Mardi 8 octobre 2013 à 8:14

Relations avec nos parents, famille

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    Il m’est souvent arrivé de discuter par mail avec des adolescent(e)s, qui venaient lire mon blog.
    Parfois aussi avec des parents d’ados.
    C’est toujours une chose nouvelle parce que chacun a sa personnalité et ses problèmes relationnels propres. Mais j’ai donc une certaine expérience de ces dialogues.
    Et je me pose toujours la question : on parle toujours de «crise d’adolescence»; existe t’elle vraiment.
    Qu’il y ait un énorme changement de comportement entre les adolescents d’aujourd’hui et ceux qui vivaient il y a 65 ans, quand j’avais leur âge, c’est indéniable.
Mais jadis, il y avait aussi parfois des adolescents en opposition avec leurs parents et on ne parlait pas de crise ! Peut être aussi parents et professeurs savaient ils mieux s’y prendre.
    Mais les ados sont ils très différents de ce que nous étions. Je n’en suis pas sûr; ce qui a changé c’est la société, les relations, les moyens de communication.

    L’adolescence a toujours été une phase délicate de la vie. On n’est plus enfant, on a abandonné ses jouets habituels. Mais on est loin d’être adulte, mais on voudrait l’être et parfois on croît même l’être, bien à tort.
    Je crois même qu’aujourd’hui, si les enfants sortent plus tôt de l’enfance pour devenir adolescents, les ados sont moins murs encore qu’autrefois et restent plus longtemps adolescents, car on ne les aide plus assez pour qu’ils puissent évoluer vers une responsabilité d’adulte, qu’ils n’arrivent pas à prendre.
    Il est certain qu’un adolescent n’est pas prêt pour affronter la vie, même s’il le croît.
Il traverse une phase d’importante évolution, la puberté notamment, alors que ses outils mentaux ne sont pas encore prêts, pour affronter seul ce changement, qui va trop vite.
    Alors qu’il a perdu presque un tiers des neurones des centres d’apprentissage qui l’aidaient dans son enfance, son cortex préfrontal n’est pas complètement formé et il lui manque des atouts essentiels, notamment il ne sait pas prévoir les conséquences de ses actes et donc il prend des risques sans s’en rendre compte et fait une multitude d’incartades, si on n’arrive pas à communiquer avec lui.
    Crise de pensée, de confiance en soi et en les autres, changements physiologiques, envie de liberté, mais peur de l’avenir inconnu, dont on ne se préoccupait pas jusque là et de l’affronter seul, démuni et sans expérience, voire aveuglement.
    Evidemment cela a tout d’une crise, et pourtant chez la plupart des adolescents cela se passe bien. Alors y a t’il vraiment une crise de l’adolescence.?

    Parmi les nombreux adolescents que j’ai connus assez bien (une bonne centaine), beaucoup avaient des problèmes car, sinon ils ne se seraient pas adressés à moi et je ne ferai donc pas de statistique sur une population non représentative.
    Mais je constate que ceux à qui on a donné des règles, à qui on a appris à les respecter, en leur expliquant simplement pourquoi, qu’on a entouré d’amour, d’attention, de soutien, mais aussi parfois de fermeté, ces adolescents n’ont pas été en crise, même si parfois ils se sont frottés le museau avec leurs parents.
    J’ai constaté qu’au contraire, ceux auquel les parents disent toujours «oui», les excusent toujours dans leurs incartades parce qu’ils ont peur de ne plus être aimés, parfois même en rient en considérant cela comme une preuve d’indépendance, ces enfants qui ont pris de mauvaises habitudes, qui n’acceptent plus le moindre refus, qui ne savent pas résister à un désir et du coup n’ont plus aucune joie, ces enfants devenus adolescents sont en crise.
    Ils remettent alors en cause l’autorité des parents comme des professeurs, prennent des risques inconsidérés, délaissent le travail incontournable pour réussir des études, et n’ont plus d’horizon que leur «bande de copains», devant lesquels il faut jouer au jeune coq et flamber, ce qui évidemment les entraîne à faire de multiples bêtises et qui ne leur apportera rien, mais ils ne s’en rendront compte que trop tard.
    Pour ceux là, il y a effectivement crise, qu'ils soit intelligents ou pas, mais sont ils si nombreux ?

    On peut toujours espérer que le temps arrangera les choses, mais je suis par contre étonné du nombre d’adolescents qui le restent, qui à 15 ans font des enfantillages, et à 20 ans ne paraissent guère plus réfléchi. Je dis souvent que le bon sens s’en va.
Il y a d’autres jours où je me dis que la pratique de Facebook et du téléphone portable empêche le développement de l’intelligence et de l’autonomie !
    Certes la crise est sûrement un facteur qui incite les jeunes à rester chez leurs parents comme «Tanguy».

    Mais je constate aussi que lorsque les adolescents, croyant se comporter comme des adultes, se comportent en réalité encore comme des enfants, c’est souvent que les parents les ont traités comme s’ils étaient déjà adultes, en leur laissent faire ce qu’ils voulaient, alors qu’ils n’étaient pas capables d’une conduite rationnelle.
    J’ai souvent vu ces parents excuser les pires bêtises de leurs enfants, pour fuir les conflits et leurs responsabilités d’éducateur, et pour certains, leurs enfants, qui ont choisi les mauvais copains (histoire de frimer bêtement), ont fini par devenir des voyous.
    Il faut se dire qu’éduquer un adolescent, cela passe par la communication, les explications, le bon exemple à donner, et parfois aussi, savoir dire non et punir. Il faut être deux pour éduquer un enfant et si l'un des conjoints est défaillant et laxiste, et contre systématiquement les efforts de l'autre, celui-ci est impuissant et l'enfant profite de la faiblesse de l'un pour ne pas suivre les règles édictées rationnellement par l'autre, pourtant pour le bien ^étre de l'enfant. .

   Il est facile de fuir ses responsabilités, quand on est parent, en disant que si son enfant dérape, c'est la faute de la société actuelle, mais c'est trop facile. La plupart des jeunes ne sont pas en crise, et  finalement, les crises d’adolescence de nos jours, ne serait ce pas une crise éducative des parents?
Par maud96 le Mardi 8 octobre 2013 à 13:12
Si j'ai bien lu la fin de ton article, c'est surtout et souvent une crise de "l'adulte parent" qui rend difficile la mutation naturelle (et donc la "crise") de l'enfant à l'adulte... Mais c'est notre mode de vie en société qui est en crise lui-même... et ceci presque partout dans le monde...
Par lancien le Mardi 8 octobre 2013 à 15:44
Les exemples que je connais, et les articles que je lis, semblent montrer que, sauf exceptions bien sûr, il y a certes un moment où tout ado rencontre des problèmes,surtout à la puberté, tiraillé entre son désir de liberté et sa peur de quitter le nid familial, et poussé effectivement par les médias de notre société de consommation, mais cette "crise" reste très modérée quand les parents n'ont pas été trop laxiste, sous prétexte de "garder l'amour" de leur enfant et ont habitué l'ado à peu à peu, acquérir une certaine autonomie et capacité de jugement.
Par Jean Champeaux le Vendredi 7 août 2020 à 13:25
Merci pour cet edito, je pense avoir incroyablement appris.
 

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