passe le mieux possible, mais il est illusoire de rester en arrière : vous passeriez vous aujourd'hui d'électricité, de télévision, de CD et DVD, d'ordinateur et de téléphone, ou de matières plastique ? Quand j'étais gosse, seule l'électricité existait et pas partout.
    - il faut expliquer aux garçons également le cycle féminin. Cela éviterait de proférer des âneries indignes d’un jeune intelligent de 15 ans, du genre : “une fille ne risque pas d’être enceinte à son premier rapport”. Il faut aussi leur expliquer le plaisir féminin. Cela leur éviteraient, à eux qui souvent ne voient cela qu'à travers les films pornos, dese conduire comme un hussard et une brute, et de s'étonner que sa partenaire n'éprouve pas de plaisir.
    - il faut expliquer aux filles les risques d’oublis de la prise de pilule et ce qu’il faut faire. La pilule du lendemain est totalement méconnue et pourtant cela vaut mieux qu’une IVG.
    - quand j’étais jeune il n’y avait pas de pilule, et pour avoir des préservatifs il fallait une ordonnance médicale et l’autorisation des parents si on n’avait pas 21 ans, âge de la majorité. Cependant nos parents donnaient souvent à leurs enfants une certaine éducation certes réduite, en matière de sexe et de précautions.
Les médecins militaires le faisaient aussi au service militaire.
    Paradoxalement aujourd’hui où les moeurs sont beaucoup plus libres, j’ai l’impression qu’il y a une grosse lacune dans ce domaine.
    - Il n’est pas toujours facile, pour des raisons de timidité, de finances et parfois de comportement des pharmaciens, d’obtenir une contraception. C’est là où les parents sont fautifs. Ils devraient systématiquement envoyer leurs ados filles chez le gynéco pour un “entretien”, même et surtout si elles n’ont pas encore de petit ami. Le médecin peut l’informer et voir avec elle quel serait , lorsqu’elle en aura besoin, le meilleur mode de contraception.
    - Il n’est pas normal que l’on n’apprenne pas aux jeunes à se servir d’un préservatif et des problèmes que peut soulever son emploi. Cela devrait faire partie des cours. Bien sûr je ne prône pas des travaux pratiques
    Je connais une de mes jeunes “guenons” qui se dévoue pour cela auprès de ses copine et utilise comme “mannequin” un gros poireau du supermarché !
    - si on a des problèmes, se rappeler que dans beaucoup de lycées il y a une infirmière et que dans les villes il y a un planning familial ou un organisme associatif analogue, qui ne juge pas et  conseille.
    - je déplore l’attitude peu responsables de certains garçons qui disent à leur petite amie de se débrouiller pour prendre la pilule et ne veulent pas utiliser de préservatif.
    Je constate aussi que l’attitude des gens vis à vis d’une jeune qui se retrouve enceinte n’est pas normale et même souvent cruelle.
    - c’est vrai que la jeune ado a souvent peur d’en parler à ses parents.
    - mais ceux ci devraient penser qu’il y a urgence et que le moment n’est pas venu de lui faire la leçon et des reproches; Il faut la tirer d’affaires de cette situation. On pourra toujours lui en reparler ensuite, mais elle a plus ensuite besoins de conseils que de reproches.
    - le petit ami ou le compagnon n’est guère raisonnable non plus. Dans la plupart des cas que je connais il a dit à son amie de se débrouiller pour “faire passer cela”. Dans d’autres cas au contraire il était heureux de la situation mais complètement immature, ne pensant à cet  enfant  que comme à un jouet et ne se préoccupant pas des problèmes que cela poserait notamment à son amie, tant sur le plan études que financier.
    Et je ne parle pas de cas que j’ai connus où le petit copain a tout simplement laissé tomber sa petit ami
    - et ce qui m’a le plus exaspéré, c’est l’attitude de certaines femmes qui ont été dire à l’ado enceinte que c’était une punition pour avoir couché avec son petit ami avant le mariage, que c’était bien fait pour elle et qu’elle n’avait qu’à en subir les conséquences.!

    Enfin je trouve qu’actuellement il n’y a pas grand chose de fait pour aider les jeunes qui se retrouvent dans cette situation pour les aider à prendre très rapidement une décision et pour ensuite l’aider à pouvoir la mettre en oeuvre. Trop souvent les gens voudraient que l’ado prenne la décision qui est la leur à eux et pas celle de la personne en cause.
    Je sais que l’ado est à ce moment très perturbée et souvent ne sait pas quoi faire. Mais il faut l’aider à trouver de façon raisonnable et logique les conséquences des deux décisions possibles (IVG ou garder l’enfant) et en rester le plus possible aux faits, aux conséquences pratiques, et quand on est bien obligé de parler de sentiment ou de morale, ne jamais juger et ne pas exposer les arguments par rapport à sa propre morale, mais essayer de faire dire à l’ado comment elle voit cet aspect moral et respecter alors ses convictions.
    Le problème c’est finalement de s’assurer qu’elle a pu rapidement envisager presque toutes les conséquences de son acte et donc ne pas prendre une décision en ayant négligé beaucoup de points, ce qu’elle regrettera ensuite.

    Par contre il faut expliquer aux jeunes que l'IVG n'est qu'un dernier recours et ne remplace pas la contraception.

    Un dernier conseil à celles qui, par désespoir parce qu’elles aimaient leur petit ami et que celui ci se lassaient d’elles, arrêtent exprès la pilule pour tomber enceinte. Cela ne retiendra jamais votre petit ami, au contraire.
    Il vaudrait mieux lui faire croire que vous êtes enceinte sans que vous le soyez réellement, mais je n’ai jamais vu cette manoeuvre réussir non plus.

Par MiMiNe le Lundi 8 février 2010 à 9:59
"Il vaudrait mieux lui faire croire que vous êtes enceinte sans que vous le soyez réellement, mais je n’ai jamais vu cette manœuvre réussir non plus."
Dans un de mes lycées j'ai connu une fille qui a fait ça et au final elle soutirait de l'argent à son ex petit copain pour faire des soit disant test alors que c'était faux... Je trouve tout autant bête de profiter d'une situation pareille...

Malheureusement aussi quand tu fais ton maximum pour te protéger, les gens trouvent ça tout autant louche, si tu viens dire à une autre fille du même âge que toi que tu prends la pilule et que en même temps ton copain met un préservatif : on te réponds ; Mais pourquoi ? Comme si il existait qu'une seule façon de ne pas avoir d'enfant. Pourtant je trouve que ce raisonnement est assez mature vu qu'au final les deux dans le couple sont concernés... mais non à l'heure actuelle on se dit oui la pilule c'est pour les filles comme ça pas d'enfant et le préservatif pour les garçons juste pour éviter le sida (on oublie souvent que ça protège aussi d'avoir des enfants). c'est soit l'un soit l'autre qui choisit souvent la fille d'ailleurs comme ça le garçon n'a aucune responsabilité dans l'histoire...
Par autresrimes le Lundi 8 février 2010 à 10:25
coucou Jean-pierre
eh oui de nos jours il y'a plus de conseils---es ecoles colèges--)
encore une fois un très bel article.
A+
Par kaa le Lundi 8 février 2010 à 11:32
Je reprends ici autrerimes :
Il y a bien des informations dans les collèges (auxquels on fait d'ailleurs tout faire ...).
Elles sont généralement assurées par l'infirmière, secondée souvent par le planning familial.
 

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