Dimanche 7 février 2010 à 9:56

Contraception, condition féminine

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    J’écoutais à la télé et je lisais sur internet des commentaires du rapport sur la contraception et les IVG.
    Ses conclusions ne m’étonnent pas et il serait temps de réagir.


    Il m’arrive assez souvent qu’on me demande des explications en matière de contraception et j’avais fini par faire quelques articles simples sur mon blog, à l'été 2008.
    J’ai aussi essayé d’aider quelques jeunes qui n’avaient pas pris de précautions suffisantes et qui se trouvaient soit face à la décision de faire ou non une IVG, soit qui, après l’IVG, (qui prise très tôt au plan physiologique n’est pas très pénible), se trouvaient face à un grand traumatisme psychologique, car c’est souvent l’une des conséquences que l’on sous-estime ou même que les gens qui ne savent pas, nient. Les hommes ne savent pas ce qu’est ce choc psychologique, et les femmes adultes le ressentent le plus souvent beaucoup moins qu’une adolescente ou qu’une jeune d’une vingtaine d’années.

    Mon opinion personnelle est que jusqu'à une douzaine de semaines le cerveau de l’embryon n’est pas vraiment formé (c'est la limite légale de délai de l'IVG : 14 semaines
après les dernières règles) et que avant 5 mois, le foetus ne peut vivre et que donc ce n’est pas encore un enfant . Et que par ailleurs si la personne ne veut pas ou ne peut pas garder cet embryon, il vaut mieux faire l’IVG dans les six premières semaines car ce n’est alors physiologiquement  pas trop pénible car c’est une pilule chimique qui le déclenche et la conséquence est analogue à des règles importantes. Après 5 semaines (7 semaines après les dernières règles), par contre il faut une intervention chirurgicale, certes bénigne, mais qui nécessite une surveillance plus grande et une hospitalisation.
    Mais cela c’est l’aspect physiologique, et le problème psychologique est tout autre et n’a guère de rapport et très différent d’une personne à l’autre. D'autre part ce ne sont pas mes opinions qui comptent mais celles des personnes que j'essaie d'aider.

    Dans ce domaine psychologique chacune de mes correspondantes peut avoir des raisons différentes que je respecte, et qui peuvent influer sur sa décision et surtout sur ses conséquences.
    Il y a d’abord évidemment les circonstances qui l'a faite tomber enceinte, et notamment l’attitude et la réaction de son petit ami ou de celui avec lequel elle vit.
    Il y ensuite, son âge, ses relations avec ses parents, avec la famille.
    Et puis bien évidemment les problèmes matériels : finances, études, conditions de vie.
    Pour certaines ce sont des raisons morales et/ou religieuses que je respecte tout à fait, mais qui évidémment, les font se sentir coupables si elles ne peuvent vraiment pas garder l’enfant.
    Mais même lorsque pour certaines ces raisons n’interviennent pas et qu’elle n’ont absolument pas l’impression de détruire une vie, il ne faut pas croire qu’il n’y a pas de traumatisme. Toute femme même très jeune a l’amour maternel ancré en elle et l’envie d’un enfant, le sentiment que c’est une partie d’elle, que c’est elle qui le fabrique, qui lui donnera vie, et lors d’un IVG, cela entraîne forcément une blessure au plan sentimental profond.
    Et puis si ce n’est pas un incident de parcours, mais qu’elle aimait vraiment celui avec qui c’est arrivé, elle a l’impression qu’elle détruit un lien entre eux deux, que c’est quelque chose qui n’aboutit pas.

    Ma première conclusion c’est qu’il vaut mieux une bonne contraception qu’un IVG, et que celui-ci n’est que le recours ultime à éviter le plus possible.
    Ce n’est pas dans mon propos un jugement de valeur, mais une simple constatation des faits.
    Une bonne contraception vaut mieux qu’un avortement quelles que soient les idées éthiques ou religieuses qu’on puisse avoir.
    C’est physiologiquement et psychologiquement évident.

   
Ce que je constate et dont je reparlerai dans mon article de demain c’est :
    - d’abord que les connaissances des jeunes en matière de physiologie et de contraception sont très insuffisantes. Les parents et le lycée sont le plus souvent très déficients dans ce domaine.
    - que les moyens de pouvoir se procurer des moyens de contraception sont insuffisants et difficiles parfois et que les garçons n’ont pas toujours une attitude raisonnable dans ce domaine, vis à vis de l'emploi des préserbatifs.
    - que le petit ami ou le compagnon a souvent une attitude très irresponsable vis à vis de sa compagne enceinte et que le manque de soutien et d’aide est souvent flagrant et très traumatisant.
    - que malheuresement l’aide que devraient apporter les parents n’est souvent guère meilleure, mais la jeune en cause a souvent peur de leur en parler.
    - qu’il n’est pas facile de trouver les bonnes portes pour pouvoir pratiquer l’IVG avant les 7 semaines. Si certains médecins (surtout des femmes) font très bien leur travail de médecin, quelles que soient leurs propres opinions morales, d’autres médecins veulent imposer aux jeunes en détresse leurs propres convictions et refusent l’IVG ou mettent en jeu tous les obstacles possibles et je trouve cela indigne du serment d’Hippocrate et que c'est de l’intolérance pure et pour certains de l’intégrisme religieux.
    Dans un domaine aussi délicat et sensible, se permettre de juger la conduite d’autrui est intolérable, d’autant plus que cette personne est en détresse et a besoin d’aide. De quel droit croire que l’on détient la vérité au point de l’imposer à l’autre au mépris de sa liberté ?
    En fait on devrait leur reprocher un manque d’assistance à personne en danger, exactement comme s’ils refusaient de secourir un accidenté.

Par Dontthink le Dimanche 7 février 2010 à 10:18
Néanmoins, malgré toute la forte crédibilité de ton article (que je ne remets absolument pas en cause) : l'avortement, c'est tuer un enfant. C'est bien facile, dans le sens où on ne le voit pas, il ne crie pas, il ne gigote pas dans les bras de la maman, mais il est quand même vivant, forme physique terminée ou non, délai de cinq mois ou plus.
Oui, je sais. Lorsque je dis ça, on répond souvent : tu dis ça parce que tu ne le vis pas, si tu le vivais, tu trahirais tes propres convictions en matière d'avortement.
Et là on tombe dans le domaine de la contraception. Couvre-toi, avec les contraceptions suffisantes. Sépare-toi de toute ta puérilité et naïveté dès qu'il s'agit de faire l'amour avec un garçon. En terme logique, tu n'aurais à penser à l'avortement.
Je trouve cette solution "facile" (si on oublie ce qui est psychologique of course) pour fuir ses fautes et ses responsabilités en matière d'enfants, qui découlent du sexe.
Pour ce qui est des filles violées, là-dessus j'ai difficilement un avis.

Mais je suis, pour le reste, d'accord avec ton article.
Par alyane le Dimanche 7 février 2010 à 10:19
Je connais un cas où la contraception a été arrêtée lors d'examen et la jeune fille s'est trouvée enceinte sans le vouloir. Le petit copain plus âgé a laissé faire et le père de la jeune fille au retour d'expédition l'a obligée à avorter, elle en était à plusieurs semaines. Ceci l'a beaucoup marqué, mais le copain est un peu lâche...
Par MiMiNe le Dimanche 7 février 2010 à 10:30
ça doit dépendre des lycées aussi mais personnellement j'ai toujours eu des préventions donc celles qui n'étaient pas au courant fallait le vouloir :/
De plus je pense que à l'époque de nos parents c'était une grande victoire mais maintenant certaines jeunes filles banalisent trop, j'ai déjà entendu des filles sous entendre que toute façon c'était pas bien grave d'oublier ou de ne pas avoir de contraception car il y avait l'ivg... je veux pas faire de généraliser mais bon je pense que à notre époque on a beaucoup de moyen d'être renseigner même si on en parle pas avec ses parents, ça reste de l'irresponsabilité pour moi. si demain une copine avait besoin d'aide sur ce sujet je l'aiderais bien sûr mais ça changerait rien sur mon opinion au final (sauf si évidemment dernière il y a eu quelques choses de grave)
Par kaa le Dimanche 7 février 2010 à 12:15
Ce que je trouve dommage, c'est que malgré la démocratisation de la contraception, le nombre d'IVG (qui n'est pas un acte anodin) ne diminue pas.
J'ai peur que l'avortement soit malheureusement considéré parfois comme un moyen de contraception comme un autre pour certaines personnes.
Par 22h47 le Dimanche 7 février 2010 à 16:52
Je suis d'accord avec Kaa, c'est souvent " Oh, je m'en fous, au pire, je me ferai avorter " qu'on entends.
Personnellement, le coup de " on tue un enfant ", ça ne me fait ni chaud, ni froid. C'est du rien pour moi un embryon. C'est comme se couper un ongle d'un point de vue biologique à mes yeux. Une partie du corps, certe, mais pas vivante, sans âme.
Ce qui m'inquiète le plus ce sont les conséquences de l'IVG : un gros risque de stérilité qu'on ignore souvent...

Et clairement : +1 pour Mimine, pour ne pas être au courant en matière de contraception, faut avoir envie ^^. Et être très fort, dès 13ANS on nous en parle sans arrêt !
On peut se fournir n'importe où, je suis effarée par l'immaturité et la bétise de beaucoup de jeunes dans ce domaine !

Pour répondre au premier commentaire, je pense qu'il est plus responsable d'avorter d'un petit bout de cellule que de mettre au monde un enfant, bien vivant, qu'on ne pourra pas élever correctement !
Par 22h47 le Dimanche 7 février 2010 à 16:53
Je pose quelques questions sur l'IVG : est-il gratuit ? Est-il anonyme ?
Par autresrimes le Lundi 8 février 2010 à 10:20
bonjour Jean-pierre
très bel article sur un sujet toujors d'actu et où il est important d'informer .
bonne journée et A+
Par orchidee le Lundi 8 février 2010 à 12:31
Je n'avais jamais entendu parler de médecins qui empêchaient les jeunes d'avorter, et ça me révolte: l'IVG n'est déjà pas faite de gaieté de coeur,s'il faut en plus batailler pour y avoir droit (car s'en est un!) cela devient d'une tristesse terrible.
Il est tout de même dommage de voir aussi tant de jeunes mal informés sur le plan de la contraception; les parents ont un rôle dans ce domaine. J'ai moi-même une petite soeur, jeune ado, qui, je l'espère n'a manqué de rien: il n'y a pas eu de tabou posé sur la sexualité, et lorsqu'elle a demandé à être vaccinée contre le cancer du col de l'utérus nous avons su entendre que, malgré son jeune âge, elle envisageait de franchir le pas. En ce cas, peut importe les opinions, la sécurité et son bien-être moral valent mieux que tout, non?
Par alesia le Lundi 8 février 2010 à 20:45
Par rapport au commentaire d'orchidee, et aux médecins qui refusent de pratiquer un IVG : pour ma part, cela ne me choque pas. On parle ici d'éthique, et en éthique, les avis diffèrent, même chez les médecins. Certains refusent de céder à la chirurgie purement esthétique, d'autres refusent d'avorter. Il y a aussi une liberté à respecter dans ce sens là, celle des médecins. Et puis, le rôle du médecin n'est-il pas de préserver la vie ? Or, un IVG, c'est tuer une vie, ou tout du moins une promesse de vie.

J'ai lu pas mal d'articles ces derniers temps qui parlent d'une détection systématique de la trisomie 21. Or, on sait que cette détection aboutit bien souvent à une IVG, les parents ayant peur de se retrouver avec un enfant anormal. Ne va-t-on pas vers une sorte de fascisme, une volonté de ne mettre au monde que des êtres parfaits ? Si on peut soigner cette maladie, les maladies, bien sûr qu'il faut le faire ! Mais tuer un enfant dans son ventre parce qu'il est malade, parce qu'il n'est pas "conforme", cela me choque. On devrait tous avoir droit à la vie.
 

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