Samedi 27 septembre 2008 à 9:03

Adolescence



     Une de mes correspondantes qui n'a pas de blog m'a posé une question qui d'ailleurs pourrait vous intéresser, alors j'essaie de lui répondre ici.


      Commentaire de "Une fille qui se ^pose une question"  :
Je voudrais vous posez une question : Pourquoi chez certaines personnes l'adolescence (plus ou moins 15 ans) les change complètement (de la mauvais façon!) c'est à dire qu'il sont plus agressifs, qu'ils font la "gueule" sans raison à d'autres personnes (qui ne leur ont rien fait)
Est ce à cause des hormones? ou d'autre chose ?
Svp répondez moi
Cordialement :)

    C'est difficile de savoir où commence et où finit l'adolescence et c'est variable selon chacun : je dirai entre la classe de 6ème et le bac. On change vraiment quand on passe dans l'enseignement supérieur, peut être parce que l'espace de liberté change de format.

    Revenons à notre sujet  :  pourquoi certains adolescents sont ils ainsi mal dans leur peau, alors que d'autres restent presque zen ?
    Je vais d'abord donner quelques raisons générales qui concernent tous les adolescents, mais plus ou moins selon leur biologie et leur environnement familial.

    Je disais dans un de mes précédents articles que le très jeune enfant avait un sentiment de “toute puissance”, puis qu'il découvrait que les parents et l'univers ne lui obéissait pas et qu'il devait alors s'adapter. Il reste malgré tout très protégé car ses parents, ses puéricultrices et ses instituteurs s'occupent de lui “personnellement” et la plupart des enfants ont heureusement l'impression d'être entouré d'intérêt et d'amour.
    Et puis tout à coup une évolution brusque l'entrée au collège : c'est un autre monde, les copains changent, les profs sont multiple et n'ont pas le temps de s'occuper de chacun. Le travail change de nature, devient plus anonyme, avec des matières nouvelles. Les parents qui travaillent n'ont pas assez de temps non plus pour aider à cette évolution.
    Alors l'enfant se sent un peu mal aimé, abandonné, face à des difficultés d'autonomie qu'il n'a ni prévu ni souhaitées et il se referme un peu sur lui même.

    Mais il grandit au contact des autres et peu à peu voit le monde autour de lui sous un autre jour. La société de consommation actuelle, aidée par ses médias et par ses copains, lui donnent des tas de désirs qu'il ne peut satisfaire tous.
    Il n'a ni un cerveau suffisamment formé ni assez d'expérience et donc raisonne encore mal en face de la prévision de l'avenir et des décisions qu'il doit prendre, notamment quand il faut faire des choix (qui forcément éliminent des solutions souvent désirées). C'est ce que je développais dans un précédent article.
    Ces problèmes lui pourrissent un peu la vie, plus ou moins selon son caractère et cela d'autant plus que les relations entre les centres dits du plaisir (de sanction et de récompense) et le cortexpréfrontal ne sont pas arrivés à maturité et que donc le jeune a une mauvaise maîtrise de ses pulsions et désirs.
    De plus ces centres qui ont beaucoup participé jusque là, à l'apprentissage de l'enfant, sont moins sollicités et perdent au début de l'adolescence plus de 30 % de leurs neurones et connexions.

    Vient alors la puberté avec ses changements hormonaux, mais qui se répercutent sur le fonctionnement des neurotransmetteurs du cerveau.
En particulier elle entraine souvent des modifications des taux de sérotonine, qui agissent fortement sur la régulation de notre “humeur”.

    Par ailleurs je l'ai dit dans le précédent article, les centres qui assurent la motivation ne sont pas encore formés suffisamment, alors que les centres de la récompense sont en décroissance.
    L'ado est donc très peu motivé et il lui faut des pulsions fortes pour assurer cette motivation, alors que son évaluatioon des risques n'est pas encore mature.
    Il en résulte un certain nombre d'erreurs et de bêtises, qui évidemment entraînent des sanctions, qui n'influent pas favorablement sur un climat dégradé.

    Dernier point  négatif, alors que l'ado a du mal à trouver les ressources nécessaires à  une certaine autonomie, il y a tout à coup la nature qui le pousse vers cette “sortie du cocon familial” et il éprouve un besoin de liberté grandissant et supporte mal les contraintes (familiales scolaires et autres) qui s'opposent à cette émancipation, qu'il n'est d'ailleurs pas capable d'assurer (ne serait ce que financièrement).

    En résumé l'adolescence est un tournant important de la vie où on découvre avac angoisse qu'il va falloir peu à peu s'émanciper, puis où l'on désire cette liberté, mais où on n'en a ni les moyens intellectuels (cerveau pas totalement mature), ni l'expérience de la vie, ni les moyens matériels et notamment financiers.
    Par ailleurs les difficultés qu'il rencontre sur le plan de la prise de décision, du contrôle des pulsions et de l'absence de motivation compliquent singulièrement la vie de l'adolescent.
    La puberté vient en plus apporter des changements stressants, et perturber l'humeur, rendant l'adolescent d'une sensibilité et d'une susceptibilité à fleur de peau.
    Certes ces transformations et réactions sont différentes et d'ampleur plus ou moins grande selon les adolescents, mais l'éducation préalable qu'il a reçue auparavant et les réactions des parents, de la famille et des enseignants sont donc primordiales dans cette période et  vont en partie conditionner le devenir de cet adolescent.
    Ce sera le sujet d'un prochain article

Par INC le Samedi 27 septembre 2008 à 9:30
Oui voilà, l'adolescence est censée être un tournant important pour un gamin, bien que ce ne soit pas le plus décisif pour son avenir (en général, c'est plutôt à l'heure des études supérieures quand on est pragmatique). Il a enfin un champ de vision plus large que celui d'un petit enfant, il est capable de percevoir ce qu'est le futur mais n'y a pas accès. Donc, il cherche à s'émanciper avec agacement et excès de vitesse parce qu'il voudrait pouvoir toucher du doigt ce qu'il croit être "la liberté adulte".

Ça fait parfois 15 ans qu'il est sous le joug de parents qui eux mêmes ne sont pas d'une stabilité admirable... Y a qu'à regarder les parents du jeune sataniste suicidaire dans je ne sais plus quelle émission crétine, dans leur maison de troglodytes arriérés, sans caractère ni volonté devant le gamin et là, on comprend pourquoi certains ont envie de se tailler les veines ><

Je pense donc que le virage que prend le jeune pendant l'adolescence est aussi, en partie, due aux parents et à l'éducation qu'ils lui ont préalablement donnée. Il est relativement rare que des parents qui possèdent une certaine autorité naturelle (ou en tout cas, qu'ils se concentrent assez pour l'avoir toujours été face à leur enfant) se voient débordés face à la crise de ce dernier (s'il en fait une, ce qui est aussi rare parce qu'il sait qu'il va vite se faire ramasser).

Il y a donc énormément de facteurs à cela. Mais ce n'est pas parce qu'un ado commence sa crise qu'il faut soupirer et attendre que ça passe. C'est aussi un bon moment pour lui rappeler de façon durable que dans la vie, beaucoup de choses sont basées sur la hiérarchie et qu'on n'y échappe pas, surtout pas à 15 ans, quand on est rien du tout.
Par jazz le Samedi 27 septembre 2008 à 11:34
bonjour jean-pierre

joili la photo des fleur
eh oui pas toujours facile le passage de l'adolesence un cap de la vie à franchir

bon w end et A+ de Emmanuel
Par Une fille qui se ^pose une que le Samedi 27 septembre 2008 à 13:03
Merci d'avoir répondu à ma question avec autant de précision :)
Ah la la cette étape de la vie !
Cordialement
 

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