Vendredi 31 juillet 2015 à 9:10

Notre cerveau : mémoire; inconscient; Freud

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     J’ai parlé hier d’une étude d’une société de sécurité informatique, qui partait de statistiques sur les données que nous enregistrions sur ordinateur ou smartphone, et en déduisaient que nous étions atteint « d’amnésie numérique ».
    En fait ce n’est pas nouveau. Ce que l’on appelle aussi « l’effet Google » est d’aller rechercher toutes les informations sur Internet, comme une solution de facilité et de rapidité, plutôt que de se creuser la tête. Il est bien entendu plus simple de chercher le numéro de téléphone de quelqu’un via des services spécialisés sur Google, ou sur son smartphone plutôt que d’essayer de s’en souvenir.
    Résultat, le cerveau est moins stimulé et les amnésies sont plus fréquentes. Cette perte de mémoire nous fait oublier les informations que nous conservons sur nos appareils numériques, pour davantage de simplicité, de rapidité et pour les avoir à portée de main à tout moment.

    Cela dit, dire que c’est pour cela que notre mémoire baisse, il n’y a qu’un pas que l’on franchit souvent, et c’est à mon avis un raccourci voisin de l’erreur.
    Pour cela il faudrait se rappeler les grandes caractéristiques du fonctionnement de la mémoire et comment se fait la mémorisation et l’oubli.
    L’enfant mémorise très facilement, car son cerveau est peu encombré et donc les mécanismes de rappel d’un souvenir ou d’une donnée sont beaucoup plus rapides.
    Mais on se rappelle surtout ce qui vous intéresse ou vous touche émotionnellement. Et on élimine ce qui ne nous sert pas de façon à limiter la qua,tité de choses retenues et leur indexation par le cerveau pour les retrouver.
    Le mécanisme de mémorisation est toujours le même.
    Le cerveau stocke d’abord l’information dans une mémoire tampon, puis, si elle semble avoir de l’intérêt, dans une mémoire pour une durée courte de quelques heures au plus (par exemple où ai-je garé ma voiture?).
    Puis la nuit se fait un tri presque inconscient, et certaines données sont rappelées de la mémoire dans le cerveau émotionnel par l’hippocampe, et les informations pertinentes sont consolidées, c’est à dire que le connexions des neurones qui les concernent sont renforcées (par exemple toutes les informations détaillées qui constituent un souvenir d’un instant donné).
    Ce renforcement est beaucoup plus important si le souvenir a une valeur sentimentale ou un fort aspect émotionnel.
    Chaque fois que nous rappelons en mémoire le souvenir, les connexions se renforcent à nouveau, mais toutefois on peut en ajouter de nouvelles et le souvenir peut se transformer; se compléter à partir de document lui correspondant, ou au contraire se détériorer, car nous jugeons certains détails inutiles ou nous en ajoutons d’autres, qui sont le fruit de notre imagination.
    A l’inverse, si nous ne rappelons que rarement le souvenir, les connexions s’affaiblissent, les détails s’estompent, et le souvenir tomber peu à peu dans l’oubli.
    Il est ainsi normal que, si nous nous servons d’un téléphone pour stocker et nous rappeler les numéros de téléphones, peu à peu, ils s’effacent de notre mémoire.
Personnellement il y a 50 ans, je connaissais quelques centaines de numéro de téléphone, qui me servaient dans mon travail ou dans ma famille. Aujourd’hui ils sont sur mon portable, sur mes ordinateurs et sur un disque de sauvegarde. Je n’en connais plus par cœur que quelques uns qui me servent très souvent et que mon cerveau rappelle, ce qui renforce leur souvenir.
    Alors quand la société Kaspersky déduit du cas d’un individu qui se rappelle le numéro de téléphone de ses parents quand il était petit, et ne se rappelle pas le sien actuel, enregistré sur son smartphone, que c’est la faute de son téléphone portable, si cette personne n’a plus de mémoire, je n’y crois pas une seconde.
    Il n’y a aucune raison de se rappeler un numéro de téléphone de son enfance, sauf si celui-ci est associé à un traumatisme ou à une émotion très forte, ou si on le voit très souvent sur une archive. Car sinon le fait que l’on ne se serve plus du tout de ce numéro, le ferait automatiquement tomber dans l’oubli, même si on a une bonne mémoire.

    Donc la mémoire n’existe que si elle est entraînée. Si nous stockons beaucoup sur nos aides électroniques, nous n’entraînons plus notre mémoire sur ces données. Si nous cessons d’entraîner notre mémoire, certes elle va baisser rapidement. Si par contre nous lui trouvons un autre secteur d’entraînement, nous conserverons notre mémoire entière, mais sur d’autres sujets (peut être plus utiles d’ailleurs que des numéros de téléphone).
    Je ne connais plus par cœur des données numériques que je mémorisais autrefois, j’ai oublié des données ponctuelles de chimie organique ou biologique dont je me sers peu, voire des formules de physique, mais j’ai fait beaucoup de doc sur d’autres sujets et ma mémoire a peu à peu évolué vers l’acquisition de connaissances plus structurées, de faits, de conséquences logiques, de mécanismes, d’explications scientifiques, techniques ou biologiques, de méthodes d’actions adaptée à des événements ou des environnements ou de synthèses de situations.
    Nos mémoires servent moins dans certains domaines, mais s’adaptent à d’autres.`

    Pour avoir une bonne mémoire il faut l’entraîner étant jeune. On apprenait beaucoup par cœur en classe, pas seulement des poésies, mais des règles, des formules, des mécanismes, des données littéraires et scientifiques.
    Ces données ne nous servaient pas toutes, mais elles entraînaient notre mémoire qui, sans cet apprentissage n’aurait pas été de bonne qualité.
    Et, il faut continuer à l’entraîner par la suite.
    Si l’on ne lit plus, si on ne se sert pas d’internet pour chercher des connaissances, un peu comme on en cherche dans l’enseignement supérieur, si on se contente des communications sur les réseaux sociaux ou d’y rechercher, sans réfléchir, les données pratiques d’usage courant quotidien, alors effectivement notre mémoire risque de rouiller.
    L’ordinateur ou le smartphone ne sont que des outils qui peuvent nous aider, notamment dans les tâches de routine, ou pour retenir des données fastidieuses , dont l’usage peut être important mais pas la connaissance, et ils devraient nous aider à mieux utiliser nos mémoires et notre cerveau.
    Ce qui peut altérer notre mémoire et notre intelligence, c’est notre comportement : si nous arrêtons de lire, de consulter, de réfléchir, d’analyser et de synthétiser, d’apprendre  et de faire preuve de curiosité intellectuelle, là nous courons au déclin, car nous n’entraînons plus notre esprit. Mais ce n’est pas l faute de notre ordinateur ou de notre smartphone, mais de comportements et des mauvaises habitudes que nous avons.
    L’ordinateur permet de gagner du temps sur des tâches fastidieuses et sans intérêt, à nous ensuite d’utiliser de façon intelligente ce temps gagné et notre temps, en général, et à ne pas le consacrer à des tâches puériles et qui nous servent peu.

    Ce ne sont ni Google, ni le stockage de données sur les smartphones et ordinateurs qui sont préjudiciable, mais beaucoup plus le temps exagéré que certains passent sur les réseaux sociaux, la communication par sms, les jeux en ligne, et l’absence d’activités formatrices et l’absence de travail et de concentration.
    Une autre conséquence et que l’on comptait autrefois beaucoup sur les autres pour nous aider à trouver les informations utiles. aujourd’hui on pense pouvoir les trouver soi-même et outre le défaut de convivialité que cela entraîne, cela amène souvent à l’acquisition de connaissances très partielles, orientées et subjectives, voire peu fiables ou erronées.
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